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terça-feira, 8 de setembro de 2026

« Coopération complète » : comment l’Université de Tel Aviv sert l’État sécuritaire d’Israël

Du recrutement du Shin Bet aux programmes d’entraînement militaire, les services israéliens s’infiltrent de plus en plus dans la vie universitaire. 

Après que Hila Ben David eut cessé de chanter « Imagine », de John Lennon, le 16 juillet, lors de la cérémonie de remise des diplômes doctoraux de l’Université de Tel Aviv (TAU), la parole a été donnée au docteur Danny Gold, général de brigade (en réserve), chef de la direction Recherche et Développement du ministère de la Défense. Gold, ancien étudiant de TAU où il a obtenu tous ses diplômes, était revenu à son alma mater pour s’adresser aux nouveaux diplômés.

Au cours d’une conférence intitulée Transformer la vision en sécurité, Gold a présenté sous le meilleur jour des systèmes d’armement israéliens ainsi que des vidéos sur des lanceurs de missiles, des interceptions de défense aérienne, et des frappes israéliennes contre des camions au cœur de Téhéran. Des diapos mettant en valeur Ies entreprises israéliennes de défense Elbit Systems et Rafael, ainsi que des firmes privées de plus petite taille comme SMART (“Létalité et précision pour les combattants ») et UNIQAI (“L’IA pour l’organisation des missions”) apparaissaient sur l’écran.

Environ sept minutes après le début de la présentation, la cérémonie a été interrompue par des cris confus, des applaudissements épars et des huées. Plusieurs diplômés et leurs proches ont quitté la salle, dont le docteur Jad Ka’dan, qui venait de recevoir son doctorat en études culturelles et comptait parmi les 17 étudiants palestiniens auxquels l’université avait décerné des doctorats cette année-là.

“Quand [l’université] fait venir le docteur Gold et que, subitement, vous voyez des vidéos de lancements de missiles, des sirènes de raids aériens, et le bombardement de Téhéran, vous comprenez qu’ils vous traitent avec mépris — ils essaient de vous humilier », a-t-il dit à +972 Magazine et à Local Call.

Ka’dan, qui a obtenu une bourse d’études postdoctorales en Californie, a trouvé la célébration de l’industrie de défense israélienne particulièrement troublante. “[Dans le monde entier] les gens parlent de BDS, et vous nous montrez ce genre de vidéos ? J’ai honte de devoir dire que c’est ça qu’ils présentent ici”, a-t-il dit.

Les protestations ne sont pas venues uniquement d’étudiants palestiniens. Selon Ka’dan, quand la mère d’un de ses amis s’est approchée de la scène et s’est mise à crier “Quelle honte !”, environ un quart du public s’est joint à elle. “La moitié des personnes dans cette salle souffrent de troubles de stress post-traumatique à cause de la guerre [avec l’Iran]”, a lancé Ka’dan, “et vous leur montrez des vidéos d’explosions ?”

“Vraiment, ça colle”, a-t-il ajouté. “On commence par ‘Imagine’ —il n’y a aucun pays, aucune cause pour laquelle tuer ou mourir — et là-dessus, arrive un officier de l’armée.”

Quelques instants après que Gold a terminé son exposé, la professeure Noga Kronfeld-Schor, rectrice de l’université, visiblement mal à l’aise, est montée en scène et s’est excusée si la conférence “avait blessé certaines personnes [au sein du public].”

Des membres du corps enseignant affiliés à Academia For Equality ont fait rapidement circuler une lettre soulignant que le problème ne se réduisait pas à un discours de remise des diplômes manquant de sensibilité. L’allocution s’était adressée, écrivaient-ils, à des “étudiants juifs et palestiniens dont les corps et les esprits [portaient] les cicatrices de la guerre apparemment sans fin qui dure depuis trois ans” et qui étaient venus “pour célébrer leurs résultats académiques, pas pour assister à un spectacle de propagande”. Cet évènement, estimaient-ils, constituait “une nouvelle étape de la militarisation croissante de notre université au long de ces dernières années”.

Quelques jours plus tard, l’administration a transmis des excuses plus détaillées aux membres anciens du corps professoral, reconnaissant que l’invitation de Gold avait été “une erreur” car la présentation avait bouleversé des membres du public, notamment des enfants, des familles endeuillées et des soldats traumatisés par la guerre. Mais elle rejetait catégoriquement la conclusion plus vaste d’Academia For Equality, selon laquelle l’université connaîtrait un processus de militarisation.

Dans leur réponse, le président de l’université Ariel Porat et la rectrice Noga Kronfeld-Schor considéraient cette allégation comme “un mensonge et une falsification — une véritable campagne de calomnie” qui renforçait l’argumentaire de “ceux qui cherchent à boycotter le monde académique israélien [en] le présentant comme un agent de l’armée”.

Pourtant, une enquête menée par +972 et Local Call remet en question les dénégations de l’administration. Des interviews et des documents révèlent une université qui a, ces dernières années, accordé sur le campus une place de plus en plus grande à l’appareil militaire et sécuritaire d’Israël — des partenariats avec l’armée aux efforts pour recruter des étudiants au Shin Bet, le service de renseignement intérieur d’Israël.

Chasser des têtes sur le campus

Environ un mois avant l’apparition controversée de Gold à la cérémonie de remise de diplômes, le Centre de développement des carrières de TAU a invité des étudiants des départements d’Histoire du Moyen-Orient et d’Afrique et d’Études arabes et islamiques à une rencontre « axée sur les carrières » avec un représentant du Shin Bet.

L’e-mail de juin, envoyé par le conseiller en carrières des Humanités Sivan Tivoni et obtenu par +972 and Local Call, indiquait que le service de sécurité s’était adressé à l’université pour organiser un évènement destiné spécifiquement aux étudiants de ces deux départements.

“Dans le cadre de cet évènement”, indiquait l’invitation, “un ancien responsable du Shin Bet sera notre invité pour mener une séance inspirante et une discussion ouverte sur les opérations secrètes, les défis du renseignement et de la sécurité, et l’importance de la connaissance de la langue arabe et de la familiarité avec les mondes arabes et islamiques en vue d’une activité professionnelle pleine de sens.” Les étudiants entendraient aussi « des récits et des observations sur ces domaines (compte tenu des restrictions liées à la classification [de sécurité]), et ils participeraient à des discussions directes avec les invités.”

Selon Muhammad Masarwa, étudiant en master d’Études arabes et islamiques et militant politique, l’invitation reflétait une tendance à examiner l’étude de l’arabe essentiellement sous l’angle de la sécurité. “C’est très triste de donner comme perspective à l’étude de l’islam et à la familiarité avec le monde arabe la nécessité de ‘connaître l’ennemi’, a-t-il dit. L’invitation, a-t-il ajouté, contient un message : “Vous pouvez devenir un élément d’un système qui peut nuire à d’autres au moyen de votre connaissance de leur culture et de leur langue.”

Masarwa a dit n’avoir jamais reçu l’e-mail, pas plus qu’aucun des étudiants palestiniens qu’il connaissait dans les deux départements. Il n’a eu connaissance de l’évènement que lorsqu’un ami palestinien lui a fait suivre l’invitation, que des étudiants juifs avaient partagé avec cet ami. (TAU n’a pas répondu à la question de +972 et de Local Call demandant si l’invitation avait été envoyée exclusivement à des étudiants juifs.)

Au sein du département, a dit Masarwa, l’invitation n’a pas suscité beaucoup de discussions. Mais à son avis, la démarche n’était pas accidentelle. “Parmi les étudiants juifs — pas la totalité — il existe une aspiration indéniable à trouver du travail au Shin Bet, à rejoindre les services de sécurité », a-t-il dit. “[S’ils se lancent dans les études arabes], ce n’est pas par amour pour la langue et la culture.”

Les responsables du département qui se sont entretenus avec +972 and Local Call ont pris leurs distances avec cette initiative.

“Je dois admettre que je n’étais pas au courant”, a dit le docteur Avner Wishnitzer, président du département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique. “Si je comprends bien, l’évènement a été organisé par le Centre de développement des carrières de l’université. Je ne savais pas que le secrétariat du département avait expédié l’invitation. Ce n’est pas passé par moi. Point essentiel : nous n’avons aucun lien avec le Shin Bet, et nous n’organisons pas ce genre d’évènement.”

L’université a fourni une explication similaire. Les évènements de développement des carrières ont pour but de faire découvrir aux étudiants des opportunités d’emploi dans les secteurs publics, privés et sociaux, a dit le porte-parole Tomer Walner.

Les employeurs “dont les activités sont conformes à la loi sont invités à présenter aux étudiants des domaines de travail et des postes correspondant à leur formation”, a-t-il ajouté, soulignant que de tels évènements sont organisés par le centre et “ne constituent en aucun cas un élément du cursus académique.”

En fin de compte, l’évènement, prévu pour le 15 juin, n’a pas eu lieu parce que le nombre d’étudiants inscrits était trop faible, selon une source universitaire. Cependant, ces techniques de “chasse de têtes” – recrutement proactif de personnes ayant des compétences spécialisées — par les agences de sécurité d’Israël sur les campus des universités n’ont rien de nouveau.

En 2025, un rapport de l’organisation antimilitariste New Profile a documenté des années d’évènements de recrutement impliquant le Shin Bet et le Mossad dans des universités Israéliennes, notamment, en 2017, une « session sur les carrières avec le Shin Bet » accueillie par la faculté de Sciences sociales de TAU ainsi qu’un évènement au Technion intitulé “La technologie au service du Service général de sécurité [Shin Bet]”.

Plus récemment, en mai, le Centre de développement des carrières de TAU a invité les étudiants en sciences sociales et humanités à un évènement intitulé “Les carrières dans les organismes de sécurité » incluant des représentants du Mossad, du Shin Bet, du ministère de la Défense et du service pénitentiaire israélien. “Saviez-vous”, demandait l’invitation, “que les connaissances et les compétences que vous avez acquises en sciences sociales et humanités peuvent vous donner un véritable avantage en vue d’une carrière au cœur de l’appareil de sécurité d’Israël ?”

Ce qui distinguait l’invitation de juin, selon la docteure Outi Bat-El, linguiste de TAU et membre d’Academia for Equality, n’était pas que le Shin Bet vienne recruter sur le campus, mais qu’il recherche des étudiants dans des domaines particuliers. “L’invitation est inhabituelle parce qu’elle vise spécifiquement ces deux départements”, a souligné Bat-El. “Ce n’est pas une foire aux emplois où tout le monde peut venir et repartir comme il ou elle le souhaite. C’est ciblé.”

La promesse faite aux étudiants d’entendre “des récits et des observations » au sujet des opérations du Shin Bet, a-t-elle souligné, “ressemble à Disneyland. Il s’agit de recruter pour quelque chose de terrible. C’est une coopération complète entre l’université et le Shin Bet.”

L’histoire d’une symbiose

La relation entre les études arabes et du Moyen-Orient dans le monde universitaire israélien et les services sécuritaires du pays existe depuis les premiers jours de l’État et peut-être même antérieurement. À TAU, elle est devenue organique au milieu des années 1960, lorsque l’université a accepté d’intégrer un organisme de recherche du ministère de la Défense, l’Institut Shiloah — devenu par la suite le Centre Moshé Dayan— à son département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Cette décision a soulevé quelques controverses. Dans un article récent de Haaretz, l’ancien président de TAU Itamar Rabinovich, qui dirigeait le Centre Dayan avant d’être à la tête du département d’Histoire du Moyen-Orient et de l’Afrique, se rappelait que l’Université hébraïque de Jérusalem avait rejeté une proposition du ministère de la Défense visant à ce qu’elle absorbe cet institut.

TAU a procédé différemment. À l’époque, l’institution encore au berceau essayait de recruter Shimon Shamir, un jeune universitaire qui serait plus tard à la tête du département et exercerait les fonctions d’ambassadeur d’Israël en Égypte et en Jordanie. Shamir a fixé comme condition à son entrée à l’université l’acceptation de l’Institut Shiloah.

La “symbiose” ainsi réalisée entre l’institut et le nouveau département, a écrit Rabinovich, “donnait à l’université de Tel Aviv un statut unique parmi les universités israéliennes."

Le docteur Yonatan Mendel, chef du département d’études du Moyen-Orient à l’université Ben-Gourion — dont les recherches concernent la sécuritisation* des études arabes depuis le Yishouv juif en Palestine, antérieur à l’État, et par la suite — estimait lui aussi que cette relation était inaccoutumée. “Une connexion aussi directe et ouverte, reliant l’étude de l’arabe dans la sphère universitaire avec le Shin Bet et la sécurité nationale, est vraiment rare”, a-t-il dit à +972 et à Local Call.

Pourtant, a-t-il ajouté, “l’entrée des agences de renseignement et des préoccupations sécuritaires dans la sphère universitaire n’est assurément pas un phénomène nouveau. Ce sont des processus antérieurs à la fondation d’Israël qui se sont intensifiés dans les années 1960 et 1970.”

Dans les décennies qui ont suivi, a ajouté Mendel, de telles relations se déroulaient essentiellement sous le voile du secret. Depuis le 7 octobre, cependant, elles ont repris de la vigueur et sont devenues de plus en plus voyantes. “C’est peut-être parce que le soutien aux besoins en matière de sécurité est subitement inscrit à l’ordre du jour”, a-t-il suggéré.

Selon Mendel, son propre département de l’université Ben-Gourion n’a jamais reçu une sollicitation directe comparable. La culture institutionnelle peut expliquer partiellement la différence. Dans son article de Haaretz, Rabinovich décrivait le département d’études du Moyen-Orient à l’université Ben-Gourion comme “rebelle, s’opposant à l’esprit de l’institution.”

Dans son livre de 2024 “Towers of Ivory and Steel: How Israeli Universities Deny Freedom to Palestinians” (Des tours d’ivoire et d’acier : comment les universités israéliennes refusent la liberté aux Palestiniens), la chercheuse israélienne Maya Wind soutient que les universités israéliennes ont contribué depuis longtemps à produire un savoir qui perpétue la domination d’Israël sur les Palestiniens tout en se présentant elles-mêmes comme des services libéraux et démocratiques.

Dans un contexte de croissance des partenariats entre universités états-uniennes et israéliennes, Wind a dit à +972 en août 2025 que ces dernières « sont en fait profondément impliquées dans le colonialisme de peuplement israélien, et maintenant dans le génocide” — en particulier parce que des disciplines académiques entières “subordonnent leur production de connaissances aux besoins de l’État israélien.”

Pour Mendel, cette proximité historique entre la discipline d’Études du Moyen-Orient et les services de sécurité permet d’expliquer pourquoi ce domaine “tombe parfois dans le piège de l’Orientalisme” et pourquoi de nombreux citoyens palestiniens d’Israël ont eu du mal à le considérer comme leur appartenant réellement.

Il a cependant signalé une tendance qui contrebalance celle-ci : ces dernières années, des enseignants et des chercheurs dans différents lieux du monde universitaire israélien ont fait évoluer leurs disciplines dans des directions plus civiles et plus critiques. “C’est cette tendance que nous devons renforcer — une recherche indépendante et critique, aussi éloignée que possible d’une démarche centrée sur la sécurité.”

La militarisation en évidence

Cependant, au moment même où certains universitaires examinaient d’un œil critique les relations entre l’université et les services de sécurité, les liens institutionnels de TAU avec l’armée se sont renforcés ces dernières années de façon importante.

Dès octobre 2023, avant l’attaque du 7 octobre, l’université a lancé le programme « Erez » qui consiste à ce qu’environ 200 candidats à des postes d’officiers de combat obtiennent des licences en humanités et sciences sociales avant d’entamer une formation d’officier. Selon certaines informations, TAU devrait recevoir environ 15 millions de shekels (presque 5 millions de dollars) pour ce programme.

Bien que l’université ait promis initialement que les participants à ce programme ne porteraient pas d’armes sur le campus, des soldats armés en uniforme ont commencé à assister régulièrement à des cours après le déclenchement de la guerre. Leurs effectifs ont diminué depuis, mais selon des membres du corps enseignant ils restent une présence familière.

“Vous êtes sur le campus, et 50 soldats en uniforme, portant des armes, se déplacent d’un bâtiment à l’autre”, a dit Bat-El. “Je ne me sens pas à l’aise. Imaginez ce que ressentent des étudiants palestiniens.”

Les liens de l’université avec les services de sécurité s’étendent également au secteur technologique. Depuis 2018, TAU Ventures — un fonds de capital-risque financé par l’université — a géré « The Xcelerator » en commun avec le Shin Bet. Ce programme accorde à des start-up sélectionnées une subvention de 50000 $ versée par l’agence de sécurité ainsi que des espaces de bureau et un soutien aux entreprises, et met en avant, selon ses propres termes, une “opportunité exclusive de validation et de démonstrations de faisabilité auprès du Shabak [le Shin Bet]."

 

Pour sa dernière promotion, le programme a indiqué qu’il recherchait des technologies dans des domaines tels que l’IA et les données, la cybersécurité, les menaces liées aux drones ou aux UAV, les plateformes sans pilote, les capteurs et le renseignement sur internet, qui pourraient “avoir un impact sur le champ de bataille” et renforcer les “capacités de sécurité à long terme” d’Israël.

Dès le début de la prochaine année universitaire, TAU accueillera le prestigieux programme “Havatzalot”, qui forme des recrues de haut niveau de l’Intelligence Corps pendant la dernière étape de leurs études universitaires. Le programme s’est déroulé à l’Université hébraïque depuis 2019 malgré l’opposition d’étudiants et d’enseignants, qui affirmaient qu’il  correspondait à “l’expropriation de la sphère académique et à son transfert sous contrôle militaire”. Après que TAU eut remporté l’appel d’offre en vue de l’accueil du programme, l’Université hébraïque a présenté une requête judiciaire pour contester cette décision.

Un incident récent pourrait indiquer que les liens de TAU avec le système de la défense vont plus loin que les campagnes de recrutement et les programmes de formation. En mai 2025, l’administration de l’université ayant soupçonné un étudiant palestinien d’avoir tagué des slogans dénonçant la guerre d’Israël contre Gaza sur les stands du Shin Bet et d’Elbit à une foire aux carrières sur le campus, elle a fourni au Shin Bet ses données personnelles. Peu après, l’étudiant a reçu un appel d’un homme qui s’est présenté comme un agent du Shin Bet et lui a ordonné de se rendre dans un poste de police en vue d’une “conversation”.

Certes, ce processus a été interrompu rapidement après une intervention du spécialiste de la déontologie de l’université, mais l’incident a montré avec quelle facilité la coopération de l’université avec les services de sécurité pouvait déboucher sur la surveillance et l’intimidation des étudiants.

C’est dans ce contexte que l’administration a qualifié de “pure invention” l’affirmation selon laquelle TAU devenait une extension des services de sécurité d’Israël.

“Pendant de nombreuses années, le monde universitaire israélien a affronté diverses forces qui cherchent à le détruire et menacent sa liberté, en Israël et à l’étranger”, écrivaient les représentants de l’administration dans l’e-mail envoyé au corps enseignant après le discours de Gold lors de la cérémonie de remise des diplômes. “Il est désolant de voir des détracteurs sortir de nos rangs et utiliser une simple erreur – aussi regrettable soit-elle – pour formuler des jugements sans aucun fondement.”

+972 et Local Call ont demandé à TAU s’il maintenait des liens étroits avec le Shin Bet, comme l’indique l’e-mail envoyé par son Centre de développement des carrières, et s’il était conscient des accusations internationales selon lesquelles le monde universitaire israélien ferait partie de l’appareil sécuritaire israélien. L’université n’a pas souhaité répondre.

* N.d.T. Le concept de sécuritisation décrit la façon dont certains phénomènes considérés comme des enjeux de sécurité sont assimilés à des menaces justifiant l’élaboration de politiques sécuritaire.


Publié par Aharon PorathMeron Rapoport | +972 Magazine | traduction : SM pour l'AURDIP

[Source : www.aurdip.org]

sexta-feira, 4 de setembro de 2026

Un país que es desfà

A 'Les conseqüències' (Proa), Pere Antoni Pons ens parla d'una illa que ha anat cedint espai, llengua i memòria fins al punt de preguntar-se què en queda, del país que havia estat. 

Pere Antoni Pons

Escrit per Guerau Xipell Casol

Historiador per la UB i gestor cultural per la UOC 

Pons no escriu una novel·la de denúncia, ni un al·legat contra el turisme, ni un manifest identitari. Escriu una història de persones. Tanmateix, mentre aquestes persones estimen, s’equivoquen, recorden, callen i en definitiva viuen les seves vides, el país i la cultura on viuen immersos es desfà. La història que explica aquest thriller és la d’una investigació relacionada amb una expedició nazi al poble de l’autor, Campanet, als peus de la serra de Tramuntana.

La Mallorca que apareix a la novel·la és recognoscible perquè fuig dels tòpics. No hi ha ni folklorisme ni nostàlgia complaent. Hi ha la constatació que l’illa ha estat sotmesa durant dècades a dues forces que han alterat profundament la seva manera de ser. D’una banda, un espanyolisme persistent que ha relegat la llengua i la cultura pròpies a una posició subordinada, clarament inferior i, fins i tot, anecdòtica. De l’altra, un model turístic que ha convertit el territori en una mercaderia i que ha acabat transformant no només el paisatge, sinó també les relacions humanes i la manera d’habitar-lo.

El gran encert de Pere Antoni Pons és que mai no converteix aquestes qüestions en un discurs explícit. No hi ha personatges que pronunciïn llargues reflexions sobre la identitat nacional ni cap voluntat de dictar conclusions al lector. Tot emergeix de manera orgànica. El feixisme al qual es va sotmetre l’illa després de l’alçament franquista hi apareix com un fet que altera la vida quotidiana actual, no com una disquisició purament teòrica.

El turisme hi apareix no tant com una activitat econòmica, sinó com un model de país que condiciona totes les altres dimensions de la vida; la feina, el paisatge, l’habitatge, la llengua i, en definitiva, la manera com les persones s’expliquen a si mateixes. La novel·la no cau en la caricatura ni en el victimisme. Sap que la realitat és sempre més complexa que qualsevol consigna i, precisament per això, el seu retrat resulta tan convincent.

Però si el llibre funciona és, sobretot, perquè Pere Antoni Pons escriu suaument. La seva prosa té una qualitat que sovint passa desapercebuda perquè no busca exhibir-se. És una llengua planera, neta i elegant, construïda amb una precisió admirable. Hi ha autors que confonen complexitat amb barroquisme, Pons demostra just el contrari. En las seva senzillesa rau la seva qualitat.

Aquesta manera no implica pobresa expressiva. Al contrari. Les frases respiren naturalitat, els diàlegs sonen autèntics i les descripcions tenen la mesura justa. És una escriptura que confia més en el ritme que en l’ornament, més en la precisió que en l’efectisme. Segurament la seva experiència periodística té un efecte clar en la seva manera d’escriure.

També destaca la manera com està construït l’argument. Les conseqüències és una novel·la que es deixa llegir amb una facilitat sorprenent, de fet jo ho he fet en un cap de setmana. El relat avança sense interrupcions, amb una progressió constant que desperta la curiositat sense necessitat de recórrer a grans girs argumentals. L’interès neix dels personatges i dels seus conflictes, no de l’artifici narratiu. En aquest sentit, Pere Antoni Pons demostra una gran capacitat per administrar el ritme. La novel·la atrapa perquè els seus personatges resulten creïbles i perquè els seus dilemes són universals, encara que estiguin profundament arrelats en una realitat mallorquina molt concreta. Aquesta és una qualitat que sovint s’infravalora i que, en canvi, constitueix una de les bases de tota bona narrativa. 

Pere Antoni Pons

Ara bé, això no significa que l’obra sigui exempta de limitacions. La primera té a veure amb l’estructura dels capítols. La brevetat amb què estan plantejats contribueix a donar agilitat al conjunt, però també provoca una certa sensació d’esquematisme. Hi ha escenes que semblen acabar just quan començaven a desplegar tota la seva força dramàtica. Alguns personatges i alguns conflictes haurien guanyat densitat si l’autor els hagués concedit unes quantes pàgines més. No és tant una mancança com la impressió que el material narratiu donava per a una exploració encara més profunda.

La segona reserva afecta la construcció general del relat. La novel·la avança de manera molt lineal, gairebé sense alteracions estructurals ni canvis de perspectiva que obliguin el lector a reinterpretar el que ha llegit. Aquesta opció fa que la lectura sigui molt clara i accessible, però també redueix una mica la capacitat de sorpresa. Sense necessitat de recórrer a artificis, alguna fractura temporal o algun desplaçament del punt de vista hauria aportat més complexitat a una història que, per temàtica i ambició, podia permetre’s assumir algun risc formal més.

Malgrat això, aquestes observacions no desdibuixen els mèrits d’una novel·la que sobresurt precisament per la seva honestedat. En un moment en què bona part de la narrativa contemporània sembla obsessionada per la pirueta formal o pel gir inesperat, Pere Antoni Pons opta per una literatura que posa tota la confiança en els personatges, en la llengua i en la capacitat del lector de llegir entre línies. És una aposta molt més exigent del que pot semblar.

Quan es tanca el llibre, queda la sensació que el títol és molt més que una simple referència argumental. Les conseqüències no són només les dels personatges, sinó també les d’una illa que ha anat cedint espai, llengua i memòria fins al punt de preguntar-se què en queda, del país que havia estat. Poques novel·les recents han sabut formular aquesta pregunta amb tanta delicadesa i amb tan poca estridència. I, probablement, és aquí on rau la seva grandesa. 

 

[Fotos: Ester Roig - font: www.nuvol.com]

quinta-feira, 3 de setembro de 2026

En Allemagne, un Land gouverné par l’AfD en ferait un laboratoire pour les projets du parti le plus radical des droites européennes

Les dimanches 6 et 20 septembre, deux Länder de l’Est et la ville de Berlin voteront lors de scrutins régionaux visant à renouveler leur Parlement respectif. Les citoyens convoqués aux urnes ne représentent pas plus de 9 % de l’ensemble des électeurs allemands.

Écrit par Hélène Miard-Delacroix 

À première vue, c’est anecdotique, sans conséquences au niveau national. Pourtant, la classe politique et l’opinion tremblent face aux 35 % à 40 % d’intentions de vote pour le parti de l’extrême droite, Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne, AfD), en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Ces scrutins risquent d’ébranler plusieurs certitudes et équilibres dans le pays le plus peuplé de l’Union européenne. Du local au national, les enjeux sont nombreux : ils sont politiques, culturels, sécuritaires, et touchent à l’image de l’Allemagne.

La percée attendue de l’AfD confirme l’érosion des partis qui ont façonné quatre-vingts ans de vie politique allemande. Elle met aussi à l’épreuve leur cohésion interne. La CDU (Union chrétienne-démocrate, droite) du chancelier Friedrich Merz est même menacée d’éclatement si des élus locaux rompent le cordon sanitaire imposé à l’infréquentable AfD. À gauche aussi, les repères se brouillent. Le jeune parti nationaliste BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) est tenté d’être faiseur de roi en portant la star régionale de l’AfD, le dynamique trentenaire Ulrich Siegmund, à la tête du gouvernement de Saxe-Anhalt. Plus qu’une sensation régionale, ce serait une rupture dans l’histoire du pays, où la droite extrême n’a plus gouverné depuis 1945.

Un Land gouverné par l’AfD en ferait un laboratoire pour les projets du parti le plus radical des droites européennes. Cœur du système fédéral, les Länder ont plus de compétences que les régions françaises : ils légifèrent librement sur des domaines réservés, mais leur administration est aussi chargée d’exécuter les lois fédérales. Or, le programme de l’AfD pour ce scrutin ne cache pas le projet de politiser la justice, la police et l’administration en y nommant proches et affidés.

Le refus annoncé d’appliquer des programmes fédéraux, en particulier en matière d’énergie et de climat, voire le non-respect de principes fondamentaux dans la pratique des institutions et les relations entre les partis, mettrait à l’épreuve la loi fondamentale du pays entier. Son article 37, qui permet de contraindre un gouvernement de Land récalcitrant, n’a encore jamais été utilisé dans l’histoire de la République fédérale. Cela pourrait aussi avoir une incidence sur la solidarité financière entre les régions d’Allemagne. Les choix de politique économique et sociale annoncés par l’AfD, notamment les actions anti-immigrés, seraient susceptibles de faire fuir la main-d’œuvre étrangère et d’amener des entreprises à revoir leur implantation dans ces Länder.

Enfin, c’est dans le travail législatif à l’échelle fédérale que des victoires régionales de l’AfD constitueraient un test. À la Chambre haute, le Bundesrat, dont l’accord est indispensable à la moitié des lois fédérales, siègent les gouvernements des Länder. Avec certes une poignée de voix sur un total de 69, l’AfD, qui siège déjà au Bundestag, y aurait la capacité de ralentir les réformes du gouvernement Merz et de perturber l’élection des juges de la Cour constitutionnelle fédérale [la Cour suprême]. Les enjeux politiques de ces scrutins sont donc de taille, tant pour la coalition au pouvoir à Berlin, l’unité de la CDU et la pratique des institutions que pour la clarification des intentions de l’AfD sur le plan national.

La deuxième inquiétude à la perspective d’un gouvernement AfD en région est celui de l’éducation, de la recherche et de la culture, pour lesquelles les Länder ont la compétence exclusive. Le parti a annoncé vouloir intervenir dans les programmes scolaires et cesser les mesures d’intégration, mais aussi mettre fin à l’obligation scolaire pour soustraire les enfants à l’influence d’enseignants « gauchistes ». Les méthodes et sujets jugés « anti-allemands » doivent être bannis de l’université, et la mémoire de la Shoah évacuée par le biais de la fin des subventions aux musées et aux mémoriaux.

L’AfD aspire explicitement à réhabiliter une image positive de l’Allemagne et à mettre un terme à la « culture de la repentance » pour défendre un patrimoine national glorieux. Sa détestation de la modernité allemande condamnerait, en particulier, la fondation d’architecture du Bauhaus, à Dessau (Saxe-Anhalt), et la liberté de création dans les théâtres serait menacée. Enfin, les médias publics sont les cibles privilégiées du « redressement culturel » annoncé, avec une intervention directe sur les programmes et les personnels de la radio-télévision régionale.

Un Land étant un Etat à part entière, il a son propre gouvernement, notamment un ministère de l’Intérieur. Si celui-ci était confié à l’AfD, la question de la loyauté à la Constitution se poserait du sommet du ministère jusqu’aux forces de police et de sécurité. L’AfD a annoncé vouloir intervenir sur les services de renseignement du Land, sous le contrôle de ce ministère régional. Le risque est que cesse la surveillance d’activités anticonstitutionnelles de membres de l’extrême droite pour ne se concentrer que sur l’extrême gauche.

Outre le danger à l’échelon régional, cette approche inédite crée un risque pour la sécurité des autres Länder en raison de l’échange d’informations sensibles entre ministères régionaux. La surveillance en matière d’espionnage, venant de Russie, par exemple, en serait affectée. Contre ce cheval de Troie menaçant la sécurité du pays dans son ensemble, le réflexe des autres Länder serait la rétention d’informations délicates, ce qui accroîtrait la vulnérabilité face au terrorisme.

Enfin, ces scrutins, s’ils portaient l’extrême droite au pouvoir en région, conduiraient à l’affaiblissement des positions allemandes en Europe en raison de ralentissements et de blocages internes. Ils écorneraient surtout l’image internationale de l’Allemagne, portée par la fierté d’avoir réussi, en tant que meilleur élève de la classe, à ne pas céder aux sirènes de l’extrême droite. Sa percée spectaculaire, à supposer qu’elle ait lieu, ne sera pas comprise comme une normalisation anodine de l’Allemagne, mais comme un signal alarmant pour le pays où est né le nazisme. L’impact de ces élections régionales est donc bien inversement proportionnel au nombre de votants.

Hélène Miard-Delacroix est professeure d’histoire et de civilisation de l’Allemagne contemporaine à Sorbonne Université. Elle est, entre autres, l’autrice de l’ouvrage Les Emotions de 1989. France et Allemagne face aux bouleversements du monde (Flammarion, 2025).

 

[Source : www.lemonde.fr]

terça-feira, 1 de setembro de 2026

O perigo de uma maioria da AfD na Saxónia Anhalt

A extrema-direita alemã lidera as sondagens para a eleição de 6 de setembro com grande vantagem e a possibilidade de formar governo sozinha neste estado do leste do país é real, pela primeira vez desde a derrota do fascismo alemão.

Ulrich Siegmund, candidato da AfD, num comício com apoiantes. Foto publicada nas suas redes sociais.

Escrito por Harald Wolf

Membro do partido Die Linke 

Três eleições regionais em setembro poderão alterar profundamente a paisagem política da Alemanha. A 6 de setembro realizam-se eleições no Estado federal da Saxónia Anhalt, no leste da Alemanha, e duas semanas mais tarde em Mecklenburg Vorpommern e em Berlim. Na Saxónia Anhalt e em Mecklenburg Vorpommern, a AfD de extrema-direita lidera as sondagens com uma vantagem clara sobre todos os outros partidos. Muito diferente é a situação em Berlim, onde Die Linke se encontra à frente e luta para assumir a chefia do governo. Por mais diferentes que sejam as evoluções nos dois estados federais do leste da Alemanha, por um lado, e em Berlim, por outro – elas são expressão da enorme perda de confiança no governo alemão e do declínio dos partidos que o sustentam, a CDU e o SPD.

As eleições na Saxónia-Anhalt encontram-se no centro da atenção pública. A AfD lidera as sondagens com larga vantagem, com mais de 40 %, muito à frente dos restantes partidos. Até mesmo uma maioria absoluta e um governo exclusivamente constituído pela AfD é um perigo real. Isto representaria uma profunda rutura, caso, pela primeira vez desde a derrota do fascismo alemão, um partido de extrema-direita voltasse a alcançar o poder governamental.

A AfD quer uma viragem nacionalista

O programa de governo da AfD é um programa de transformação radical e autoritária do Estado. A sua proposta principal é uma “viragem de 180 graus na política migratória” e, consequentemente, uma “ofensiva de deportação e remigração”. A radiodifusão pública, independente do Estado e dos partidos políticos, criada como consequência da experiência da propaganda fascista estatal do nacional-socialismo alemão, deverá ser transformada numa “rádio da pátria” de âmbito regional. Às poucas vozes críticas de esquerda, como a rádio independente Corax, deverão ser retirados os apoios financeiros. Deverá ser criado um instituto regional para a formação política e cultural, destinado a transmitir uma “cultura nacional e patriótica”. Na política educativa, o “amor à pátria” deverá ser imposto por lei, a bandeira nacional deverá ser hasteada diariamente e a inclusão das pessoas com deficiência deverá ser abolida. A atribuição de verbas às instituições de ensino superior deverá depender, entre outros fatores, de estas deixarem de transmitir conteúdos que ponham em causa os papéis tradicionais de género. Desta forma, os estudos de género e a investigação científica sobre o género deverão ser impedidos. Ainda mais perigoso, e pouco referido publicamente, é o projeto de criar, paralelamente à polícia, uma “guarda de cidadãos” voluntária – um campo de atuação ideal para grupos de choque fascistas.

O que significaria um governo da AfD?

Se a AfD obtivesse, nos estados federais, o controlo do aparelho de Estado, teria nas suas mãos os instrumentos necessários para concretizar todos estes objetivos. Se a AfD ocupar as posições-chave do poder governamental, também significaria uma ameaça individual para muitas pessoas: na mira estarão sobretudo migrantes e pessoas queer, mas também trabalhadoras de casas de abrigo para mulheres, sindicalistas, professores, ativistas envolvidos no apoio a refugiados, jornalistas, agentes culturais e muitos outros. Até agora, a CDU tem defendido a manutenção da “Brandmauer” (parede guarda-fogo) perante a AfD e rejeitado qualquer colaboração com ela. No entanto, existem na CDU da Saxónia Anhalt vozes que defendem uma colaboração com a AfD. Recentemente, por exemplo, um presidente de câmara da CDU fez chegar à AfD um donativo de 10.000 euros. Caso a AfD não alcance a maioria absoluta dos deputados no parlamento, também não se pode excluir a possibilidade de alguns deputados da CDU mudarem de campo e elegerem um ministro-presidente da AfD.

Quais as opções da votação?

Perante as últimas sondagens, o perigo de um governo exclusivamente constituído pela AfD é real. Segundo essas sondagens, a AfD obteria 40 lugares no parlamento da Saxónia Anhalt, a CDU 20, Die Linke 11, o SPD 7 e os Verdes 5. Os Verdes, contudo, apenas ultrapassariam por uma margem pequena a fasquia dos 5%. Caso fiquem abaixo dos 5%, não conseguirão entrar no parlamento e a AfD obterá a maioria absoluta dos deputados. A Campact – uma organização de campanhas online de orientação alternativa e de esquerda – promove, por isso, intensamente a exigência de um voto tático, com o objetivo de assegurar a entrada dos Verdes e do SPD no parlamento e, assim, impedir uma maioria absoluta da AfD. A campanha “votar taticamente” não está, contudo, isenta de problemas. Na realidade, pretende desviar votos de Die Linke (e também da CDU) em benefício do SPD e dos Verdes, em vez de mobilizar os abstencionistas para uma política mais consequente a favor dos desfavorecidos e contra a AfD. Reduz, assim, o antifascismo em benefício de um voto tático pretensamente inteligente.

Die Linke ante um desafio político bem complicado

A situação política na Saxónia Anhalt coloca, desta forma, Die Linke perante um dilema. Por um lado, uma eventual tomada do poder pela extrema-direita só poderá ser impedida se Die Linke viabilizar um ministro-presidente da CDU. Mas também é verdade que a transformação autoritária, neoliberal e militarista do Estado é igualmente impulsionada pelos partidos do chamado centro. A nível nacional, o SPD e a CDU prosseguem uma política de desmantelamento massivo do Estado social, uma política racista de marginalização de migrantes e uma política de rearmamento e militarização em larga escala, que é também parcialmente apoiada pelos Verdes.

A solução para este dilema só pode consistir em assegurar a maioria necessária para a eleição de um ministro-presidente da CDU, sem, contudo, se diluir numa pretensa “unidade dos democratas”. É necessário impedir que a AfD apareça como a única oposição ao sistema. Die Linke deve, portanto, impedir taticamente um governo da AfD, mas continuar a assumir uma clara posição de oposição. Para Die Linke, o desmantelamento da democracia e das conquistas do Estado social, o endurecimento das políticas de asilo e migração, os ataques a iniciativas de apoio aos refugiados e a iniciativas antifascistas, etc., devem constituir uma clara linha vermelha, cuja ultrapassagem não pode ser tolerada. Apesar de toda a tática parlamentar necessária para impedir uma tomada fascista do poder governamental, o foco deve estar hoje na mobilização social e na construção de um contrapoder social contra a fascização da sociedade. 

 

[Fonte: www.esquerda.net]

sábado, 29 de agosto de 2026

«Fabbrico fake news», ammette un funzionario della comunicazione israeliano

Il funzionario israeliano Eli Hazan

 Redazione di Middle East Monitor

Fabbrico fake news” ammette Eli Hazan, funzionario senior della comunicazione israeliano, in un video in cui dichiara che la verità e i fatti non contano più. La stupefacente confessione di Hazan è stata catturata in un filmato diventato virale sui social media. 

Il video ha attratto oltre un milione di visualizzazioni su X, con migliaia di condivisioni e commenti. Nel filmato Hazan afferma: “La verità non conta più. I fatti non contano più”. Continua ammettendo: “Come reazione io rispondo fabbricando fake news”, per finire sostenendo che Israele deve adottare una strategia di comunicazione modellata su quella del presidente statunitense Donald Trump.   

Il modello Trump citato da Hazan va di pari passo con l’uso ripetuto di affermazioni false o fuorvianti, scartando ogni reportage sfavorevole come “fake news”. Trump ha contribuito a rendere popolare la frase come attacco politico contro le critiche. Il termine, che all’inizio è stato usato principalmente per descrivere storie inventate, è diventato un aspetto centrale degli attacchi di Trump contro i media durante la sua scalata al potere.  

Il disprezzo di Tramp per l’accuratezza dei fatti è stato ampiamente documentato da verificatori dei fatti indipendenti. Il Washington Post ha documentato, durante il suo primo mandato presidenziale, 30.573 affermazioni false o fuorvianti, una media di circa 21 al giorno. PolitiFact, dopo aver esaminato 1000 dichiarazioni di Trump dal febbraio 2024 ha scoperto che circa il 76% di quelle selezionate per la verifica dei fatti erano valutate “Quasi del tutto Falso”, “Falso” o “Bugia”, con una valutazione media di “Falso”.  

Imitando Trump, anche Hazan descrive i social media come un campo di battaglia in cui Israele deve combattere una “guerra” online contro i suoi oppositori, e afferma che in questa guerra di informazione l’accuratezza fattuale è secondaria.  

Hazan è da tempo un personaggio della comunicazione del Likud: è stato direttore degli Affari Esteri del partito, portavoce di Benjamin Netanyahu e ambasciatore di Israele a Singapore. I media israeliani hanno rivelato che quest’anno Netanyahu avrebbe cercato di nominarlo direttore dell’Ufficio Stampa del Governo (GPO), l’organo responsabile delle relazioni fra governo israeliano e giornalisti locali e stranieri.   

Il GPO descrive come parte del suo ruolo il mantenimento delle relazioni con i giornalisti stranieri e lo svolgimento di attività diplomatiche pubbliche intese a migliorare l’immagine di Israele sui media internazionali.   

Le affermazioni di Hazan sono diventate virali mentre Israele riversa somme senza precedenti nella hasbara, la diplomazia pubblica e l’apparato di propaganda dello Stato, per tentare di ribaltare il crollo del sostegno internazionale dopo il genocidio a Gaza.   

Il budget della diplomazia pubblica di Israele è balzato a circa 730 milioni di dollari, oltre quattro volte i 150 milioni di dollari allocati l’anno prima. La cifra destinata quell’anno era già 20 volte la spesa israeliana per tali operazioni prima del 2023. Le somme vengono indirizzate verso campagne digitali, influencer, delegazioni straniere, organizzazioni di sostegno e altre iniziative intese a rimodellare l’opinione internazionale.   

Israele ha anche pagato a influencer sui social media fino a 7000 dollari per post per pubblicare materiale filoisraeliano. Altri contratti prevedevano migliaia di storie per i social e decine di milioni di visualizzazioni mensili, mentre altre campagne hanno cercato di influenzare i risultati delle ricerche e dell’ambiente delle informazioni usati dalle piattaforme di intelligenza artificiale.   


(traduzione dall’inglese di Mirella Alessio) 


[Foto: Screengrab/@HatsOffff - riprodotto su www.zeitun.info]


quinta-feira, 27 de agosto de 2026

Comment les médias font l’apologie du génocide

En recourant à deux poids deux mesures, à la censure, à un langage trompeur, en amplifiant les mensonges israéliens et en déshumanisant les Palestiniens, les médias occidentaux contribuent au génocide à Gaza.

Écrit par Chris Hedges 

Les médias occidentaux fabriquent le consentement au génocide. Ils normalisent l’occupation militaire et l’apartheid israéliens qui durent depuis des décennies . Ils occultent les violations flagrantes du droit international commises par Israël . Ils perpétuent le mythe de la victimisation israélienne. Ils trahissent , discréditent et diabolisent le travail des journalistes et des profaiessionnels des médias palestiniens à Gaza, dont au moins 220 ont été tués par Israël entre le 7 octobre 2023 et août 2025. Ils acceptent docilement la censure israélienne draconienne. Ils se contentent de timides lettres de protestation contre le refus d’Israël d’autoriser les journalistes étrangers à Gaza – une tentative d’Israël pour masquer ses crimes de guerre . Ils amplifient les mensonges israéliens, des bébés décapités aux agressions sexuelles généralisées contre des femmes israéliennes le 7 octobre, afin d’obscurcir la vérité.

Quand on écrit sur Gaza, les verbes sont au passif . Il n’y a pas de sujet. Personne n’est tenu responsable. Le génocide , semble-t-il, est un acte de Dieu. Au même titre qu’un tremblement de terre ou un tsunami. Les clichés et les adjectifs obscurs tels que « cycle de violence » ou « affrontements » déforment et falsifient la réalité.

« Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée », avertissait George Orwell .

Des termes comme « génocide », « atrocité », « nettoyage ethnique » et « territoires occupés » disparaissent comme par magie des reportages sur les Palestiniens, dont la résistance est systématiquement qualifiée de « sauvage » et de « barbare ». Les journalistes du New York Times reçoivent pour consigne de leurs rédacteurs d’éviter des termes tels que « Palestine », « génocide », « carnage », « camp de réfugiés », « massacre » et « massacre » lorsqu’ils évoquent les Palestiniens.

Les médias reprennent servilement ce qu’Israël leur sert. Les bombardements massifs deviennent des « frappes aériennes chirurgicales ». L’instrumentalisation de la famine par Israël devient une « pénurie alimentaire ». Le meurtre de civils non armés — y compris des enfants — devient des « affrontements ». Les complexes fortifiés des colons juifs perchés sur les collines deviennent des « quartiers ». L’assassinat extrajudiciaire d’un journaliste ou d’un médecin devient un « décès ».

Le génocide, qualifié de « guerre israélo-palestinienne », est justifié au nom de la « légitime défense », un élément du discours israélien sur le « droit à la défense ». Lorsque des écoles, des hôpitaux, des cliniques, des ambulances, des mosquées, des églises et d’autres cibles civiles sont détruits, ils sont qualifiés de « centres de commandement du Hamas » ou ciblés parce que le Hamas « utilise des civils comme boucliers humains » – une pratique courante chez Israël, lorsque l’armée ligote des Palestiniens détenus et les force à pénétrer dans des bâtiments et des tunnels potentiellement piégés avant l’arrivée des troupes israéliennes.

Lorsque des Israéliens sont détenus par le Hamas, ils sont des « otages », même s’ils servent dans l’armée. Lorsque des Palestiniens — y compris des enfants — sont détenus sans inculpation ni procès et disparaissent dans des centres de détention israéliens, où la torture est « généralisé » et « systématique », ils sont des « prisonniers ».

Les attaques de missiles contre les camps de tentes ou les hôpitaux sont imputées à des groupes armés palestiniens tirant des roquettes égarées. Si Israël reconnaît ces attaques — ce qui est très rare —, elles sont qualifiées d’« erreur tragique ».

Les institutions civiles à Gaza sont qualifiées de « contrôlées par le Hamas » afin de jeter le doute sur la véracité de leurs informations. Le New York Times nuance systématiquement les annonces du ministère de la Santé de Gaza en précisant qu’il « ne fait pas de distinction entre civils et combattants », masquant ainsi le massacre de dizaines de milliers de civils.

Il en résulte certains des écrits les plus alambiqués de l’histoire du journalisme, notamment le titre du New York Times du 5 novembre 2023 qui se lit comme suit : « Des explosions que les Gazaouis attribuent à une frappe aérienne font de nombreuses victimes dans un quartier densément peuplé. »

« Lorsque les journalistes de Middle East Eye, Mohamed Salama et Ahmed Abu Aziz , ainsi que le photojournaliste de Reuters, Hussam al-Masri , et les pigistes Moaz Abu Taha et Mariam Dagga — qui avaient travaillé avec plusieurs médias, dont l’Associated Press — ont été tués lors d’une frappe de « double frappe » — conçue pour tuer les premiers intervenants arrivant pour soigner les victimes des frappes initiales — au complexe médical Nasser, comment les agences de presse occidentales ont-elles réagi ? », ai-je demandé dans ma chronique La trahison des journalistes palestiniens .

« L’armée israélienne affirme que les frappes contre un hôpital de Gaza visaient ce qu’elle prétend être une caméra du Hamas », a rapporté l’Associated Press .

« L’armée israélienne affirme que la frappe contre un hôpital visait une caméra du Hamas », a annoncé CNN.

La caméra appartenait à Reuters , qui a déclaré qu’Israël était « parfaitement au courant » que l’agence de presse filmait depuis l’hôpital.

« Quand le correspondant d’Al Jazeera, Anas Al Sharif, et trois autres journalistes ont été tués le 10 août dans leur tente de presse près de l’hôpital Al Shifa, comment cela a-t-il été rapporté dans la presse occidentale ? », ai-je demandé.

« Israël tue un journaliste d’Al Jazeera qu’il prétendait être un chef du Hamas », titrait Reuters dans son article, alors même qu’al-Sharif faisait partie d’une équipe de Reuters qui avait remporté le prix Pulitzer en 2024.

Le journal allemand Bild a publié en première page un article titré : « Un terroriste déguisé en journaliste tué à Gaza. »

« Les gymnastiques linguistiques employées par les médias sont allées jusqu’à redéfinir les mots, les rendant insignifiants », écrit Assal Rad dans « Ne dites pas Palestine : comment les médias ont fabriqué le consentement au génocide » :

Les médias traditionnels ont omis de qualifier les violations répétées du cessez-le-feu par Israël. Au lieu de cela, leur couverture s’est bornée à rationaliser les attaques israéliennes et à relayer sans esprit critique les arguments d’Israël pour justifier ses actions. Alors que des Palestiniens continuaient d’être tués – pendant un « cessez-le-feu » – et que l’aide humanitaire restait insuffisante, les médias occidentaux ont présenté ces violations flagrantes comme des « tests » ou des « défis » à un « cessez-le-feu fragile ». Tandis que des organisations de défense des droits humains de premier plan, telles qu’Amnesty International, alertaient sur le fait que le génocide n’était en réalité pas terminé, les médias traditionnels ont persisté à le présenter comme une guerre assortie d’un « cessez-le-feu fragile ».

Les mots ont un poids. Les mots justifient les actes. S’il n’y a pas génocide, si Israël se défend dans le cadre d’une guerre, les États-Unis et les alliés européens d’Israël sont en droit de fournir des dizaines de milliards de dollars d’aide militaire. Si cette guerre a été déclenchée par le Hamas le 7 octobre, alors il est légitime de déplorer la destruction de Gaza et les massacres perpétrés par Israël comme le résultat regrettable de l’attaque du Hamas.

Cette corruption du langage vise, comme l’a noté Orwell, à défendre l’indéfendable :

Des mesures comme le maintien de la domination britannique en Inde, les purges et déportations russes, le largage des bombes atomiques sur le Japon, peuvent certes se justifier, mais uniquement par des arguments trop brutaux pour être acceptés par la plupart des gens, et qui ne correspondent pas aux objectifs affichés des partis politiques. Le langage politique se résume donc en grande partie à des euphémismes, des pétitions de principe et une imprécision totale. Des villages sans défense sont bombardés, leurs habitants chassés dans la campagne, le bétail mitraillé, les huttes incendiées : c’est ce qu’on appelle la pacification. Des millions de paysans sont spoliés de leurs fermes et contraints de parcourir les routes avec pour seuls biens ce qu’ils peuvent porter : c’est ce qu’on appelle le transfert de population ou la rectification des frontières. Des personnes sont emprisonnées pendant des années sans procès, abattues d’une balle dans la nuque ou envoyées mourir du scorbut dans des camps de bûcherons de l’Arctique : c’est ce qu’on appelle l’élimination des éléments indésirables.

Dans son ouvrage « Comment vendre un génocide : la complicité des médias dans la destruction de Gaza » , Adam Johnson a analysé plus de 12 000 articles du New York Times, du Washington Post, de CNN.com, de Politico, d’Axios, de USA Today et de l’Associated Press, ainsi que 5 000 reportages télévisés diffusés sur CNN et MSNBC. Ce livre, fruit d’une recherche minutieuse, constitue une dénonciation accablante de la justification du génocide par les médias dits « libéraux ».

CNN et le New York Times ont donné pour instruction à leurs rédacteurs et journalistes de ne pouvoir attribuer les attaques à Israël qu’après confirmation de l’armée israélienne et relevé des coordonnées GPS. Johnson cite une source chez CNN :

Que ce soit à la rédaction ou sur le terrain, nous ne pouvions rien attribuer à Israël sans être soumis à cette exigence incroyablement élevée de devoir parler d’« explosion », jusqu’à ce que nous ayons géolocalisé le lieu de l’explosion, envoyé les coordonnées aux Israéliens et leur ayons demandé un commentaire.

Vous pouvez visionner une interview de Johnson à propos de son livre sur The Electronic Intifada ici .

Les journalistes de CNN qui couvrent Israël et la Palestine doivent soumettre leurs reportages au bureau de Jérusalem de la chaîne pour examen avant leur diffusion. Ce bureau, comme tous les bureaux de presse en Israël, est tenu de respecter les restrictions imposées par la censure militaire israélienne.

Les rares Palestiniens qui apparaissent sur CNN et d’autres médias traditionnels sont systématiquement interrogés – généralement avant même d’être autorisés à passer à l’antenne – sur leur « condamnation » du Hamas. Les invités qui expriment même une critique tiède d’Israël se voient demander si Israël « a le droit d’exister ».

On ne demande jamais à personne s’il condamne le sionisme, l’apartheid, le nettoyage ethnique, le génocide ou la guerre centenaire d’Israël contre la Palestine. On ne leur demande pas non plus si les Palestiniens ont le droit de se défendre – ce qui est pourtant le cas en vertu du droit international, y compris par le recours aux armes.

Nos journalistes et médias, asservis à la propagande, sont, comme l’a souligné Robert Fisk , « prisonniers du langage du pouvoir ». Ils répètent docilement le lexique officiel. Ce qui fait d’eux non seulement des propagandistes, mais aussi des complices de génocide.

Ceux qui protestent contre le génocide, notamment les étudiants sur les campus universitaires – dont beaucoup sont juifs –, sont diffamés et traités de « sympathisants du Hamas » et d’« antisémites ». Les journalistes traquent les étudiants sionistes, généralement réfugiés dans les centres Hillel des campus, qui prétendent « craindre pour leur sécurité » en raison des manifestations. Les médias accordent peu d’attention à la montée de l’ islamophobie ni à la répression exercée contre les étudiants manifestants, qui comprend non seulement des brutalités policières et 3 000 arrestations et détentions , mais aussi des suspensions, des mises à l’épreuve, des expulsions, le retrait de diplômes et le licenciement de professeurs sympathisants.

Les slogans appelant à la libération de la Palestine — notamment « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre » — ainsi que le drapeau palestinien, ont été criminalisés .

Le message est clair : les vies juives comptent. Les vies palestiniennes ne comptent pas.

« Les rapports des agences des Nations Unies, des observateurs respectés des droits de l’homme, des revues médicales et du personnel médical professionnel sont généralement traités avec respect et mis en avant dans les médias grand public », écrit l’historien Rashid Khalidi dans l’introduction du livre de Robin Anderson, « The Complicit Lens: US Media Coverage of Israel’s Genocide in Gaza » :

Pas dans cette guerre : au contraire, si de telles sources sont citées, elles font l’objet d’une couverture médiatique égale pour les calomnies et les diffamations outrancières proférées à l’encontre de ces organisations et individus, calomnies produites en abondance par la légion de propagandistes professionnels israéliens et ses innombrables défenseurs aux États-Unis. Outre le fait de diffamer les critiques du génocide israélien en les qualifiant de partisans du Hamas ou de sympathisants terroristes, leur principale arme de diffamation est l’instrumentalisation systématique et scandaleuse de l’accusation mortelle d’antisémitisme.

L’exode massif des lecteurs et des téléspectateurs des médias traditionnels vers les plateformes de médias sociaux qui ne sont pas influencées par le lobby israélien, le gouvernement américain ou les grandes entreprises, est un indicateur flagrant de la faillite des médias. La réponse à ces défections a été un véritable « platformicide » : le recours aux algorithmes, au shadow banning, à la restriction des diffusions en direct et à la fermeture de comptes par les géants des médias sociaux tels que Facebook, Instagram, X, YouTube et TikTok, afin de réduire drastiquement la diffusion d’informations sur la Palestine.

Cette censure s’inscrit dans un effort coordonné visant à dissimuler au public l’horreur du génocide.

En faisant constamment référence au 7 octobre, les médias occidentaux décontextualisent le génocide. Ils ignorent le siège de Gaza par Israël, qui dure depuis 19 ans. Le 7 octobre est présenté dans ces mêmes médias comme une attaque « non provoquée ». Les massacres de Palestiniens non armés perpétrés par Israël à Gaza durant l’hiver 2008-2009 , ainsi que ses attaques contre Gaza en 2012 , 2014 et lors de la Grande Marche du Retour en 2018-2019, sont passés sous silence.

La Nakba de 1948 – lorsque les sionistes européens s’emparèrent de plus de 78 % de la Palestine historique, expulsèrent violemment 750 000 Palestiniens, détruisirent plus de 530 villages palestiniens et tuèrent 15 000 Palestiniens – est rarement évoquée. Soixante-dix pour cent des personnes chassées de leurs foyers en 1948 furent contraintes de se réfugier à Gaza.

Le projet sioniste repose sur la promotion de l’amnésie historique.

« Dès lors que le Hamas s’est imposé comme un groupe terroriste brutal dont les membres torturaient, démembraient et décapitaient des bébés avec une joie non dissimulée, aucune autre explication n’était nécessaire », écrit Anderson dans son livre. « Les médias ont tout simplement évité de relater l’histoire de la violence israélienne et, par conséquent, les médias traditionnels ont également passé sous silence les conditions de vie quotidiennes des Palestiniens. »

L’idée fictive d’un cessez-le-feu à Gaza – alors qu’Israël a tué au moins 1 286 Palestiniens et en a blessé 4 257 depuis son entrée en vigueur supposée – est devenue le prétexte utilisé par les médias occidentaux pour détourner le regard de Gaza. Ce négationnisme du génocide caractérise leur couverture médiatique depuis ses débuts. Il masque non seulement les crimes d’Israël, mais aussi son intention déclarée de procéder à un nettoyage ethnique de tous les Palestiniens de Gaza. Il vide de sa substance le droit international. Et il discrédite le journalisme.

Lorsque le dernier acte de nettoyage ethnique aura lieu, je suis certain que les médias occidentaux continueront de nous bombarder de propagande israélienne, d’euphémismes et de clichés.

Cela justifiera le génocide jusqu’à la fin.

The Chris Hedges report

 

Chris Hedges est un journaliste lauréat du prix Pulitzer qui a été correspondant à l’étranger pendant 15 ans pour le New York Times, où il a dirigé les bureaux du Moyen-Orient et des Balkans. Auparavant, il a travaillé à l’étranger pour le Dallas Morning News, le Christian Science Monitor et NPR.   

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