quinta-feira, 1 de outubro de 2026

Gairebé la meitat de les persones nascudes a l’estranger que viuen a Catalunya hi han arribat en els darrers cinc anys

La població nascuda a l’estranger ja representa el 25,1 % del total de residents

Gent passejant pels carrers de Barcelona el dia de Sant Jordi, el 23 d’abril del 2025.

Escrit per Jordi Riba 

L’Idescat ha publicat noves dades del Cens de població i habitatges 2025 sobre l’any d’arribada i la residència anterior. El 45,2% de les 2.039.015 persones nascudes a l’estranger que residien a Catalunya l’1 de gener de 2025 van arribar-hi entre el 2020 i el 2024. 

Segons l’Institut d’Estadística de Catalunya, d’aquest col·lectiu el 21,4% hi va arribar entre el 2011 i el 2019, el 25,8% entre el 2001 i el 2010, i només el 7,6% abans del 2001. Això significa que dues de cada tres persones nascudes a l’estranger van establir-se a Catalunya després del 2010. 

Les diferències per lloc de naixement són notables. Mentre que el 92% de les persones nascudes a Catalunya hi han viscut sempre, vuit de cada deu nascudes a la resta de l’Estat van arribar abans del 2001. En canvi, l’arribada de la població nascuda a l’estranger és clarament més recent. Entre els països amb percentatges més alts d’arribades en els darrers cinc anys destaquen Ucraïna (58,2%), el Pakistan (55,8%), Veneçuela (55,6%), l’Argentina (52,1%), l’Índia (51,9%) i Colòmbia (50,7%). 

Pel que fa al conjunt de la població del país (8.124.126 persones a 1 de gener de 2025), el 13,3% s’hi ha establert durant els darrers cinc anys. En 417 municipis, més d’una quarta part de la població ha arribat al municipi en aquest mateix període. 

Les dades també mostren els moviments interns. El 49,9% de la població nascuda a l'Estat espanyol vivia anteriorment fora de Catalunya i el 42,7% en un altre municipi del Principat. En el cas de les persones nascudes a l’estranger, el 59,4% vivia abans a l’estranger i el 33,5% en un altre municipi català. 

Aquestes xifres, publicades per l’Idescat, confirmen que el creixement demogràfic recent de Catalunya continua estant molt lligat a l’arribada de població nascuda a l’estranger, que ja representa el 25,1% del total de residents. 

 

[Imatge: Jordi Borràs - font: www.racocatala.cat]

«Las mujeres de mi padre», novela de José Eduardo Agualusa

Escrito por Ricardo Martínez Llorca 

Cualquier tendencia a comentar por parte de un europeo que África no se acaba nunca cae en el riesgo de ser considerada neocolonialismo. ¿Cómo expresar esta idea sin pecar de una mirada sobreprotectora o admirativa, como se admiran las postales de los lugares más bellos? Tal vez recurriendo a los propios africanos, refugiándonos en la lectura de los africanos que sostienen a su manera esta misma idea: Mia Couto, Chinua Achebe, Wole Soyinka, Adbulrazak Gurnah, Coetzee, Ngugi Wa Thiong’o, Chimamanda Ngozi Adichie, NoViolet Bulawayo, y muchos más, entre los que se incluye al autor que aquí nos convoca, el angoleño José Eduardo Agualusa (Huambo, Angola, 1960). 

En esta novela, Las mujeres de mi padre, Agualusa escribe como si él mismo se estuviera dando cuenta del descubrimiento que es su región natal, su espacio educativo, lo que se supone que le ha ayudado a construirse, a construir su naturaleza. 

Para ello comienza por construir a un personaje, una mujer, que intenta reconstruir la vida de quien se supone fue su padre biológico a través de múltiples encuentros en Angola y Mozambique, dos países a los que une el idioma. El padre en cuestión resultó ser un mujeriego lo bastante encantador, un compositor y cantante, como para proyectar una película sobre él. La historia de una documentalista que viaja a Luanda para asistir a un funeral y decide reconstruir el itinerario de alguien que no permanecía más de dos o tres años en cada ciudad, fundaba una familia y volvía a la carretera, es más el impulso para la creación que la creación misma. Se intentarán recoger los testimonios de las viudas y de otras personas que le conocieron, y se terminará por descubrir el secreto que guardaba. 

El libro está proyectado desde diferentes voces y en capítulos cortos, porque es un aparato poliédrico, plural, rico en texturas, una serie de cualidades que comparte con dos de nuestras grandes debilidades: el viaje y la memoria. En realidad, lo que nos viene a decir es que es imposible conocer el cuadro completo, que lo que tenemos a nuestro acceso son fragmentos y que con ellos deberíamos estar contentos. Ni ser originario de un lugar ni regresar a él como una persona muy preparada para el conocimiento nos van a otorgar el don de la sabiduría, sino el del desconcierto, aunque sea en diferente grado. Y lo que más desconcierta suele ser la frustración de compaginar el amor y el odio, y aceptar que el mal hubiera sido la indiferencia. Y también descubrir que encontrarse con muchas vidas es lo mismo que encontrarse con mucha vida, solo que cambia el ritmo, porque mucha vida podría suceder lentamente, pero a través de vidas múltiples el ritmo será bastante más rápido. 

Agualusa nos vuelve a llevar a esos lugares donde sucede lo imposible, como que un pianista carezca de manos o un ciego padezca de vista cansada. El viaje, nuevamente, merecerá mucho la pena, aunque sea a través de la mirada de los demás. 


Traducción de Rosa Martínez-Alfaro

Nota al margen

Madrid, 22026

412 páginas 

[Fuente: www.culturamas.es]

« Israël n’est pas simplement un pays qui commet des erreurs, Israël est une erreur » : l’écrivain juif Benjamin Moser plaide résolument pour l’ antisionisme

Que son dernier livre puisse faire de lui un paria, Benjamin Moser s’en fiche. Dans Antizionisme, il veut, sans s’autocensurer, faire connaître les #Juifs qui ont rejeté l’État d’ #Israël et briser le tabou qui entoure la critique de fond. « Le #sionisme n’a jamais eu pour but de mettre les Juifs en sécurité. Il s’agissait de leur donner du pouvoir. »


Propos recueillis par Dries Blontrock 

Au terme de notre entretien, Benjamin Moser s’inquiète. L’écrivain juif veut savoir s’il a été suffisamment clair. « Je ne veux pas donner l’impression de trop ménager les sionistes. Je veux vraiment dire les choses telles qu’elles sont. Car le langage a toujours été leur premier champ de bataille. »
M. Moser peut se rassurer. Rares sont ceux qui lui reprocheront un excès de nuance. De son côté, il ne s’embarrasse pas des « gants de soie » qu’il reproche aux défenseurs d’Israël et du sionisme de porter. 

Dans son nouveau livre Antizionisme, M. Moser, un Américain installé depuis des années aux Pays-Bas, dresse le portrait de douze Juifs qui, comme lui, attaquent ouvertement l’idéologie sur laquelle repose l’État d’Israël. Dans un chapitre introductif, il règle ses comptes avec les idées du grand idéologue sioniste Theodor #Herzl. Il montre ensuite que, dès la publication de L’État des Juifs de M. Herzl, des critiques se sont élevées dans le monde juif et n’ont jamais cessé depuis. Ces voix critiques viennent du monde entier : du Brésil et du Texas à l’Irak, de la Pologne à l’Afrique du Sud, mais aussi d’Israël même.

Benjamin Moser (1976) est un écrivain et traducteur juif américain qui vit à Utrecht. Il a obtenu une bourse Guggenheim en 2017 et reçu le prix Pulitzer en 2020 pour sa biographie de Susan Sontag. En 2023 a paru De wereld op zijn kop, un ouvrage sur les maîtres hollandais salué par la critique. 

Vous concluez votre plaidoyer par ces mots : « Ce livre est resté inachevé, parce que la réponse manque. » La réponse à quelle question ? 

« Le sionisme est une plaie ouverte, car les souffrances des Palestiniens n’appartiennent pas au passé. Elles s’aggravent chaque jour. Pour le moment, nous n’y voyons pas de solution, mais il n’y en a pas non plus pour les Juifs. Comme l’a dit un jour Hannah Arendt, la question juive a été résolue, mais uniquement en forçant des centaines de milliers de personnes à fuir. Nous ne savons pas quelle issue tout cela peut avoir. » 

Vous retracez des siècles d’opposition juive au sionisme. Mais à voir aujourd’hui Gaza et la Cisjordanie, on peut en conclure que cette idéologie n’a jamais été aussi forte. L’antisionisme a-t-il vraiment une chance de réussir ?

« Oui, il est déjà en train de réussir. Partout dans le monde, où que l’on regarde, on comprend qu’Israël agit mal. Tout le monde le comprend. Avec ce livre, je veux que les gens comprennent qu’Israël était une erreur dès le départ. Le sionisme nous a menés là, c’était inévitable. Tous les pays commettent des fautes, mais on ne dirait jamais : “La Belgique est mauvaise en soi.” Israël, en revanche, n’est pas simplement un pays qui commet des erreurs. Israël est une erreur. » 

Antizionisme n’est pas un réquisitoire contre la politique israélienne, mais une attaque contre le fondement idéologique de l’État.

« Je définirais le sionisme comme la création et le maintien d’un État juif en Palestine. C’était une idée épouvantable de fonder une colonie juive dans un pays dont 95 à 97 pour cent des habitants n’étaient pas juifs. Cela ne pouvait que mal finir : ce n’était possible qu’en chassant les gens. Je ne suis pas le seul à dire que c’est un problème majeur : beaucoup des premiers sionistes le pensaient aussi. Dans mon livre, je cite le penseur sioniste Ze’ev Jabotinsky, qui disait qu’aucun peuple ne déguerpit comme ça de son propre pays. C’est humain : personne ne veut céder son pays. La seule façon d’y parvenir malgré tout est de recourir à une violence telle que les gens capitulent complètement ou prennent la fuite. Les sionistes ont essayé les deux options, sans succès. » 

« L’exclusion, l’injustice et le racisme existent malheureusement dans tous les pays. Mais il me paraît très important de dire qu’en Israël, il ne s’agit pas de regrettables dérives, mais d’une maladie congénitale et héréditaire. » 

De tels propos vous opposent frontalement à une grande partie de la communauté juive et à bien d’autres.

« Je ne fuis plus la controverse. Je descends de réfugiés allemands. On m’a toujours appris que le “plus jamais ça”, cette réponse à l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, vaut pour tout le monde. Quand je vois les souffrances des victimes de la Shoah servir à tuer d’autres personnes, je me fiche de ce que ceux qui agissent ainsi pensent de moi. Je veux dire, je ne me préoccupe pas non plus de ce que le Ku Klux Klan pense de moi. » 

« J’ai dû faire tout un cheminement. J’ai été élevé dans l’idée que le sionisme et Israël étaient de belles choses, dignes d’éloges. Je n’en croyais pas mes oreilles lorsqu’une amie a rejeté en bloc le sionisme comme une absurdité. Des Juifs venus de l’étranger seraient “rentrés chez eux”, mais ils ont, ce faisant, évincé un peuple. Nous ignorions combien de personnes s’y étaient opposées à l’époque : on ne m’avait jamais raconté cette partie de l’histoire. On m’a toujours vendu ce récit comme la vérité : la Shoah, c’était mal ; Israël, c’est bien. Après la fin de la #Shoah en 1945, nous avons connu en #1948 (avec l’État d’Israël, ndlr) une réparation miraculeuse pour ces souffrances : voilà ce qu’on me racontait. Je n’entendais pas l’autre récit. » 

Vous affirmez que le #sionisme et le #judaïsme ne sont pas synonymes.

(Il interrompt.) « Des antonymes ! Ce sont des antonymes, les penseurs religieux l’ont toujours dit. » 

Comment expliquer que, pour beaucoup, ces notions se confondent totalement ?

« Parce que c’est la politique étrangère des sionistes et d’Israël depuis cent ans. Ils arborent nos symboles sur leur drapeau. Ils disent “Juifs” quand ils veulent dire “Israéliens”. Un parlementaire israélien a dit : “Je suis fier des ruines de #Gaza, et du fait que chaque bébé racontera dans 80 ans à ses petits-enfants ce que les Juifs ont fait.” Il est tellement regrettable qu’une puissance étrangère, Israël, sur laquelle nous n’avons aucune prise, nous colle à tous, nous les Juifs, la même étiquette. C’est pourquoi nous devons nous dresser sans relâche et dire chaque jour : “Ce n’est pas nous.” Pour autant, nous ne pouvons pas nier que beaucoup de Juifs approuvent bel et bien cela. C’est la grande ligne de fracture du monde juif. » 

« Pour les Juifs, le travail d’introspection nécessaire ici est encore plus difficile que pour les catholiques, les musulmans ou les Allemands. Les Juifs n’avaient jamais eu, auparavant, à s’interroger sur leur rapport à leur propre histoire. Aujourd’hui, si. Ils ne peuvent pas concevoir que leur groupe commette des crimes à une telle échelle. Moi non plus, je n’aurais jamais imaginé que des Juifs puissent commettre un génocide. » 

Pourquoi avoir construit votre plaidoyer autour de ces douze mini-biographies ?

« Dès le #7octobre 2023 (le jour de l’attentat du Hamas et du début de la guerre menée par Israël à Gaza, ndlr), je savais ce qui allait se passer. J’ai compris qu’il fallait raconter cette histoire maintenant. Aujourd’hui, le livre est là et les bombes tombent toujours. Je n’ai pas d’armée de l’air, mais je peux défendre mes valeurs. Ce n’est pas avec une chanson ou un article qu’on arrêtera les bombardements, mais je veux contribuer à créer un climat dans lequel le changement est possible. J’espère que les idées que je présente ici feront bouger l’opinion publique et rendront ainsi possibles des changements politiques. » 

« Je voulais aussi que les Juifs séfarades et ashkénazes se reconnaissent dans mon livre. Je voulais écrire sur des gens du monde entier, d’Afrique et d’Amérique latine, je voulais y faire figurer des homosexuels. Tous ceux qui ouvrent ce livre doivent pouvoir s’identifier à cette histoire, parce qu’elle nous concerne tous. L’un de mes personnages, Helena Salem, une journaliste juive brésilienne, aborde le sujet sous un angle féministe et depuis le Sud global. J’ai trouvé cela fantastique. L’histoire d’Ahmad Sadiq Saad était essentielle pour parler des Juifs arabes antisionistes. Ce n’est pas une question locale. Je ne fais pas figurer tous ces gens par une sorte de “wokeness”, par souci d’inclusivité pour l’inclusivité, mais parce que cette histoire concerne le monde entier. » 

Beaucoup des personnes évoquées dans votre livre ont fini en parias. Le même sort vous attend-il ?

« Absolument. Mais voulez-vous faire partie de ceux qui soutiennent le #génocide ? Je compare parfois cela à ce que j’ai vécu en faisant mon coming out. On pense qu’on ne sera plus accepté, et c’est effectivement parfois ce qui arrive. Mais, d’un autre côté, on se retrouve dans un milieu bien plus sympathique. Les gens dont je parle dans ce livre sont fantastiques. Non, je ne recherche pas l’approbation des sionistes. Nous avons les gens les plus sympas de notre côté. » 

Vous n’hésitez pas à établir des parallèles entre le sionisme et l’Allemagne nazie. Est-ce une provocation ?

« L’intention n’est absolument pas de provoquer. Personne ne prend plaisir à constater ces parallèles. Tout au long de ce livre, on voit des gens essayer de les éviter. À un moment, la grande juriste israélienne Felicia Langer se trouve dans une prison et voit que les prisonniers ont des numéros sur la tête. Elle demande au gardien : “Cela ne vous rappelle rien de notre propre passé ?” Il dit : “Vous n’imaginez pas combien il y a d’Ahmad et de Mohammed ici, ni combien il est difficile de les distinguer.” Elle répond : “Vous n’imaginez pas combien il y avait de Bernstein et de Rubinstein à l’époque (dans les camps de concentration, ndlr), ni combien il était difficile de les distinguer.” La dure vérité, c’est que le comportement des sionistes appelle la comparaison avec le #nazisme. » 

Comment avez-vous découvert la tradition juive antisioniste ?

« Je savais vaguement qu’il existait des opposants au sionisme. On les présentait comme des fous qui pensaient que seul le Messie pouvait permettre le retour en #Palestine, et qui croyaient à d’autres choses auxquelles aucune personne normale n’aurait accordé foi. Voilà ce qu’on racontait à leur sujet. Mon premier voyage en Palestine, puis mes rencontres de plus en plus nombreuses avec des Juifs engagés dans le mouvement palestinien, m’ont permis d’en apprendre toujours davantage. Souvent, leur engagement découlait de leurs convictions juives. Peu à peu, j’ai commencé à y voir plus clair, mais avant de commencer à écrire ce livre, j’ignorais à quel point ils étaient nombreux. Pour eux, l’héritage de la Shoah signifie qu’il faut s’opposer au racisme, à l’exclusion et à l’apartheid. Car si nous ne le faisons pas, nous trahissons les six millions de victimes de la Shoah. »

« Je viens de la gauche, mais il est justement très intéressant de voir que des conservateurs, par exemple, se sont eux aussi opposés au sionisme. L’opposition venait de tous les horizons. Certains s’y opposaient pour des raisons religieuses, liées au judaïsme orthodoxe, d’autres parce qu’ils étaient communistes, donc internationalistes. On obtient ainsi un panorama de la pensée juive, avec ce statut de paria que je trouve si caractéristique : on ne se contente pas de comprendre la position de celui qui est en marge, on se met à sa place et on assume soi-même cette position. Par principe, on veut se ranger du côté des exclus. » 

Bien que des voix antisionistes aient mis en garde contre les conséquences du sionisme dès l’époque de M. Herzl, elles n’ont pas été écoutées.

« Ce livre parle aussi de la violence avec laquelle on les a réduits au silence. Les gens veulent des certitudes, c’est très compréhensible, et les sionistes leur en offraient. En Europe, la plupart des Juifs étaient pauvres et avaient souvent été victimes d’abus de pouvoir. Herzl est alors arrivé en leur disant qu’ils n’avaient pas à se laisser faire. Il le disait parce qu’il voyait les Juifs comme des gens qui, comme tout le monde, avaient soif de pouvoir. Et c’est ce que l’on voit en Israël, exemple extrême d’une société qui ne comprend que le langage de la violence – pour reprendre une phrase que les Israéliens emploient souvent à propos des Arabes. » 

Après avoir lu votre livre, on se demande comment la communauté juive a pu basculer à ce point vers le sionisme. Il n’a pas toujours été le principal courant.

« En réalité, les sionistes ont toujours été une minorité. En Irak, ils représentaient 1,53 pour cent de la population juive, qui y était établie depuis des millénaires. Même lorsqu’ils ont réussi, en 1917, à mettre au service de leur cause les Britanniques impérialistes, qui leur ont offert toute la Palestine avec la déclaration Balfour, le capital total du mouvement au Royaume-Uni atteignait à peine 500 livres. Toutes les archives de l’organisation tenaient sous un lit dans une chambre d’hôtel. »

« Les sionistes ont dû leur succès au fait que le gouvernement anglais croyait aux théories du complot antisémites. “Les Juifs sont derrière tout, et si vous nous avez dans votre camp, vous gagnerez la guerre.” Aujourd’hui encore, le sionisme s’appuie sur l’idée que les Juifs sont derrière tout. La peur qu’ils inspirent a toujours été une force. La population juive d’Israël est comparable, en nombre, à celle de la Flandre. Imaginez que la Flandre bombarde la moitié de l’Europe : comment pourrait-elle alors continuer d’exister ? Elle ne le pourrait que si beaucoup n’osaient pas s’en prendre à elle et si les gens avaient peur de la critiquer. En Californie, personne n’a peur de dire quelque chose sur la Flandre. Quand il s’agit d’Israël, beaucoup se taisent. Nous devons pouvoir dire les choses telles qu’elles sont. » 

La majorité des Juifs est-elle aujourd’hui sioniste ?

« Cela dépend. Beaucoup de gens se disent opposés à Benyamin Netanyahou, mais Israël existe depuis si longtemps que nous avons fini par penser qu’il avait sa place là-bas. Aux États-Unis, le nombre de personnes qui jugent qu’Israël n’est pas un bon allié, qu’il commet des crimes de guerre et un génocide et qu’il pratique l’apartheid a rapidement augmenté. Mais qualifier ces gens d’antisionistes, cela paraît très extrémiste. C’est aussi ce que je pensais : je faisais partie des sionistes progressistes qui approuvaient l’existence d’un État juif, sans en mesurer toutes les conséquences. En réalité, cela revient à donner le pouvoir à une minorité qui terrorise la majorité. Mais on n’a jamais présenté les choses en ces termes aux gens. » 

Pourquoi Israël et le sionisme vont-ils alors de soi, pour les Juifs comme pour les non-Juifs ?

« Eh bien, parce qu’ils existent déjà. Mais je voudrais inviter chacun à réfléchir aux origines de cet État. D’où vient-il ? Qui l’a installé là ? Qu’a-t-il fait ? Et que fait-il aujourd’hui ? Comment pouvons-nous mettre fin à ces assassinats, à ces meurtres et à cette guerre ? Cela n’est possible qu’en dissociant les notions de “Juif” et d’“Israël”. En disant : il y a des Juifs qui trouvaient cela mal et le trouvent toujours. Pourquoi ne nous donne-t-on jamais la parole ? »

« Ce que je dis, je peux le dire parce que je suis juif. Un Arabe qui dit la même chose n’est pas écouté. Les non-Juifs ont toujours peur de critiquer Israël. Ils craignent d’être alors dépeints comme des antisémites, des racistes, des gens qui veulent jeter les Juifs à la mer. Mais cela ne signifie pas qu’il m’est facile de le dire. Pourtant, je continue à défendre la tradition intellectuelle et éthique juive. Et, avec moi, des millions d’autres qui n’ont pas encore trouvé les mots. »

« Je ne m’attends pas à ce que ce livre amène les gens à penser comme moi, car j’ai moi-même parcouru un long chemin. L’idée semblait bonne, aussi : un mouvement de libération pour des gens qui avaient survécu à la Shoah et qui obtenaient enfin une petite place dans le monde. Qui peut être contre ? » 

Du point de vue sioniste, l’alternative serait que les Arabes jettent les Juifs à la mer.

« C’est ce qu’ils disent toujours. Voilà pourquoi ce que raconte Ronnie Kasrils, le militant juif sud-africain contre l’apartheid, est si drôle – enfin, drôle : il évoque les photos qu’il a vues de sionistes poussant littéralement les Palestiniens à la mer, à Jaffa. On le constate si souvent : quand Israël et le sionisme disent quelque chose, on peut partir du principe que la vérité est l’exact contraire. »

« Sous mon pays, les #États-Unis, se trouve un cachot rempli de crimes, personne ne le nie. Mais j’ai l’espoir que l’avenir puisse être meilleur. Dans le cas d’Israël, les gens de mon livre et moi disons : il faut en finir – pas avec les gens, mais avec un État qui porte l’exclusion et l’apartheid dans sa moelle, ses os et son sang. Nous ne sommes pas contre les Juifs, nous sommes juifs nous aussi. Les gens doivent savoir que nous sommes du côté de l’humanité. » 

Selon vous, le sionisme se caractérise avant tout par le fait qu’il est prêt à jouer sur les peurs et les tragédies juives. Israël n’est-il donc pas le refuge qui peut en protéger les Juifs ?

« Depuis 1945, #Israël est de loin l’endroit le plus dangereux au monde pour les #Juifs. Aucun autre pays ne lui est comparable. Où voudriez-vous vivre : à Anvers ou à Los Angeles, ou bien à Tel-Aviv ? Le sionisme n’a jamais eu pour but de mettre les Juifs en sécurité. Il s’agissait de leur donner du pouvoir. Ce sont deux choses très différentes. » 

Antizionisme, paru en néerlandais aux éditions De Arbeiderspers, paraîtra également en anglais sous le titre Anti-Zionism : A Jewish History chez Doubleday (Penguin Random House).


Benjamin Moser sera à Bozar le 6 janvier 2027.

https://www.standaard. be/bundle/ds/en-francais/14908?item=8

 

[source : www.iviv.hu]

quarta-feira, 30 de setembro de 2026

Mateu Pons-Serradeil: «Els nord-catalans van entendre que París no té gens d’interès per Catalunya Nord»

Entrevista a Mateu Pons-Serradeil, advocat perpinyanès i copresident d’Unitat Catalana 

Escrit per Lluís Dagues 

Després de quaranta anys del partit federalista Unitat Catalana (UC), els catalanistes del nord volen renovar l’oferta política local i afrontar l’onada de l’extrema dreta. El jove copresident d’Unitat Catalana, l’advocat perpinyanès Mateu Pons Serradeil, ambiciona de portar una nova estratègia de seducció política i electoral per als nord-catalans i presentar UC com un partit acceptable dins la política francesa. 

—Quin és l’origen d’Unitat Catalana?

—Fa quaranta anys, uns quants partits catalanistes van optar per presentar-se a les eleccions regionals del 1986, entorn d’una llista anomenada Unitat Catalana. És aquesta llista que es va transformar en partit polític, després. 

—Quin era el context del moment?

—En aquell moment, la idea que guanyava entre els partits polítics catalans emergents era la d’agrupar-se per ser més eficients en la defensa de la llengua i de la cultura catalanes. Aquests partits també seguien, de lluny o de prop, les lleis de descentralització que donaven més poder als ens locals i que permetien de generar un interès per a guanyar totes aquestes eleccions locals: regió, departament i municipis. 

—L’ambició d’Unitat, doncs, no va ser mai de guanyar unes eleccions estatals?
—No. La idea era sobretot de tenir un pes en l’àmbit local. 

—Unitat Catalana la van fundar partits d’esquerra. Quins van ser els elements ideològics fundadors?

—Allò que va unificar tots aquests partits era una estima a la terra, amb una mirada ecològica. I ja hi havia, també, la voluntat de diferenciar la classe obrera local de la del nord de l’estat francès: si al nord tenen aquesta cultura industrial i obrera, aquí eren més agricultors i treballadors de la terra. La voluntat era, doncs, d’acostar-se als problemes del territori. 

—A la dècada dels noranta veiem que Unitat ja celebra algunes victòries, sobretot la municipal de Perpinyà del 1993. Com s’expliquen, aquestes victòries electorals?

—A la base hi havia Joan Pau Alduy, que es volia presentar a l’Ajuntament de Perpinyà i no tenia suport de cap partit, ni tan sols el del seu pare. Va fundar una llista molt rock’n’roll, amb gent vinguda de la societat civil, d’esquerra, del centredreta, amb l’objectiu de canviar el sistema polític local. Unitat, que sempre va ser un poc rock i anarquista, es va integrar naturalment en aquesta llista, hi va poder situar alguns elegits i desenvolupar, en aquell moment, una política en favor del català. 

—Quin va ser el pes d’Unitat en la política municipal de Perpinyà als anys noranta i als dos mil?

—Va ser molt important. Gràcies a Joan Pau Alduy, que al principi no parlava català, però que va fer l’esforç d’aprendre’l. És un home visionari que va canviar l’orientació dels mapes, amb els catalanistes, i que va girar Perpinyà cap a la Mediterrània, cap a Barcelona i no cap a París. Unitat va permetre d’impulsar la política bilingüe a l’espai públic, de l’estat civil en català, de serveis de traducció, dels casaments en català, de la creació del lema “Perpinyà la Catalana”, del Museu Puig, de la biblioteca municipal catalana. I va signar els convenis que van permetre d’estabilitzar les escoles immersives Arrels i Bressola… 

—Hi va haver més victòries, al rerepaís, al Vallespir i al Conflent, amb personalitats com Eric Nivet, Maria Costa, Josep Olive… Aquesta gent es va aprofitar de la victòria de Perpinyà o era el context general del territori?
—Pensi que era gent coratjosa que es va voler etiquetar públicament amb Unitat. Després hi ha hagut, i hi ha també, batlles molt catalanistes que van fer una política en favor de la llengua, sense etiquetar-se amb Unitat. Encara avui tenim batlles que obren pel català, que poden mobilitzar i que no són membres del partit. És cert també que hi ha una mena de moderació d’alguns batlles i no volen etiquetar-se.

Acte dels quaranta anys d’Unitat Catalana

—Unitat va participar en les grans cites del territori: contra la Septimània, contra el canvi de regió Occitània, contra Aliot… Com aconsegueix de continuar mobilitzant la societat nord-catalana?

—Els adherits del partit són també membres d’associacions culturals catalanes, cosa que permet de teixir un lligam amb la resta de la societat. I després hi ha el fet que vam ser, durant temps, als Afers Catalans de la vila de Perpinyà, ara al Consell Departamental amb Jaume Pol. D’una altra banda, les associacions, que necessiten suport financer o polític, sempre van cercar Unitat. És una relació interessant. 

—Quina ha estat l’evolució del partit entre el 2015 i el 2025?
—El partit s’ha hagut de tornar a estructurar. Al principi, és cert que era un partit més aviat d’esquerra, però que va pactar amb el centredreta d’Alduy. I quan Alduy va passar el relleu a Jean-Marc Pujol el 2009, que era en aquell moment UMP (Les Républicains), els elegits van acabar el mandat amb la dreta més tradicional. Després, Unitat va continuar amb l’últim mandat de Pujol, que va ser complicat: sense anar en contra de la llengua catalana, no n’era un defensor. Va ser un xic més complicat. I potser el partit tampoc no es va saber imposar al municipi per continuar l’acció engegada el 1993. 

—La crisi del procés del 2017 al sud va impactar d’alguna manera Unitat i la política local?

—Va tenir un impacte en la mesura en què nosaltres, ben cert, érem a favor del procés independentista, evidentment. Primer, per respecte al fet que tots els pobles tenen dret de disposar d’ells mateixos. Després, perquè no podíem deixar passar l’ocasió de la creació d’un estat català propi. Ens va impactar també perquè, fins ara, érem un partit més moderat, i en aquell moment alguns van afiliar Unitat a una voluntat d’independentisme, però al nord i de cara a l’estat francès. Llavors, per alguns, ser catalanista a Catalunya Nord era igual a ser independentista. Tot i que són dues coses diferents. 

—Vosaltres reivindiqueu un altre estatut per al territori.
—La nostra voluntat és crear una col·lectivitat autònoma amb un estatut específic. És a dir: el territori departamental tindria totes les competències del departament, a més de les de la regió, i Catalunya Nord no faria més part de la regió Occitània. 

—Seria una mena de “Occexit”?

—Exactament. I ens permetria d’actuar més eficaçment sobre les qüestions ambientals, d’economia, d’ajuts a les empreses, la mobilitat, per a poder afrontar millor els problemes del nostre territori, que són específics de la nostra identitat i dl nostre caràcter transfronterer. A més de la possibilitat, a llarg termini, de legislar certs àmbits. 

—Quins, per exemple?

—La fiscalitat i l’ensenyament, punts importants per a nosaltres. 

—Hi ha hagut una altra ruptura més gran, que és la del confinament i l’elecció, per primera vegada, de l’extrema dreta al departament. Quins impactes concrets va tenir l’any 2020 sobre Unitat i la política local?

—Nosaltres sabíem que l’extrema dreta era anticatalanista. Ells són molt a favor de la identitat, que de moment és la francesa. Sabíem que arribarien aquestes polítiques dures contra el català. Sense sorpresa. I també, entre la crisi al sud i la pressió de l’extrema dreta, hi ha hagut habitants que se sentien fins ara catalans i francesos i que actualment es veuen obligats de triar entre l’una cosa o l’altra. I que han de demostrar que són ben bé francesos. 

—Creieu que hi ha un complex d’identitat francès a Catalunya Nord?

—Constati que la cultura catalana mai no ha estat integrada a la francesa, contràriament a la basca o la corsa, sigui gastronòmicament, culturalment, artísticament… D’una banda, hi ha un rebuig francès. D’una altra banda, crec que aquí ens falta orgull per la llengua i la cultura. Si ho comparem amb el sud, és la nostra gran diferència. Si la llengua deixa de ser transmesa aquí al nord, és per vergonya més que no pas per prohibició. En les famílies, ningú no va impedir de parlar català. Però era vergonyós de parlar català i prohibir, al fill o al nét, una ascensió social gràcies al francès. Aquest sentiment de vergonya fa que la llengua materna esdevingui llengua artificial. Vam sofrir una política jacobina potent. Quan comparem avui els estrangers de fora de l’estat que s’instal·len aquí, no comparteixen aquesta vergonya amb els seus fills: els pares a vegades no parlen francès als fills, transmeten la seua llengua sense vergonya. I per a nosaltres va ser molt particular, aquest tall. 

—Amb la federació Regions i Pobles Solidaris vau fer un sondatge estatal, fa dos anys, i ara acabeu de comandar-ne un altre que es farà públic d’ací a un mes. Quin és l’objectiu d’aquesta enquesta?

—Per al primer sondatge, vam voler saber la percepció i l’estat de les llengües i cultures a l’estat francès. I ens vam adonar que havíem rebut respostes molt contraintuïtives. Per exemple, el 60% dels francesos (perquè el sondatge va ser sotmès a una mostra estatal, amb focus a cada territori) són a favor de l’ensenyament obligatori de les llengües regionals a tots els territoris que en tenen una… És estrany saber que els habitants de Sena Saint-Denis són a favor de l’aprenentatge de les llengües regionals. Vam remarcar també que fins i tot l’electorat d’extrema dreta era molt regionalista, tot i que l’extrema dreta mata les identitats i les llengües regionals. Amb tot això, vam aixecar dades precises que ens permetran de treballar eficaçment.

Mateu Pons-Serradeil

—Quines van ser les dades essencials de Catalunya Nord, a la primera enquesta?
—L’element més important és que Catalunya Nord expressa el rebuig del centralisme i de París més alt de tot el territori estatal, amb un 91% dels habitants que es declaren en desconfiança de les polítiques centrals. Davant de Còrsega, dels bascs, dels bretons i dels alsacians. 

—Podria ser una voluntat de descentralització, però aquest terme justament és del tot absent en la proposta política local. Com us ho expliqueu, això?
—És això que dic. És contraintuïtiu. M’ho expliqui perquè els nord-catalans van entendre que París no té gens d’interès per Catalunya Nord. En canvi, no és el cas d’uns altres territoris: París s’interessa per allò que passa a Còrsega, al País Basc o a la Bretanya. Després, aquesta desconfiança també s’explica perquè el territori s’adona que París ni tan sols respon als problemes bàsics i les reivindicacions del país. 

—El nou sondatge d’opinió no serà per a actualitzar les dades, sinó per a enfocar sobre algunes qüestions?

—És això. Tenim una mostra de 10.000 enquestats a tot França, cosa que és important, amb algunes preguntes sotmeses fa dos anys i unes altres de més enfocades a les nocions de federalisme.

 —Quin és el programa d’acció d’Unitat per als quatre anys vinents?

—Volem participar en totes les cites electorals del territori. Les que vénen són les legislatives del 2027, on voldríem presentar un candidat a les quatre circumscripcions nord-catalanes, per tal de fer conèixer el nostre projecte polític, social, ambiental, econòmic i, ben cert, cultural i identitari. 

—Aquestes darreres eleccions, no vau poder superar el 5% dels vots. Parleu de fer conèixer el vostre programa. Creieu que no és conegut?

—Ben cert, perquè primer vam ser folcloritzats, després vam ser etiquetats com a independentistes i separatistes, cosa encara tabú a l’estat francès… Hem de tornar a fer-nos conèixer, el nostre compromís pel país, per l’agricultura, per la llengua, per la identitat, sense ostracisme, tot considerant-nos francesos. Perquè si la cultura francesa és excepcional, la catalana també. La idea és d’aliar totes dues cultures. 

 

[Fotos de l'autor - font: www.vilaweb.cat] 



Affaire Thélyson Orélien : « Que cette campagne virulente prenne à nouveau pour cible une personne racisée devrait inciter à la vigilance »

Un écrivain qui a recours à l’intelligence artificielle a bien agi en tant qu’auteur, retenant ou écartant certaines propositions faites par l’IA au gré de sa sensibilité et de son intelligence, estime le professeur de littérature Benjamin Hoffmann, dans une tribune au « Monde ».

Écrit par Benjamin Hoffmann  

Depuis le lundi 21 septembre, il est question, dans les médias, de ce qu’il est convenu d’appeler l’« affaire Thélyson Orélien ». Celle-ci appelle une pluralité de réflexions. D’une part, un mois après les accusations de plagiat qui ont acculé au suicide le sociologue britannique Jason Arday, il semble nécessaire de rappeler le coût humain d’un tel déferlement d’opinions dans l’espace public. En août, le professeur avait démissionné de son poste à l’université de Cambridge (Royaume-Uni), avant d’être retrouvé mort quelques jours plus tard. Et voici que, de nouveau, au cœur de la presse et des émissions de télévision, un individu est attaqué dans sa personne et dans son honneur. 

Le vocabulaire de la faute qui est employé dans cette affaire – l’auteur serait « coupable » d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) – attache des notions morales à une pratique qui n’est pas avérée et qui, lors même qu’elle le serait, ne constitue pas un délit. La déréalisation induite par les réseaux sociaux ne doit pas nous faire oublier l’être de chair et de sang au cœur de cette polémique, un être qui n’est pas un symbole ou un symptôme, mais qui a la même dignité que celles et ceux qui s’expriment librement à son sujet. 

D’autre part, que cette campagne d’une virulence particulière prenne à nouveau pour cible une personne racisée devrait inciter tout un chacun à la vigilance. Quels sont les préjugés qui orientent ces attaques ad hominem ? Dans quel fond de rancœur et de privilège blessé une campagne s’origine-t-elle contre une personne noire qui a l’audace d’écrire, d’être publiée, de gagner des prix, d’obtenir du succès ? Parmi toutes les œuvres de la rentrée littéraire, celle-ci et nulle autre est accusée d’avoir eu recours à l’IA. Il y aurait beaucoup à écrire sur la longue histoire des thèses racistes attachées aux capacités supposées des personnes noires, dont la présente campagne, pour en être la réactualisation insidieuse, n’est pas moins révoltante. 

Approchons du cœur de l’affaire. Il est démontré qu’il arrive à Pangram, le programme utilisé afin de révéler la prétendue supercherie de cet auteur, de commettre des erreurs en reconnaissant des textes antérieurs à l’essor des grands modèles de langage comme les produits de ces derniers. Quelle foi apporter aux conclusions d’un tel détecteur, conclusions dont on rappellera qu’elles ont été livrées au public par l’intermédiaire du compte anonyme « Balance ton Claude », avant que l’essayiste Samuel Fitoussi ne révèle être à l’origine de cette dénonciation ? L’académie Goncourt vient de retirer C’était ça ou mourir de sa sélection pour le prix, en mettant en avant les « plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés », et en affirmant sa volonté de ne pas adouber ou cautionner la « création de textes générés avec l’aide de l’IA ». Or de quoi parle-t-on précisément lorsqu’on évoque la naissance d’une œuvre avec la participation de l’IA ? 

Omniprésente, celle-ci est toujours plus entremêlée aux outils comme au processus d’élaboration du texte. Un écrivain qui pose une question technique à une IA afin de contrôler un détail dans son récit est-il moins l’auteur de son roman pour avoir eu ce souci de véracité et s’être adressé à un écran plutôt qu’à une encyclopédie ? L’intelligence artificielle qui joue le rôle d’un conseiller littéraire, en formulant la critique argumentée d’un chapitre soumis à sa sagacité, a-t-elle irrémédiablement compromis le passage en question, alors même qu’elle n’a fait que préconiser une réécriture qu’il incombe à l’auteur de mener ou non ? 

« Utiliser l’IA » est une expression vague et générale, qui recoupe une pluralité de pratiques entre lesquelles il importe d’établir des distinctions, pratiques qui vont de la simple relecture orthographique du texte à la production pure et simple de ce dernier. Que nous le voulions ou non, nous sommes entrés dans une ère du soupçon généralisé où rien ne fera jamais plus qu’il soit possible de dire avec certitude qu’un texte a été écrit sans la médiation d’une intelligence artificielle à un moment ou un autre. Il est essentiel que cette ère du soupçon ne dégénère pas en âge de la surveillance dans lequel les auteurs devront vivre. 

Pluralité de médiateurs 

En dépit de ces changements encore trop récents pour que leurs implications soient bien mesurées, quelque chose de fondamental demeure. L’auteur est le garant de son œuvre et ne se trouve jamais face à celle-ci dans une solitude absolue qui ferait sa grandeur et son fardeau. Son livre est le résultat d’un processus social dans lequel entre une pluralité de médiateurs : un agent qui apporte des conseils, des amis qui commentent son manuscrit, un éditeur dont l’intervention modifie la lettre du texte, un correcteur qui recommande des modifications par souci de clarté… 

L’écrivain n’a pas triché ou démérité pour avoir tenu compte de ces points de vue. En définitive, c’est lui seul qui a tranché, et la responsabilité de son texte lui incombe. L’IA n’est peut-être qu’un médiateur supplémentaire dans la longue chaîne des interlocuteurs qu’un écrivain consulte afin que le produit de ses efforts parvienne au lectorat sous la meilleure des formes possibles. Quand bien même un romancier aurait-il sollicité le concours d’une intelligence artificielle au cours d’une étape de la genèse du texte, l’œuvre achevée est le résultat de décisions auctoriales qui ont consisté à retenir ou à écarter les suggestions de la machine. En somme, le texte offert au lecteur est, in fine, le résultat de la sensibilité et de l’intelligence de l’auteur qui choisit de le signer et de le rendre public avec le concours et l’aval d’une équipe éditoriale. 

On peut se réjouir ou se désoler de notre entrée collective dans cette nouvelle ère. Cependant, rien ne nous en fera sortir, attendu que tout porte à croire qu’au fil d’une course ininterrompue, intelligences artificielles et programmes de détection ne cesseront de s’améliorer et déjoueront toujours plus habilement leurs tentatives réciproques pour se contrer. La tangibilité du texte, elle, demeure – le texte produit avec les outils et au terme des médiations que l’auteur aura jugé bon d’employer. C’est à partir de son texte, et de lui seul, que le travail de Thélyson Orélien doit être apprécié. 

 

Benjamin Hoffmann est docteur de l’université Yale (Etats-Unis), professeur des universités et titulaire de la chaire en littérature française et francophone à l’Ohio State University. Il est l’auteur de romans, de récits et d’essais, dont « La Guerre des os » (Denoël, 368 pages, 22 euros). 

 

[Source : www.lemonde.fr]

Brasil enfronta nuns comicios moi igualados dúas maneiras de ver o mundo: Lula quere gañar en primeira volta, o probábel é unha balotaxe

As sondaxes indican que Lula da Silva parte con vantaxe, aínda que pequena, na primeira volta das presidenciais do Brasil. Con todo, nunha segunda volta, as mesmas enquisas sinalan que existe un empate técnico. Todo apunta que serán uns comicios disputados, e o resultado terá eco en todo o mundo.

O presidente do Brasil e candidato do PT, Luiz Inácio Lula da Silva (Foto: Leandro Chemalle / Zuma Press / Europa Press) e o candidato do PL, Flávio Bolsonaro. (Foto: Leandro Chemalle / TheNEWS2 via ZU / DPA)

Escrito por Ricardo Suárez  

As sondaxes prognostican unha vitoria con marxe en primeira volta para Luiz Inácio Lula da Silva, do Partido dos Trabalhadores (PT), nas presidenciais do Brasil que decorrerán este domingo 4 de outubro. Con todo, a vantaxe non semella ser suficiente para evitar unha segunda volta, e aquí é onde se complican as cousas para o mandatario brasileiro. 

A última enquisa publicada por Quaest outorga 39% dos apoios a Lula, cinco puntos por diante do seu rival do Partido Liberal (PL), Flávio Bolsonaro, con 34%. Non semella que o resto de candidaturas teñan opcións de competir, ao non chegar ao 5% ningunha delas nesta sondaxe. 

Mais para gañar en primeira volta é preciso alcanzar máis da metade dos votos válidos, ou o que é o mesmo, superar o 50% dos apoios –sobre os votos válidos, a diferenza das enquisas, que inclúen tamén os votos nulos, en branco e os indecisos–. Vencer sen ir á balotaxe é algo que Lula se marca como obxectivo, mais semella moi complicado. En segunda volta, o escenario nesta sondaxe é moito menos claro, cun empate perfecto entre as candidaturas do PT e do PL. 

A enquisa de Quaest augura un empate a 42% dos apoios en segunda volta, polo que o 25 de outubro podería haber unha noite de infarto no Brasil para decidir o rumbo do país, nun resultado que tamén terá verdadeiras implicacións a nivel internacional. 

Aínda que con diferenzas, o escenario é moi similar na sondaxe de BTG/Nexus, tamén publicada esta segunda feira. Esta outorga a Lula tres puntos máis que a de Quaest en primeira volta (42%), e tres puntos máis a Bolsonaro (37%). 

Na segunda volta, BTG/Nexus debuxa un escenario igual de axustado, cun empate técnico. Desta maneira, segundo o prognóstico desta sondaxe, Lula obtería o 46% dos apoios e Bolsonaro o 44%, nunha vantaxe para o actual presidente brasileiro que se atopa xusto dentro da marxe de erro de dous puntos. 

Volvendo á primeira volta, o máis interesante do traballo demoscópico de BTG/Nexus é que inclúe unha estimación sobre voto válido. Así, contando só os este, como fai o Tribunal Superior Eleitoral, Lula chegaría ao 44%, aínda lonxe do 50% necesario para evitar a segunda volta, e Bolsonaro alcanzaría o 39%. 

Batalla no Tribunal Superior Eleitoral 

Nun contexto de máxima igualdade, estase a desencadear unha inédita guerra xudicial con máis de 450 accións interpostas no Tribunal Superior Eleitoral. Trátase, na súa maioría, de denuncias dos principais candidatos ao Palacio do Planalto por ataques dos seus opoñentes, uso da intelixencia artificial, dúbidas sobre pezas publicitarias e mesmo por declaracións públicas. 

O PT interpuxo polo menos 256 accións contra os seus opoñentes, mentres que foi denunciado en polo menos 198 ocasións por outras formacións políticas, case a metade por parte do PL. Desta maneira, a candidatura de Bolsonaro realizou máis de 90 reclamacións contra a de Lula, o que supón 73% das súas queixas legais durante esta campaña. 

A relación co banqueiro Daniel Vorcaro é unha das cuestións máis atacadas da campaña de Flávio Bolsonaro. Segundo as denuncias, o candidato do PL recibiría diñeiro do polémico empresario para financiar a película do seu pai, o ex presidente Jair Bolsonaro, condenado a máis de 27 anos de cárcere polo intento de golpe de Estado para impedir a toma de posesión de Lula como presidente do Brasil. Mentres, a campaña do PT foi cuestionada polo uso da maquinaria do Estado para favorecer a reelección de Lula, así como o seu presunto uso de actos, eventos e imaxes oficiais con finalidade electoral. 

En paralelo, o PT realizou una solicitude ao maxistrado do Supremo Tribunal Federal, Flávio Dino, para que abra unha investigación da suposta interferencia estranxeira nos comicios. Deste modo, a candidatura de Lula denuncia que organizacións dos Estados Unidos, como Rockbridge Network, estarían detrás do financiamento da campaña do PL. 

Órdago de Lula 

O presidente do Brasil marcou a última semana de campaña electoral cun inesperado órdago que centrou a axenda política. Lula decidiu a pasada fin de semana, a tan só nove días da xornada electoral, prohibir as apostas deportivas e os xogos en liña en todo o territorio estatal, cualificando este sector como un "cancro" que destrúe a economía das familias e a saúde mental da poboación. 

A medida provisoria prohibe de inmediato a realización de novos depósitos ou a aceptación de apostas nas plataformas que operaban no Brasil. O Goberno fixou así un calendario que obriga ao feche definitivo das webs e aplicacións para o 6 de outubro. A medida, xa en vigor, deberá ser votada nas dúas cámaras do Congreso nun prazo de 120 días para converterse en definitiva. 

"Tomei unha medida necesaria, dura e drástica. Isto é como o cancro: ou extirpamos o tumor, ou mataranos", dixo Lula, quen comparou o impacto da ludopatía co consumo de crack. "Non é ningunha broma. É algo moi serio. Non imos permitir que as empresas de apostas se enriquezan á conta dos ingresos e a vida das familias brasileiras", concluíu o candidato do PT. 

Os Brics tamén xogan un papel nos comicios deste domingo 

Non só se xoga o futuro do Brasil este domingo –ou, máis probabelmente, na segunda volta do 25 de outubro–, senón que o resultado terá sen dúbida unha importante lectura no plano internacional. Tanto que o rumbo que tome o país na súa política exterior é un dos eixos principais de debate na campaña electoral. Luiz Inácio Lula da Silva e Flávio Bolsonaro teñen visións diferentes sobre o lugar que o país debe ocupar no mundo. Neste sentido, o actual presidente aposta por reforzar a autonomía do Brasil e estreitar os seus vínculos co Sur Global e co bloque dos Brics, mentres que o seu rival propón un maior achegamento aos Estados Unidos e ás ideas ultradereitistas de líderes como o estadounidense Donald Trump ou o arxentino Javier Milei. 

Flávio Bolsonaro cala 

A principal fenda no debate sobre o papel do Brasil no mundo reside precisamente na pertenza aos Brics. Lula defende unha maior soberanía no marco deste bloque –fundado polo propio Brasil, Rusia, India e a China–, e aposta por afondar a cooperación cos seus membros. Pola súa parte, Bolsonaro cuestionou a utilidade desta organización e abriu a porta a unha eventual saída. Porén, tras recibir críticas, evitou volver sobre esta cuestión, que nin sequera aparece no seu programa. 

 

[Fonte: www.nosdiario.gal]


La storia recuperata dell’antisionismo ebraico, e la perdita a cui non ha potuto porre rimedio

Il nuovo libro di Benjamin Moser ritrova una tradizione di dissidenti che pagarono un prezzo per essersi opporti alla spoliazione dei palestinesi, anche se non poterono impedirla.

La demolizione di una casa palestinese a Jaffa nel 1949.

“Anti-Zionism: A Jewish History”, [Antisionismo: una storia ebraica] di Benjamin Moser, Doubleday, 2026 

di Yahia Lababidi

+972 Magazine 

Poche parole come “antisionismo” hanno subito nel dibattito pubblico contemporaneo una limitazione del significato così rapida e sanzionatoria. Quella che in precedenza era una posizione politica contestata, discussa all’interno della tradizione religiosa ed etica ebraica, ora si presenta come già condannata, trattata meno come un’idea storica che come una prova di contaminazione etica. La parola non descrive più solo una posizione rispetto al nazionalismo o alla costruzione di uno Stato, è diventata uno strumento di preclusione, capace di ridurre a un’accusa prese di distanza e storie personali. 

Questa riduzione è avvenuta rapidamente. Nel dicembre 2023, meno di due mesi dopo gli attacchi del 7 ottobre, la Camera dei Rappresentanti USA ha votato con 311 voti contro 14 per stabilire che antisionismo e antisemitismo sono sinonimi. Questa risoluzione non è stata solo un tentativo di delegittimare la crescente ondata di proteste contro il genocidio israeliano a Gaza. Insieme alle successive iniziative legislative è servita a uno scopo più profondo: cancellare una lunga e seria tradizione ebraica di opposizione al sionismo su basi religiose e politiche. 

“Anti-Zionism: A Jewish History” di Benjamin Moser si prefigge di recuperare quella tradizione. Biografo insignito del premio Pulitzer, Moser ha passato la sua carriera a riscattare figure ai margini di quello che le istituzioni disposte ad accettare, tra cui la critica americana Susan Sontag nel suo antagonismo e la scrittrice brasiliana Clarice Lispector nella sua singolarità. Mette questo stesso impulso anche qui, verso una camera della storia intellettuale ebraica che altri hanno da molto tempo dichiarato sigillata. 

Forse quello che la biografia insegna è che una vita resa in modo pieno propone un’argomentazione più profonda di qualunque polemica. Una tesi può essere rifiutata, una persona, testimoniata autenticamente, tende a perdurare. 

Ognuno dei 12 capitoli del libro è dedicato a diversi mondi dell’opposizione: un rabbino polacco il cui pacifismo derivava dallo studio della Torah; un ministro del governo britannico la cui opposizione al sionismo era fondamentalmente patriottica; un poeta olandese che arrivò a Gerusalemme come sionista e terminò come qualcosa che i sionisti trovarono inaccettabile; un comunista egiziano che scrisse, in arabo e con nome arabo, l’atto di accusa più preveggente contro il sionismo prima della Nakba; un rabbino riformato statunitense che guidò un movimento contro il sionismo finché, in seguito alle pressioni e quando l’aria cambiò, ritrattò; uno storico radicalizzato dai suoi stessi documenti. 

Moser scrive che le “Quartine”, la raccolta di brevi poesie di de Haan che “drammatizzavano la lotta tra anima e corpo”, vennero pubblicate ad Amsterdam poco dopo la sua morte e “salutate come uno dei più sublimi risultati nella storia della poesia olandese”. Chi era al potere evitò di citare quello che gli era stato fatto. 

La persecuzione contro Hannah Arendt fu di altro genere, le è sopravvissuta. Ma la campagna scatenata contro di lei non fu meno organizzata e alla fine vi hanno partecipato i più importanti circoli del potere israeliano. Quando nel 1963 venne pubblicato “Eichmann a Gerusalemme” la reazione andò totalmente al di là del semplice dissenso: comportò un tentativo coordinato di garantire che quello che Arendt aveva effettivamente scritto venisse sostituito, nella mente dell’opinione pubblica, da una versione artefatta che era facile condannare. 

Venne accusata di dire che gli ebrei erano complici della loro stessa morte. L’Anti-Defamation League [una delle principali organizzazioni della lobby filoisraeliana negli USA, ndt.] guidò l’attacco, facendo circolare una sintesi di cinque frasi in cui risultava che Arendt incolpava gli ebrei della loro distruzione, un’accusa subito ripetuta in tutti gli Stati Uniti. Moser nota anche che Siegfried Moses, un importante politico del governo israeliano, andò da lei di persona per chiederle di interrompere la pubblicazione del libro e Arendt venne a sapere da altre fonti israeliane che era intervenuto lo stesso primo ministro David Ben Gurion. 

“L’immagine che avevano creato era quella di un ‘libro malefico’”, scrisse. “Ora devono dimostrare che è stato scritto da una ‘persona malefica’”. 

Quello a cui la campagna non poté sopravvivere, e sapevano che non avrebbe potuto farlo, era lo sguardo onesto di chiunque non solo sui rapporti storici tra sionismo e nazional-socialismo nell’accordo Ha’avara [con cui i dirigenti sionisti si accordarono con i nazisti per uno scambio di ebrei tedeschi, denaro e merci che favorì il regime di Hitler, ndt.], ma anche l’uso per il quale era stato approntato il processo Eichmann: uno Stato che aveva iniziato a trasformare il ricordo degli assassinati in una moneta di scambio politica. Non si era mai guardato alla sostanza, bastava il clamore. 

Felicia Langer passò 22 anni cercando di utilizzare il sistema giudiziario israeliano per difendere i palestinesi sotto occupazione, perdendo la maggior parte delle cause, vincendone poche e arrivando alla fine alla conclusione che il suo lavoro in sé era diventato una forma di collaborazione. Il sistema aveva bisogno di lei: un’avvocata ebrea-israeliana che rappresentava clienti arabi dava all’apparato della giustizia militare l’apparenza di imparzialità che diversamente non avrebbe potuto rivendicare. 

Quando alla fine chiuse il suo studio nel 1990 dall’esterno sembrò una sconfitta. In realtà era il rifiuto di fungere da alibi. Ormai decenni di ostilità avevano presentato il conto. Era stata, scrive Moser, “derisa dalla stampa, le sputavano addosso per la strada.” Arrivò a credere persino che i suoi clienti palestinesi venissero puniti più duramente perché era lei a rappresentarli.   

Lasciò Israele, se ne andò in Germania, dove viveva suo figlio e si stabilì a Tubinga. Moser nota l’amaro simbolismo della scelta: era “una dichiarazione che era più libera come ebrea in Germania che nel cosiddetto Stato ebraico.” 

Da ragazzo Ronnie Kasril piantava alberi. Aveva 10 anni, era un giovane sionista entusiasta a Yeoville, Johannesburg, che raccoglieva soldi per il Jewish National Fund che incorniciava le ricevute delle sue donazioni e le appendeva nella sua camera da letto. Gli alberi era piantati in Israele in una foresta il cui scopo, come apprese in seguito, era nascondere le rovine del villaggio palestinese di Lubya, i cui abitanti erano stati cacciati nel 1948. 

L’antisionismo di Kasrils emerse dalla lotta che aveva già caratterizzato la sua vita. Sharpeville [famosa strage di cittadini neri da parte della polizia sudafricana, ndt.] contribuì a portarlo nell’ANC [African Nationale Congress, il partito di Mandela, ndt.] e alla lotta contro l’apartheid; in esilio vide Israele consolidare i suoi rapporti con il regime sudafricano, un collegamento che secondo Moser rafforzò la sua opposizione al sionismo.

Dopo la caduta dell’apartheid comprese sempre più la Palestina attraverso l’esperienza politica che lo aveva formato. Nel 2001 scrisse una “Dichiarazione di Coscienza da parte di un Sudafricano di Origine Ebraica”. Sei anni dopo in un pamphlet dell’ANC fece un paragone tra la spoliazione dei palestinesi e i Bantustan [aree in cui era rinchiusa la popolazione nera, ndt.] in Sudafrica e sostenne che la lezione del Sudafrica era che popoli diversi potevano vivere insieme in uno Stato democratico. 

La reazione comportò un prezzo: un portavoce della Federazione Sionista mise in dubbio che lui fosse “un vero ebreo”; venne denunciato per aver paragonato gli ebrei israeliani ai nazisti; quando lasciò il governo [fu più volte ministro, ndt.], scrive Moser, Kasrils era diventato una persona non grata per molti ebrei. 

Ciò che condividono queste quattro vite è il rifiuto, qualunque costo questa lucidità comportasse, di guardare altrove rispetto a quello che stava realmente avvenendo. La tradizione che Moser ha recuperato non è quella di un comodo dissenso, tutti hanno pagato un prezzo per aver dato un nome a quello che osservavano, senza mai smettere. 

Due eredità inconciliabili 

Prima dei dodici ritratti l’introduzione di Moser al libro inizia con un lascito: la copia di suo nonno della raccolta delle opere di Herzl, un pesante volume blu portato da Breslavia al di là dell’oceano a Houston. Moser lo descrive come un talismano, che conservò per decenni senza leggerlo con attenzione. Quando finalmente lo fece, quello che vi trovò lo sconvolse: Herzl come antisemita e megalomane, un uomo per il quale i palestinesi semplicemente non esistevano. Il lascito rimase, quello che cambiò fu il significato di tenerlo. 

“Antisionismo: una storia ebraica” è insolitamente esplicito riguardo ai suoi limiti. Moser lo afferma chiaramente nell’introduzione: “Benché questo libro riguardi necessariamente degli ebrei, esiste solo per via dei palestinesi.” Alla fine dell’introduzione egli esprime la speranza che quelli che incontreranno questa tradizione “si libereranno del solipsismo che è sempre stato un difetto degli ebrei” e porranno “le vere vittime del sionismo, il popolo palestinese, al centro di tutto quello che faranno.” 

Non si tratta di frasi a caso. Esse segnano, con una certa precisione, il limite esterno del progetto di Moser. Il recupero della coscienza ebraica, per quanto approfondito e moralmente serio, parla principalmente alla comunità la cui coscienza viene riscattata. Il suo pubblico sono in primo luogo quanti hanno bisogno che gli venga ricordato che l’opposizione al sionismo nacque all’interno della vita intellettuale e spirituale degli ebrei. Questo lavoro è importante. Esso giunge, per sua natura, da una direzione. 

Quello che il metodo di Moser non può fornire è la visione dall’altra parte: la vita che sopportano quelli a cui queste dodici coscienze si opposero. Le personalità in questo libro furono, per la maggior parte, testimoni della spoliazione dei palestinesi piuttosto che suoi eredi. Videro chiaramente e pagarono per parlare, mentre la spoliazione continuò. La loro opposizione era reale. La sua insufficienza deriva dalla stessa testimonianza. I due fatti coesistono nello stesso modo in cui una diagnosi corretta coesiste con una morte che non potrà impedire. 

C’è una sorta di consolazione morale che il libro, e bisogna dargliene atto, si rifiuta di offrire in modo troppo netto. Si potrebbe dire che la resistenza ebraica al sionismo porta con sé il seme di un futuro diverso. Forse. Ma la consolazione ha un modo di avvicinarsi a chi viene consolato e la domanda di cosa questa tradizione recuperata significhi per quanti hanno perso le proprie case mentre essa veniva eliminata è una domanda a cui il libro si può avvicinare, ma non può rispondere. 

Leggere il libro di Moser in quanto scrittrice palestinese significa, a tratti, sentire la particolare estraniazione di essere il pretesto per un discorso condotto in buona misura senza di te. La coscienza recuperata è reale e il costo sopportato da quelli che l’hanno conservata non deve essere minimizzato. Però le case in cui i miei nonni vivevano sono state svuotate durante gli stessi decenni in cui questi dissidenti stavano discutendo e perdendo, e le case non aspettarono che la questione fosse definita prima che venissero occupate. 

Mia nonna Rabiha Dajani fondò la sezione femminile di Radio Al-Quds [Gerusalemme in arabo, ndt.] e fu tra i suoi primi giornalisti. La sua voce risuonò in tutta la Palestina che esisteva ancora come luogo unitario, un Paese con un servizio radiofonico e un poeta nazionale, una sua vita musicale abbastanza importante da richiedere un vicedirettore. Mio nonno Yahya al-Lababidi ricoprì quel ruolo al Palestine Broadcasting Service [Servizio Radiofonico Palestinese] a Gerusalemme e collaborò con Ibrahim Tuqan, le cui poesie divennero le canzoni del popolo che cercava di restare unito sotto enormi pressioni. 

Nel 1948 mia nonna venne sfollata sotto la minaccia delle armi. Il servizio radiofonico venne chiuso, l’archivio musicale disperso. Quella che era stata una vita all’interno di una cultura coerente divenne, in una sola stagione, il primo capitolo di un esilio non ancora terminato. 

L’eredità di Moser è un libro conservato attraverso frontiere e generazioni, leggibile ma moralmente trasformato dalla lettura. La mia eredità è un Paese che non è sopravvissuto a quegli anni: una voce eliminata dall’etere, un archivio disperso, una casa lasciata con il presupposto di tornarci. Queste due eredità sono quello che il libro racchiude senza riuscire a riconciliarle: il volume blu di Herzl e il silenzio dove una volta trasmetteva Al-Quds Radio. Entrambe sono reali. Solo una può essere tramandata. 

Insistere su un’alternativa 

Prima di Herzl, la prima pagina del libro di Moser presenta una dedica: “Al popolo palestinese.” Poi arriva una preghiera tratta dalla liturgia bizantina: “Concedi loro la madrepatria dei loro desideri/e rendili di nuovo cittadini del paradiso”. 

Leggere questo libro come chiede di essere letto, verso quelli la cui perdita è la silenziosa premessa di quasi ogni vita che contiene, significa iniziare a comprendere quello a cui questo recupero assolve e dove non può arrivare. Le perdite della mia famiglia non furono un’eccezione. Sono perdite comuni, quelle che i dissidenti di Moser stavano cercando di impedire e non ci riuscirono, quelle a cui la dedica si rivolge con una preghiera senza avere dietro un programma politico, solo la più antica richiesta umana: concedi loro la madrepatria dei loro desideri. 

C’è una frase in ebraico che ricorre nella storia che Moser ricostruisce: “Ein breira” o “Non c’è alternativa”. Questa fu la logica che stava dietro alle spoliazioni, alle guerre e ai negoziati negati che le prove d’archivio ora hanno reso irrefutabili. Jabotinsky ne espresse la sincerità più dura e originaria: la popolazione araba avrebbe resistito, ammise, aveva tutto il diritto di farlo e avrebbe dovuto essere costretta ad arrendersi prima che ne potesse seguire un qualunque accordo. Non c’era alternativa. Come se la storia si fosse ristretta a un unico percorso e la gente che già vi viveva fosse semplicemente d’intralcio. 

Ciò che la coscienza dei dissidenti non poté modificare fu questo restringimento. Aaron Samuel Tamares lo predisse in Polonia prima del 1905. Edwin Montagu [unico ministro ebreo del governo britannico quando venne resa pubblica la dichiarazione Balfour, a cui si oppose, ndt.] mise in guardia a questo proposito nel governo inglese nel 1917. Ahmad Sadiq Saad lo documentò al Cairo nel 1947, un anno prima della Nakba che il suo libro, nella sua terribile precisione, aveva predetto. Gli avvertimenti si accumularono. La registrazione della loro accuratezza ora è estesa, documentata negli archivi che Moser ha letto e nei libri che i Nuovi Storici israeliani ne hanno ricavato. La storia non è stata nascosta, ma cancellata. 

Il recupero di questa storia non risponde alla preghiera che Moser propone. Sa che è inadeguata, non può recuperare quello che è stato preso. Non può rimandare in onda una radio. Non può rimettere insieme l’archivio di un compositore. Non può riportare una donna anziana alla casa che ha lasciato credendo che ci sarebbe tornata entro qualche settimana.

Quello che può fare, e che il libro di Moser onestamente fa, è recuperare una genealogia morale, la consapevolezza che l’opposizione ebraica al sionismo era possibile e onerosa. Vale a dire che c’era un’alternativa: una tradizione che contiene Tamares e Arendt e Langer e Kasrils, persone serie che hanno riconosciuto e resistito alla cancellazione dei palestinesi. 

Verso la conclusione del capitolo finale Moser scrive una frase che potrebbe servire da seconda dedica del libro: “Sentiamo la nostra determinazione rafforzarsi. Sentiamo i legami ancora più stretti che ci legano tra noi e al popolo palestinese che soffre così tanto in nostro nome.” È scritto in persona plurale, il noi degli ebrei antisionisti, di quelli che hanno trovato se stessi nel corso dei decenni di cancellazione che questo libro recupera. La sofferenza, riconosce, avviene nel loro nome. La determinazione da offrire in cambio è la loro. 

Il resoconto è onesto perché non sostiene mai di essere un rimedio. Un libro che fosse finito con la convinzione di essere sufficiente avrebbe tradito la preghiera con cui si apre. Invece “Antisemitism: A Jewish History” si chiude come inizia, nella consapevolezza di una distanza che non può attraversare, verso persone che può citare ma non risarcire. 

“Concedi loro la madrepatria dei loro desideri / e rendili di nuovo cittadini del paradiso.”

Di nuovo. La parola contiene tutto. Di nuovo, come ritorno. Di nuovo, come ricostituzione. Di nuovo, come il riconoscimento che qualcosa è stato preso a un popolo che ce l’aveva e che quello che gli è stato preso ha un nome, e che il nome viene ancora detto, in arabo e in esilio, con un anelito che non ha dietro un programma politico e non ne richiede alcuno. È la richiesta più antica e sta ancora aspettando. 

Yahia Lababid è una scrittrice arabo-americana di origini palestinesi, autrice di sedici libri di poesia, saggistica, aforismi e colloqui. I suoi scritti sono apparsi, tra le varie pubblicazioni, su The New Statesman, Liberties, World Literature Today, Salmagundi e The Threepenny Review.

 

(traduzione dall’inglese di Amedeo Rossi) 

[Foto: Fritz Cohen/GPO - riprodotto su www.zeitun.info]