sexta-feira, 16 de outubro de 2026

Gaza / Israël : le dernier rapport de Francesca Albanese sur la responsabilité des médias dans le génocide toujours en cours à Gaza

 

Photo extraite de cette note de la BBC intitulée « Le tribunal de l'histoire nous jugera. Et son verdict sera impitoyable envers ceux qui nient le génocide à Gaza. »: Francesca Albanese, rapporteuse de l'ONU », édition du 19 décembre 2024

Écrit par Nicolas Boeglin

Trois ans après le début des opérations de destruction totale de la bande de Gaza menées par Israël, en « représailles » à l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023, dont nous avions alerté la dérive insensée menée par Israël dès les premiers jours accompagnée de discours incendiaires de la part de ses plus hautes autorités (Note 1), les experts et divers organes des Nations Unies qualifient ces opérations militaires de génocide, toujours en cours, en ce mois d’octobre 2026. Face au drame indicible qui sévit, la responsabilité du traitement de l´information soulève des questions tout à fait légitimes : lorsqu’il s’agit d’expliquer au monde ce qui se passe à Gaza, l’impression de bien des observateurs est que des consignes sont partagées au sein de nombreuses rédactions des grand médias, notamment occidendaux.

On reproduit en tout ou partie le narratif des autorités israéliennes, on laisse planner un doute sur toute information provenant directement de personnes vivant à Gaza, et sur celle provenant d’experts invités sur des plateaux de televisión ou de la radio, en particulier lorsqu’ils utilisent certaines qualifications juridiques qui déplaisent en Israël : l´ »expert » invité cesse soudain de l´être, et c’est alors le journaliste qui le devient, comme cela est arrivé sur France Culture (voir cette note de Arrêt sur Images), une émission parmi bien d’autres. Enfin, on minimise par des éléments de langage, la souffrance de la population civile palestinienne. On omet aussi de signaler que l’aide humanitaire urgente dont a besoin cette population exténuée vivant dans des abris de fortune est bloquée par Israël depuis trois ans, mais l’on insiste avec des images qui font le tour du monde lorsque seuls quelques convois humanitaires peuvent y entrer. Bien évidemment, les accusations portées par Israël font les grand titres : à ce propos, un entretien édifiant avec le patron de l´UNRWA reálisé le 14 octobre 2026 par Médiapart en France montre qu’aucune des accusations dont l’agence onusienne a été victime (tunnels du Hamas sous ses installations et ses écoles, embrigadement des ses employés par le Hamas, participation directe de 12 puis de 19 employés de l´UNRWA aux attaques menées le 7 octobre 2023 …) n´a reposé sur des preuves quelconques apportées par Israël vérifiables (voir video).

Quant aux chiffres exact concernant le nombre de victimes, dès le mois de novembre 2023, une des grandes spécialistes en France sur le Moyen Orient avait dénoncé « l’indécence » de les mettre systématiquement en doute, lors d’un émission télévisée (voir video). Indécence? C’est bien le mot utilisé : indécence, que nous n’avons pas eu à utiliser au Costa Rica face aux diplomates israéliens qui ont simplement hoché la tête sur ce point précis (Note 2). Récemment dans son allocution devant le Conseil de Sécurité (15 octobre 2026), le représentant palestinien a exposé une nouvelles fois l’indécence de certains concernant la mis en doute des chiffres des victimes palestiniennes (voir video).

La manière très particulière dont diverses agences de presse internationales et divers médias, tant nationaux qu’internationaux, ont « informé » le monde pendant ces trois années depuis le 7 octobre 2023, tendant à minimiser les exactions commises par Israël à Gaza, est analysée dans le dernier rapport de la rapporteuse spéciale sur le territoire palestinien occupé, la juriste italienne Francesca Albanese.

Son rapport se concentre sur trois aspects particuliers : d’abord sur l’élimination physique des journalistes palestiniens et des mesures visant à les intimider, sur le contrôle absolu de l’information en Israël sur ce qui se passe à Gaza, et enfin, sur un domaine qui devrait (enfin…!) soulever quelques débats houleux en Europe et aux Etats Unis ainsi qu’au Canada : la reproduction en mode automatique par les médias occidentaux et par les plateformes numériques, du narratif israélien consistant  à légitimer les crimes commis et à faire des analyses sur la situation  à Gaza avec des éléments de langage empruntés à ce narratif.

Francesca Albanese est un femme plus que courageuse : elle a cette fois la bravoure dans ce rapport de démontrer la complaisance des grands médias internationaux visant a déshumaniser les palestiniens, afin de rendre bien plus acceptable ce qui est inacceptable de tout point de vue. Son rapport ne lui fera pas que des amis au sein des directions de grand médias internationaux cités dans certaines notes en bas de page. 

Le rapport : quelques extraits 

Le rapport de Francesca Albanese s’intitule « La vérité sous les décombres : les médias à l’heure du génocide ». Le texte intégral de ce rapport A/81/249 est disponible ici. Sa lecture intégrale est recommandée. Le communiqué de presse officiel du Haut Commissariat pour les Droits de l´Homme disponible ici est du 21 juillet 2026. Or, une recherche rapide sur n’importe quel moteur de recherche sur la toile montre que ce dernier rapport de Francesca Albanese n’a pratiquement pas été diffusé dans les grands médias internationaux, bien qu’il ait été traduit dans toutes les langues officielles des Nations Unies : cette omission devrait pouvoir un jour donner lieu à une explication en bonne et due forme.

Aux paragraphes 14-15 de ce rapport, on peut lire que :

14. Depuis octobre 2023, les forces israéliennes ont tué près de 300 journalistes et en ont blessé plus de 400. Si certains ont été tués lors d’attaques aveugles contre des zones civiles, environ 70 ont été tués dans le cadre de représailles engagées du fait de leur activité professionnelle. Beaucoup portaient des gilets et des casques de presse, transportaient du matériel ou se trouvaient dans des véhicules et des tentes clairement identifiés, ce qui, plutôt que de permettre à l’armée israélienne de repérer et de protéger les professionnels des médias, a facilité leur prise pour cible.

15. Israël justifie le fait de prendre pour cible des journalistes en les faisant passer pour des combattants. En droit international humanitaire, les journalistes ne perdent la protection dont bénéficient les civils que s’ils participent directement aux hostilités, et la charge de la preuve incombe à l’agresseur ; il existe une présomption du statut de civil. Ni l’affiliation, ni la situation professionnelle, ni les opinions exprimées n’atteignent le seuil de la participation aux hostilités. Israël inverse cette norme, en qualifiant les journalistes de « terroristes » ou d’« agents du Hamas » – souvent à titre posthume et sur la base de preuves non divulguées ou discréditées – afin de légitimer des homicides illicites”.

On lit également aux paragraphes 39-41 que:

“ 39. Les infrastructures de télécommunications sont réputées être des infrastructures civiles en droit international humanitaire, et l’argument générique avancé par Israël selon lequel la connectivité servirait les intérêts du Hamas ne saurait ni réfuter cette présomption ni satisfaire aux conditions devant être réunies pour justifier une attaque dirigée contre un bien de caractère civil. Ces attaques contre les infrastructures et les travailleurs des télécommunications constituent donc des attaques illicites contre des civils et des biens de caractère civil. En coupant à plusieurs reprises les communications, Israël isole inévitablement la population civile, entravant ainsi l’accès aux informations vitales, aux alertes en cas d’attaque et aux services d’urgence, tout en violant le droit du public à rechercher et à recevoir des informations.

40. Les journalistes cherchent d’autres recours pendant les coupures de communication : ils utilisent des cartes e-SIM étrangères ou se connectent aux réseaux égyptiens ou israéliens, qui ne sont accessibles que dans certaines zones – principalement près des frontières –, tout en étant d’un coût prohibitif et sujets à des saturations fréquentes. Lorsqu’ils les utilisent, ils exposent leur localisation, ce qui augmente le risque d’attaque.

41. Les assassinats de journalistes identifiés, les frappes visant leur domicile et leur famille, ainsi que la destruction d’infrastructures médiatiques et de télécommunications au caractère civil présumé constituent des crimes de guerre, à savoir des meurtres délibérés et des attaques intentionnelles contre des civils et des biens de caractère civil. Le fait de prendre délibérément pour cible les proches des journalistes afin d’empêcher la diffusion d’informations constitue en outre une punition collective interdite et une forme d’intimidation contre des personnes protégées. Ces actes s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique dirigée contre la population civile de Gaza. Dans ce contexte, les assassinats de journalistes et leur persécution en raison des opinions politiques qui leur sont attribuées constituent des meurtres et des persécutions constitutifs de crimes contre l’humanité. Cependant, se contenter d’analyser ces actes uniquement sous le prisme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité reviendrait à donner une vision incomplète de la situation. Dans le cadre du génocide en cours, l’élimination systématique des témoins médiatiques et la destruction des moyens de documentation constituent des preuves de l’intention génocide. Ces actes révèlent une volonté non seulement de détruire un groupe protégé, mais aussi d’éliminer les conditions permettant de constater, de documenter, de garder en mémoire et, à terme, de juger cette destruction”.

Le paragraphe 66, qui devrait intéresser certaines salles de rédaction en Europe, mais aussi certaines associations et syndicats de journalistes, se lit quant à lui ainsi:

“66. L’accès produit l’influence. Une analyse de contenu montre que les médias occidentaux puisent abondamment dans des sources israéliennes, les responsables et les groupes de pression israéliens bénéficiant d’un accès privilégié aux dirigeants des médias, notamment à la BBC. Les lignes éditoriales internes montrent comment cette influence se traduit concrètement. Le manuel éditorial de la BBC, par exemple, exclut Gaza de la liste des territoires occupés et reprend la description « privilégiée » par le Gouvernement israélien, lequel qualifie la Cisjordanie et Gaza de territoires « contestés », sans préciser que cela est contraire au droit international. La BBC avance également l’affirmation trompeuse selon laquelle « les avant-postes ne sont pas des colonies » et qu’ils sont « très différents », car ils ne sont pas autorisés par le Gouvernement israélien et « passent outre » ce dernier. Or, différents gouvernements israéliens ont protégé et légalisé rétroactivement des avant-postes illégaux, élargissant ainsi la colonisation illégale. De la même manière, des directives du New York Times qui ont fuité recommandent la prudence quant à l’utilisation de termes tels que « génocide », « nettoyage ethnique » et « territoire occupé », et enjoignent aux journalistes de n’utiliser le terme « Palestine » que « dans de très rares cas »”

Le paragraphe 72 explique enfin que:

“72. Lorsque certains faits ne pouvaient plus être niés ni « camouflés », les médias ont souvent omis ou minimisé la responsabilité d’Israël. Une analyse de contenu a révélé que la BBC l’avait fait dans 83 % des gros titres concernés et le New York Times dans 65 % d’entre eux. Un exemple frappant est celui du meurtre de Hind Rajab par les forces israéliennes, que la BBC continue de présenter sous le titre : « Hind Rajab, 6 ans, retrouvée morte à Gaza quelques jours après avoir lancé des appels à l’aide »”.

Les recommandations du rapport (paragraphes 94-99) sont sans appel, et concluent en indiquant clairement que :

“99. Les organisations de journalistes, la société civile et le grand public devraient défendre celles et ceux qui dénoncent les atrocités, exiger que les responsables rendent des comptes et continuer à appeler l’attention sur le sort des journalistes détenus et disparus ; ils ne devraient jamais oublier que le journalisme cesse de remplir sa mission d’intérêt public lorsqu’il se borne à relayer les affirmations du pouvoir en place au lieu de les passer au crible”. 

Quelques réflexions sur le travail inébranlable de Francesca Albanese 

La lecture intégrale de ce dernier rapport est recommandée pour mieux comprendre le processus de déshumanisation des victimes palestiniennes auquel se sont livrées d’innombrables salles de rédaction à travers le monde, ainsi que l’instrumentalisation politique de la souffrance des victimes israéliennes de l’attaque perpétrée le 7 octobre 2023 par les autorités israéliennes actuelles (et leurs relais aux en Europe, aux Etats Unis et au Canada).

Le manque de solidarité manifesté par d’importantes associations de professionnels des médias envers les journalistes délibérément assassinés par Israël à Gaza, mais aussi au Liban, met en évidence le niveau auquel certains dirigeants de ces organisations (y compris les associations de presse en France) ont pu s’abaisser. Soit dit en passant, on n’a pas beaucoup lu, pendant trois longues années, de la part des associations de professionels en médecine, de communiqués concernant la situation qui règne à Gaza, la destruction systématique du réseau hospitalier et des ambulances, l’assassinat délibéré de médecins palestiniens ou leur incarcération injustifiée par Israël, ni le fait que Gaza concentre le plus grand nombre d’enfants amputés dans le monde.

Malgré une intense campagne de dénigrement menée contre la juriste Francesca Albanese par les États Unis et Israël, relayée par des cercles d’influence proches de ces pays, l’Espagne lui a décerné, en mai 2026, la plus haute distinction de l’Ordre du Mérite civil (voir le communiqué du Palais de la Moncloa). Il s’agit d’une reconnaissance par l’Espagne qui pourrait bien inspirer de nombreux autres États et entités à travers le monde, compte tenu de la puissance de ses rapports et surtout de la justesse de ses analyses, et ce depuis son tout premier rapport intitulé « Anatomie d’un génocide » et présenté en 2024 (voir hyperlien). 

Dans le cas du Costa Rica, la Universidad de Costa Rica (UCR) lui a décerné sa plus haute distinction, le doctorat honoris causa, qu’elle devrait venir recevoir dans les prochains mois (voir l’article du Semanario Universidad de mars 2026) : sa venue au Costa Rica suscite quelques craintes au vu de l’alignement des actuelles autorités du Costa Rica avec Israël et son allié inconditionnel étasunien (Note 3). En avril 2025, on a signalé une tentative de la part d’un ancien étudiant de l’UCR visant à remettre en cause la validité de cette décision du Conseil universitaire de l’UCR, tentative qui, comme on pouvait s’y attendre, a échoué (voir la note du Semanario Universidad). On ignore les chiffres précis concernant le nombre de diplômés de l’UCR, pour évaluer la pertinence des « démarches » entreprises par un seul diplômé contre la décision de la plus haute instance au sein de l’UCR. 

En guise de conclusion 

Ce nouveau rapport de Francesca Albanese devrait interpeller la profession du journalisme dans de nombreuses régions du monde et ouvrir un débat au sein de certains salles de rédaction. Il est fort probable qu’il expose son autrice à de nouvelles campagnes menées par Israël et les États-Unis (ainsi que leurs cercles d’influence) visant à l’intimider et à la discréditer, cette fois-ci  (espérons que non…) avec la complicité de certaines rédactions des médias cités dans son rapport.

En février 2026, une « fake news » avait servi de prétexte à la France pour annoncer officiellement qu’elle l’accuserait devant les Nations Unies : un montage somme toute assez grossier auquel se sont prêtées les autorités françaises actuelles, analysé dans cet article de ce média numérique. Sans se laisser intimider le moins du monde, dans sa « Réponse à mes détracteurs », publiée dans Le Monde Diplomatique (disponible ici) un mois plus tard, Francesca Albanese a mis en évidence à quel point la diplomatie française peut parfois se montrer malléable lorsqu’il s’agit d’accuser ceux qui critiquent l’action insensée d’Israël à Gaza sans aucun fondement. Sauf erreur de notre part, à ce jour le mot “excuse officielle” de la part du Quai d´Orsay est toujours en mode “attente”. À la suite de cette bourde de la part des plus hautes autorités françaises, l’association JURDI a d’ailleurs déposé une plainte devant la justice française contre les autorités françaises pour diffusion de fausses informations (voir son communiqué, dont la lecture est fortement recommandée).

Récemment, la technique consistant à intimider les voix critiques à l’égard de ce qui se passe à Gaza et les journalistes d’investigation israéliens s’est à nouveau confirmée dans le cas des réalisateurs du documentaire « Naza », présenté lors de la Biennale de Venise de 2026 et qui a suscité une longue ovation de la part du public : ce documentaire effraie non seulement les milieux politiques et militaires en Israël, comme le souligne le titre même de cet article publié dans Magazine+972 en Israël. On notera, pour revenir au Costa Rica, que la projection de « Naza » ces jours prochains a donné lieu à des manoeuvres assez grossières afin de dénigrer les directeurs des salles qui ont accepté de le projeter (voir note de Doble Check de la UCR et intitulée « Impact Channel fabricó noticia sobre presión para exhibir ‘Naza’ en Cine Magaly »).

Des manoeuvres similaires devraient voir le jour contre Francesca Albanese : et ce ne serait pas la première fois qu’on cherche à réduire Francesca Albanese au silence et à l’intimider. En effet, en juillet 2025, nous avions eu l’occasion d’analyser, dans un article publié sur le site de la UCR, les sanctions insolites adoptées par les États-Unis à l’encontre de cette courageuse juriste italienne, intitulé « Gaza-Israël : depuis un Costa Rica indifférent, notes sur les sanctions des États-Unis contre Francesca Albanese ». Un texte (Note 4) dans lequel nous concluions déjà à l’époque en soulignant que :

«Les vociférations et gesticulations de toutes sortes, désormais habituelles, auxquelles Israël et l’actuelle administration américaine ont eu recours pour discréditer le travail de Francesca Albanese, n’impressionnent plus guère, sauf dans certains petits cercles gravitant autour des ambassades d’Israël. »

Inébranlable et infatigable dans sa lutte en vue d’obtenir une justice pour les victimes d’atrocités, telles sont également les qualités qui ont récemment été reconnues à une juriste hors pair lors de l’attribution du prix Nobel de la paix, le 9 octobre dernier, à la juge sud-africaine Navanethem Pillay (plus connue sous le nom de Navi Pillay) : ce prix prestigieux vient récompenser son travail en faveur du droit et de la justice pour les victimes. Il faut se rappeler que Navi Pillay ces dernières années a été appelée à présider la Commission d’enquête indépendante sur la situation en Palestine, dont les rapports sont disponibles depuis 2021 ici. L’une de ses premières interventions publiques après le 7 octobre 2023 (en avril 2024) résonne comme un avertissement clair, resté sans écho auprès de nombreux Etats : voir à ce sujet le texte intégral de son intervention. Dans le rapport de septembre 2025, les conclusions de cette commission étaient sans appel : ce à quoi on assiste à Gaza est clairement un génocide (voir l’hyperlien officiel et le texte du rapport présenté à cette occasion). 

– – Note – –

Note 1: Dès le mois d´octobre 2023, nous avions eu l’occasion d’alerter sur le fait que la réaction israélienne allait rapidement dégénérer et que le « siège total » annoncé par ses plus hautes autorités militaires allait se confirmer, et s’amplifier avec le bombardement de zones densément peuplées de Gaza : voir BOEGLIN N., « Voz experta: Ataque de Hamás desde Gaza y el « asedio total » de Gaza anunciado como respuesta israelí« , site officiel de la UCR, édition du 30 octobre 2023. Texte intégral disponible ici. Une version antérieure avait été publiée dans ElMundo.cr, et ce dès le 10 octobre 2023 (voir texte).

Note 2: Au jours 52 depuis le 7 octobre 2023, nous avons eu l’occasion d’expliquer au consul d’Israël au Costa Rica que cet argument n’avait plus aucune validité (vu la précision des chiffres avancés par le Hamas sur le décompte des victimes mortelles lors des offensives militaires de 2009 et 2014 avec ceux apportés par les commissions d’ enquête des Nations Unies postérieurement crées) ce qui a apparemment mis ce dernier mal à l’aise puisqu’il n’a pas souhaité poursuivre la discussion sur ce point, lors d’une émission de radio à laquelle il a participé en novembre 2023 : voir la vidéo, après que l’animateur eut lancé au diplomate israélien : « Amir, Amir, ne m’obligez pas à vous traiter de menteur », à partir de 2 h 03 min 40 s.

Note 3: Cet alignement est mis en évidence avec l´initiative de la nouvelle Présidente depuis le mois de mai 2026 concernant le transfert de l´ambassade du Costa Rica en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem et la volonté d’ approuver un Accord de Libre Echange (ALE) signé le 8 décembre 2025 entre le Costa Rica et Israël. Voir cet article paru dans El Pais (Espagne) au mois de mai 2026 sur le sujet et notre note publiée en septembre 2026 et intitulée: « Se puede fomentar el libre comercio … ¿ignorando obligaciones jurídicas internacionales? A propósito del trámite de aprobación del TLC entre Costa Rica e Israel« , disponible dans son intégralité ici. Fort peu relayés dans les grand médias au plan international sont aussi le fait que l’ancien Président du Costa Rica entre 2022-2026 est le seul chef d’Etat s’étant moqué publiquement de la tragédie indicible des populations civiles de Gaza (voir note du Semanario Universidad du 4 juillet 2025) et le fait que le seul Ministre des Relations Extérieures en fonction ayant obtenu le prix « Jérusalem » est le chef de la diplomatie du Costa Rica entre le mois de mai et septembre 2026 (voir communiqué officiel du Ministère des Relations Extérieures du Costa Rica en date du 24 aout 2026).

Note 4: Cf. BOEGLIN N.,  « Voz experta: Gaza-Israel: desde una Costa Rica omisa, apuntes sobre las sanciones de Estados Unidos contra Francesca Albanese« , site de la UCR, édition du 22 juillet 2025. Texte intégral disponible ici.

 

Derecho Internacional

 

[reproduit sur www.groupegaullistesceaux.fr]



JOHANN CHAPOUTOT, historiador: «El pueblo nunca votó mayoritariamente a los nazis. A Hitler lo auparon militares y empresarios»

No es fácil concertar una cita con Johann Chapoutot, el autor de Los irresponsables. ¿Quién llevó a Hitler al poder?, libro que, desde que se publicó en febrero de 2025, se ha convertido en un éxito comercial inesperado, con más de 70.000 ejemplares vendidos en Francia y traducciones a múltiples idiomas. Año y medio después no parece haber día en que el historiador de La Sorbonne, que nació hace 48 años en un pueblo pescador de Provenza, no aparezca en varios canales de la esfera pública francesa. 

Johann Chapoutot

Escrito por Sebastiaan Faber

Es lógico. El 10 de septiembre, Chapoutot publicó La Bascule (El balancín), que retoma el relato donde lo dejó Les Irresponsables. El libro salió cuatro días después de que la ultraderechista Alternativa por Alemania (AfD) registrara una victoria electoral histórica –un 44 por ciento– en el estado de Sachsen-Anhalt. En abril y mayo, Francia celebrará sus propias elecciones presidenciales, en las que participará Marine le Pen, la líder del ultraderechista Rassemblement National, quien, a pesar de su reciente condena por corrupción, encabeza los sondeos con más de un 30 por ciento de la intención de voto. Los franceses, en fin, buscan explicaciones y consejos, y Johann Chapoutot está encantado de dárselos. Como escribe en el epílogo a La Bascule: “Nos guste o no, la historia de 1933 nos habla”.

Los libros anteriores de Chapoutot, que se centraban en las raíces culturales y filosóficas del nazismo, levantaban polémica porque identificaban las huellas del nazismo en el presente mundo neoliberal. Así, Libres para obedecer. El management desde el nazismo hasta hoy (2020), vincula el pensamiento nazi con la cultura empresarial del siglo XXI. Les Irresponsables, en cambio, es una obra de historia política: abarca el período desde marzo de 1930 a enero de 1933, cuando el bloque liberal-autoritario alemán –en el que se reunían intereses empresariales, partidos conservadores y nacionalistas, medios reaccionarios y élites tradicionales– se preocupó ante su pérdida de apoyo popular y decidió intentar conservar el poder del modo que fuera. Acabó no solo por aliarse con la extrema derecha sino por instalarla en el poder. La Bascule narra los seis meses siguientes, del 30 de enero al 14 de julio de 1933, en los que se produjo la propia toma del poder de los nazis.

Entre ambos libros, Chapoutot propone tres argumentos centrales. Primero demuestra que, en contra de lo que se suele afirmar, nunca hubo una mayoría electoral alemana que apoyara a los nazis. Segundo, explica que estos solo pudieron hacerse con el poder porque las élites –unas élites altamente irresponsables– les allanaron el camino. Tercero, recalca la importancia de investigar estos hechos históricos de forma rigurosa en la medida en que nos permiten comprender nuestro propio presente político. El propósito de La Bascule, escribe en el epílogo, ha sido explicar, “retroiluminado por la actualidad que desfilaba ante nuestros ojos atónitos”, cómo “una banda de granujas incompetentes, corruptos y violentos, halagados, financiados y sostenidos por todos los colaboradores que el capitalismo es capaz de encontrar, hacía bascular a un país hacia el fascismo”. Y: “Si alguien todavía se preguntaba cómo pudieron actuar los nazis, con toda serenidad, entre 1933 y 1939 ha tenido la respuesta casi a diario desde enero de 2025”.

Para los medios franceses, Chapoutot es el invitado ideal. Se expresa de forma clara y comprensible, no rehúye las aseveraciones polémicas y logra transmitir la relevancia –y la urgencia– de la investigación histórica. “Hoy como ayer”, escribe, “la ultraderecha seduce a una parte del electorado, pero no lo suficiente como para llegar al poder ella sola”. Subraya que “nada está escrito”: la historia, siempre contingente, nos da pistas que nos permiten evitar que se repita. Eso sí, hay que ponerse las pilas –las antifascistas, para entendernos–.

El profesor me atiende en francés, por videoconferencia, a finales de septiembre.

La historia política es para usted un campo relativamente nuevo.

En efecto. Mis libros anteriores a Les irresponsables se dedicaban a la historia cultural, partiendo de la idea de que vale la pena tomar en serio los discursos de los actores sociales. Trabajé sobre la visión nazi de la historia –en particular, del mundo clásico– y, posteriormente, sobre la normatividad nazi en el derecho y la filosofía moral. Solo hace dos años decidí interesarme por la forma en que los nazis se hicieron con el poder y cómo pudieron prosperar en él.

Algo tendría que ver la situación política que atraviesa Europa.

Evidentemente, como en toda historia, las preguntas que le planteo al pasado son las del presente. Y como ciudadanos europeos, estadounidenses u occidentales del siglo XXI, es comprensible que nos llame la atención la forma en que se crean los movimientos de extrema derecha y cómo se instalan en el poder.

Las sociólogas francesas Sarah Gensburger y Sandrine Lefranc sostienen que el auge de la extrema derecha en Francia y el resto de Europa pone de manifiesto el fracaso de la enseñanza de la historia y de las políticas de memoria, sobre todo con respecto al Holocausto.

Me parece que tienen toda la razón, sobre todo en la medida en que las llamadas “políticas de la memoria” suelen revestir, más bien, una forma de catecismo. Al hablar del “deber” de la memoria, al moralizar la relación con el pasado y al enfocarlo como una cuestión de valores, se acaba por desarrollar un discurso que está totalmente desvinculado de la realidad social que viven los alumnos, los estudiantes o los ciudadanos. Como historiador, considero que, más que formular un discurso sobre la memoria, es preferible, directamente, hacer historia. Y eso es lo que intento hacer en estas dos últimas obras. Trato de analizar una realidad histórica concreta, con los archivos en la mano, para hacerme una pregunta también muy concreta: ¿Quiénes fueron los actores sociales que decidieron que era pertinente, razonable, racional y deseable llevar a la extrema derecha al poder? Creo que la verdadera escuela de ciudadanía no es la recitación conmemorativa, que llega a ser una especie de versión degenerada de la religión –una religión, además, mecánica y bastante aburrida–; no, la verdadera escuela de ciudadanía está en el cuestionamiento activo, vivo, del pasado. Esto es, en hacer historia.

En su trabajo, identifica a los facilitadores del ascenso del nazismo: las élites económicas, el ejército, la Iglesia católica, las universidades, el funcionariado –incluida la judicatura– y la prensa. No sorprende que el gran capital prefiera un régimen no democrático a un gobierno democrático que pueda amenazar sus intereses. ¿Es posible que hoy desempeñe un rol similar?

Como demuestro en el libro, la patronal alemana de los años treinta cambió de bando con bastante rapidez, incluso antes de que los nazis llegaran al poder. Pero me parece que la patronal actual estaría menos dispuesta a aprobar una solución de este tipo. Por un lado, porque no deja de pesar la memoria de los años treinta y cuarenta, que, en este caso, se manifiesta como un vago remordimiento por la actuación del gran capital alemán bajo el nazismo. Por otra parte, hay una cuestión de interés inmediato, y es que la patronal alemana necesita la inmigración. Si no se sube al carro de la ultraderecha, en otras palabras, no es por ninguna sublime filantropía, sino simplemente por un cálculo oportunista.

En el relato que nos cuenta sobre la subida al poder nazi, no deja de chocar la complicidad de las universidades y la prensa.

Bueno, esto es importante verlo en el contexto de la época. Los universitarios en 1933 procedían de un grupo social muy reducido, en el que los valores –digamos– del progresismo y el universalismo no eran los más extendidos. Más bien eran personas procedentes de los sectores más conservadores de la sociedad, incluso los más reaccionarios. Como ya descubrí cuando estaba haciendo mi tesis doctoral sobre el nazismo y la Antigüedad, en el mundo universitario había excelentes antinazis que llegaron a ser auténticos nazis.

¿Y hoy?

Lo veo más difícil. En los años treinta, los universitarios tenían una concepción particularista de la cultura. Nosotros, en cambio, tenemos una concepción universalista. Después de 1945, y sobre todo en los años sesenta, se produjo una masificación de la educación superior, acompañada de una mayor diversidad social. Hoy tenemos una concepción más abierta del acceso a la cultura y una concepción más universalista de la inteligencia.

En Estados Unidos, sin embargo, hemos visto cómo muchas universidades se han plegado, casi sin chistar, a las exigencias de Trump.

Sí, pero es importante señalar que si las universidades son objeto de ataques por parte de la extrema derecha –como lo son las norteamericanas, pero también, por ejemplo, las argentinas– es precisamente por esos cambios que se produjeron desde los años sesenta. También es cierto que para los nazis fue más fácil atacar a las universidades. Hoy, los ataques se enfocan ante todo en los canales de financiación de la investigación. Y sí, la actitud de algunas universidades en Estados Unidos ha sido lamentable, aunque Harvard impugnó al Gobierno de Trump en los tribunales y ganó. También es importante recordar que ha habido amenazas explícitas contra ciertos investigadores, como a Mark Bray, un gran especialista en antifascismo, quien tuvo que abandonar Estados Unidos y refugiarse en España.

Los académicos están en primera línea de fuego.

La ultraderecha ha puesto a  los intelectuales en el centro de la diana, se han convertido en una fuerza de combate.  Y esto se aplica aún más, si cabe, al campo historiográfico. Por su enfoque de elucidación crítica, para la ultraderecha siempre constituirá un peligro, una presencia insoportable. Por tanto, siempre tendrá en la diana a las y los historiadores.

Usted no ha rehuido esa primera línea. Como intelectual público, ha asumido un papel destacado como analista crítico de la ultraderecha, tanto en Alemania como en Francia, subrayando sus vínculos históricos con movimientos nacionalsocialistas y fascistas.

Yo me considero un profesor e investigador de la Historia. Y este, para mí, no es un papel que se limite a mi universidad. En primer lugar, porque la enseñanza es un servicio público. Pero fíjate que, en Francia, además, el vínculo entre Historia y ciudadanía –y entre Historia y República– es consustancial. Recordemos que fue la Tercera República la que hizo obligatoria la enseñanza de la historia en todos los niveles educativos, desde los seis hasta los 18 años. Por lo tanto, cabe decir que existe una especie de osmosis o fusión entre la historia y la ciudadanía en la Francia contemporánea. La actividad de profesor-investigador en Historia, en otras palabras, es consustancial con la reflexión política. Desde ese punto de vista, no tengo la impresión de estar haciendo nada extravagante al responder a solicitudes de los medios de comunicación o a invitaciones a conferencias para hablar de los resultados de mis trabajos en el ámbito público.

Pero en su caso ese ámbito no se limita al territorio francés: escribe sobre Alemania, un país cuya relación con Francia siempre ha sido compleja. ¿Cuál ha sido la recepción de su trabajo al otro lado del Rin?

Tengo el privilegio y el honor de que mis obras se traduzcan al alemán, algo que no es nada fácil. Cuando eres un extranjero, no es seguro que te traduzcan en el país sobre el que investigas. Y la verdad es que mis trabajos han tenido buena acogida. Por otra parte, lo que digo en Les irresponsables y en La bascule se ajusta bastante bien a lo que hacen mis colegas alemanes sobre el tema –colegas a los que, por supuesto, leo y cito con frecuencia–. El último libro de Peter Longerich, por ejemplo, también hace hincapié en la escasa adhesión de los alemanes al nazismo en sus inicios.

Yo estaba pensando en la influencia que tuvo, en su día, un historiador extranjero como Robert Paxton en la autoimagen de Francia y el colaboracionismo de Vichy.

Ya. Pero a estas alturas, en temas como Vichy o el Tercer Reich, el intercambio internacional es intenso. Existe una comunidad internacional de investigadoras e investigadores. Mantenemos un diálogo entre todos, nos relacionamos, nos invitamos mutuamente, etcétera. Por lo tanto, yo diría que la nacionalidad de cada uno ya no entra en juego tanto. Quizá para mí el ser francés fuera un factor cuando era un historiador novato. Cuando mi tesis sobre la percepción de la Antigüedad en el nacionalsocialismo se publicó en Alemania, yo era un desconocido, por lo que hubo reacciones por el hecho de que, como historiador francés y sin ser clasicista, trabajara ese tema. Pero eso se desvaneció rápidamente en favor del reconocimiento de que yo hacía un tipo de historia que mis colegas alemanes no hacían. Por ejemplo, mis investigaciones sobre la visión nazi de la historia o sobre la normatividad nazi jurídica y moral pertenecen a lo que se podría llamar una historia culturalista. No es un tipo de historia que los alemanes suelan practicar. El suyo es más bien un paradigma de historia social, externalista y objetivador. Pero al final esa diferencia solo ha servido para que se interesaran más en mi trabajo.

Hablemos de Francia. ¿Cuál ha sido el papel de Emmanuel Macron en el ascenso de la ultraderecha?

Macron ha sido elegido dos veces para hacer de barrera contra la extrema derecha. En las segundas vueltas fue elegido, directamente, por personas que solo querían evitar que la extrema derecha llegara al poder. Pero en lugar de actuar como barrera a la extrema derecha, le ha abierto un bulevar. Ha tendido un puente con ella al retomar sistemáticamente sus términos, temas y tesis.

Otro paralelo con 1933, pues.

La actitud y actuación de Macron constituyen un ejemplo más de lo que yo denomino “los irresponsables”. Se basa en la connivencia entre la extrema derecha y el extremo centro: entre la extrema derecha que conocemos y ese centro que se autoproclama moderado –por encima de los partidos, y más allá de la derecha y la izquierda–, pero que en realidad es extremista en su voluntad de concentrar el poder, de centralizar las cosas y de rechazar toda oposición. Se consideran los más competentes y estiman que el poder les corresponde de hecho. Los puntos de alianza entre la extrema derecha y el centro extremo son muy numerosos. Tienen el mismo electorado –básicamente jubilados que quieren proteger sus prestaciones o ricos que quieren proteger sus rentas–. Tienen los mismos mecenas, el gran capital. Tienen la misma filosofía antropológica, el darwinismo social. Y tienen el mismo enemigo, que es la izquierda, sea cual sea. No sorprende, por tanto, que la alianza funcione bastante bien. De hecho, cabe decir que la fusión entre la extrema derecha y el extremo centro ya se ha producido. Los votos de los diputados macronistas, tanto en la Asamblea Nacional francesa como en el Parlamento Europeo, son casi siempre idénticos a los de la extrema derecha. Defienden los mismos intereses. Tienen la misma concepción de la sociedad y del Estado. Y la misma concepción del futuro.

Hablando del futuro: en sus libros y entrevistas se opone al fatalismo histórico, subrayando que “nada está escrito”. Pero las analogías con el pasado que establece, ¿no acaban precisamente por fomentar el fatalismo?

No, al contrario. Porque identificar esas analogías permite distinguir a los actores sociales, sus intereses y sus tácticas o estrategias. Así pues, permite identificar quién está moviendo los hilos y, por lo tanto, permite actuar de forma cívica a la hora de votar –por ejemplo, evitando votar a quienes allanan el camino a la extrema derecha, participando en manifestaciones, etcétera–. La reflexión analógica es, en definitiva, un trabajo de elucidación histórica que nos permite comprender mejor a qué nos enfrentamos y qué está en juego. Y, por lo tanto, nos invita a la acción. Una acción, además, informada.

Con respecto a la posibilidad de resistencia, usted subraya que, en la Alemania de 1933, la izquierda antifascista era mayoritaria, pero se encontraba fracturada por la tremenda hostilidad que había entre los socialistas del SPD y los comunistas del KPD.

Exacto. Además, hay que matizar. El SPD, que rechazó la alianza con los comunistas en 1932 y que luego rechazó la acción conjunta en 1933, había aprobado durante varios años, desde septiembre de 1930, la política de austeridad. El problema no solo fue el conflicto con el KPD, sino el hecho de que una izquierda que renuncia de forma tan rotunda a ser de izquierdas no consigue despertar el entusiasmo, la adhesión y la resistencia de los ciudadanos.

Una pregunta final. En su lectura de la historia alemana, atribuye una gran responsabilidad a las élites. ¿Es un historiador populista?

Bueno, el término “populista” es complejo y, además, se utiliza mal en el ámbito público de Estados Unidos; hace referencia a una filosofía política del siglo XIX, aunque hoy también se usa para describir una estrategia política. Yo no me incluyo ni en uno ni en otro. Yo lo que hago es nombrar a los actores sociales y describir las estrategias de aquellos actores sociales que llevaron a los nazis al poder –y que luego permitieron que los nazis prosperaran durante los primeros seis meses de 1933–. ¿Cuál era el contexto alemán en aquella época? A partir de la dimisión del canciller socialdemócrata, en marzo de 1930, ya no hay democracia en Alemania. Los gobiernos y los cancilleres son nombrados independientemente del resultado de las elecciones. Todo se concentra, en virtud de los poderes de excepción del artículo 48, apartado 2, en manos del presidente del Reich y de su entorno. Así pues, los principales actores sociales que están al mando de Alemania en aquella época no son las masas populares, ni los sindicatos, ni los partidos de izquierda. Se trata de un grupo muy reducido –la famosa camarilla, como se decía con una expresión española– que, por otra parte, representa a sectores sociales bien identificados: hay militares, banqueros, grandes terratenientes y empresarios. Y fueron precisamente esos grupos sociales los que tomaron la decisión de llevar a los nazis al poder. Por lo tanto, yo como historiador no me adhiero a ningún “ismo”, salvo a una forma de positivismo histórico que consiste en decir cuál es la realidad. Y lo hago, además, con el fin de desmontar los discursos fantasiosos que se mantienen sobre este periodo, según los cuales sería el pueblo alemán el responsable del ascenso de Hitler, cuando nunca se votó mayoritariamente a los nazis. ¡Pero nunca! Es un discurso que también vemos resurgir hoy. Otro tipo de discurso fantasioso que ha vuelto hoy es que todo sería la culpa de la izquierda. Del mismo modo que los megaincendios en España y en Francia de este verano serían culpa de… ¡los ecologistas! Es todo totalmente descabellado.

 

[Foto: Francesca Mantovani - fuente: www.ctxt.es]

Bolsonaro, favori des élections brésiliennes, alors que des accusations d’ingérence américaine fusent

Le Brésil subit des pressions pour « choisir » entre Washington et Pékin alors que Flávio Bolsonaro laisse entrevoir un resserrement des liens avec les États-Unis – sur fond d’accusations d’ingérence américaine. Toutefois, les intérêts de l’agroalimentaire et de l’armée pourraient empêcher une rupture décisive avec la Chine et les BRICS. Quoi qu’il en soit, le Brésil reste « encerclé » par le néo-monroisme de Washington. 

Écrit par Uriel Araujo

Flávio Bolsonaro est donné favori pour remporter le second tour de l’élection présidentielle brésilienne le 25  octobre,  devançant légèrement Lula da Silva selon les sondages. Son père, l’ancien président Jair Bolsonaro, est toujours assigné à résidence.

On observe des signes d’érosion politique au sein du « lulisme ». Lula a 80 ans, et son parti a dirigé le pays pendant 18 des 24 dernières années.

Beaucoup pensent qu’une victoire de Bolsonaro entraînerait un réajustement de la politique étrangère, remplaçant l’influence chinoise par un rapprochement avec les États-Unis, tout en éloignant le Brésil des BRICS. La famille Bolsonaro est largement associée à l’extrême droite pro-américaine.

Ce raisonnement a du mérite, mais ne rend pas compte de toute la réalité. Flavio a déjà signalé certaines limites, en déclarant qu’il travaillerait aussi bien avec les États-Unis qu’avec la Chine et qu’il « ne prendrait pas parti », insistant sur le fait que son camp, c’est « le peuple brésilien ».

Dans son programme politique officiel, il promet une diplomatie guidée par le « professionnalisme » plutôt que par l’idéologie – celle-ci impliquerait de multiples engagements : de Pékin à l’Union européenne, et de Washington aux marchés asiatiques.

Même son frère, Eduardo Bolsonaro, plus controversé, qui avait autrefois été largement pressenti pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères, s’est exprimé dans le même sens : rétablir les liens avec les États-Unis tout en préservant les opportunités économiques avec la Chine, en réduisant les asymétries et en surveillant de près les secteurs sensibles.

Flavio Bolsonaro n’est pas son père. Le gouvernement de Jair Bolsonaro lui-même a découvert le prix de l’idéologie : l’antagonisme ouvert du ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araujo, envers Pékin s’est heurté aux exportateurs du secteur agroalimentaire, qui dépendent du marché chinois. Le Congrès, le lobby agricole et les conseillers militaires ont exercé des pressions jusqu’à ce qu’Araujo démissionne en 2021. La Chine représente 30 % des recettes d’exportation du secteur agroalimentaire brésilien, contre seulement 7 % pour les États-Unis – une réalité structurelle qu’aucun président ne peut ignorer.

Jair Bolsonaro lui-même a par la suite cherché à renforcer la coopération commerciale et dans le domaine des sous-marins nucléaires avec la Russie, montrant ainsi à quel point la rhétorique et la pratique peuvent diverger.

Les signaux économiques envoyés par Flavio vont dans le même sens : tout en mettant l’accent sur la maîtrise des dépenses et la confiance des marchés, l’équipe de technocrates chargée d’élaborer ses mesures budgétaires et économiques s’inspire largement du courant pragmatique. Il est donc raisonnable de s’attendre à un pragmatisme similaire en matière de politique étrangère.

Jérusalem offre un autre précédent : Jair, son père, avait promis d’y transférer l’ambassade du Brésil, mais s’était finalement contenté d’un bureau commercial après que ses partenaires du Moyen-Orient eurent menacé de représailles commerciales. Flavio a réitéré cette promesse concernant l’ambassade, très populaire auprès d’une partie de sa base évangélique, mais le même calcul commercial s’applique toujours.

Le nouveau « Shield of the Americas » (Coalition contre les cartels) constituera un puissant pôle d’attraction. Cette coalition militaire et politique internationale, dirigée par Washington, a été créée en mars dernier sous l’administration Trump. Flavio a promis l’adhésion du Brésil à cette initiative, la présentant comme un outil de lutte contre les gangs de trafiquants PCC et CV, et comme un moyen de se démarquer de Lula. Cela va de pair avec les engagements explicites de Flavio à nouer des relations avec Pékin.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Celso Amorim et d’autres qualifient cette initiative d’« encerclement », considérant le crime organisé comme un prétexte utilisé par les États-Unis pour exercer un contrôle sur l’hémisphère, comme je l’ai déjà souligné ailleurs. Les responsables militaires brésiliens tracent une ligne claire : les généraux semblent accepter des opérations frontalières coordonnées, mais considèrent toute base américaine permanente comme une atteinte à la souveraineté.

L’ironie, c’est que, dans le cadre du néo-monroïsme de Washington, le statut émergent du Brésil en tant que superpuissance alimentaire, ainsi que son poids dans les secteurs agricole et minier, continuent d’en faire une cible stratégique pour les pressions américaines – quel que soit le locataire du palais du Planalto.

Les États-Unis ne sont « pas étrangers » à l’ingérence dans les élections d’autres pays, et les liens entre la famille Bolsonaro et Trump sont bien connus. Eduardo Bolsonaro, par exemple, a cherché à influencer l’approche de Washington vis-à-vis du Brésil, notamment en ce qui concerne les sanctions et les droits de douane à l’encontre de son propre pays.

Par ailleurs, les États-Unis ont été accusés d’ingérence dans les élections en cours. La police fédérale brésilienne a toutefois classé l’affaire sans suite, faute de preuves à ce jour. L’avance de Flavio sur Lula au premier tour s’inscrit dans la logique du déclin du « lulisme » et des sondages.

Des signes d’abus judiciaire à l’encontre de Bolsonaro sont également apparus, dans le contexte d’autres scandales impliquant la Cour suprême. Ainsi, quel que soit le vainqueur de l’élection, sa victoire pourrait être contestée.

Néanmoins, les liens entre les Bolsonaro et Trump pourraient s’avérer un élément dangereux dans le contexte actuel.

Les éléments dont on dispose à ce jour laissent penser qu’un gouvernement dirigé par Flavio chercherait à resserrer ses liens politiques et sécuritaires avec Washington tout en préservant ses relations commerciales avec la Chine – mais des pressions pourraient venir perturber ce scénario.

Alors que l’Argentine a déposé une demande d’adhésion à l’OTAN en tant que partenaire, que le Venezuela est sans doute  sous contrôle de facto, et que la Colombie est désormais dirigée par Espriella, soutenu par Trump (citoyen américain, membre et donateur du Parti républicain), le Brésil devra, d’une manière ou d’une autre, s’engager auprès du « Bouclier des Amériques ».

Il devra le faire tout en trouvant un équilibre entre les préoccupations de sécurité nationale, la souveraineté et les revendications nationalistes – ainsi que ses relations commerciales avec la Chine et avec Washington.

Il devra également tenir compte d’une superpuissance de plus en plus agressive, déterminée à asseoir sa suprématie sur l’hémisphère, et d’un Brésil encerclé, menacé par une éventuelle intervention militaire américaine contre les cartels de la drogue.

Malgré le « pragmatisme » de Flavio, les liens de sa famille avec les États-Unis pourraient certainement compliquer cet exercice d’équilibre.

infobrics.org

 

[reproduit sur groupegaullistesceaux.fr]

«Naza», el documental que acusa l'exèrcit d'Israel de matances de civils a Gaza i encén Netanyahu

El primer ministre exigeix una investigació penal per identificar els militars que van testificar en el film 

Escrit per Ketty Calatayud

Naza és l'acrònim hebreu de nezek agavi, que significa "dany col·lateral". És el terme que utilitza l'exèrcit israelià per calcular quantes víctimes civils pot provocar un bombardeig. Darrere d'aquesta expressió aparentment tècnica s'amaga una de les qüestions més controvertides de la guerra de Gaza: com es decidia atacar un objectiu quan se sabia que l'operació també podia provocar la mort de desenes o centenars de persones innocents? Aquesta és la pregunta que planteja Naza, un documental d'investigació que, a través dels testimonis de 24 militars i membres dels serveis d'intel·ligència israelians, revela els mecanismes interns de la maquinària militar que va arrasar la Franja. Unes denúncies que les Forces de Defensa d'Israel (FDI) rebutgen categòricament i que han desencadenat una ofensiva del primer ministre, Benjamin Netanyahu, per identificar els testimonis anònims i portar-los davant la justícia. 

El documental, que va guanyar el Premi Especial del Jurat al Festival de Cinema de Venècia, va arribar divendres passat, 9 d'octubre, a les sales de cinema espanyoles, enmig de la polèmica provocada per les revelacions dels militars i agents d'intel·ligència israelians que hi participen i la persecució que s'ha iniciat a Israel.

Netanyahu va exigir aquest diumenge una investigació penal contra els participants en el documental per presumptes "delictes greus contra la seguretat de la informació, difamació penal i perjudici als interessos diplomàtics i de seguretat d'Israel". En una carta dirigida als màxims responsables de l'exèrcit, dels serveis de seguretat interior i de la Fiscalia General, el primer ministre reclama que s'actuï "amb urgència" per descobrir la identitat dels militars que han trencat el silenci. La decisió ha afegit una nova dimensió a la polèmica: mentre els autors del documental denuncien possibles crims de guerra, el govern israelià posa el focus en els qui han revelat informació militar classificada.


Bombardejos amb centenars de víctimes civils previstes

Què expliquen aquests militars perquè el govern israelià hagi reaccionat amb tanta contundència? El documental, dirigit pels cineastes israelians Yuval Abraham i Rachel Szor i produït per The Guardian, descriu com els serveis d'intel·ligència identificaven presumptes militants de Hamàs i autoritzaven bombardejos contra els habitatges on vivien. Segons els testimonis, en alguns casos s'esperava que els objectius tornessin a casa per atacar-los, malgrat saber que a l'interior també hi havia familiars, inclosos infants. Una de les revelacions més impactants és que, segons un dels entrevistats, es va arribar a autoritzar una operació amb una previsió de fins a 500 morts civils.

Els testimonis també denuncien l'ús de sistemes d'intel·ligència artificial, com Lavender, per identificar sospitosos a partir de dades de vigilància massiva. Segons el documental, aquestes eines presentaven marges d'error que podien convertir persones innocents en objectius militars.

La pel·lícula sosté que aquestes pràctiques van contribuir a convertir la mort de civils en una conseqüència assumida dins del procés de planificació militar. Les denúncies plantegen possibles vulneracions del dret internacional humanitari, que prohibeix els atacs deliberats contra civils i els bombardejos en què els danys previstos a la població siguin excessius respecte de l'avantatge militar esperat.

L'exèrcit israelià nega les acusacions

Les Forces de Defensa d'Israel (FDI) han respost amb un extens informe en què rebutgen les principals conclusions del documental. Asseguren que mai no es va autoritzar cap bombardeig amb una previsió de 500 víctimes civils i neguen que existissin permisos automàtics per matar un nombre determinat de persones innocents segons la importància de l'objectiu militar. L'exèrcit també defensa que la intel·ligència artificial no decidia autònomament els atacs, sinó que les operacions havien de ser avaluades i autoritzades per responsables humans. Segons les FDI, els testimonis ofereixen una visió parcial dels procediments militars perquè molts només coneixien les fases inicials de recopilació d'informació. La pel·lícula, afegeixen, presenta una imatge "distorsionada, enganyosa i poc sincera" de la realitat.

Els autors de Naza defensen, en canvi, el rigor de la investigació. The Guardian assegura que el documental és el resultat de tres anys de treball, amb més de 100 fonts consultades i testimonis contrastats. També rebutja que els entrevistats fossin exclusivament militars de rang inferior i afirma que alguns havien participat en diferents etapes de selecció i autorització dels objectius. 

De l'ovació a Venècia a les amenaces de mort

La polèmica ha anat molt més enllà del debat sobre les operacions militars. Naza es va estrenar el 10 de setembre al Festival de Venècia, on va rebre una ovació de prop de 25 minuts i va acabar obtenint el Premi Especial del Jurat. El documental també es va projectar al Festival de Cinema de Sant Sebastià, entre el 23 i el 26 de setembre, enmig de la polèmica per les amenaces denunciades pels seus directors. El 25 de setembre, diverses persones es van concentrar a la ciutat basca amb el lema 'Nosaltres també som Naza' per expressar el seu suport a la pel·lícula.  Però l'èxit internacional ha contrastat amb la campanya d'hostilitat contra els seus directors a Israel.

Abraham i Szor han estat titllats de traïdors per sectors pròxims al govern. Grups ultranacionalistes s'han manifestat davant de la casa dels pares de Szor, a Savyon, amb crits de "pena de mort per als traïdors". També han aparegut pintades amenaçadores i Netanyahu ha donat suport a la possibilitat de retirar la ciutadania israeliana als cineastes.

Els directors, que ja van participar en el documental oscaritzat No Other Land, denuncien que la seva investigació els ha convertit en objectius dins del seu propi país. "Si fóssim palestins, probablement ens haurien empresonat o assassinat", van afirmar en una entrevista a la Cadena SER.

Ara, amb l'exigència de Netanyahu d'identificar i processar els 24 testimonis anònims, la controvèrsia entra en una nova fase. El debat ja no és només què va passar durant els bombardejos de Gaza, sinó també què pot passar als qui decideixen explicar-ho. El govern israelià considera que s'han revelat secrets que poden comprometre la seguretat nacional; els cineastes defensen que protegir les fonts és imprescindible per investigar possibles crims de guerra. I, enmig d'aquesta confrontació, Naza ha convertit una expressió burocràtica, "dany col·lateral", en una pregunta incòmoda sobre el valor de les vides civils en una guerra. 

Una contrapel·lícula promoguda per Israel

La polèmica ha obert també una batalla pel relat de la guerra de Gaza. El 30 de setembre es va difondre a internet un segon documental, titulat NAZA: The Real Story, elaborat pels israelians Roi Danino, Ariel Orbuch i Hagai Gutman, que ofereix una versió radicalment diferent de l'actuació de l'exèrcit israelià. A través de testimonis d'alts comandaments militars i agents d'intel·ligència, imatges de combats i material desclassificat, la producció pretén rebatre les revelacions del primer documental i justificar les operacions militars contra Hamàs. Segons ha informat The Guardian, aquesta contrapel·lícula ha estat promocionada per les autoritats israelianes i inicialment es va presentar d'una manera que podia confondre-la amb l'obra original. Els seus creadors asseguren, però, que l'han finançat personalment, sense participació del govern ni de l'exèrcit. Així, la controvèrsia ha transcendit les pantalles per convertir-se en una disputa sobre qui controla el relat de la guerra i les responsabilitats per les morts de civils palestins.

 

[Foto: Europa Press - font: www.elnacional.cat]