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sexta-feira, 17 de julho de 2026

Comment « dé-IA-iser » nos écrits pour éviter la disparition des particularités des langues ?

Les tics de langage de l’intelligence artificielle colonisent nos écrits. Derrière ces formules creuses se cache l’appauvrissement systématique de la langue. Les Russes parlent d’une IA « канцелярит » (kantselyarit) reprenant le jargon bureaucratique soviétique, les Chinois d’une IA stéréotypée, comme les dissertions impériales « 八股文 » (bāgǔwén), et les Québécois d’un manque de singularité de leur langue par rapport au français de l’Hexagone. Que faire ? 

L’intelligence artificielle (IA) générative présente un certain nombre de tics de langage, des mots et tournures qu’elle suremploie par rapport aux rédacteurs humains. 

Si vous lisez dans un texte « Dans le monde actuel en constante évolution », c’est forcément qu’il a été écrit par une IA.

Écrit par Maria Mercanti-Guérin

Maître de conférences en marketing digital, IAE Paris – Sorbonne Business School

Une étude estime qu’au moins 13,5 % des publications scientifiques de 2024 ont fait intervenir une IA dans leur rédaction, un chiffre qui grimpe à 40 % dans certaines revues.

Claude, ChatGPT ou Deepseek sont nourries des mêmes sources (Web, livres, Wikipédia, code…). Ces grands modèles de langage (LLM) reposent sur la prédiction statistique du prochain token (mot ou fragment de mot) le plus probable dans une séquence donnée.

L’IA sélectionne donc systématiquement les formulations les plus accessibles et conventionnelles disponibles dans ses données d’entraînement. Elle écrit en perdant l’originalité des styles humains, leur irrégularité, leur diversité. Elle perd également la causticité, le double sens, voire la faculté critique. Une expérience menée auprès de 293 participants (« writers ») invités à écrire une courte histoire a montré une augmentation de la similarité entre histoires conçues avec l’IA générative et donc une perte de créativité collective. Chacun écrit « mieux », mais tout le monde finit par écrire pareil.

Ces observations sont confirmées par mon dernier terrain de recherche. L’analyse des sites Web de 15 marques cosmétiques montre un décalage avec les 1 575 avis de consommateurs et les 1 611 brevets déposés par ces marques. Le style IA fait perdre la spécificité des positionnements et des singularités technologiques.

Modèles similaires

Au-delà de la génération de tokens, plusieurs éléments peuvent expliquer les tics de langage de l’IA.

La première cause tient à l’étape dite d’« alignement » : une fois entraîné sur des milliards de textes, le modèle est ajusté par des humains qui notent ses réponses, un procédé connu sous le nom de Reinforcement Learning from Human Feedback (RLHF), ou apprentissage par renforcement à partir de rétroaction humaine, en français.

Des annotateurs humains évaluent le caractère neutre et inoffensif des réponses du modèle. Ils retiennent les réponses polies, structurées présentant des phrases relativement courtes et des mots de liaison donnant le sentiment d’une pensée logique.

La deuxième tient au terrain d’entraînement des IA. Alimentées de contenus marketing tirés du Web ou de documents institutionnels, les IA sont soit emphatiques, soit terriblement ennuyeuses et reproduisent les tics langagiers présents dans ces corpus. Les recherches montrent une prédominance des domaines commerciaux (.com) largement présents dans l’un des grands jeux de données de référence pour entraîner les modèles de langage, le Colossal Clean Crawled Corpus ou C4. Il existe, également, une forte prévalence de contenus dupliqués, synthétiques ou de basse qualité. C’est ce matériau standardisé issu du Web marchand anglo-saxon que le modèle, statistiquement, apprend à imiter.

Mais que révèlent ces tics de langage ?

Si les tics sont en train de coloniser le Web, ils menacent les IA elles-mêmes par des phénomènes de contamination croisés.

Contaminations IA – humains

Dans une étude, le chercheur Hiromu Yakura a analysé plus de 360 000 vidéos YouTube et 771 000 épisodes de podcasts enregistrés avant et après la sortie de ChatGPT.

L’utilisation des « mots GPT » (comme « delve », « realm », « meticulous ») a connu une augmentation fulgurante dans les conversations spontanées humaines dans les dix-huit mois qui ont suivi son lancement.

C’est en récompensant certaines tournures lors du RLHF que l’on a, sans le vouloir, gravé dans le modèle ces préférences lexicales.

Contaminations IA-IA

Les grands corpus textuels (Common Crawl et ses dérivés) qui servent à la recherche linguistique sont saturés de textes générés par IA, ce qui complique l’observation de l’évolution naturelle de la langue.

À terme se profile le risque de l’ouroboros, le dragon ou le serpent qui se mord la queue : des modèles entraînés sur leurs propres productions, amplifiant leurs tics dans une boucle fermée.

Contaminations IA-humains-IA

Les IA servent aux humains des textes préformatés. Les rédacteurs Web utilisent les IA pour produire à un rythme effréné articles de blog ou fiches produit. Certains auteurs avouent leur utilisation régulière de Claude ou ChatGPT dans la production de leurs romans. Ce matériau semi-humain, semi-artificiel sert à l’entraînement des IA qui souffrent alors de consanguinité stylistique. Elles s’empoisonnent et deviennent de moins en moins performantes.

Meta, avant de reculer face à la fronde de son personnel et à des fuites de données, avait décidé pour pallier le problème de capter les dialogues humains de ses salariés pour nourrir son IA.

Des tics caractéristiques

Les tics de traduction qui sonnent faux viennent de l’anglais – langue de Claude ou de ChatGPT – car les grands modèles – GPT, Claude, Gemini – sont entraînés sur des corpus massivement anglophones.

Voici quelques exemples des tics les plus caractéristiques des IA génératives en français :

  • les formules d’ouverture grandiloquentes comme « dans le monde actuel en constante évolution » ;
  • les adjectifs creux et interchangeables comme « fascinant » ou « crucial » ;
  • les verbes abstraits comme « mettre en œuvre » ou « s’articuler » ;
  • les mots de liaison à chaque phrase comme « en outre » ou « par ailleurs » ;
  • les conclusions marquées comme « en somme » ou « au final ».

Vers la fin des langues régionales ?

À terme se profile la fin des langues régionales inconnues des IA, mais également la fin de l’apprentissage des langues. Au-delà des tics de langage, les IA imposent sur tous les réseaux sociaux des traductions automatisées dans la langue de l’utilisateur. Objectif : lui permettre de lire les contenus du monde entier sans barrières linguistiques, avec le risque de véhiculer une langue traduite pauvre et bourrée de tics.

Des chercheurs canadiens montrent que les modèles spécialisés sont capables de comprendre la grammaire d’une langue. En revanche, les modèles généralistes, comme ChatGPT, sont incapables d’être réellement multilingues et ne transfèrent pas bien les règles grammaticales entre les langues. Connaître l’anglais n’aide pas vraiment une IA à parler le français québécois.

Les chercheurs indiens notent que l’IA efface les particularités de l’anglais indien pour produire un anglais standardisé. Les tics de langage entretiennent également un vaste système de déculturation. Ainsi, une description de Diwali (la fête des lumières) assistée par l’IA se concentre souvent sur des éléments occidentalisés, comme l’échange de cadeaux, tout en omettant les rituels religieux spécifiques et leur vocabulaire particulier.

Les observateurs russes signalent que ChatGPT produit un style qualifié de « канцелярит » (kantselyarit) pour désigner le jargon bureaucratique soviétique pesant. L’IA ressuscite involontairement ce style que les Russes avaient mis des décennies à dépasser. Le projet humanizer-ru a répertorié 44 patterns stylistiques sur lesquels il faut se pencher pour « dé-IA-iser » un texte russe.

En mandarin, les utilisateurs signalent que les textes IA sont reconnaissables à leur style « 八股文 » (bāgǔwén), référence au style des dissertations impériales stéréotypées, très structurées et creuses.

Humanisation du style des IA

Les sociétés d’intelligence artificielle ont pris conscience du problème. Elles cherchent à humaniser le style des IA, ce qui permettrait la disparition des tics mais pourrait bien aggraver le problème.

Il sera bientôt impossible de distinguer une production IA d’une production humaine, à travers des techniques comme :

  • l’AntiSlop sampling, littéralement « anti-bouillie », agissent déjà comme un correcteur automatique. Les chercheurs listent les mots et tournures trop typiques de l’IA. Un filtre intégré au modèle (l’échantillonneur) écarte ces tournures à mesure que le texte s’écrit, forçant une reformulation ;
  • le fine-tuning, consistant à spécialiser un modèle d’IA pré-entraîné à l’accomplissement d’une tâche spécifique, va se faire sur des corpus stylistiquement riches ;
  • l’IA constitutionnelle d’Anthropic, méthode qui consiste à aligner les systèmes d’intelligence artificielle sur les valeurs humaines en leur fournissant des principes éthiques de haut niveau à intégrer la façon d’écrire dans ses prérequis ;
  • les entraîneurs humains vont être recrutés différemment. Écrivains, journalistes spécialisés ayant perdu leur travail à cause de l’IA vont en retrouver un grâce à elle. Véritables coachs d’écriture, ils peuvent enseigner à l’IA à s’affranchir des stéréotypes de style ;
  • les modèles vont tenter de s’ancrer dans la réalité des utilisateurs. Cette imprégnation devrait permettre de sortir d’une rédaction convenue pour exprimer de vrais sentiments ou émotions. L’ancrage ou grounding fait sortir l’IA de l’artificiel pour la rapprocher du quotidien humain.

Le choix collectif entre préserver la diversité des langues, ou continuer à alimenter la machine, se heurte à une monétisation croissante de l’écrit. Derrière les tics, la machine infernale du gain pour rentabiliser les géants de l’IA est enclenchée.


Cet article est publié en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture.

 

[Photo : Summit Art Creations/Shutterstock - source : www.theconversation.com]





terça-feira, 30 de junho de 2026

El govern de Catalunya promourà el català a les presons per afavorir la rehabilitació

El pla crearà espais de conversa informal per practicar la llengua i guanyar confiança en l’expressió oral

Imatge de la campanya "El català obre portes"

El Consell Executiu del govern de Catalunya aprovarà dimarts un pla per incorporar el català com una nova eina per afavorir la rehabilitació i la inclusió social dels presos. El Pla d’accions per al foment del català en l’àmbit de l’execució penal 2026-2030, una iniciativa conjunta dels departaments de Justícia i Qualitat Democràtica i de Política Lingüística, reforçarà les actuacions de foment del català que ja es duen a terme als centres penitenciaris i de justícia juvenil i les ampliarà amb noves mesures perquè la llengua també formi part de la convivència, la formació ocupacional i els itineraris de reinserció.

El pla parteix de la idea que el coneixement del català és una competència que pot ampliar les oportunitats dels interns igual que la formació acadèmica, l’aprenentatge d’un ofici o els programes de tractament i que pot facilitar l’accés al mercat laboral, reforçar l’autonomia personal, afavorir les relacions socials i contribuir a un retorn amb més garanties a la comunitat.

“Amb aquest pla hi incorporem també el català, no com un element accessori, sinó com una eina que amplia oportunitats i ajuda les persones a reconstruir el seu projecte de vida quan recuperen la llibertat”, ha destacat el conseller de Justícia i Qualitat Democràtica, Ramon Espadaler. Per la seva banda, el conseller de Política Lingüística, Francesc Xavier Vila, ha remarcat que “el català obre portes perquè és una llengua de cohesió i de trobada” i vol “que això es visqui també als centres penitenciaris i de justícia juvenil perquè sigui present en tots els àmbits de la vida del país”.

El foment del català forma part des de fa anys de l’activitat educativa dels centres penitenciaris i dels centres educatius de justícia juvenil. Els interns tenen accés a cursos de català i, segons el Departament de Justícia, el 61,9 % han fet algun curs de llengua catalana. El nou pla es proposa que el català esdevingui també una llengua de relació, de convivència i de formació ocupacional i es creïn més oportunitats perquè els interns el practiquin en el dia a dia.

Als centres penitenciaris, el català és la llengua habitual entre professionals en un 74% dels casos, però aquest percentatge baixa fins al 17% en la relació amb els interns. Als centres educatius de justícia juvenil, el català és la llengua habitual entre professionals en un 88% dels casos, però disminueix fins al 28% quan s’adrecen als joves. Pel que fa als interns, el 63,2% tenen algun coneixement de català, mentre que un 33,2% encara no l’entenen.

El pla s’adreça tant als interns com als més de 5.200 professionals del sistema d’execució penal i al funcionament dels mateixos centres. Durant el segon semestre de 2026 es duran a terme vint tallers de sensibilització lingüística adreçats als equips directius i als professionals dels centres penitenciaris i dels centres educatius de justícia juvenil. Quan el pla estigui plenament desplegat, la previsió és arribar a quaranta tallers anuals.

La primera fase començarà als centres penitenciaris de Joves, Mas d’Enric i Centre Obert de Barcelona, així com als centres educatius Can Llúpia i Oriol Badia, amb l’objectiu que tots els centres disposin d’un referent lingüístic abans del 2028. El pla reforçarà igualment la formació lingüística del personal del CIRE, incorporarà proves de nivell per als professionals que encara no disposin de l’acreditació corresponent i inclourà continguts sobre usos i drets lingüístics als processos d’accés als cossos d’execució penal a partir del 2027.

Una de les principals novetats serà la creació dels interns referents lingüístics, una figura voluntària que actuarà com a suport entre iguals per afavorir l’ús del català en les relacions quotidianes i contribuir a crear entorns favorables a l’aprenentatge de la llengua. També s’impulsaran grups de conversa per practicar el català amb naturalitat i guanyar confiança en l’expressió oral, així com parelles lingüístiques i altres activitats d’aprenentatge no formal amb la participació d’entitats col·laboradores i del voluntariat. A més, els centres promouran espais estables de cultura i conversa en català i es crearan un premi literari i un premi musical per fomentar el català també com a llengua de creativitat i expressió.

El pla també incorpora actuacions dirigides a consolidar el foment del català en l’organització dels centres penitenciaris i dels centres educatius de justícia juvenil.

Avaluació dels resultats

Entre les principals mesures hi ha l’actualització dels plans lingüístics de centre, la definició d’objectius anuals de foment del català i la creació d’un sistema d’indicadors que permetrà fer el seguiment del desplegament del Pla i avaluar-ne els resultats. També s’elaborarà un vocabulari bàsic multilingüe de terminologia penitenciària i vocabularis específics dels diferents oficis vinculats als tallers productius i a la formació ocupacional del CIRE.

El desplegament del pla començarà aquest any i s’estendrà progressivament fins al 2030. Entre els objectius fixats hi ha incrementar en un 20% l’ús del català entre els professionals, millorar en un 20% les competències lingüístiques dels interns, disposar de referents lingüístics a tots els centres, consolidar espais estables de conversa en català i incorporar de manera estable el català als itineraris de formació ocupacional i reinserció.

El pla incorpora també una línia de recerca pionera per analitzar, amb dades objectives, quin impacte té el coneixement del català en les oportunitats laborals de les persones que han passat pel sistema d’execució penal. El projecte “El català, llengua de reinserció laboral” estudiarà la relació entre el coneixement del català i l’accés a la feina, la permanència al mercat laboral, l’estabilitat professional i altres factors vinculats a la inserció laboral. La recerca es desenvoluparà durant els anys 2026 i 2027 amb la participació del Departament de Justícia i Qualitat Democràtica, el Departament de Política Lingüística, la Universitat Autònoma de Barcelona (UAB), la Fundació APIP-ACAM, el Centre d’Estudis Jurídics i Formació Especialitzada i el CIRE.

 

[Imatge: Departament de Justícia - font: www.diaridelallengua.cat]

segunda-feira, 20 de abril de 2026

Denuncien que el govern espanyol ignora el català en la regularització d’immigrants

Plataforma per la Llengua recorda al govern català que va dir que caldria aprendre la llengua per renovar la residència i Junts denunciarà la “marginació” del català a les institucions europees

La ministra d’Inclusió Seguretat Social i Migracions, Elma Saiz, en un acte recent

Junts i Plataforma per la Llengua han denunciat que el procés de regularització d’immigrants engegat pel govern espanyol no té en compte que el requisit d’aprendre català, tot i que el govern de Catalunya va presentar al febrer una esmena perquè el coneixement del català es tingués en compte en la primera renovació de la residència dels immigrants. La proposta establia que les persones regularitzades disposessin d’un any, fins a la primera renovació del permís de residència, per iniciar-se en l’aprenentatge de les llengües oficials de les diferents comunitats autònomes. 

“Fa dos mesos, el govern va anunciar que volia fer del català un requisit per renovar la residència al cap d’un any en la regularització extraordinària d’ahir [per dimecres]. Havent analitzat la normativa publicada al BOE ahir veiem que no és pas així. El català no és cap requisit obligatori, només apareix en un informe d’arrelament opcional en casos concrets”, ha lamentat Plataforma per la Llengua en un missatge a les xarxes socials. L’entitat assenyala que per “integrar cal fer el català necessari”. “Sinó, què estem fent? Cohesió o segregació lingüística?”, ha afegit l’organització, que ha lamentat que “ni els tràmits de renovació ni el web del Ministeri d’Inclusió, Seguretat Social i Migracions estan disponibles en català”.

Paral·lelament, Junts ha anunciat, en un comunicat, que ha encarregat al seu departament jurídic que prepari una denúncia davant les institucions europees per “la vulneració de diverses directives i la marginació d’una llengua cooficial com a criteri d’integració”. El partit portarà a totes les cambres on té representació una sèrie d’iniciatives per intentar corregir aquesta situació. Segons Junts, el govern espanyol ha modificat el decret de manera que “exclou” el català com a requisit a l’hora d’adquirir la residència. Així doncs, segons asseguren, el català no és cap requisit obligatori i “només apareix en un informe d’arrelament opcional en casos concrets”. “Es tracta d’una via excepcional, però si les persones regularitzades ja treballen a Catalunya no cal que acreditin cap coneixement de la llengua”, asseguren.

Compromís d’Illa

Junts denuncia que fa dos mesos, el govern de Salvador Illa va anunciar que volia fer del català un “requisit” per renovar la residència al cap d’un any en la regularització extraordinària impulsada pel govern espanyol, però diu que aquesta condició no apareix al text de la normativa publicada al BOE. “Un cop més, el govern de Salvador Illa ha enganyat als catalans i torna a demostrar que l’existència d’una Conselleria de Política Lingüística és només pura façana i que acords com el Pacte Nacional per la Llengua són paper mullat”, diu la formació.

De fet, va ser el mateix govern espanyol qui, just després que l’executiu català anunciés l’esmena perquè el coneixement del català es tingués en compte en la primera renovació de la residència dels immigrants, va avisar que no s’exigiria el coneixement de “cap llengua oficial” per concedir l’autorització inicial de residència i treball dins del procés de regularització extraordinària.


[Foto: Ministeri d’Inclusió, Seguretat Social i Migracions - font: www.diaridelallengua.cat]

quarta-feira, 15 de abril de 2026

Gautier Sabrià: «L'extrema dreta francesa ha reduït la catalanitat a una cosa simbòlica»

Plataforma per la Llengua ha nomenat el sociòleg Gautier Sabrià com a nou responsable de l'entitat a la Catalunya del Nord. Amb el nou encarregat de l'ONG a la zona més septentrional de l'àmbit catalanoparlant, EL TEMPS radiografia les constants vitals de la catalanitat i de la llengua pròpia en aquest territori. 

El sociòleg Gautier Sabrià

Escrit per Moisés Pérez 

—Vostè ha estat nomenat com a responsable de Plataforma per la Llengua a la Catalunya del Nord. Quin diagnòstic fa de la salut del català en aquest territori?

—Segurament, no viu els seus màxims moments de glòria. Ara bé, la llengua és viva i un exemple és que ambdós puguem fer aquesta entrevista en català. A casa nostra, de fet, tenim una manera de viure la catalanitat una mica diferent de la resta dels Països Catalans. Diríem que cada cop està menys vinculada a l'idioma, malgrat conservar el sentiment de pertinença a la catalanitat. Aquesta diferència es produeix per la feina de l'Estat francès per minoritzar la llengua.

—Hi ha, per tant, una identificació amb la catalanitat a pesar d'un ús del català en retrocés.

—Existeix, de fet, una frustració. Ho veig en molta gent del meu entorn: se sent catalana, però, en realitat, no sap dir gran cosa en la llengua catalana. A causa d'aquesta sensació, s'està produint un augment de l'interès per aprendre català i reconnectar amb la llengua. Hi ha persones que viuen com un dol el fet de sentir-se molt catalanes i, al seu torn, no saber expressar-se bé en català.

—Com es desenvolupa aquesta pertinença a la catalanitat més deslligada de la llengua?

—Diria que es dona una sensació inversa a la valenciana: si al País Valencià hi ha menys connexió amb la catalanitat i es parla més la llengua, a la Catalunya del Nord ocorre el contrari. Ens sentim plenament catalans. Per a nosaltres, és un orgull perquè ens fa una mica diferents de la resta de l'Estat francès. És el nostre particularisme i ens connecta amb els veïns del sud. A ma casa, ningú m'ha dit mai que era francès. Sempre ens hem identificat com a catalans. I no es tracta d'una anècdota, sinó que ocorre en moltes famílies. A la Catalunya del Nord, tothom té clara la seva identitat catalana.

—Ha percebut aquesta erosió de la vitalitat de la llengua?

—La meva generació, per exemple, fou de les últimes a viure la presència del català amb tota normalitat. Els meus avantpassats, els meus avis, els meus padrins, tots es parlaven en català. Parlaven la llengua amb tothom, amb els seus amics. Els meus avis, de fet, no tenen cap dubte de quina és la seva llengua. Tanmateix, la sort que tenim és la persistència de la identitat catalana, perquè tothom ens coneixen com els catalans. Fa un temps, va haver-hi un debat, especialment a Barcelona, sobre com anomenar la Catalunya del Nord, sobre si s'havien de denominar com a Pirineus Orientals. La qüestió era que ningú coneix els habitants del departament com a pirinencs orientals, sinó com a catalans. De fet, la nostra identitat catalana és molt inclusiva.

—Per què?

—Perquè tothom es pot sentir part d'aquesta comunitat catalana sense haver-hi un vincle directe amb la llengua. Tinc molts amics que no han nascut a la Catalunya del Nord, però que hi han vingut per estudis o per feina. Poques coses em generen més goig i més il·lusió que aquesta gent s'identifiqui com a catalana. A la Catalunya del Nord ens emociona que una persona nouvinguda d'un altre territori, d'un altre indret, se senti catalana. Diríem que és una identitat inclusiva i popular.

—Explique's.

—Qui ha mantingut històricament el català a la Catalunya del Nord? Han estat més aviat la gent pobra. La identitat catalana és especialment popular i oberta. Un dels moments més visibles d'aquesta catalanitat és al camp de la USAP, en els partits d'aquest equip de rugbi. A l'estadi sempre hi ha moltes banderes catalanes i els seus aficionats no van amb la samarreta blau cel del seu equip, sinó que van vestits de roig i groc.

«A casa nostra, de fet, tenim una manera de viure la catalanitat una mica diferent de la resta dels Països Catalans. Diríem que cada cop està menys vinculada a l'idioma», assenyala el nou responsable de Plataforma per la Llengua a la Catalunya del Nord. | Viquipèdia-Jordi Gili / Diada del 7 de novembre del 2018

—Entre les noves fornades, s'ha perdut el català?

—Diria que hi ha una reconnexió amb l'idioma. A la meva generació, hi ha aquesta connotació del català com una llengua del passat, dels nostres avis. En canvi, a les noves fornades, s'observa una visió positiva del català, com un símbol de progrés i de modernitat. Les noves generacions no tenen aquest menyspreu de considerar el català com una llengua del passat.

—Quines escletxes han trobat els sectors conscienciats amb la llengua per esquivar les polítiques uniformadores i de pressió lingüística desplegades per l'Estat francès?

—És cert que a la Catalunya del Nord no és fàcil sentir el català a l'espai públic, ja que es reclou més a l'àmbit privat. Ara bé, el nostre francès està força influenciat pel català, amb moltes expressions i estructures importades del català. Davant d'unes institucions que no han fet res per la llengua i, fins i tot, hi han jugat a la contra, hi ha escletxes de reivindicació de la catalanitat, com ara els estadis o les festes majors d'un poble. L'associacionisme, però, ha estat el gran bastió de resistència, amb espais com ara el Casal de Perpinyà o el Casal de Conflent. Les entitats han estat els motors perquè encara puguem expressar amb certa normalitat la nostra identitat catalana.

—Quin rol tenen per al sosteniment del català i de la identitat catalana espais educatius com ara la Bressola?

—Són molt importants, però no hi ha només la Bressola. Hi ha més escoles, com ara de caràcter públic, que fan una tasca d'ensenyament en català. Es desconeix que Perpinyà és l'única ciutat de l'Estat francès que té dues escoles amb un model bilingüe d'una llengua denominada regional. Ni els bretons, ni tampoc els bascos, no gaudeixen d'una oferta pública amb aquests trets. Sí que tenen escoles associatives, com ara la Bressola. És determinant que hi hagi encara ensenyament en català. De fet, cada cop hi ha més interès per estudiar el català.

—Detalle aquest procés.

—Aquest interès naix de pares amb 38 o 40 anys i un sentiment de pertinença a la catalanitat, però que no saben parlar ben bé la llengua. Aquests progenitors estan reconnectant amb la llengua i aprenent-la després d'apuntar els fills a la Bressola o les escoles associatives bilingües Arrels. Hi ha procés de transmissió invers molt bonic, on són els fills que empenten els pares a aprendre català. Possiblement, i si es manté aquesta tendència, en uns anys, a la Catalunya del Nord, el català serà una llengua més parlada per la gent jove que no per altres generacions. Aquest fet injecta optimisme.

—Com es compagina aquestes iniciatives amb el creixement de l'extrema dreta a l'Estat francès, la qual sempre ha manifestat una posició nacionalista francesa, uniformadora, més exacerbada?

—Molta gent viu la seva catalanitat lligada al fet de ser francès. Crec que no es pot comparar el vot a Reagrupament Nacional amb el vot a Vox a l'Estat espanyol. Discursivament, l'extrema dreta francesa mai carrega contra el català.

—En la pràctica, però, sí que ocorre?

—Sí, el creixement de l'extrema dreta té efectes pràctics sobre la persistència de la catalanitat. A Perpinyà, de fet, tenim un bon exemple. El batlle de Reagrupament Nacional ha eliminat el lema de la ciutat, que era «Perpinyà, la catalana». Era una denominació acceptada per tothom, amb la qual hi havia un consens absolut. Tenia una dimensió emocional.

—Quines altres accions contra la normalització lingüística ha impulsat l'extrema dreta francesa a la Catalunya del Nord i, més concretament, a Perpinyà?

L'Ajuntament de Perpinyà, en mans de Reagrupament Nacional, ha emprat les subvencions com a eina política. S'ha vist amb la Bressola o amb Òmnium Cultural. L'extrema dreta francesa està reduint cada cop més la catalanitat a una cosa simbòlica i està traient tota la part lingüística i cultural. És cert que ha mantingut el Sant Jordi, però s'ha eliminat qualsevol element de catalanitat del seu cartell. Abans, per exemple, hi havia barretines, espardenyes o la flama del Canigó.


[Font: www.eltemps.cat]

terça-feira, 7 de abril de 2026

Sant Jordi per la llengua: mobilització per una diada que suma cultura i reivindicació

La diada de Sant Jordi, tradicionalment vinculada a la celebració de la literatura i la cultura amb l’intercanvi de llibres i roses, incorpora en els darrers anys una dimensió creixent de compromís social amb la llengua catalana. 

Escrit per Vanesa Vilaseca

En aquest context, la iniciativa Sant Jordi per la Llengua torna a fer una crida a la mobilització ciutadana per situar la defensa del català al centre de la jornada.

La proposta neix com una plataforma que impulsa accions col·lectives coincidint amb el 23 d’abril, amb l’objectiu de visibilitzar el que diverses entitats i col·lectius consideren una situació d’emergència lingüística. Segons el manifest difós per l’organització, el català experimenta una davallada en l’ús social i es troba afectat per dinàmiques que en dificulten la presència en àmbits quotidians.

Més enllà de la diagnosi, la iniciativa aposta per convertir Sant Jordi en un espai de participació activa a través de la celebració de mobilitzacions simultànies arreu del territori i es convida la ciutadania a implicar-se en la defensa dels drets lingüístics i en la promoció de l’ús del català en tots els àmbits de la vida social.

En edicions anteriors, milers de persones han participat en aquestes convocatòries, que han comptat amb el suport d’un ampli teixit associatiu. Aquestes mobilitzacions busquen reforçar la cohesió social i reivindicar el paper de la llengua com a eina de convivència i inclusió, tot posant èmfasi en la necessitat de garantir l’accés universal al seu aprenentatge.

La iniciativa també posa el focus en factors estructurals que incideixen en la realitat lingüística, com ara els models econòmics, les desigualtats socials o les dificultats d’arrelament de les persones nouvingudes. En aquest sentit, la iniciativa defensa que la promoció del català ha d’anar acompanyada de polítiques públiques que afavoreixin la igualtat d’oportunitats i la cohesió comunitària.

Amb aquest plantejament, Sant Jordi per la Llengua proposa ampliar el significat de la diada: a la celebració cultural s’hi suma una dimensió reivindicativa que apel·la a la corresponsabilitat col·lectiva. Així, llibres, roses i participació es combinen en una jornada que vol projectar la llengua catalana cap al futur des d’una mirada inclusiva i compromesa.


[Font: www.xarxanet.org]

terça-feira, 31 de março de 2026

El govern d’Andorra avisa que l’ús del català caurà en la pròxima enquesta d’usos lingüístics

La ministra de Cultura preveu la davallada per l’“augment considerable de la immigració”

La ministra de Cultura, Mònica Bonell, en la presentació de la trobada de creadors de contingut en català Eixivern 

La ministra de Cultura, Esports i Joventut andorrana, Mònica Bonell, ha alertat en una entrevista al programa Tribuaren Berbak, d’Euskaltelebista, de la qual se n’ha fet ressò La Veu Lliure, que la propera enquesta de Coneixements i usos lingüístics de la població d’Andorra “no sortirà tan bé” com la del 2022 en relació a l’ús de la llengua oficial del país perquè “aquests darrers anys hi ha hagut un augment considerable de la immigració”.

Bonell ha explicat que “les xifres que van sortir de l’enquesta del 2022 no eren dolentes”, ja que un 44’1% dels enquestats deien tenien com a llengua materna el català (contra un 40,3% el castellà) i un 63,7% tenien la llengua oficial del país com a habitual, “per al seu dia a dia, per a la feina, les gestions…”. “Les xifres van sortir bastant bé”, va dir Bonell, tot i que va matisar que “eren més negatives” en relació al comerç perquè en “certs comerços” els clients “no rebien l’atenció en català”.

“Som conscients que la propera enquesta no sortirà tan bé perquè aquests darrers anys hi ha hagut un augment considerable de la immigració, de gent que ha vingut a viure a Andorra i això, d’alguna manera, també tindrà conseqüències en l’ús de la llengua”, ha dit la ministra, que ha assegurat que, en previsió d’aquest fenomen, el govern ha pres “mesures” per promoure el català.

L’enquesta d’usos lingüístics que s’ha de publicar pròximament serà la primera després de l’aprovació i entrada en vigor de la Llei de la llengua pròpia i oficial, aprovada enmig d’una creixent preocupació per la pèrdua d’ús social del català. La norma preveu, que ha fet disparar l’interès de molts residents per aprendre la llengua, preveu, entre altres coses, exigir un nivell bàsic de català per renovar el permís de residència.


[Foto: Govern d'Andorra - font: www.diaridelallengua.cat]