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terça-feira, 15 de setembro de 2026

« La survie de la nation sioniste » : l’obsession d’Israël pour le sperme des soldats décédés

Le prélèvement post mortem de sperme est devenu une politique d’État : un quart des soldats de sexe masculin tués depuis le 7 octobre ont subi cette intervention. Mais en offrant un exutoire aux familles en deuil, cette pratique ne fait que perpétuer la guerre.

Les funérailles d'un soldat israélien, le 18 novembre 2023

Écrit par Nathalie Rozanes (+972 Magazine) 

Au début de cette année, Nitza Shmueli a publié un message sur Facebook pour formuler une demande inhabituelle concernant son fils décédé. « Moi, la mère de Barel, je recherche une femme qui souhaite concevoir un enfant à partir du sperme de Barel, une femme qui souhaite fonder une famille chaleureuse et aimante », a-t-elle écrit. « Si vous pensez pouvoir être cette femme, n’hésitez pas à me contacter en privé. » 

Barel, un tireur d’élite de 21 ans appartenant à une unité d’infiltration de la police des frontières israélienne, a été abattu par un tireur palestinien le 21 août 2021, lors d’une manifestation près de la barrière de sécurité à l’est de la ville de Gaza. Cette manifestation, qui marquait le 52e anniversaire d’un incendie criminel perpétré contre la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, visait à faire pression sur Israël pour qu’il lève son blocus sur Gaza et avait rassemblé des centaines de participants. 

Sur des vidéos tournées sur place, on peut voir un Palestinien courir vers le mur de béton où Barel et d’autres tireurs d’élite étaient postés, sortir une arme qu’il avait glissée dans sa ceinture et tirer trois coups de feu à bout portant à travers une brèche. Barel a été touché à la tête et est décédé neuf jours plus tard, après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales pour tenter de lui sauver la vie. Quarante Palestiniens ont également été blessés par les forces israéliennes ce jour-là, dont Osama Khaled Ideij, 32 ans, et Omar Hasan Abu Al-Nil, 12 ans, qui ont tous deux fini par succomber à leurs blessures. 

Après le décès de Barel, sa mère a obtenu l’autorisation du tribunal pour prélever et congeler son sperme au Centre médical Soroka de Be’er Sheva. Le prélèvement post-mortem de sperme (PMSR) permet la procréation pour les hommes décédés : une incision au niveau des testicules est pratiquée dans les heures qui suivent le décès, lorsque le sperme est encore viable, afin d’extraire du tissu du défunt. En laboratoire, le tissu est ensuite examiné au microscope afin d’identifier et de congeler les spermatozoïdes encore vivants pouvant être utilisés pour une fécondation in vitro (FIV). 

S’adressant à une commission de la Knesset en 2022, Shmueli a déclaré que 1 400 femmes l’avaient contactée pour manifester leur intérêt à avoir un enfant de Barel. Mais il lui a fallu quatre ans pour obtenir l’autorisation d’utiliser le sperme congelé de Barel afin de concevoir un enfant, après qu’un tribunal des affaires familiales de Tel-Aviv eut approuvé sa demande l’année dernière. 

Ce résultat n’était pas seulement l’aboutissement de sa longue bataille judiciaire, mais reflétait également un paysage médical et juridique transformé par les attaques du 7 octobre et la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza qui s’en est suivie. 

Avant octobre 2023, le prélèvement de sperme sur des soldats israéliens décédés (PMSR) était une pratique rare et controversée sur le plan éthique dans la société israélienne, avec seulement une poignée de demandes par an. Au cours des trois dernières années, cependant, ce prélèvement s’est institutionnalisé et normalisé, devenant un phénomène national de plus en plus répandu. 

Dans les jours qui ont suivi les attentats du 7 octobre, parmi les différentes mesures d’urgence approuvées par le ministère de la Santé et le ministère de la Justice figurait un règlement temporaire — toujours en vigueur aujourd’hui — autorisant les parents d’Israéliens tués à la guerre à consentir au prélèvement de sperme sans qu’une autorisation judiciaire soit nécessaire. 

Pour être réalisée avec succès, la PMSR doit avoir lieu dans les 72 heures suivant le décès. Ainsi, lorsque l’armée vient annoncer la nouvelle aux familles — ce que les Israélien·nes appellent le redoutable « coup à la porte » —, les officiers suggèrent désormais de manière proactive cette procédure. Les parent·es doivent alors se décider et agir immédiatement. La sociologue israélienne Yael Hashiloni-Dolev, professeure à l’université Ben Gourion, a décrit cette nouvelle logique opérationnelle au magazine +972 comme suit : « Prélever d’abord, poser les questions juridiques ensuite. » 

Désormais financé par l’État et supervisé par le ministère de la Santé, le PMSR est pratiqué dans les quatre principaux hôpitaux israéliens, où le sperme est également congelé et conservé. Selon le Dr Eran Altman, directeur de la banque de sperme du Centre médical Rabin, environ 250 soldats et agents de sécurité israéliens avaient fait l’objet d’une procédure de prélèvement posthume de sperme au début de cette année — soit un quart de l’ensemble des soldats masculins tués depuis le 7 octobre. 

S’adressant à NPR en janvier, le Dr Altman a expliqué à quelle vitesse le système s’était adapté. « L’armée est devenue très efficace pour nous acheminer le corps », a-t-il déclaré. « Lorsque c’est possible, nous le recevons quelques heures après le décès. » 

Parallèlement à l’expansion rapide des PMSR, un nouveau terme a fait son apparition dans le débat public israélien : « hatzalat zera », ou « sauvetage du sperme ». Comme l’explique le professeur Zvi Triger, spécialiste en droit au College of Management de Rishon LeZion, « cette expression reflète un recadrage dans lequel le sperme d’un soldat est considéré comme quelque chose qui doit être “sauvé”, plaçant ainsi cette substance dans une dimension morale similaire à celle de la vie humaine ou des biens nationaux ». 

On ignore encore combien de familles finiront par utiliser le sperme qu’elles ont décidé de congeler pour concevoir des enfants, ce qui nécessite l’autorisation d’un tribunal. Un groupe de parent·es endeuillé·es, dont Nitza Shmueli, milite depuis des années à la Knesset en faveur d’un projet de loi visant à permettre aux parents de soldats tués au combat qui ne sont pas en couple officiel d’utiliser le sperme prélevé pour une FIV, projet de loi qui n’a toujours pas été adopté. 

Mais dans le contexte de la violence obstétricale exercée par Israël à l’encontre des femmes et des nourrissons palestinien·nes dans la région, la PMSR, en tant que politique d’État, revêt une portée idéologique : elle s’inscrit dans un projet d’État visant à assurer la continuité biologique du peuple juif par tous les moyens, même au-delà de la mort, parallèlement à des efforts génocidaires visant à effacer la vie palestinienne. 

La PMSR montre également clairement comment le gouvernement israélien instrumentalise le deuil pour entretenir un conflit permanent. Comme l’a expliqué Hashiloni-Dolev, « en Israël, la PMSR se situe quelque part sur le continuum entre l’indemnisation et la vengeance ». 

« Dans les médias israéliens, cette pratique est généralement présentée sous un jour positif, comme un moyen d’« aider les familles endeuillées » ou de « donner de l’espoir aux familles des soldats tombés au combat » », a-t-elle poursuivi. Mais dans le même temps, « lors des débats à la Knesset sur la réglementation du PMSR après le 7 octobre, l’autorisation de recourir à cette procédure a été présentée comme une “nekama” [“vengeance”] ou une “tkuma” [“résurrection”] ». 

Daphna Hacker, professeure de droit et d’études de genre à l’université de Tel-Aviv, voit un intérêt politique évident dans la promotion de la PMSR. « C’est là un moyen supplémentaire de créer une soupape de pression et de canaliser le deuil vers une histoire privée, plutôt que vers un tollé public contre l’envoi de ses enfants à la guerre. » 

Le pronatalisme en tant que politique d’État

Le phénomène du PMSR remonte à la fin des années 1970, lorsqu’un urologue de Los Angeles a réalisé avec succès la première intervention sur un jeune homme décédé dans un accident de voiture. Les hôpitaux israéliens ont commencé à procéder à des prélèvements au cas par cas dans les années 1990, généralement à la demande des partenaires. En l’absence de législation officielle régissant cette pratique, ces demandes étaient souvent adressées directement aux tribunaux de famille ou aux tribunaux d’instance.

En 2003, la/le procureur·e général·e a enfin publié les premières lignes directrices sur le PMSR, bien qu’elles n’aient pas été inscrites dans la loi. Ces lignes directrices ne concernaient que les partenaires féminines survivantes, leur permettant d’utiliser le sperme de leur partenaire décédé même en l’absence de directive écrite autorisant le PMSR, en se fondant sur sa « volonté présumée » qu’elle conçoive des enfants à partir de son sperme. 

L’une des premières affaires très médiatisées impliquant des parents concernait Keivan Cohen, un soldat israélien tué à Gaza en 2002. Après sa mort, sa mère a mené une longue bataille juridique pour pouvoir utiliser son sperme afin de concevoir un petit-enfant, né 11 ans plus tard. Cette affaire est devenue l’un des premiers litiges reconnus à l’échelle nationale en Israël concernant la procréation posthume et a contribué à jeter les bases juridiques sur lesquelles d’autres familles endeuillées se sont appuyées par la suite. 

Aujourd’hui, Israël adopte l’une des approches les plus permissives au monde en matière de reproduction posthume. Des pays tels que la France, le Maroc, la Suède, l’Allemagne, la Suisse, la Slovénie, le Danemark et la Hongrie ont totalement interdit cette pratique, tandis que d’autres, comme la Belgique et les États-Unis, exigent généralement le consentement écrit ou implicite du défunt avant qu’une partenaire puisse demander à utiliser son sperme, ainsi que l’autorisation d’un tribunal. 

Certains pays qui autorisent cette pratique imposent également un délai d’attente avant que le sperme puisse être utilisé pour une FIV. Comme l’a expliqué Shai Lavi, directeur de l’Institut Van Leer de Jérusalem et codirecteur du Centre Minerva pour l’étude interdisciplinaire de la fin de vie, le raisonnement est qu’une partenaire récemment endeuillée n’est peut-être pas « dans les meilleures dispositions pour prendre une décision aussi lourde de conséquences, après avoir subi une perte importante ». 

Mais ce qui distingue le plus Israël, c’est la manière dont le PMSR s’est directement intégré à la politique d’État. Non seulement le gouvernement finance cette procédure, mais il l’a parfois activement encouragée. 

Un mois après le 7 octobre, le ministère des Affaires étrangères a publié une vidéo d’animation émouvante consacrée à Shaylee Atary, dont le mari a été tué en défendant leur kibboutz lors des attaques ; lorsque son sperme a enfin pu être prélevé, il était trop tard. Un formulaire permettant de demander et d’expliquer cette procédure est toujours disponible sur le site web du gouvernement. 

« C’est un pays très pronataliste : dans la société israélienne, il n’est pas bien vu de ne pas avoir d’enfants », a déclaré Mme Hacker à +972. « La survie de la nation est la motivation dominante. » 

La politique d’urgence adoptée après le 7 octobre est allée encore plus loin, en étendant le droit de demander le prélèvement d’organes aux parent·es des défunts, en plus des conjointes survivants. Les parent·es représentent désormais 77% de l’ensemble des demandes. Aucun autre pays n’accorde un tel rôle aux parent·es, et cette mesure va même à l’encontre d’une jurisprudence israélienne : en 2016, un jugement avait établi que les parent·es n’avaient aucune légitimité juridique dans les décisions relatives au prélèvement de sperme. 

Cette mesure d’urgence a depuis été renouvelée mois après mois, même s’il n’est pas encore certain qu’elle soit finalement inscrite dans la réglementation, compte tenu de l’opposition de certaines autorités rabbiniques. 

« Être grand-parent·e revêt une grande importance dans la culture israélienne, qui est très familiale et tribale et qui valorise la continuité du peuple juif », a expliqué Mme Hacker. « Comme nous vivons en moyenne plus longtemps qu’auparavant, on peut désormais assumer le rôle de grand-parent·e pendant 30 ans. Cette expérience est retirée à ces parent·es lorsque leur fils meurt — cela devient donc un réconfort pour eux de savoir que leur fils décédé peut engendrer un enfant, et elles ou ils ne se demandent pas en public à quoi a servi cette mort ni ne se battent pour mettre fin à ces guerres perpétuelles, cruelles et injustes. » 

Mais malgré le large soutien émotionnel et politique dont bénéficient les familles endeuillées au sein de l’opinion publique israélienne, l’autorisation de prélever et de congeler du sperme n’équivaut pas à l’autorisation de l’utiliser. Les tribunaux israéliens doivent encore approuver son utilisation pour concevoir un enfant, ce qui exige souvent que la partenaire ou les parent·es démontrent que le défunt souhaitait avoir des enfants. Si le prélèvement lui-même est financé par l’État, les familles doivent prendre en charge à titre privé les frais de procédure judiciaire qui s’ensuivent. 

« La culture du deuil en Israël exerce une pression énorme sur les juges : elles et ils ne peuvent pas s’y opposer », a fait remarquer Mme Hacker. « Cela ne devrait pas être laissé à l’appréciation des tribunaux des affaires familiales, au cas par cas. Il faudrait une réglementation claire, comme dans d’autres pays. » 

Les mères de soldats décédés sont souvent en première ligne dans ces batailles juridiques chargées d’émotion visant à obtenir l’autorisation de concevoir un petit-enfant — ainsi que dans les campagnes médiatiques qui les accompagnent. Après la mort de son fils Maor à Khan Younis en décembre 2023, Sharon Eisenkot a demandé l’autorisation d’utiliser son sperme pour concevoir un petit-enfant avec une femme qu’elle choisirait. En juillet dernier, elle est devenue la première mère israélienne d’un soldat tué après le 7 octobre à obtenir cette autorisation, à la suite d’une décision historique rendue par le tribunal des affaires familiales d’Eilat. 

« La mère se met alors à la recherche de la partenaire idéale sur les réseaux sociaux ; cela devient un événement national », a expliqué Lavi. Sharon Eisenkot — sœur de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, actuellement candidat au poste de Premier ministre d’Israël — s’est associée à The Stork, une plateforme israélienne de coparentalité et de mise en relation familiale fondée par l’ancienne députée de la Knesset Michal Biran, afin de trouver une future mère. 

Les messages partagés sur les réseaux sociaux présentaient le futur enfant comme un hommage à Maor et à son sacrifice. « Maor ne sera pas là pour le porter sur ses épaules, l’emmener à la plage, jouer au foot avec lui ou l’écouter raconter sa journée », pouvait-on lire dans l’un d’eux. « Mais cet enfant aura une mère. Ce ne sera pas une famille monoparentale, telle que nous la connaissons. Ici, il y aura un souvenir vivant et vibrant de Maor, raconté par ses ami·es et ses proches, ainsi qu’une famille aimante qui attendra cet enfant avec une immense nostalgie. » 

Le nombre de demandes était si élevé que The Stork a dû affecter trois standardistes uniquement pour répondre et gérer l’afflux de candidates souhaitant devenir la mère de l’enfant de Maor. 

« Nés pour être des soldats »

La fécondité est en baisse partout dans le monde, mais les Israélien·nes juifs/juives, avec une moyenne de 3,1 enfants par femme, affichent le taux de fécondité le plus élevé des pays de l’OCDE. Les familles nombreuses ultra-orthodoxes et sionistes religieuses expliquent en grande partie ce chiffre, mais même les Israélien·nes juifs/juives libérales/libéraux et laïques ont en moyenne environ 2,2 enfants — bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE, qui est de 1,4. 

« Ce qui est propre à Israël, c’est l’idée que la fécondité ne relève pas seulement du couple, mais aussi de la société et, à une échelle encore plus grande, de la nation », a fait remarquer Hashiloni-Dolev. « En Israël, ce n’est pas la vie individuelle qui est sacrée, mais la pérennité de la collectivité. » 

Cette importance accordée à la continuité collective est depuis longtemps alimentée par des inquiétudes démographiques liées à la préservation d’une majorité juive face à des taux de natalité palestiniens tout aussi élevés — ce que Hashiloni-Dolev appelle la « guerre des utérus ». Depuis des décennies, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeant·es israélien·nes présentent la fécondité palestinienne comme une menace stratégique pour le caractère juif de l’État, invoquant souvent dans ce contexte les millions de mort·es juifs/juives de l’Holocauste. 

À l’inverse, les taux de natalité élevés chez les Juifs/juives sont célébrés comme une victoire politique pour Israël. Lors de la cérémonie officielle de la fête de l’Indépendance d’Israël en avril dernier, le président de la Knesset, Amir Ohana, a énuméré une liste de « ce à quoi ressemble la victoire en Israël ». Parmi ses exemples : « 177 000 bébés né·es au cours de l’année écoulée ». 

Dans le même temps, l’investissement d’Israël dans la procréation juive contraste de manière frappante avec les conditions qu’il impose aux femmes palestiniennes en matière de santé et de vie reproductive. Cette guerre contre la fécondité palestinienne est particulièrement évidente à Gaza, où Israël a bombardé des maternités et des cliniques de fertilité, et où les fausses couches ont plus que triplé au cours du premier semestre 2026. Le siège continu des approvisionnements alimentaires et de l’aide humanitaire, ajouté à l’indisponibilité des soins prénataux de base et aux mauvaises conditions sanitaires, a également contribué à la baisse du taux de natalité dans l’enclave — en recul de 3,2% depuis le début de l’année. 

Mais en Cisjordanie aussi, les restrictions israéliennes à la liberté de circulation, les déplacements forcés, l’accès restreint aux cliniques de fertilité et les centaines d’attaques contre des établissements de santé depuis octobre 2023 ont perturbé les soins de santé reproductive. Il y a quelques semaines à peine, une Palestinienne enceinte a accouché d’un enfant mort-né et a failli mourir elle-même d’une hémorragie consécutive après que des soldats israéliens ont arrêté l’ambulance qui la transportait vers un hôpital de Naplouse. Au poste de contrôle, les soldats ont ordonné au conducteur de couper le moteur, privant ainsi d’alimentation électrique les équipements médicaux de l’ambulance. 

L’un des piliers qui soutient le taux de natalité des Israélien·nes juifs/juives est un système remarquablement généreux de prise en charge des traitements de fertilité. Israël réalise plus de procédures de FIV par habitant·e que tout autre pays et tire également sa fierté du « tourisme de la fertilit  », ce qui témoigne de l’infrastructure économique qui s’est développée autour de la procréation médicalement assistée. 

« La maternité de substitution est légale, la congélation des ovocytes est partiellement subventionnée, et le système de santé finance la FIV pour deux enfants par femme jusqu’à l’âge de 45 ans, quel que soit son état civil », a fait remarquer Mme Hacker. « Ce n’est le cas dans aucun autre pays au monde. » 

Dans le même temps, cependant, le système de santé publique souffre d’un sous-financement chronique et est négligé par le gouvernement, sans parler des autres restrictions pesant sur les soins gynécologiques. Comme l’a expliqué Mme Hacker, « les femmes subissent une forte pression pour avoir des enfants. L’avortement n’est pas gratuit : les femmes doivent passer par un comité religieux pour obtenir une autorisation. » 

L’ironie du pronatalisme extrême d’Israël réside bien sûr dans le fait que l’État ne se soucie guère du bien-être ultime des enfants juifs:juives, qui sont enrôlé·es et envoyé·es risquer leur vie dès quelles et ’ils atteignent l’âge adulte. « Les Israélien·nes considèrent les enfants comme faisant partie d’un collectif et comme étant né·es pour devenir des soldat·es », a expliqué Hashiloni-Dolev. 

Dans cette formulation, le PMSR est une forme de compensation, une réponse au risque inhérent à la citoyenneté militarisée. Comme l’a formulé Hashiloni-Dolev : « Nous ne pouvons pas vous promettre [que vous resterez] en vie, mais nous pouvons vous promettre la continuité. » 

Les défunts y consentent-ils ?

Dans la quasi-totalité des cas de PMSR en Israël, le prélèvement de sperme repose sur l’hypothèse que les défunts souhaitent perpétuer leur lignée génétique au-delà de la mort, mais sans leur consentement effectif. Comme l’explique Lavi, « la présomption juridique est désormais inversée : si le défunt n’a pas explicitement dit non, les tribunaux présument de plus en plus souvent qu’il a donné son consentement ». 

Pourtant, les recherches menées par Hashiloni-Dolev et Triger ont remis en cause le fondement empirique de la doctrine de la « volonté présumée ». Dans leurs études menées auprès de soldats israéliens, ils ont constaté que la plupart souhaitaient devenir pères, mais pas en leur absence. Une grande majorité de jeunes hommes étaient également consternés à l’idée que leurs parent·es interviennent dans leur reproduction après leur mort, ce que certains qualifiaient de quelque peu incestueux. 

D’autres études ont également révélé que 63% des soldats israéliens de sexe masculin s’opposent à ce que leurs spermatozoïdes soient utilisés à des fins de procréation après leur décès, tandis que la moitié d’entre eux s’opposent même à ce qu’ils soient utilisés par leur partenaire. 

Certain·es défenseur·e·s du PMSR ont insisté pour que la question du consentement soit résolue par la création d’une banque de sperme militaire ou en demandant aux soldats de signer des formulaires leur permettant de refuser le PMSR en cas de décès. Mais l’armée s’est opposée à ces propositions ; selon Triger, les responsables militaires estimaient que demander à des soldats de 18 ans de « penser à la mort » nuirait au moral des troupes. 

Hashiloni-Dolev se demande si un formulaire pourrait constituer un consentement valable en premier lieu. « C’est la même logique que d’envoyer des jeunes de 18 ans à la guerre », a-t-elle fait valoir. « Que savent-ils du fait de vouloir recourir au PMSR ? Les questions qui leur sont posées n’ont aucun sens ; le consentement est ici une notion abstraite. Ceux qui disent oui veulent simplement éviter que leurs parent·es soient tristes. » 

Depuis l’adoption de la mesure d’urgence après le 7 octobre, des débats animés ont eu lieu à la Knesset au sujet d’une législation visant à réglementer officiellement les PMSR. Parmi les propositions à l’étude figure un système permettant aux soldats d’enregistrer leurs volontés à l’avance, ce qui pourrait également autoriser l’utilisation de sperme à des fins de FIV sans qu’il soit nécessaire d’obtenir l’autorisation d’un tribunal. 

Les témoignages des parent·es endeuillé·es ont particulièrement mis en évidence l’intensité des passions autour de cette question. Évoquant son fils lors d’une série d’auditions, Nitza Shmueli a déclaré aux législateurs/législatrices : « Si je pouvais voler du sperme et aller en prison pour cela, j’accepterais sans hésiter une peine à perpétuité. » 

Une autre mère a déclaré : « Vous savez tous que c’est grâce à notre perte et au sang de nos enfants que vous pouvez vivre dans ce pays ». Un père s’en est pris aux législateurs/législatrices qui s’opposaient au projet de loi, en criant : « Allez à Gaza avec un mégaphone et dites aux soldats que s’ils meurent, ils n’auront pas de descendance. » 

« Ce projet de loi n’a pas été adopté à la Knesset parce que les partis religieux l’ont bloqué », a fait remarquer Hashiloni-Dolev. « Dans le judaïsme, il existe des lois contre la nécrophilie ; avec le PMSR, on tire une sorte de satisfaction d’un cadavre et cela concerne les organes sexuels. Bien sûr, ils n’ont pas non plus d’enfants qui meurent en tant que soldats. » 

Pour Lavi, cette impasse reflète une divergence plus profonde parmi les Juifs/Juives israélien·nes quant au caractère définitif de la mort. « Dans le sionisme libéral et religieux, surmonter la mort et le deuil devient une mission, tandis que dans la tradition haredi, on observe une acceptation tragique de la volonté de Dieu », a-t-il fait valoir. 

Pour Lavi, tout ce débat recèle une ironie encore plus profonde. « La normalisation du PMSR déconstruit le discours officiel ici, qui a toujours été que les Juifs/Juives glorifient la vie et que les Palestinien·nes glorifient la mort et le martyre. Il s’agit là d’une sanctification extrême des morts — c’est un mariage avec les morts. » 

Mme Hacker partage cette préoccupation. « Nous sommes en train de devenir une société morbide qui célèbre la mort de diverses manières, au lieu de célébrer la vie », a-t-elle déploré. « Je m’inquiète pour les jeunes veuves et les compagnes de soldats tués qui subissent des pressions de la part des familles des défunts pour qu’elles recourent à la FIV avec le sperme prélevé, au lieu de commencer une nouvelle vie tant qu’elles le peuvent encore. » 

Quand les enfants deviennent des symboles nationaux 

En juin dernier, la Dr Hadas Levy est devenue la première Israélienne, depuis le 7 octobre, à donner naissance à un enfant conçu par PMSR. « Jusqu’à la naissance du bébé, je pleurais encore Netanel », a-t-elle déclaré au Times of Israel, en référence à son fiancé tué à Gaza en décembre 2023. « Et maintenant, je peux me réveiller le matin et ressentir de la joie. » 

Alors que de plus en plus de familles demandent l’autorisation d’utiliser le sperme de soldats tués depuis le 7 octobre, de plus en plus d’enfants israélien·nes sont susceptibles d’être conçu·es de cette manière. Mais qu’adviendra-t-il de ces demi-orphelin·es, conçu·es dans le cadre d’un projet reproductif national et né·es en tant que symboles de la « continuité juive » ?

« Certains groupes [lors des débats à la Knesset] craignaient que les enfants ne soient objectivés et ne deviennent un mémorial », a expliqué M. Triger. Il a évoqué la littérature psychanalytique datant des années 1960 sur la notion controversée d’« enfant de remplacement » — un enfant conçu après la perte d’un autre enfant, qui peut avoir du mal à se forger une identité distincte de celle du frère ou de la sœur qu’il est censé remplacer. 

« L’idée qu’un enfant puisse servir de mémorial n’est donc pas nouvelle », a déclaré Triger. « Mais dans ces cas-là, il s’agissait d’une démarche privée ; dans le cas du PMSR, il faut recourir à la technologie et obtenir une autorisation judiciaire, [et] cette démarche est soutenue par le système. » 

Si le bien-être des enfants conçus par PMSR fait l’objet de peu de débats publics en Israël, le rôle de la mère dans ce projet de deuil national est lui aussi souvent négligé, considéré comme secondaire par rapport à la continuité de la lignée du soldat tué. Le prélèvement de sperme centre la lignée masculine, tandis que les femmes — veuves, compagnes, mères porteuses ou femmes qui n’ont jamais connu le soldat — assument le fardeau pratique, physique et émotionnel de la perpétuer. 

Comme l’a fait valoir Mme Hacker, la conception de la paternité défendue par le PMSR est profondément patriarcale. « La paternité est un rôle volontaire dont le but est de perpétuer sa lignée génétique. La maternité est une obligation. Cela réduit à néant tout ce pour quoi les féministes se sont battues pendant des décennies et cela nuit aux mères, aux enfants, mais aussi aux pères ». 

« Je ne pense pas que les personnes devraient avoir le droit de donner la vie sans être présents et sans être en mesure de s’occuper de leurs futurs enfants », a-t-elle ajouté. 

Pour l’instant, la société israélienne avance plus vite vers la normalisation du PMSR que ne le permettent les cadres juridiques et éthiques. Et tant que le consensus général sur la guerre éternelle restera intact, il est peu probable qu’une véritable réflexion morale s’engage sur la manière dont le prélèvement posthume de sperme contribue à maintenir un tel statu quo militariste. 

« La société israélienne et l’État ont négligé de se pencher sur la tragédie de la guerre, sur la manière de gérer le deuil, sur la manière d’éviter la mort. C’est tragique que nous en soyons arrivés là », a déclaré Triger. « Je ne juge pas les familles : je ne me suis jamais trouvé dans cette situation et j’espère ne jamais y être confronté » — un sentiment que toustes les expert·es interrogé·es par +972 ont également souligné. « Ma critique s’adresse à l’État. Je pense que créer l’illusion que la mort n’est pas la fin est un mécanisme qui justifie la guerre perpétuelle. » 


Nathalie Rozanes est une comédienne, autrice et créatrice de spectacles originaire de Bruxelles, qui vit actuellement à Jaffa-Tel-Aviv.


Traduit par DE

 

[photo : DW (YT) - reproduit sur https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com]

 



segunda-feira, 24 de agosto de 2026

J'essaie de ne pas comparer les périodes historiques. Et voilà qu'Israël marque de numéros les Palestiniens

Peut-être sommes-nous prisonniers de notre volonté de trouver des précédents historiques au lieu de regarder ce qui se passe sous nos yeux

L'armée israélienne  à Qabatiyah
Écrit par Hanin Majadli

Haaretz

Les Forces de défense israéliennes ont mené cette semaine une opération à Qabatiyah, près de Jénine. Au cours de cette opération, des détenus palestiniens ont été marqués de numéros inscrits sur leur front et leur corps.

Cela rappelle certaines périodes de l’histoire. Peu après, une réaction s’est également fait sentir. Les commandants auraient expliqué aux forces l’ampleur de cet acte, et des leçons en ont été tirées.

Des leçons ont été tirées. Il est difficile d’imaginer une expression plus typiquement israélienne. Depuis des décennies, on tire des leçons ici. Après que des Palestiniens ont été tués, on tire des leçons. Après que des détenus ont été maltraités, on tire des leçons. Après chaque acte censé être une exception, on tire des leçons. Et pourtant, d’une manière ou d’une autre, ces leçons ne sont jamais tirées à temps pour empêcher le prochain incident. Un brevet israélien.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que divers motifs sont imprimés sur la peau des Palestiniens. Des leçons ont déjà été tirées à ce sujet, puis oubliées. Il y a eu ce Palestinien sur le visage duquel une étoile de David avait été « accidentellement » imprimée par la « semelle de la botte d’un policier ». Des maisons palestiniennes en Cisjordanie sur lesquelles des étoiles de David avaient été peintes à la bombe, comme s’il s’agissait de croix gammées. Et voyez avec quelle facilité on en vient à lancer des appels publics pour interdire aux médecins arabes de soigner les Juifs.

Sans parler de la crainte bien connue des Palestiniens qui affichent ouvertement leur identité, lorsque la rue juive devient plus violente, plus nationaliste, plus revancharde. Je me souviens de femmes de ma famille qui retiraient leur hijab lors de trajets nocturnes en voiture pendant les périodes de tension. Et même si je ne veux pas enfreindre l’interdiction de « comparer » avec d’autres périodes, Israël vient imprimer des chiffres sur les Palestiniens. Alors, que voulez-vous que nous pensions ?

Avant même que l’armée israélienne n’annonce qu’elle en tirerait les leçons, je me demandais s’il s’agissait d’un soldat agissant de sa propre initiative, si un commandant avait donné l’ordre, ou si c’était un climat général qui laissait entendre qu’il était acceptable de numéroter les détenus palestiniens sur le front. Sont-ils conscients des associations que cela évoque ? Veulent-ils que nous voyions les photos et que nous comparions ? Ou sont-ils peut-être tellement imbus de leur sentiment de puissance que personne ne prend même le temps de réfléchir à l’image que cela renvoie ? Et qu’est-ce qui est pire : faire une telle chose en toute conscience, ou la faire sans comprendre le moins du monde ce qu’elle véhicule ?

Parfois, je me dis que nous accordons trop d’importance au débat visant à déterminer s’il est légitime de faire des comparaisons. Peut-être n’y a-t-il tout simplement pas lieu de comparer. « Eux », dont nous tairons les noms, ne se sont pas mis en scène sur TikTok – qui n’existait pas à l’époque – en train de faire exploser des maisons et de plaisanter sur la destruction. Ils n’ont pas transformé les massacres en émission de divertissement diffusée en prime time. Peut-être sommes-nous obnubilés par la recherche de précédents historiques au lieu de regarder ce qui se passe sous nos yeux.

Peut-être qu’Israël ne s’inspire de personne. Peut-être en est-il déjà à un stade où c’est lui qui inspire. Voici des vidéos de spectacles sur le génocide. Un large public qui, non seulement n’est ni choqué, ni gêné, ni honteux, mais qui applaudit. Des médias qui transforment la faim en blagues racontées lors d’un débat télévisé. Des politiciens qui se livrent à une surenchère dans leurs appels à la vengeance. Des soldats qui documentent tout avec fierté. Une nation entière qui perd peu à peu la capacité d’identifier les limites morales fondamentales, non pas par peur ou par obéissance, mais dans une atmosphère de « hafla », une célébration festive.

 

terça-feira, 18 de agosto de 2026

La nuesa de la veritat: «Res més viu», de Vicent Penya

En tots i cadascun dels aforismes, s'hi revela una d'aquestes veritats absolutes que s'imposa per si mateix, no per dret diví o imposició autoritària, sinó per la pura contundència dels fets que l'autor descriu. 

Vicent Penya

Escrit per Antoni Rovira

Tots els gèneres gairebé sense excepció, en major o menor mesura, pouen del lent, silent i sovint dolorós treball de la reflexió humana. Hi ha llibres i poemaris bastits amb un respecte gairebé litúrgic per la feina ben feta, pastats amb més temps del necessari a força de llegir, rellegir, esmenar i tornar a llegir per oferir finalment un text impecable, polit fins a l’extenuació. Són exercicis d’orfebreria que busquen la perfecció formal i el rigor acadèmic. Tanmateix, aquest excés de zel, aquesta obsessió per la simetria i la pulcritud, sovint neix llastat per la cotilla d’allò socialment correcte. En l’afany de complaure o de no desentonar, l’autor acaba diluint la força original del pensament en un mar de sentimentalismes previsibles i concessions al lector benpensant.

Però hi ha un gènere rebel que escapa sistemàticament a aquesta domesticació burgesa i a les convencions acadèmiques: l’aforisme, el qual no admet greixos, ni preàmbuls, ni explicacions de compromís. És la literatura en el seu estat més pur i concentrat, un desafiament directe a la mandra intel·lectual de la societat de consum. Mentre els altres gèneres necessiten pàgines i pàgines per a justificar la seua existència, l’aforisme en té prou amb una línia per a fer trontollar tot un sistema de creences establert.

Davant la nuesa d’un aforisme el dimoni no té temps de temptar ningú. No hi ha espai per a la distracció, ni per a la decoració supèrflua, ni per a les mitges tintes; és un gènere d’acció ràpida, directa i contundent, que actua sobre la consciència exactament com una bala de canó. L’aforisme té la virtut moral —i gairebé física— de despullar la realitat sense demanar permís, convertint la paraula en un colp d’intel·lecte que desconcerta el lector i l’obliga a situar-se, de sobte, davant els seus propis abismes i contradiccions quotidianes.

Escriure un bon aforisme requereix la mateixa sang freda que es necessita per a disparar un projectil amb precisió mil·limètrica: qualsevol desviació, qualsevol ornament innecessari, en destrueix l’eficàcia immediatament. No és un adorn per a la conversa de saló, sinó un instrument de legítima defensa intel·lectual contra el soroll de fons que amenaça d’anestesiar-nos la ment.

Com a docent, sovint em trobe en la difícil, però apassionant tessitura d’explicar conceptes complexos mitjançant definicions senzilles i exemples propers, una gosadia pedagògica que no sempre està exempta de malentesos i de debats acarnissats a les aules. Recorde molt bé el dia que intentava explicar als meus alumnes de batxillerat els aforismes de Joan Fuster. Buscant una fórmula rotunda que els desvetllés l’interés, els vaig dir, amb una certesa gairebé mística, que un aforisme es forja sempre sobre una veritat absoluta.

La reacció, per descomptat, no es va fer esperar en un grup de joves criats en l’escepticisme de l’era digital: un parell d’alumnes protestaren de seguida, argumentant amb vehemència que aquelles sentències no eren més que meres valoracions personals de l’escriptor de Sueca, opinions disfressades d’autoritat. Davant la manca de temps crònica dels nostres plans d’estudi i el caràcter purament tangencial de la lliçó, vam haver de deixar-ho córrer per a passar al següent tema de l’examen.

Però la disputa intel·lectual va quedar suspesa en l’aire com un repte personal. Al capdavall, tenien raó els alumnes o la tenia el professor? La resposta, tal com ens va ensenyar el mateix Fuster, és que potser totes dues coses són certes: l’aforisme és una valoració personal tan radicalment subjectiva i tan profundament meditada que, en el moment de ser escrita, adquireix la solidesa i el pes d’una veritat absoluta per a qui la llegeix amb ulls nets. 

                                                Vicent Penya, Res més viu, Onada (2026)

Avui, tanmateix, amb la lectura pausada de Res més viu, el darrer llibre d’aforismes de Vicent Penya, he trobat la confirmació definitiva a la meua tesi de l’aula, ara purificada a través del filtre del fusterianisme més lúcid i exigent. En cada pàgina del volum, en tots i cadascun dels aforismes de Penya, s’hi revela una d’aquestes veritats absolutes que s’imposa per si mateix, no per dret diví o imposició autoritària, sinó per la pura contundència dels fets que l’autor descriu. Són veritats sovint acompanyades d’exemples vitals molt propers, observacions del dia a dia que les sostenen davant del lector amb la fermesa d’un mur de formigó armat.

Penya ens lliura, ras i curt, la certesa nua d’un observador que es nega a tancar els ulls davant la comèdia humana. I ho fa amb l’escepticisme actiu d’aquell qui sap que escriure aforismes no és dictar sentència des d’un púlpit per a guanyar adeptes, sinó convidar el lector a dubtar i a pensar amb nosaltres. En aquests textos curts, d’una precisió quasi de rellotger o de cirurgià, es respira l’alè de qui entén que la literatura és, per damunt de tot, una eina d’higiene mental contra els dogmes de qualsevol signe i la mandra còmoda del ramat.

D’aquesta manera, l’estil de Penya connecta de ple amb la millor tradició fusteriana, aquella que es nega a acceptar les veritats heretades i prefereix passar-ho tot pel sedàs de la ironia i el sentit crític. Fuster escrivia per desvetllar adormits, i Vicent Penya sembla compartir exactament la mateixa fita en Res més viu. Els seus aforismes ens recorden que pensar continua sent un exercici de resistència individual en un món que ens voldria a tots uniformats i silents sota el pes de la bajanada globalitzada.

Llegir aquest recull és, en definitiva, constatar que contra la xerrameca buida i la retòrica ensopida de l’època contemporània només ens queda la trinxera de la intel·ligència curta, afilada i sense concessions. En un ecosistema comunicatiu saturat de missatges buits i proclames de consum ràpid, els aforismes de Vicent Penya s’alcen com els dics indispensables per a contenir la intolerable riuada de la insignificança que ens amenaça de mort intel·lectual. Al capdavall, per a dir les poques coses que realment importen en aquesta vida, hi ha ben poques coses més vives que una veritat llançada a la cara amb la brevetat justa de qui no té cap intenció de perdre el temps ni, molt menys, de fer-nos-el perdre a nosaltres. 

Per un futur reflexiu i antidogmàtic, 

Amén.

 

[Font: www.diarilaveu.cat]

segunda-feira, 17 de agosto de 2026

Single, vedovi, divorziati: nel mondo aumentano le persone che vivono da sole

Un italiano adulto su 5 vive da solo. I nuclei monopersonali sono ormai la forma di famiglia più diffusa nel nostro Paese. Ma il trend è lo stesso anche nel resto d’Europa e negli Usa. Tra nuovi stili di vita e popolazioni che invecchiano

di Enrico Mingori 

Nel suo romanzo più conosciuto, I Malavoglia, Giovanni Verga racconta le tormentate vicende di una famiglia di pescatori siciliani, i Toscano: padre, madre, cinque figli, più il nonno paterno. Quando il libro fu pubblicato, nel 1881, vivere in otto sotto uno stesso tetto non era così insolito: agli inizi del XX secolo la famiglia italiana contava in media 4,5 componenti.

Oggi immaginare una casa affollata come quella dei Toscano apparirebbe irrealistico: le famiglie sono composte in media da 2,2 persone. Non solo si fanno meno figli, ma si uniscono anche meno coppie. Nel 2021 si è registrato un sorpasso storico: i nuclei monopersonali sono diventati la forma familiare più diffusa del Paese. Rappresentano ormai il 37% del totale delle famiglie censite. Trent’anni fa erano il 21%.

Identikit

Oggi un italiano adulto su cinque vive da solo: una popolazione atomizzata di 9,9 milioni di individui. Quasi la metà ha più di 65 anni, mentre solo il 10% ne ha meno di 35. Un terzo sono vedovi, un quinto sono separati o divorziati, il restante 42,6% è celibe o nubile. Le donne sono in leggera maggioranza: 53,4%.

Fra i non anziani, la quota di chi vive solo è pressoché raddoppiata rispetto ai primi anni Duemila. Per alcuni è una scelta, per altri una costrizione. Tra i più giovani si tratta per lo più di una condizione transitoria, nelle cosiddette «età centrali» (35-64 anni) i single prevalgono leggermente su separati e divorziati, mentre fra gli anziani la maggioranza sono persone che hanno perso il proprio coniuge (anche se negli anni è cresciuta la quota di separati e divorziati).

Per secoli le coppie con figli hanno costituito il modello familiare più diffuso, ma negli ultimi trent’anni quel tipo di struttura è andato in costante diminuzione: a metà degli anni Novanta il 47,9% delle famiglie era rappresentato da coppie con figli, adesso la quota si è ristretta al 28,4%. Nello stesso arco temporale i nuclei monogenitoriali (in cui i figli vivono solo con la madre o solo con il padre) sono aumentati dall’8 a quasi l’11%. È rimasta costante nel tempo, invece, la percentuale di coppie senza figli: sempre oscillante intorno a un quinto del totale. 

All’estero

La crescita dei nuclei monopersonali è forte in tutto il mondo occidentale. Nel territorio dell’Unione europea gli adulti che vivono soli sono passati dal rappresentare il 33% delle famiglie nel 2016 al 37,4% nel 2025. Negli Stati Uniti la percentuale è oggi del 29% a fronte del 20% del 1975. Nei Paesi dell’area Ocse, quasi un quinto della popolazione vive in nuclei familiari composti da una sola persona: dieci anni fa era il 15%.

Il fenomeno è più spiccato nei Paesi scandinavi e baltici e meno in America Latina, Europa dell’est ed Europa del sud. Ma ovunque si registra un incremento del tasso di “solitari”. In generale, le persone anziane sono quelle che hanno maggiori probabilità di vivere da sole, ma il fenomeno è cresciuto in tutte le fasce d’età tra il 2010 e il 2022. Secondo l’Ocse, «la quota di nuclei familiari composti da una sola persona è destinata ad aumentare nei prossimi decenni»

Salasso
«Vivere da soli – spiega l’Istat – non si traduce in una condizione di isolamento sociale». In Italia l’83,7% di coloro che non hanno compagnia in casa dichiara di avere almeno una persona nel mondo esterno su cui poter contare in caso di bisogno: la percentuale è naturalmente più elevata per gli Under 34 (93%), mentre scende (al 78%) per gli Over 75.

Nonostante il supporto di amici o parenti non conviventi, chi sta da solo esprime mediamente un più basso livello di soddisfazione rispetto alla propria vita: secondo i dati dell’Istituto Nazionale di Statistica, solo il 41,9% si dichiara «molto soddisfatto», a fronte del 48,3% delle persone che convivono con altri.  Del resto, tirare avanti in solitaria è più oneroso anche dal punto di vista economico: a qualsiasi spesa bisogna far fronte da sé. Tanto che è stato persino coniata un’espressione ad hoc, «tassa sui single», per descrivere le spese aggiuntive sostenute da chi non ha un partner.

Il differenziale rispetto agli altri nuclei familiari è tale che nei Paesi europei dell’area Ocse si stima che tra le famiglie composte da un solo adulto (incluse però anche quelle monogenitoriali) una su tre sia a rischio di povertà o esclusione sociale. A fine 2024 la Coldiretti ha diffuso un rapporto secondo cui le persone che vivono da sole devono sopportare un costo della vita quasi doppio (+80%) rispetto a quello ipotizzato per ciascun membro di una famiglia media di tre persone. Nell’indagine, basata su dati Istat, si calcola che la spesa media per alimentari e bevande di un single sia di 337 euro al mese, più alta del 53% in confronto con quella di ogni componente di una famiglia tipo di tre persone: un divario determinato anche dal fatto che sono assai rari sul mercato i formati di cibo adeguati per una persona. Pesano inoltre le spese per l’abitazione (canone d’affitto o rate del mutuo) e bollette: secondo Coldiretti, in questo caso i costi sono maggiori del 156%: anche perché generalmente le case più piccole hanno prezzi più elevati al metro quadro sia in caso di acquisto che di affitto. Ma vivere da soli è più gravoso anche per quanto riguarda le spese nella salute (+87%) e nei trasporti (+16%).

Oltre al danno, c’è pure la beffa. I lavoratori single, separati, divorziati e vedovi sono infatti penalizzati anche quando si tratta di pagare tasse e contributi. Stando a un’analisi dell’Ocse basata sull’anno fiscale 2022, in Italia l’aliquota complessiva media per un lavoratore sposato con due figli è del 34,9%, mentre per un lavoratore single senza figli è del 45,9%. Ed è così ovunque nel mondo. In Germania lo sposato con prole paga il 32,9% e il single il 47,8%, in Francia si passa dal 39,2 al 47%, negli Stati Uniti dal 19,8 al 30,5%.
Evidentemente, però, nemmeno la leva fiscale basta a convincere i contribuenti a fare più figli. In Italia, Ue e Usa i tassi di natalità calano di anno in anno. Nel nostro Paese si prevede che nel 2100 avremo 44,7 milioni di abitanti, un livello mai così basso dal 1936. Con una differenza non da poco: all’epoca ogni famiglia contava in media 4,3 componenti. Le culle erano piene, quindi c’erano prospettive di crescita demografica. Adesso invece la curva è discendente: la popolazione diminuisce e continuerà a diminuire. Di questo passo, conviene prepararsi: ne resterà soltanto uno. L’ultimo spenga la luce.

 

 

[Foto: Mint Images RF / AGF - fonte: www.tpi.it]

terça-feira, 21 de julho de 2026

Eça confronta-se com o leitor tecnológico

A ignorância sobre centenas de referências com que o leitor atual de 'Os Maias' se defronta no romance tem agora uma mãozinha eletrónica para ser ultrapassada através de códigos QR.  

Antes de Camilo, Herculano, Garrett e Júlio Dinis, é Eça quem vai demonstrar qual é o potencial da aliança entre tecnologia e o livro tradicional.

Escrito por João Céu e Silva

138 anos após a publicação de Os Maias de Eça de Queiroz e quando se pensava que seria impossível reinventar as edições sucessivas deste romance, a editora Quetzal decidiu avançar com uma nova fórmula para seduzir os leitores: a inclusão das novas tecnologias nas páginas em papel através dos códigos QR. A justificação para esta novidade eletrónica incluída numa obra centenária é oferecida numa cinta sobre a capa, na qual se escreve: “Edição especial com códigos QR para explicar referências, lugares, datas e figuras históricas do romance. Página a página.” E que referências são estas? Entre muitas outras: “O que era um mantelete? Ou um boudoir? E o Duque de Saldanha? Onde ficavam o Aterro, o Jockey ou o Hotel Bragança?” Ou seja, evitam-se o que poderiam ser as habituais notas de rodapé para colocar centenas de códigos QR no mesmo lugar, ficando as 709 páginas do romance que foi publicado em 1888 em dois volumes polvilhado de quadrados que levam o leitor até ao universo virtual da maior enciclopédia atual.

Quanto mais não fosse, esta novidade permite um julgamento sobre o que os responsáveis da edição consideram ser as falhas culturais dos leitores, o seu esquecimento de protagonistas da cultura e da sociedade antigos e a ignorância sobre factos históricos. A maioria dessas situações bem merecerá um QR, como é o caso das expressões Geórgicas ou Belle Helène, mas quando o leitor desconhece quem foi Pilatos ou onde fica a estação de Santa Apolónia e recorre aos QR, então pode perguntar-se o que estará a fazer embrenhado nesta prosa farfalhuda e culta de Eça? Uma resposta poderá ser a que se encontra no texto da contracapa: “Retrato implacável, cómico e trágico de um tempo, de uma classe, de um país e de uma cidade, Os Maias está cheio de referências culturais, políticas, gastronómicas, históricas, geográficas ou do quotidiano de Lisboa no século XIX.” Sim, Os Maias é isso tudo e muito mais e o leitor mais ignorante também terá a partir de agora o direito a ler de forma integral um romance escrito por um autor que, apontavam os rivais e detratores, só conhecia Portugal e as suas gentes na sua vida adulta através de um vislumbre de passagens breves pelo país e fazendo um retrato mais completo devido à intensa leitura da imprensa da época mal se libertou das estadas administrativas em Évora e Leiria e abalou para o estrangeiro.

O editor da Quetzal, Francisco José Viegas, acredita no projeto. Tanto que após Os Maias está já prevista uma continuação de cinco novos volumes que completam esta prospeção do mercado no formato papel+QR: Camilo Castelo Branco e o clássico Amor de Perdição (fevereiro de 2027), mais tarde A Queda de Um Anjo; Almeida Garrett com Viagens na Minha Terra, Alexandre Herculano no Eurico, o Presbítero, e As Pupilas do Senhor Reitor de Júlio Dinis. Após enumerar esta meia-dúzia de obras-primas na literatura portuguesa, diz: “Se correr bem, haverá mais títulos”.

A crença na necessidade destes Maias é grande em José Viegas, como justifica: “Muitas expressões no romance pertencem a outra época e já não se usam. Quando o leitor não as conhece, o que faz é passar à frente e perde características importantes. É o caso do primeiro QR, logo na primeira página, sobre a visita do Núncio Apostólico ao Ramalhete. O que é «Núncio»? Depois, continuam a surgir inúmeras dificuldades, que não o eram em 1880, e que são normais hoje devido à passagem do tempo; referências que os jovens desconhecem, os pais também, bem como muitos professores”. Conclui: “Ora, sendo um livro de leitura obrigatória e central no nosso cânone e memória cultural, esta inclusão dos códigos QR poderá permitir uma leitura completa do romance”. O editor dá como exemplo o seu caso: “Quando o li pela primeira vez, deparei-me com o nome Guizot. Achei que seria uma personagem divertida e só após a consulta de uma enciclopédia é que entendi que era um historiador.”

Para Francisco José Viegas, esta edição de Os Maias deve-se “à grande paixão por um grande livro e os códigos QR facilitam essa leitura, porque o leitor pode estar permanentemente a esclarecer dúvidas através da ligação a sites e assim saber em tempo real do que é que o Eça estava a falar. Se queríamos associar ao livro tradicional uma ferramenta que hoje é um instrumento de fácil acesso, os códigos QR representam bem essa função”. Acrescenta argumentos: “É um absurdo ler um livro e não saber a diferença entre, por exemplo, corregedor e juiz; desconhecer o que foi a Abrilada ou saber onde é o Hotel Lawrence. Ou ler sobre o Hino da Carta e não o conhecer, bem como a peça de Mendelssohn referida ou a Traviata. Até se pode revelar uma brincadeira de Eça ao referir a existência de um quadro de Rubens, que estava desaparecido à época, e que ele o coloca numa parede do Ramalhete. São muitas as referências da nossa história e os códigos QR podem facilitar a vida dos estudantes e dos que leem o romance por prazer. Afinal, Os Maias não é só uma paixão, também cumpre a função de lembrarmo-nos de um dos escritores e criadores mais importantes da nossa língua.”

A nova edição traz também um bónus, um folheto com cem perguntas coligidas por André Canhoto Costa sobre factos e detalhes do romance, e que permite avaliar o conhecimento sobre Os Maias. A primeira questão é “Onde é que Carlos da Maia viu Maria Eduarda pela primeira vez?” As respostas estão à distância de um clique num código QR. 


OS MAIAS

Eça de Queirós

Quetzal

709 páginas

QUEIROZ X QUEIRÓS

O escritor dizia ao amigo Ramalho Ortigão que o convite para escrever folhetins para a brasileira Gazeta de Notícias poderia ser uma boa oportunidade para publicar “talvez, depois um livro tolerável”. Assim aconteceu, como se pode ler na ótima e sintética nota final de Helena Cidade Moura a estas Cartas de Paris. Os artigos do escritor/jornalista foram impressos na Gazeta entre 1893 e 1897 e reuniram opiniões que a organizadora deste volume considera serem a reprodução no Brasil da “notícia da vida intensa da Europa” a partir do “seu centro de observação – Paris”, repletos de uma “confiança para contar e criticar o mundo em que vivia”. Acrescenta que esta componente de relato é um elemento muito importante na “criação do estilo adulto de Eça”. Esta edição reúne num único volume os dois anteriores, Ecos de Paris e Cartas Familiares e Bilhetes de Paris, que não foram revistos pelo escritor, como desejava, mas, considera Moura, “a prosa que deixou, longe de ser desleixada e frouxa, é nervosa e viva, cheia do valor da espontaneidade, simples e eficaz”.

Apesar do debate da grafia do apelido de Eça não fazer parte deste Cartas de Paris, é curioso notar que neste volume se utiliza “Queiroz” enquanto a versão utilizada na nova edição de Os Maias (à esquerda) é “Queirós”. Sendo a divergência fruto do Acordo Ortográfico de 1945, vê-se que após 81 anos ainda permanece uma disputa entre queirozianos e queirosianos. 


CARTAS DE PARIS

Eça de Queiroz

Livros do Brasil

375 páginas

(sai dia 23)

 

[Fonte: www.dn.pt]

quarta-feira, 8 de julho de 2026

Cadaqués impulsa una campanya per promoure el català entre els visitants del municipi

Han elaborat cartells amb expressions senzilles sota el lema 'Entre tots, mantenim viu el català'

Fragment d'un dels cartells de la iniciativa per impulsar l'ús del català a Cadaqués.

L'Ajuntament de Cadaqués (Alt Empordà) ha engegat una campanya per impulsar l'ús del català entre els visitants del municipi. A través d'uns cartells, el consistori vol convidar els turistes a utilitzar la llengua sota el lema 'Entre tots, mantenim viu el català'. Els cartells s'han distribuït entre els establiments del poble, en format pòster i fulletó, per compartir-los amb els visitants. Els fulletons mostren paraules o expressions senzilles en català com 'Bon dia', 'Gràcies', 'Si us plau', 'Quan val?' o 'A quina hora?', i les seves traduccions al castellà, l'anglès i el francès perquè els visitants puguin entendre'n el significat i després utilitzar-les. 

A més, a la part superior dreta del cartell, es podrà escanejar un codi QR que redirigeix a l'usuari fins a una pàgina web de l'Ajuntament de Cadaqués, on es pot sentir la pronunciació de les paraules i expressions que es troben al fulletó. Aquestes gravacions de la pronunciació de les paraules han estat realitzades per un grup de col·laboradors voluntaris, a qui l’Ajuntament ha agraït la seva disponibilitat, implicació i participació, que ha contribuït a fer possible aquesta iniciativa de promoció lingüística.

La regidora de Turisme i Cultura del municipi, Núria Duran, remarca que l'objectiu és donar a conèixer la llengua, però que no pretenen "imposar-ne" cap a ningú. "Es tracta, simplement, d'un gest d'acostament i de descoberta cultural que permet als visitants establir un primer contacte amb la nostra realitat lingüística i cultural", afirma.

"La reacció de la gent és molt diversa: hi ha visitants que ho troben molt interessant, agraeixen conèixer millor la llengua i, fins i tot, s’animen a dir algunes paraules en català. D’altres s’ho miren amb sorpresa, ja que alguns ni tan sols sabien que a Catalunya es parla català. També hi ha qui s’ho pren amb humor", asseguren les informadores de l'oficina de turisme.

Un dels cartells de la iniciativa per impulsar l'ús del català a Cadaqués

[Imatges: ACN - font: www.racocatala.cat]