sábado, 26 de setembro de 2026

Burgundy

San Sebastián International Film Festival 2026 

Écrit par Arthur Bouet

Curieux objet que ce Burgundy, fruit d’un patient travail d’immersion des réalisateurs étasuniens Michael Dweck et Gregory Kershaw dans le terroir bourguignon. Dressant le portrait d’une communauté gravitant autour de la passion du vin, le long-métrage se situe dans un état intermédiaire assez passionnant entre fascination et satire.

Parmi les différents personnages qu’il brosse (viticulteur, sommelier, critique, maître d’hôtel, etc), le jeune Enzo Ferraroli, dix-neuf ans, fait figure de porte d’entrée pour les spectateur·ices dans cet univers codifié. Aspirant entrepreneur viticole débarqué de sa campagne jurassienne, le garçon semble tout droit sorti d’un scopitone des années 1960. Coiffure banane, phrasé et vocabulaire hautement anachroniques, manières de gentleman surannées : introduit au son de L’Idole des jeunes de Johnny Hallyday, auquel il ressemble étrangement, le bonhomme produit un effet comique involontaire, dont les cinéastes font leur miel, notamment en suivant ses intrigues amoureuses infructueuses. Engagé dans le domaine d’un vieux propriétaire désireux de transmettre son savoir, il se heurte à une étiquette dont, malgré ses complets en laine et sa bagnole rétro, il ignore tout. Le duo de réalisateurs creuse cette distance en alternant les scènes où Enzo se plonge avec entrain dans le travail et celles où son employeur lui prodigue des leçons sur Sénèque, la peinture classique, la chasse et l’économie, tout en mettant continuellement en doute ses compétences.

Sous l’humour et la légèreté apparente du film, Burgundy dépeint en réalité un monde en vase clos qui se perpétue à travers l’héritage et la reproduction sociale. D’origines modestes, Enzo en finira d’ailleurs recraché, dans une scène terrible où un agent immobilier brise à jamais ses espoirs de s’enraciner dans le territoire. Avec une grande économie de moyens, essentiellement en plans fixes soigneusement composés, Dweck et Kershaw filment ces bourgeois dans tout le ridicule de leur apparat – nul besoin de forcer le trait pour provoquer le rire, ces nantis sont déjà leurs propres caricatures. L’un des personnages récurrents, un critique vinicole récemment séparé tentant de se remettre en selle, cristallise le rabougrissement risible de ce milieu sur lui-même : à chaque rendez-vous galant qu’on devine peu concluant, la passion du vin revient dans sa bouche comme une compulsion. En état d’hypnose chez sa thérapeute, l’homme décrit les sensations de son corps flottant à l’intérieur d’une bouteille de vin, enivré par d’indescriptibles parfums – ça ne s’invente pas.

Pourtant, derrière la critique sociale acerbe, que confirme un épilogue en forme de réveil brutal, le portrait de ces clowns poussiéreux a quelque chose de profondément touchant. Le regard empreint de mansuétude des cinéastes éclaire aussi ces traditions d’une lumière mélancolique. Après son ultime service avant la retraite, Patrick, maître d’hôtel zélé, arpente une dernière fois sa salle de restaurant et replace méticuleusement les verres à leur exact emplacement. Assis dans le noir, le regard dans le vague, l’homme porte alors sur ses épaules le poids d’un monde hermétique confronté à la possibilité de sa fin.

Burgundy / de Michael Dweck, Gregory Kershaw / avec Enzo Ferraroli, Céleste Kalis, Eric Goettelmann, Patrick Maniere, Guillaume Baroin, Bertrand Devillard / U. S. A. / 1h28 / San Sebastián International Film Festival 2026 – Culinary Zinema

 

[Source : www.cultureauxtrousses.com]


IA et littérature : la pureté de la création n’existe pas

Une partie du monde littéraire est vent debout contre l’innovation technologique après l’affaire Thélyson Orélien. C’est oublier que l’IA est nourrie par les hommes, affirme l’écrivain Louis Chevaillier. 

La révolution que nous vivons invite à remettre au centre le lecteur, l’auditeur, l’amateur d’art qui par son regard investit un tableau.

Écrit par Louis Chevaillier 

Depuis quelques mois, on entend les écrivains protester vivement contre l’intelligence artificielle. Les accusations récentes contre Thélyson Orélien n’ont fait qu’aggraver les polémiques. Au mépris des nuances, tout le monde prend parti, les uns dénonçant des attaques racistes, les autres la cécité des critiques trompés. L’utilisation de l’intelligence artificielle produirait forcément des images factices, dit-on. Et chacun d’utiliser cet argument en faveur ou contre Thélyson Orélien. Le monde littéraire est vent debout contre l’innovation technologique ! 

Ce n’est pas la première fois que les artistes se braquent ainsi contre la nouveauté. Souvenons-nous du 14 février 1887. Ce jour-là, dans le Temps, paraît une pétition signée par quarante artistes et écrivains, parmi lesquels Charles Gounod ou Guy de Maupassant. Ils s’insurgent contre l’érection en plein cœur de Paris, de «l’inutile et monstrueuse tour Eiffel». Ils parlent de profanation et de déshonneur. Qui songe à leur donner raison aujourd’hui ? 

Et pourtant restent passionnantes ces querelles contre la modernité, tant elles éclairent notre rapport à la science et au monde. «Le microscope et le télescope troublent, à proprement parler, la pureté du sens de la vue», écrivait Goethe dans ses Maximes et Réflexions. Et c’est l’occasion pour nous aujourd’hui de réfléchir à notre relation à la nature et à ses secrets. Est-il vraiment si scandaleux de dévoiler ainsi les dessous de la matière ? Les termes utilisés sont toujours ceux du sacrilège et de la corruption. Prenez Baudelaire quand il s’oppose à la photographie. Il se révolte contre une foule idolâtre et son «amour de l’obscénité». Il dénonce la sottise de «nouveaux adorateurs du soleil». On croirait entendre nos actuels puritains. 

Le goût humain pour les belles images et les belles histoires 

Le chien aboie et la caravane passe. Qu’importe leur bien-fondé, les critiques de Goethe ou de Baudelaire sont aujourd’hui dépassées. Elles n’ont pu résister à cette force quasi élémentaire : le goût humain pour les belles images et les belles histoires, d’où qu’elles viennent. Pendant des millénaires, les hommes se sont sustentés de légendes et de contes dont ils ne connaissaient pas les auteurs. Autour du feu de camp ou de cheminée, leurs histoires répétaient des motifs quasi préhistoriques qui circulaient de civilisation en civilisation à travers les siècles. On compte plus d’un demi-millier de cendrillons, dont l’une, chinoise, perd sa sandale dès le IXe siècle. L’intelligence artificielle, elle aussi, est nourrie par les hommes. Elle n’abolit pas la notion d’auteur. Elle ne fait que la déplacer. 

Nous avons trop pensé à l’expérience artistique du seul point de vue de l’artiste, en oubliant que le destinataire est lui aussi essentiel. La révolution que nous vivons invite à remettre au centre le lecteur, l’auditeur, l’amateur d’art qui par son regard investit un tableau. Ce sont d’abord de spectateurs exigeants dont on a besoin ! «Il y a le pôle de celui qui fait une œuvre et le pôle de celui qui la regarde. Je donne à celui qui la regarde autant d’importance qu’à celui qui la fait», expliquait déjà Marcel Duchamp dans Ingénieur du temps perdu. 

Bientôt, les deux pôles s’interpénétreront sans doute : nous deviendrons les créateurs de nos propres spectacles. «La poésie doit être faite par tous. Non pas un», proclamait Isidore Ducasse dans Poésies, après avoir écrit les Chants de Maldoror sous le pseudonyme du comte de Lautréamont. «Tout le monde peut cuisiner», renchérissait Auguste Gusteau dans le dessin animé Ratatouille. Ce n’est pas là un avenir sombre, si perdure le goût de l’effort. 

Car, nous ne pouvons pas nous contenter d’un art qui se cloîtrait dans sa tour d’ivoire, comme le masturbateur s’enferme dans son water-closet. Ce sont justement dans ces forteresses que prolifèrent les pires poncifs. L’expérience du collage nous enseigne que l’on peut passer par des détours pour revenir au réel. Si l’intelligence artificielle peut remplacer l’être humain dans son acte créatif, elle peut aussi devenir un outil à son service. Et j’ai envie d’oublier la mise en garde de Baudelaire dans les Paradis artificiels : «Celui qui aura recours à un poison pour penser ne pourra bientôt plus penser sans poison». 

Les progrès de Claude 

De certains projets du génial écrivain, il ne reste que le titre. Je m’amuse parfois à tester l’application d’Anthropic, Claude, pour vérifier ses progrès. Alors, comment terminer cette tribune sinon par le résultat d’un prompt ? Voici un poème en prose d’aujourd’hui, à la manière du Spleen de Paris, intitulé le Croque-mort élégant. Bien sûr, il ne s’élève pas au niveau du poète qui reste incomparable, du moins pour le moment. Mais vraiment, ce n’est pas si mal… 

«Je l’ai croisé un mardi, square des Batignolles, entre deux bancs où des vieillards nourrissaient des pigeons qu’ils appelaient par des prénoms de femmes mortes. Costume gris perle, pochette ardoise, chaussures si bien cirées qu’on y aurait lu l’heure de sa propre mort. Rien ne trahissait le métier, sinon cette lenteur du pas, cette économie du geste que possèdent seuls ceux qui portent, sans les faire tanguer, des choses qu’on ne pose pas deux fois. 

On l’appelait l’Elégant, comme un cheval de course. Le matin il consultait les disponibilités du crématorium comme d’autres la Bourse ; l’après-midi il conseillait une veuve entre frêne et chêne, componction de sommelier. 

Une jeune femme s’assit près de lui, pleurant discrètement, épaules droites, à la façon des villes. Il tendit un mouchoir de tissu, sans un mot – le même geste précis dont il devait border, une heure plus tôt, les mains d’un inconnu rue Cardinet. Puis il se leva, ajusta sa pochette d’un geste inutile et parfait, silhouette grise parmi les grises. 

De tous les métiers de cette ville, le sien est peut-être le plus honnête : il ne vend aucune éternité, ne console que par la tenue de sa cravate – seul homme élégant de Paris dont l’élégance serve à quelque chose».

 

Louis Chevaillier, écrivain et journaliste


[Illustration : PhonlamaiPhoto/Getty Images/iStockphoto -  source : www.liberation.fr]


Irán confirma a condena a 74 lategazos da cantante Parastoo Ahmadi por un concerto virtual sen veo

O caso remóntase ao 11 de decembro de 2024, cando a artista publicou en Youtube un vídeo de 27 minutos dun «concerto hipotético» no que aparecía cun vestido longo negro, cos ombros descubertos e sen veo. 

Muller camiñando por unha rúa de Teherán, en Irán

Un tribunal de apelación iraniana confirmou a condena a 74 lategazos, dous anos de prohibición de cantar e de saír do país contra a cantante Parastoo Ahmadi por publicar a finais de 2024 un concerto en liña no que aparecía sen veo.   

A propia cantante informou a última hora do venres na súa páxina de Instagram de que a Sala 16 do Tribunal de Apelación da provincia de Qom «ditou a sentenza definitiva sobre o caso do concerto do caravansar». 

«En virtude dela, Parastoo Ahmadi, catro músicos e outras catro persoas foron condenados a 74 lategazos, dous anos de prohibición de exercer actividades audiovisuais e de saír do país», segundo unha historia publicada por Ahmadi na rede social.

A artista sinalou que o tribunal de apelación rexeitou as obxeccións presentadas polos acusados e confirmou «sen ningún cambio» o fallo emitido en primeira instancia pola Sala 122 do Tribunal Penal de Qom en xuño pasado.

«A sentenza é firme e de obrigado cumprimento», sinalou a cantante.

En primeira instancia, Ahmadi e outros oito músicos e membros do equipo recibiran as mesmas condenas pola actuación en solitario de Ahmadi sen o «hiyab islámico», a presenza de músicos homes, o que o tribunal considerou «obsceno» e contrario ás normas morais e relixiosas.

As defensas alegaran, entre outras cuestións, o carácter artístico da obra e a ausencia de intención delituosa.

O caso remóntase ao 11 de decembro de 2024, cando Ahmadi publicou en Youtube un vídeo de 27 minutos dun «concerto hipotético» gravado no histórico caravansar de Deir Gachin, na provincia de Qom, no que aparece cun vestido longo negro, cos ombros descubertos e sen veo, cantando varias cancións acompañada por catro músicos.

Desta forma, a vocalista desafiou o estrito código de vestimenta e a prohibición de canto para mulleres en público.

En menos de 24 horas, as autoridades xudiciais iranianas anunciaron que presentaran unha denuncia contra a cantante e os seus acompañantes por celebrar o concerto «sen permiso» e sen respectar as «normas legais e relixiosas».

A República Islámica de Irán non permite ás mulleres gravar discos e só poden dar concertos para un público feminino, sen cámaras de vídeo ou fotos.

Ahmadi xa se enfrontou a unha denuncia en 2022, cando publicou a canción «Do sangue da mocidade da patria» durante as protestas desencadeadas pola morte de Mahsa Amini, detida pola Policía da Moral por levar de forma incorrecta o veo islámico.

O desafío da cantante produciuse nun momento de tensión en Irán ao redor do uso obrigatorio do veo, dous anos despois das protestas masivas desencadeadas pola morte de Amini.

Desde entón, numerosas mulleres iranianas deixaron de cubrirse a cabeza como forma de desobediencia civil, mentres as autoridades mantiveron unha aplicación irregular das normas sobre o hiyab e sectores conservadores reclamaron un maior control.  

 

[Foto: ABEDIN TAHERKENAREH | EFE  - fonte: wwwlavozdegalicia.es]

 

sexta-feira, 25 de setembro de 2026

«Neutralidade ativa»: pode um país tomar partido sem pegar em armas?

A 27 de setembro, um referendo sobre a neutralidade no país neutro por excelência — a Suíça — colocará esta questão. Entre o silêncio e as armas existe um vasto espaço de ação política. 

Instalação do artista espanhol Fernando Sánchez Castillo

Escrito por Marco Morosini 

Pode um Estado ser “parcialmente neutro”? Tanto quanto se pode estar “parcialmente grávida”, disse na rádio suíça o professor vienense Ralph Janik, referindo-se à quase-neutralidade da Áustria. Mas a questão vai muito além da Áustria e da Suíça. Entre o silêncio e as armas existe um arsenal sem armas: diplomacia, sanções, direito, comércio, finanças e mediação. Até que ponto pode um Estado opor-se a uma guerra sem tornar-se beligerante? 

A Suíça, o país neutro por excelência, oferece esta semana um caso revelador. Quatro dias depois de a Rússia ter invadido a Ucrânia, em 2022, a Suíça adotou também as sanções da União Europeia contra a Rússia. Pouco depois, Christoph Blocher, patriarca da direita suíça, lançou a “iniciativa da neutralidade”. Desde então, a sua SVP (Schweizerische Volkspartei) fez da luta por uma nova e absoluta neutralidade suíça uma causa urgente. 

A 27 de setembro, os eleitores suíços votarão uma alteração constitucional proposta pela iniciativa “Salvaguardar a Neutralidade Suíça”. A Constituição de 1848 exige que o Governo “salvaguarde a neutralidade”, mas não define o que é a neutralidade. A iniciativa pretende especificar o que a Suíça deve — e, sobretudo, o que já não poderá — fazer para ser neutra: manter uma “neutralidade permanente e armada”, limitar a cooperação militar e proibir sanções contra Estados beligerantes, exceto as impostas pelas Nações Unidas. Blocher, antigo ministro da Justiça afastado do Governo pelo Parlamento em 2007, afirma que, mesmo que perca a 27 de setembro, continuará a lutar pela “neutralidade absoluta”, inclusive através de um novo referendo. 

“Não à guerra”. E os negócios na Rússia? 

O multimilionário Blocher é também o maior financiador individual da campanha pelo Sim: mais de dois milhões de francos suíços, num total declarado de 3,84 milhões. A campanha pelo Não declara 1,67 milhões. Ao longo de décadas, Blocher transformou a SVP no maior partido da Suíça e construiu a fortuna familiar através do gigante químico Ems-Chemie, hoje controlado pelas suas filhas. Em 2025, a empresa faturou 1,95 mil milhões de francos suíços, 96% dos quais no estrangeiro. A sua filial Eftec possui duas fábricas na Rússia; no total, o grupo EMS tem 25 unidades de produção em 16 países. 

A 4 de setembro, a Republik publicou uma investigação que causou grande impacto, “Os negócios dos Blocher na Rússia”, documentando a presença industrial e comercial da Ems-Chemie na Rússia. A investigação levanta uma questão: poderia a proibição de sanções como as impostas à Rússia beneficiar também os interesses económicos de uma família que financia esta campanha com milhões de francos? 

“Não à guerra. Sim à neutralidade suíça”, proclamam os cartazes da campanha pelo Sim, acompanhados por uma pomba da paz. Um folheto com o rosto de John Lennon e as palavras “Give Peace a Chance!” teve de ser retirado depois da intervenção dos detentores dos direitos. Mas, afinal, quem votaria “a favor da guerra”? A escolha não é entre guerra e paz, mas entre duas definições de neutralidade: a flexível, testada pela prática, e uma nova, estritamente definida na Constituição. 

Neutralidade: um instrumento, não um valor 

A SVP argumenta que a Suíça deve manter uma neutralidade sem concessões perante todas as partes num conflito, para preservar a sua capacidade de mediação, como tantas vezes fez no passado. O argumento é sério. Mas a neutralidade militar não exige equidistância moral, política ou jurídica. Sancionar um Estado que viola o direito internacional não significa fazer-lhe guerra. A neutralidade exige que um país não pegue em armas; não exige cegueira nem silêncio. 

Para o Departamento Federal dos Negócios Estrangeiros suíço, a neutralidade é “um instrumento da política externa suíça”. A democracia, a paz, a dignidade humana e o Estado de direito são valores. A neutralidade é um meio, que deve ser avaliado pelo que permite a um país fazer. 

O artigo constitucional proposto permitiria apenas sanções decididas pelas Nações Unidas. Mas, no Conselho de Segurança, os membros permanentes — incluindo um eventual agressor — dispõem de direito de veto. A Suíça poderia, portanto, ter de esperar pelas grandes potências em vez de agir autonomamente. As grandes potências têm grandes exércitos; os pequenos Estados têm fronteiras cuja segurança depende de os outros as respeitarem. Para os pequenos Estados, o direito internacional não é um ornamento moral. É um seguro de vida. 

As sanções não são guerra, mas podem provocar retaliações: ciberataques, sabotagem, desinformação e outras formas de conflito híbrido. A fronteira entre a paz e a guerra é cada vez mais porosa. Uma definição constitucional detalhada da neutralidade imporia importantes limitações à política suíça e poderia congelar a sua capacidade de resposta perante formas de conflito em rápida transformação. 

Por uma “neutralidade ativa” 

Daí a ideia de uma “neutralidade ativa”, assente numa longa prática suíça: ficar fora da guerra, mas não ser indiferente perante o direito internacional; conservar a capacidade de condenar violações, impor sanções não militares, oferecer bons ofícios e falar com todos. 

Esta questão diz respeito a todos os Estados: como pode um Estado opor-se à força sem fazer da força o seu único instrumento? Uma violação do direito internacional deve ser condenada, venha ela, por exemplo, de Moscovo, Washington ou Pequim. A independência mede-se também pela capacidade de dizer não aos próprios amigos. 

É certo que um Estado sancionado pode recusar a mediação suíça. Mas deverá a credibilidade de um país medir-se pela sua capacidade de nunca desagradar a ninguém? O referendo suíço de 27 de setembro coloca frente a frente duas conceções de neutralidade: credibilidade através da distância ou através da independência de julgamento. 

No final de agosto, nas margens do lago de Zurique, uma enorme bandeira branca, de 22 por 14 metros, flutuava suspensa de uma alta grua: uma instalação do artista espanhol Fernando Sánchez Castillo. A imagem parecia feita para a Suíça. Uma bandeira branca pode pertencer a quem renuncia a tomar posição. Ou pode querer dizer: “Não dispararei contra ti. Vem, falemos.” 

Falar com todos. Não fazer guerra a ninguém. Mas não chamar neutralidade ao silêncio.


Marco Morosini é professor emérito da ETH Zurique, jornalista independente. 

 

[Foto do autor - fonte: www.esquerda.net]

L’Holocauste et le génocide de Gaza : une comparaison interdite ?

Les personnes qui établissent des comparaisons entre l’Holocauste et ce qu’Israël fait subir aux Palestiniens sont souvent rapidement accusées d’antisémitisme. Mais comparer n’est pas synonyme d’assimiler. Il existe certes des différences importantes, mais il y a aussi des similitudes. Dans cet article, j’examine les similitudes entre le traitement réservé aujourd’hui aux Palestiniens par Israël et celui infligé à l’époque aux Juifs par les nazis. 

Écrit par Anne-Ruth Wertheim 

Comment les peuples opprimés sont constamment contraints de choisir entre une nouvelle situation qui limite leurs options et une alternative qui leur est encore plus défavorable ? 

Et comment, de cette manière, on leur fait porter une part de responsabilité dans le sort inconnu qui les attend finalement ? 

Ce qu’Israël fait subir aux Palestiniens est-il comparable à ce que les nazis ont fait subir aux Juifs ? 

Cette question a fait l’objet d’un débat considérable, notamment récemment après que Frans Timmermans eut fait une remarque en ce sens. Il a immédiatement été accusé d’antisémitisme, tout comme l’ensemble du parti PRO (le parti social-démocrate/vert des Pays-Bas), dont il est un membre éminent. Mais je soutiens qu’il avait raison : ce qu’Israël fait subir aux Palestiniens peut en effet être comparé à ce que les nazis ont fait subir aux Juifs. 

Comparer n’est pas synonyme d’assimiler. Lorsque nous comparons des événements, ou des séquences d’événements – c’est-à-dire des processus historiques –, nous prenons en compte non seulement leurs similitudes, mais aussi leurs différences. Et il existe en effet des différences importantes entre ce que les nazis ont fait subir aux Juifs et ce qu’Israël fait subir aux Palestiniens. Il n’y a, par exemple, pas de chambres à gaz à Gaza ni en Cisjordanie. Mais les Juifs ne se sont pas simplement retrouvés du jour au lendemain dans les chambres à gaz d’Europe de l’Est. Ce dénouement a été précédé d’un processus long et laborieux, dont l’issue est restée longtemps entourée de mystère. 

Prenons l’exemple de ma grand-tante Phine Asbacher-van Gelder. Elle était l’une des sœurs de ma grand-mère, Heintje Wertheim-van Gelder. Phine et son mari vivaient dans une charmante petite maison avec jardin à Aerdenhout. En 1942, cependant, ils ont été contraints de déménager dans un appartement du quartier du Transvaal, à Amsterdam-Est, soi-disant pour leur propre sécurité. Les nazis ont concentré toute la population juive néerlandaise dans ce quartier, et au fil du temps, environ 80 % de ses habitants étaient juifs. Comme le quartier était géographiquement enclavé entre le canal Ringvaart et une ligne de chemin de fer surélevée, il pouvait facilement être complètement bouclé. Ma grand-tante et son mari furent ensuite transportés via la gare de Muiderpoort vers le camp de Westerbork, là encore soi-disant pour leur propre bien. Peu de temps après, ils furent déportés de là vers Sobibor, où son mari fut assassiné le 7 mai 1943. Phine elle-même fut assassinée quelques mois plus tard, le 23 juillet 1943. Ils avaient respectivement 61 et 59 ans. Ma grand-mère a échappé à ce sort en mettant fin à ses jours le 14 mai 1940, le jour où les Pays-Bas ont capitulé face à l’Allemagne nazie, en même temps que mon grand-père, Jonas Mozeszoon Wertheim. Ils avaient pressenti ce qui attendait les Juifs. 

Le processus progressif par lequel les Juifs ont été entraînés de plus en plus profondément dans un piège constitué de compartiments successifs a été décrit avec une grande clarté par le sociologue juif polonais Zygmunt Bauman. Dans son ouvrage influent publié en 1989, *Modernité et Holocauste*, Bauman montre comment ce mécanisme fonctionnait : à chaque étape successive, les Juifs étaient confrontés à un choix entre le mal et le pire. Ils étaient contraints de faire ce choix eux-mêmes, et c’est ainsi que ce système perfide les rendait complices du processus qui aboutit finalement à leur propre destruction. Pendant tout ce temps, l’issue finale de ce processus restait enveloppée de ténèbres. 

Ce même processus par étapes, dans lequel les gens sont contraints de choisir entre le mal et le pire à mesure qu’ils pénètrent dans chaque compartiment successif du piège, se retrouve également dans ce qui arrive aux Palestiniens à Gaza et, dans une certaine mesure, en Cisjordanie. Là encore, l’issue finale reste cachée à ceux qui sont pris dans ce processus. Tout a commencé lorsque les Palestiniens ont été chassés de force de leurs maisons et de leurs villages au moment de la création de l’État d’Israël. Les forces israéliennes leur ont tiré dessus depuis les collines, leurs villages ont été rasés, et il est progressivement apparu que leur seule chance de survie était de trouver refuge dans des camps de réfugiés. Là, ils ont été entassés, d’abord dans des tentes puis dans des bâtiments permanents, dans des conditions de plus en plus difficiles. Au début, ils pouvaient encore quitter les camps, par exemple pour aller travailler en Israël. Mais petit à petit, leur liberté de mouvement a été restreinte. 

À Gaza, cet enfermement a été renforcé par une clôture électrifiée entourant l’ensemble du territoire, avec des tours de guet disposées à intervalles réguliers d’où la population était placée sous surveillance armée jour et nuit. En Cisjordanie, le processus s’est déroulé quelque peu différemment. Des colons israéliens se sont installés dans un nombre toujours croissant de localités à travers le territoire, s’emparant de terres palestiniennes et construisant des colonies dont les Palestiniens étaient exclus. Ces colonies étaient reliées par un vaste réseau routier, tandis que les Palestiniens étaient confrontés à un système complexe de postes de contrôle qui restreignait de plus en plus leur liberté de circulation. 

Au fil des ans, diverses formes de résistance ont vu le jour à Gaza. Citons par exemple les manifestations largement non violentes de 2018-2019, au cours desquelles des groupes de Palestiniens non armés se sont approchés à plusieurs reprises de la barrière depuis l’intérieur de Gaza. Les Gazaouis ont pu constater de leurs propres yeux comment Israël réagissait à de telles actions : les manifestants étaient touchés aux genoux. Dès 2006, il y avait également eu des périodes récurrentes durant lesquelles des zones entières étaient bombardées, ce qui était invariablement présenté comme une punition pour des actes de résistance particuliers. À la suite de l’incursion du 7 octobre 2023 depuis Gaza vers le territoire israélien, ces bombardements sont devenus plus ou moins continus. Avant chaque bombardement, les habitants avaient le choix : ils pouvaient partir vers une autre partie de Gaza, où on leur disait qu’ils seraient en sécurité. C’était le moindre des deux maux, et la plupart s’y sont conformés et ont fui. Pourtant, une fois arrivés dans la zone désignée, ils découvraient souvent qu’ils y étaient également bombardés. Ils avaient en réalité été contraints de choisir entre le mal – abandonner leurs foyers – et le pire – être bombardés. Ces derniers mois, ce processus est allé encore plus loin. La zone totale dans laquelle les Gazaouis sont autorisés à se déplacer a été progressivement réduite par la mise en place de la « ligne jaune ». Là encore, le processus s’est déroulé de manière progressive, étape par étape. 

Les bombardements ont non seulement contraint la population à se déplacer sans cesse, mais l’ont également privée des rares moyens de subsistance qui lui restaient. Au départ, par exemple, les Gazaouis pouvaient encore cultiver une partie de leur nourriture. À présent, cependant, ils sont devenus presque entièrement dépendants de la nourriture et des médicaments qu’Israël autorise à entrer sur le territoire. De plus, depuis le 7 octobre 2023, les Gazaouis ne sont plus autorisés à travailler en Israël, au-delà de la barrière. Jusqu’alors, environ 20 000 personnes – soit environ 1 % de la population de Gaza – le faisaient. Ces travailleurs devaient subir chaque matin des procédures humiliantes avant d’être autorisés à franchir la barrière pour se rendre au travail, puis à nouveau le soir à leur retour. Depuis lors, cependant, pratiquement personne n’a été autorisé à entrer ou à sortir de la bande de Gaza. Une fois de plus, cette mesure a été justifiée au nom de leur propre protection : en dehors de Gaza, les Palestiniens seraient soi-disant en danger en raison de la colère des Israéliens suite aux événements du 7 octobre 2023. 

Enfant, j’ai moi-même vécu un processus similaire, étape par étape, où chaque étape successive vous confrontait à un choix entre le mal et le pire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ma famille croyait que, loin en Indonésie, alors encore une colonie néerlandaise, nous serions à l’abri des nazis. Mais nous allions bientôt découvrir que le bras long de l’Holocauste nous atteindrait là-bas aussi. En 1942, alors que j’avais sept ans, le Japon a envahi et occupé le vaste archipel indonésien. À l’époque, quelque soixante millions d’Indonésiens y vivaient, tandis que les Néerlandais, qui avaient jusqu’alors gouverné la colonie, n’étaient qu’environ 300 000. Pour les forces d’occupation japonaises, il fut relativement facile de dépouiller cette petite minorité néerlandaise de son pouvoir en l’enfermant dans des camps. Et c’est précisément ce qu’elles ont commencé à faire dès les premiers mois de l’occupation. Elles ont mis en place environ trois cents camps à travers l’archipel, chacun accueillant environ un millier de prisonniers, avec des camps séparés pour les hommes, les femmes et les enfants. Les conditions variaient d’un camp à l’autre, mais partout, les gens étaient entassés derrière des clôtures, recevaient bien trop peu de nourriture et pratiquement aucun médicament, et étaient soumis à des châtiments brutaux pour la moindre forme de résistance. Et ils étaient surveillés jour et nuit sous la menace des armes depuis de hautes tours de bambou. 

Mon père a été emprisonné le jour même où les autorités coloniales se sont rendues. Ma mère, en revanche, a pu rester quelque temps dans notre maison près de l’étang aux canards à Batavia – aujourd’hui Jakarta – avec ma sœur, mon petit frère et moi. Cela a été possible parce que, sur les conseils de mon père, elle avait retiré tout leur argent de la banque dès le premier jour de l’occupation. Après tout, les salaires n’étaient plus versés. De nombreux Néerlandais ont commis l’erreur de faire le contraire : ils ont déposé leur argent à la banque et se sont rapidement retrouvés sans moyens de subsistance, ce qui ne leur a laissé d’autre choix que d’entrer dans les camps d’internement. 

Mais un jour, on nous a dit, à nous aussi, qu’il valait mieux que nous soyons internés dans un camp pour femmes, appelé par euphémisme « quartier protégé ». Au début, les internés étaient encore autorisés à quitter ces locaux pendant la journée, mais très vite, ils ont été complètement bouclés. La perspective d’entrer dans le camp était profondément angoissante. Bien que très peu d’informations aient filtré depuis sa fermeture, nous avions compris que les conditions à l’intérieur ne cessaient de se détériorer. Pourtant, on nous disait qu’à l’extérieur du camp, nous risquions d’être attaquées par la population indonésienne, ce qui aurait été bien pire. Face à ce choix, nous avons décidé d’entrer dans le camp. Après y avoir passé un an, ma mère a de nouveau été confrontée à un choix qui allait avoir des conséquences considérables. 

Le 24 septembre 1944, nous avons reçu un ordre des autorités japonaises du camp stipulant que toute personne ayant ne serait-ce qu’une goutte de sang juif dans les veines serait transférée dans un camp séparé. Le Japon, bien sûr, était allié à l’Allemagne nazie, et après la guerre, il est apparu clairement comment, à ce stade de l’occupation, les nazis avaient réussi à persuader les Japonais de séparer les internés juifs des autres. 

Ma mère n’était pas juive elle-même, mais nous, en tant qu’enfants de notre père juif, étions à moitié juifs. Elle passait ses nuits à se demander si elle devait nous faire enregistrer comme tels, sachant que cela risquait de nous valoir d’être envoyés dans un camp pour Juifs tandis qu’elle devrait rester derrière. Elle se disait que les Japonais ne savaient probablement pas que « Wertheim » était reconnu comme un nom juif. Nos compagnons de captivité néerlandais, en revanche, le savaient parfaitement ; il aurait donc suffi qu’un seul d’entre eux nous trahisse. Et tout le monde savait ce qui pouvait arriver si l’on désobéissait à un ordre des Japonais. Ma mère ne pouvait pas consulter mon père. Il était loin, dans un camp pour hommes, et nous ne savions même pas s’il était encore en vie. Après la guerre, cependant, nous avons appris qu’il avait été confronté au même dilemme et qu’après mûre réflexion, il avait décidé de prendre le risque et de ne pas s’enregistrer comme juif. 

Finalement, ma mère a décidé d’éviter le pire scénario – la possibilité d’être séparée de nous – et a choisi ce qui semblait être le moindre mal. Elle s’est enregistrée comme juive, ce qui signifiait que nous n’étions plus classés comme demi-juifs, mais comme pleinement juifs. Nous l’avons donc accompagnée au camp de femmes juives de Tangerang. De là, avec les autres femmes et enfants juifs, nous avons été transférés au camp d’Adek, où nous sommes restés jusqu’à la fin de la guerre. 

Quelques jours avant notre transfert, j’ai été confrontée pour la première fois à l’antisémitisme. Je revois encore l’un des amis de mon petit frère, debout à quelques pas de nous, qui scandait : « Vous devez aller à Tangerang, parce que vous êtes des Klojoden ! » 

Pour nous, Tangerang – et plus tard Adek également – était bien pire que le camp d’où nous venions. C’était encore plus insalubre, les maladies étaient encore plus répandues, les médicaments quasi inexistants, encore plus de gens mouraient, y compris des enfants, et nous souffrions d’une faim encore plus grande.  Et là aussi, nous étions contraints d’assister à des scènes où des gardes indonésiens sous commandement japonais, qui avaient tenté de s’échapper, étaient battus jusqu’au sang – un avertissement brutal destiné à nous maintenir dans le rang. Pourtant, grâce à nos codétenues juives, qui avaient été transférées à Tangerang depuis d’autres camps de femmes à travers l’ouest de Java, nous avons appris que, pour certaines d’entre elles, les conditions dans notre camp constituaient en réalité une amélioration. 

Ainsi, en considérant la situation dans son ensemble et en comparant la ségrégation des Juifs par les Japonais à la persécution des Juifs par les nazis en Europe, on peut identifier un certain nombre de similitudes. Une différence fondamentale résidait toutefois dans le fait que les Japonais, d’après ce que j’ai pu établir depuis la guerre, n’avaient aucune intention de nous tuer. 

Revenons brièvement à ce qui se passe en Cisjordanie. Les Palestiniens n’y sont pas bombardés, mais eux aussi sont progressivement confinés dans des zones de plus en plus restreintes, tandis que leurs conditions de vie s’aggravent de jour en jour. Eux aussi sont sans cesse confrontés à des choix entre le mauvais et le pire et sont ainsi rendus personnellement complices de la détérioration de leur situation, sans savoir où ce processus les mènera finalement. Lorsqu’une nouvelle colonie israélienne est sur le point d’être établie – ce qui est souvent annoncé par l’apparition d’un mobil-home temporaire sur des terres palestiniennes –, les habitants savent ce qui risque de leur arriver s’ils résistent. Ils risquent d’être attaqués, souvent par des forces armées, et des personnes peuvent être tuées, avec l’aide de l’armée israélienne ou, à tout le moins, sous son œil vigilant. Alors, qu’est-ce qui est pire : risquer la mort ou abandonner ses terres ? 

Zygmunt Bauman a mis en évidence un autre aspect de l’Holocauste que l’on retrouve également dans la manière dont Israël traite les Palestiniens. Il s’agit des intervalles entre les ordres successifs par lesquels les nazis cherchaient à enfoncer les Juifs toujours plus profondément dans le piège. Ces intervalles ne devaient pas être trop courts, car les Juifs avaient souvent choisi le moindre de deux maux précisément dans l’espoir de gagner du temps. Si la mesure suivante intervenait trop rapidement, les nazis risquaient de perdre la coopération de leurs victimes potentielles. On observe un schéma similaire dans la manière dont Israël agit dans les territoires palestiniens, où un certain laps de temps s’écoule généralement entre une mesure et la suivante. 

Un dernier aspect de l’œuvre de Bauman que je tiens à souligner – et qui peut également s’appliquer à ce qui est infligé aux Palestiniens – est l’effort déployé par Israël pour dissimuler ses actions au monde extérieur. Les nazis ont déployé des efforts extraordinaires pour dissimuler leurs chambres à gaz au regard du public, et ils y sont remarquablement parvenus. On observe sans aucun doute un effort similaire visant à restreindre le regard extérieur à Gaza, où l’accès des journalistes a été sévèrement limité et où, comme chacun sait, de nombreux journalistes ont été tués.

En bref, comparer n’est pas synonyme d’assimiler. Il existe certes des différences entre la manière dont les nazis traitaient les Juifs à l’époque et celle dont Israël traite les Palestiniens aujourd’hui, mais il y a également des similitudes. Il doit être possible d’identifier et de discuter de ces similitudes sans que ceux qui le font soient vilipendés pour avoir établi cette comparaison.

 

Anne-Ruth Wertheim mène des recherches sur le racisme depuis des décennies. Ancienne professeure de biologie, elle est sculptrice et écrivaine et vit à Amsterdam.

Informed Comment

 

[Photo de Gaza par Hosny Salah : https://www.pexels.com/photo/child-in-gaza-camp-working-in-muddy-conditions-35934179/ - reproduit sur groupegaullistesceaux.fr]

Meta interdit en Espagne les publicités pour une pièce consacrée à Virginia Woolf au motif qu’elles font référence au féminisme

Le théâtre a appris que Facebook et Instagram filtraient les publicités évoquant des « thèmes de société » tels que les droits civiques ou le féminisme 

Clara Sanchis

Un théâtre de Barcelone s’est vu interdire de promouvoir sur Instagram et Facebook une adaptation théâtrale de l’ouvrage de Virginia Woolf *Une chambre à soi*, au motif que l’œuvre aborde des « thèmes sociaux ». 

Lorsque le Teatre Raval, qui vient de rouvrir ses portes et peut accueillir 193 spectateurs/spectatrices, a demandé à Meta, la société mère des deux réseaux sociaux, pourquoi sa publicité avait été bloquée, on lui a répondu que « toute mention des droits civiques, du féminisme ou de la réforme sociale [des thèmes centraux dans l’œuvre de Woolf] est généralement classée comme « sujet de société » par notre système automatique » et est donc filtrée. 

Pour remédier à cette situation, Meta a recommandé de supprimer certains « mots-clés » afin que le texte ne donne pas l’impression d’encourager l’activisme. 

Le théâtre a publié un communiqué dans lequel il déclare : « Nous nous sentons obligés de dénoncer l’injustice et la violation de nos droits que représente le fait de ne pas être autorisés à promouvoir une œuvre féministe, en l’occurrence une œuvre de Virginia Woolf, née en 1882. 

« Que pouvons-nous faire ? En tant que théâtre, nous devons faire connaître nos activités… et nous devons utiliser les réseaux sociaux pour que le public soit informé des activités culturelles. » 

La pièce, un spectacle solo interprété par Clara Sanchis, est une adaptation d’une série de conférences données par Woolf en 1928 à Newnham et Girton, qui étaient alors les deux seuls collèges de l’université de Cambridge à admettre des femmes. 

Ces conférences ont été publiées l’année suivante sous la forme d’un essai sur la situation des femmes dans la société et leur accès à l’éducation. Les femmes étaient admises à étudier à Cambridge depuis 1869, mais elles n’ont été autorisées à obtenir un diplôme qu’à partir de 1948. 

Woolf affirmait que pour produire une fiction de grande qualité, « une femme doit avoir de l’argent et une chambre à elle ». Elle écrivait dans son journal intime qu’elle s’attendait à être attaquée en tant que féministe pour ce qu’elle avait écrit. 

« Nous ne savons pas si cette publicité a été rejetée à cause du nom de Virginia Woolf, à cause du mot “féminisme”, ou pour les deux raisons », a déclaré Sanchis au journal La Vanguardia. 

«·Quoi qu’il en soit, c’est une manière d’effacer de la carte des avancées qui ont mis des siècles à se concrétiser. Nous avons donné aux réseaux sociaux un pouvoir illimité et nous constatons chaque jour à quel point cela est dangereux. C’est du parti pris et de la manipulation. »

 

Stephen Burgen, à Barcelone, 2& septembre 2026
Traduit par DE

 

[photo : Teatre Raval - reproduit sur entreleslignesentrelesmots.wordpress.com]

Israèl vòl retirar la nacionalitat als realizaires de Naza

Lo documentari premiat a Venècia denóncia lo sistèma mes en plaça per l’armada israeliana en Gaza, e avia una violenta ofensiva politica contra sos realizaires

Lo 12 de setembre passat, los cineastas israelians Yuval Abraham e Rachel Szor recebèron lo prèmi especial de la jurada de l’83a Mostra de Venècia.

Escrich per Jòrdi Ràfols

Lo 12 de setembre passat, los cineastas israelians Yuval Abraham e Rachel Szor recebèron lo prèmi especial de la jurada de l’83a Mostra de Venècia per Naza, un documentari d’80 minutas que critica los metòdes utilizats per l’armada e los servicis d’entresenhas israelians dins la guèrra en Gaza. «Aquela vertat es documentada e coneguda dempuèi lo primièr jorn gràcias als jornalistas palestinians. Mai de 200 d’eles son estats aucits per Israèl en Gaza», çò diguèt Abraham en recebent lo guierdon.

Mas las autoritats israelianas an pas gaire presat lo documentari premiat a Venècia, al ponch que lo ministre de la cultura, Miki Zohar, a anonciat que demandariá la revocacion del ciutadanatge israelian d’Abraham e de Szor, qu’acusa de «traïson envèrs l’Estat», çò rapòrta Libération. A exigitv tanben que foguèsson examinadas las condicions dins las qualas las informacions utilizadas dins lo filme foguèron obtengudas.

Rodat principalament de nuèch dempuèi los teulats de Tel Aviv, lo filme s’apièja sus de testimoniatges de membres e d’ancians membres de l’aparelh militar e las entresenhas israelianas, e enquista suls sistèmas utilizats per identificar las butas e avalorar a l’avança lo nombre de victimas civilas d’una tustada. Lo títol Naza correspond precisament a un acronim militar utilizat pels servicis israelians, sortit dels tèrmes ebrieus «nezekagavi» (damatge collateral), que designa lo marge de victimas civilas jutjat tolerable pendent una ataca.

 

[Imatge: LucaFazPhoto - sorsa: www.jornalet.com]


O momento no que a Asemblea da ONU se baleirou cando ía falar Netanyahu

Boa parte das delegacións abandonaron o salón da Asemblea Xeral das Nacións Unidas cando o primeiro ministro israelí, Benjamin Netanyahu, se dispuña a intervir. O mandatario respondeu cualificando de "covardes" os representantes que marcharon e dedicou o seu discurso a defender a actuación de Israel en Gaza, Cisxordania e fronte ao Irán.

O primeiro ministro israelí, Benjamin Netanyahu, este 24 de setembro na Asemblea Xeral da ONU en Nova York.

Puido verse este 24 de setembro na sede das Nacións Unidas en Nova York. Mentres a delegación israelí se erguía para aplaudir a Benjamin Netanyahu, representantes de numerosos Estados abandonaban o salón da Asemblea Xeral antes de que o primeiro ministro de Israel comezase a súa intervención. A Presidencia da Cámara tivo que chamar á orde en varias ocasións durante os primeiros momentos do discurso. 

Até 77 delegados de Estados de todo o globo erguéronse dos seus asentos e abandonaron a sala mentres o primeiro ministro israelí comezaba o seu discurso. Concretamente, foron os delegados de Siria, Palestina, Xordania, Líbano, Iraq, Arabia Saudita, Qatar, Kuwait, Omán, Iemen, Exipto, Sudán, Tunisia, Alxeria, Libia, Mauritania, Somalia, Comores, Turquía, Irán, Paquistán, Afganistán, Bangladesh, Indonesia, Malaisia, Brunei, Maldivas, Myanmar, Corea do Norte, Turkmenistán, Uzbekistán, Kirguizistán, Suráfrica, Senegal, Djibuti, Angola, República do Congo, República Democrática do Congo, Liberia, Eritrea, Chad, República Centroafricana, Madagascar, Níxer, Botswana, Uganda, Lesoto, Eswatini, Guinea Ecuatorial, Mozambique, Namibia, Kenya, Suriname, Panamá, Venezuela, Antigua e Barbuda, Belize, Barbados, Colombia, Dominica, Nicaragua, Perú, Santa Lucía, Bahamas, Bolivia, Cuba, Güiana, Brasil, Chile, Macedonia do Norte, San Marino, Eslovenia, Bosnia e Hercegovina, España, Irlanda, Tuvalu e Tonga.

 Netanyahu reaccionou ao abandono da sala desde o propio estrado. Dirixiuse aos diplomáticos que permanecían nela e convidou os "outros covardes morais" a marchar tamén. Posteriormente cualificou de "hipócritas" os representantes que protestaron contra a política israelí e acusou parte dos países europeos de "renderse ao antisemitismo" por adoptar sancións ou recoñecer o Estado palestino. 

O primeiro ministro israelí centrou parte da intervención en rexeitar as acusacións de xenocidio pola ofensiva sobre Gaza, que definiu como "a mentira máis grande do século". Netanyahu sostivo que Israel tomou medidas para evitar vítimas civís e agradeceu ao presidente dos Estados Unidos, Donald Trump, o apoio de Washington a Israel. 

As declaracións prodúcense nunha Asemblea Xeral marcada novamente pola situación nos territorios palestinos ocupados. O secretario xeral da ONU, António Guterres, advertiu esta semana de que Gaza sufriu unha escala de mortes e destrución sen precedentes durante o seu mandato e lembrou que a Corte Internacional de Xustiza ditou medidas provisionais de obrigado cumprimento no procedemento aberto ao abeiro da Convención para a Prevención e a Sanción do Delito de Xenocidio. 

"Non temos elección" 

No seu discurso, Netanyahu reivindicou tamén a presenza israelí nos territorios palestinos ocupados e nos Altos do Golán sirios ocupados por Israel. Ao referirse a Cisxordania utilizou a denominación bíblica de "Xudea e Samaria" e rexeitou que a política do seu Goberno poida ser cualificada de colonialista. "Non temos elección", afirmou. 

O mandatario restou ademais importancia á violencia exercida por colonos israelís contra a poboación palestina en Cisxordania, aos que se referiu como "mozos delincuentes". Pola contra, Guterres advertira dous días antes de que a expansión dos asentamentos, a violencia dos colonos, as demolicións, os desaloxos e as confiscacións de terras están a crear un ambiente cada vez máis coercitivo e a aumentar o risco de limpeza étnica. A ONU lembra que os asentamentos israelís nos territorios palestinos ocupados vulneran o Dereito Internacional. 

Netanyahu dedicou outra parte destacada do discurso ao Irán. Defendeu os ataques contra instalacións nucleares iranianas e asegurou que a decisión de actuar contra elas fora unha das máis sinxelas que adoptara como primeiro ministro. Tamén prognosticou a caída do actual Goberno iraniano e asegurou que algúns dos dirixentes que abandonaran a sala lle agradeceran en privado a actuación de Israel contra Tehran. 

A intervención de Netanyahu chegou horas despois da do presidente da Autoridade Palestina, Mahmud Abbas, que participou mediante unha mensaxe gravada. A Asemblea Xeral autorizara previamente esa fórmula por 152 votos a favor, tres en contra —Estados Unidos, Israel e Paraguai— e catro abstencións. Abbas reclamou á comunidade internacional protección para o pobo palestino e o fin da ocupación e asegurou que os palestinos non abandonarán a súa terra nin aceptarán que outros decidan o seu futuro. 

 

 

[Foto: Marek Ladzinski / ZUMA Press Wire / DPA - fonte: www.nosdiario.gal]