sexta-feira, 24 de abril de 2026

«Bestiário», de Ánxel Huete e Vítor Vaqueiro

Ánxel Huete Vítor Vaqueiro

Bestiário

Néspera, 116 páxinas, 25 €, 2025

Escrito por Ramón Nicolás

Vítor Vaqueiro e Ánxel Huete concibiron este proxecto común onde a palabra dialoga e se vivifica con imaxes ben pouco convencionais do pintor abstracto, que aquí realiza unha interpretación de inspiración simbólica e pictogramática. O mundo da plástica e o da literatura son operativos, así pois, para internarse con pulso propio nese universo vizoso dos bestiarios que foi transitado nunha diversidade de xéneros na nosa tradición literaria, alén da súa abondosa presenza na literatura infanto-xuvenil e e de filiación popular, en voces como son as de Nacho Taibo, Antonio M. Fraga, Carlos L. Bernárdez e X.R. Mariño Ferro, o equipo conformado por Cuba, Miranda e Reigosa, Miguel Anxo Murado, Raquel Castro ou Martiño Suárez entre outras, incluída a do propio Álvaro Cunqueiro que chegara a deixarnos un esquecido Diccionario manual de bestias marinas, recuperado no seu día por Antón Capelán, e unha sección dedicada “ao mundo e á fauna máxica” na súa Escola de menciñeiros (1960), se cadra influído -quen sabe- polo borgiano Manual de zoología fantástica (1957). 

Arestora, velaquí un volume, especialmente tratado no ámbito da edición polo selo Néspera, no que Vaqueiro, autor por certo tanto dunha célebre e fantástica Guía da Galiza máxica, mítica e lendaria como dunha lembrada Mitoloxía de Galiza, fai unha escolla acaída e representativa destes seres fantásticos -dos ananos á estadea ou dos demiños ás sereas- percorren o noso país  de Cartelle a Moaña, de Crecente á Limia ou do Pico Sacro a Castro Caldelas entre outros lugares, sen esquecer a vontade de subliñar os paralelismos -se os hai- con outros seres en culturas máis ou menos próximas e, ao mesmo tempo, facelo nunha prosa dominada polo criterio da contención expresiva para salientar os trazos máis singulares de cada un dos seres aquí recolleitos sen afastarse nunca da tradición popular: seres fabulosos, abofé que si, que nunca desaparecen e que volven, unha e outra vez, a aparecer entre nós para non esquecermos que forman parte dun imaxinario colectivo, nesta ocasión reinterpretado con fortuna e que, dalgún xeito, persegue tamén evidenciar a visión dun mundo: o noso mundo.

 

[Fonte: cadernodacritica.wordpress.com]

Et si un matin, la France décidait de régulariser tous les sans-papiers ?


Écrit par Nayan Khiang

Imaginez un matin où la France se réveille avec une annonce officielle tombée dans la nuit : toutes les personnes sans-papiers vivant sur le territoire français sont régularisées. Une décision immédiate, globale, sans examen individuel préalable. Une mesure exceptionnelle, qui mettrait fin à des années de débats politiques, de circulaires successives et de situations administratives précaires.

Une telle hypothèse, même fictive, permet de mesurer l’ampleur des enjeux liés à l’immigration irrégulière en France et les équilibres fragiles sur lesquels repose le système actuel.

Une rupture complète avec la logique administrative actuelle

Aujourd’hui, la régularisation des personnes sans-papiers repose sur des critères précis : durée de présence, insertion professionnelle, situation familiale, promesse d’embauche ou circonstances exceptionnelles. Chaque dossier est étudié individuellement par les préfectures, dans un cadre strictement encadré par le droit des étrangers.

Dans le scénario d’une régularisation générale, cette logique disparaîtrait instantanément. L’État passerait d’un système de sélection individuelle à une reconnaissance collective de toutes les personnes en situation irrégulière.

Cela représenterait une transformation majeure de la philosophie administrative française : ne plus distinguer au cas par cas, mais acter une réalité de présence sur le territoire.

Un choc administratif pour l’État

Une telle décision aurait immédiatement des conséquences sur les institutions publiques. Les préfectures, déjà confrontées à des délais importants et à une forte charge de travail, devraient absorber une transition massive :

  • attribution automatique ou accélérée de titres de séjour,
  • mise à jour des bases de données administratives,
  • ouverture des droits sociaux,
  • gestion des changements d’état civil administratif.

L’administration devrait aussi adapter les systèmes de sécurité sociale, de CAF, de Pôle emploi et de santé. En quelques semaines, plusieurs centaines de milliers de personnes changeraient officiellement de statut.

Ce basculement nécessiterait une coordination exceptionnelle entre ministères, collectivités et services sociaux.

Une transformation immédiate du monde du travail

Une grande partie des personnes sans-papiers en France travaille déjà, souvent dans des secteurs essentiels mais peu valorisés : restauration, nettoyage, BTP, agriculture, aide à domicile.

La régularisation généralisée aurait plusieurs effets directs :

1. Une sécurisation du travail existant

Les travailleurs pourraient enfin signer des contrats en règle, cotiser normalement et bénéficier de protections sociales complètes.

2. Une transparence économique accrue

Les emplois auparavant non déclarés entreraient dans l’économie formelle, augmentant les cotisations sociales et fiscales.

3. Une pression sur certains secteurs

Certains employeurs, habitués à une main-d’œuvre flexible et peu coûteuse, devraient s’adapter à un cadre plus strict et potentiellement plus coûteux.

À court terme, cette transition pourrait créer des tensions, mais à moyen terme, elle stabiliserait une partie importante de la main-d’œuvre.

Une amélioration immédiate des conditions de vie

Pour les personnes concernées, l’impact serait avant tout humain.

La régularisation signifierait :

  • la fin de la peur constante d’un contrôle ou d’une expulsion,
  • l’accès facilité au logement,
  • une meilleure prise en charge médicale,
  • la possibilité de voyager légalement,
  • la stabilité familiale et sociale.

Beaucoup de personnes vivent en France depuis plusieurs années, parfois plus d’une décennie. Leur régularisation représenterait une reconnaissance de leur présence durable dans la société.

Des défis sociaux et politiques majeurs

Une telle mesure ne serait pas sans controverses.

Sur le plan politique

Le débat serait immédiat et intense. Certains y verraient une décision humanitaire et pragmatique, reconnaissant une réalité déjà installée. D’autres dénonceraient un signal d’appel et une rupture avec la politique migratoire traditionnelle.

Sur le plan social

Les inquiétudes pourraient porter sur :
• la capacité des services publics à absorber le changement,
• la question de l’équité entre personnes en situation régulière et irrégulière,
• les perceptions d’injustice ou de traitement différencié.

Sur le plan international

Une telle décision pourrait aussi être observée par d’autres pays européens, dans un contexte où les politiques migratoires sont souvent coordonnées à l’échelle de l’Union européenne.

Une redéfinition du rapport à la présence sur le territoire

Au-delà des aspects techniques et politiques, une régularisation générale poserait une question fondamentale : qu’est-ce qui fonde la légitimité de rester sur un territoire ?

Est-ce uniquement le respect initial des procédures administratives ? Ou bien la durée de présence, le travail, les liens sociaux et familiaux déjà construits ?

Dans ce scénario, la France ferait un choix radical : reconnaître que la réalité sociale peut parfois précéder le droit administratif.

Conclusion : une hypothèse révélatrice

Même si une régularisation totale et immédiate de tous les sans-papiers reste hautement improbable dans le contexte actuel, cette hypothèse met en lumière une réalité déjà présente : des centaines de milliers de personnes vivent, travaillent et participent à la société française sans reconnaissance administrative stable.

Imaginer un tel scénario, c’est finalement interroger la cohérence entre le droit, l’économie et le vécu quotidien. Et rappeler qu’au cœur de ces débats se trouvent avant tout des trajectoires humaines, déjà profondément ancrées dans la société française.


[Source : www.pressenza.com]

Palavrinhas

 

Escrito por Maria do Rosário Pedreira

Uma das mais fantásticas recompensas da leitura é, além da beleza que nos pode ser mostrada numa simples passagem, o que pode ensinar-nos um livro. Um dia destes, estava a ler o original de uma autora minha cujo cenário é a bela Itália, quando descobri que o verbo «carregar» (que associo imediatamente a «carga») tem a mesma raiz etimológica de «caricatura», palavra muito mais próxima de «caricare», que é a tradução italiana de «carregar». O «carregador» é, em italiano «caricatore» e foi por aí que a minha autora descobriu a etimologia. Este verbo português «carregar» tem, de facto, um número incrível de sinónimos, como «transportar», «levar», «encher», «exagerar», «fazer pesar», «insistir», «pôr munições numa arma» ou até «sublinhar», que é o que hoje me interessa, porque na «caricatura» o que fazemos é realmente sublinhar os traços mais característicos de alguém, e é por isso que as duas palavras (carregar e caricatura) estão ligadas. É também do verbo «carregar» que vem o verbo «encarregar», e por isso uma pessoa é «encarregada» de fazer alguma coisa (por favor, não escrevam encarregue, que é um erro feio e não existe!) tal como alguém é «carregado» em ombros. Palavrinhas.

 

[Fonte: horasextraordinarias.blogs.sapo.pt]

È morto il regista argentino Luis Puenzo

Nel 1986, il suo capolavoro La storia ufficiale è stato il primo film argentino a vincere un Oscar. Ha diretto anche Il vecchio Gringo e La peste. Aveva 80 anni

Luis Puenzo

È morto a Buenos Aires Luis Puenzo, regista di La storia ufficiale, primo film argentino a vincere un Oscar nel 1986. Aveva 80 anni. La notizia è stata data da Argentores, la Società argentina degli autori.

Nato a Buenos Aires il 19 febbraio 1946, Puenzo ha iniziato la sua carriera nel mondo della pubblicità negli anni '60. Ha fondato la sua casa di produzione, Luis Puenzo Cine, con la quale ha realizzato cortometraggi e spot pubblicitari. Il suo debutto come regista e sceneggiatore di lungometraggi risale al 1973 con Luces de mis zapatos, un film per bambini con protagonista Norman Briski. In seguito, ha co-diretto l'episodio Cinco años de vida all'interno del film antologico Las sorpresas (1975).

Il successo internazionale arrivò nel 1985 con La storia ufficiale, da lui diretto e co-sceneggiato con Aída Bortnik. Il film affronta il tema dei rapimenti di minori durante la dittatura militare argentina. Il premio al miglior film straniero nel 1986 è stata il primo Oscar in assoluto per il cinema argentino. Puenzo e Bortnik hanno ricevuto una nomination all'Oscar per la migliore sceneggiatura originale. Il film ha vinto anche premi al Festival di Cannes, il Golden Globe al miglior film straniero e il Condor d'argento dell'Associazione dei critici cinematografici argentini.

Dopo La storia ufficiale, Puenzo ha proseguito la sua carriera come regista e sceneggiatore con i seguenti titoli: Il vecchio Gringo (1989), adattamento dell'omonimo romanzo dello scrittore Carlos Fuentes, una produzione internazionale con Jane Fonda, Gregory Peck e Jimmy Smits, ambientata negli anni della Rivoluzione Messicana; La peste (1992), tratto dall'omonimo romanzo di Albert Camus, di cui Puenzo ha adattato la sceneggiatura e diretto un cast guidato da William Hurt, Robert Duvall e Raúl Juliá; e La puta y la ballena (2004), un lungometraggio girato tra Argentina e Spagna, con Leonardo Sbaraglia e Aitana Sánchez-Gijón.

Oltre al suo ruolo di autore e regista, Puenzo è stato attivamente coinvolto nella politica audiovisiva argentina. Nel 1994 ha partecipato alla stesura della Legge sul Cinema che ha sancito l'autonomia dell'Istituto Nazionale di Cinema e Arti Audiovisive (INCAA) e i relativi meccanismi di finanziamento, incentivando così la produzione cinematografica. È stato anche uno dei membri fondatori dell'Accademia Argentina di Arti e Scienze Cinematografiche nel 2004. Inoltre, tra la fine del 2019 e l'aprile 2022, ha ricoperto la carica di presidente dell'Istituto Nazionale di Cinema e Arti Audiovisive (INCAA). 

Con un comunicato in cui si si informa "con profondo dolore" dell'addio "allo straordinario sceneggiatore, regista, produttore e partner della nostra organizzazione, Luis Puenzo, scomparso all'età di 80 anni".

La causa del decesso non è stata informata ma Puenzo si era ritirato dalla vita pubblica da tempo a causa di problemi di salute.

Il suo film più celebre, con cui vinse l'Oscar a miglior film straniero, fu il primo lungometraggio a parlare apertamente dei crimini commessi durante la dittatura militare (1976-1983) e in particolare della sottrazione dei figli di desaparecidos nati durante la detenzione nei centri di tortura clandestini.

Tra le opere di Puenzo anche Il vecchio Gringo (1989), con Jane Fonda nei panni di un'insegnante americana coinvolta nella rivoluzione messicana, e La peste (1992) - tratto dall'omonimo romanzo di Albert Camus - con William Hurt e Robert Duvall.


[Foto: Romina Santarelli / Ministerio de Cultura de la Nación - fonte: www.cinematografo.it]

En Israël, la loi sur la peine de mort ciblant les Palestiniens est le signe d’une régression morale antérieure au 7-Octobre

Écrit par Samy Cohen  

Le 30 mars fut un triste jour pour la démocratie en Israël. Une loi ségrégationniste a été votée, condamnant à la peine de mort tout Palestinien résidant en Cisjordanie qui « cause intentionnellement la mort d’une personne dans le cadre d’un acte terroriste ». Ce texte exclut en revanche les colons qui se livreraient à des actes similaires envers les Palestiniens. Baruch Goldstein, qui, le 25 février 1994, a tué de sang-froid 29 musulmans dans le caveau des Patriarches, à Hébron, n’aurait pas été concerné par cette loi.  

Cette loi honteuse ne saurait pour autant occulter la régression morale qui a saisi l’opinion publique israélienne à partir de la deuxième Intifada [2000-2005], et qui a préparé le terrain à ce vote. Rappelons d’abord ce que tous les sondages nous disent depuis plusieurs années, à savoir qu’une forte majorité d’Israéliens est favorable à la peine de mort pour les terroristes « qui ont du sang sur les mains ». L’un des plus récents, réalisé en novembre 2022 par l’Israel Democracy Institute, montre que 70,7 % des sondés se disent favorables à ce qu’un terroriste condamné pour assassinat d’Israéliens soit exécuté.

Il y a un phénomène plus grave encore dont peuvent témoigner ceux qui scrutent les changements de la société israélienne et de son armée : le ralliement à l’idée qu’il faut exécuter sur-le-champ un terroriste capturé vivant et rendu inoffensif, quand bien même il n’aurait pas versé une seule goutte de sang juif. Une peine capitale qui punit l’intention de tuer, en somme. Ne commettons pas l’erreur, comme le font certains, de mettre cette dérive sur le compte du traumatisme du 7-Octobre. L’évolution vient de beaucoup plus loin.

Remontons un court instant en 1986 et à l’affaire du bus 300. Quatre Palestiniens détournent un bus de la ligne Tel-Aviv - Ashkelon et réclament la libération de prisonniers palestiniens détenus en Israël. Lors de l’assaut des forces de sécurité, deux d’entre eux sont tués et deux autres capturés. Sur l’ordre du chef du Shin Bet [le service de renseignement intérieur de l’Etat hébreu], Avraham Shalom, ils sont emmenés vers un terrain vague et achevés à coups de pierres. Officiellement, ils avaient été tués lors de l’assaut. Manque de chance, un photographe présent publie un cliché les montrant vivants, encadrés par des agents israéliens.

Certains cadres de l’agence demandent alors à Shimon Peres, le premier ministre de l’époque, de démettre Avraham Shalom. En vain. Ils se tournent alors vers le conseiller juridique du gouvernement, qui prend l’affaire au sérieux et décide d’ouvrir une enquête judiciaire. Afin d’éviter un scandale qui porterait un coup sévère à l’image du Shin Bet, le gouvernement obtient du président de l’Etat la grâce pour les responsables de cette macabre affaire.

À partir de la deuxième Intifada, les choses deviennent plus inquiétantes encore : la société israélienne se rallie majoritairement à cette idée contraire au droit international qu’un terroriste doit être exécuté sur-le-champ, même s’il n’a causé la mort de personne, même s’il est blessé et désarmé, comme le montre l’affaire Azaria. Le 24 mars 2016, un petit groupe de soldats israéliens monte la garde à l’entrée d’Hébron. Deux Palestiniens s’approchent et les attaquent au couteau. L’un d’eux est tué sur le coup, l’autre grièvement blessé. Il gît à terre inanimé. Le sergent Elor Azaria s’approche et l’achève d’une balle dans la tête. L’événement est filmé par un militant de l’ONG israélienne B’Tselem, et la vidéo qui circule fait sensation. Azaria est arrêté, et un procès est ouvert.

L’opinion publique se range majoritairement derrière le sergent pour lui trouver des circonstances atténuantes et en faire un héros national. Selon un sondage publié par la radio nationale Kol Israël en avril 2016, 66 % des Israéliens se prononcent en faveur de sa libération, 65 % y voient un acte de légitime défense. Le tribunal reconnaît le sergent coupable d’homicide volontaire et le condamne à dix-huit mois de prison. De nombreuses personnalités politiques de droite, de même que la députée travailliste Shelly Yachimovich, demandent la grâce présidentielle, qui ne sera pas accordée.

En août 2016, selon The Peace Index, plus de 60 % des Israéliens estimaient que les considérations morales « n’ont pas de place dans la lutte contre le terrorisme ». Un leader politique modéré comme Yaïr Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, se déclarait, dans le quotidien Haaretz, en octobre 2015, favorable à ce que tout Palestinien qui sort un couteau soit tué. Ni plus ni moins. D’innombrables faits comparables ont été rapportés par les médias et les ONG de défense des droits de l’homme, et classés sans suite, « faute de preuves ».

Six ans plus tard, en mars 2022, rien ou presque n’a changé. Selon un sondage mené par l’Israel Democracy Institute, une majorité de 78 % des Israéliens soutient l’idée que, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, « les considérations morales n’ont pas leur place » et qu’il est « permis d’utiliser tous les moyens pour éviter un attentat ». Dans une enquête parue en novembre 2022, 54,7 % affirment qu’il faut tuer un terroriste, même « neutralisé et ne présentant aucun danger ». À la question de savoir s’il faut exécuter un terroriste, bien que les tribunaux israéliens n’aient jamais prononcé de condamnation à mort de terroristes, 74,1 % se prononcent en faveur d’une exécution.

L’affaire Kestelman illustre tragiquement cette dérive. Le 30 novembre 2023, à Jérusalem, deux terroristes sortent de leur voiture et tirent sur la foule. Yuval Doron Kestelman, un civil armé de passage, se lance vers eux et les abat. Des soldats arrivés sur les lieux le prennent pour un terroriste, alors qu’il s’était agenouillé en signe de reddition, chemise ouverte pour montrer qu’il ne portait pas de charge explosive et criant qu’il était israélien ; ils le tuent. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, saluera ces « héros ».

Il faut s’indigner contre cette loi, contre cette indécente bouteille de champagne débouchée à la Knesset [le Parlement israélien] pour fêter la « victoire ». Mais on ne peut pas ignorer que l’opinion publique était majoritairement acquise à l’exécution de terroristes, même désarmés, même s’ils n’ont fait aucune victime. Ben Gvir, l’initiateur de cette loi, n’a rien inventé.


Samy Cohen est directeur de recherche émérite au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po. Il est notamment l’auteur de « Tuer ou laisser vivre. Israël et la morale de la guerre » (Flammarion, 2025). 

[Source : www.lemonde.fr]


 

L’exquisidesa de l’escriptura

'August' (Lleonard Muntaner) és una novel·la pòstuma de Christa Wolf, traduïda ara al català per Anna Soler Horta

Christa Wolf

Escrit per Anna Rossell

Filòloga, escriptora, crítica literària i gestora cultural

Publicat el 2012, mesos després de la mort de l’autora, el relat-novel·la curta August (Lleonard Muntaner), de Christa Wolf, ens submergeix en un període de la història d’Alemanya que canvià radicalment la vida de milions d’alemanys. A finals del 1944 l’avanç de l’Exèrcit Roig sobre els territoris alemanys de l’est (Silèsia, Prússia Oriental, Pomerània i els Sudets) forçà la fugida massiva de la població. Entre dotze i catorze milions d’alemanys van haver d’integrar-se en les zones d’ocupació aliades en condicions extremes de fam i pobresa. 

Aquest és el marc històrico-social d’August, traduïda al català per Anna Soler Horta. Tanmateix, la narració no esmenta explícitament la guerra ni els anys en què ubica la vida que relata. Les referències, exceptuant la toponímia, són indirectes. I és precisament aquest mode no explícit de narrar, sols donant a entendre, el que permet assaborir cada paraula, gaudir d’un text d’alta sensibilitat i qualitat literàries. 

Christa Wolf (1929 Landsberg a. d. Warthe, Prússia Oriental – 2011 Berlín) narra la història d’August, un nen de vuit anys que a finals de la Segona Guerra Mundial arriba en un tren de persones refugiades, bombardejat, a Mecklemburg. Ha perdut els seus pares i és internat en un castell reconvertit en sanatori on conviuen nens i adults refugiats amb personal sanitari i un mestre. Allà viurà experiències de malaltia i de mort, però també d’amistat, aprenentatge, humanitat, i naixerà la seva inclinació amorosa per Lido, una jove més gran, que l’ajuda i tracta amb tendresa. La tècnica narrativa —veu omniscient, estil indirecte lliure, monòleg interior i diàleg mínim— apropa el lector als personatges propiciant empatia. El protagonista, August, és qui va estirant el fil narratiu. El coneixem al principi com a conductor d’autobús turístic que fa el seu darrer viatge abans de jubilar-se. Ara, a l’Alemanya reunificada, els llocs que recorre li retornen els records de la seva vida i Wolf els desgrana per a nosaltres. La infantesa d’August té punts en comú amb la biografia de Wolf, que també fugí amb la seva família de Prússia Oriental, s’establí un temps a Mecklemburg i visqué a la RDA fins la seva mort a Berlín, on sempre residí.  

L’escriptura de Christa Wolf és delicada, minuciosa, exquisida: poques pinzellades, sovint una de sola, basten per situar-nos en moments i llocs, per donar compte dels canvis político-socials del país. El seu preciós i precís laconisme avala la qualitat de la seva ploma. Coneixem els personatges a través de petits gestos, del detall, i el seu protagonista, indirectament, per com el tracten els demés o pel que els demés pensen d’ell.  

El relat, un regal al seu marit amb motiu del seixantè aniversari del seu casament, és un gest d’afecte vers al seu marit, però també de reconeixement al socialisme en què Christa Wolf va creure malgrat les seves dissensions i les conseqüències que va haver d’afrontar per aquesta causa. De 1963 a 1967 fou candidata al Comitè Central del SED (Partit Unificat d’Alemanya, marxista-leninista), va participar sempre en els espinosos debats oberts al seu país tot prenent partit en contra de mesures adoptades pel SED, per exemple l’any 1965 per la política cultural restrictiva o el 1977 contra l’expatriació del cantautor Wolf Biermann, motiu pel qual fou expulsada de la junta directiva de la Societat d’Autors de la RDA. 

Malgrat tot Christa Wolf fou una de les escriptores més reconegudes de la RDA i obtingué premis prestigiosos en les dues Alemanyes. Com molts altres intel·lectuals dels seu país, va creure fins el final en una possible reforma del socialisme. Fou una de les oradores en la manifestació de l’Alexanderplatz, Berlín, el 4 de novembre del 1989; al manifest Pel nostre país, en què 31 ciutadans de la RDA varen signar contra la reunificació de les Alemanyes, es pronuncià a favor de la RDA i contrària a «la venda dels nostres valors materials i morals». Les seves obres han estat traduïdes àmpliament al català.

[Foto: Irene Eckleben/Bundesarchiv/Wikimedia Commons - font: www.nuvol.com]

Octavio Paz, por Elena Poniatowska

Hoy, domingo 19 de abril de 2026, se cumplen 28 años de la muerte de Octavio Paz. El terremoto del 19 de septiembre de 1985 lo acercó a Coyoacán y tuve la oportunidad de visitarlo en varias ocasiones. También coincidía yo con Marie Jo, su esposa, en la subida empedrada de la avenida De la Paz (que hace honor a su apellido), porque ella iba a comprarle delicatessen a la una de la tarde para la hora de la comida en la casa colonial de Francisco Sosa. Esa casa de gran jardín (actualmente sede de la Fonoteca Nacional) quedaba a dos pasos de la mía, y era contraesquina de la de Salvador Novo, ya fallecido.

Octavio Paz vivió su niñez y su juventud en Mixcoac, y luego en los rumbos del Ángel de la Independencia. Octavio y Marie Jo se instalaron en un departamento en Río Guadalquivir 109, en la colonia Cuauhtémoc, que dañó el terremoto del 19 de septiembre de 1985. Un incendio destruyó parte de su biblioteca en la que se hallaban algunos manuscritos y otros documentos de su abuelo, Ireneo Paz. De ahí se cambiaron a otro en Paseo de la Reforma.

Recuerdo a Octavio Paz en el departamento de Guadalquivir y luego en el de Paseo de la Reforma, en el que me contó que sufría insomnio, y una madrugada, su empleada, de delantal redondo y uniforme a rayitas, atravesó la sala sin imaginar que él esperaba el amanecer desde su sillón:

–“¿Adónde va?” –preguntó el poeta.

–A misa, señor.

–No vaya, de todos modos, se va a condenar.

Octavio Paz y Marie Jo hablaban de “usted” a sus empleados. A su llegada a México, se instalaron en una de las casas que Sol Arguedas alquilaba en San Ángel Inn (cercana a la de José Luis Cuevas y a la de Ramón y Ana María Xirau), pero a los tres o cuatro meses se mudaron (a Octavio siempre le gustaron las calles con nombre de río) a la colonia Cuauhtémoc, que es un surtidor de ríos. Tras el incendio salieron a la calle Francisco Sosa, en Coyoacán. El entonces presidente Ernesto Zedillo se la ofreció al poeta.

“Mire usted nada más lo que le pasó al poeta”, dijo muy apesadumbrado, “pero esa casa es solo ‘mientras tanto’, porque pronto regresará a la suya”.

Pero Octavio ya no regresó.

Carlos Monsiváis y yo pasamos con Octavio y Marie Jo su última cena de Navidad, que coincidió con el año de la masacre de Acteal, en Chiapas, el 22 de diciembre de 1997.

El enfermero trajo al poeta en bata y en silla de ruedas. Frente a la mesa jaló una silla y quiso sentarlo. Puso sus manos bajo sus axilas para cambiarlo de asiento y Paz advirtió: “¡Cuidado!” Marie Jo lo recopiló: “Octavio (acentuaba la o final), no pasa nada, él sabe muy bien cómo hacerlo”.

Los que no sabíamos qué hacer éramos los comensales, que nos sentíamos huérfanos.

Durante la cena de Navidad, el poeta casi no probó el relleno del pavo, ni la pechuga, ni la pata, ni el ala, ni siquiera quiso servirse una cucharadita del Christmas Plum Pudding, cuyas llamas azules bailaron frente a nuestros ojos. Nedda Anhalt trajo toda la cena sin que faltara un solo salero.

Esa noche también resultó difícil para nosotros los invitados. Al día siguiente, Carlos Monsiváis me llamó como de costumbre a las 7 de la mañana y le pregunté: “¿Cómo viste lo de anoche?”

“Peor que Acteal”, me respondió.

Nos quedamos muy tristes.

Octavio Paz todavía se emocionaba por los movimientos sociales y nos había preguntado a ambos por el subcomandante Marcos y sus comunicados que él seguía leyendo en La Jornada.

Monsi y yo nos despedimos 10 minutos después de las 12 horas que nos avientan al nuevo año. Regresé sola y a pie desde Francisco Sosa, a tres cuadras de mi casa en la Cerrada del Pedregal 79. Cuatro calles vacías. Cuarenta pasos con la cabeza baja, los ojos fijos en la acera, el frío en los huesos y en el alma, hasta el momento de abrir la puerta: “Acabo de vivir la Navidad más triste de mi vida”.

Toda la cena fría salió de las buenas manos de Nedda Anhalt. En una canasta, su marido, siempre callado, llevó desde su casa, en las Lomas, platones como para 12 comensales cuando éramos apenas seis, o quizá menos, sentados a la mesa. Un pavo frío, un puré de castañas frío, la clásica ensalada de betabel que esa sí se sirve fría, un Christmas Pudding frío cuyas llamaradas azules solo subieron unos segundos. La atmósfera fue enfriándose, aunque Octavio insistió en que Monsi y yo le contáramos cómo era el subcomandante Marcos y preguntó si los zapatistas vivían en el bosque.

–Sí Octavio, los zapatistas son árboles –contesté.

El Poeta murió cuatro meses más tarde en la Casa de Cortés, en la calle de Francisco Sosa, esquina con Salvador Novo, el 19 de abril de 1998, a la edad de 84 años.

De vez en cuando paso frente a esa casa triste y camino con la cabeza baja en señal de respeto. Doy unas pisadas viejas en zapatos también gastados. Nunca he olvidado esa noche y nunca he vuelto a entrar a esa casa, a pesar de su cercanía con la mía. Monsi tampoco, porque ya no nos acompaña, al igual que José Emilio, gran amigo y compañero de trabajo en la ajetreada y, a ratos, feliz vida de los suplementos culturales. Ahora solo quedo yo, que en mayo cumpliré 94 años, 28 años después de la muerte de El Poeta, a quien quise entrañablemente. También pienso en Carlos Fuentes, que amó y admiró a Octavio, y en ese maldito distanciamiento entre ellos que nunca debió suceder.

–¿Has visto a Fuentes? –preguntaba.

Octavio Paz escribió sobre la muerte en El laberinto de la soledad. Si algo nos enseñó, fue a entender la forma en que los mexicanos dizque reímos de la muerte y la mordemos en una calavera de azúcar, como el pan de cada día: “También para el mexicano moderno la muerte carece de significación. Ha dejado de ser tránsito, acceso a otra vida más vida que la nuestra. Pero la intrascendencia de la muerte no nos lleva a eliminarla de nuestra vida diaria. Para el habitante de Nueva York, París o Londres, la muerte es la palabra que jamás se pronuncia porque quema los labios. El mexicano, en cambio, la frecuenta, la burla, la acaricia, duerme con ella, la festeja, es uno de sus juguetes favoritos y su amor más permanente”.

¿Por qué escribo esto ahora? ¿Me di ese permiso? Quizá porque voy a cumplir 94 años y la cercanía de mi casa con la de la calle de Francisco Sosa me recuerda los últimos momentos de Octavio, nuestro vecino, ya que Guillermo Haro y Paz coincidían en las reuniones de El Colegio Nacional, y Octavio y Marie Jo solían venir a cenar o a comer y Octavio preguntaba risueño si iba yo a servirles un “mole polaco”. 

[Fuente: www.jornada.com.mx]



De Perpinyà a Palma i de Düsseldorf a Alginet: un Sant Jordi en català

Una selecció de vint títols de narrativa, poesia i assaig que no seran els més venuts de Sant Jordi, però que donen una imatge bastant real de la diversitat de la literatura en català publicada recentment (inclosa una reedició, una obra completa, el Sant Jordi i la primera obra en català d'una escriptora alemanya). 

 

Per Àlex MilianXavier Aliaga

EVA BALTASAR. Peixos (Club Editor, 2026)


L’autora de la trilogia de Permagel (2018), Boulder (2020) i Mamut (2022), Eva Baltasar (Barcelona, 1978) torna amb el que anuncia com una història d’amor, Peixos (Club Editor), tot i que només ho és parcialment (potser com totes les històries d’amor). L’habilitat de Baltasar per dur-te al seu terreny i aclaparar-te amb el seu estil poètic, la descripció precisa i la narració inquietant, encisaran novament el lector amb aquesta història d’una escriptora enamorada d’una venedora de peix fregit.

JOAN-DANIEL BEZSONOFF. La llengua dels amics (Empúries, 2026)


L’escriptor rossellonès Joan-Daniel Bezsonoff (Perpinyà,1963) ha bastit una obra molt coherent amb novel·les que s’han mogut entre la biografia, la reconstrucció fictícia de la família i la ficció. A La llengua dels amics narra les històries al voltant del català —com a llengua familiar i social en competició amb l’omnipresent francès—- que reflecteixen com n’és d’important parlar, escriure i mantenir la llengua a la Catalunya del Nord per la salut de la llengua en tot l’àmbit lingüístic. I com és d’enriquidor i sa llegir-ne i aprendre’n tantes com sigui possible. És dur utilitzar el terme assaig —tan pervertit per textos pretensiosos i avorrits— per qualificar una meravella tan propera i divertida com La llengua dels amics, però és la que fem servir.

JOAN CARRERAS. Estaria molt bé (Proa, 2026)


Després d’una novel·la lapidària i plena de simbolismes sobre l’agonia de la mort, Torno a casa (2021), l’escriptor Joan Carreras (Barcelona, 1962) torna a un registre literari més reconeixedor en la seua llarga carrera amb una història que sorprèn, Estaria molt bé, una delicada i commovedora immersió en la vida d’una colla de dones en la seixantena. Novel·la sobre secrets i confidències, sobre la convivència entre el pes del passat i del present i les ganes de viure, que podria fer arribar a Carreras a un públic més ampli.

MARIA ESCALAS. No va quedar res (Ara Llibres, 2025)


La mallorquina Maria Escalas (Palma, Mallorca, 1969), instal·lada al Maresme, s’ha encarregat d’explicar la història de Llers, el poble de l’Alt Empordà on l’exèrcit republicà va instal·lar —i va fer esclatar— totes les reserves d’explosius i municions que no podia emportar-se a l’exili ni volia deixar a l’enemic. Una història real que Escalas ha ficcionat en la mesura del necessari per poder explicar millor la història de Llers i de tants altres pobles en els últims moments de la Guerra Civil. De vegades, una ficció és la millor manera d’explicar la Història amb majúscules —o la manera més honesta d’exposar-la tal com va ser—, i això ha fet Escalas. 

EUDALD ESPLUGA. Imaginar la fi (Raig Verd, 2026) 



El filòsof Eudald Espluga (Girona, 1990) signa un atrevit assaig de filosofia, història cultural, tecnologia digital i innovació empresarial per desemmascarar els empresaris de les empreses tecnològiques que semblen vetllar per la humanitat (viatges a la Lluna, xarxes socials) i s’estan preparant per a ser els colonitzadors del futur mitjançant una IA feta a la seva mida. Espluga compara també els relats sobre l’apocalipsi que transmet el cinema, les sèries i la literatura de ciència-ficció per comparar-la amb l’Apocalipsi de Sant Joan i les noves lectures que es fan de l’últim i misteriós llibre de la Bíblia. 

NATZA FARRÉ. L’última vegada que et dic adeu (Angle, 2026)

La periodista Natza Farré (Barcelona, 1972) conta en L’última vegada que et dic adeu la commovedora història de la petita de sis germans que ha de conviure amb un germà addicte a l’heroïna. Un relat dur, en primera persona, que afronta a còpia d’elegància i tendresa el component sòrdid del relat sense ensucrar la commoció que suposa per a una família de classe mitjana haver de fer front a un problema d’aquesta magnitud. Que va marcar de per vida una autora que agafa el text com a eina testimonial d’una època.

VICENT FLOR. Terres bàrbares (Edicions 62, 2026)


Vicent Flor (València, 1971), antropòleg, sociòleg i gestor cultural, autor d’un grapat d’assajos sobre la identitat valenciana, va debutar com a novel·lista el 2022 amb la novel·la El carrer de baix (Premi Joanot Martorell), en què ficcionava i feia literatura a partir d'experiències personals colpidores. Quatre anys després fa un salt de qualitat amb una segona novel·la, Terres bàrbares, que explica una història de ficció sobre un periodista que descobreix un sòrdid secret familiar relacionat amb la lluita antifranquista.

CARLOTA GURT. Els erms (Anagrama, 2026)


Carlota Gurt (Barcelona, 1976) va guanyar el Premi Anagrama de Novel·la 2025 amb Els erms, un text que és un pas de gegant respecte del seu debut novel·lístic, Sola. A partir de la seua poderosa cal·ligrafia literària i d’uns personatges inoblidables —una singular influenciadora, Ramona, i un director de la presa de Sau amb una motxilla enorme de complexos, Faust—, Gurt dissecciona amb precisió i creativitat les seues criatures i, a través seu, la societat que les hauria d’emparar. Amb la sequera com a gran metàfora existencial i col·lectiva.

POL GUASCH. Relíquia (Anagrama, 2026)


El pare de l’escriptor Pol Guasch (Tarragona, 1997) es va suïcidar sense deixar una nota esclarint-ne els motius. Així arrenca Relíquia, el darrer llibre d’un dels autors joves importants de la literatura catalana, una obra de recerca dels llaços entre dol i escriptura, un canvi important de registre cap al testimonial respecte d’unes primeres novel·les ficcionals i climàtiques, Napalm al cor Ofert a les mans, el paradís crema. Aprenentatge per afrontar un llibre que no oblida la recerca estètica i la condició d’artefacte literari parit des de la intenció poètica. Escriptura sobre el dol feta des de l'amor.

ENRIC IBORRA. La vida somnàmbula (Afers, 2026)


L’estudiós de la literatura Enric Iborra (València, 1960), arreplega en La vida somnàmbula escrits fragmentaris sobre el fet literari en alguna intersecció entre el dietari sense datar i l’assaig de divulgació que, tot just per això, es llegeix amb la fluïdesa i l’interès d’una bona novel·la. Una obra d’erudició no petulant que és una cadena d'assaigs sobre el bon llegir —i el bon escriure— i, alhora, una incitació a la lectura assenyada, sense grans misticismes. Un llibre que porta a altres llibres.

JOSEP LOZANO. Spagnoletto (Afers, 2026)

Josep Lozano (Alginet, 1948), un dels autors fonamentals de la narrativa valenciana contemporània, autor del long-seller Crim de Germania (1980) i altres obres fonamentals com El mut de la campana (2003), ha reprès dues dècades després la publicació de novel·les encadenant dues obres en l’Editorial Afers, La fràgil memòria (2023) i, enguany, l’ambiciosa Spagnoletto, la biografia novel·lada sobre el pintor de Xàtiva Josep de Ribera en la qual feia dècades que treballava. Un desplegament de documentació actualitzada però també de capacitat de narrar i ficcionar part de la vida del geni. Tot un esdeveniment literari.

STEFANIE KREMSER. Acció de gràcies per una casa (Edicions del 1984, 2026)


Stefanie Kremser (Düsseldorf, Alemanya, 1967) ja va convertir l’habitatge en un gran tema, i en el fil conductor de les seves històries i reflexions sobre la vida, a Si aquest carrer fos meu (2020). Ara, a Acció de gràcies per una casa, Kremser fa una mena d’assaig autobiogràfic («no és autoficció perquè no és ficció», aclareix Kremser), però aquesta vegada en català —abans havia escrit en alemany i en portuguès—, un repte que no pot ser frivolitzat en el seu cas: «És una responsabilitat màxima perquè el meu marit és Jordi Puntí». Una prova que la força de la literatura no rau només en les històries que s’expliquen ni en el coneixement profundíssim d’una llengua (s’ha de dominar, òbviament), sinó en la manera de contar-les.

PERE JOAN MARTORELL. Nit sense ales. (Pagès Editors, 2026)


Pere Joan Martorell (Lloseta, Mallorca, 1972), poeta i novel·lista amb una ja considerable trajectòria, torna a la novel·la després de l’impacte de La memòria de l’oracle (2017, Premi Mallorca de Narrativa, finalista al Premi Òmnium), amb una obra que sosté la seua habitual intensitat, Nits sense ales. Una immersió en les conseqüències devastadores dels abusos en una jove protagonista i en el xoc que suposa endinsar-se en aquesta realitat per a un psicòleg. Una història sobre la vulnerabilitat, però també sobre el desig, en què el lector fa el seu propi itinerari sobre la idea de salvació.

MIQUI OTERO, IRENE PUJADAS & JORDI PUNTÍ. Sembla mentida (Quaderns Crema)

Sembla mentida que hagi de ser un programa de ràdio, en aquest cas El Suplement de Catalunya Ràdio, qui doni aire a la narrativa breu. Però aquest volum de relats de Quaderns Crema surt precisament de l’espai que el programa va donar a tres escriptors (Miqui Otero, Irene Pujadas i Jordi Puntí) per transformar experiències dels oients en literatura. La iniciativa copiava un programa en què participava Paul Auster i consistia a transformar l’anècdota en conte i acompanyar-ho d’un fil musical vinculat al relat. En total, dotze contes de cada autor a l’editorial que va reivindicar amb més força la narració breu en els vuitanta.

DAMIÀ PONS I JOSEFINA SALORD. Joan Fuster i les Illes (Publicacions de la Universitat de València)


Recull d’articles de diversos especialistes sobre les relacions de l’escriptor de Sueca amb els intel·lectuals de les Balears o la seva obra, des de Ramon Llull fins a Vicenç M. Rosselló passant per Antoni M. Alcover, Miquel Dolç, Josep Melià, Nicolau M. Rubió. Editat per Damià Pons (Campanet, Mallorca, 1950)Josefina Salord (Ciutadella, Menorca, 1955) ha coordinat, per la seva banda, els estudis sobre Fuster i els menorquins que es van presentar en unes jornades de l’Institut d’Estudis Menorquins. És d’agrair que l’edició inclogui també els articles de Fuster que parlen sobre les Illes o els seus autors, i textos d’autors mallorquins, menorquins o eivissencs sobre l’autor de Nosaltres, els valencians.

ANTONI PLADEVALL. Aquesta nit passarà la guilla (Proa, 2026)


Antoni Pladevall (Taradell, 1961) és osonenc i doctor en Filologia Clàssica i catedràtic d’institut. Porta els mites i les literatures grega i romana tan tatuades a l’ADN com els mots de la Plana de Vic, i barrejar-ho és el que el fa sentir còmode a l’hora d’escriure: traslladant, molt subtilment, històries universals a un paisatge proper on es troben la ciutat i el camp. Aquesta vegada ho fa en forma de relats, històries breus i d’impacte senzill però permanent. Aquesta nit passarà la guilla és una de les ofertes de relats més sòlida d'aquest Sant Jordi.

CARLES REBASSA. Prometeu de mil maneres (Univers, 2026)

Una llengua ben viva i una història d’amor homosexual encesa són dos dels elements principals de la novel·la guanyadora del Sant Jordi, de Carles Rebassa (Palma, 1977). Precisament Palma —una ciutat de racons foscos— és l’escenari per on navega aquest Prometeu modern, un jove que es bateja amb aquest nom quan rep el foc d’en Carles, el noi de la bicicleta, amb qui després coincidirà al bar on treballa, i que serà la flama principal de l’argument. Amb l’agreujant d’una mort que complicarà la trama.

EMMA ZAFÓN. La mare (Empúries, 2026)


La periodista i escriptora Emma Zafón (Llucena, Alcalatén, 1987) va fer el salt a la ficció amb la novel·la Casada i callada (2023), que era un bon debut però prioritzava amb molta evidència el seu tarannà d’eina de combat, de denúncia de la situació de les dones en l’entorn rural. Amb La mare Zafón torna a la mateixa temàtica feminista, en un escenari semblant, però la dimensió literària guanya densitat, així com la complexitat d’un artefacte que és un tribut a les mares com a pal de paller de les estructures familiars, dones sense les quals —aquesta és la premissa— l’edifici trontolla i corre risc d'enfonsar-se.

VICENT ANDRÉS ESTELLÉS. Obra completa Vol. XIII (Tres i Quatre, 2025)


Dins de la nova edició revisada de l’obra completa de Vicent Andrés Estellés, el mes de desembre passat el segell Tres i Quatre publicava un volum XIII bastant singular amb introducció de Jordi Oviedo. Hi ha poesia, amb la inclusió de poemes esparsos bastant heterogenis pel que fa a la cronologia, l’extensió o la temàtica —imprescindibles per tindre la visió completa del mestre—, però hi ha l’al·licient de la inclusió de les proses dramàtiques de l’escriptor de Burjassot, materials per a entendre la continuïtat estilística entre els textos.

CLEMENTINA ARDERIU. Jo era en el cant (Edicions 62, 2025)


La reedició de l’obra poètica de Clementina Arderiu (1913-1972) en un volum manejable, amb els diferents pròlegs de Sam Abrams a anteriors edicions i un prefaci/perfil biogràfic de la seva neta, Cèlia Riba, és una oportunitat fantàstica. Sigui per l’ombra de Riba o pel menysteniment de gènere, la qualitat d’Arderiu encara no és prou coneguda, tot i que la seva obra conserva una modernitat temàtica i un ritme vivíssim com pocs, gràcies a la seva perfecció formal. Cal celebrar que Edicions 62 hagi recuperat aquesta obra i la posi al mateix nivell que altres ofertes que l’editor Jordi Cornudella ha presentat enguany, com la poesia completa de J. V. Foix en dos volums (Obra poètica en vers i Obra poètica en prosa), Joan Alcover, etc.

 

[Foto:  ELI DON / ACN - font: www.eltemps.cat]