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segunda-feira, 19 de outubro de 2026

Derrière les vitres

Des romans de Patrick Modiano, on pourrait dire qu’ils sont tous plus ou moins écrits à travers une vitre, voire une vitre embuée. Et de L’éléphant, peut-être plus encore.

« Baiser derrière le rideau », Edvard Munch (1892)(détail) 

Écrit par Pierre Benett

Non seulement son personnage épie ses voisins depuis sa fenêtre, mais il regarde les gens et les choses à travers la « lumière blanche et aveuglante » de l’amnésie. Tout le mène donc, sans empressement mais avec la lenteur du pas de l’éléphant, à traverser la vitre. 

À moins de vouloir faire un exercice encyclopédique, il serait vain de chercher à lister les éléments qui reviennent dans les romans de Patrick Modiano. À la rigueur, on peut relever ce qu’on aime y retrouver. En lire un, nouveau ou non, c’est retrouver une atmosphère (vaporeuse), des mouvements (le retour, l’errance, la fugue, la dissimulation), des lieux (les rues de l’ouest parisien, les boulevards de ceinture et leurs immeubles en brique rouge, les cafés), des objets (les numéros de téléphone, les listes), et même des noms (le garage Béavioure !)… et, bien sûr, des êtres perdus dans le temps et en quête d’eux-mêmes à travers un détail à y retrouver, tant et si bien qu’ils pourraient n’en former qu’un. Ce cycle, désormais composé d’une cinquantaine de romans depuis La place de l’Étoile (1968), n’a ni véritable début ni, de ce qu’on en sait, de fin. À l’image des Boulevards de ceinture, sa forme est absolument circulaire, comme la mémoire.

Il y a un donc un plaisir certain (régressif, diraient peut-être nos amis psychanalystes, mais pourquoi pas ?) du retour du même dans certaines lectures – et on comprend d’autant mieux que les amateurs de Modiano puissent aussi l’être de Simenon. Mais, au-delà de la lecture réconfortante, ce sentiment n’a rien d’anodin concernant un écrivain qui met en scène moins le retour de l’identique que les légers décalages, défaillances et divergences de la mémoire. Au contraire, il faut peut-être faire confiance à ce sentiment-là. Car tout se passe comme si, depuis plus d’un demi-siècle, le romancier donnait à ressentir à ses lecteurs ce qu’éprouvent ses personnages, qui voient revenir des détails de leur passé, se font surprendre par les coïncidences et les échos entre les époques, voient la même chose se passer mais différemment. Dès lors, si on en a lu au moins deux, lire Modiano c’est surtout retrouver une manière de raconter : une narration et une langue en apparence claires, mais qui s’opacifient au fur et à mesure que progresse la lecture (du roman en question, et du cycle dans son ensemble). En quelques pages, on ne sait plus où l’on est, ou plutôt quand on est. Et il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour dissiper un peu le brouillard qui nous entoure – nous et eux, tous ces gens qui tentent tant bien que mal de le transpercer.

L’éléphant ? Drôle de titre pour l’auteur de Villa Triste ou Du plus loin de l’oubli. Le réseau Modiano, toujours bien informé, nous apprend que le roman devait s’appeler Derrière les vitres et que, tel un personnage de Modiano, il a pris une seconde identité. Laquelle est la vraie ? Les deux titres ne font pas mystère de leur signification. Ludo Van Walle, vieil homme, vit de menus travaux éditoriaux et de traductions pour les bien nommées éditions du Sablier (déjà présentes dans Accident nocturne). Il passe beaucoup de temps à sa fenêtre, à regarder, dans l’immeuble d’en face, celles d’une femme plus ou moins de son âge, Mme Thouvenin, et d’une plus jeune, Yvonne Beulaigne. De l’éléphant, il a la silhouette et le poids (1,95 m et plus de 120 kg), à tel point qu’il ne se reconnaît plus. Mais il n’en a pas la mémoire : il ne se souvient de rien. Aveuglé, il doit faire, malgré ses maux de tête, un effort constant. Mais sa dépossession est aussi une chance. S’il ne reconnaît rien ni personne, il est doté du sixième sens des personnages de Modiano : il sait reconnaître des signes du passé, même et surtout imaginaires. Où et comment a-t-il connu cette Mme Thouvenin, qui, contrairement à lui, ressemble à celle qu’elle était il y a quarante ans ? Et ce Bernard Pinguet, qui ressemble à s’y méprendre aux innombrables types louches qui entouraient son père ? D’où vient cet air de déjà-vu ?

Il y a le malaise du passé, mais il y a aussi celui du présent, que Van Walle évite, agressé par son « vacarme », « de plus en plus assourdissant », dans un monde devenu « si incompréhensible », où l’on prévoit « des guerres prochaines ». Depuis quelques livres, le témoin Patrick Modiano observe explicitement Paris et son époque se modifier sous ses yeux. Le téléphone est devenu portable, les rues sont encombrées de touristes… On reste chez Modiano : l’indicatif n’est pas encore 06 mais 01, les quartiers sont déserts et l’on y porte encore une montre (ce qui conduit à ce geste inouï : demander l’heure). Contrairement à ce que son image d’Épinal laisserait croire, cette œuvre n’est pas étanche aux transformations contemporaines ; simplement, elle les regarde avec un léger décalage. Là encore, comme derrière une vitre.

À l’affût de signes, de coïncidences, de traces, l’éléphant qui erre dans le XVIe arrondissement se lance dans une quête qui, en sourdine, se fait pressante, vitale, car elle a lieu à un âge où, le sablier le rappelle, le temps est compté, où apparaît « le signal que ces images du passé allaient brusquement s’éteindre ». Tout devrait donc aller vite et l’enquête donner des réponses, mais la brièveté de ce livre, l’un des plus courts de l’auteur, aux chapitres parfois constitués d’une seule page, n’implique pas que les trous et ellipses qui composent la majeure partie du récit soient remplis. Comme le remarquait Norbert Czarny à propos du précédent livre, La danseuse, la structure du récit se fait plus vive, l’écriture plus ramassée, ramenée à l’essentiel : le flou entre les temps et entre les images. En somme, on a ici accès à un condensé de Modiano. Où, pourtant, l’écriture continue de chercher des voies pour nous faire vivre la traversée du temps que vit Ludo Van Walle.

Malgré la tension du récit, la quête ralentit, bifurque. Dans L’éléphant, la mémoire semble se délester plus que se remplir, au fur et à mesure qu’avance son lourd et lent personnage. Et Patrick Modiano n’est pas sans une douce ironie : l’amnésique est censé écrire ses Mémoires et rendre un manuscrit, que son éditeur aime appeler un « ours »… On ne dira rien de la résolution de l’intrigue, fulgurante, si ce n’est qu’elle rebat les cartes de manière magistrale, en quelques paragraphes sidérants où un personnage confie son angoisse à un autre, où les simples mots « rafle » et « panier à salade » disent que « quelque chose s’est passé ici longtemps auparavant, un événement dont lui parvenaient encore des ondes, mais brouillées ». Tout le récit se retrouve inséré dans un temps qui le dépasse et le condense à la fois. Sans retrouver une mémoire totale et lumineuse, l’éléphant traverse enfin la paroi de verre qui le séparait de lui-même.

Le merveilleux tour de passe-passe que Patrick Modiano organise à nouveau, la féerie de cette ronde qu’il orchestre avec une simplicité confondante et pourtant si subtile, l’émotion que nous procurent les détails qu’il parsème dans son texte, la finesse avec laquelle il brouille les temps : tout cela nous fait regarder nous aussi avec des jumelles. C’est-à-dire en regardant de loin, mais en voyant de près.

 

Patrick Modiano | L’éléphant. Gallimard, 112 p., 16 € 

[Image : CC0/WikiCommons - source : www.en-attendant-nadeau.fr]

domingo, 18 de outubro de 2026

Maria del Mar Bonet emociona l'Olympia de París amb una cançó censurada pel franquisme i dedicada a Puigdemont

La mallorquina interpreta 'Què volen aquesta gent' amb el president entre el públic 

Escrit per Ketty Calatayud 

Cinquanta-un anys després, Maria del Mar Bonet ha tornat a pujar a l'escenari de l'Olympia de París per retrobar-se amb la seva història, amb les seves cançons i amb la memòria d'un temps en què cantar en català també era una forma de resistència. El concert d'aquest diumenge ha estat molt més que una celebració musical: ha estat una vetllada carregada d'emoció, memòria i simbolisme polític. I el moment més especial ha arribat quan la cantant mallorquina ha interpretat Què volen aquesta gent, una de les peces més emblemàtiques de la lluita antifranquista, i l'ha dedicada a les persones represaliades a l'exili i al 130è president de la Generalitat, Carles Puigdemont, amic personal de l'artista, que es trobava entre el públic. "A totes les persones represaliades que encara són a l'exili, al nostre president", ha dit Bonet abans d'interpretar la cançó. La dedicatòria ha provocat una ovació entre els aproximadament 1.200 assistents. En acabar, Puigdemont ha estat el primer a aixecar-se per aplaudir, mentre una part del públic cridava "president!". La mateixa cançó que el franquisme havia intentat silenciar tornava a ressonar a París, aquesta vegada amb una dedicatòria explícita a l'exili polític català.

Una cançó que el franquisme no va poder silenciar a París  

L'escena tenia una càrrega simbòlica especial. El 27 d'abril del 1975, quan Franco encara era viu, Maria del Mar Bonet havia actuat per primera vegada a l'Olympia, en un recital matinal compartit amb Ovidi Montllor i Toti Soler. Aquell escenari parisenc li va permetre interpretar cançons que la censura franquista prohibia a Catalunya. Entre aquestes, Què volen aquesta gent, amb lletra de Lluís Serrahima i música de la mateixa Bonet, que denunciava la repressió policial i que s'havia convertit en un símbol de la resistència a la dictadura. "Durant unes hores podíem ser lliures", ha recordat la cantant sobre aquell concert històric en una entrevista a l'ACN. La llibertat, però, tenia fronteres. Bonet va poder interpretar la cançó davant del públic parisenc, però quan el recital es va publicar en disc, la censura va impedir que s'hi inclogués. No va ser fins a la reedició commemorativa del cinquantè aniversari que es va recuperar l'enregistrament original i la peça va poder ocupar el lloc que li corresponia.    

Ara, més de mig segle després, aquella cançó ha tornat a ser protagonista en el mateix escenari, davant d'un públic entregat i amb Puigdemont entre els espectadors. L'expresident, que ha assistit al recital acompanyat de l'expresidenta del Parlament Laura Borràs i de l'expresident d'Òmnium Cultural Jordi Cuixart, ha estat rebut amb mostres d'afecte i s'ha fotografiat amb nombrosos assistents. Puigdemont ha declinat fer declaracions als periodistes, tot argumentant que el protagonisme de la vetllada corresponia a Maria del Mar Bonet.

Un retrobament amb la història, però amb la mirada posada en el present  

Als 79 anys, Maria del Mar Bonet ha demostrat que la seva veu i la seva capacitat de connectar amb el públic continuen intactes. Vestida de negre, ha admès l'emoció de tornar a l'Olympia, una sala que considera "el temple més important de la música francesa" i que ha acollit figures llegendàries com Édith Piaf, Georges Brassens, Léo Ferré o Yves Montand.  

La cantant no ha volgut convertir la vetllada en un simple exercici de nostàlgia. El repertori ha establert un diàleg entre les peces que va interpretar el 1975 i les composicions del seu darrer treball, L'aigua no cansa, publicat aquest 2026. Cançons com Nina Ninona, Abril o Aigua han conviscut amb les noves creacions, acompanyades pels cinc músics habituals de l'artista: Toni Pastor, Marc Grasas, Marko Lohikari, Benjamí Salom i José Llorach.  

L'emblemàtic Olympia de París anuncia el concert de Maria del Mar Bonet

La vetllada també ha tingut un espai per al record d'Ovidi Montllor, que havia compartit amb Bonet aquell primer concert parisenc. El músic valencià Borja Penalba ha obert l'espectacle amb una actuació en què també han participat l'actor Sergi López i la filla del músic. Posteriorment, Penalba ha tornat a l'escenari per interpretar amb Bonet Homenatge a Teresa, una de les composicions més conegudes d'Ovidi.   

Entre el públic també hi havia la consellera de Cultura, Sònia Hernández; la delegada del Govern a França, Eva Doya Le Besnerais; la directora de l'Institut Ramon Llull, Anna Guitart; l'exministre Miquel Iceta i altres representants institucionals.   

El recital, impulsat per la Generalitat i l'Institut Ramon Llull, ha culminat un cap de setmana d'intensa presència cultural catalana a París, on també han actuat els cors de l'Orfeó Català amb la Filharmònica de Nova York sota la direcció de Gustavo Dudamel.   

La història ha acabat tornant al mateix escenari on havia començat. El 1975, Maria del Mar Bonet havia trobat a París la llibertat de cantar allò que la dictadura prohibia a casa. Aquest diumenge, 51 anys després, ha recuperat aquella mateixa veu per recordar el passat i fer una dedicatòria que connecta amb el present. I ho ha fet amb la força d'una cançó que ha sobreviscut a la censura, al pas del temps i als canvis polítics. Una cançó que, més de mig segle després, continua interpel·lant el públic amb la mateixa pregunta: "Què volen aquesta gent?" 

 

[Fotos: ACN - font: www.elnacional.cat]

 

« Le professionnalisme du massacre » : le documentaire « Naza » vu et commenté par un journaliste gazaoui

Mahmoud Mushtaha vivait et travaillait à Gaza. C’est au Royaume-Uni, où il réside aujourd’hui, que le journaliste a découvert “Naza”, le documentaire des Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor sur les méthodes employées par Tsahal dans la bande de Gaza. Sur le site “+972 Magazine”, il raconte comment il a vécu cette projection. 


Par Mahmoud Mushtaha

Tiré de Courrier international. Article publié à l’origine par +972 magazine (en anglais). Des images dudocumentaire "Naza". En haut, de face, le journaliste israélien Yuval Abraham interroge des soldats impliqués dans les frappes sur Gaza. Ceux-ci sont filmés de nuit, et leurs visages et voix a été transformés pour protéger leur anonymat. En bas, l’un de ces soldats a dessiné un groupe d’immeubles de Gaza dont il a organisé le bombardement. The Guardian/MK2 Films.

– Le documentaire Naza est diffusé à Montréal au Cinéma du Parc (2396, rue Beaubien Est) ainsi qu’au Cinéma du Musée (1379-A rue Sherbrooke Ouest) jusqu’au 15 octobre.

La lumière s’éteint, et untemps j’oublie que je suis devant un écran. Un toit de Tel-Aviv envahit la surface projetée, c’est la nuit, tout est noir et gris. La caméra descend le long de l’immeuble d’en face. À travers les fenêtres, des gens sont eux aussi devant des écrans – à deux, serrés l’un contre l’autre, plateau télé devant le JT. Ils semblent tout entiers absorbés dans leur monde. Et qu’y a-t-il de mal à ça ?

À les regarder, je n’arrive plus à m’ôter ça de la tête : voilà, c’est ça, être en sécurité. Une soirée continue, sans interruption, sans un engin militaire au-dessus de vos têtes, sans le bourdonnement incessant des drones.

Et pendant ce temps, sur le toit de l’immeuble, deshommes et des femmes discutent tranquillement du nombre de morts qu’ils font chez nous [dans la bande de Gaza]. Ce sont des militaires [israéliens], des agents du renseignement pour la plupart, qui ont participé à la destruction de Gaza par Israël [depuis le 7 octobre 2023] ; leurs témoignages sont au cœur de Naza. Le documentaire doit son titre à un terme du jargon militaire israélien, un acronyme qui en hébreu signifie “dommages collatéraux” – en l’occurrence le nombre attendu de morts à la suite d’une frappe.

“Le moment qui précède la violence”

Naza ne montre pas ces violences [sauf dans une courte scène finale]. La poussière, les cris, les appels angoissés pour savoir qui s’en est tiré, les mères qui cherchent leurs enfants dans les décombres, les noms des disparus partagés frénétiquement sur des groupes WhatsApp jusqu’à la confirmation, dévastatrice, de la nouvelle. À Gaza, j’ai vécu tout cela.

Et en regardant ce film, j’ai compris qu’alors que nous ignorions encore l’horreur à venir, des gens avaient observé, fait des calculs, et pris des décisions qui devaient bouleverser l’avenir de familles entières.

Le film a déclenché un vertige en moi, sur un aspect du crime que je n’ignorais pas, mais que je ne mesurais pas complètement non plus. Le moment qui précède la violence, quand un être qui vit encore sa vie est déjà désigné comme une perte acceptable. Quand quelqu’un qui dîne, qui dort, qui parle à son épouse, à son enfant, devient un chiffre sur un écran.

Ce qui m’a frappé, ce n’est pas l’ampleur de ce massacre, ni même sa froideur. C’est son professionnalisme. Il faut voir l’air compétent qu’ont ces militaires lorsqu’ils racontent comment ils détruisent la vie des autres, et cette tranquillité qui est celle du travailleur à l’aise dans une tâche maintes fois réalisée.

L’un d’eux le dit, il sait précisément ce que faisaient certains au moment où il les a tués. Il raconte avoir entendu un homme parler à sa femme, au lit. Les pleurs d’un bébé. Le son d’une télé. Il a entendu, écouté tout ça, puis donné le feu vert au largage de la bombe.

Pour ces soldats israéliens, tuer des Palestiniens est une simple tâche, on prend des pauses, et on s’y remet. C’est un travail “systématique” dit un militaire, c’est-à-dire, dans sa bouche, cadré, professionnel.

“Cette information me pétrifie”

Devant le film, ma mémoire, elle, n’arrête pas de faire revenir les personnes victimes de ces systèmes. Des noms me reviennent, sans cesse, comme pour remplir le vide des chiffres. Quand un soldat raconte comment les troupes israéliennes ont massacré des Palestiniens sur des sites de distribution d’aide alimentaire, je pense à mon cousin Raed Majed Mushtaha, 35 ans, tué début 2024 lors du “massacre de la farine” [qui a fait au moins 118 morts et 760 blessés, le 29 février 2024], alors qu’il était parti chercher de quoi nourrir sa famille.

L’armée israélienne peut autoriser la mort de 20 civils dans la traque d’une seule cible de second rang, voire 500 s’il s’agit d’une cible de premier rang, nous dit-on. Ces cibles ont dans leur majorité été “désignées” par un logiciel assisté par IA qui, de l’aveu même des soldats, est connu pour enregistrer 15 % d’erreurs – mais cela ne les empêche pas d’éliminer ces cibles, et leurs familles.

Cette information me pétrifie. Je pense à mon oncle Hisham Zafer Mushtaha, à sa femme Hanan, à leurs fils Basel et Mohammed, et à leurs quatre petits-enfants Raged, Hisham, Lana et Abdrahman, âgés de 3 à 12 ans. Je me dis qu’ils ont été assassinés parce qu’une IA algorithmique a estimé qu’une cible se trouvait parmi eux. Pour moi, il s’agit d’êtres que je connaissais, que j’aimais, dont j’attendais les nouvelles, dont l’absence ne me quittera plus.

Voilà contre quoi je me cabre, tout au long du film : la facilité avec laquelle quelqu’un peut disparaître dans le jargon opérationnel, pour être réduit à des chiffres. Dès lors que vous avez vu l’humanité d’un être, impossible de le voir autrement.

“Mettre des noms sur les victimes et les soldats”

Je me demandais depuis si longtemps comment ces gens que j’avais connus étaient morts. Devant le film, une autre question, à l’opposé, m’obsède : comment se fait-il que j’aie survécu, moi ? Je comprends, pour la première fois sans doute, qu’en réalité je ne pouvais rien faire, qu’il n’y avait aucune précaution à prendre, rien qui puisse garantir ma survie. Si je suis encore en vie, c’est pur hasard, je n’y suis pour rien. Cette pensée me ravage.

Ce que je cherche devant ce documentaire, ce n’est pas la catharsis. J’ai ma dose. De la même façon que je veux mettre des noms sur ces personnes dont les soldats ont planifié la mort, je veux mettre des noms sur les soldats aussi – ceux qui trouvent “marrant” de détruire Gaza [le terme utilisé par l’un d’entre eux], ceux pour qui les Palestiniens à Gaza sont des chiffres. C’est le seul moyen pour que le “systématisme” de la machine à tuer d’Israël cesse d’être un bouclier, cesse de permettre aux responsables de se penser comme de simples rouages.

En sortant de la projection, j’ai compris ce qui avait été si douloureux. Tout ce temps à raconter au monde entier ce que c’était de vivre sous ce ciel, dans le vacarme de la nuit, tout ce temps à rappeler que derrière les chiffres, il y avait un père, une mère, un grand-parent, un proche, un ami. Pour moi, le film ne m’a pas donné une voix – j’en ai toujours eu une. Ce qu’il m’a donné, c’est l’expérience étrange, pénible, d’entendre l’écho de ce que nous disons depuis des années, et de découvrir à quel point une même vérité peut résonner différemment selon la voix qui l’émet.

Quand le film a pris fin, j’ai appelé ma famille à Gaza, comme tous les soirs. En leur parlant, je suis obsédé par les dispositifs de traque et les systèmes de surveillance [décrits dans Naza] qui peuvent suivre leurs déplacements, et faire d’eux des cibles. Mes proches sont peut-être rassemblés autour d’un thé, en train de se disputer pour une vétille, ou rire d’une plaisanterie d’un de mes frères – instants ordinaires qui leur appartiennent, encore – tandis que quelque part, loin, ces instants sont déjà des données sur un écran.

En leur parlant ce soir, pendant un laps de temps j’ai tout oublié de ce que je venais de voir dans le film. Je n’ai pensé ni coordonnées, ni surveillance, ni IA. J’ai entendu ma famille. Telle voix familière. Tel souffle. Untel me demandant de mes nouvelles. Et j’ai mesuré tout ce que ces “systèmes” ne sauront jamais : sur l’écran, chaque individu recèle un monde.



traduit par Julie Marcot

[reproduit sur www.pressegauche.org]

sábado, 17 de outubro de 2026

Naza, um relato sobre a banalidade do mal e a urgência da dessionização do território palestino

 

NAZA (filme de Yuval Abraham e Rachel Szor)

Escrito por Rafael Domingos Oliveira

[…] os crimes que Israel comete contra os civis árabes, dos quais o massacre de Kafar-Qassim é um exemplo chocante, não decorrem de uma “má” aplicação da “excelente” herança sionista, mas sim de uma excelente aplicação da terrível herança sionista.

Mahmud Darwich, 1973, sobre o massacre de Kafar-Qassim em 1956

Em Tel Aviv, alguém prepara uma refeição. Uma televisão permanece ligada, os carros atravessam a cidade, uma criança é colocada para dormir. Cenas do cotidiano, da vida acontecendo nos edifícios da capital econômica de Israel. Nos terraços destes mesmos edifícios, homens e mulheres contam como participaram da destruição de outras casas, em Gaza, onde também havia crianças, televisões e pessoas esperando o jantar. É desse encontro terrível entre o que se vê e o que se ouve que Naza, de Yuval Abraham e Rachel Szor, retira boa parte de sua força. A vida segue em Tel Aviv. E a facilidade com que pode seguir, enquanto a algumas dezenas de quilômetros famílias inteiras são assassinadas, torna-se uma das questões mais perturbadoras deste documentário que revela uma sociedade vivendo na zona de interesse.

Filmados à noite, com rostos e vozes protegidos, 24 integrantes das forças militares e da inteligência israelense descrevem procedimentos de vigilância, seleção de alvos e autorização de ataques contra Gaza. O título vem de nezek agavi, expressão hebraica para “dano colateral”, que na linguagem dos operadores são pessoas cuja morte é prevista antes de um bombardeio. Elas não são mais pessoas; tornam-se uma quantidade de “naza”. Essa contabilidade antecede os cadáveres. O filme registra o trabalho necessário para produzi-los, as permissões que o tornam executável e as justificativas com que seus agentes voltam para casa. Seu valor como documento histórico está, desde aí, na possibilidade de acompanhar a violência sendo organizada por aqueles que conhecem bem seus procedimentos, já que os executam.

Assisto Naza e vem à mente Eichmann em Jerusalém, de Hannah Arendt (1963), sobretudo pela relação entre linguagem, julgamento e responsabilidade. Ao acompanhar o julgamento, em 1961, do funcionário nazista encarregado pelo planejamento e operacionalização da chamada “solução final”, Arendt encontrou uma desproporção assombrosa entre a enormidade dos crimes e a pobreza das fórmulas com que ele explicava sua atuação. A banalidade dizia respeito a essa maneira de agir e pensar, incapaz de considerar a posição do outro, sem diminuir a gravidade do que se havia feito.1 No filme, impressiona a desenvoltura com que conhecimentos sofisticados convivem com uma compreensão moral tão estreita da própria atividade. Aqueles agentes israelenses sabem fazer cálculos, operar sistemas, interpretar informações. O que deixam de sustentar é a pergunta sobre o direito de fazer aquilo. Arendt examina as regras de linguagem que permitiam aos funcionários nazistas conhecer o extermínio sem associá-lo às palavras pelas quais reconheciam um assassinato. O vocabulário de Naza cumpre uma função que podemos ler nessa chave. A criança continua ali, mas aparece no cálculo sob uma designação que dispensa imaginar sua vida. Há uma distância fabricada dentro da própria frase.

Quando um entrevistado diz que, se questionassem o que faziam, o sistema desmoronaria, ele revela o trabalho político exigido para conservar essa distância. Outro oferece uma justificativa familiar: “Se não fosse eu fazendo isso, seria outra pessoa”. A possibilidade de substituição é apresentada como dispensa de responsabilidade, embora confirme que houve alguém disponível para realizar a tarefa.

Também merece atenção a passagem em que Arendt descreve o alívio de Eichmann diante da adesão das autoridades reunidas em Wannsee: a aprovação da sociedade respeitável autorizava sua consciência.2 Em Naza, a confiança na hierarquia, nos especialistas e nos procedimentos oferece uma proteção semelhante ao julgamento de quem executa. Tudo recebeu uma autorização; portanto, cada um pode ocupar-se de sua parte. Essa divisão faz o crime atravessar muitas mãos, e cada uma delas procura entregá-lo à seguinte. A responsabilidade, porém, precisa percorrer o caminho inverso, reconstruindo quem decidiu, quem autorizou e quem realizou.

Há ainda algo que excede a imagem do funcionário indiferente. O intelectual palestino Abdaljawad Omar, em sua crítica ao filme, chama a atenção para a satisfação de alguns entrevistados com o poder que exerciam. Ele encontra uma inflexão no conhecido modelo israelense de “atirar e chorar”: aparecem o prazer da operação bem-sucedida e a perda daquele poder quando o serviço termina.3 Essa observação deve acompanhar a leitura arendtiana. A rotina pode conviver com entusiasmo, racismo e orgulho profissional. A morte administrada não deixa de ter desejos por trás dela. É justamente por conservar essas diferenças, sem oferecer a todos um mesmo roteiro de arrependimento, que Naza consegue ser tão incômodo.

Os aspectos formais do filme sustentam as ambivalências. As entrevistas acontecem no alto dos edifícios, contra uma cidade iluminada, e a câmera observa pelas janelas a continuidade da vida doméstica. A noite protege as fontes, mas também permite ver a sociedade que abriga seus relatos. A ausência de trilha musical entrega a cena às vozes, às pausas e aos sons da cidade. O cotidiano entra pelos ouvidos com uma indiferença que nenhuma música precisaria acentuar. Enquanto escutamos a descrição de uma família atingida, vemos a intimidade preservada de outra. Os diretores nos fazem permanecer nessa simultaneidade, sem o alívio de uma emoção previamente conduzida. Os prédios em construção de Tel Aviv, intercalados com os relatos da destruição de Gaza, dão espessura material a essa relação. De um lado, novas moradias projetam vidas futuras; do outro, a destruição das casas impede o retorno. Os terraços de onde se fala se opõem, nessa geografia do filme, à vida palestina empurrada para baixo das lajes, aos corpos soterrados, aos sobreviventes procurados entre ruínas. A verticalidade tem uma distribuição política. A cidade que cresce pode continuar a reconhecer-se como lugar de progresso enquanto participa da eliminação das condições de existência de outra população. O florescimento de uma vida aparece protegido da obrigação de responder pela devastação da outra.

A inteligência artificial amplia a escala dessa administração. Lavender, o sistema de inteligência artificial investigado pelo próprio diretor do documentário, Abraham Yuval, na +972 e no Local Call em 2024, classificava palestinos como suspeitos de vínculo com organizações armadas. Segundo as fontes da reportagem, o sistema chegou a assinalar cerca de 37 mil pessoas, com verificações humanas de apenas vinte segundos. Eram suspeitos produzidos por um procedimento de classificação, sem que isso comprovasse a condição de combatente de cada pessoa.4 O intervalo entre uma recomendação e um ataque torna-se tão curto que a revisão corre o risco de funcionar apenas como um carimbo. A responsabilidade humana permanece na definição dos critérios, na aceitação dos resultados e na decisão de transformar uma indicação em sentença de morte.

Já o sistema chamado Where’s Daddy? (onde está o papai?), também apresentado na voz dos depoentes genocidas do documentário, acrescenta uma perversidade a esse processo: a volta de alguém à casa da família pode produzir o alerta para um ataque. Os relatos incluem a escuta de telefones e o acesso à intimidade doméstica. Um agente pode saber que há crianças, reconhecer conversas, ouvir a vida acontecendo e autorizar sua destruição. A distância tecnológica convive, portanto, com uma proximidade invasiva. Aquelas pessoas são suficientemente conhecidas para serem localizadas, mas seus vínculos não lhes conferem proteção. Na entrevista à NPR, Rachel Szor destaca precisamente o quanto os operadores sabiam sobre as famílias que seriam bombardeadas. Yuval recorda ainda o depoimento sobre incendiar casas e destruir seus álbuns e cadernos: apagavam-se as marcas de quem vivera ali.5 A técnica organiza uma forma de conhecimento da qual se procura retirar toda obrigação diante do conhecido.

É nesse ponto que a expressão “efeito colateral” precisa enfrentar o que pretende encobrir. Prever mortes civis, nos níveis macabros em que são descritas e normalizadas, demonstra a intenção específica exigida para caracterizar genocídio. A questão envolve os alvos, os meios empregados, as precauções, os padrões de destruição e os objetivos políticos. Um dos oficiais ouvidos resume sua compreensão da missão: “Você entende que o objetivo é destruir”. Em Naza, a repetição dos procedimentos torna insuficiente a explicação de um acidente ou de um excesso localizado. A casa palestina torna-se unidade recorrente de ataque e a população perde os meios de permanecer no território. É necessário examinar a finalidade do conjunto, em vez de aceitar que cada família morta seja isolada da seguinte por um novo cálculo.

A noção de genocídio por atrição permite compreender essa destruição continuada das condições que permitem a um povo sobreviver: água, alimento, abrigo, cuidados médicos. Ela se combina com a morte imediata provocada pelos bombardeios. A Convenção de 1948 inclui a imposição deliberada de condições de vida destinadas à destruição física, total ou parcial, de um grupo, quando presente a intenção de destruí-lo enquanto tal. Foi examinando atos e intenção que a Comissão Internacional Independente de Inquérito da ONU concluiu, em setembro de 2025, que Israel cometeu genocídio em Gaza.6 O filme acrescenta relatos internos a esse conhecimento. A supressão de uma casa alcança também a possibilidade de recomeçar nela. Destruir o lugar a que alguém poderia voltar prolonga a violência para além do instante da explosão.

Os depoimentos também dificultam a tentativa de atribuir tudo a Netanyahu e aos setores mais ostensivamente fascistas de seu governo. Como observa Sebastian Ben Daniel, estão sob exame integrantes das unidades prestigiosas, ligados ao universo educado e tecnológico que a sociedade israelense costuma apresentar como sua face liberal. Há uma base social para essa violência. Em pesquisa do Pew realizada em 2024, apenas 4% dos judeus israelenses entrevistados consideravam que a resposta militar havia ido longe demais, diante de 74% entre os cidadãos classificados pelo instituto como árabes israelenses (palestinos que vivem em Israel).7 Esses números mostram uma enorme desigualdade na disposição de reconhecer o excesso, que depende, curiosamente, do pertencimento identitário de cada entrevistado. A normalidade filmada em Tel Aviv tem instituições e convicções que ajudam a sustentá-la. A ocupação e a despossessão palestina atravessam governos; sua continuidade não se explica pelo temperamento de um primeiro-ministro, por pior e grotesco que seja.

Essa cadeia de decisões estende-se para além de Israel. Segundo levantamento do projeto Costs of War, da Universidade Brown, e do Quincy Institute, os Estados Unidos destinaram ao menos US$ 21,7 bilhões à ajuda militar a Israel entre outubro de 2023 e setembro de 2025.8 Essa continuidade material precisa entrar na discussão sobre a posição internacional diante do genocídio. A iniciativa da África do Sul na Corte Internacional de Justiça e as mobilizações pela Palestina enfrentam uma ordem em que governos podem reconhecer o sofrimento e, ao mesmo tempo, continuar fornecendo os meios de produzi-lo. A fabricação de uma bomba, seu financiamento e sua entrega têm responsáveis. O procedimento burocrático atravessa fronteiras antes de encontrar o operador que aparece na tela. Também as disputas no interior das comunidades judaicas fazem parte dessa história. Em janeiro de 2024, a CONIB condenou o apoio brasileiro à ação sul-africana e sustentou que Israel apenas se defendia. Coletivos como Vozes Judaicas por Libertação e Jewish Voice for Peace, por sua vez, organizam-se como movimentos judaicos antissionistas, denunciam o genocídio e exigem o fim do fornecimento de armas.9 São escolhas políticas que impedem tratar judaísmo, sionismo e Estado de Israel como uma única coisa. As organizações que legitimam a violência devem responder por suas posições concretas, sem receber das identidades que invocam uma imunidade à crítica, como deseja Israel. A dissidência judaica importa porque rompe a pretensão de que a segurança dos judeus dependa necessariamente da sujeição dos palestinos. Essa ruptura precisa produzir consequências para os que seguem submetidos à violência.

A perseguição aos realizadores ajuda a compreender o que está em disputa. Abraham e Szor foram ameaçados de perder a cidadania; extremistas se manifestaram diante da casa da família de Szor, com palavras de ordem pedindo a morte de traidores. No início de outubro de 2026, Netanyahu pediu uma investigação contra os participantes do filme e que fossem processados.10 A proteção das fontes tem, portanto, razões concretas. A denúncia pode expor quem fala a uma punição que os crimes relatados não produziram, isto é, uma espécie de punição pelo “crime errado”. Esse esforço de intimidação torna ainda mais necessário defender o filme e seus autores, mantendo diante de nós a pergunta sobre os atos de cada entrevistado. Ter rompido o silêncio não apaga o que alguém fez antes de falar.

As críticas palestinas são indispensáveis para que essa defesa não se acomode. Ayat Abou Shmeiss, poeta palestina de Jaffa que perdeu familiares num bombardeio, escreveu sobre a proposta e a recepção de Naza, declarando que não o havia visto e não o pretendia ver. Ela reconhece a importância de acessar decisões internas às quais os palestinos dificilmente teriam acesso. Seu incômodo está na possibilidade de que sua família, suas casas e seus mortos se tornem a matéria de uma recuperação moral israelense. O que acontece depois que os responsáveis se olham? Quem deve receber a reparação?11

Segundo essa crítica, a exposição tem valor, mas não contém, por si, uma resposta a essas perguntas. O sofrimento de um povo não pode terminar convertido em recurso para que seus algozes voltem a sentir-se humanos. Essa tensão alcança a recepção internacional.

O médico Omar Abdel-Mannan questiona por que as denúncias ganham uma credibilidade diferente quando chegam pelas vozes israelenses e adverte que assistir a Naza deve ampliar a escuta dos palestinos.12 Há nisso uma expressão do apartheid cognitivo, noção que venho defendendo neste debate: as vítimas produzem conhecimento sobre a própria destruição, mas seu relato permanece sob suspeita até receber a confirmação de quem ocupa uma posição reconhecida de autoridade. Os jornalistas palestinos já haviam mostrado famílias exterminadas e hospitais destruídos. Muitos pagaram com a vida por esse trabalho. O filme deve ser incorporado a esse arquivo, preservando a precedência e a autonomia de quem documentou a violência enquanto a sofria.

Acredito que Naza deve ser visto também por isso. Um documento histórico não precisa inaugurar o conhecimento de um crime para ter importância. Pode revelar sua organização, registrar vocabulários, fornecer elementos para reconstruir responsabilidades e dificultar a negação. A proteção jornalística de uma fonte, por meio do anonimato preservado no documentário, não equivale a uma absolvição. O filme pode ganhar força política nos usos que faremos dele: sua circulação pode alimentar investigações, ampliar a pressão pelo fim da cooperação militar e fortalecer exigências palestinas de justiça. A emoção da sessão não deve encerrar o assunto.

Durante quase todo o documentário, ouvimos mais porque vemos menos de Gaza. A ausência prolongada de suas imagens concentra nossa atenção nos mecanismos descritos, até que o desfecho nos leva a um pai procurando os filhos sob os escombros. A passagem é devastadora. Também permanece aberta à pergunta palestina sobre o lugar atribuído às vítimas: depois de tanto tempo escutando os operadores, que existência lhes é devolvida? Para mim, a cena deve ser recebida como a interrupção brutal da linguagem que as havia reduzido a uma quantidade. Ali, o que se procura é alguém. Um filho, com uma história que o filme não nos pode restituir inteira.

A consequência política dessa leitura ultrapassa a mera troca de governo ou a promessa de procedimentos militares mais “humanizados”, como querem sionistas moderados (assassinos moderados?). Assim como muitos movimentos palestinos e de judeus antissionistas, não vejo solução justa e duradoura fora da construção de um único Estado democrático em todo o território da Palestina histórica, com igualdade de direitos para palestinos e judeus. Isso exige um processo de dessionização daquela sociedade: o desmonte das instituições que organizam o privilégio nacional e a despossessão palestina, acompanhado de um processo de justiça, retorno dos refugiados e reparação. A igualdade deve assegurar a permanência, a segurança e a liberdade religiosa e cultural de todos, sem expulsões ou punições coletivas. Os palestinos precisam participar como sujeitos da definição desse futuro, com o direito de recuperar sua terra, sua memória e suas condições de vida. Os sionistas precisam ir ao banco dos réus, e serem julgados pelos seus crimes, como ocorreu em Nuremberg. A paz não pode continuar sendo o nome dado à administração da derrota palestina.

Em “Alarme de incêndio”, Walter Benjamin escreve sobre a urgência de interromper um processo histórico destrutivo antes que a centelha alcance a dinamite.13 A imagem conserva sua força porque exige uma intervenção no tempo presente. Em Gaza, o incêndio já começou; há muito começou. Naza pode fazer seu alarme atravessar algumas das paredes que ainda protegem a indiferença, embora eu acredite que mesmo isso, depois de tudo o que já vimos, seja quase impossível. Diante da banalidade do mal, a tarefa é reconhecer as decisões que mantêm o fogo aceso e agir sobre elas.

* * *

Enquanto ouvimos, ainda há gente sob os escombros.

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Notas

1.     ARENDT, Hannah. Eichmann em Jerusalém: um relato sobre a banalidade do mal (1963). Trad. José Rubens Siqueira. São Paulo: Companhia das Letras, 1999. ↩︎

2.     ARENDT, op. cit., caps. VII (Conferência de Wannsee) e VIII (dever e obediência). ↩︎

3.     OMAR, Abdaljawad. Shooting and craving: on NAZA and the mediated obscene. Mondoweiss, 8 out. 2026. ↩︎

4.     ABRAHAM, Yuval. ‘Lavender’: The AI machine directing Israel’s bombing spree in Gaza. +972/Local Call, 3 abr. 2024. ↩︎

5.     FADEL, Leila. ‘NAZA’ filmmakers on what they learned making the doc and the backlash it received. NPR/WUSF, 30 set. 2026. Entrevista com Abraham e Szor. ↩︎

6.     ONU. Convenção do Genocídio, art. II; Comissão Internacional Independente de Inquérito. Conclusão sobre genocídio em Gaza, 16 set. 2025. Trata-se da conclusão da Comissão, não de sentença definitiva da Corte Internacional de Justiça. ↩︎

7.     BEN DANIEL, Sebastian. Why ‘NAZA’ terrifies Israel’s liberal elite. +972, 2 out. 2026; PEW. Views of the Israel-Hamas war, 30 maio 2024. Entrevistas de 3 mar. a 4 abr. 2024. ↩︎

8.     HARTUNG, William D. U.S. Military Aid and Arms Transfers to Israel, October 2023 – September 2025. Costs of War/Quincy Institute, 7 out. 2025. ↩︎

9.     CONIB. Condenação do apoio brasileiro à ação sul-africana, 10 jan. 2024; JEWISH VOICE FOR PEACE. Over two years of unspeakable loss. No more., consulta em 13 out. 2026. ↩︎

10.   [1] CPJ. Netanyahu escalates threats against ‘NAZA’ filmmakers, 17 set. 2026; MOSKOWITZ, Sarah. Netanyahu demands prosecution of ‘NAZA’ film participants. The Jerusalem Post, 11 out. 2026, atualizado em 12 out. ↩︎

11.   ABOU SHMEISS, Ayat. ‘NAZA’ is forcing Israelis to reflect. But we Palestinians are not your mirror. +972, 23 set. 2026. ↩︎

12.   ABDEL-MANNAN, Omar. Naza and whose testimony we believe. Middle East Monitor, 8 out. 2026. ↩︎

13.   BENJAMIN, Walter. “Alarme de incêndio”. In: Rua de mão única (1928). ↩︎

**** Rafael Domingos Oliveira é Historiador e educador, doutorando em História pela UNIFESP e pesquisador do Núcleo de Estudos e Pesquisas das Afro-Américas (NEPAFRO). É autor de Vozes Afro-Atlânticas: autobiografias e memórias da escravidão e da liberdade (Elefante, 2022) e organizador de Gaza no coração: história, resistência e solidariedade na Palestina (Elefante, 2024) e Diários de Gaza, volume 1: a memória é uma casa indestrutível (Tabla, 2024). Atua nas áreas de história da escravidão e abolição nas Américas, história pública e memória palestina. 

 

 [Fonte: blogdaboitempo.com.br]