quarta-feira, 22 de abril de 2026

Nathalie Baye : disparition d’une des actrices les plus attachantes du cinéma français

L’actrice est décédée le 17 avril 2026 à l’âge de 77 ans. Retour sur une carrière marquée par de grands films, de grandes rencontres (Jean-Luc Godard, François Truffaut, Maurice Pialat, Claude Chabrol, Noémie Lvovsky, Tonie Marshall…) et une façon très au point de conjuguer cinéma d’auteur et comédies populaires. 

Nathalie Baye dans « Juste la fin du monde», de Xavier Dolan

Écrit par Jean-Marc Lalanne 

Contrairement à d’autres actrices-phares de sa génération – Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Miou-Miou… –, et bien qu’elle était l’aînée d’entre elles (née en 1948), Nathalie Baye ne devint pas une star à 20 ans, mais plutôt dans la première moitié de sa trentaine. Son ascension fut lente, marquée par un passage progressif des seconds rôles aux premiers. 

C’était en accord avec sa nature, très douce en apparence (mais certains cinéastes, plutôt sur le tard, ont su creuser son potentiel volcanique), une forme de discrétion qui la caractérisait, d’extrême pondération dans son jeu csuperomme dans son rapport à la notoriété. D’ailleurs, lorsqu’elle devint dans les années 1980 surexposée médiatiquement en tant que compagne de Johnny Hallyday, elle sut jouer le jeu de la presse people sans rien perdre d’une forme de réserve et de fermeté dans la protection de sa vie privée. 

Des débuts downtempo    

Très tôt pourtant, elle ambitionne une carrière d’actrice. Ses parents sont tous les deux artistes peintres. Parallèlement à une pratique intensive de la danse depuis l’enfance, elle s’inscrit aux Cours Simon puis est reçue au Conservatoire national d’art dramatique. À peine diplômée du Conservatoire, le cinéma lui offre un second rôle, précisément aux côtés d’Isabelle Huppert et d’Isabelle Adjani, dans Faustine et le bel été, une chronique éthérée de vacances entres filles dans une maison de campagne signée par Nina Companeez. Le film, bien oublié, est même devenu très difficile à trouver, alors que son casting de jeunes stars pas encore écloses en fait une curiosité. 

 

Un an plus tard, c’est François Truffaut qui lui donne sa première véritable chance en lui attribuant le rôle de la scripte (inspiré de Suzanne Schiffman dans la chronique de toutes les vicissitudes et les joies d’un tournage de cinéma, La Nuit américaine de 1973). Dans une scène très drôle, elle y révèle déjà sa double nature, sage en apparence, très libre en réalité. Bernard Ménez lui fait des avances maladroites. Elle le désarçonne d’un coup en lui disant que c’est OK pour baiser là, tout de suite s’il le veut, mais sans perdre une seconde, car il y a beaucoup de taf ensuite. Elle consent de façon si abrupte, qu’elle prend de vitesse toutes les stratégies de drague de son partenaire et sans rien perdre de sa coolitude prend le lead de la relation.   

Quatre ans après ce beau second rôle, Truffaut l’inclut dans la galaxie féminine dans laquelle se meut l’obsessif Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes (1977). Et lui propose enfin le premier rôle de son film le plus secret et sombre, La Chambre verte (1978), où elle accompagne un homme veuf, interprété de façon fébrile par Truffaut lui-même, dans son culte morbide des proches disparus. Le film, pourtant d’une grande intensité, est un désastre commercial. Tout comme La Gueule ouverte (1974) de Maurice Pialat, film qui embrasse avec tout autant de violence que La Chambre verte l’épreuve humaine de la mort. Elle y accompagne Philippe Léotard (son mec dans la fiction, mais aussi à cette époque dans la vie) dans l’agonie de sa mère. Entre de beaux rôles dans de grands films d’auteur qui ne marchent pas, et quelques seconds rôles dans de grands succès populaires (dans La Gifle de Claude Pinoteau, elle est la copine de fac de l’étudiante en médecine Isabelle Adjani), elle parvient dans les années 1970 à s’imposer progressivement dans le paysage du cinéma français sans y occuper encore une place centrale. Ce sera chose faite avec les années 1980. 

Les années superstar  

Elle amorce la décennie sur les chapeaux de roue avec deux succès d’auteur : Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier, une chronique de la vie d’enseignante, où elle consolide son image de jeune femme sage, sensible, un peu bon chic bon genre, et surtout Sauve qui peut (la vie), retour tonitruant de Jean-Luc Godard au cinéma “classique” après dix ans de films militants et d’expérimentations vidéos. 

           

Dans cette exploration extralucide des ravages du libéralisme sur les désirs et les affects (le film anticipe presque l’œuvre littéraire de Michel Houellebecq), elle incarne l’ex-compagne de Jacques Dutronc aux côtés d’Isabelle Huppert dans le rôle d’une prostituée avec qui elle va se lier d’affection. Les scènes où elle traverse des paysages de Suisse romande à vélo, tandis qu’un travail précurseur sur les possibilités nouvelles de la vidéo décompose chacun de ses mouvements dans des ralentis où l’image s’anamorphose et les couleurs paraissent couler sur l’écran, comptent parmi les plus grandes extases plastiques de l’histoire du cinéma.   

Le film lui vaut un premier César du second rôle en 1981. Elle en obtient un second l’année suivante, dans un rôle où elle reprend son emploi de jeune femme attentive, un peu sage, épouse rêvée (ici de Gérard Lanvin) dans Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre. Mais c’est l’année suivante, en 1982 qu’elle devient une star : elle enchaîne un beau succès (Le Retour de Martin Guerre, un thriller médiéval avec Gérard Depardieu) puis un triomphe public (le polar assez basique La Balance, son premier César de meilleure actrice).

La même année, elle devient pour quatre ans la compagne de Johnny Hallyday et donc une proie à paparazzis. Elle entraîne son compagnon dans une aventure de cinéma dont il était peu familier : ensemble, ils interprètent un nouveau film de Godard, le mélancolique Détective (1985) et montent ensemble les marches cannoises (durant la promo, aux côtés de Johnny et Nathalie, Godard se fera spectaculairement entarté).  

À la fin des années 1980, les propositions intéressantes se font plus rares, à l’exception du magnifique premier film de Nicole Garcia, Un week-end sur deux. Nathalie Baye y interprète une actrice qui galère, enchaîne les emplois dévalorisants, et peine à exister pleinement comme mère auprès de ses enfants. Garcia révèle chez sa contemporaine Nathalie Baye un potentiel Gena Rowlands jamais encore exploré. Éruptive, électrique, variant les états psychiques dans une très grande ébullition, elle y livre une de ses plus belles performances. Le film hélas ne marche pas. Et les années 1990 ressemblent pour l’actrice à une longue traversée du désert. Dont elle sort par le haut en 1999 : dans la comédie colorée et pimpante de Tonie Marshall, Vénus Beauté, une esthéticienne à l’approche de la cinquantaine qui drague beaucoup, enchaîne les aventures mais ne croit plus à l’amour. 

Un come-back foudroyant   

Le succès du film restaure l’actrice au sommet du cinéma français pour une décennie. Durant toutes les années 2000, elle enchaîne les succès : soit des comédies populaires (Ça ira mieux demainBarnie et ses petites contrariétésAbsolument fabuleuxLe Prix à payer…), soit de grands succès d’auteurs : La Fleur du mal de Claude Chabrol, Les Sentiments de Noémie Lvovsky, Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois où dans le rôle d’une flic alcoolique elle obtient son second César de Meilleure actrice… Elle le reçoit avec une nuance d’humour : après avoir déclaré “On dit souvent que les actrices n’aiment pas les dates, et c’est vrai !”, elle ajoute qu’elle est très fière d’obtenir un second César plus de vingt ans après le premier, à un âge où beaucoup d’actrices sont mises à l’écart. Nathalie Baye, comme Catherine Deneuve ou Isabelle Huppert, a contribué à faire reculer un plafond de verre sur lequel butaient la majorité des actrices jusque-là, en redevenant hyper bankable dans sa cinquantaine. Durant cette décennie, elle s’offre même un superbe second rôle dans un des plus beaux films de Steven Spielberg. Elle est la mère idéalisée mais traumatique de Leonardo DiCaprio dans Arrête moi si tu peux (2002).

 

Des rencontres avec la jeune génération  

Dans les années 2010, après un beau rôle chez Pierre Salvadori dans un film qui ne rencontre pas significativement le public, De vrais mensonges, elle continue à tourner très régulièrement, alterne les comédies à succès (la franchise Alibi.com de Philippe Lacheau) et les belles rencontres avec de jeunes auteurs. D’abord Xavier Dolan pour deux films : Laurence anyways, où elle est la mère de Melvil Poupaud en crossdresser, et ensuite Juste la fin du monde où elle est la mère, truculente, abusive et almodovarienne de Gaspard Ulliel, Vincent Cassel et Léa Seydoux. Puis Nicolas Maury, où, dans Garçon chiffon (2020), elle interprète la mère de l’acteur-cinéaste. Sa partition ultra-délicate en fait probablement son dernier très beau rôle au cinéma. Depuis 2023, la maladie l’avait tenue à l’écart du cinéma. Le chemin qu’elle y a accompli, auprès de tant de grand·es cinéastes, y est remarquable. Et l’estime et l’affection que sa présence sur les écrans depuis 50 ans a accumulé fait de sa mort une perte cruelle et un grand chagrin.

 

[Source : www.lesinrocks.com]

Insten el govern francès a actuar contra l’extinció de les llengües minoritzades

Les entitats exigeixen que s’apliquin les recomanacions del Senat en educació i que es reformi l’article de la Constitució que estableix el francès com a llengua de la República

Protesta a prop del Ministeri d'Educació, el febrer del 2024 a París

La federació d’entitats a favor de les llengües minoritzades per França Perquè visquin les nostres llengües ha exigit al govern francès que apliqui les recomanacions de l’informe del Senat francès sobre la Llei de protecció patrimonial de les llengües regionals i la seva promoció, anomenada Llei Molac, aprovada el 2021. El document de la cambra alta advertia que les “llengües regionals” de l’Estat estan en perill d’extinció imminent i que, sense canvis dràstics, podrien desaparèixer d’aquí a una o dues generacions.

Les entitats es van reunir el 15 d’abril passat amb el responsable de la lluita contra les desigualtats territorials i socials del gabinet del Ministeri d’Educació, David Muller, i li van lliurar un document amb una sèrie de punts per revertir la substitució lingüística. Entre les propostes hi ha l’elaboració d’una política pública estatal a favor de les anomenades “llengües regionals” que inclogui una veritable oferta d’ensenyament en aquests idiomes, amb prou recursos, la formació de docents per ensenyar aquestes llengües, amb un màster específic i garantir el finançament de les xarxes d’ensenyament immersiu com ara La Bressola.

El document també demana altres mesures com que es permeti fer els exàmens en la llengua “regional” en què s’hagi estudiat aquella matèria, la posada en funcionament de Consells Acadèmics de les Llengües Regionals (CALR) previstos en la circular del desembre del 2021 i la creació i signatura de convenis Estat-Regió per a totes les regions amb llengua pròpia amb objectius mesurables i revisables.

Reunions periòdiques

Els responsables de Perquè visquin les nostres llengües han valorat de forma positiva l’intercanvi “cordial” de parers amb el responsable del govern francès, però han avisat que hi ha moltes qüestions per aclarir i han demanat que s’estableixi un calendari de reunions periòdiques per continuar avançant i que es constitueixi un grup de treball amb els diferents serveis dels Ministeris d’Educació Nacional i Educació Superior. 

La federació d’entitats ha tornat reclamar la modificació de l’article 2 de la Constitució francesa, que estableix que el francès és la llengua de la República, perquè “sempre s’interpreta de manera restrictiva” i es fa servir “de forma sistemàtica per oposar-se als avenços” de les llengües minoritzades.

[Imatge: Perquè visquin les nostres llengües  - font: www.diaridelallengua.cat]

Denis Sieffert. La Mauvaise cause. Les intellectuels et la propagande israélienne en France

Ancien directeur de Politis, Denis Sieffert dénonce dans cet ouvrage la confusion entre judaïsme et sionisme, et par suite, entre antisionisme et antisémitisme. Pour lui, cette confusion, largement voulue, est au cœur de la désinformation qui envahit l’espace public français depuis le 7 octobre 2023.

Écrit par Bernard Gensane

Du côté des actuels dirigeants d’Israël, les choses sont claires. Le 11 septembre 2025, Benyamin Netanyahou déclarait : « Il n’y aura pas d’État palestinien ». Des voix s’opposant à un avenir aussi violent pour les Palestiniens ont toujours été rares. Ainsi, dans un article de Haaretz en 1988, l’historien Yehuda Elkana posait une problématique courageuse : « Les Israéliens doivent extirper de leurs vies l’emprise du Souviens-toi venu de la Shoah. Ce Souviens-toi peut s’entendre comme une incitation à la haine perpétuelle et aveugle. »

Après le 7-Octobre (à noter la graphie de cette date, identique au « 11-Septembre »), l’opinion dominante juive, mais pas seulement, n’a pas varié pendant plusieurs mois. Seuls les otages du Hamas avaient droit de cité. Seuls leurs images et seuls leurs noms emplissaient les écrans et les pages de journaux. Seule l’angoisse de leurs parents devait nous atteindre, écrit Sieffert.

La première réussite de la propagande israélienne est d’être parvenu à imposer, jusqu’à l’absurde, une représentation inversée des périls : les Gazaouis tombent par dizaines de milliers sous les bombes, une épuration ethnique est à l’œuvre, l’annexion de la Cisjordanie est en marche, mais c’est l’existence d’Israël qui, selon le récit dominant, serait menacée. Oui, car comme l’a écrit Elisabeth Schemla dans L’Arche, la revue du Fonds social juif unifié, « chaque vie juive est sacrée ».

Il ne faudra jamais oublier que le Hamas (l’auteur est très clair sur ce point) est en partie une création israélienne. Et le terrorisme est survenu après l’échec de toutes les tentatives de négociation, toutes torpillées par Israël.

La propagande israélienne, et par extension quasi mondiale, vise à assimiler le Hamas à Daech pour inscrire la lutte palestinienne dans la nébuleuse djihadiste mondiale et, partant « dépalestiniser » le 7-Octobre.

Selon The Lancet, Israël, fin 2024, évoquait 17000 « terroristes » tués et dénombrait 45000 morts. Seulement, pour Israël, on a vite fait d’être terroriste. Ainsi, toute ONG apportant une aide humanitaire aux Palestiniens est terroriste ; l’UNRWA, l’agence d’aide aux réfugiés palestiniens, sera donc interdite.

Au début des années 2000, un événement considérable, mais qui ne les concernait pas, a fait basculer le destin du peuple palestinien : les attentats du 11 septembre, orchestrés par Oussama Ben Laden, qui n’était pas palestinien. Les Palestiniens n’étaient plus un peuple qui défend sa terre mais un peuple terroriste mû par un projet islamiste mondial. Mais, en 2006, le Hamas proposa un spectaculaire aggiornamento : il n’était plus question de destruction d’Israël mais de « réforme » et de « changement ». Cette volonté ne fut pas prise en charge par les États-Unis, l’Union européenne, la Russie et l’ONU. Ce qui renvoya le Hamas à une position toujours plus radicale. Netanyahou se servit alors du Hamas comme objet répulsif en le finançant via le Qatar. Le 11 mars 2019, il avoua devant les députés de son parti : « Quiconque veut contrecarrer la création d’un État palestinien doit soutenir le renforcement du Hamas et transférer de l’argent au Hamas. »

Israël est peut-être le pays du monde qui a le plus changé depuis sa proclamation en 1948. Les guerres d’expansion, la colonisation, et le refus même de se reconnaître des frontières ont modifié ses contours. Mais le pays s’est aussi profondément transformé sociologiquement et politiquement. Ce qui tombe bien car le colonialisme juif est avant tout une entreprise internationale soutenu par les grandes puissances. Hannah Arendt n’avait pas tort, dès 1950 dans Écrits juifs, de qualifier le sionisme de « folie dangereuse ». Elle pressentit qu’un État juif ne pourrait s’installer qu’à deux conditions problématiques : d’une part, en expulsant les Palestiniens de leurs terres et, d’autre part, en transformant la population arabe en une masse de citoyens de deuxième zone. Le 24 janvier 2025, Donald Trump appela à « faire le ménage à Gaza en expulsant les Palestiniens vers l’Égypte et la Jordanie » (et en rêvant, obscénité suprême, de transformer Gaza en une Côte d’Azur pour milliardaires).

Le projet sioniste tient dans les destructions massives qui rendent le territoire inhabitable pour les deux prochaines générations. Après 1967, la « colombe » Abba Eban, alors ministre des Affaires étrangères, réclamait déjà la « réinstallation des réfugiés dans les pays arabes voisins », tandis que le vice-premier ministre Ygal Allon parlait sans détour de « déporter les Palestiniens dans le désert du Sinaï, ou de les persuader de quitter le pays ».

En 2018, le principe d’égalité a disparu. Le droit à l’autodétermination n’est reconnu qu’au peuple juif ; le statut de la langue arabe est rétrogradé, Jérusalem est définie comme « capitale complète et unie » d’Israël.

Péguy disait que « tout commence en mystique et finit en politique. Avec Israël, il faut renverser la formule : c’est toujours la mystique qui a le dernier mot. Que la foi soit bonne ou mauvaise, elle est omniprésente. C’est la Bible qui trace le cadastre.

Il est heureusement des consciences progressistes en Israël, Justes parmi les Justes, pourrait-on dire. C’est la cas de Shlomo Sand, qui a conscience de « vivre dans l’une des sociétés les plus racistes du monde occidental. Le racisme est bien sûr omniprésent, mais en Israël, on le trouve dans l’esprit des lois, on l’enseigne dans les écoles, il est diffusé dans les médias. » Surtout, ajoute-t-il, « le plus terrible est que les racistes ne savent pas qu’ils le sont. En conséquence, Israël est devenu une référence particulièrement prisée par une majorité de mouvements d’extrême droite dans le monde dont jadis l’antisémitisme était bien connu. »

En France, les choses évoluent. Des soutiens sans faille d’Israël sont en train d’évoluer vers des positions plus équilibrées. Pas Bernard Henri-Lévy qui, en 50 ans, est apparu 1539 fois dans le quotidien Le Monde. Mais Delphine Horvilleur, éminente rabbine, membre de l’organisation juive libérale Judaïsme en mouvement. On pense aussi à l’écrivaine Valérie Zénatti, qui fut soldate dans l’armée israélienne, et qui dénonce le « vase clos » de la société israélienne et se dit proche du député arabe démocrate et socialiste Ayman Odeh qui, pour sa part, fut exclu de la Knesset en novembre 2024 pour s’être écrié : « Il y a 17 385 bébés à Gaza que votre système à tués, dont 825 avaient moins d’un an. Leur sang vous hantera. » Pensons également aux historiens Esther Benbassa (franco-turco-israélienne) et Jean-Christophe Attias (La conscience juive à l’époque des massacres, Paris, Textuel 2024) qui n’ont pas attendu que l’on franchisse le seuil des 50.000 morts à Gaza pour dénoncer la destruction systématique du territoire, l’absence de soins, la dénutrition et la faim ». Ou encore Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la paix et militante palestinienne. C’est parce qu’elle a vécu quelques années en Israël qu’elle a pu décortiquer la propagande de Netanyahou. Elle refuse aujourd’hui l’amalgame entre Juifs français et Israéliens : « Au lendemain du 7-Octobre, Macron s’est dit solidaire des Israéliens et des Juifs français. Mais quel rapport ? En quoi les Juifs français ont-ils besoin de la solidarité de Macron quand le Hamas attaque le sud de la bande de Gaza ? Par ailleurs, elle conteste les analyses de Jean-Christophe Rufin sur l’antisémitisme : « L’antisémitisme commence toujours par distinguer - exclure – les Juifs du corps social en leur conférant des travers ou des vertus particuliers. Dans ce modèle d’affrontement, il semblerait que les Juifs soient placés, instrumentalisés avec la participation de certains d’entre eux, mais pas tous, loin de là, en première ligne et servent de bélier, avant de pouvoir servir de bouc émissaire. » On n’oubliera pas l’ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman.

La conclusion de l’auteur est sans ambages : « Israël n’est plus seulement un pays illibéral, il est entre les mains d’un groupe fascisant. »

Canada, Lux Editeur, 2026


[Source : www.legrandsoir.info]


terça-feira, 21 de abril de 2026

Regularización extraordinaria: una espera reivindicativa y alerta

Los colectivos antirracistas que propulsaron la regularización urgen que se amplíe el plazo y se garantice el acceso, mientras otros actores alertan contra posibles dificultades a la espera de la publicación del texto definitivo del Real Decreto.

Escrito por Sarah Babiker

Ha pasado más de una semana desde que comenzara abril, y miles de personas en todo el país esperan ansiosas a que comience el Proceso de Regularización Extraordinaria que el gobierno aprobó el 26 de enero, tras llegar a un acuerdo con Podemos, y que debía arrancar durante este mes, una vez se llevara a Consejo de Ministros y se publicara al día siguiente en el BOE. Ante la previsión original de que el plazo duraría entre principios de abril y el 30 de junio, las organizaciones exigen que no se retrase más la publicación del Decreto Real, y que se amplíe el plazo más allá de la fecha estipulada inicialmente. 

El acuerdo culmina un largo periodo de lucha de los colectivos antirracistas desde que hace casi seis años, el 11 de abril de 2020, una carta dirigida al gobierno exigiera una regularización extraordinaria en el marco de la pandemia. A este primer antecedente siguió una Proposición No de Ley, presentada por el movimiento Regularización Ya, que fue rechazada en septiembre del mismo año. En febrero de 2023, la Iniciativa Legislativa Popular por la Regularización Extraordinaria, liderada por el movimiento antirracista e integrada por diversas organizaciones, llegó al Congreso con más de 700.000 firmas, el mayor apoyo de la historia, y que sin embargo no fue suficiente para que progresara en su camino parlamentario. 

“Estamos dentro del calendario previsto”, apuntaba el martes 30 de marzo la titular de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones Elma Saiz, en rueda de prensa tras el Consejo de Ministros. El retraso en el inicio del proceso, que se prevé que pueda finalmente abordarse el próximo martes 14, ha generado preocupación entre quienes llevan empujando la Regularización Extraordinaria desde hace más de un lustro, y vigilan que se dé en los términos necesarios.   

Así lo expresan desde la Articulación Antirracista de Madrid y la Asamblea Antirracista por la Regularización de Madrid, en un comunicado lanzado el 8 de abril, ante la frustración de ver aplazada la publicación del decreto y “preocupadas por limitaciones en los borradores del decreto final”, por lo que exigen claridad, particularmente en un tema como el de la no obligatoriedad del informe de vulnerabilidad: “Resulta imperioso recordar que ello supondría una significativa barrera, tomando en cuenta la precarización de los servicios sociales y que pueden producirse lecturas restrictivas o burocráticas de la idea de vulnerabilidad”.

Los movimientos plantean así sus principales inquietudes, entre las que se encuentran la necesidad de mostrar los antecedentes penales. “No se deben penalizar las trayectorias de supervivencia”, apuntan en el comunicado, en el que frente a las miradas de criminalización de la migración piden evitar que “la pobreza, el desplazamiento forzado o la exclusión se conviertan en cierres del acceso a la regularización”. Así, esperan que las prácticas relacionadas con la supervivencia, como la venta ambulante, no constituyan un impedimento: “Las personas migrantes no somos ladronas, no somos criminales, estamos aquí porque es desde aquí que se saquean nuestros territorios y es aquí donde la vida no puede sostenerse sin nosotras”. 

Conscientes de las dificultades de todo tipo que pueden darse en el proceso, desde la Articulación se insiste en que se amplíe el plazo, que consideran poco realista ante el número de solicitudes y las circunstancias complejas que atraviesa el colectivo al que va dirigido el proceso, y alertan contra la posibilidad de que sean justamente las personas más vulnerables quienes queden fuera. Por la misma razón, exigen que se eliminen los requisitos imposibles en forma de documentos inaccesibles, tanto debido a las barreras interpuestas en la administración española como las del país de origen. Un buen ejemplo sobre estos requisitos que actúan como barrera es el empadronamiento, y un éxito del movimiento ha sido excluirlo en principio de los requisitos. 

“Una vez más, se terceriza la gestión de nuestro acceso a derechos y se esquiva la deuda histórica que la administración pública tiene con la atención de las personas migrantes”

Desde la Articulación Antirracista de Madrid también exigen que se garantice que haya una vía presencial paralela a la online para que la brecha digital o la falta de un certificado digital, no impida que las personas se regularicen. Asimismo, hace énfasis en la necesidad de un acompañamiento integral a las personas, con “recursos públicos suficientes de mediación, traducción, interpretación y acompañamiento jurídico-social”, alertando contra una burocracia que reproduce el racismo institucional si no parte de una mirada antirracista. Además, exigen que no se tase a las mismas personas que se considera que están en una situación irregular: “No se puede afirmar que se quiere proteger a quienes están en exclusión y, a la vez, poner precio a su acceso a la regularización”, argumentan.

Para facilitar el procedimiento se previó ampliar los actores que pueden acompañar a las personas migrantes en su solicitud. Sin embargo, la articulación lamenta que la orden por la que se regula “el Registro de Entidades Colaboradoras ha excluido la participación directa de muchas organizaciones de personas migrantes y aliadas en el proceso de regularización”, esto, lamenta, deja fuera a organizaciones antirracistas integradas por personas migrantes: “Una vez más, se terceriza la gestión de nuestro acceso a derechos y se esquiva la deuda histórica que la administración pública tiene con la atención de las personas migrantes”. 

Los colectivos defienden que estas aportaciones ya fueron hechas durante la fase de audiencias públicas y “están basadas en el conocimiento directo de nuestra realidad migrante racializada”. Para evitar procesos fallidos, recuerda: “Nada sobre nosotras sin nosotras”. Por último, además de reivindicar la centralidad del antirracismo en el diseño del procedimiento, alertan contra el aprovechamiento que otros actores están haciendo ante la angustia de personas que necesitan regularizar su situación. “Estamos vigilantes para poner en evidencia los abusos que se están produciendo por abogados y organizaciones que lucran descaradamente con la desesperación de nuestras comunidades”, afirman.

Cuidar el proceso

Adriana Zumaran y Gisele Touceda, de la Articulación Antirracista de Madrid y la Asamblea, insisten en la necesidad de que se prorrogue el plazo, ante un margen temporal que consideran muy restringido ya desde que se publicara el primer borrador. “Es poco viable que más de 800.000 personas puedan en tres meses —dos y medio ya— presentar toda la documentación. El argumento que se pone para poner una línea roja es la entrada en vigor, el 1 de julio, del Pacto Europeo de Migraciones y Asilo”, apunta Zumaran.

La activista recuerda que no es la primera vez que se agita el fantasma de las políticas europeas para poner coto a la demanda de regularización en España, ya en 2020 el gobierno apuntó a que no podía proceder a realizar una regularización extraordinaria porque Europa se lo impedía, algo que la misma Comisión Europea desmintió, aclarando que las políticas de regularización son competencia de cada gobierno. En esta ocasión, explica Zumaran: “otra vez se ha hecho una consulta y la UE ha respondido que no hay una incompatibilidad”. 

“El cuello de la botella va a estar en la presentación de las solicitudes”, apunta por su parte Touceda, “la carga fundamental está en las persona que acceden a regularización y que tendrán muy poco tiempo para completar los trámites”. La activista ilustra estas dificultades con algo concreto que sucede en Madrid, cuando, quienes no tienen empadronamiento, intentan mostrar el tiempo transcurrido en la ciudad a través del abono de transporte. “El consorcio de transporte solo está dando el certificado de titularidad y el certificado de recargas, dos papeles que son fundamentales, en la oficina de Ríos Rosas”. Esto implica dos dificultades que podrán verse con otros procesos: el primero es la escasez de citas para recogerlo presencialmente; el segundo, que aunque se puede tramitar online, se requiere para ello tener un certificado electrónico, un documento del que muchas personas migrantes que podrían solicitar la regularización carecen.

Dada su propia experiencia, como transmiten en su comunicado, las activistas lamentan que el decreto para las entidades colaboradoras haya dejado afuera a organizaciones antirracistas de base. Creen que la labor de estas entidades sería fundamental para “facilitar a la administración que los expedientes entren limpios”. Señalan asimismo que el hecho de que entrar como colaboradoras no traiga recursos asociados para hacer ese acompañamiento, también ha actuado como límite para facilitar que organizaciones más pequeñas pudiesen apoyar el proceso, al no contar con los medios para ello. También consideran que las tasas —cuya cuantía se desconoce aún— pueden operar como una barrera para acceder a la regularización.

Reiteran también la importancia de que “se revisen los expedientes de las personas desde una perspectiva de justicia”, apunta Zumaran, algo que, considera, “dependerá de la calidad del procesamiento de expedientes, de quién lo vaya a hacer”. Y en este sentido, reivindica una vez más la labor de los colectivos antirracistas que “aunque puedan tener pocos recursos conocen a sus comunidades, y cuentan con la sensibilidad necesaria para llegar a determinadas poblaciones”. 

Abogadas y administración

“Creo que el trabajo que han hecho desde Regularización Ya, y al que se han sumado muchísimas entidades y organizaciones que trabajan con las personas migrantes, es un trabajo espectacular”, apunta la abogada especializada en extranjería Esjaba Messaoud desde Barcelona, quien transmite un cierto desconcierto por parte de las profesionales ante las preguntas de sus clientes mientras el decreto final no se ha publicado. “El problema es que es un periodo tan corto que hay muy poco margen de maniobra para resolver los problemas que puedan surgir antes de que haya finalizado el plazo”, lamenta. 

La abogada espera que los “grandes logros” de Regularización Ya queden en el texto final, y comparte la preocupación de los colectivos antirracistas respecto a los fraudes que puedan darse por parte de profesionales de la abogacía: “Yo creo que al final esto no escapa de ser una situación excepcional, y a río revuelto, ganancia de pescadores. No puede ser que a las personas en enero, sin todavía salir ni el primer borrador, prácticamente se les esté obligando a reservar con 60€ por un supuesto cupo de solicitudes”, denuncia, apuntando a que es al Consejo General de la Abogacía Española, así como a los diferentes colegios autonómicos, a quienes corresponde sancionar las prácticas abusivas. 

“Este corto lapso de tiempo para las personas es un factor estresor muy importante porque tienen que hacer todo en tres meses”

“Este corto lapso de tiempo para las personas es un factor estresor muy importante porque tienen que hacer todo en tres meses. Hay que insistir en la necesidad de informarse por vías seguras y sobre todo que la gente entienda que es un procedimiento que de quererse se puede hacer por parte de las personas a nivel individual”, recuerda, subrayando que no es necesario presentar la solicitud de la mano de un profesional: “Esto no afecta en nada al proceso, ni va más rápido, ni sale antes, ni lo miran con más cariño”. Messaoud considera que “debería ser la propia abogacía la que incidiera en este mensaje”.

La abogada encuentra que el proceso tiene aspectos muy interesantes respecto a la ejecución, como la participación de entidades colaboradoras, pero hay algunas cuestiones que le preocupan, como las tasas. “Los expedientes que se tramitaron con motivo de la Dana no llevaban aparejadas tasas, esto lo que hace es agilizar muchísimo la tramitación. Hubiese sido más estratégico aplicar esta experiencia”, apunta la abogada que teme que la petición de tasas, más allá de la barrera económica, alargue los procesos y deje afuera a quienes no reciban los requerimientos: “Muchas personas no viven donde están empadronadas, o a veces ponen un domicilio a efectos de notificaciones donde no vive nadie o donde no están en todo el día porque están trabajando”.

Respecto a la experiencia de regularización de la Dana, proceso en el que la abogada lamenta que mucha gente se quedara afuera, sí que considera que se han hecho avances: “Es cierto que ahora los requisitos a priori son más flexibles, pero creo que para un reto tan importante o para dar solución a una situación tan compleja como es la situación de irregularidad de muchísimas personas se hubiese tenido que apostar por las oficinas de extranjería y dotarles de medios, que es lo que está exigiendo el personal hace muchísimos años”. La letrada piensa que apostar por las oficinas “hubiese sido tanto estratégico como conveniente”. 

Entre las cuestiones que le preocupan está el que el personal encargado de recibir y tramitar las solicitudes esté convenientemente formado. En este sentido se prevé que sean oficinas de Correo y de la Seguridad Social, las que recepcionen las solicitudes en horario de tarde, que a su vez serán tramitadas por la Unidad de Tramitación de Expedientes de Extranjería (UTEX), un organismo que cuenta normalmente con 50 trabajadores a quienes se sumarán 150 de la empresa pública Tragsa. “El problema de extranjería es que se trata de una materia muy compleja”, y teme que personal ajeno a esta temática pueda cometer errores que lleven a “denegaciones o requerimientos incorrectos. Lo que pueden hacer es que acabemos en un gran número de recursos interpuestos que serían evitables. Y entonces, al final lo que estamos haciendo es duplicar energías, tanto los profesionales como en la propia administración”. 

Desde sindicatos como Comisiones Obreras se ha criticado que entidades como la empresa pública Tragsa se encarguen de la tramitación, en lo que consideran un proceso de externalización. Messaoud lamenta que desde muchas oficinas de extranjería no hayan reaccionado hasta ver cuestionada “su exclusividad dentro de la administración” y recuerda que muchas veces es en estas oficinas donde no encuentra una actitud colaborativa, o se ponen trabas burocráticas a las personas migrantes.

“Apoyamos la regularización extraordinaria como no puede ser de otra manera, pero estamos muy preocupados por la carga de trabajo que va a llegar a los distintos ámbitos de la Administración del Estado”, apuntan desde Comisiones Obreras. Montserrat Gómez Esteban, responsable de Administración General del Estado en el sindicato, aclara que no les preocupa tanto la recepción de solicitudes por parte de Correos o Seguridad Social, pues consideran que será un proceso fácil. Sí les inquieta que la UTEX esté capacitada para tramitar las solicitudes: “Es un trabajo que debería haberse encargado a las oficinas de extranjería, que son el personal que saben perfectamente cómo se tramita esto”. También les preocupa que la administración pública pueda responder a lo que vendrá después, más allá de extranjería, incluyendo al servicio de empleo o a las prestaciones de la seguridad social. “Eso supone una serie de cargas para la administración, para la que no tenemos plantilla ahora mismo”.

La sindicalista recuerda otro gran proceso que también contó con Tragsa para tramitar la documentación inicial, la del Ingreso Mínimo Vital. “Entonces pasó un poco esto, no se recogió documentación, luego hubo que depurarlo a través de la Seguridad Social y hubo muchísima gente que no tuvo derecho al Ingreso Mínimo Vital porque no cumplía los requisitos o le faltaba documentación”, lamenta.

Ante estas eventualidades, desde el sindicato recuerdan que es necesario que el gobierno tenga en cuenta también el medio y largo plazo, y las necesidades que seguirán a esta primera fase del proceso, para evitar atascos en las distintas ramas de la administración: “Nos falta plantilla en Interior, nos falta plantilla en Seguridad Social, nos falta plantilla en las oficinas de Extranjería, nos falta plantilla en el Servicio Público de empleo”, enumera. 

Una victoria del movimiento antirracista

En un webinar público realizado por Regularización Ya el pasado 30 de marzo, para abordar los detalles del proceso y al que se apuntaron más de mil personas, la activista antirracista Victoria Columba recordaba que la regularización extraordinaria “no es un proceso cerrado si no en disputa, hay que defenderlo con uñas y dientes”. La activista radicada en Barcelona apuntaba que esta conquista del movimiento antirracista se daba en “un contexto global de recorte de derechos y de criminalización de la migración”, y celebraba que, gracias al trabajo clave de la ILP —que sin embargo ha quedado encallada en el Congreso dada la “aritmética parlamentaria”— se consiguiera finalmente acceder a tan ansiado objetivo político, de la mano del diálogo con Podemos, y la negociación de este partido con el PSOE. Consciente de la ansiedad de las personas ante la espera, Columba esperaba que se respeten los criterios del proyecto inicial en el que tanto esfuerzo ha puesto el movimiento antirracista, para que “el proceso tenga todas las garantías, que asegure que nadie quede fuera”. En este cuidar el proceso, Columba muestra su frustración en conversación con El Salto por planteamientos como el de Comisiones Obreras, señalando al sindicato por negar en el pasado agencia y representatividad a los colectivos antirracistas, o no apoyar en su momento los esfuerzos del Movimiento por la Regularización Extraordinaria. La activista defiende el proceso de inscripción previsto, y la labor de las entidades colaboradoras para facilitar las solicitudes, frente a las prácticas abusivas de algunos abogados y las trabas burocráticas que las personas migrantes encuentran muchas veces en extranjería. Columba defiende que, a pesar de un contexto adverso en el que se ha tenido que acelerar el proceso, “se está consiguiendo que se haga sin padrón, que es un impedimento por las vías ordinarias de la Ley de Extranjería” y se ha logrado confirmar que no se solicitarán certificados de vulnerabilidad. Con todo, destaca el papel de las entidades colaboradoras para tramitar solicitudes y expedientes ante unas Oficinas de Extranjería que “dicen estar saturadas con miles de expedientes a la espera de resolución”, y “unos Servicios Sociales que se niegan a realizar informes de vulnerabilidad”, de ahí la importancia de que finalmente se considere como “situación de vulnerabilidad la irregularidad administrativa”..Por último, alerta contra las resistencias contra una regularización que no será perfecta, “pero más imperfecto sería que la ILP se hubiese quedado dormida”. La activista lamenta que los sindicatos aprovechen este momento para pedir más presupuesto o agitar sus propias demandas, cuando el recorrido realizado por los colectivos antirracistas hasta aquí ha sido sin recursos económicos “poniendo el cuerpo”. 

También Touceda, desde Madrid, lamenta que los sindicatos mayoritarios hayan sido reacios a apoyar la Regularización Extraordinaria, frente a otros sindicatos más de base. Zumaran coincide con Columba en señalar que desde las principales centrales sindicales se han presentado como quienes tienen la potestad de negociar cuestiones de migración, disputando su rol como sujeto político e incluso expulsándoles de negociaciones. Sin embargo, ahora empiezan a apreciar un “cambio político como resultado de mucho trabajo, a veces invisible”. Esta activista considera que si bien los sindicatos no se han hecho cargo de su poder como agentes sociales, ahora están intentando dar pasos adelante —impartiendo formaciones o inscribiéndose como entidad colaboradora en el caso de Comisiones Obreras— y ve el hecho de que se estén implicando como algo positivo, “pero no han estado estos años en primera línea de las organizaciones con las cuales contar”. Respecto a los reclamos sindicales, la activista lamenta que “en seis años el gobierno no ha preparado las condiciones para el proceso, tomando conciencia de cuáles son sus capacidades para abordar una perspectiva más estructural a la hora de pensar una cuestión como la regularización”. 

Más allá de los desafíos que plantea el proceso de regularización, las activistas celebran este momento como un “un triunfo colectivo”, y el resultado de “años de lucha”, en un panorama adverso. Para ello, consideran, ha sido fundamental generar espacios de apoyo mutuo y de resistencia, y en el caso de Madrid, apunta Zumaran, contar con “núcleos vecinales y de cercanía que puedan ir mucho más allá de la regularización”, abrazarse desde lo pequeño y hacer lo posible desde ahí. “Está siendo muy interesante ver cómo se están organizando en los colegios profesores o madres y padres para sostenerse, pues ven que la situación de las personas migrantes en muchos barrios es muy dura”. Se trata de un proceso, explica la activista, que “estimula la responsabilidad colectiva”. Touceda reivindica también la experiencia de alianzas de la ILP para articular la Asamblea Mixta en Madrid e ir más allá de “nuestras organizaciones”, territorializar la lucha por la regularización, y “hacer pedagogía en la calle, y que esto nos sirva para hacer un red grande de apoyo mutuo en los barrios de Madrid”.

[Foto: Álvaro Minguito - fuente: www.elsaltodiario.com]