quinta-feira, 30 de julho de 2026

A perda dos nomes de lugar relacionada coa actividade humana centrará a XI Xornada de Onomástica Galega

 


A Manuel Rivas invadiuno a tristeza cando soubo que a maquinaria pesada acabara coa Pena do Cuco, onde de cativo sentía a excitación dos que soñaban con voar mentres ollaba “en panorámica, o Arco Ártabro todo”. “Nunca pensei que me ía doer tanto a morte dunha pedra”, lembra n’As voces baixas. O episodio que narra o académico condensa desde a expresión literaria o tema da XI Xornada de Onomástica Galega, que baixo o título Onomástica e ecoloxía se centrará na perda da toponimia pola transformación do territorio derivada da interacción co ser humano, desde a provocada por industrias como as extractivas aos cambios na organización administrativa. O encontro, organizado polo Seminario de Onomástica da Real Academia Galega coa colaboración da Deputación de Pontevedra e o Museo de Pontevedra, será o sábado 10 de outubro no Edificio Castelao do propio museo. A inscrición, libre e gratuíta, pode realizarse xa nesta ligazón.

“Cando poñemos en relación ecoloxía e onomástica, facémolo desde unha perspectiva dupla: a perda da toponimia, entendida como un ecosistema en perigo, e as consecuencias que sofren os nomes de lugar pola transformación do territorio derivada da interacción do ser humano. En realidade, é esa mesma interacción a que produce a toponimia, mais neste tempos a aceleración da destrución do medio natural implica tamén a destrución dos propios nomes de lugar”, expón a académica Ana Boullón, que coordina o encontro xunto á académica correspondente Luz Méndez.

Os microtopónimos (os nomes de pedras, camiños, fontes, fragas ou veigas) son neste sentido moito máis fráxiles, xa que a toponimia maior, a dos lugares habitados, está protexida polo seu status legal. “De todas formas, os cambios na configuración da paisaxe derivados da destrución da natureza levan consigo a perda de todo tipo de nomes”, advirte a especialista. “Pensemos, por exemplo, naquelas aldeas que sepultaron os encoros nos vales máis vizoso dos ríos. É o caso de Maiorga (Pantón), no encoro dos Peares (Miño), Mourulle (Taboada), Portomeñe (O Saviñao) ou Castro Candaz (Chantada), no encoro de Belesar (Miño).  Algúns deles sobreviven unicamente como apelidos, último rastro dos núcleos antano habitados”, repasa. Canteiras, minas, lagoas artificiais ou mesmo urbanizacións son outros tipo de accións humanas que “devoran os nomes dos núcleos orixinarios e impoñen nomes de rúas que nada teñen que ver co territorio orixinal”, engade Ana Boullón.

Voces convidadas

O programa da XI Xornada de Onomástica permitirá afondar nalgúns destes casos desde diversas perspectivas. Tras a inauguración (10 horas) a escritora e académica Marilar Aleixandre pronunciará a conferencia de apertura, “Os nomes arrepóñense”, unha achega sobre a perda da microtoponimia, o seu valor cultural e a relación cos riscos ambientais e perda de espazos naturais. Deseguido será a quenda de Francisco Macías coa intervención “Os nomes que saíron do escuro”, sobre o impacto dos lumes do ano pasado na toponimia do Bierzo.

Sobre as consecuencias de cambios administrativos falará o catedrático de Xeografía da Universidade de Santiago de Compostela Valerià Paül, que pronunciará o relatorio “As comarcas na Galiza autonómica: entre a agonía e a resistencia”. O biólogo Miguel Á. Conde Teira participará con “Unha viaxe toponímica no tempo en Posmarcos: de 1396 a 2013”; a profesora Andrea Santiso exporá unha intervención didáctica sobre o impacto das industrias extractivas na microtoponimia desenvolvida no IES Val do Asma (Chantada); e o arqueólogo, toponimista e profesional do audiovisual Lukas Santiago falará sobre a recuperación da toponimia de Lourizán. O público poderá ademais ver o seu documental Paraíso roubado, que lle porá o ramo á xornada.

 

[Fonte: www.academia.gal]

La littérature palestinienne en Israël, éditer sous domination coloniale

Publier en arabe en Israël ne consiste pas uniquement à essayer de faire vivre la langue d’une minorité. La géographie du livre révèle les profondes inégalités et difficultés auxquelles se heurte l’édition en arabe dans un État organisé autour de la souveraineté de l’hébreu moderne. 

Bureau de Mahmoud Darwich (musée Mahmoud Darwich de Ramallah) @ Agsous Zahra

Écrit par Sadia Agsous-Bienstein

Lorsque je me suis rendue pour la première fois en Palestine/Israël il y a une dizaine d’années, je me suis naturellement mise à chercher des librairies pour acheter des livres en arabe et créer des contacts avec des éditeurs palestiniens qui sont citoyens de l’État d’Israël1. J’ai rapidement découvert combien cette quête pouvait s’avérer difficile. À Jaffa comme à Haïfa, les librairies proposant un véritable fonds en langue arabe étaient peu nombreuses. Le même constat s’imposait à Jérusalem-Ouest, où les principales librairies offraient essentiellement des ouvrages en hébreu, en anglais et, dans une moindre mesure, en russe. C’est finalement dans la vieille ville de Jérusalem que j’ai trouvé une papeterie/librairie dont le premier étage ressemblait à une véritable caverne d’Ali Baba. Des romans palestiniens, de la littérature arabe, des essais en sciences humaines et sociales, des ouvrages d’histoire, de philosophie ou de sciences politiques remplissaient les rayonnages. Pour les publications les plus spécialisées, y compris celles de l’Institut d’études palestiniennes, il fallait toutefois se rendre à Ramallah. On trouve aussi à Naplouse ou Hébron des librairies qui proposent des livres de toutes catégories en langue arabe.

Cette géographie du livre n’avait rien d’anecdotique. Elle révélait déjà les profondes inégalités qui structuraient la circulation et la présence de la langue arabe en Israël face à la langue hégémonique et coloniale, l’hébreu. En effet, tandis que les grandes chaînes de librairie en Israël diffusent principalement des ouvrages en hébreu, les livres en arabe demeurent concentrés dans quelques établissements palestiniens, le plus souvent indépendants, dont la survie dépend de conditions économiques et politiques particulièrement fragiles. C’est dans ces conditions qu’est produite la littérature palestinienne.

Pour comprendre cette dernière ainsi que les conditions de son édition et de sa circulation, il est nécessaire de dépasser le cadre national à partir duquel sont habituellement pensées les littératures modernes. La littérature palestinienne est une littérature transnationale. Elle s’écrit en arabe ainsi que dans d’autres langues. Elle est créée en Israël, en Cisjordanie occupée, à Gaza, mais aussi au Liban, en Jordanie, en Europe, en Amérique du Nord et dans les différents espaces de la diaspora palestinienne. Depuis la Nakba de 1948, l’exil, la dispersion et la fragmentation du territoire palestinien ont profondément façonné les conditions de production et de circulation de cette littérature. Cette dimension transnationale lui a permis de s’imposer comme l’une des composantes majeures du champ littéraire arabe contemporain. Les œuvres de Jabra Ibrahim Jabra, Émile Habibi, Fadwa Touqan, Mahmoud Darwich, Ghassan Kanafani ou, plus récemment, Susan Abulhawa2 sont aujourd’hui largement reconnues dans le monde arabe comme à l’international.

Cette reconnaissance se manifeste également à travers les grandes distinctions littéraires. En 2024, Basim Khandaqji a été le lauréat du Prix international de la fiction arabe (Arab Booker) pour son roman Mask, the Colour of the Sky (Qināʿ bi-lawn al-samāʾ), publié en 2023 par Dār al-Ādāb à Beyrouth. Quelques années auparavant, Rabai al-Madhoun était devenu le premier écrivain palestinien à obtenir cette récompense pour son roman Destins. Concerto de l’Holocauste et de la Nakba (Maṣāʾir: Kūnširtū al-Hūlūkūst wa-l-Nakba), paru en 2015 au Liban. Le fait que ces deux romans aient été publiés à Beyrouth n’a rien d’anodin. Il rappelle que, depuis 1948, la littérature palestinienne se développe au sein d’un espace éditorial largement situé hors des frontières de la Palestine historique. Les principaux centres de publication se trouvent aujourd’hui à Beyrouth, Amman, Ramallah ou encore dans plusieurs capitales européennes et nord-américaines. La formation de cette littérature moderne remet ainsi en cause l’idée selon laquelle une littérature nationale ne pourrait se développer qu’à l’intérieur d’un territoire délimité et dans le cadre d’un État souverain. Le projet Country of Words: A Transnational Atlas for Palestinian Literature, dirigé par Refqa Abu-Remaileh, propose précisément de comprendre la littérature palestinienne comme une littérature déterritorialisée, façonnée par les circulations, les déplacements et les expériences de l’exil plutôt que par les frontières étatiques.

C’est dans cette perspective qu’il convient d’aborder la littérature des Palestiniens de 1948 dont les poètes et écrivains, localisés en Galilée, ont pu tenir bon face aux conditions catastrophiques de l’après Nakba. Cette littérature a été repérée et définie par Ghassan Kanafani comme la littérature de résistance. Pour les chercheurs Mohammad Hamza Ghanyim, Anton Shalhat, Habib Bolous, ou Ibrahim Taha, elle est la littérature autochtone (al-Adab al-Mahalli). Elle rassemble plusieurs auteurs dont Mahmoud Darwich, Émile Habibi, Rached Hussein, Taha Mohammed Ali, Salman Natour, Amer Hlehel, Adania Shibli, Majd Kayal ou Ibtissem Azem, dont les œuvres sont publiées et circulent entre Haïfa, Jérusalem, Ramallah, Amman, Beyrouth et de nombreuses villes de la diaspora palestinienne afin de contourner les contraintes qui pèsent sur l’édition arabe en Israël. 

De la Nahda palestinienne à la recomposition du paysage éditorial après 1948

Les difficultés rencontrées aujourd’hui par l’édition littéraire arabe en Israël trouvent leur origine dans les bouleversements provoqués par la Nakba de 1948 et le nettoyage ethnique de la Palestine. Avant la création de l’État d’Israël, la Palestine disposait pourtant d’une vie intellectuelle et éditoriale particulièrement dynamique. Jérusalem, Jaffa, Haïfa ou Nazareth accueillaient des imprimeries, des librairies, des journaux et des maisons d’édition qui participaient pleinement aux circulations intellectuelles de la Nahda arabe. Les livres imprimés en Palestine circulaient entre Beyrouth, Damas et Le Caire, tandis que les grandes revues arabes alimentaient les débats politiques, littéraires et scientifiques. Les écoles, les bibliothèques et les sociétés savantes contribuaient à l’émergence d’un espace intellectuel particulièrement actif à la fin de l’Empire ottoman puis sous le mandat colonial britannique.

Des intellectuels tels que Khalil al-Sakakini ou Khalil Baydas ont joué un rôle majeur dans cette renaissance culturelle. Baydas a participé notamment à l’introduction de la littérature russe dans le monde arabe grâce à ses nombreuses traductions, tandis que les premiers romans modernes palestiniens, qu’Al-Warith (L’Héritier) de Khalil Baydas et Al-Hayat baʿd al-Mawt (La vie après la mort) d’Iskandar al-Khoury al-Beitjali, témoignaient de l’émergence d’une littérature profondément inscrite dans les dynamiques intellectuelles de la Nahda et en dialogue avec les littératures mondiales. Cette vitalité apparaît clairement dans la première Foire palestinienne du livre arabe organisée à Jérusalem en 1946 par le Comité culturel arabe. À cette occasion, le quotidien Falastin3 célébrait « les dignes efforts de notre Nahda culturelle » et mettait à l’honneur les principaux écrivains palestiniens. 

La Nakba de 1948 a profondément bouleversé cet équilibre. L’expulsion de plus de 700 000 Palestiniens, le déplacement des Palestiniens qui sont restés, la destruction de centaines de villages et l’exil d’une grande partie des élites intellectuelles ont engendré la désorganisation de la production éditoriale. Des imprimeries, plusieurs journaux et une partie importante des librairies ont tout simplement été détruits par le nouvel État. À cette destruction matérielle s’est ajoutée celle des patrimoines documentaires. Plusieurs dizaines de milliers d’ouvrages provenant de bibliothèques publiques et privées palestiniennes ont été saisis par les autorités israéliennes avant d’être intégrés aux collections de la Bibliothèque nationale d’Israël sous la mention AP, Abandoned Property (biens abandonnés).

Au moment même où les institutions culturelles palestiniennes étaient profondément ébranlées, le nouvel État, Israël, disposait déjà d’un appareil éditorial en hébreu solidement structuré hérité des structures du Yishouv4 qui ont été mises en place et consolidées pendant le mandat britannique. Dès la fin du XIX siècle, le mouvement sioniste a fait de la création de l’hébreu moderne un objectif politique central pour en faire la langue nationale du futur État. Sous le mandat britannique, l’hébreu a bénéficié d’une reconnaissance officielle en 1922 qui a favorisé son institutionnalisation dans l’enseignement, l’administration, la recherche et la production culturelle.

C’est ainsi que le nouvel État d’Israël a pu s’appuyer sur un réseau éditorial déjà largement constitué. Des maisons d’édition telles que Kinneret-Zmora-Dvir (1919), Hakibbutz Hameuchad (1927), Schocken (1939) ou Am Oved (1942) disposaient d’infrastructures solides, d’un lectorat en constante expansion et de réseaux de diffusion efficaces. Elles ont été progressivement rejointes par Keter (1958) puis Modan (1970) ainsi que d’autres maisons d’édition avec le soutien des politiques publiques à la lecture, à la traduction et à la diffusion internationale de la littérature hébraïque. La création, en 1962, de l’Institute for the Translation of Hebrew Literature a participé également à cette stratégie en favorisant la traduction des œuvres israéliennes et leur présence dans les grandes foires internationales du livre.

La création de l’État d’Israël et la destruction de la Palestine historique ont bien évidement eu des conséquences désastreuses sur la production et l’édition de la littérature palestinienne. Les écrivains, journalistes, traducteurs et éditeurs palestiniens ont désormais été obligés d’exercer leurs activités dans un environnement institutionnel où l’ensemble de la chaîne du livre était progressivement organisé autour de la langue hébraïque. Les conséquences ont été particulièrement visibles dans le domaine de l’édition. Entre 1948 et 1967, la production romanesque palestinienne en Israël est demeurée extrêmement limitée. Manar Makhoul recense seulement onze romans publiés durant cette période, dont plus de la moitié ont été édités par l’imprimerie Mabaʿat al-akīm, aujourd’hui disparue. En effet, Le monde éditorial arabophone des années 1950 se résumait en Israël à trois imprimeries et non maisons d’édition : Mabaʿat al-akīm à Nazareth, Mabaʿat al-Ittiḥād à Haïfa et Mabaʿat al-Zaibaq à Saint-Jean d’Acre, sans omettre l’institution étatique Dār al-Nashr al-ʿArabī. Ainsi, l’édition palestinienne apparaissait alors presque inexistante au regard du développement rapide de l’édition hébraïque. Comme le rappelle le romancier Atallah Mansour, publier un livre en arabe dans les années 1950 relevait presque de l’impossible en raison de la faiblesse des infrastructures éditoriales, du faible nombre de lecteurs ayant accès à l’enseignement secondaire et supérieur, et de l’isolement culturel imposé aux Palestiniens de 1948. 

Siège d’Al Aswar (Saint-Jean-d’Acre, 2018) © Sadia Agsous-Bienstein

Les maisons d’édition arabes dans un champ éditorial dominé par l’hébreu

L’édition en langue arabe en Israël s’est donc développée dans des conditions profondément inégales. Contrairement aux grandes maisons d’édition hébraïques, les éditeurs palestiniens disposaient de moyens financiers limités, d’un lectorat fragmenté par les frontières issues de 1948 et de réseaux de diffusion beaucoup plus restreints. La séparation des Palestiniens citoyens d’Israël du reste du monde arabe, renforcée par le régime militaire entre 1948 et 1966, a réduit considérablement les possibilités de circulation des livres, des auteurs et des idées.

Malgré ces contraintes, quelques maisons d’édition arabes ont progressivement vu le jour en Israël mais ce sont les revues culturelles et les journaux littéraires qui vont jouer un rôle fondamental dans la publication et la diffusion de la littérature palestinienne en langue arabe. La revue al-Sharq, fondée par Mahmoud Abbasi en 1970, a ainsi constitué un espace d’expression pour de nombreux écrivains palestiniens appartenant à des sensibilités politiques diverses. Elle a également accueilli des intellectuels juifs arabophones, parmi lesquels Sasson Somekh, illustrant les échanges culturels entre Juifs-Arabes et Palestiniens qui ont pu exister au sein du champ littéraire. 

En 1978, Yaqub Hijazi a fondé à Saint-Jean-d’acre la revue al-Aswar, publiée par l’Institute for Cultural and Social Development. Bien au-delà d’une simple revue littéraire, cette institution a progressivement fonctionné comme une véritable maison d’édition, publiant de nombreux auteurs palestiniens et contribuant à la diffusion de leurs œuvres. Les membres palestiniens du Parti communiste en Israël ont accordé une place importante à la création littéraire en langue arabe, notamment à travers le journal al-Jadid, publié à Haïfa. Celui-ci a accueilli les textes d’écrivains majeurs tels qu’Émile Habibi ou Salman Natour, dont plusieurs œuvres ont été accompagnées des illustrations de l’artiste Abed Abdi. En 1984, Fawzi Abdallah et Hanna Abu Hanna ont fondé à Nazareth la revue al-Mawakib afin de promouvoir la littérature et la culture palestiniennes produites en Israël.

Ces revues et ces structures éditoriales ont joué un rôle essentiel dans l’émergence d’un espace littéraire palestinien à l’intérieur d’Israël. Elles ont permis la publication de nombreux écrivains, favorisé la traduction d’ouvrages et contribué à la diffusion de la littérature palestinienne contemporaine. Aujourd’hui encore, les éditeurs palestiniens de 1948 participent régulièrement aux salons du livre du monde arabe, souvent grâce au soutien du ministère de la Culture de l’Autorité palestinienne. Toutefois, leurs capacités de publication, de distribution et de promotion demeurent sans commune mesure avec celles des principaux groupes éditoriaux israéliens.

Cet ordre hiérarchique entre le champ éditorial israélien et l’espace palestinien renvoie également à la place qu’occupe la langue arabe dans l’espace public israélien. Bien que l’arabe ait conservé, jusqu’en 2018, un statut officiel hérité du mandat britannique, cette « reconnaissance » demeurait largement symbolique. L’adoption, le 19 juillet 2018, de la Loi fondamentale : Israël, État-nation du peuple juif marque une étape supplémentaire dans cette tentative d’effacement de la langue arabe de l’espace public. Ce texte affirme que « l’hébreu est la langue de l’État », tandis que l’arabe ne bénéficie plus que d’un « statut particulier ». Pour la première fois depuis 1948, la hiérarchie coloniale entre les deux langues est inscrite dans une Loi fondamentale, consacrant juridiquement la prééminence de l’hébreu dans la définition de l’identité nationale juive israélienne. Cette évolution nourrit un profond sentiment de marginalisation parmi les écrivains palestiniens en Israël. L’écrivain Ayman Sikseck résumait cette inquiétude dès 2017 en écrivant que « la langue arabe devenait une étrangère, une réfugiée », dénonçant un processus qui transforme progressivement les Palestiniens en étrangers dans leur propre pays. 

Mur de l’apartheid (Bethlahem, 2019) © Sadia Agsous-Bienstein 

Au-delà de sa portée symbolique, cette évolution juridique vient renforcer des déséquilibres déjà anciens dans le domaine de la production culturelle. Les statistiques publiées chaque année par la Bibliothèque nationale d’Israël illustrent clairement cette situation. En 2025, un peu plus de 7 000 livres ont été publiés dans le pays. Près de 90 % de cette production a paru en hébreu, tandis que les ouvrages en arabe ne représentent qu’environ 4 %, contre 3 % en anglais. Si la part de l’arabe a doublé par rapport à 2024, où elle ne s’élevait qu’à 2 %, cette progression demeure limitée au regard de la place occupée par l’hébreu.

Le fait que l’anglais, langue principalement destinée au monde universitaire et aux marchés internationaux, représente une part comparable à celle de l’arabe souligne le déséquilibre qui caractérise le paysage éditorial israélien. La Bibliothèque nationale rappelle d’ailleurs que ces chiffres sous-estiment probablement la production en arabe, de nombreux ouvrages étant imprimés dans les pays arabes voisin sans être soumis au dépôt légal israélien. Les statistiques mettent également en évidence l’empreinte considérable laissée par le 7 octobre 2023 sur le monde du livre israélien. Depuis cette date, plus de 2 100 ouvrages ont été consacrés à l’attaque, aux otages, à la guerre et à ses conséquences. En 2025, près de 500 nouveaux titres sont venus enrichir cette production, soit environ 7 % de l’ensemble des livres publiés cette année-là. Essais, témoignages, romans, biographies, ouvrages commémoratifs et littérature jeunesse témoignent de la rapidité avec laquelle le secteur éditorial israélien s’est saisi de cet événement pour en faire un objet de mémoire, de réflexion et de transmission. Alors que du côté palestinien, une grande répression s’est abattue sur eux les empêchant d’exprimer leur solidarité avec Gaza meurtrie par le génocide.

À l’inverse, la production en langue arabe demeure quantitativement limitée et beaucoup moins visible dans les statistiques nationales. Cette différence ne résulte pas seulement de la taille respective des lectorats ; elle traduit des déséquilibres structurels qui affectent l’ensemble de la chaîne du livre, depuis les conditions de publication jusqu’à la diffusion des ouvrages. Publier en arabe en Israël ne consiste donc pas uniquement à écrire dans la langue d’une minorité. Il s’agit de produire des livres dans la langue de la population autochtone palestinienne au sein d’un État dont les principales institutions culturelles, éducatives et éditoriales sont organisées autour de la souveraineté de l’hébreu moderne au service d’un projet colonial qui vise à vider ce qui reste de la Palestine de sa population autochtone.

Cette politique de restriction éditoriale en arabe exercée par le champ éditorial hégémonique israélien est palpable aujourd’hui dans le reste des territoires palestiniens. Les arrestations, en février 2025, des responsables de lEducational Bookshop à Jérusalem-Est, suivies quelques jours plus tard de celles de trois libraires palestiniens de la vieille ville, ont rappelé avec force la place singulière qu’occupe aujourd’hui le livre dans la question coloniale palestinienne. Accusés d’« incitation à la haine » pour avoir vendu des ouvrages consacrés à la Nakba ou à l’histoire de la Palestine, ces libraires ont vu leur activité assimilée à une menace pour l’ordre public. Ces événements ne constituent pas des faits isolés ; ils s’inscrivent dans un contexte plus large de pressions exercées sur les institutions culturelles palestiniennes, qu’il s’agisse de librairies, de maisons d’édition, de bibliothèques ou de lieux de création comme le Théâtre national palestinien al-Hakawati à Jérusalem.

Cette situation ne saurait être interprétée uniquement à l’aune du génocide contre Gaza depuis octobre 2023, même si celui-ci a considérablement accentué les violences exercées contre les institutions culturelles palestiniennes. Cela s’inscrit dans une temporalité plus longue, que l’écrivain Elias Khoury qualifiait de « Nakba continue » (al-Nakba al-mustamirra). La dépossession ne concerne pas seulement les terres et les populations ; elle touche également les langues, les bibliothèques, les archives, les théâtres, les librairies et les maisons d’édition. Les livres deviennent ainsi des lieux de mémoire autant que des objets de savoir, tandis que les librairies palestiniennes apparaissent comme des espaces où se joue encore la possibilité de transmettre une histoire, une culture et une langue par le sumud de ses acteurs.


1 Connus sous le vocable Palestiniens de 1948, ils représentent 21% de la population en Israël. Environ 156 000 Palestiniens ont pu rester en Israël après 1948. Placés sous administration militaire jusqu’en 1966, ils ont été séparés des principaux centres intellectuels palestiniens et du reste du monde arabe avec lequel ils ont pu renouveler les liens après 1967.

2 Elle publie des romans en anglais.

3 Falastin vol. XXX, numéros 180-6435 (10.10.1946).

4 Le Yishouv (1882-1948) est une période importante dans l’histoire du sionisme durant laquelle les différentes vagues de migrations coloniales juives ont constitué des structures économiques, sociales et culturelles qui ont posé les bases de l’État d’Israël créé en 1948.


Sadia Agsous-Bienstein est maîtresse de conférences à l’université Sorbonne-nouvelle et coorganisatrice du séminaire « Faire des sciences sociales autour de la Palestine : renouvellement des savoirs et des pratiques » à l’EHESS. Ses recherches, ancrées en études culturelles, portent sur les cultures palestiniennes et israéliennes et les relations juives-arabes dans la région du MENA. 

 

[Source : www.en-attendant-nadeau.fr]

quarta-feira, 29 de julho de 2026

Els marroquins nascuts al Marroc que obtenen la nacionalitat andorrana augmenten un 266% en tres anys

Un total de 186 persones han obtingut la nacionalitat amb plenitud de drets polítics  


Andorra ha concedit la nacionalitat andorrana a 359 persones durant el segon trimestre del 2026. Del total, 186 persones han obtingut la nacionalitat amb plenitud de drets polítics, mentre que 173 han adquirit el dret a la nacionalitat de manera provisional.

Entre les persones que han obtingut la nacionalitat amb plenitud de drets, la majoria ho han fet a través de l’article 6 de la Llei qualificada de la nacionalitat, amb 50 casos, seguit de l’article 11.1, amb 46 adquisicions, i de l’article 1, amb 37.

116 adquisicions de nacionalitat d’origen

De les 186 persones que han obtingut la nacionalitat definitiva, 116 corresponen a adquisicions de nacionalitat d’origen. Les 70 restants han obtingut la nacionalitat andorrana definitiva després d’haver renunciat a la seva nacionalitat anterior i haver acreditat la seva pèrdua.

Pel que fa a la nacionalitat provisional, 173 persones han vist reconegut el dret a adquirir la nacionalitat andorrana, a l’espera de complir els requisits establerts per la legislació. En concret, 123 persones encara no han acreditat la pèrdua de la seva nacionalitat o nacionalitats d’origen, mentre que 50 mantenen la nacionalitat provisional fins a confirmar-la formalment en arribar a la majoria d’edat i durant l’any posterior.

Pel que fa a les persones nascudes al Marroc, les adquisicions de la nacionalitat andorrana han augmentat de manera progressiva: han passat de 3 casos el 2022 a 6 el 2023, 8 el 2024 i 11 el 2025, fet que representa un increment del 266,7% en tres anys.

Així, el 37% de les persones amb dret d’adquisició de la nacionalitat provisional ho han fet mitjançant l’article 11.1, amb 64 casos, i estan pendents de provar la renúncia a la seva nacionalitat d’origen. Un altre 26% ha obtingut aquest dret mitjançant l’article 6 i es troba a l’espera de confirmar la nacionalitat dins dels terminis previstos legalment.

L’escolaritat obligatòria i la prova d’integració, entre les vies d’accés

Entre les persones que han obtingut el dret a adquirir la nacionalitat mentre esperen acreditar la renúncia a la seva nacionalitat anterior, 44 ho han fet després d’haver provat que han cursat l’escolaritat obligatòria al Principat.

Les 79 persones restants han obtingut aquest dret després d’acreditar el diploma de ciències humanes i socials d’Andorra, en 31 casos, o bé després d’haver superat la prova d’integració de la Comissió de la Nacionalitat.

En el cas de les persones que han obtingut el dret d’adquisició a l’espera de confirmar definitivament la nacionalitat, 45 ho han fet per la via de l’article 6 i cinc per la de l’article 35.

67 residents han obtingut la nacionalitat definitiva

D’acord amb la normativa europea en matèria d’estadístiques de migració i protecció internacional, les dades d’adquisicions de nacionalitat de residents només inclouen els processos que impliquen un canvi de nacionalitat i que corresponen a persones residents.

Durant el segon trimestre del 2026, 67 residents han adquirit la nacionalitat andorrana amb plenitud de drets després d’haver renunciat i acreditat la pèrdua de la seva nacionalitat o nacionalitats d’origen.

La principal via ha estat la residència de vint anys, que representa el 79,1% dels casos, seguida del matrimoni, amb el 19,4%, i d’altres vies previstes per la Llei qualificada de la nacionalitat.

Entre les adquisicions per residència, el 50,7% corresponen a homes i el 49,3% a dones. Per nacionalitats d’origen, la majoria són persones de nacionalitat espanyola (79,1%), seguides de la portuguesa (6%) i de la brasilera i la colombiana, amb un 3% cadascuna.

En el cas de les adquisicions per matrimoni, el 51,2% han estat homes i el 48,8%, dones.

 

[Font: www.laveulliure.ad]

Los disidentes de la URSS


A pesar de ser recluidos en campos de trabajo o de enfrentar tratamientos psiquiátricos como represalia, los disidentes de la Unión Soviética apostaron por la libertad en un entorno opresivo. Dos publicaciones recientes ponen el foco en estos hombres y mujeres que, más que opositores, se veían a sí mismos como gente que “pensaba de otra manera”.

Alexander Podrabinek.

Escrito por Jean Meyer

Sobre la entrada “Disidentes soviéticos”, Wikipedia ofrece 132 fichas por orden alfabético que van de Liudmila Alekséyeva hasta Aleksandr Zinóviev. A estos hombres y mujeres no les gustaba la palabra “disidencia” y preferían definirse como “los que piensan de otra manera”. Todos, y unos más, aparecen en la obra enciclopédica de Benjamin Nathans de 2024, To the success of our hopeless cause. The many lives of the Soviet dissident movement; un monumento, a su vez, enriquecido por la reciente publicación de Between prison and freedom. Memoir of a Soviet dissident, el testimonio de Alexander Podrabinek, disidente duramente castigado a partir de 1978.

En aquel año el checo Václav Havel pudo escribir, parodiando el Manifiesto del Partido Comunista de Marx y Engels: “Un fantasma recorre a Europa oriental, el fantasma de lo que en Occidente llaman ‘disidencia’.” Los así llamados “‘disidentes’ no cayeron del cielo […] son una consecuencia natural e inevitable de la presente fase histórica del sistema que recorren”.1 Concretamente en la URSS, eran los que protestaban públicamente con el fin de defender los derechos civiles y humanos. La perestroika pudo interpretarse como su victoria y su contribución a la caída de la Unión Soviética, pero, después de su exaltación, vinieron rápidamente la demonización y el olvido. Para el régimen de Vladímir Putin los “disidentes” son unos criminales que calumniaban a la URSS, cómplices de Occidente que, con su ayuda, provocaron “la mayor catástrofe del siglo XX”. En 2013, un sondeo del prestigioso Centro Levada encontró que solamente uno de cada seis rusos era capaz de citar el nombre de algún disidente soviético.

Antes de morir en 2024, probablemente asesinado en una cárcel siberiana, Alekséi Navalni estaba leyendo a varios de ellos. Al mismo tiempo, Putin liquidaba las últimas huellas del movimiento: el Grupo Helsinki de Moscú, el Centro Andréi Sájarov y Memorial, la asociación dedicada a investigar el pasado totalitarista de la URSS con el fin de defender los derechos civiles. Por eso, bien puede escribir en sus memorias Vladímir Semichastny, antiguo dirigente del KGB, “la Historia se tragó sus nombres”.

Benjamin Nathans recupera a los “disidentes” y, como título a su libro monumental, recupera el brindis que ellos repitieron muchas veces en sus reuniones: “¡Al éxito de nuestra causa sin esperanza!” Pudo poner como epígrafe el lema de Guillermo de Orange: “No es necesario esperar para emprender, ni tener éxito para perseverar.” Esas mujeres, esos hombres perseveraron en los duros campos de trabajo y, peor aún, en las clínicas psiquiátricas. A la entrada de los campos de concentración nazis el letrero proclamaba: “El trabajo libera”; a la entrada de los campos del gulag soviético, el texto era más largo: “El trabajo es asunto de honor, valor y heroísmo.”

Benjamin Nathans les da la historia que merecen, encuentra por qué y cómo ciertas personas se volvieron disidentes y, sin haberlo programado, formaron un movimiento, “el primer movimiento por los derechos civiles y humanos en el mundo socialista”. Alexander Podrabinek no es historiador, fue disidente y lo sigue siendo actualmente en Rusia. Explica que, para entrar en la Juventud Comunista o en el Partido, tenías que presentar tu candidatura; pero para participar en el “movimiento democrático, la única manera de entrar en el mundo de la disidencia era ganarse gradualmente una reputación y el reconocimiento. Esa era la fuerza del movimiento […] El KGB estaba entrenado para encontrar y perseguir a la oposición organizada. Los chekistas lo habían hecho durante décadas, desde el tiempo de Dzerzhinski. Pero no sabían cómo combatir gente que no se escondía. Gente que no entendían”.2

Nathans dice que no quería alabar ni denigrar a las figuras de la disidencia, sino simplemente investigar para entender; por ello, se pone al amparo de Georges Lefebvre, el gran historiador de la Revolución francesa: “El moralista debe alabar el heroísmo y condenar la crueldad, pero el moralista no explica los acontecimientos.” El autor usó cuatro tipos de fuentes. Para empezar, todo lo que los disidentes han dicho sobre ellos mismos y sobre el movimiento: unas ciento cincuenta autobiografías y muchos otros textos que ofrecen al historiador una “mina de oro que es también una trampa”, porque el lector se queda con la idea de que son valientes individuos enfrentando a la tiranía, lo que deja en la sombra a otras personas y también la dimensión colectiva de la disidencia.

La segunda fuente quedó disponible varios años después de la implosión de la URSS: los archivos del KGB con los interrogatorios de los implicados, los inventarios de sus departamentos, los análisis periódicos de la situación y las acciones por realizar en consecuencia. De la misma manera pudo tener acceso a discusiones en el politburó sobre el fenómeno disidente que el Partido tomó muy en serio. La tercera fuente contempla todo el material producido por otros observadores y analistas del movimiento, los periodistas extranjeros residentes en Moscú, organizaciones como Amnistía Internacional y la Fundación Alexander Herzen.

Esa fuente se nutría también de una cuarta: la producción inmediata de los disidentes, que corrige muchas veces las autobiografías y memorias posteriores; se trata de diarios, apuntes, cartas y miles de textos que circulaban en samizdat (autoedición) bajo la forma de copias mecanografiadas con cuatro o cinco hojas de papel pasante. Salían en contrabando del país y llegaban a millones de soviéticos que escuchaban “las Voces”: BBC, Voice of America, Radio Libertad… para desesperación de las autoridades.

Algo muy importante: la disidencia fue posible porque, después de la muerte de Stalin, el Partido había renunciado definitivamente al método del Gran Terror, con tortura y tribunales especiales, lo que dejaba algunos intersticios en el muro de control y represión. Además, en el proceso de “coexistencia pacífica”, en el marco de la Guerra Fría, diplomáticos y observadores extranjeros estaban más presentes y más activos: ellos sacaban del país los productos del samizdat, visitaban y entrevistaban a los disidentes.

En 1964 el joven poeta Joseph Brodsky, de veintitrés años, fue arrestado y condenado a varios años de trabajo forzado por su “modo de vida parásito y antisocial”. Durante el proceso, que fue público para demostrar que existía la “justicia soviética”, Frida Vígdorova apuntó todo y lo puso en el samizdat de modo que la condena hizo mucho ruido en Occidente. En 1965 arrestaron y condenaron a Andréi Amalrik bajo el mismo concepto. En 1965 el KGB arrestó a Yuli Daniel y Andréi Siniavski (1925-1997). El joven estudiante Siniavski había sido reclutado por el KGB para vigilar y seducir a la hija del agregado militar naval francés, Hélène Peltier (1924-2012). A partir de 1955, ella llevó sus escritos a Francia, los traducía y publicaba en revistas importantes, Esprit Kultura, bajo el seudónimo de Abram Tertz, un famoso bandido de Odesa. Hay que decir que Hélène Peltier fue amiga de Borís Pasternak a partir de 1956 y que ella sacó de contrabando el manuscrito de Doctor Zhivago y participó en su traducción publicada por Gallimard en 1958.

El gobierno soviético cometió el error de armar un gran proceso público, en 1966, para Daniel y Siniavski. El tiro le salió por la culata desde que los acusados se presentaron como “no culpables”, algo inédito como lo apuntó Varlam Shalámov, aquel sobreviviente del gulag. Siniavski fue condenado a siete años de campo y Daniel a cinco (por ser veterano herido en combate durante la gran guerra patriótica). Larisa Bogoraz, esposa de Daniel, apuntó con estenografía todo el proceso que no tardó en ser publicado en alemán y en inglés. Alexander Ginzburg preparó una antología de cuatrocientas páginas de documentos y mandó copias ¡al KGB! Y también al famoso escritor Iliá Ehrenburg. Luego se publicó en veinticuatro idiomas como Libro blanco sobre el caso Andréi Siniavski y Yuli Daniel. Leído en Radio Libertad, la obra despertó a una parte de la intelligentsia de modo que el KGB concluyó: “Hicimos de ellos unos mártires”. Liberado en 1972, Siniavski se fue a Francia con su familia y, ayudado por Hélène Peltier, fue profesor de literatura rusa en la Sorbona.

La preocupación del KGB engendró una nueva ley –el artículo 190 sumado al Código Criminal tres meses después del proceso– contra la “organización y participación en acciones grupales que perturban el orden público”. Su aplicación desató una serie de persecuciones y arrestos, entre ellos el del joven Vladímir Bukovski de veintitrés años. En 1937-1938 el arresto de cientos de miles de personas (y su muerte) impedía cualquier reacción. El 5 de diciembre de 1966 hubo una pequeña pero histórica reunión alrededor de la estatua de Pushkin, en la cual participó Andréi Sájarov, quien empezó a perder sus privilegios como padre de la bomba nuclear, sacrificó su carrera y ganó un enorme prestigio, compartido con su esposa Yelena Bónner.

El antecedente de esta reunión tuvo lugar exactamente un año atrás. El matemático Aleksander Yesenin-Volpin, nacido en 1924, era el hijo natural del famoso poeta Yesenin. Científico y poeta, convencido de la “dictadura de la razón”, arrestado en 1949, pasó un año en una clínica psiquiátrica (innovación del KGB), luego le tocaron cinco años de exilio en Karagandá (Kazajistán), sin proceso; amnistiado en 1953, fue de nuevo internado en 1957 como enfermo mental y otra vez en 1959. Inspirado en Wittgenstein, redactó A free philosophical tractate, el cual fue publicado en ruso y en inglés en Nueva York junto con sus poemas A leaf of spring en 1961. En 1962 Nikita Jrushchov dijo: “Es un loco que ha heredado la locura de su padre. ¿Quién se suicida? Solo un loco”. Serguéi Yesenin, oficialmente, se suicidó, pero puede que haya sido víctima de “los órganos” (OGPU). La autoridad lanzó una campaña contra Yesenin-Volpin y le ofreció tomar el camino del exilio; lo rechazó y eso le valió un cuarto “tratamiento” psiquiátrico en 1963. Tan pronto como salió de la siniestra clínica atacó a la revista Ogoniok por calumnia; apoyándose en la ley soviética, denunció como ilegal la deposición de Jrushchov (así como la guerra que el presidente americano Lyndon B. Johnson empezaba en Vietnam sin voto del Congreso). Acababa de encontrar lo que iba a ser el arma de la disidencia: el uso de la ley soviética contra el poder soviético. El arresto de Siniavski y Daniel le dio la oportunidad de ensayarla y de lanzar “un manifiesto público de nuestros derechos”. El artículo 111 de la Constitución garantizaba que “los procesos en todos los tribunales deben ser públicos, mientras no releven de excepciones previstas por la ley”. De la misma manera, se apoyaba sobre el artículo 125 que garantizaba “la libertad de asamblea y reuniones”. Con otras tres personas, Yesenin-Volpin elaboró entonces un “llamado cívico” que resultó ser el documento fundacional de la disidencia.3 Decidieron darlo a conocer, no en la clandestinidad del samizdat, sino públicamente en la Plaza Pushkin, en una “reunión de transparencia”, el 5 de diciembre de 1965, día del aniversario de la Constitución. Desde 1927, era la primera manifestación no aplastada por el poder.

En 1966 Anatoli Márchenko terminó de cumplir sus seis años de campo y publicó en 1967 su Testimonio en samizdat, luego en forma de libro en Europa y Estados Unidos. En el mismo año, el arresto de Bukovski desató una reacción de solidaridad y su proceso tuvo el mismo efecto que el proceso de 1966. David Litvínov, nieto de Maksim Litvínov, secretario de Relaciones de la URSS, publicó el Libro blanco del proceso y su “conversación profiláctica” con el KGB que le aconsejaba callarse. En 1968, “el proceso de los cuatro”, de Alexander Ginzburg y sus compañeros, desató una campaña de peticiones y salió en samizdat. Fue cuando Natalia Gorbanévskaya ideó la creación de la Crónica de los acontecimientos contemporáneos, boletín publicado en samizdat desde abril de 1968 hasta 1982. En 1969 David Litvínov logró la creación en Ámsterdam de la Fundación Alexander Herzen (el famoso exiliado ruso enemigo del zarismo en el siglo XIX) para publicar en ruso los textos del samizdat, luego introducidos de contrabando en la URSS. Una de sus primeras publicaciones fue el libro de Andréi Amalrik, ¿Sobrevivirá la Unión Soviética hasta 1984? Hablando de la disidencia, Amalrik subrayó: “Hicieron algo tan sencillo que raya la genialidad: en un país para nada libre, se portaron como gente libre.”

En julio de 1968, arrestaron de nuevo a Anatoli Márchenko (1938-1986, muerto en campo) y en agosto los tanques del Pacto de Varsovia pusieron fin a la Primavera de Praga, lo que provocó una minúscula, pero decisiva, manifestación de protesta en la Plaza Roja de Moscú bajo el lema “A vuestra y nuestra libertad”. Litvínov, Larisa Bogoraz, Natalia Gorbanévskaya y cinco más fueron los valientes. En el proceso de octubre, afirmaron que eran apolíticos, defensores de la dignidad, de la ética y de los derechos del hombre. A principio de 1969, el exgeneral Petro Grigorenko, héroe de la gran guerra patriótica, fue arrestado, decretado loco y encerrado cinco años en la clínica del Serbsky Institut. ¿Su locura? Desde 1961 estaba en disidencia y había pasado seis meses en el manicomio durante 1964. Defendió a Siniavski y Daniel, Alexander Ginzburg y a todos los procesados, pero la gota que derramó el vaso fue su condena de la invasión de Checoslovaquia en 1968. Al salir en 1974, retomó la lucha, especialmente a favor de los tártaros de Crimea deportados por Stalin y participó en la fundación del Grupo Helsinki de Moscú entre 1975-1976. Su arresto de 1969 provocó la creación del Grupo de Defensa de los Derechos Humanos, más conocido como Comité Sájarov, primera verdadera agrupación de los disidentes. En 1971 el Comité se unió a la Liga Internacional de los Derechos Humanos y al instituto homónimo, fundado en Estrasburgo por René Cassin, Premio Nobel de la Paz en 1968, lo cual preocupó mucho al KGB que se dotó de un Quinto Directorio para luchar contra los disidentes; un teniente llamado Vladímir Putin trabajó en el Quinto de 1976 a 1979. El KGB subrayaba que el fin del Terror había complicado mucho el trabajo contra este enemigo “constitucionalista”, que el samizdat era invencible porque no tenía una raíz sino miles de raíces, que los procesos políticos eran un fracaso absoluto. ¿Cómo luchar entonces? Si la “conversación profiláctica” no tenía efecto, pasaban a la expulsión del trabajo, de la universidad, a las presiones sobre el cónyuge, los niños, a las acciones extrajudiciales (sin tortura), a la psiquiatría “punitiva”, al exilio “interior”, en Siberia y Asia Central, y, finalmente, a la expulsión del país con pérdida de la ciudadanía, como fue el caso de Aleksandr Solzhenitsyn en 1974, después de la publicación de su Archipiélago Gulag en París.

La única batalla ganada por el KGB –una batalla, no la guerra– fue la tragedia de Pyotr Yakir (1923-1982) y de Víktor Krasin (1929-2017), los dos nacidos en Kiev, dos ídolos de la disidencia. Yakir era hijo de Iona Yakir, un famoso militar bolchevique, víctima del Terror en 1937. Tenía catorce años a la muerte de su padre. Como hijo de un “enemigo del pueblo” fue arrestado y mandado al gulag; salió de 1942 a 1944 para combatir contra los nazis y fue de nuevo arrestado. En total pasó diecisiete años en el gulag donde nació su hija única Irina; salió en 1955. Jrushchov, que conoció a su padre, lo protegió hasta su propia caída. El padre de Krasin había muerto en el campo de Kolimá, “el Auschwitz del frío”. Víktor, economista, no tardó en entrar en disidencia con Yakir; los dos participaron en el sepelio de Borís Pasternak, en mayo de 1960. En 1969, Krasin y Yakir lanzaron el Grupo de Defensa de los Derechos Humanos: cinco años de exilio interno para Víktor Krasin. Los dos fueron arrestados en 1972 y, amedrentados por el KGB, se quebraron y denunciaron a unas doscientas personas. En septiembre de 1973, durante su proceso, los dos se arrepintieron públicamente durante una conferencia de prensa televisada a la cual asistieron los corresponsales de la prensa extranjera. El KGB no necesitaba sus denuncias puesto que tenía identificado a todo el mundo, pero le dio mucho valor a la conferencia de prensa que sintió como una victoria.

Unos meses después, la disidencia había olvidado el golpe y Amnistía Internacional empezó la adopción de presos “de conciencia” soviéticos; en 1975 publicó Prisoners of conscience in the ussr. Their treatment and conditions. En agosto se firmaron los Acuerdos de Helsinki: Occidente reconocía las fronteras de la URSS y la URSS se comprometía a respetar los derechos humanos. Un verdadero caballo de Troya que los disidentes supieron usar. Formaron grupos de Helsinki en Moscú, Ucrania, Lituania, Georgia, Armenia que mandaban información a los 35 países que habían firmado los acuerdos. En diciembre de 1975 Andréi Sájarov recibió el Nobel de la Paz. El precio pagado por los disidentes fue muy alto. Una durísima represión se desató en 1977: en promedio los arrestados recibieron siete años de campo de trabajo, seguidos de cinco de exilio interior. Claramente la URSS no pensaba aplicar los acuerdos, pero lo único que hizo fue fabricar mártires. Cuando Sájarov condenó la invasión de Afganistán en diciembre de 1979, después de largos debates, decidieron exiliarlo a la ciudad cerrada de Gorki (hoy Nizhni Nóvgorod). Anatoli Márchenko y Vasil Stus murieron en el campo. En septiembre de 1982, el grupo de Moscú anunció que dejaba de existir, los miembros de todos los otros grupos se encontraban en la cárcel, en el campo de trabajo o en exilio. El KGB triunfó cuando salió el número 65 y último de la Crónica de los acontecimientos contemporáneos. Victoria pírrica, el samizdat seguía más fuerte que nunca y gozaba de la atención internacional. El Kremlin definitivamente había perdido el monopolio de la información.

Alexander Podrabinek nació en 1953 en una familia disidente, por lo que tanto él como su hermano fueron deviant cases que no fueron al Komsomol, la asociación juvenil comunista. Debido a ello él, hijo de médico y nieto de un “enemigo del pueblo” liquidado en 1937, no pudo estudiar medicina y se quedó como enfermero. Disidente a los veinte años, elaboró rápidamente un libro, Medicina punitiva, publicado como Punitive medicine por la Universidad de Michigan en 1977. En 1977 fundó la Comisión de Investigación sobre el Uso de la Psiquiatría con fines políticos. El KGB les ofreció a él y a su padre salir del país. Se negaron y Alexander, arrestado en 1978 y condenado, pasó siete años en el extremo noreste de Siberia, en Yakutia. Su hermano Kirill fue también al gulag. Liberado en 1986, apoyó la perestroika y se lanzó al periodismo. En la Rusia actual sigue trabajando como periodista, activista y defensor de los derechos humanos; conturbado varias veces por el FSB, no bajó nunca la guardia; en 2022 condenó la “Operación Militar Especial” lanzada por Putin contra Ucrania. En YouTube tiene su canal “Alexander Podrabinek” y en Facebook tiene 22 mil seguidores. Hoy en día es uno de los escasos opositores públicos en Rusia.

Su libro es mucho más que las “memorias de un disidente soviético”, porque, si bien habla de Alexander, presenta a muchos disidentes que conoció personalmente, en libertad y en los campos, de modo que completa de manera muy humana la obra de Benjamin Nathans. Dos temas son muy importantes: los métodos para quebrar al preso –hambre, frío, aislamiento, que él resistió a pesar de los ciento quince días consecutivos que pasó en una célula punitiva– y la psiquiatría como instrumento de represión. A partir del capítulo 55 narra no solo su experiencia y su resistencia victoriosa a los intentos de quebrarlo, sino también la de otros compañeros. Por ejemplo, de un joven yakuto cuyo nombre no supo, en una celda vecina, que resistió hasta su muerte un 7 de noviembre “cuando el país celebraba un aniversario más de la Revolución de Octubre”. Conoció a Vladimir Shelkov, dirigente adventista que a sus 85 años había pasado 25 años tras las rejas. Nacido en Ucrania en 1895, había sido arrestado por primera vez en 1931: cuatro años de campo; luego en 1945 fue torturado y condenado a muerte por un tribunal militar, pena cambiada a diez años de gulag. Arrestado otra vez en 1957, después de dos años en libertad, pasó otros diez años en campos donde conoció disidentes como Alexander Ginzburg. Para evitar el arresto siguiente, vivió nueve años en la clandestinidad hasta que el KGB lo encontró en 1978 y le dio cinco años en Yakutia, cuando cumplía 83. Fue entonces que Podrabinek lo conoció en el hospital donde moría lentamente, ambos tenían tuberculosis. El KGB le ofrecía la libertad si renegaba de su fe. No aceptó y murió serenamente el día de su cumpleaños 85, en 1980.

Vazif Meylanov (1940-2015) es otro héroe. Miembro de la etnia lezgui de Daguestán, matemático, filósofo, disidente y preso político de 1980 a 1989, fue condenado por haber protestado en solitario, durante diecisiete minutos, con una pancarta que denunciaba el arresto de su admirado Sájarov. Se negó a trabajar en el campo y pasó por las etapas del suplicio: hambre, frío y el aislamiento en la celda especial. Estaba en el siniestramente famoso campo de Perm-35, por donde pasaron muchos disidentes, como Bukovski y el P. Gleb Yakunin, donde murieron Anatoli Márchenko y Vasil Stus, el gran poeta ucraniano. Se negó a trabajar porque afirmaba que él era un preso político. Del 10 de abril de 1981 hasta junio de 1982 se quedó en el apando, con algo de pan y agua cada dos días. Persistió. En los tres años siguientes estuvo castigado trece veces; seis en el apando. Entre 1985 y 1986 pasó catorce meses en ese pozo. En 1987 siguió resistiendo hasta que lo soltaron para exiliarlo hasta Yakutia. Nunca dejó de escribir en samizdat. Fue rehabilitado en 1990 y siguió luchando por la justicia hasta que resultó víctima de Alzheimer.

Alexander Podrabinek empezó a recoger información sobre la represión psiquiátrica cuando tenía veinte años y cuando esa terrorífica forma de control totalitario no se conocía dentro ni fuera de la URSS. Quien resistía al régimen podía ser condenado como enfermo mental. En su Manual de psiquiatría el doctor Andréi Snezhnevsky definía así la patologización de la disidencia: “Tensión afectiva e interpretación ilusoria por el paciente de palabras y acciones de gente que lo rodea pueden, durante el combate por sus ‘derechos’, causar actos socialmente peligrosos.” En 1970, el especialista en genética Zhores Medvedev fue declarado loco por su libro Ascenso y caída de T. D. Lysenko (1969); el escándalo fue tal que lo soltaron a las tres semanas. El general Grigorenko, Natalia Gorbanévskaya, Vladímir Bukovski, Vadim Delaunay, Irina Belogorodskaya y muchos otros no tuvieron esa suerte.

La víctima estaba sometida a la administración de medicina durante años, para transformar su conducta; algunos murieron durante el “tratamiento”. El joven Podrabinek, en su calidad de enfermero, pudo apoderarse de los apuntes de Vladímir Gershuni, preso en el Hospital Psiquiátrico Especial Orlov, y los publicó en la Crónica de los acontecimientos contemporáneos. Gershuni (1930-1994) había sido condenado a diez años de gulag en 1949; liberado después de la muerte de Stalin, el joven poeta entró en disidencia y dio documentos a Solzhenitsyn, que estaba armando su Archipiélago. En 1969 fue internado en el Instituto Psiquiátrico Serbsky de donde salió en 1974. Siguió luchando, de modo que lo internaron otra vez de 1982 a 1987. Después de escribir su libro sobre la Medicina punitiva, Podrabinek formó un grupo para informar al mundo sobre ese mal uso de la psiquiatría y también para visitar a los internados. Fue arrestado en 1978 y exiliado en Ust-Nera, Yakutia, hasta 1985.

Semyon Gluzman, nacido en Ucrania en 1946, era un joven médico psiquiatra cuando fue condenado a siete años de gulag en 1971. ¿Su crimen? Había leído en samizdat el expediente psiquiátrico del general Grigorenko que Vladímir Bukovski había logrado conocer y enviar a psiquiatras europeos. Se escandalizó al ver que el autor del falso diagnóstico era el doctor Daniil Lunts (del KGB). El abuelo de Semyon había sido asesinado por los nazis en 1941 en Babi Yar. Lunts era judío como los Gluzman. Por el honor de la medicina y de los judíos, Semyon, con la ayuda de la familia de Grigorenko, hizo su propio diagnóstico y lo mandó a Andréi Sájarov: en seguida lo arrestaron y lo enviaron al campo Perm-35 donde conoció a Bukovski. Entre los dos escribieron un Manual sobre psiquiatría para disidentes que circuló en samizdat en 1974 antes de ser publicado en varios idiomas. Al término de su pena, el KGB le ofreció salir para Israel. Se negó. En 1991 fundó la Asociación Ucraniana de Psiquiatría. Acaba de morir en febrero de este año.

Resulta que, el pasado marzo, el ruso Ilya Remeslo fue internado, como muchos disidentes, en el hospital psiquiátrico número 3 de San Petersburgo, que lleva el apellido de Iván Skvortsov-Stepánov, el creador de la censura política soviética. Ilya Remeslo era un famoso bloguero propagandista del Kremlin; había saludado con entusiasmo la anexión de Crimea y la guerra del Donbás, antes de apoyar la invasión de Ucrania en 2022. Pero el 17 de marzo publicó en Telegram “Cinco razones por las cuales he dejado de apoyar a Vladímir Putin”. Afirmaba que Putin era ya un presidente ilegítimo, que debía renunciar y ser juzgado por crímenes de guerra y robos; que llevaba una guerra sin salida para satisfacer sus propias inseguridades; que mataba el internet y la libertad de prensa; que la corrupción iba a la par de su poder absoluto.

La sorpresa fue tal que muchos lectores pensaron que su sitio había sido pirateado. No. Al otro día, afirmó “soy yo” y añadió una sexta razón: el gusto loco de Putin por el lujo. Además, escribió a The Guardian que no podía callarse, que había que atreverse a criticar porque, sin eso, Putin no pararía nunca. “Tengo cierta responsabilidad porque he sostenido a este régimen y contribuido a su mantenimiento. Sé lo que me espera.” El regreso a la represión psiquiátrica coincide con la exaltación por Vladímir Putin de Félix Dzerzhinski, “Félix de Hierro”, el fundador de la Cheka. Como he señalado, Putin había liquidado, en vísperas de su “Operación Militar Especial” de 2022, el Grupo Helsinki de Moscú, el Centro Sájarov y la asociación Memorial. En 2023, Vladímir Medinsky, exministro de Cultura y el hombre que escribe sus discursos, publicó un libro de texto donde menciona brevemente a los “dizque disidentes”. Entre 2022 y 2025, 20 mil personas han sido arrestadas y condenadas por haber protestado contra la guerra. Se cerró el círculo.

Por eso Benjamin Nathans advierte en su introducción que “la historia de la disidencia soviética ilumina un combate más universal entre la falta de esperanza y la perseverancia en el mundo contemporáneo. Somos los testigos de una nueva ola de autoritarismo político […]; nos enfrentamos a amenazas aparentemente imposibles de vencer”.

Como los disidentes, alzo mi copa “¡Al éxito de nuestra causa sin esperanza!”. ~

Benjamin Nathans

To the success of our hopeless cause. The many lives of the Soviet dissident movement

Princeton, Princeton University Press, 2024, 816 pp.

Alexander Podrabinek

Between prison and freedom. Memoir of a Soviet dissident
Notre Dame, University of Notre Dame Press, 2025, 448 pp.


1.    Václav Havel, Václav Havel or living in truth, Londres, Faber and Faber, 1986, p. 36.

2.    Podrabinek, Between prison and freedom. Memoir of a Soviet dissident, Notre Dame, University of Notre Dame Press, 2025, p. 10.

↩︎

3.    Texto completo en Nathans, pp. 85-86.

[Foto: Wikimedia Commons - fuente: www.letraslibres.com]

terça-feira, 28 de julho de 2026

O singular universo visual dO Bosco e Brueghel chegará á Fundación Barrié

A mostra traerá a Galicia 85 gravados, aguafuertes e xilografías procedentes da colección do museo Boijmans Van Beuningen

Brueghel representou escenas satíricas e humorísticas que captaban a atención das clases populares. 

Escrito por David Cofán 

A arte neerlandés e flamenco actuou como bisagra entre a época medieval e a Idade Moderna. A través de novos formatos e temáticas conseguiron democratizar a arte expandindo o seu consumo a un público cada vez maior. Dous expoñentes desta revolución artística son O Bosco e Pieter Brueghel o Vello, mestres que serán protagonistas da próxima exposición da Fundación Barrié.

Do 23 de outubro ao 24 de xaneiro do 2027, O Bosco e Bruegel. Unha viaxe a mundos fantásticos permitirá coñecer de primeira man o fascinante universo visual de ambos os artistas dos séculos XV e XVI a partir de 85 gravados, aguafuertes e xilografías procedentes da prestixiosa colección do Museo Boijmans Van Beuningen, de Róterdam. O visitante poderase mergullar na destreza de ambas as personalidades, descubrindo escenas cargadas de simbolismo, humor e enxeño, á vez que ofrece unha visión das técnicas e prácticas do gravado practicado en Europa durante o século XVI, sendo Anveres o seu principal centro de produción e difusión.

Aínda que O Bosco non foi un artista gráfico, as súas peculiares escenas de monstros e demos fixeron fortuna no gravado. Tanto foi así, que o novo soporte puxo de moda ao pintor medio século despois do seu falecemento. Ao atoparse a maioría das súas pinturas en coleccións privadas, os editores de Anveres lograron satisfacer a demanda comercializando baixo o seu nome estampas similares á súa obra. No entanto, foi Brueghel quen deu un paso máis aló e, nos seus inicios, imitou o estilo dO Bosco con tanta destreza que chegou a ser coñecido como «o segundo Bosco».

Antes de ser encomiado polas súas pinturas, Brueghel especializouse neste xénero ao momento que ofrecía temáticas innovadoras que pronto se fixeron moi soados.  

A beleza do cotián  

Audaz, puxo no centro dos seus gravado as escenas cotiás, facendo unha arte accesible para todos desde o cal, por primeira vez, as clases populares podían verse representadas a través do humor ou a sátira. A mostra pon de relevo a ruptura coas convencións artísticas da época ao centrar a atención no absurdo do comportamento humano.  

En palabras do comisario, Peter van der Coelen, «é a primeira exposición dedicada integramente aos gravado inspirados nO Bosco e creados por Brueghel e os seus contemporáneos, obras que pon de manifesto a imaxinación e a innovación que definiron a arte neerlandés nos séculos XVI e XV. Inventaron imaxes inéditas e compartiron ideas que traspasaron os límites dos seus talleres e invítannos a ver o mundo doutro xeito».

 

[Imaxes: Studio Buitenhof - fonte: www.lavozdegalicia.es ]