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sexta-feira, 28 de agosto de 2026

Quand la polarisation internationale s’invite dans la présidentielle brésilienne

 

Le 25 juillet 2026, à São Paulo, Flávio Bolsonaro reçoit l’appui du président argentin Javier Milei durant un meeting. 

Écrit par Jorge Jacob

Professor of Behavioral Sciences, IÉSEG School of Management

 

L’ESSENTIEL

·         La présidentielle brésilienne, en octobre prochain, se jouera sans aucun doute entre le sortant Lula (centre gauche), en lice pour un dernier mandat, et Flávio Bolsonaro, fils de Jair et, comme ce dernier, représentant de la droite dure.

·         Ce duel est suivi avec la plus grande attention dans de nombreux pays du monde, à commencer par les États-Unis.

·         Dans un scrutin qui s’annonce très serré, les soutiens étrangers (ou l’exaspération qu’ils peuvent susciter au sein de l’électorat brésilien) pourraient contribuer à faire pencher la balance en faveur de l’un ou l’autre candidat.


La campagne électorale brésilienne a officiellement commencé le 16 août. Le premier tour aura lieu le 4 octobre et le second, si nécessaire, le 25. 

Derrière le duel entre les deux principaux candidats – le président sortant Lula et Flávio Bolsonaro, fils de son prédécesseur Jair Bolsonaro (condamné il y a quelques mois à vingt-sept ans de prison pour son rôle dans la tentative de coup d’État de décembre 2023 et autorisé depuis mars dernier à purger sa peine à son domicile pour raisons de santé) –  se joue une bataille de réseaux politiques, médiatiques et diplomatiques internationaux. 

Le camp Bolsonaro bénéficie de soutiens visibles au sein de la droite et de l’extrême droite internationales, tandis que Lula dispose de relais importants au sein des forces progressistes et de plusieurs gouvernements étrangers.

Alexandre de Moraes, cible du camp Bolsonaro… et de Washington

Cette internationalisation a commencé à prendre forme en 2025, lorsque le frère cadet de Flavio, Eduardo Bolsonaro, alors député fédéral de l’État de São Paulo depuis 2015 (il a depuis perdu son mandat en décembre 2025, à la suite d’une décision de la Chambre des députés), s’est installé aux États-Unis.

Selon The Guardian, Eduardo Bolsonaro aurait essayé de convaincre les responsables de l’administration Trump d’imposer des sanctions à Alexandre de Moraes, le juge de la Cour suprême chargé de l’enquête visant son père. Depuis mai 2025, Eduardo était aussi lui-même visé par la justice brésilienne, et a d’ailleurs été condamné en juin 2026 – en son absence puisqu’il se trouve toujours sur le territoire états-unien – à quatre ans de prison : il lui est reproché d’avoir cherché à obtenir de la part de Donald Trump qu’il prenne des sanctionséconomiques contre le Brésil afin de faire pression sur la justice brésilienne et de favoriser son père dans le cadre de son procès.

Or, Moraes se trouvait déjà dans le collimateur de l’entourage de Donald Trump pour avoir ordonné, en 2024, la suspension de Twitter/X au Brésil à la suitedu refus de la plateforme de se conformer à des décisions judiciaires lui ordonnant notamment de bloquer certains comptes accusés de diffuser de fausses informations des discours haineux, et refusé de nommer un nouveau représentant légal. Elon Musk avait alors dénoncé une entrave à la « liberté d’expression ».

En février 2025, l’entreprise de médias de Donald Trump (Trump Media & Technology Group) et la plateforme vidéo Rumble ont déclenché des poursuites contre Moraes aux États-Unis, contestant ses décisions de blocage de comptes et de contenus. Le dossier brésilien se retrouvait ainsi directement lié à l’écosystème politique et technologique de Trump, rapprochant deux intérêts jusque-là distincts : la volonté des Bolsonaro de faire pression sur la justice brésilienne et celle des plateformes de contester les règles imposées à leurs contenus.

En juillet 2025, l’administration Trump a sanctionné Alexandre de Moraes au titre du Global Magnitsky Act, l’accusant notamment de violations des droits humains et de répression de la liberté d’expression.

 « Trump annonce des taxes de 50 % pour le Brésil – en soutien à l’ex-président Bolsonaro », France 24, 11 juillet 2025.

Ces sanctions ont été levées en décembre après un rapprochement entre Donald Trump et Lula. Toutefois, l’administration Trump étudierait actuellement l’opportunité de promulguer de nouvelles sanctions contre le juge.

Chacun compte ses soutiens

Entre-temps, le 26 mai, Flávio et Eduardo Bolsonaro ont rencontré Donald Trump à la Maison-Blanche.

Depuis juillet 2026, Washington a progressivement renforcé la pression sur le gouvernement de Lula par des mesures commerciales et diplomatiques afin, selon le Washington Post, de le contraindre à mettre fin aux poursuites contre Jair Bolsonaro. Ces tensions commerciales se sont poursuivies en août, lorsque le Brésil a à son tour ouvert une procédure de réciprocité contre la hausse des droits de douane décidée par Washington.

 

Capture d’écran d’un post de Donald Trump sur son réseau Truth Social : « Ravi d’avoir accueilli Flávio Bolsonaro au bureau Ovale de la Maison-Blanche – un jeune homme intelligent qui aime beaucoup son pays, le Brésil ! », 2 juin 2026. Truth Social

Lula et Flávio Bolsonaro se sont mutuellement accusés d’être responsables des tensions avec Washington, mais selon une enquête de l’institut de sondages Datafolha, la majorité des Brésiliens estiment que les droits de douane imposés par Donald Trump visent à aider Flávio Bolsonaro dans sa campagne présidentielle. 

Les deux camps brésiliens disposent désormais de relais internationaux. Mais ce relais international se déroule sous des formes distinctes. Le camp Bolsonaro s’appuie sur des soutiens individuels de dirigeants étrangers : Javier Milei était présent en personne au lancement de la campagne et Benyamin Nétanyahou est intervenu par vidéo, tandis que Lula s’inscrit dans un réseau plus institutionnel de gouvernements et de mouvements progressistes. 

En avril, il a participé, à Barcelone, à la Global Progressive Mobilisation, aux côtés notamment du premier ministre espagnol Pedro Sánchez, de la président mexicaine Claudia Sheinbaum et du président sud-africain Cyril Ramaphosa, lors d’un rassemblement consacré à la lutte contre la montée de l’extrême droite.

             « Espagne : Pedro Sánchez convoque la gauche mondiale pour une réunion progressiste à Barcelone », France 24, 19 avril 2026. 

La polarisation internationale s’impose aux campagnes nationales

C’est dans ce climat que s’amorce la campagne électorale. La légère avance de Lula sur Flávio Bolsonaro dans les sondages s’est réduite, et les deux hommes sont désormais au coude-à-coude. Il est possible que, ces prochaines semaines, les déclarations et actions de l’administration Trump joueront un rôle déterminant dans l’issue du scrutin.

Le cas brésilien pourrait ainsi devenir un laboratoire d’une nouvelle géographie de la polarisation politique, dans laquelle les conflits électoraux nationaux sont de plus en plus connectés à des réseaux transnationaux. Pour la France et pour l’Europe, la question est peut-être moins de savoir si cette dynamique existe déjà que de comprendre jusqu’où elle pourrait s’étendre à nos propres démocraties.

 

[Photo : Nelson Almeida/AFP - source : www.theconversation.com]


quarta-feira, 26 de agosto de 2026

El sionismo es una opción política, no siempre forma parte de la identidad judía

 Entrevista a Alan Wald

Michigan News

El activismo estudiantil en los campus estadounidenses como respuesta a la guerra en Gaza se ha convertido en un debate nacional sobre dónde trazar la línea entre la disidencia política y el antisemitismo.

Aunque muchas universidades han tomado medidas para restringir, dispersar o sancionar las protestas, estas –y los debates sobre cómo describirlas– han seguido adelante, lo que ha planteado dudas sobre la libertad de expresión, la seguridad en los campus y si las críticas a Israel se están confundiendo con el odio hacia los judíos.

¿Qué es el sionismo? ¿Y por qué describes convertirte en sionista como una elección en lugar de una identidad?

Para entender el sionismo hay que adentrarse en un terreno político complejo. La afirmación de que el sionismo es esencial para la identidad judía es engañosa por varias razones. El judaísmo es una religión monoteísta con al menos 3000 años de antigüedad, mientras que el sionismo surgió como un movimiento político de carácter laico a finales del siglo XIX. Como respuesta comprensible al odio hacia los judíos, el sionismo se inspiró en el auge del nacionalismo europeo. Al igual que muchos otros movimientos nacionalistas, recurrió a la retórica religiosa; en este caso, reinterpretando temas del Antiguo Testamento sobre el regreso del pueblo judío a la Tierra Santa, que se produciría tras la llegada de un mesías.

El número de personas judías que se sumaron al proyecto de colonización del sionismo europeo fue reducido hasta que el antisemitismo del siglo XX limitó la inmigración judía a EE UU. y el incipiente genocidio nazi expulsó a los judíos de Europa. Hoy en día, sin embargo, la mitad de la población judía mundial vive fuera de Israel, sin muchas ganas de emigrar y sin voz ni voto en las decisiones políticas de Israel. Debido a la creciente estrechez de miras y al cariz de derechas del sionismo político, cada vez más jóvenes judíos se están distanciando de él y se oponen a él. La mayoría de las y los sionistas de EE UU y de todo el mundo son sionistas cristianos.

¿Qué es el antisemitismo hoy en día? ¿Qué tipo de amenaza supone? ¿Y los manifestantes y estudiantes de los campus son realmente antisemitas?

El significado del antisemitismo (odio a la gente judía) ha evolucionado en etapas entrelazadas desde que surgió en el mundo antiguo como hostilidad hacia la diferencia cultural. Primero vino el supersesionismo cristiano, seguido de las teorías de la conspiración en la Europa medieval y luego, tras la Ilustración, un prejuicio racial pseudocientífico que culminó en el exterminio nazi. Tras la fundación del Estado de Israel en 1948, una población judía minoritaria (y en gran parte formada por gente inmigrante y refugiada) en Palestina fue ganando terreno cada vez más a la población mayoritaria (árabe indígena) del antiguo mandato británico. Aunque se reconoce que las y los judíos israelíes tienen sin duda un vínculo histórico con la tierra y que están ahí para quedarse, a quienes critican las políticas y prácticas de este Estado que privilegia a la población judía se les ha acusado injustamente de antisemitismo. Esto ocurre sobre todo si se oponen a la falta de democracia de Israel para toda la población bajo su dominio, a las estructuras similares al apartheid y a la represión violenta de los palestinos en Gaza y Cisjordania.

Como todos los movimientos políticos, las protestas en los campus no han estado exentas de cánticos y consignas ambiguas, ni de algunos comportamientos innecesariamente provocadores. Pero el argumento principal de las y los manifestantes, muchos de los cuales son judíos, es que la política y las prácticas sionistas ni representan plenamente a los judíos ni benefician sus intereses a largo plazo. En la actualidad, la mayor parte del odio real hacia las y los judíos en los campus proviene de elementos conservadores y de derechas que sostienen la opinión contraria; estos promueven teorías conspirativas que equiparan a los judíos con el sionismo y la política del Estado israelí.

¿Qué similitudes hay entre la represión en los campus de los años 50 (el macartismo) y lo que está pasando ahora?

Las similitudes son evidentes en dos aspectos: 1) la colaboración entre las universidades y el Gobierno en diversas formas de represión política, a veces llevadas a cabo en nombre de la protección de la libertad académica; y 2) el uso de pretextos exagerados y alarmistas, como las acusaciones de "infiltración comunista" entonces y de "antisemitismo desenfrenado" ahora, para provocar cambios más profundos en la cultura académica. La razón de esta fijación en el ámbito académico en ambos periodos de represión es que las universidades han sido, potencialmente, centros de pensamiento crítico, donde se concentran académicos y estudiantes que plantean preguntas que cuestionan los discursos oficiales. Entender cómo y por qué la capitulación anticipada de las administraciones universitarias en la década de 1950 facilitó un daño duradero a nuestra cultura puede ayudarnos a comprender cómo responder hoy en día.

¿Cómo deberían responder las universidades a los conflictos en los campus sobre Israel/Palestina sin dejar de proteger la libertad de expresión y la libertad académica?

Los conflictos en los campus se dan en un contexto mucho más amplio. El cambio en el clima político de EE UU forma parte de un auge mundial del nacionalismo de derechas. Protestar por los derechos de las y los palestinos es un tema político delicado porque plantea preguntas sobre la historia política de esa región tan inestable: ideas inquietantes sobre el legado del colonialismo, la política exterior de EE UU, el antirracismo, la necesidad de que un Estado represente a todos sus ciudadanos, la enseñanza precisa de la historia y mucho más. Solo un intercambio honesto y abierto de todos los puntos de vista, incluidos los más polémicos, llevará a aclarar las cosas. Pero eso no es lo que está pasando ahora mismo en muchos sitios, bajo el pretexto engañoso de la neutralidad institucional y la diversidad de puntos de vista.

Pueden ser nuevas políticas mal definidas, impuestas desde arriba por las administraciones, que las aplican, interpretan y refuerzan de forma selectiva.

La realidad es que las nuevas leyes en algunos estados están limitando las protestas y la actividad política en los campus; se han eliminado los consejos académicos o se han sustituido por órganos consultivos más débiles; las asambleas legislativas intentan cada vez más influir en los planes de estudios, restringir asignaturas o imponer contenidos; y las universidades han recortado programas, fusionado departamentos y despedido a profesores de humanidades –un ámbito fundamental del pensamiento crítico y creativo–. Hay que restablecer la gobernanza compartida como requisito previo para proteger la libertad de expresión y la auténtica libertad académica.


Alan Wald, catedrático emérito H. Chandler Davis de la Universidad de Míchigan, es historiador de la izquierda cultural estadounidense del siglo XX. Habla de los paralelismos con la política universitaria de la época de la Guerra Fría, del sionismo y de cómo los debates sobre el significado del antisemitismo dan forma a las protestas en los campus.

 

[Traducción: Viento Sur - reproducido en www.vientosur.info]

terça-feira, 25 de agosto de 2026

Antisemitismo y poder imperial en América Latina

La lucha contra el antisemitismo se ha convertido en un terreno de disputa política global. De la mano del gobierno de Javier Milei y de algunos de los empresarios más poderosos de la Argentina, avanza por América Latina una definición de antisemitismo que busca equiparar las críticas al Estado de Israel y al sionismo con expresiones de odio antijudío, con graves consecuencias para la solidaridad con Palestina y la libertad de expresión.

Marcelo Mindlin asume la presidencia de la Alianza Internacional para la Memoria del Holocausto (IHRA), desde donde el gobierno argentino busca extender por América Latina su definición de antisemitismo.

Escrito por Fenia Chertkoff 

Pido a los lectores que se detengan unos minutos a observar la imagen que se encuentra arriba de este texto. Es muy probable que ninguno de los rostros de las personas allí presentes les resulte familiar. Se puede apreciar que el evento tuvo lugar en Argentina por dos datos inequívocos: la bandera celeste y blanca y el retrato del libertador José de San Martín. Ahora bien, ¿qué relación existe entre esos objetos y las personas allí sentadas? Si nos dejamos llevar por las apariencias diríamos que se trata de un acto institucional rutinario de un país soberano. ¿Pero qué tal si esta imagen reflejara todo lo contrario? ¿Qué tal si esa bandera y ese libertador fueran el atrezzo, los elementos de utilería empleados por un poder que ahora mismo actúa bajo la sombra en todo el continente americano?

Vuelvan a mirar la imagen y ahora permítanme contar una historia.

La foto proviene de un vídeo que puede verse por YouTube y capta el encuentro que tuvo lugar durante el mes de marzo en el Palacio San Martín de la ciudad de Buenos Aires. En el centro de la escena se observa a un hombre que lee un texto, no sabemos si escrito por él o por alguien más.

Se trata del empresario argentino Marcelo Mindlin, que en su discurso agradece su designación como nuevo chair de la Alianza Internacional por la Memoria del Holocausto (IRHA). Esta entidad intergubernamental fue fundada en el año 1998 por el expresidente de Suecia Göran Persson, una figura clave a la hora de acercar a su país al Estado de Israel.

Según destaca su mismo fundador, esta entidad nació por la necesidad de llevar a cabo una lucha internacional contra el antisemitismo y recordarle a las nuevas generaciones los horrores del holocausto.

Reino Unido y Estados Unidos fueron los socios más entusiastas de esta iniciativa y durante los últimos años se han sumado 35 países de todo el mundo, la mayoría de Europa occidental. Si bien el único país latinoamericano en adherir a este proyecto ha sido la República Argentina, la tarea encomendada a Mindlin, gracias a un acuerdo sellado en Jerusalén, es la de «construir un puente entre la IRHA y nuestra vasta región latinoamericana», bajo el lema «expandiendo las fronteras de la memoria».

Pero basta hurgar un poco en la información disponible para comprobar que los objetivos son más ambiciosos, puesto que «esta presidencia busca abrir nuevas conversaciones y escenarios para que la concientización sobre la memoria por el Holocausto sea la más global posible. Pretendemos iluminar tanto a nuestra región como a las diferentes naciones del sur global».

Por qué una de las prioridades de la región latinoamericana debería ser la lucha contra el antisemitismo es algo que ni el mismo Mindlin puede explicar en su discurso. Mediante una curiosa voltereta retórica aclara que las naciones latinoamericanas «no han tenido una relación directa con la Solución Final» pero aun así tienen el «deber» de «hacer su contribución a la construcción de memorias locales que incorporen aquella tragedia en una fuente de enseñanza para mejorar nuestras sociedades».

Quizá esto explique por qué, a pocos días del evento que tuvo lugar en la ciudad de Buenos Aires, el presidente de Ecuador, Daniel Noboa, mientras indígenas y campesinos son masacrados y reprimidos por protestar contra el gobierno, firmaba un acuerdo con la embajadora del Estado de Israel para incorporar la enseñanza de la memoria del Holocausto en el sistema educativo ecuatoriano.

Según el singular concepto de la «memoria» que aplican actualmente los países gobernados por la extrema derecha regional, la prioridad es mantener vivo el relato admonitorio del holocausto nazi mientras hacen todo lo posible por borrar el recuerdo de las múltiples violaciones de derechos humanos, masacres y tropelías cometidas contra los pueblos de nuestras naciones por parte de esas mismas oligarquías.

Pero volvamos a la imagen. A la derecha de Mindlin se encuentra el chair saliente, a quien aquel identifica como su «amigo» Dani Dayan, empresario israelí y uno de los principales promotores de los asentamientos ilegales en territorio palestino. A la derecha de Dayan, a su vez, se encuentra el ministro de Relaciones Exteriores de la Argentina, Pablo Quirno, descrito por Mindlin como viejo conocido de los tiempos en que él arrancaba como empresario y Quirno se consolidaba como banquero de J.P. Morgan.

La única mujer que aparece en la imagen es la alemana Michaela Küchler, secretaria general de IRHA, a quien Mindlin saluda protocolariamente tras agradecer al sector judicial de la
República Argentina por su apoyo constante para combatir el antisemitismo en el país.

A estas alturas los lectores podrán preguntarse por qué un empresario como Marcelo Mindlin asume la dirección de una entidad intergubernamental como IRHA. Más aún, también podrán preguntarse qué papel tiene esta institución en el mundo y por qué Argentina asume su liderazgo.

Marcelo Mindlin, además de ser el actual chair de IRHA, está vinculado a oscuras maniobras para obtener cuantiosas ganancias con la privatización de los Servicios Eléctricos del Gran Buenos Aires (SEGBA) -actual EDENOR- y con la instalación del cancerígeno PVC en los hogares de muchos argentinos. Pero, por sobre todas las cosas, Mindlin es la mano derecha de uno de los dueños de la Argentina: el empresario Eduardo Elsztain.

La relación entre ambos se consolidó después de una peculiar maniobra financiera que, apoyada en una importante inversión de capital extranjero, permitió que Elsztain se hiciera con una participación decisiva en el Banco Hipotecario Nacional (BH), entidad bancaria que ofrecía créditos para la vivienda y la producción agropecuaria y disponía de información estratégica sobre la propiedad inmobiliaria del país. Tras esa audaz operación, Elsztain se convirtió en un exitoso tiburón inmobiliario de la Capital Federal, dueño de casi un millón de hectáreas en todo el país y empresario del rubro financiero, tecnológico y agroindustrial a escala global. En el año 2009, Elsztain fue elegido presidente del governing board del Congreso Judío Mundial (CJM), una entidad fundada en Suiza, con sede principal en el estado de Nueva York y sucursales en diferentes lugares del mundo, entre ellos Buenos Aires.

Entre las prioridades del CJM cabe resaltar su respaldo al Estado de Israel y su combate a la «amenaza iraní», descrita en esos términos tras los dos tristemente célebres atentados a la comunidad judía en Argentina en los años 90, a pesar de que, hasta el día de hoy, no se ha podido determinar que Irán haya sido el autor intelectual o material de dichos atentados y a pesar de los esfuerzos de Cristina Fernández de Kirchner por esclarecer judicialmente estos sucesos, cosa que, como es sabido, le ha costado un persecución política sin precedentes por parte de ese mismo poder judicial al que Mindlin agradece sus diligencias en su lucha contra el antisemitismo.

El CJM no solo aglutina a un grupo de millonarios promotores de los asentamientos del Estado de Israel en Cisjordania, sino que se presenta como «brazo diplomático del pueblo judío». Su principal hazaña cultural, además de un llamativo interés por el mundo del arte contemporáneo, consistió en lograr la suspensión de una resolución de la Asamblea General de la ONU, donde se sostenía que el sionismo era una forma de racismo y discriminación racial equiparable al apartheid sudafricano.

Tras desvincular al sionismo de cualquier identificación con el supremacismo, este Congreso Judío Mundial no ha dejado de presentarse, junto a IRHA, como una plataforma de lucha contra el antisemitismo a nivel mundial.

Pero Elsztain no solo hace lobby a escala global en el CJM sino también a nivel local. A través de su holding IRSA, instaló en Buenos Aires la red blockchain más grande de toda América Latina acordada con Ethereum.

Y un dato no menor, también decidió hospedar en su hotel Libertador, otra de las tantas empresas de su propiedad, a uno de los mayores estafadores de criptomonedas de la Argentina, Javier Milei, durante su campaña presidencial en el año 2023. Asimismo, se rumorea que la conversión de Milei al judaísmo y su acercamiento a la rama ultra-ortodoxa Jabad-Lubavitch fueron iniciativas del mismo Elsztain.

Repasemos entonces la trama. La Alianza para la Memoria del Holocausto ha considerado a la Argentina gobernada por Javier Milei como el país idóneo para impulsar la lucha contra el antisemitismo a nivel regional y mundial. Y el presidente Milei, por su parte, no ha dudado en poner a la dupla empresarial Elsztain-Mindlin a la cabeza de esta organización intergubernamental.

Pero lo más grave a resaltar es que, tras la exacerbación del genocidio en curso contra el pueblo palestino, diferentes países miembros de IRHA han tomado la decisión de incorporar en sus respectivas legislaciones la definición de antisemitismo elaborada por la entidad.

En la actualidad, y bajo la excusa de una aumento acelerado de antisemitismo a escala global, dicha definición está siendo aplicada en países como Reino Unido o Estados Unidos para desarticular la capacidad crítica de la academia, despedir profesores, expulsar estudiantes, arrestar activistas pro-Palestina y perseguir discursos socialistas, feministas o antirracistas.

Francia e Italia, por su parte, vienen discutiendo diferentes proyectos de ley para incluir la definición. En marzo de 2026, el senado de Italia aprobó el proyecto contemplando penas de 2 a 6 años de cárcel por discursos antisemitas, ofreciendo cursos de formación para docentes y estudiantes en las escuelas. En abril de 2026, Francia ha comenzado a debatir el proyecto con la finalidad de identificar al antisemitismo con el terrorismo.

En Argentina, tres diputados de izquierda han sido acusados de antisemitismo y uno de ellos, Vanina Biasi, acaba de ser imputada por el juez Daniel Rafecas. Por eso no es de extrañar que Mindlin resalte en su discurso que el gran acierto ha sido «la adopción de parte del Estado argentino y de los organismos del poder judicial (…) de la definición de IRHA. Se trata de una herramienta crucial para combatir el antisemitismo y que nuestro país puede mostrar con orgullo el éxito de su implementación tanto en causas judiciales como acciones políticas».

Algún lector desprevenido, o al menos dispuesto a creer en las buenas intenciones de empresarios vinculados al proyecto libertario, podría pensar que no habría nada de malo en hacer todo lo posible para evitar que el antisemitismo vuelva a instalarse en nuestras sociedades. Pero las cosas se complican cuando prestamos atención a la letra chica de su definición.

Según IRHA: «El antisemitismo es una cierta percepción de los judíos que puede expresarse como el odio a los judíos. Las manifestaciones físicas y retóricas del antisemitismo se dirigen a las personas judías o no judías y/o a sus bienes, a las instituciones de las comunidades judías y a sus lugares de culto». No hace falta un agudo ejercicio de comprensión lectora para darnos cuenta de que la acusación de antisemitismo empleada por muchos países para perseguir, imputar e incluso encarcelar personas depende de la «percepción» que cualquier individuo, judío o no, pueda tener.

Más aún, esta definición de antisemitismo no solo expresaría una discriminación hacia las personas sino también hacia sus «propiedades», «instituciones» y «lugares de culto». Esto abre las puertas a que cualquier crítica hacia el accionar del Estado de Israel o entidades financieras que lo secundan pueda ser tildada de antisemita.

Y si a eso le sumamos que son los ricos del mundo, millonarios fascistas y libertarios de ultra derecha -en complicidad con un presidente que tiene por costumbre humillar mujeres, discapacitados, jubilados y sectores populares-, quienes tienen el control de la nueva semántica para combatir el antisemitismo, qué duda cabe de que esta definición no ha sido pensada para combatir el odio sino justamente para exacerbarlo y ponerle un bozal a cualquier persona que se atreva a denunciar los intereses de estos paladines de la noble causa contra el antisemitismo.

Ahora bien, ¿sobre la base de qué certezas se nos advierte de un avance descontrolado del antisemitismo en el mundo? ¿No resulta sospechoso que este supuesto peligro sea denunciado por las mismos empresarios y políticos que autorizan el genocidio en Gaza y destruyen las economías en los países del sur global? ¿Desde cuándo la lucha contra la supuesta aniquilación de un pueblo ha sido liderada por los megarricos del planeta?

Para nadie es un secreto que las clases dominantes que un siglo atrás alentaron el auge del fascismo antisemita son las mismas que hoy dicen combatirlo, escudándose en la retórica de los valores del mundo libre. Si rascamos en la superficie de estos valores solo encontramos a un puñado de millonarios aferrados a la rentabilidad de la economía fósil, la usura financiera y la expansión de la guerra por todo el planeta. Crean a toda velocidad esta farsa de antisemitismo con la única finalidad de confundir y atemorizar a la inteligencia popular, esa forma de la sabiduría que sabe llamar las cosas por su nombre.

Por tanto, si nos atenemos a la definición de IRHA, según la cual «el antisemitismo es una cierta percepción de los judíos que puede expresarse como el odio a los judíos», denunciar el genocidio en Palestina, que se ha cobrado la vida de decenas de miles de seres humanos, sería un acto antisemita; trazar con rigor y evidenciar los vínculos entre el Estado de Israel, el narcotráfico y el triunfo de la ultraderecha regional sería entonces un acto antisemita.

Y si nos atenemos a la definición de IRHA, según la cual las percepciones «físicas y retóricas del antisemitismo se dirigen a las personas judías o no judías y/o a sus bienes, a las instituciones de las comunidades judías y a sus lugares de culto», exigirle al Estado de Israel, Reino Unido y Estados Unidos que dejen de usar el agua, el petróleo y otros recursos naturales del continente americano como un botín de guerra sería también un acto antisemita; y, por último, sostener que han convertido al Estado de Israel en la punta de lanza del viejo proyecto europeo de dominación supremacista imperial, ese mismo proyecto que un siglo atrás permitió el genocidio judío, sería también un acto de antisemitismo.

Esta guerra por los nombres ha convertido a la Argentina en un laboratorio social de claro signo distópico que deberíamos tratar de comprender con todos los instrumentos críticos y científicos a nuestra disposición y, como parte esencial del proyecto, ha designado al país suramericano la tarea de expandir el sionismo semántico por todo el continente.

Todo indica que las extravagancias de Javier Milei, que tanto espacio ocupan en los medios, desvían la atención para que no se discutan las maquinaciones de un poder mucho más opaco, empeñado en materializar las nuevas y brutales formas del colonialismo del siglo XXI.

 

[Fuente: www.jacobinlat.com]



domingo, 23 de agosto de 2026

La sentenza del tribunale tedesco sul paragone tra Israele e il nazismo è un passo nella giusta direzione

La sentenza sottolinea il fatto che gli impegni politici– per quanto profondamente radicati – non devono calpestare i diritti fondamentali

Dal fiume al mare niente industrie di guerra è la dicitura del cartello esibito in una manifestazione a Berlino l'11 luglio 2026.

di Marla Karnabach

Middle East Eye

Questo mese un tribunale tedesco ha stabilito che paragonare Israele alla Germania nazista è un’espressione giuridicamente tutelata, evidenziando un crescente conflitto tra le tutele costituzionali e l’impegno politico di Berlino verso Tel Aviv.

Il tribunale regionale ha assolto una donna incriminata da un tribunale di prima istanza per dei post sui social media che paragonavano la condotta di Israele a Gaza ai metodi del regime nazista.

Negli ultimi anni il sostegno della Germania a Israele ha sempre più marcato la condotta della polizia, le decisioni amministrative e i procedimenti penali.

Dopo il 7 ottobre 2023 la Germania ha messo al bando Hamas e Samidoun, un gruppo di difesa palestinese, al tempo stesso utilizzando sempre più le leggi originariamente destinate ad impedire una rinascita nazista per reprimere le critiche ad Israele.

La recente sentenza del tribunale, che ha riconosciuto che l’utilizzo da parte della donna dell’immaginario nazista nel contesto della condotta di Israele a Gaza costituiva un’espressione politica tutelata, ha rigettato la nozione prevalente nell’ambito delle cerchie tedesche secondo cui simili analogie sono per loro natura intrinsecamente criminali.

Tenendo conto della perdurante discussione riguardo al fatto che Israele sta commettendo un genocidio, insieme ai mandati della Corte Penale Internazionale contro i principali politici israeliani e ai casi pendenti contro Israele e la Germania presso la Corte Internazionale di Giustizia, il governo tedesco è ben lungi dal conseguire il consenso dell’opinione pubblica.

Anche prima dei fatti del 7 ottobre 2023 e della guerra che ne è seguita, più di un terzo dei tedeschi intervistati hanno affermato di ritenere che ciò che Israele stava compiendo contro il popolo palestinese era “in linea di principio la stessa cosa che i nazisti del terzo Reich fecero agli ebrei”.

Da allora l’opinione pubblica si è ulteriormente inasprita, con oltre il 60% di tedeschi attualmente a favore di sanzioni europee contro Israele.

Riflessione morale

I paragoni tra Israele e la Germania nazista hanno fatto parte di dibattiti accademici, filosofici e giuridici fin dalla nascita dello Stato di Israele, fondato nel 1948 attraverso il brutale sterminio e la pulizia etnica della popolazione indigena palestinese.

Questi paragoni sono comparsi per lungo tempo nei dibattiti sulla memoria, identità e riflessione morale di palestinesi, israeliani e tedeschi. I termini Shoah e Nakba significano entrambi “catastrofe”, e studiosi come Amos Goldberg e Bashir Bashir li hanno analizzati come traumi nazionali interconnessi.

Hanno sollevato problemi di responsabilità storica e colpe inerenti, specialmente per quanto riguarda il come la memoria di una catastrofe modelli l’interpretazione dell’altra.

L’interconnessione è rintracciabile anche nel discorso tedesco contemporaneo sulla memoria ebraica: nel 2023 Masha Gessen ha paragonato Gaza ai ghetti ebrei sotto occupazione nazista, scatenando polemiche intorno al Premio Hannah Arendt.

La polemica rivela una particolare richiesta all’autorità su come possa essere invocata la memoria ebraica e su come la sofferenza palestinese possa esserle paragonata.

Durante la prima Intifada alcuni soldati israeliani hanno raccontato di essersi identificati con i nazisti quando erano testimoni della persecuzione dei palestinesi e uno di loro ha rivelato in uno studio sulla rivolta del 1987-93: “Mi sono sentito come…come… come un nazista…sembrava esattamente come se in realtà noi fossimo i nazisti e loro fossero gli ebrei”.

Eppure negli ultimi dieci anni l’impegno della Germania verso la sicurezza di Israele è passato dall’essere un principio di politica estera al costituire un più ampio modello che informa la politica interna.

Anche se questa “ragion di stato” non ha valore giuridico indipendente, ha influenzato sempre più le decisioni di ministeri, università, municipalità e forze dell’ordine. Tuttavia la recente sentenza della corte chiarisce che tali impegni non possono sostituire le regole costituzionali nel determinare la legittimità del discorso politico.

I governi possono perseguire particolari obbiettivi di politica estera, ma i tribunali sono vincolati ai principi costituzionali piuttosto che alle propensioni dell’esecutivo. La decisione quindi respinge implicitamente i tentativi di trasformare la “ragion di stato” della Germania in un concetto quasi-costituzionale in grado di porre limiti al discorso politico.

In tal modo riafferma l’autonomia della legge costituzionale contro la crescente influenza della dottrina politica.

Più ampia trasformazione

Ricordando il passato nazista della Germania e il ruolo che i parlamentari e il sistema giudiziario hanno ricoperto nel supportare la persecuzione e la tortura delle minoranze, oggi i giudici hanno un obbligo morale di astenersi dal considerare l’ideologia del governo una giustificazione per reprimere le opinioni di opposizione – soprattutto alla luce dell’appoggio di Berlino ad un Israele che sta compiendo una pulizia etnica in Palestina e sud del Libano.

Il caso di libertà di espressione riflette una più ampia trasformazione nella Germania contemporanea. I processi penali relativi alla Palestina sono progressivamente diventati battaglie simboliche circa l’identità nazionale e la memoria storica.

Tali dibattiti sono raramente limitati a dettagli di un singolo slogan o immagine, fungendo invece da meccanismo attraverso cui lo Stato cerca di riprodurre una particolare interpretazione della responsabilità post-bellica della Germania. Da questo punto di vista l’aula di tribunale diventa un luogo in cui vengono discusse differenti interpretazioni della storia, della democrazia e della legittimità dello Stato.

La recente sentenza non stabilisce un diritto incondizionato per i dissidenti a paragonare Israele alla Germania nazista, né smantella le leggi tedesche contro la negazione dell’Olocausto o la sua istigazione. Piuttosto, ribadisce che il diritto penale non può diventare uno strumento per imporre il consenso politico.

I diritti costituzionali esistono proprio per tutelare l’espressione politica, soprattutto laddove gli interessi governativi favoriscono la sua limitazione.

Resta incerto se la sentenza segnerà l’inizio di un più ampio mutamento. I tribunali tedeschi continuano ad emettere sentenze contraddittorie sul discorso relativo alla Palestina, lasciando attivisti, giornalisti e studiosi nell’incertezza sui limiti dell’espressione legittima.

Le leggi anti-terrorismo vengono inasprite, gli attivisti vengono processati per adesione ad un’organizzazione criminale e le sentenze dei tribunali sono ancora poco chiare sul fatto che lo slogan “dal fiume al mare” sia legalmente vietato.

Ma considerando la storia della Germania di complicità giudiziaria nel legittimare la persecuzione statale, i giudici hanno una particolare responsabilità costituzionale nel garantire che gli impegni politici, per quanto profondamente radicati, non calpestino i diritti fondamentali.


Marla Karnabach è una ricercatrice socio-giuridica che si occupa di giustizia penale internazionale, diritti umani e sudovest asiatico. Vive a Berlino, ha una laurea magistrale in giustizia penale internazionale e una laurea in giurisprudenza e attualmente frequenta un dottorato di ricerca all’università di Potsdam.

[Traduzione dall’inglese di Cristiana Cavagna - foto: Tobias Schwarz/AFP - riprodotto su zeitun.info]

sexta-feira, 17 de julho de 2026

Los académicos que estudian el genocidio transitan un campo minado

Desde el 7 de octubre de 2023, las instituciones académicas vienen ejerciendo presiones abiertas y encubiertas para desalentar a los estudiosos del Holocausto y del genocidio de criticar las acciones de Israel en Gaza. Aun así, muchos académicos están organizando nuevas redes para defender la libertad de investigación.

Manifestantes propalestinos marchan desde la Universidad de Columbia hasta el City College de Nueva York (CUNY, por sus siglas en inglés) el jueves 30 de abril de 2026, en el segundo aniversario de la ocupación del Hamilton Hall en Columbia. Los manifestantes sostienen un cartel que dice «CUNY por Palestina».



Escrito por Grant Morgan

Traducción: Pedro Perucca 

Desde el ataque de Hamás a Israel el 7 de octubre de 2023 y la consiguiente guerra de Israel contra Gaza, pocos campos académicos estadounidenses han experimentado una convulsión interna mayor que los especializados en estudios del Holocausto y el genocidio. Académicos que en su momento compartían un amplio consenso institucional se encuentran ahora divididos sobre si Gaza constituye un genocidio, si el antisemitismo y la memoria del Holocausto están siendo instrumentalizados políticamente, y si puede decirse que las universidades aún permiten el debate abierto sobre cuestiones críticas y controvertidas.

Efectos amplios y a menudo sutiles han comenzado a transformar estructuralmente la manera en que se procesan y legitiman la investigación, el compromiso intelectual y el debate dentro de estos campos. Los empleos son cada vez más precarios, el financiamiento para la investigación es más difícil de obtener, y los académicos enfrentan una microgestión y un hostigamiento provenientes tanto de fuerzas internas como externas. Estas tendencias más amplias se entrelazan con el clima político para crear una atmósfera de aprensión especialmente densa en los estudios del Holocausto y el genocidio.

En un esfuerzo por comprender cómo estos campos están atravesando la coyuntura actual, Jacobin conversó con un conjunto diverso de académicos y expertos. A pesar de las presiones crecientes, encontré que muchos de ellos son optimistas. Han surgido nuevas organizaciones dedicadas al debate y la libertad académica, así como nuevas conversaciones y paradigmas que hace años habrían sido considerados irreales o problemáticos. El momento actual es ciertamente grave, pero también ofrece destellos de potencial para quienes estén dispuestos a mirar más allá de los titulares sensacionalistas.

El gran enfriamiento

En el entorno actual de controversia en torno a Gaza e Israel, muchos han observado un efecto de disuasión, en el que cualquier desviación de un apoyo irrestricto a Israel es recibida con reprobación y censura oficial. Desde 2023, grupos proisraelíes han expuesto públicamente de manera rutinaria los datos personales de profesores y estudiantes. Profesores fueron sido despedidos, suspendidos o degradados por declaraciones u obras. Ponentes fueron cancelados o duramente criticados por sus acciones durante discursos de graduación o eventos relacionados con cursos. La Fundación para los Derechos Individuales y la Expresión (FIRE) incluso encontró que en el año posterior al 7 de octubre, «estudiantes, profesores e invitados enfrentaron represalias prácticamente cada día» por expresiones políticas relacionadas con la controversia. Si bien un puñado de casos involucraron discurso pro-Israel, la aplastante mayoría tuvo como objetivo el discurso pro-Palestina.

Este fenómeno ha sido ampliamente documentado. Lo que no se ha abordado de manera adecuada es cómo este efecto de disuasión ha evolucionado en los años transcurridos desde los ataques del 7 de octubre de 2023. Desde los primeros días de cancelaciones y despidos de alto perfil, la represión se ha vuelto más sutil, aplicada a través de los diversos obstáculos y trámites institucionales internos que caracterizan a la academia contemporánea.

El financiamiento de la investigación y la capacidad de publicar ensayos, capítulos y libros completos son extremadamente importantes para la seguridad profesional. Los cargos de carrera académica con posibilidad de titularidad vienen con este tipo de condiciones y a menudo requieren que los profesores realicen investigaciones originales que amplíen el conocimiento en su campo. Cumplir con estos requisitos no es algo que un académico pueda hacer en el vacío, ya que siempre hay muchos actores involucrados, desde administradores hasta editores, pasando por juntas y comités.

Estas onerosas áreas de procedimiento crean un entorno propicio para la represión silenciosa a nivel granular. Sandra Babcock, profesora de derechos humanos internacionales en la Universidad de Cornell, recordó haber tenido que superar varios obstáculos para una entrevista en vivo relacionada con un informe sobre el apartheid en Israel. Antes de la entrevista, fue instruida para que dejara en claro que sus opiniones no estaban vinculadas a Cornell. Luego la universidad le prohibió usar el tradicional fondo digital que muestra una vista aérea del campus, dijo Babcock, que aparece en prácticamente todos los videos filmados en el estudio. El director del estudio, señaló: «Tuvo que fotografiar su propio apartamento porque no tenía ningún otro fondo porque esto nunca había ocurrido antes (…). Tuvimos que usar fotos de las persianas venecianas de su apartamento».

Los trabajos relacionados con Palestina, Israel o áreas afines implican una posibilidad singular de represalias o presiones, lo que lleva a los académicos a evitarlos por completo cuando no son centrales en su área de especialización. En conversación con Jacobin, muchos académicos describieron haber tenido que cubrir ciertos cursos porque el profesor a cargo dudaba de abordar temas controvertidos.

Las disputas políticas también hicieron que el panorama del financiamiento para la investigación sea notablemente más difícil de navegar. «Imagínense en el lugar de un académico joven que estudia genocidio comparado», dijo Eric Kurlander, profesor de historia y estudios judíos en la Universidad de Stetson. «Dicen: voy a analizar el Holocausto, el genocidio armenio y el genocidio en Camboya. Y de repente se encuentran con que hacer ese trabajo en determinada escuela o instituto de financiamiento significa que eres antisemita porque estás comparando el Holocausto con otros genocidios».

Kurlander agregó que estas acusaciones ahora incluso se han aplicado a simples afirmaciones de hechos o, como mínimo, a puntos de vista empíricamente defendibles dentro del debate académico. «Digamos que estudias Medio Oriente y estás dando conferencias sobre lo que Israel puede haber hecho que sea opresivo o colonialista [hacia los palestinos], ahora eso se ve como antisemitismo», dijo. «Entonces, en esos casos, ha habido problemas, a menudo de las administraciones universitarias, a veces de los programas de estudios judíos, que intentan mantener cierto tipo de narrativa».

Las preguntas de investigación, incluso las que están muy alejadas de las áreas de controversia pública, han enfrentado una presión creciente. Al mismo tiempo, los académicos se han visto obligados a adaptarse a las tendencias políticas —y a situaciones en las que las narrativas departamentales contradicen directamente su propia investigación—. ¿Querés obtener la titularidad? Asegurate de jugar según las reglas de tu departamento. ¿Querés tener más facilidad para encontrar financiamiento? Usá un lenguaje que eluda ciertas frases o ideas.

Hoy debe monitorearse de manera constante el debate y el uso de la terminología controvertida para solicitar financiamiento para franjas enteras de investigación y todo exige ahora mucha más cautela. Solo en 2025, la administración Trump retuvo miles de millones en fondos para diversas escuelas a las que se acusaba de tener problemas de antisemitismo en sus campus.

Varios de mis interlocutores encontraban que era cada vez más difícil realizar sus investigaciones, y aún más entrevistados expresaron su preocupación por el declive de los debates reales y honestos dentro de su campo. Respecto de las divisiones recientes, la profesora Debórah Dwork, historiadora del Holocausto y directora fundadora del Centro para el Estudio del Holocausto, el Genocidio y los Crímenes contra la Humanidad de la Universidad de la Ciudad de Nueva York, me dijo:

«El campo de la historia del Holocausto está dividido, con algunos de mis colegas negando que un genocidio haya ocurrido y esté ocurriendo en Gaza. Basan sus argumentos en la afirmación de que un Estado sucesor del Holocausto no podría en modo alguno ser el perpetrador. Y lo que encuentro notable es que es como si Auschwitz y la historia de Auschwitz operaran como una lente que distorsiona su visión. No es una lente que les ofrezca una visión matizada. Por el contrario: al aplicar la lente de Auschwitz, personas perfectamente racionales se vuelven irracionales sobre este tema.»

Varios de los expertos en el Holocausto con quienes hablé describieron una fricción creciente con colegas, narrativas departamentales y, especialmente, con instituciones vitales que han sido pilares de la investigación y el debate durante décadas. Entre las mencionadas estaban el Museo Memorial del Holocausto de los Estados Unidos en Washington DC, el Centro de Historia Judía en la ciudad de Nueva York y otros archivos y museos más pequeños.

Durante mucho tiempo, estas instituciones proporcionaron un apoyo fundamental a investigadores jóvenes y académicos consagrados, ayudándolos a examinar de manera crítica preguntas y preocupaciones dentro de sus campos. Pero hoy algunos especialistas comenzaron a adoptar posturas más críticas frente a lo que describen como un comportamiento institucional cada vez más hipócrita, acusando a estas organizaciones y a otras de no haber abordado de manera adecuada el genocidio en Gaza (e incluso formas anteriores de limpieza étnica y violencia ocurridas desde la Nakba).

La académica del genocidio Marianne Hirsch, profesora emérita de la Universidad de Columbia que ha suspendido su docencia como protesta por la adopción por parte de la universidad de una definición amplia de antisemitismo que incluye el discurso anti-Israel, planteó esta cuestión de manera bastante concisa. «Creo que todas estas instituciones básicamente nos han fallado porque están difundiendo muchas mentiras hipócritas», le dijo a Jacobin. «Hay mucha negación. Hay mucha falta de voluntad para mirar la realidad de lo que está ocurriendo sobre el terreno».

Estos desacuerdos con instituciones, departamentos y administradores universitarios han erosionado la confianza, generando una crisis de legitimidad. Los académicos enfatizaron que el antisemitismo estaba siendo instrumentalizado de manera rutinaria contra quienes criticaban a Israel, especialmente contra profesores que se alinean con la izquierda. Muchos expresaron su sorpresa ante la disposición a condenar como antisemitas incluso a profesores judíos.

Las personas con quienes hablé describieron que la represión impacta directamente en los departamentos y su producción. La presión creciente tanto del gobierno como de grupos privados llevó a las universidades a restringir y regular sus planes de estudio. Términos y temas controvertidos, como la Nakba o la guerra en Gaza, pasaron a ser cuestiones de política universitaria y de repente se volvieron inadecuados para la enseñanza debido a su capacidad para generar protestas y represalias. Lo más importante es que los fondos y subsidios federales fueron suspendidos y amenazados como forma de censura suave (a veces no tan suave).

A medida que esta nueva realidad se afianzó, muchas clínicas y cursos fundamentales han sufrido al ver limitado su ámbito de trabajo y vigiladas sus actividades. Las salvaguardas institucionales centrales han recibido golpes serios, incluyendo los cargos de carrera con posibilidad de titularidad, las protecciones a la libertad de expresión, las protecciones contra el acoso y el acceso al financiamiento. Si las tendencias actuales continúan, la presión política y los incentivos institucionales amenazan con remodelar gradualmente las agendas de investigación a medida que las nuevas generaciones compiten por financiamiento, seguridad laboral y seguridad personal en un mundo posterior al 7 de octubre.

La Red de Crisis de Estudios del Genocidio y el Holocausto

Lo que más me sorprendió al explorar el terreno de estas disciplinas fue el optimismo que mantenían todas las personas con quienes hablé, a pesar de las numerosas razones existentes para la desmoralización. En lugar de ceder, una sólida mayoría incluso ha creado y participado en organizaciones dedicadas a fortalecer la libertad de expresión, a proteger a los académicos y a preservar la legitimidad institucional. La más importante de las que encontré fue la Red de Crisis de Estudios del Genocidio y el Holocausto (GHSCN, por sus siglas en inglés), integrada por cientos de académicos que intentan salvar a sus campos de la represión y la degradación estructural.

La red ha redactado y firmado cartas que cuestionan las prácticas universitarias que consideran perjudiciales para la expresión académica y la investigación. Una preocupación central pasa por la adopción creciente de la definición de antisemitismo de la Alianza Internacional de Memoria del Holocausto (IHRA), que equipara el antisemitismo con la crítica a Israel (la misma definición que la profesora Hirsch cuestionó en Columbia).

«Escribimos una carta que fue firmada por algo así como 1.200 académicos de estudios del Holocausto y el genocidio», le dijo a Jacobin Brett Ashley Kaplan, de la Universidad de Illinois, «que decía que esta definición tiene un efecto de disuasión sobre la libertad de expresión y que las personas deberían poder expresarse libremente».

La red también se ocupa de las difíciles preguntas académicas y morales que enfrentan actualmente estos campos. Especialmente dentro de los estudios del Holocausto, dos profesores con quienes hablé destacaron la creciente necesidad de reconciliar los horrores del Holocausto con la realidad de que los oprimidos pueden convertirse en opresores y con el hecho de que esto justifica un mayor grado de discusión en torno a la memoria del Holocausto y lo que significa el «Nunca Más» en el contexto de Gaza.

Otros destacaron la instrumentalización no solo del antisemitismo en términos generales sino también de la memoria específica del Holocausto. Enfatizaron la necesidad de recordar los horrores y las lecciones del Holocausto sin justificar ni trivializar la violencia etnonacionalista, la limpieza étnica y el genocidio contemporáneos. Lo más importante dentro de estas críticas fue un llamado creciente a ver el lugar del Holocausto en la historia de manera diferente, como una historia que no trata solo sobre un episodio particular sino sobre la trayectoria última de corrientes políticas que mantienen su influencia hoy. Dwork describió estas críticas en curso de manera bastante concisa, diciéndole a Jacobin:

«Hay otros, demasiados otros, que ven el Holocausto como si se tratara únicamente del asesinato de los judíos de Europa. Y si fuera un evento único, ¿cuál sería el punto de estudiarlo? No sería relevante para nada, así que creo que ese es un argumento sin salida.»

Algunos académicos han comenzado a construir y defender nuevos paradigmas para sus departamentos. El profesor Barry Trachtenberg, de la Universidad Wake Forest, por ejemplo, me llamó la atención sobre la Red de Estudios Judíos Liberadores, compuesta por estudiantes y profesores que han comenzado a imaginar cómo puede ser el campo de los estudios judíos fuera del sionismo y otros paradigmas largamente establecidos.

Es importante destacar que, durante mis numerosas conversaciones, nadie describió los supuestos y orientaciones largamente dominantes dentro de los estudios del Holocausto y el genocidio como malvados, ni los describió en términos exagerados. En cambio, estos académicos alentaron la emergencia del debate y la apertura a otras áreas de pensamiento. Los términos no sionista, postsionista y antisionista surgieron con frecuencia, al igual que formas de pensar que reclaman atención a genocidios anteriores y sistemas de opresión que a menudo se malinterpretan o nunca se discuten en absoluto. Nuevas líneas de indagación, debate y enfoque están en desarrollo a medida que las redes disidentes intentan crear un sólido bastión institucional contra el declive democrático y la erosión de la legitimidad académica.

Todas las personas con quienes hablé señalaron el profundo efecto de disuasión, su impacto negativo en los colegas y los enormes obstáculos sistémicos que están surgiendo para los académicos más jóvenes dispuestos a desafiar la ortodoxia. Pero también expresaron una nota de esperanza sobre el futuro de este campo de estudios y las perspectivas para el debate abierto. Hablaron de proteger el derecho de todos los académicos, independientemente de su convicción política, a perseguir sus áreas de interés sin presión ni censura y de la creciente necesidad de estudiar preguntas espinosas sin temor a represalias. Su mensaje fue el de una resistencia democrática mediante el rigor académico y la libre indagación, ofreciendo una sugerencia optimista sobre cómo estos campos pueden sobrevivir y prosperar.

 

[Foto: Selcuk Acar / Anadolu via Getty Images - fuente: www.jacobinlat.com]