segunda-feira, 19 de outubro de 2026

La banalité du mal : réflexions sur le documentaire « NAZA »

 

Écrit par Yakov M. Rabkin 

La description qu’Hannah Arendt fait d’Eichmann comme incarnant « la banalité du mal », sous-titre de son ouvrage Eichmann à Jérusalem, a choqué de nombreuses personnes. Elle a par la suite été critiquée à la suite de la découverte des propos antisémites de son protagoniste, inconnus lors de son procès. Le nouveau film NAZA, qui documente les rouages internes du génocide de Gaza, remet le concept de la banalité du mal sur le devant de la scène. Sauf que cette fois-ci, nous disposons des témoignages d’une vingtaine d’auteurs de ces crimes qui, contrairement à Eichmann, ne comparaissent pas devant un tribunal mais partagent leur expérience pour la plupart de manière décontractée et détendue, certains avec fierté de leurs accomplissements, d’autres avec des remords. Ils donnent l’impression d’être des hommes et des femmes de la classe moyenne tout à fait normaux, accomplissant consciencieusement leur travail exigeant dans le domaine des hautes technologies. Ces Israéliens incarnent quelque chose de différent des nazis qui tentaient de cacher leurs crimes à leur propre peuple, craignant que celui-ci ne les soutienne pas. Ce nouveau film traite de la normalité du mal dans une société qui a largement accepté le génocide se déroulant à moins de quarante miles au sud de Tel-Aviv.

Les vingt-quatre auteurs de ces crimes interviewés dans le film appartiennent à des unités d’élite des services de renseignement qui exploitent la puissance de l’IA et de la surveillance totale pour détruire Gaza. « Nous ne sommes pas des “antisémites” », remarque l’un des interviewés. Pourtant, il estime avoir tué plus de femmes et d’enfants que le plus acharné des antisémites. Aussi odieux que soient les pogroms en cours en Cisjordanie contre les Palestiniens, perpétrés par des milices de colons sionistes sous le regard complaisant et avec l’aide occasionnelle de l’armée israélienne (IDF), l’ampleur du massacre de civils à Gaza est incomparablement plus grande.

Les auteurs de ces crimes sont issus des classes privilégiées de la Tel-Aviv huppée et fastueuse, qui sert de toile de fond visuelle à l’ensemble du film. Parmi les leitmotivs de ces témoignages figurent la disposition à obéir aux ordres et le plaisir de surmonter des défis techniques complexes (la « technodélice », selon la définition qu’en donnait feu Jean-Jacques Salomon). « C’était marrant (kef) », a admis l’un des auteurs.

NAZA est un acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux ». L’association avec le terme « nazi » n’est pas fortuite ; l’un des auteurs compare son expérience à celle des nazis qui se livraient, au début des années 1940, à un massacre industrialisé, bien que moins sophistiqué. Lorsqu’il a été emmené, comme beaucoup de jeunes Israéliens (et de Juifs d’ailleurs), visiter les camps d’extermination nazis, il s’est demandé comment ces nazis pouvaient reprendre une vie normale après avoir tué des milliers de personnes par jour. Aujourd’hui, admet-il, il le sait. Il retrouvait ses amis après une journée passée à tuer principalement des femmes et des enfants et profitait de sa soirée.

Au départ, ni les nazis ni les sionistes n’avaient l’intention de commettre un génocide. Dans leurs fantasmes nationalistes exclusivistes, les nationaux-socialistes allemands voulaient expulser les indésirables, pour redonner sa grandeur à une Allemagne « purifiée » et agrandie et, dans le cas des sionistes socialistes au pouvoir en 1948 et 1967, lorsque des expulsions massives ont eu lieu, pour transformer la Palestine en un « État juif ». Les uns comme les autres étaient animés par la soif de terres : les nazis voulaient des terres fertiles en Europe de l’Est « purifiées » de la plupart des Slaves et de tous les Juifs — tandis que critiques et personnalités politiques ont décrit la stratégie territoriale d’Israël comme la recherche d’« un maximum de territoire avec un minimum d’Arabes ».

Dès le début du XXe siècle, les pionniers sionistes ont mis fortement l’accent sur la formation d’un « nouvel homme hébreu », intrépide et vaillant, qui avait rompu avec le statut de victime du passé. Dans son éloge funèbre de Theodor Herzl en 1904, Vladimir Jabotinsky, qui a fondé et façonné le courant désormais dominant du sionisme, a défini ainsi cette nouvelle créature :

Notre point de départ consiste à prendre le Juif typique d’aujourd’hui et à imaginer son contraire diamétral… parce que le Juif est laid, maladif et dépourvu de décorum, nous doterons l’image idéale de l’Hébreu d’une beauté masculine. Le « Yid » est piétiné et facilement effrayé ; par conséquent, l’Hébreu doit être fier et indépendant.

Ce n’est que plus tard, confrontés à la résistance suscitée par le mouvement des colons, que les Israéliens ont endossé le rôle de victimes innocentes, contraintes de se défendre. Les visites des camps d’extermination nazis constituent des éléments essentiels des outils didactiques utilisés pour forger des combattants impitoyables. Pas étonnant que la plupart d’entre eux aient qualifié l’attaque contre le sud d’Israël en octobre 2023 de « plus grand massacre de Juifs depuis l’Holocauste ». La différence entre les civils juifs impuissants pris pour cible par les nazis et le puissant État juif qui avait expulsé et confiné les Palestiniens dans un camp de concentration à ciel ouvert à Gaza avait complètement disparu. Pour évoquer la violence qu’ils déchaînent, les Israéliens utilisent souvent l’expression «ein brera» («il n’y a pas le choix»), qui préserve l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et justifie leurs excès. C’est ainsi que le génocide s’est propagé de l’Europe à l’Asie occidentale.

Les protagonistes du film expliquent comment ils utilisent une technologie sophistiquée pour surveiller toutes les communications téléphoniques des Palestiniens. L’une des phrases que l’IA extrait de millions de conversations est : « Quand papa rentre-t-il à la maison ? » C’est ainsi que la décision est prise de détruire le domicile du suspect, ainsi que sa femme et ses enfants. Derrière leurs écrans d’ordinateur, ceux qui désignent ces cibles peuvent entendre plus tard les cris de ces enfants blessés qui, quelques minutes auparavant, attendaient leur père.

Israël, dont de nombreux responsables politiques prônent et mettent ouvertement en œuvre des politiques fascistes, est à juste titre fier d’être un leader mondial de l’innovation technologique, une « nation des start-ups ». Son avance qualitative sur ses voisins, garantie par la législation américaine, repose sur une coopération étroite avec le complexe militaro-industriel-numérique américain. Une législation à venir intégrera officiellement l’armée israélienne au sein de ce complexe. Contrairement à l’Ukraine, qui sert principalement de terrain d’essai pour Palantir et d’autres facilitateurs occidentaux de la guerre de haute technologie, les scientifiques et ingénieurs israéliens contribuent activement au développement de nouveaux systèmes tels que « Lavender », largement utilisés contre les Palestiniens. Tout cela s’inscrit dans le cadre plus large de l’écosystème du soutien financier, matériel et stratégique américain. Non seulement Washington, Berlin et Londres, mais même Belgrade maintiennent cette ligne de vie – ou plutôt cette ligne de mort – d’armement, de matériel et de services cloud à destination d’Israël. Ceux-ci lui permettent non seulement d’opprimer et de tuer des Palestiniens, mais aussi d’attaquer d’autres pays, en faisant, comme l’a candidement admis le chancelier allemand Merz, « le sale boulot pour nous tous ». Il ne fait guère de doute que Merz et ses homologues occidentaux étaient depuis longtemps au courant des méthodes que ce nouveau film dévoile au grand public.

De plus, l’expertise israélienne en matière de surveillance et de contrôle des populations est très demandée à travers le monde. Cela laisse présager des dangers pour la vie privée et la démocratie ailleurs. Les outils de surveillance totale pourraient tenter des dirigeants inquiets face à d’éventuels troubles sociaux, voire à des révolutions contre la polarisation économique croissante – et sans précédent. Des germes de fascisme ont été observés dans une bonne partie de l’Occident politique. Les opérations de l’ICE visant les immigrés sans papiers aux États-Unis ne sont peut-être qu’un début. Le besoin des classes dirigeantes de protéger leurs privilèges alimente la connivence avec Israël et contribue ainsi à l’impunité de ce pays.

De même, l’infiltration du Hezbollah à l’aide de téléavertisseurs piégés, qui a conduit au meurtre et à la mutilation de milliers de personnes au Liban et en Syrie en 2024, montre à quel point n’importe qui peut devenir vulnérable en utilisant des gadgets civils d’apparence inoffensive. (NAZA ne mentionne pas cet épisode macabre, qui fait l’objet d’un autre documentaire récent.) Les responsables israéliens se sont vantés que, pour eux, la scène, c’est le monde entier, et qu’ils en sont les principaux acteurs. D’un ton à la fois sinistre et fier, le Premier ministre Netanyahou a déclaré que chaque habitant de la planète porte un morceau d’Israël dans sa poche.

Le génocide nazi des Juifs, des Slaves et de nombreux autres peuples a choqué les Européens principalement parce que les victimes étaient leurs compatriotes européens. Leurs génocides en Afrique et dans les Amériques n’avaient suscité aucune répulsion comparable. Une autre cause importante de ce choc réside dans l’organisation rationnelle du génocide nazi. Les Israéliens à Gaza ont utilisé des technologies de pointe, notamment l’intelligence artificielle, pour porter le niveau d’organisation à des sommets sans précédent. Les spécialistes et les tireurs d’élite de l’armée israélienne (IDF) admettent s’être sentis comme des dieux capables de tuer des gens pratiquement à volonté. Les médias israéliens ont rapporté des cas de dépression chez des soldats de retour à la vie civile. Pour certains, la cause en était la perte du sentiment de toute-puissance. Ils avaient l’impression de ne plus être des dieux, mais de simples anonymes perdus dans la foule. D’autres vétérans de l’armée israélienne souffrent de dépression face à l’opprobre mondial, qu’ils ne parviennent pas à comprendre – convaincus d’être des victimes innocentes – et qu’ils attribuent à l’antisémitisme.

L’un des Israéliens interviewés dans le film était affecté à la branche politique, chargée d’utiliser les médias électroniques pour salir, discréditer et affaiblir les détracteurs d’Israël. (Après la sortie de *NAZA* en salles, les Israéliens ont rapidement produit un faux film au titre trompeur, *Naza : The Real Story. Full Film*, dans le but de détourner les spectateurs de l’original qui, contrairement au faux, n’est pour l’instant pas disponible en ligne.) Cette opération contribue à des mesures répressives visant même le soutien politique – sans parler du soutien matériel – aux Palestiniens dans plusieurs pays européens et aux États-Unis. La critique d’Israël est criminalisée sous le prétexte de l’antisémitisme. Des agents israéliens dans ces pays fournissent des données sur les cibles – très probablement collectées par les services de renseignement israéliens – à la police, aux employeurs et aux universités, qui s’empressent d’intimider, d’arrêter, d’expulser, de licencier et de renvoyer les détracteurs. Alors qu’Israël porte atteinte aux libertés fondamentales d’expression et de réunion dans la plupart des pays occidentaux, il est néanmoins en train de perdre la bataille de l’opinion publique.

Face au mécontentement croissant de l’opinion publique en Europe et aux États-Unis, Netanyahou promet de transformer Israël en une « super-Sparte » — une société fortement militarisée et autosuffisante, capable de se débrouiller seule face à un isolement international grandissant. Les responsables politiques et les experts militaires israéliens ont depuis longtemps conclu que la définition officielle d’Israël en tant qu’« État juif et démocratique » est déchirée par la tension entre ces deux composantes. Les valeurs démocratiques libérales — prétendument chères aux démocraties occidentales — doivent céder le pas à la suprématie juive. Par conséquent, la paix n’est rien de plus qu’une option politique temporaire pour Israël. Pour paraphraser von Clausewitz, la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens.

Les États sont inanimés, mais ils sont dirigés par des individus. Bien que le spectre psychologique et politique parmi les Israéliens soit vaste, le film NAZA illustre le succès saisissant de la création du « nouvel homme hébreu », libéré des contraintes morales de la tradition juive et de l’humanité tout court.

L’une des célèbres œuvres de Francisco Goya s’intitule « El sueño de la razón produce monstruos ». On l’interprète généralement comme signifiant « quand la raison s’endort, les monstres apparaissent ». Mais le mot espagnol « sueño » signifie également « rêve » ou « fantaisie ». L’État sioniste incarne la phrase « Wenn ihr wollt, ist es kein Märchen » (« Quand vous le voulez, ce n’est pas un conte de fées »), écrite par Herzl, le fondateur du sionisme politique, il y a plus d’un siècle. (Cela présente une ressemblance frappante avec le titre du chef-d’œuvre cinématographique nazi Triumph des Willens, ou Le Triomphe de la volonté.) Ce projet, qui semblait relever de la fantaisie et du conte de fées, s’est concrétisé grâce à une utilisation rationnelle des ressources politiques, financières et humaines. Les actions d’Israël montrent que la rationalité instrumentale — trait caractéristique de la modernité — peut aussi engendrer des monstres. De plus, ces monstres sont convaincus d’être normaux, tout comme la plupart des Israéliens qui les entourent. Cela fait d’Israël un grave danger pour la région, pour le monde et, bien sûr, pour lui-même. 

 

Yakov M. Rabkin est professeur émérite d’histoire à l’Université de Montréal. Il a publié plus de 300 articles et plusieurs ouvrages, notamment : Israël en Palestine, Le sionisme décrypté en 101 citations, La science entre les superpuissances, Une menace de l’intérieur : un siècle d’opposition juive au sionisme, Qu’est-ce que l’Israël moderne ?, Démodernisation : un avenir dans le passé et Judaïsme, islam et modernité. Il a exercé des missions de conseil, notamment pour l’OCDE, l’OTAN, l’UNESCO et la Banque mondiale. E-mail : yakov.rabkin@umontreal.ca. Site web : www.yakovrabkin.ca

 

[Source : Informed Comment - reproduit sur groupegaullistesceaux.fr]

Estudar galego nunha universidade alemá. O caso do Centro de Estudos Galegos de Kiel

 

Instalacións da Universidade de Kiel, en Alemaña. Imaxe: CAU

Escrito por María Xosé Porteiro

As estatísticas oficiais apuntan a que se fala galego nunha vintena de países: Arxentina, con 750.000 falantes, e con menor intensidade Alemaña, Austria, Brasil, Croacia, Cuba, Estados Unidos, Finlandia, Francia, Hungría, India, Irlanda, Italia, Polonia, Portugal, Reino Unido, Rusia, Suíza, Uruguai e resto do Estado español. Pódese estudar lingua e cultura galegas nos Centros de Estudos Galegos (CEG) en máis de corenta universidades estranxeiras onde se afonda no coñecemento da nosa cultura mediante investigacións e a súa difusión internacional. 

Os CEG dependen da Secretaría Xeral de Emigración da Xunta e traballan como departamentos dotados de lectorado especializado en filoloxía galega. Esta posibilidade favorece o coñecemento da nosa cultura e dá valor a súa referencia como lingua de prestixio, tanto desde a perspectiva histórica coma cultural. 

Neste sentido, é notable a oferta de cursos específicos e viaxes de estudo para coñecer o noso país como o organizado pola universidade de Kiel (Alemaña) onde existe desde hai 19 anos un Centro de Estudos Galegos adscrito ao Seminario de Linguas Románicas. Co seu director e recoñecido catedrático de lingüística románica, Elmar Eggert, acompañados polo Dr. Facundo Reyna-Muniain, un grupo de estudantes de galego visitou recentemente Galicia.

Elmar Eggert en Vigo 


Eggert é unha autoridade internacional no eido da lingüística como experto en linguas románicas: francés, español, portugués, e agora tamén galego. Falamos con el durante esta visita do alumnado de Kiel ao Museo do Mar de Vigo para afondar nas ligazóns literarias da cidade. O seu enclave histórico e paisaxístico dá título ao Capítulo VIII:  La baie de Vigo, da obra de Julio Verne, Vingt mille lieues sous les mers. No museo pode verse o artefacto ideado polo industrial vigués Antonio Sanjurjo Badía que inspirou o submariño citado na novela. Ese mesmo mar aparece no poemario De catro a catro, do poeta da Xeración do 27 Manoel Antonio, ou nas Cantigas de amigo na Idade Media.

Maria Xosé Porteiro: Como comezou a súa relación coas linguas románicas?

Elmar Eggert: En 1994 pasei un ano en Francia onde me examinei de Lettre moderne e desde aquela o francés é para min unha lingua moi querida e familiar, fermosa pola súa estética, na que me sinto moi cómodo. A fonética do francés é atractiva e aprendela na etapa da mocidade foi estimulante.

MXP: Logo dese primeiro e fondo contacto cunha lingua romance estudou outras.

EE: Si, e iso motivou a miña elección de ser lingüista. Non me dedico a ensinar gramática e facer traducións; a miña tarefa é dar a coñecer o funcionamento dunha lingua, o uso dos tempos verbais, historia, sociolingüística, pragmática e outros aspectos. Para que os alumnos poden chegar a ser profesores teñen que afondar nestes coñecementos.

 

MXP: A lingua diferencia ao ser humano de calquera outra especie animal. Tamén provoca un interese filosófico?

EE: Si, a antropoloxía lingüística está na base dunha lingua. Tamén a sintaxe, a gramática, o léxico ou a semántica. Pero para dominala hai que falala, practicala, coñecer a súa historia e as tradicións discursivas, practicar o seu uso, deterse nas tradicións e, con ese coñecemento, crear algo novo. Trátase de entender como funciona esa lingua, a relación entre o pensamento e a linguaxe, por que se escolle un determinado xeito para dicir algo dunha maneira e non doutra, saber si é un acto non reflexivo no que inciden criterios sociais, pragmáticos ou políticos... Hai moitos elementos que descifrar no complexo xeito co que funciona a linguaxe, ver como reaccionan os falantes con tantas variantes posibles e como se fai a escolla. É moi interesante achegarse un pouco máis á complexidade das linguas e á potencialidade que ofrecen.

MXP: O francés foi a súa primeira escolla, máis despois foron o portugués e o español. A que lle dá máis importancia, ao coñecemento teórico ou a práctica?

EE: Á combinación de ambas cousas. Explico o que é a lingua na práctica máis tamén nos textos de documentos históricos, nos vídeos, porque alén de rexistrar o funcionamento dun sistema, para o alumnado é importante saber por que funciona de determinado xeito e preguntarse sobre a realidade lingüística cun enfoque un pouco diferente onde a temática pode ir máis sobre a Historia. Na lingüística hai varias correntes como a gramática xenerativa. Outras apóianse en estruturas para deseñar árbores sintácticos, pero a linguaxe é sempre algo cultural, histórico, social. Non é unha maquinaria que funciona dunha determinada maneira pois sempre serán os falantes quen deciden como falar, que falar, por que facelo, e non podemos prescindir dese contexto.

Museo do mar de Vigo. Submarino que inspirou a Jules Verne


MXP: Semella que agora xa non sexa imprescindible aprender un idioma para andar polo mundo.

EE: É que unha cousa é falar e outra comunicarse. Trátase de lograr un entendemento onde a transición sexa algo máis. Sempre hai connotacións, aspectos da identidade e o respecto que supón coñecer os matices dun idioma. Ensinamos a amar, a facer nosa unha lingua sexa cal sexa o nivel que se teña. É un pacto de respecto, de intercambio, entre o falante e unha lingua.

MXP: Implica estar aberto a outras culturas, opinións, xeitos de vida, respecto da diversidade...?

EE: Implica amar ao outro de xeito diferente, pero primeiro hai que recoñecer o que non se coñece e querer saber por que algo é de determinada maneira, ter curiosidade, estar aberto, axudar ao alumnado a amar e descubrir outros mundos, facernos preguntas. É unha maneira científica de ver as cousas, non só como obxecto senón na práctica diaria. É estarmos atentos ao outro. Nesta viaxe cos estudantes reiterabámoslles que observasen como se usa a lingua na rúa porque non é inocente saber as razóns polas que se fai de determinada maneira

 

MXP: Profesor, véxoo coma un navegante.

EE: Interésame a Historia porque acompaña á hora de achegarnos a outra lingua, e coñecer os países é importante. Para o portugués fixen varios cursos e tiven unha beca para estudar en Lisboa cunha profesora como alumno único. Aprendín moito, fixemos excursións, coñecín mellor aquela cultura. Foi moi intenso e gustei moito desa lingua que me introduciu no mundo da lusofonía movéndome a estudar tamén a variedade brasileira.

MXP: E como chega ao galego?

EE: Foi unha transición desde o portugués a través do meu colega, Javier Gómez Montero, que fora director do Centro de Estudos Galegos de Kiel. Cando se xubilou preguntoume se sabendo eu portugués podería encargarme do estudo do galego. Aceptei coa condición de facer un achegamento máis fondo. Niso estou desde hai ano e medio, galeguizándome cada vez máis. A miña comunicación cos nosos profesores é en portugués, español, francés, e agora tamén en galego, pasando todo o tempo dunha lingua a outra. Xeralmente é difícil máis cando se fai habitual, non tanto. Eu non coñecía a totalidade da expansión do galego e resultoume moi útil a tese de Facundo Muniaín sobre a diáspora e a experiencia dos Centros Galegos que ofrecen estudos da lingua en Cuba, Arxentina, Holanda, Bélxica ou Australia.

Elmar Eggert e María Xosé Porteiro en Vigo


MXP: Que demanda hai na Universidade de Kiel para a aprendizaxe do galego?

EE: Os nosos estudantes teñen a obriga de aprender, alén do español, outra lingua románica como mínimo e facer estudos cando menos de dous cursos de Filoloxía Hispánica para chegar ao nivel 2 desa outra lingua. Para nós esa comparativa é moi importante. No primeiro ano, introdúcense nos estudos de Filoloxía Románica comparada para ver o conxunto deste ámbito cultural. Logo teñen que facer unha escolla na que o galego é unha opción. Tivemos de 15 a 20 alumnos nun primeiro curso de galego e queremos máis, pero iso require moita presencia, moita enerxía -sobre todo nos primeiros momentos-. Non podemos impoñelo pero si mostralo, participar en excursións coma esta... Por iso un Centro de Estudos Galegos é importante, pero precisa dun lectorado activo.

MXP: Que lle está a supoñer a experiencia que está a vivir coa lingua galega?

EE: Confirma a necesidade e a importancia de penetrar a fondo nunha cultura para coñecer ben a súa lingua: exactamente o que pretendíamos nesta viaxe porque non se sabe moito sobre Galicia na Alemaña. Coñécese o Camiño de Santiago, mais non se relaciona coa lingua nin co país.

 

[Imaxes da autora, agás onde se indica o contrario - fonte: www.praza.gal]

 




L’Alemanya d’avui a través del cinema

Del 22 al 24 d’octubre Barcelona acull el Cicle de Cinema Alemany Actual, en una edició més contemporània que mai.

Fotograma de Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße, film inaugural del Cicle de Cinema Alemany

Escrit per Txell Plana

Filosofia i Filologia Catalana

La 15a edició del Cicle de Cinema Alemany Actual torna a Barcelona de la mà del Goethe-Institut Barcelona per oferir els títols més interessants i innovadors del panorama cinematogràfic alemany actual amb una selecció centrada en pel·lícules que reflecteixen desenvolupaments culturals i socials contemporanis. El cicle s’organitza en col·laboració amb l’Institut français Barcelona i amb el suport de German Films i l’associació Amigos Goethe-Institut España.

La pel·lícula que inaugurarà el cicle d’enguany és Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße (2025) (L’heroi de l’estació de Friedrichstraße) de Wolfgang Becker, director d’èxits internacionals com Good Bye, Lenin! (2003). La història relatada ens situa trenta anys més tard de la caiguda del Mur de Berlín, quan un home de Berlín Est es troba inesperadament al centre de l’atenció pública per haver estat identificat per un periodista com l’heroi anònim que als vuitanta va permetre que 127 persones fugissin cap a l’Oest de la ciutat. La pel·lícula serà projectada el 22 d’octubre a les vuit del vespre a l’Institut français de Barcelona.

L’endemà el cicle acollirà dues pel·lícules més. Primer podrem veure Luisa (2025), de Julia Rösler, un film que ofereix un marc de reflexió sobre la discapacitat i la sexualitat, més enllà de la visió normativa. A partir de la investigació sobre l’embaràs inesperat (amb indicis d’abús sexual) d’una jove que viu en una residència comunitària per a persones amb discapacitat, el relat explorarà el dilema entre la protecció davant els abusos, la importància de la privacitat i el dret a l’autodeterminació sexual.

Just després, tindrem Wilma will mehr (2025) (Wilma en vol més). Sota la direcció de Maren-Kea Freese la pel·lícula s’inscriu en la tradició de comèdies que tracten relacions entre l’est i l’oest d’Alemanya en el període posterior a la reunificació. Amb un esperit de cinema social britànic, se’ns presenta la història de la Wilma, una electricista a l’atur que deixa la seva ciutat natal de l’est d’Alemanya, colpejada pels canvis industrials, per provar sort a Viena. La seva descoberta d’un món completament diferent, malgrat la curta distància geogràfica que la separa de casa seva, esdevé el punt de partida de la historia.

El dia 24 d’octubre començarà amb la projecció del thriller Das geheime Stockwerk (2025) (La planta secreta), dirigida per Norbert Lechner. En un viatge en el temps inesperat, un noi de dotze anys vingut directament de l’actualitat apareix l’any 1938. El peculiar viatge es dona en el muntacàrregues d’unes obres de renovació a un antic gran hotel. En un escenari, més aviat macabre, presencia com els hostes jueus són assetjats pels nazis, senyal de la proximitat de temps funestos. El viatger intentarà advertir els seus nous amics, en un intent d’influir el curs de la història.

Per continuar amb els thrillers tindrem Hysteria (2025), de Mehmet Akif Büyükatalay, on s’abordarà qüestions urgents del present, situacions complexes i dilemes ètics que acompanyaran el públic més enllà de la pel·lícula. La història ens presenta un equip que mentre roda un llargmetratge sobre un atemptat racista es veu immers en una tensió entre el respecte per les sensibilitats religioses i la llibertat artística amb l’aparició d’un Alcorà cremat. Es tracta d’un intens thriller inspirat en un greu cas de xenofòbia.

Per acabar amb el cicle es presentarà Sehnsucht in Sangerhausen (2025) (Enyorança a Sangerhausen) com una mostra de la comèdia dramàtica de Julian Radlmeier, que busca explicar les diverses capes de la transformació històrica. Una idíl·lica ciutat de l’est d’Alemanya es converteix en l’escenari de nous inicis, trobades inesperades i, fins i tot, una cacera de fantasmes! La pel·lícula comença en la Revolució Francesa quan una jove intenta escapar de la seva condició de serventa i es dirigeix a París. La contrapart en l’actualitat es mostra quan es creuen els camins d’una cambrera local, una influencer de viatges refugiada de l’Iran i un conductor d’autobús originari de Corea. La producció combina amb una gran lleugeresa èpoques històriques i històries personals.

 Més informació aquí

[Font: www.nuvol.com]

Derrière les vitres

Des romans de Patrick Modiano, on pourrait dire qu’ils sont tous plus ou moins écrits à travers une vitre, voire une vitre embuée. Et de L’éléphant, peut-être plus encore.

« Baiser derrière le rideau », Edvard Munch (1892)(détail) 

Écrit par Pierre Benett

Non seulement son personnage épie ses voisins depuis sa fenêtre, mais il regarde les gens et les choses à travers la « lumière blanche et aveuglante » de l’amnésie. Tout le mène donc, sans empressement mais avec la lenteur du pas de l’éléphant, à traverser la vitre. 

À moins de vouloir faire un exercice encyclopédique, il serait vain de chercher à lister les éléments qui reviennent dans les romans de Patrick Modiano. À la rigueur, on peut relever ce qu’on aime y retrouver. En lire un, nouveau ou non, c’est retrouver une atmosphère (vaporeuse), des mouvements (le retour, l’errance, la fugue, la dissimulation), des lieux (les rues de l’ouest parisien, les boulevards de ceinture et leurs immeubles en brique rouge, les cafés), des objets (les numéros de téléphone, les listes), et même des noms (le garage Béavioure !)… et, bien sûr, des êtres perdus dans le temps et en quête d’eux-mêmes à travers un détail à y retrouver, tant et si bien qu’ils pourraient n’en former qu’un. Ce cycle, désormais composé d’une cinquantaine de romans depuis La place de l’Étoile (1968), n’a ni véritable début ni, de ce qu’on en sait, de fin. À l’image des Boulevards de ceinture, sa forme est absolument circulaire, comme la mémoire.

Il y a un donc un plaisir certain (régressif, diraient peut-être nos amis psychanalystes, mais pourquoi pas ?) du retour du même dans certaines lectures – et on comprend d’autant mieux que les amateurs de Modiano puissent aussi l’être de Simenon. Mais, au-delà de la lecture réconfortante, ce sentiment n’a rien d’anodin concernant un écrivain qui met en scène moins le retour de l’identique que les légers décalages, défaillances et divergences de la mémoire. Au contraire, il faut peut-être faire confiance à ce sentiment-là. Car tout se passe comme si, depuis plus d’un demi-siècle, le romancier donnait à ressentir à ses lecteurs ce qu’éprouvent ses personnages, qui voient revenir des détails de leur passé, se font surprendre par les coïncidences et les échos entre les époques, voient la même chose se passer mais différemment. Dès lors, si on en a lu au moins deux, lire Modiano c’est surtout retrouver une manière de raconter : une narration et une langue en apparence claires, mais qui s’opacifient au fur et à mesure que progresse la lecture (du roman en question, et du cycle dans son ensemble). En quelques pages, on ne sait plus où l’on est, ou plutôt quand on est. Et il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour dissiper un peu le brouillard qui nous entoure – nous et eux, tous ces gens qui tentent tant bien que mal de le transpercer.

L’éléphant ? Drôle de titre pour l’auteur de Villa Triste ou Du plus loin de l’oubli. Le réseau Modiano, toujours bien informé, nous apprend que le roman devait s’appeler Derrière les vitres et que, tel un personnage de Modiano, il a pris une seconde identité. Laquelle est la vraie ? Les deux titres ne font pas mystère de leur signification. Ludo Van Walle, vieil homme, vit de menus travaux éditoriaux et de traductions pour les bien nommées éditions du Sablier (déjà présentes dans Accident nocturne). Il passe beaucoup de temps à sa fenêtre, à regarder, dans l’immeuble d’en face, celles d’une femme plus ou moins de son âge, Mme Thouvenin, et d’une plus jeune, Yvonne Beulaigne. De l’éléphant, il a la silhouette et le poids (1,95 m et plus de 120 kg), à tel point qu’il ne se reconnaît plus. Mais il n’en a pas la mémoire : il ne se souvient de rien. Aveuglé, il doit faire, malgré ses maux de tête, un effort constant. Mais sa dépossession est aussi une chance. S’il ne reconnaît rien ni personne, il est doté du sixième sens des personnages de Modiano : il sait reconnaître des signes du passé, même et surtout imaginaires. Où et comment a-t-il connu cette Mme Thouvenin, qui, contrairement à lui, ressemble à celle qu’elle était il y a quarante ans ? Et ce Bernard Pinguet, qui ressemble à s’y méprendre aux innombrables types louches qui entouraient son père ? D’où vient cet air de déjà-vu ?

Il y a le malaise du passé, mais il y a aussi celui du présent, que Van Walle évite, agressé par son « vacarme », « de plus en plus assourdissant », dans un monde devenu « si incompréhensible », où l’on prévoit « des guerres prochaines ». Depuis quelques livres, le témoin Patrick Modiano observe explicitement Paris et son époque se modifier sous ses yeux. Le téléphone est devenu portable, les rues sont encombrées de touristes… On reste chez Modiano : l’indicatif n’est pas encore 06 mais 01, les quartiers sont déserts et l’on y porte encore une montre (ce qui conduit à ce geste inouï : demander l’heure). Contrairement à ce que son image d’Épinal laisserait croire, cette œuvre n’est pas étanche aux transformations contemporaines ; simplement, elle les regarde avec un léger décalage. Là encore, comme derrière une vitre.

À l’affût de signes, de coïncidences, de traces, l’éléphant qui erre dans le XVIe arrondissement se lance dans une quête qui, en sourdine, se fait pressante, vitale, car elle a lieu à un âge où, le sablier le rappelle, le temps est compté, où apparaît « le signal que ces images du passé allaient brusquement s’éteindre ». Tout devrait donc aller vite et l’enquête donner des réponses, mais la brièveté de ce livre, l’un des plus courts de l’auteur, aux chapitres parfois constitués d’une seule page, n’implique pas que les trous et ellipses qui composent la majeure partie du récit soient remplis. Comme le remarquait Norbert Czarny à propos du précédent livre, La danseuse, la structure du récit se fait plus vive, l’écriture plus ramassée, ramenée à l’essentiel : le flou entre les temps et entre les images. En somme, on a ici accès à un condensé de Modiano. Où, pourtant, l’écriture continue de chercher des voies pour nous faire vivre la traversée du temps que vit Ludo Van Walle.

Malgré la tension du récit, la quête ralentit, bifurque. Dans L’éléphant, la mémoire semble se délester plus que se remplir, au fur et à mesure qu’avance son lourd et lent personnage. Et Patrick Modiano n’est pas sans une douce ironie : l’amnésique est censé écrire ses Mémoires et rendre un manuscrit, que son éditeur aime appeler un « ours »… On ne dira rien de la résolution de l’intrigue, fulgurante, si ce n’est qu’elle rebat les cartes de manière magistrale, en quelques paragraphes sidérants où un personnage confie son angoisse à un autre, où les simples mots « rafle » et « panier à salade » disent que « quelque chose s’est passé ici longtemps auparavant, un événement dont lui parvenaient encore des ondes, mais brouillées ». Tout le récit se retrouve inséré dans un temps qui le dépasse et le condense à la fois. Sans retrouver une mémoire totale et lumineuse, l’éléphant traverse enfin la paroi de verre qui le séparait de lui-même.

Le merveilleux tour de passe-passe que Patrick Modiano organise à nouveau, la féerie de cette ronde qu’il orchestre avec une simplicité confondante et pourtant si subtile, l’émotion que nous procurent les détails qu’il parsème dans son texte, la finesse avec laquelle il brouille les temps : tout cela nous fait regarder nous aussi avec des jumelles. C’est-à-dire en regardant de loin, mais en voyant de près.

 

Patrick Modiano | L’éléphant. Gallimard, 112 p., 16 € 

[Image : CC0/WikiCommons - source : www.en-attendant-nadeau.fr]

domingo, 18 de outubro de 2026

Maria del Mar Bonet emociona l'Olympia de París amb una cançó censurada pel franquisme i dedicada a Puigdemont

La mallorquina interpreta 'Què volen aquesta gent' amb el president entre el públic 

Escrit per Ketty Calatayud 

Cinquanta-un anys després, Maria del Mar Bonet ha tornat a pujar a l'escenari de l'Olympia de París per retrobar-se amb la seva història, amb les seves cançons i amb la memòria d'un temps en què cantar en català també era una forma de resistència. El concert d'aquest diumenge ha estat molt més que una celebració musical: ha estat una vetllada carregada d'emoció, memòria i simbolisme polític. I el moment més especial ha arribat quan la cantant mallorquina ha interpretat Què volen aquesta gent, una de les peces més emblemàtiques de la lluita antifranquista, i l'ha dedicada a les persones represaliades a l'exili i al 130è president de la Generalitat, Carles Puigdemont, amic personal de l'artista, que es trobava entre el públic. "A totes les persones represaliades que encara són a l'exili, al nostre president", ha dit Bonet abans d'interpretar la cançó. La dedicatòria ha provocat una ovació entre els aproximadament 1.200 assistents. En acabar, Puigdemont ha estat el primer a aixecar-se per aplaudir, mentre una part del públic cridava "president!". La mateixa cançó que el franquisme havia intentat silenciar tornava a ressonar a París, aquesta vegada amb una dedicatòria explícita a l'exili polític català.

Una cançó que el franquisme no va poder silenciar a París  

L'escena tenia una càrrega simbòlica especial. El 27 d'abril del 1975, quan Franco encara era viu, Maria del Mar Bonet havia actuat per primera vegada a l'Olympia, en un recital matinal compartit amb Ovidi Montllor i Toti Soler. Aquell escenari parisenc li va permetre interpretar cançons que la censura franquista prohibia a Catalunya. Entre aquestes, Què volen aquesta gent, amb lletra de Lluís Serrahima i música de la mateixa Bonet, que denunciava la repressió policial i que s'havia convertit en un símbol de la resistència a la dictadura. "Durant unes hores podíem ser lliures", ha recordat la cantant sobre aquell concert històric en una entrevista a l'ACN. La llibertat, però, tenia fronteres. Bonet va poder interpretar la cançó davant del públic parisenc, però quan el recital es va publicar en disc, la censura va impedir que s'hi inclogués. No va ser fins a la reedició commemorativa del cinquantè aniversari que es va recuperar l'enregistrament original i la peça va poder ocupar el lloc que li corresponia.    

Ara, més de mig segle després, aquella cançó ha tornat a ser protagonista en el mateix escenari, davant d'un públic entregat i amb Puigdemont entre els espectadors. L'expresident, que ha assistit al recital acompanyat de l'expresidenta del Parlament Laura Borràs i de l'expresident d'Òmnium Cultural Jordi Cuixart, ha estat rebut amb mostres d'afecte i s'ha fotografiat amb nombrosos assistents. Puigdemont ha declinat fer declaracions als periodistes, tot argumentant que el protagonisme de la vetllada corresponia a Maria del Mar Bonet.

Un retrobament amb la història, però amb la mirada posada en el present  

Als 79 anys, Maria del Mar Bonet ha demostrat que la seva veu i la seva capacitat de connectar amb el públic continuen intactes. Vestida de negre, ha admès l'emoció de tornar a l'Olympia, una sala que considera "el temple més important de la música francesa" i que ha acollit figures llegendàries com Édith Piaf, Georges Brassens, Léo Ferré o Yves Montand.  

La cantant no ha volgut convertir la vetllada en un simple exercici de nostàlgia. El repertori ha establert un diàleg entre les peces que va interpretar el 1975 i les composicions del seu darrer treball, L'aigua no cansa, publicat aquest 2026. Cançons com Nina Ninona, Abril o Aigua han conviscut amb les noves creacions, acompanyades pels cinc músics habituals de l'artista: Toni Pastor, Marc Grasas, Marko Lohikari, Benjamí Salom i José Llorach.  

L'emblemàtic Olympia de París anuncia el concert de Maria del Mar Bonet

La vetllada també ha tingut un espai per al record d'Ovidi Montllor, que havia compartit amb Bonet aquell primer concert parisenc. El músic valencià Borja Penalba ha obert l'espectacle amb una actuació en què també han participat l'actor Sergi López i la filla del músic. Posteriorment, Penalba ha tornat a l'escenari per interpretar amb Bonet Homenatge a Teresa, una de les composicions més conegudes d'Ovidi.   

Entre el públic també hi havia la consellera de Cultura, Sònia Hernández; la delegada del Govern a França, Eva Doya Le Besnerais; la directora de l'Institut Ramon Llull, Anna Guitart; l'exministre Miquel Iceta i altres representants institucionals.   

El recital, impulsat per la Generalitat i l'Institut Ramon Llull, ha culminat un cap de setmana d'intensa presència cultural catalana a París, on també han actuat els cors de l'Orfeó Català amb la Filharmònica de Nova York sota la direcció de Gustavo Dudamel.   

La història ha acabat tornant al mateix escenari on havia començat. El 1975, Maria del Mar Bonet havia trobat a París la llibertat de cantar allò que la dictadura prohibia a casa. Aquest diumenge, 51 anys després, ha recuperat aquella mateixa veu per recordar el passat i fer una dedicatòria que connecta amb el present. I ho ha fet amb la força d'una cançó que ha sobreviscut a la censura, al pas del temps i als canvis polítics. Una cançó que, més de mig segle després, continua interpel·lant el públic amb la mateixa pregunta: "Què volen aquesta gent?" 

 

[Fotos: ACN - font: www.elnacional.cat]