sexta-feira, 17 de julho de 2026

Extrême droite : les Juifs comme caution, Israël comme alibi

Le Vlaams Belang se veut aujourd’hui l’un des plus fervents défenseurs d’Israël et de la lutte contre l’antisémitisme en Belgique. Pourtant, derrière cette soudaine amitié ostensiblement proclamée se cache une contradiction majeure : comment prétendre défendre les Juifs tout en continuant à honorer la mémoire de figures liées à la collaboration et sans jamais rompre avec un héritage politique marqué par l’antisémitisme ? Cette contradiction éclaire surtout les ressorts d’une stratégie de normalisation et d’instrumentalisation dont les Juifs ne doivent pas être dupes.

Au Shalom Festival organisé sur la Groenplaats à Anvers, Filip Dewinter (2e en partant de la droite) posant à côté de Michel Kotek, cofondateur du Joods Informatie en Documentatiecentrum (1er en partant de la droite). 

Écrit par Nicolas Zomersztajn

Le Vlaams Belang se présente aujourd’hui comme l’un des partis flamands et belges les plus favorables à Israël. Alors que la plupart des partis démocratiques belges critiquent, parfois très sévèrement, la politique menée par les gouvernements israéliens à l’égard des Palestiniens, ce parti d’extrême droite flamande se présente volontiers comme l’ami la plus fidèle de l’État juif et le meilleur rempart contre l’antisémitisme.

Il n’est donc pas surprenant de voir ses représentants apparaître dans des manifestations de solidarité à Israël, de soutien à la communauté juive ou à la lutte contre l’antisémitisme. Il faut regarder de plus près ce qui s’y joue réellement. Le 31 mai dernier, Filip Dewinter, figure historique du Vlaams Belang, et le député fédéral Sam Van Rooy assistaient ainsi au Shalom Festival organisé sur la Groenplaats à Anvers par un réseau d’organisations juives et chrétiennes évangéliques favorables à Israël. En apparence, il s’agissait d’un événement culturel et interreligieux consacré à la paix, à la lutte contre l’antisémitisme et à la solidarité avec Israël. Mais plusieurs des organisations impliquées défendent des positions particulièrement alignées sur celles du gouvernement israélien actuel. Et chacun sait également que les responsables du Vlaams Belang ne participent jamais à ce genre de rassemblement sans y ajouter leur thème favori : la dénonciation de l’islam et de l’immigration arabo-musulmane.

Peu connu en Belgique francophone, Sam Van Rooy est devenu l’une des figures les plus actives de cette stratégie. Au Parlement fédéral comme dans les médias, il intervient inlassablement pour dénoncer les actes antisémites visant les Juifs d’Anvers et pour fustiger la politique des gouvernements belges envers Israël. En janvier dernier, il participait même à Jérusalem à la deuxième édition de l’International Conference on Combating Antisemitism organisée par le ministre israélien de la Diaspora Amichai Chikli, lequel s’est distingué par les liens qu’il entretient avec plusieurs partis européens d’extrême droite, dont précisément le Vlaams Belang.

Instrumentalisation du soutien à Israël

Ces responsables politiques ne se contentent d’ailleurs pas d’assister à ces événements : ils les médiatisent. Ils les exhibent. Ils les transforment en preuves de respectabilité. Filip Dewinter publiait ainsi sur Facebook plusieurs photographies prises lors du Shalom Festival aux côtés de Michel Kotek, cofondateur du Joods Informatie en Documentatiecentrum (JID), une organisation juive anversoise de lutte contre l’antisémitisme. Son commentaire était révélateur : « Solidarité avec deux nations qui luttent contre l’islam radical : l’Iran et Israël ! » Le message est limpide. Israël n’est pas ici aimé pour ce qu’il est ; il est instrumentalisé pour ce qu’il représente dans un combat identitaire contre l’islam. Quant à Sam Van Rooy, ses réseaux sociaux sont devenus une chronique permanente de son soutien inconditionnel au gouvernement israélien et de sa dénonciation de l’antisémitisme musulman.

Ce positionnement ne doit rien au hasard. Il s’inscrit dans une stratégie plus vaste articulée autour des thèmes traditionnels du Vlaams Belang : identité, immigration et islam. Cette stratégie n’est d’ailleurs pas propre au Vlaams Belang. Partout en Europe, les partis d’extrême droite ont découvert les vertus politiques du soutien à Israël et de la dénonciation de l’antisémitisme musulman ou de la gauche radicale. Longtemps enfermés dans l’ombre de traditions nationalistes marquées par l’antisémitisme, ils cherchent désormais à apparaître sous un jour nouveau. « La “lutte” contre l’antisémitisme a surtout la vertu d’un affichage “moral” au profit d’une vision du monde inégalitaire et raciste, qui distingue les citoyens selon leur religion et leur origine, et porte délibérément le soupçon sur les musulmans en général. », souligne Mikaël Faujour dans Le Droit de Vivre, le journal de la LICRA.

Le soutien à Israël joue ici un rôle symbolique considérable. Il permet de se présenter comme défenseur des Juifs, de la démocratie occidentale et de la lutte contre le terrorisme islamiste. Dans le même temps, la dénonciation de l’antisémitisme offre surtout l’avantage de renvoyer à d’autres les accusations dont ces partis furent eux-mêmes longtemps l’objet. Nous assistons ainsi à un remarquable exercice de transformation politique. La lutte contre l’antisémitisme devient un outil de normalisation. Un instrument de respectabilité. Un passeport moral. Grâce à elle, les formations d’extrême droite autrefois tenues à l’écart espèrent enfin franchir le seuil qui les séparait encore du pouvoir.

Pourtant, il serait trop simple d’y voir uniquement du cynisme. Car il existe aussi une cohérence idéologique. Israël apparaît à leurs yeux comme un État-nation fort, soucieux de son identité, maître de ses frontières et confronté à l’islam radical qu’il combat les armes à la main. Difficile d’imaginer un miroir plus séduisant pour l’extrême droite contemporaine. C’est pourquoi l’évolution actuelle des rapports entre Israël et des formations européennes d’extrême droite éclaire davantage le vieux principe selon lequel « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » qu’elle ne témoigne d’une véritable révolution intellectuelle. Israël est souvent perçu comme un avant-poste de l’Occident face au monde arabo-musulman. Rien de plus. Rien de moins, rien de plus.

Mais cette vision ne correspond guère au rapport que la majorité des Juifs entretiennent avec Israël. Elle révèle surtout une profonde ignorance historique. Ou peut-être un refus de savoir. Car le sionisme est notamment né de l’antisémitisme européen. Il est apparu parce que les Juifs avaient appris, parfois dans leur chair, ce que produisaient les idéologies nationalistes d’extrême droite lorsqu’elles décidaient de les exclure.

Les dirigeants du Vlaams Belang n’aiment pas Israël pour les raisons qui ont conduit les Juifs à le créer. Ils ne voient pas dans l’État juif l’aboutissement d’une aspiration nationale née de siècles de persécutions. Ils projettent sur cet État leurs propres obsessions. Leur Israël n’est pas celui de Herzl. Ce n’est pas celui de Ben Gourion. Ce n’est même pas celui que défendent aujourd’hui la plupart des Israéliens. C’est une forteresse imaginaire dressée contre l’islam. Une citadelle fantasmée de l’Occident chrétien. Une caricature. 

Filip Dewinter devant la tombe d’August Borms au cimetière d’Ekeren à l’occasion du 80e anniversaire de son exécution. 

Aucune rupture avec leur héritage antisémite

Dès lors, une question s’impose. Les héritiers d’une tradition politique dont l’antisémitisme constitue l’une des matrices fondamentales peuvent-ils devenir du jour au lendemain des champions sincères de la lutte contre l’antisémitisme ? Il est difficile de le croire. Où s’est produit leur aggiornamento ou leur « Vatican II » concernant l’antisémitisme ? Où s’est tenu le congrès historique ayant abouti à une rupture avec leur héritage antisémite ? Où est la condamnation claire du Vlaams Belang de la Collaboration flamande avec l’Allemagne nazie ? Où est le travail de mémoire ? Nulle part. Car dans le même temps, ils continuent de célébrer des figures de la Collaboration flamande. Tantôt ouvertement, tantôt plus subtilement, en les présentant non comme de véritables complices du nazisme mais comme de simples héros de l’émancipation flamande victimes de la répression injuste d’un État belge trop dominé par les francophones.

« C’est du passé », répond-on souvent. Vraiment ? Alors pourquoi des mandataires et candidats du Vlaams Belang continuent-ils régulièrement à être impliqués dans des scandales liés à des propos antisémites et négationnistes, à des publications douteuses ou à des saluts hitlériens ? Pourquoi Dries Van Langenhove, ancien député élu sur les listes du Vlaams Belang et fondateur de Schild & Vrienden, a-t-il été condamné dans une affaire où furent révélées des conversations antisémites et négationnistes ? Pourquoi le Vlaams Belang continue-t-il à saluer l’action de ce militant raciste et antisémite et à diffuser ses messages ?

Et que dire de Filip Dewinter ? Ce député flamand remuant fier de brandir aujourd’hui le drapeau israélien avec un enthousiasme quasi missionnaire continue parallèlement de rendre hommage aux figures les plus sulfureuses de la Collaboration flamande. Cyriel Verschaeve, nationaliste flamand, nazi convaincu et collaborateur enthousiaste de l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale, demeure pour lui une référence culturelle et politique. Les cérémonies honorant d’anciens collaborateurs le voient régulièrement présent. C’est ainsi que le 12 avril dernier, en compagnie de camarades de parti, Filip Dewinter a déposé une couronne de fleurs devant la tombe d’August Borms au nom du Vlaams Belang à l’occasion du 80e anniversaire de l’exécution de ce chantre de l’annexion de la Flandre au IIIe Reich après sa condamnation à mort pour collaboration avec l’ennemi. « En compagnie des élus municipaux et régionaux du Vlaams Belang d’Anvers, nous avons déposé une couronne de fleurs au nom du Vlaams Belang sur la tombe du Dr Borms, à l’issue de la 80e commémoration annuelle en son honneur à #Merksem. Nous avons rencontré la charmante Mme Duytschaever, âgée de 94 ans et originaire d’#Ekeren, qui a connu personnellement le Dr August #Borms. », commentait Filip Dewinter sur sa page Facebook. Il ne faut surtout pas y voir une déviance car le Vlaams Belang ne s’est jamais privé de rendre hommage à August Borms en occultant évidemment son rôle majeur dans la collaboration avec l’Allemagne nazie. « Le Dr Borms, abattu il y a 72 ans, était un homme courageux. Inspirons-nous de son exemple, de sa façon de vivre, afin de mener à bien ensemble notre combat légitime. Le Dr Borms avait de grandes attentes, non pas pour lui-même, mais pour son peuple. Partageons ses attentes », peut-on lire sur le site internet du Vlaams Belang.

Clins d’œil au nazisme

Comme toujours, les détails sont révélateurs. Le 18 mai 2025, Filip Dewinter publiait sur Instagram une photographie prise aux côtés du fondateur de la section Vlaams Belang de Liedekerke, Ben Bessemans, devant le drapeau orange du Verdinaso, mouvement fasciste et violemment antisémite. Le tout accompagné de la formule « Onze eer is trouw », traduction néerlandaise de la devise SS « Unsere Ehre heisst Treue » (notre honneur s’appelle fidélité). Lorsque la polémique éclata, le président du Vlaams Belang se mura dans le silence. Quant à Dewinter, il répondit par une pirouette : « Hitler était végétarien. Tous les végétariens sont-ils des nazis ? » Mais bien-sûr, il s’agirait d’une plaisanterie. Toujours la plaisanterie. Toujours le clin d’œil.

Voilà précisément pourquoi les Juifs et leurs institutions doivent se méfier des tentatives séduction de l’extrême droite. Non parce que celle-ci agiterait aujourd’hui les mêmes slogans qu’hier. L’histoire ne se répète jamais à l’identique. Mais parce qu’elle n’a jamais véritablement renoncé aux représentations racistes et antisémites qui ont nourri son imaginaire politique. Comment croire à une rupture lorsque les électorats eux-mêmes demeurent traversés par des préjugés antisémites massifs ? Les enquêtes d’opinion le montrent avec constance, en Belgique comme ailleurs. En effet, : une enquête Ipsos réalisée pour l’ONG « Action and Protection League » montre également que 62% des électeurs du Vlaams Belang ont des préjugés plus ou moins antisémites.

Les responsables d’organisations juives qui se laissent séduire par ces démonstrations douteuses d’amitié commettent une erreur fondamentale, une faute même. Les Juifs savent ce que signifie vivre en minorité. Ils savent que leur sécurité dépend moins de la bienveillance passagère d’un pouvoir que de la solidité des institutions démocratiques. Leur expérience historique leur a appris que la justice vaut mieux que la force et que le droit protège mieux que les passions collectives. 

Publication Instagram de Filip Dewinter accompagnée de la formule « Onze eer is trouw », traduction néerlandaise de la devise SS « Unsere Ehre heisst Treue ». 

Grossière opération de communication

C’est pourquoi les valeurs auxquelles ils demeurent attachés — l’État de droit, le pluralisme, la démocratie, la protection des minorités, la tolérance — sont incompatibles avec les réflexes politiques de l’extrême droite qui tend toujours à exalter le nationalisme, l’exclusion et le rejet de l’Autre. Les dirigeants de l’extrême droite peuvent bien se draper aujourd’hui dans les couleurs d’Israël. Ils peuvent bien se proclamer amis des Juifs et multiplier les photographies et les déclarations. Tant qu’ils continueront à honorer la mémoire de ceux qui persécutèrent les Juifs hier, leur amour soudain pour Israël ressemblera moins à une authentique transformation politique qu’à une grossière opération de communication.

Et les Juifs auraient tort d’oublier ce que leur histoire leur a appris : lorsqu’un parti politique prétend les aimer tout en honorant ceux qui les ont persécutés, ce n’est pas de l’amitié. C’est une contradiction. Et parfois, les contradictions sont plus révélatrices que les discours.

 

[Source : www.cclj.be]

Dos terços dels cotxes ja tenen el manual digital en català

Volkswagen estrena un web d’atenció al client en la llengua pròpia i Ebro publicarà la versió catalana completa del seu portal 

Aliança per a la presència digital del català 

Trenta de les 46 marques de turismes associades a la Asociación Española de Fabricantes de Automóviles y Camiones (ANFAC) ja disposen de manuals digitals en català, ja sigui al web, a l’aplicació mòbil i/o a l’ordinador de bord, fet que representa un 65,2% del total després que les marques de cotxes Abarth, Alfa Romeo, Fiat, Fiat Professional, Jeep i Lancia, del conglomerat Stellantis provinents de la matriu Fiat Chrysler Automobiles, hagin publicat manuals d’ús i manteniment en català d’alguns dels seus darrers models, fruit de l’entesa amb el Departament de Política Lingüística segons ha anunciat el govern català.

Es tracta de l’Abarth 600, els Alfa Romeo Juniori Tonale, els Grande Panda, Panda LCE, Topolino, 600, Qubo L, Ulyssei Nuova 500, de Fiat, els Nuovo Doblò i l’Scudo, de Fiat Professional, els models Avenger, Avenger MCAi Compass J4U, de Jeep, i el Lancia Nuova Ypsilon. Amb aquests setze models, el nombre total de vehicles amb manuals digitals disponibles en català arriba als 322 models, fet que representa un augment del 209% respecte de 2024 i del 68% respecte de l’any passat.

De major a menor, les marques amb l’oferta més àmplia de manuals són Audi (62), Lexus (39), Toyota (37) i Volkswagen (30). Seguidament hi trobem Skoda (14), Hyundai (12), Mazda (11), BYD i Seat (10), Opel (9), Citroën, Cupra i Kia (8), Ebro –amb els manuals presents a l’ordinador de bord, i aviat al web– , Fiat, Ford, Land Rover i Nissan (7), Peugeot (6), MG (5), DS i Jeep (3), Alfa Romeo, Fiat Professional, Jaecoo i Omoda (2), i Abarth, Jaguar, Lanciai Silence (1).

Els deu models de cotxes més venuts durant el primer semestre de 2026 –Dacia Sandero, Seat Ibiza, Toyota Corolla, Peugeot 208, Toyota C-HR, MG ZS, Seat Arona, Peugeot 2008, Toyota Yaris Cross i Hyundai Tucson–  un 90 % té manual de propietari a disposició dels usuaris. I de les deu marques amb nombre absolut d’unitats més venudes –Toyota, Volkswagen, Seat, Renault, Kia, Peugeot, Dacia, Hyundai, Mercedes-Benz i BMW–  el percentatge de marques amb manuals en català representa el 60%. 

Webs en català

Pel que fa a l’accés en llengua catalana als webs de les marques del sector automobilístic, Volkswagen ha estrenat un web d’atenció al client en llengua catalana, on s’inclou un telèfon gratuït que ofereix, també, atenció oral en català. D’altra banda, i tal com va anunciar el Departament de Política Lingüística fa uns mesos, Ebro publicarà pròximament la versió catalana completa del seu web. 

El govern ha valorat l’avenç que aquestes incorporacions representen per complir amb l’objectiu del Pacte Nacional per la Llengua de garantir la presència normalitzada del català en l’etiquetatge i les informacions d’ús i maneig dels béns i productes, vetllar pel respecte als drets lingüístics dels consumidors, incrementar l’ús del català en el terreny del comerç i els serveis i promoure que les empreses aprofitin la llengua catalana com a eina per millorar les relacions amb els seus públics.

 

[Font: www.diaridelallengua.cat]

Comment « dé-IA-iser » nos écrits pour éviter la disparition des particularités des langues ?

Les tics de langage de l’intelligence artificielle colonisent nos écrits. Derrière ces formules creuses se cache l’appauvrissement systématique de la langue. Les Russes parlent d’une IA « канцелярит » (kantselyarit) reprenant le jargon bureaucratique soviétique, les Chinois d’une IA stéréotypée, comme les dissertions impériales « 八股文 » (bāgǔwén), et les Québécois d’un manque de singularité de leur langue par rapport au français de l’Hexagone. Que faire ? 

L’intelligence artificielle (IA) générative présente un certain nombre de tics de langage, des mots et tournures qu’elle suremploie par rapport aux rédacteurs humains. 

Si vous lisez dans un texte « Dans le monde actuel en constante évolution », c’est forcément qu’il a été écrit par une IA.

Écrit par Maria Mercanti-Guérin

Maître de conférences en marketing digital, IAE Paris – Sorbonne Business School

Une étude estime qu’au moins 13,5 % des publications scientifiques de 2024 ont fait intervenir une IA dans leur rédaction, un chiffre qui grimpe à 40 % dans certaines revues.

Claude, ChatGPT ou Deepseek sont nourries des mêmes sources (Web, livres, Wikipédia, code…). Ces grands modèles de langage (LLM) reposent sur la prédiction statistique du prochain token (mot ou fragment de mot) le plus probable dans une séquence donnée.

L’IA sélectionne donc systématiquement les formulations les plus accessibles et conventionnelles disponibles dans ses données d’entraînement. Elle écrit en perdant l’originalité des styles humains, leur irrégularité, leur diversité. Elle perd également la causticité, le double sens, voire la faculté critique. Une expérience menée auprès de 293 participants (« writers ») invités à écrire une courte histoire a montré une augmentation de la similarité entre histoires conçues avec l’IA générative et donc une perte de créativité collective. Chacun écrit « mieux », mais tout le monde finit par écrire pareil.

Ces observations sont confirmées par mon dernier terrain de recherche. L’analyse des sites Web de 15 marques cosmétiques montre un décalage avec les 1 575 avis de consommateurs et les 1 611 brevets déposés par ces marques. Le style IA fait perdre la spécificité des positionnements et des singularités technologiques.

Modèles similaires

Au-delà de la génération de tokens, plusieurs éléments peuvent expliquer les tics de langage de l’IA.

La première cause tient à l’étape dite d’« alignement » : une fois entraîné sur des milliards de textes, le modèle est ajusté par des humains qui notent ses réponses, un procédé connu sous le nom de Reinforcement Learning from Human Feedback (RLHF), ou apprentissage par renforcement à partir de rétroaction humaine, en français.

Des annotateurs humains évaluent le caractère neutre et inoffensif des réponses du modèle. Ils retiennent les réponses polies, structurées présentant des phrases relativement courtes et des mots de liaison donnant le sentiment d’une pensée logique.

La deuxième tient au terrain d’entraînement des IA. Alimentées de contenus marketing tirés du Web ou de documents institutionnels, les IA sont soit emphatiques, soit terriblement ennuyeuses et reproduisent les tics langagiers présents dans ces corpus. Les recherches montrent une prédominance des domaines commerciaux (.com) largement présents dans l’un des grands jeux de données de référence pour entraîner les modèles de langage, le Colossal Clean Crawled Corpus ou C4. Il existe, également, une forte prévalence de contenus dupliqués, synthétiques ou de basse qualité. C’est ce matériau standardisé issu du Web marchand anglo-saxon que le modèle, statistiquement, apprend à imiter.

Mais que révèlent ces tics de langage ?

Si les tics sont en train de coloniser le Web, ils menacent les IA elles-mêmes par des phénomènes de contamination croisés.

Contaminations IA – humains

Dans une étude, le chercheur Hiromu Yakura a analysé plus de 360 000 vidéos YouTube et 771 000 épisodes de podcasts enregistrés avant et après la sortie de ChatGPT.

L’utilisation des « mots GPT » (comme « delve », « realm », « meticulous ») a connu une augmentation fulgurante dans les conversations spontanées humaines dans les dix-huit mois qui ont suivi son lancement.

C’est en récompensant certaines tournures lors du RLHF que l’on a, sans le vouloir, gravé dans le modèle ces préférences lexicales.

Contaminations IA-IA

Les grands corpus textuels (Common Crawl et ses dérivés) qui servent à la recherche linguistique sont saturés de textes générés par IA, ce qui complique l’observation de l’évolution naturelle de la langue.

À terme se profile le risque de l’ouroboros, le dragon ou le serpent qui se mord la queue : des modèles entraînés sur leurs propres productions, amplifiant leurs tics dans une boucle fermée.

Contaminations IA-humains-IA

Les IA servent aux humains des textes préformatés. Les rédacteurs Web utilisent les IA pour produire à un rythme effréné articles de blog ou fiches produit. Certains auteurs avouent leur utilisation régulière de Claude ou ChatGPT dans la production de leurs romans. Ce matériau semi-humain, semi-artificiel sert à l’entraînement des IA qui souffrent alors de consanguinité stylistique. Elles s’empoisonnent et deviennent de moins en moins performantes.

Meta, avant de reculer face à la fronde de son personnel et à des fuites de données, avait décidé pour pallier le problème de capter les dialogues humains de ses salariés pour nourrir son IA.

Des tics caractéristiques

Les tics de traduction qui sonnent faux viennent de l’anglais – langue de Claude ou de ChatGPT – car les grands modèles – GPT, Claude, Gemini – sont entraînés sur des corpus massivement anglophones.

Voici quelques exemples des tics les plus caractéristiques des IA génératives en français :

  • les formules d’ouverture grandiloquentes comme « dans le monde actuel en constante évolution » ;
  • les adjectifs creux et interchangeables comme « fascinant » ou « crucial » ;
  • les verbes abstraits comme « mettre en œuvre » ou « s’articuler » ;
  • les mots de liaison à chaque phrase comme « en outre » ou « par ailleurs » ;
  • les conclusions marquées comme « en somme » ou « au final ».

Vers la fin des langues régionales ?

À terme se profile la fin des langues régionales inconnues des IA, mais également la fin de l’apprentissage des langues. Au-delà des tics de langage, les IA imposent sur tous les réseaux sociaux des traductions automatisées dans la langue de l’utilisateur. Objectif : lui permettre de lire les contenus du monde entier sans barrières linguistiques, avec le risque de véhiculer une langue traduite pauvre et bourrée de tics.

Des chercheurs canadiens montrent que les modèles spécialisés sont capables de comprendre la grammaire d’une langue. En revanche, les modèles généralistes, comme ChatGPT, sont incapables d’être réellement multilingues et ne transfèrent pas bien les règles grammaticales entre les langues. Connaître l’anglais n’aide pas vraiment une IA à parler le français québécois.

Les chercheurs indiens notent que l’IA efface les particularités de l’anglais indien pour produire un anglais standardisé. Les tics de langage entretiennent également un vaste système de déculturation. Ainsi, une description de Diwali (la fête des lumières) assistée par l’IA se concentre souvent sur des éléments occidentalisés, comme l’échange de cadeaux, tout en omettant les rituels religieux spécifiques et leur vocabulaire particulier.

Les observateurs russes signalent que ChatGPT produit un style qualifié de « канцелярит » (kantselyarit) pour désigner le jargon bureaucratique soviétique pesant. L’IA ressuscite involontairement ce style que les Russes avaient mis des décennies à dépasser. Le projet humanizer-ru a répertorié 44 patterns stylistiques sur lesquels il faut se pencher pour « dé-IA-iser » un texte russe.

En mandarin, les utilisateurs signalent que les textes IA sont reconnaissables à leur style « 八股文 » (bāgǔwén), référence au style des dissertations impériales stéréotypées, très structurées et creuses.

Humanisation du style des IA

Les sociétés d’intelligence artificielle ont pris conscience du problème. Elles cherchent à humaniser le style des IA, ce qui permettrait la disparition des tics mais pourrait bien aggraver le problème.

Il sera bientôt impossible de distinguer une production IA d’une production humaine, à travers des techniques comme :

  • l’AntiSlop sampling, littéralement « anti-bouillie », agissent déjà comme un correcteur automatique. Les chercheurs listent les mots et tournures trop typiques de l’IA. Un filtre intégré au modèle (l’échantillonneur) écarte ces tournures à mesure que le texte s’écrit, forçant une reformulation ;
  • le fine-tuning, consistant à spécialiser un modèle d’IA pré-entraîné à l’accomplissement d’une tâche spécifique, va se faire sur des corpus stylistiquement riches ;
  • l’IA constitutionnelle d’Anthropic, méthode qui consiste à aligner les systèmes d’intelligence artificielle sur les valeurs humaines en leur fournissant des principes éthiques de haut niveau à intégrer la façon d’écrire dans ses prérequis ;
  • les entraîneurs humains vont être recrutés différemment. Écrivains, journalistes spécialisés ayant perdu leur travail à cause de l’IA vont en retrouver un grâce à elle. Véritables coachs d’écriture, ils peuvent enseigner à l’IA à s’affranchir des stéréotypes de style ;
  • les modèles vont tenter de s’ancrer dans la réalité des utilisateurs. Cette imprégnation devrait permettre de sortir d’une rédaction convenue pour exprimer de vrais sentiments ou émotions. L’ancrage ou grounding fait sortir l’IA de l’artificiel pour la rapprocher du quotidien humain.

Le choix collectif entre préserver la diversité des langues, ou continuer à alimenter la machine, se heurte à une monétisation croissante de l’écrit. Derrière les tics, la machine infernale du gain pour rentabiliser les géants de l’IA est enclenchée.


Cet article est publié en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture.

 

[Photo : Summit Art Creations/Shutterstock - source : www.theconversation.com]





Los académicos que estudian el genocidio transitan un campo minado

Desde el 7 de octubre de 2023, las instituciones académicas vienen ejerciendo presiones abiertas y encubiertas para desalentar a los estudiosos del Holocausto y del genocidio de criticar las acciones de Israel en Gaza. Aun así, muchos académicos están organizando nuevas redes para defender la libertad de investigación.

Manifestantes propalestinos marchan desde la Universidad de Columbia hasta el City College de Nueva York (CUNY, por sus siglas en inglés) el jueves 30 de abril de 2026, en el segundo aniversario de la ocupación del Hamilton Hall en Columbia. Los manifestantes sostienen un cartel que dice «CUNY por Palestina».



Escrito por Grant Morgan

Traducción: Pedro Perucca 

Desde el ataque de Hamás a Israel el 7 de octubre de 2023 y la consiguiente guerra de Israel contra Gaza, pocos campos académicos estadounidenses han experimentado una convulsión interna mayor que los especializados en estudios del Holocausto y el genocidio. Académicos que en su momento compartían un amplio consenso institucional se encuentran ahora divididos sobre si Gaza constituye un genocidio, si el antisemitismo y la memoria del Holocausto están siendo instrumentalizados políticamente, y si puede decirse que las universidades aún permiten el debate abierto sobre cuestiones críticas y controvertidas.

Efectos amplios y a menudo sutiles han comenzado a transformar estructuralmente la manera en que se procesan y legitiman la investigación, el compromiso intelectual y el debate dentro de estos campos. Los empleos son cada vez más precarios, el financiamiento para la investigación es más difícil de obtener, y los académicos enfrentan una microgestión y un hostigamiento provenientes tanto de fuerzas internas como externas. Estas tendencias más amplias se entrelazan con el clima político para crear una atmósfera de aprensión especialmente densa en los estudios del Holocausto y el genocidio.

En un esfuerzo por comprender cómo estos campos están atravesando la coyuntura actual, Jacobin conversó con un conjunto diverso de académicos y expertos. A pesar de las presiones crecientes, encontré que muchos de ellos son optimistas. Han surgido nuevas organizaciones dedicadas al debate y la libertad académica, así como nuevas conversaciones y paradigmas que hace años habrían sido considerados irreales o problemáticos. El momento actual es ciertamente grave, pero también ofrece destellos de potencial para quienes estén dispuestos a mirar más allá de los titulares sensacionalistas.

El gran enfriamiento

En el entorno actual de controversia en torno a Gaza e Israel, muchos han observado un efecto de disuasión, en el que cualquier desviación de un apoyo irrestricto a Israel es recibida con reprobación y censura oficial. Desde 2023, grupos proisraelíes han expuesto públicamente de manera rutinaria los datos personales de profesores y estudiantes. Profesores fueron sido despedidos, suspendidos o degradados por declaraciones u obras. Ponentes fueron cancelados o duramente criticados por sus acciones durante discursos de graduación o eventos relacionados con cursos. La Fundación para los Derechos Individuales y la Expresión (FIRE) incluso encontró que en el año posterior al 7 de octubre, «estudiantes, profesores e invitados enfrentaron represalias prácticamente cada día» por expresiones políticas relacionadas con la controversia. Si bien un puñado de casos involucraron discurso pro-Israel, la aplastante mayoría tuvo como objetivo el discurso pro-Palestina.

Este fenómeno ha sido ampliamente documentado. Lo que no se ha abordado de manera adecuada es cómo este efecto de disuasión ha evolucionado en los años transcurridos desde los ataques del 7 de octubre de 2023. Desde los primeros días de cancelaciones y despidos de alto perfil, la represión se ha vuelto más sutil, aplicada a través de los diversos obstáculos y trámites institucionales internos que caracterizan a la academia contemporánea.

El financiamiento de la investigación y la capacidad de publicar ensayos, capítulos y libros completos son extremadamente importantes para la seguridad profesional. Los cargos de carrera académica con posibilidad de titularidad vienen con este tipo de condiciones y a menudo requieren que los profesores realicen investigaciones originales que amplíen el conocimiento en su campo. Cumplir con estos requisitos no es algo que un académico pueda hacer en el vacío, ya que siempre hay muchos actores involucrados, desde administradores hasta editores, pasando por juntas y comités.

Estas onerosas áreas de procedimiento crean un entorno propicio para la represión silenciosa a nivel granular. Sandra Babcock, profesora de derechos humanos internacionales en la Universidad de Cornell, recordó haber tenido que superar varios obstáculos para una entrevista en vivo relacionada con un informe sobre el apartheid en Israel. Antes de la entrevista, fue instruida para que dejara en claro que sus opiniones no estaban vinculadas a Cornell. Luego la universidad le prohibió usar el tradicional fondo digital que muestra una vista aérea del campus, dijo Babcock, que aparece en prácticamente todos los videos filmados en el estudio. El director del estudio, señaló: «Tuvo que fotografiar su propio apartamento porque no tenía ningún otro fondo porque esto nunca había ocurrido antes (…). Tuvimos que usar fotos de las persianas venecianas de su apartamento».

Los trabajos relacionados con Palestina, Israel o áreas afines implican una posibilidad singular de represalias o presiones, lo que lleva a los académicos a evitarlos por completo cuando no son centrales en su área de especialización. En conversación con Jacobin, muchos académicos describieron haber tenido que cubrir ciertos cursos porque el profesor a cargo dudaba de abordar temas controvertidos.

Las disputas políticas también hicieron que el panorama del financiamiento para la investigación sea notablemente más difícil de navegar. «Imagínense en el lugar de un académico joven que estudia genocidio comparado», dijo Eric Kurlander, profesor de historia y estudios judíos en la Universidad de Stetson. «Dicen: voy a analizar el Holocausto, el genocidio armenio y el genocidio en Camboya. Y de repente se encuentran con que hacer ese trabajo en determinada escuela o instituto de financiamiento significa que eres antisemita porque estás comparando el Holocausto con otros genocidios».

Kurlander agregó que estas acusaciones ahora incluso se han aplicado a simples afirmaciones de hechos o, como mínimo, a puntos de vista empíricamente defendibles dentro del debate académico. «Digamos que estudias Medio Oriente y estás dando conferencias sobre lo que Israel puede haber hecho que sea opresivo o colonialista [hacia los palestinos], ahora eso se ve como antisemitismo», dijo. «Entonces, en esos casos, ha habido problemas, a menudo de las administraciones universitarias, a veces de los programas de estudios judíos, que intentan mantener cierto tipo de narrativa».

Las preguntas de investigación, incluso las que están muy alejadas de las áreas de controversia pública, han enfrentado una presión creciente. Al mismo tiempo, los académicos se han visto obligados a adaptarse a las tendencias políticas —y a situaciones en las que las narrativas departamentales contradicen directamente su propia investigación—. ¿Querés obtener la titularidad? Asegurate de jugar según las reglas de tu departamento. ¿Querés tener más facilidad para encontrar financiamiento? Usá un lenguaje que eluda ciertas frases o ideas.

Hoy debe monitorearse de manera constante el debate y el uso de la terminología controvertida para solicitar financiamiento para franjas enteras de investigación y todo exige ahora mucha más cautela. Solo en 2025, la administración Trump retuvo miles de millones en fondos para diversas escuelas a las que se acusaba de tener problemas de antisemitismo en sus campus.

Varios de mis interlocutores encontraban que era cada vez más difícil realizar sus investigaciones, y aún más entrevistados expresaron su preocupación por el declive de los debates reales y honestos dentro de su campo. Respecto de las divisiones recientes, la profesora Debórah Dwork, historiadora del Holocausto y directora fundadora del Centro para el Estudio del Holocausto, el Genocidio y los Crímenes contra la Humanidad de la Universidad de la Ciudad de Nueva York, me dijo:

«El campo de la historia del Holocausto está dividido, con algunos de mis colegas negando que un genocidio haya ocurrido y esté ocurriendo en Gaza. Basan sus argumentos en la afirmación de que un Estado sucesor del Holocausto no podría en modo alguno ser el perpetrador. Y lo que encuentro notable es que es como si Auschwitz y la historia de Auschwitz operaran como una lente que distorsiona su visión. No es una lente que les ofrezca una visión matizada. Por el contrario: al aplicar la lente de Auschwitz, personas perfectamente racionales se vuelven irracionales sobre este tema.»

Varios de los expertos en el Holocausto con quienes hablé describieron una fricción creciente con colegas, narrativas departamentales y, especialmente, con instituciones vitales que han sido pilares de la investigación y el debate durante décadas. Entre las mencionadas estaban el Museo Memorial del Holocausto de los Estados Unidos en Washington DC, el Centro de Historia Judía en la ciudad de Nueva York y otros archivos y museos más pequeños.

Durante mucho tiempo, estas instituciones proporcionaron un apoyo fundamental a investigadores jóvenes y académicos consagrados, ayudándolos a examinar de manera crítica preguntas y preocupaciones dentro de sus campos. Pero hoy algunos especialistas comenzaron a adoptar posturas más críticas frente a lo que describen como un comportamiento institucional cada vez más hipócrita, acusando a estas organizaciones y a otras de no haber abordado de manera adecuada el genocidio en Gaza (e incluso formas anteriores de limpieza étnica y violencia ocurridas desde la Nakba).

La académica del genocidio Marianne Hirsch, profesora emérita de la Universidad de Columbia que ha suspendido su docencia como protesta por la adopción por parte de la universidad de una definición amplia de antisemitismo que incluye el discurso anti-Israel, planteó esta cuestión de manera bastante concisa. «Creo que todas estas instituciones básicamente nos han fallado porque están difundiendo muchas mentiras hipócritas», le dijo a Jacobin. «Hay mucha negación. Hay mucha falta de voluntad para mirar la realidad de lo que está ocurriendo sobre el terreno».

Estos desacuerdos con instituciones, departamentos y administradores universitarios han erosionado la confianza, generando una crisis de legitimidad. Los académicos enfatizaron que el antisemitismo estaba siendo instrumentalizado de manera rutinaria contra quienes criticaban a Israel, especialmente contra profesores que se alinean con la izquierda. Muchos expresaron su sorpresa ante la disposición a condenar como antisemitas incluso a profesores judíos.

Las personas con quienes hablé describieron que la represión impacta directamente en los departamentos y su producción. La presión creciente tanto del gobierno como de grupos privados llevó a las universidades a restringir y regular sus planes de estudio. Términos y temas controvertidos, como la Nakba o la guerra en Gaza, pasaron a ser cuestiones de política universitaria y de repente se volvieron inadecuados para la enseñanza debido a su capacidad para generar protestas y represalias. Lo más importante es que los fondos y subsidios federales fueron suspendidos y amenazados como forma de censura suave (a veces no tan suave).

A medida que esta nueva realidad se afianzó, muchas clínicas y cursos fundamentales han sufrido al ver limitado su ámbito de trabajo y vigiladas sus actividades. Las salvaguardas institucionales centrales han recibido golpes serios, incluyendo los cargos de carrera con posibilidad de titularidad, las protecciones a la libertad de expresión, las protecciones contra el acoso y el acceso al financiamiento. Si las tendencias actuales continúan, la presión política y los incentivos institucionales amenazan con remodelar gradualmente las agendas de investigación a medida que las nuevas generaciones compiten por financiamiento, seguridad laboral y seguridad personal en un mundo posterior al 7 de octubre.

La Red de Crisis de Estudios del Genocidio y el Holocausto

Lo que más me sorprendió al explorar el terreno de estas disciplinas fue el optimismo que mantenían todas las personas con quienes hablé, a pesar de las numerosas razones existentes para la desmoralización. En lugar de ceder, una sólida mayoría incluso ha creado y participado en organizaciones dedicadas a fortalecer la libertad de expresión, a proteger a los académicos y a preservar la legitimidad institucional. La más importante de las que encontré fue la Red de Crisis de Estudios del Genocidio y el Holocausto (GHSCN, por sus siglas en inglés), integrada por cientos de académicos que intentan salvar a sus campos de la represión y la degradación estructural.

La red ha redactado y firmado cartas que cuestionan las prácticas universitarias que consideran perjudiciales para la expresión académica y la investigación. Una preocupación central pasa por la adopción creciente de la definición de antisemitismo de la Alianza Internacional de Memoria del Holocausto (IHRA), que equipara el antisemitismo con la crítica a Israel (la misma definición que la profesora Hirsch cuestionó en Columbia).

«Escribimos una carta que fue firmada por algo así como 1.200 académicos de estudios del Holocausto y el genocidio», le dijo a Jacobin Brett Ashley Kaplan, de la Universidad de Illinois, «que decía que esta definición tiene un efecto de disuasión sobre la libertad de expresión y que las personas deberían poder expresarse libremente».

La red también se ocupa de las difíciles preguntas académicas y morales que enfrentan actualmente estos campos. Especialmente dentro de los estudios del Holocausto, dos profesores con quienes hablé destacaron la creciente necesidad de reconciliar los horrores del Holocausto con la realidad de que los oprimidos pueden convertirse en opresores y con el hecho de que esto justifica un mayor grado de discusión en torno a la memoria del Holocausto y lo que significa el «Nunca Más» en el contexto de Gaza.

Otros destacaron la instrumentalización no solo del antisemitismo en términos generales sino también de la memoria específica del Holocausto. Enfatizaron la necesidad de recordar los horrores y las lecciones del Holocausto sin justificar ni trivializar la violencia etnonacionalista, la limpieza étnica y el genocidio contemporáneos. Lo más importante dentro de estas críticas fue un llamado creciente a ver el lugar del Holocausto en la historia de manera diferente, como una historia que no trata solo sobre un episodio particular sino sobre la trayectoria última de corrientes políticas que mantienen su influencia hoy. Dwork describió estas críticas en curso de manera bastante concisa, diciéndole a Jacobin:

«Hay otros, demasiados otros, que ven el Holocausto como si se tratara únicamente del asesinato de los judíos de Europa. Y si fuera un evento único, ¿cuál sería el punto de estudiarlo? No sería relevante para nada, así que creo que ese es un argumento sin salida.»

Algunos académicos han comenzado a construir y defender nuevos paradigmas para sus departamentos. El profesor Barry Trachtenberg, de la Universidad Wake Forest, por ejemplo, me llamó la atención sobre la Red de Estudios Judíos Liberadores, compuesta por estudiantes y profesores que han comenzado a imaginar cómo puede ser el campo de los estudios judíos fuera del sionismo y otros paradigmas largamente establecidos.

Es importante destacar que, durante mis numerosas conversaciones, nadie describió los supuestos y orientaciones largamente dominantes dentro de los estudios del Holocausto y el genocidio como malvados, ni los describió en términos exagerados. En cambio, estos académicos alentaron la emergencia del debate y la apertura a otras áreas de pensamiento. Los términos no sionista, postsionista y antisionista surgieron con frecuencia, al igual que formas de pensar que reclaman atención a genocidios anteriores y sistemas de opresión que a menudo se malinterpretan o nunca se discuten en absoluto. Nuevas líneas de indagación, debate y enfoque están en desarrollo a medida que las redes disidentes intentan crear un sólido bastión institucional contra el declive democrático y la erosión de la legitimidad académica.

Todas las personas con quienes hablé señalaron el profundo efecto de disuasión, su impacto negativo en los colegas y los enormes obstáculos sistémicos que están surgiendo para los académicos más jóvenes dispuestos a desafiar la ortodoxia. Pero también expresaron una nota de esperanza sobre el futuro de este campo de estudios y las perspectivas para el debate abierto. Hablaron de proteger el derecho de todos los académicos, independientemente de su convicción política, a perseguir sus áreas de interés sin presión ni censura y de la creciente necesidad de estudiar preguntas espinosas sin temor a represalias. Su mensaje fue el de una resistencia democrática mediante el rigor académico y la libre indagación, ofreciendo una sugerencia optimista sobre cómo estos campos pueden sobrevivir y prosperar.

 

[Foto: Selcuk Acar / Anadolu via Getty Images - fuente: www.jacobinlat.com]


quinta-feira, 16 de julho de 2026

« Vous êtes l’amour malheureux du Führer », livre de Jean-Noël Orengo : le salaud et l’écrivain

Haute exigence intellectuelle, vif sentiment de l’Histoire et du rôle de la fiction, composition magistrale : le dernier Jean-Noël Orengo, dont les lecteurs de Transfuge connaissent bien la plume, est un des sommets de cette rentrée.

Écrit par Damien Aubel

Poignard à glisser dans sa poche pour Epictète, ou hache fameuse destinée à fendre une non moins fameuse mer gelée : la littérature, on le sait, est une arme. Et Albert Speer – architecte de Hitler promu ministre de l’Armement du « guide », sorti de Nuremberg paré d’une aura de noble coupable, entre contrition et oblation – la maniait en maître. Une arme non dénuée d’analogie avec ces machines meurtrières délirantes qu’avaient pu élucubrer certains nazis. Car la littérature, dans les mains de Speer le mémorialiste, a quelque chose de magique – voire de métaphysique. Au cœur du Troisième Reich, best-seller de la fin des sixties n’est que superficiellement, fallacieusement (mais Speer l’architecte du Führer fut un maître du décorum – un magicien de l’apparence) le témoignage d’un acteur-de-l’Histoire (marque déposée, que Jean-Noël Orengo rend plus suspecte que jamais). C’est, redisons-le, une arme littéraire, chargée à bloc de fiction, conçue, redisons-le aussi, pour un combat magique, métaphysique. 

Orengo s’est, dans une première partie, infiltré tel un ghost in the machine dans les rouages des armes-souvenirs de Speer. Qu’il paraphrase ici, court-circuite avec la vérité là. Au point que le lecteur doit, justement, sans cesse refaire le point. Démonter à son tour le mécanisme pour tenter de savoir s’il y a sur la page, qui se dérobe comme un sol mouvant, fiction, réalité historique ou hybridation. Un à un, les engrenages de la carrière de Speer se mettent à tourner. Projets, productions et positions architecturales, de la gigantesque, inhumaine et minérale scénographie du congrès du NSDAP à Nuremberg en 1934 à sa Théorie de la valeur des ruines. Puis c’est le ministre de l’Armement et l’apôtre de la guerre totale. Eriger, détruire. En vue, toujours, d’une même fin, qui sera aussi celle de ses Mémoires et de ses déclarations d’après-guerre. Lesquelles composent une littérature tout en distorsions, lacunes, ravalement, d’où émerge le portrait de l’homme qui ne savait pas, pour la Shoah, mais qui, christiquement, admirablement, endosse la culpabilité allemande. Cette fin magique, métaphysique qui obsède Speer, on la discerne aussi dans sa love story chaste et brûlante avec le « guide ». Entre les deux hommes, rien de la froideur mortifère de la banale relation hiérarchique. Mais le bouillonnement de vie (contradictoire, tumultueuse, dangereuse) qu’est Eros, adversaire de la mort.

La visée magique, métaphysique de Speer est enfin claire : l’immortalité. Celle à laquelle on accède par la pierre, en bâtissant. Et par la littérature – en devenant personnage de fiction, en l’espèce le coupable admirable. N’est-ce pas Pavese qui notait (Le Métier de vivre) ceci : « Il semble que la raison pour laquelle n’importe quelle saloperie est permise en politique […] soit la suivante : le corps politique ne meurt pas et ne répond donc devant aucun dieu. » ? Salaud parce qu’immortel, ou immortel parce que salaud, n’importe. 

Car Speer fut bel et bien un salaud. Après avoir démonté de l’intérieur l’arme des souvenirs speeriens, Orengo la regarde sous un autre angle. Celui de l’historienne Gitta Sereny. Dès lors, ce qui était une évidence, ce poisson monstrueux que Speer a noyé, revient, dans toute son énormité de léviathan, à la surface. Speer savait, a toujours su pour les Juifs, a même contribué à l’extermination comme ministre de l’Armement. Mais il a déclaré le contraire. La Shoah, il ne savait pas. C’est une autre immortalité, atroce et sournoise : j’occulte le sort des Juifs, donc ils ne sont pas morts. Et moi, l’architecte-ministre, qui fus certes du côté du diable, je n’étais qu’un bon diable. Un meurtrier à titre collectif, peut-être, mais pas individuel.

On repose le livre comme après une séance de tir. Étourdi, un peu ivre. Et on admire le génial tireur qu’est Orengo. Qui a fait imploser l’arme magique, métaphysique de Speer. Et son immortalité de carton-pâte, pourtant terriblement solide.


Jean-Noël Orengo, « Vous êtes l’amour malheureux du Führer »
Éditions Grasset, 272 p., 21,50€ 

[Source : www.transfuge.fr]




Espagne : la régularisation massive de Pedro Sánchez pourrait concerner jusqu’à 3 millions de migrants

Le vaste plan de régularisation des sans‑papiers lancé par le gouvernement de Pedro Sánchez en Espagne suscite désormais de vives inquiétudes au sein des services de police et de l’administration chargée de l’immigration, qui redoutent un « effet boule de neige » avec le regroupement familial.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s'exprime lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre du sommet de l'OTAN, le 8 juillet 2026 à Ankara, en Turquie.

Écrit par Gaspard Lignard

Selon des estimations internes évoquées par la presse espagnole, la combinaison de la régularisation de personnes déjà présentes sur le territoire et des droits à faire venir leurs proches pourrait, à terme, concerner jusqu’à 3 millions d’étrangers.

À l’issue de la période de dépôt des demandes, close le 30 juin, le gouvernement a annoncé avoir reçu près de 1,2 million de dossiers, un chiffre plus de deux fois supérieur aux « près d’un demi‑million de personnes » initialement visées par le dispositif.

Dans ce contexte de montée en charge rapide, des responsables de l’immigration et des forces de l’ordre cités par le quotidien El Mundo préviennent : « Le système va s’effondrer. »

Un plan inédit par son ampleur

Le décret royal approuvé par le Conseil des ministres en avril prévoit une régularisation extraordinaire des étrangers en situation irrégulière pouvant justifier d’au moins cinq mois de présence en Espagne avant le 31 décembre 2025, sans casier judiciaire, et avec des liens familiaux, sociaux ou professionnels avérés. La mesure doit permettre l’obtention d’un permis de séjour et de travail d’un an, renouvelable, ainsi que l’accès à la sécurité sociale et au système de santé.

Le gouvernement socialiste présente cette opération comme un « acte de normalisation » destiné à mettre fin au travail illégal, à stabiliser une main‑d’œuvre déjà installée et à soutenir un système de sécurité sociale fragilisé par le vieillissement démographique. Portée à l’origine par une initiative citoyenne ayant recueilli plus de 600.000 signatures et le soutien d’environ 900 associations, ainsi que de l’Église catholique, elle constitue la première régularisation d’une telle ampleur en Espagne depuis plus de vingt ans.

Des chiffres qui dépassent les prévisions initiales

Entre la mi‑avril et le 30 juin, 1.174.978 demandes ont été déposées, selon France 24, dont un peu plus de 600.000 ont déjà été jugées « recevables », selon la secrétaire d’État aux Migrations, Pilar Cancela. Deux tiers des demandeurs sont originaires d’Amérique latine, ce qui confirme le profil principalement latino‑américain anticipé par le gouvernement dès l’annonce de la réforme.

Les autorités disposent désormais de trois mois pour examiner ces dossiers et pour délivrer – ou refuser – les permis de séjour et de travail, uniquement valables en Espagne. Pour faire face à l’afflux, un réseau d’environ 450 bureaux (sécurité sociale, poste, services d’immigration) a été mobilisé et plus de 550 professionnels supplémentaires ont été recrutés pour traiter ces demandes.

Les craintes des forces de l’ordre et de l’administration

Ce changement d’échelle nourrit toutefois des inquiétudes dans les rangs policiers et chez certains hauts fonctionnaires chargés de la gestion de l’immigration. Ceux‑ci soulignent que les chiffres actuels sont déjà très supérieurs aux projections initiales de l’exécutif, et redoutent que le regroupement familial, une fois les premiers permis délivrés, multiplie encore le nombre de personnes concernées.

Selon les éléments rapportés par El Mundo, des responsables de l’immigration mettent en garde contre une pression accrue sur les services publics et les dispositifs d’accueil, jugeant que « le système va s’effondrer » si les flux se maintiennent sur ce rythme. Ils pointent des risques de saturation dans le traitement des demandes, dans la capacité d’intégration locale et dans la gestion des frontières intérieures de l’espace Schengen.

La défense du gouvernement Sánchez

Face à ces critiques, Pedro Sánchez insiste sur les bénéfices économiques et sociaux attendus de cette régularisation. Il affirme que l’Espagne, confrontée à un « hiver démographique », a besoin de maintenir son dynamisme économique en intégrant pleinement une main‑d’œuvre déjà présente dans les secteurs clés comme l’agriculture, l’hôtellerie‑restauration ou les soins.

Dans une tribune et plusieurs prises de parole, le Premier ministre défend la voie de la « dignité, de la communauté et de la justice » pour les migrants déjà installés dans le pays, en rupture avec les politiques de restriction migratoire adoptées ailleurs en Europe. Il rappelle que la régularisation n’ouvre pas immédiatement l’ensemble des droits, mais organise un cadre administratif et juridique destiné à réduire la précarité et à renforcer la contribution des travailleurs étrangers à la sécurité sociale.

Un débat qui dépasse les frontières espagnoles

Sur le plan européen, plusieurs observateurs s’interrogent sur les effets de ce plan sur la libre circulation dans l’espace Schengen et sur la coordination des politiques migratoires entre États membres.

Entre les arguments de normalisation avancés par Madrid et les mises en garde des forces de l’ordre sur la capacité d’absorption des systèmes administratifs, la régularisation voulue par Pedro Sánchez s’impose comme un test grandeur nature pour la gestion commune des migrations sur le continent.

 

[Photo : Chris McGrath/Getty Images - source : www.epochtimes.fr]


L’asturià fa un pas històric i tindrà una especialitat docent pròpia

L’Acadèmia de la Llingua Asturiana celebra “el fet més rellevant en quaranta anys de política lingüística al Principat” 

La ministra d'Educació, Milagros Tolón, amb el president d'Astúries, Adrián Barbón 

La ministra d’Educació, Formació Professional i Esports, Milagros Tolón, ha anunciat aquest dijous una modificació normativa que permetrà que l’asturià compti, per primera vegada, amb una especialitat docent pròpia. Es tracta d’un avenç històric per a l’estatus de la llengua asturiana després que els darrers anys no s’hagi aconseguit sumar prou suports per declarar l’oficialitat de la llengua.

Tolón ha fet l’anunci després d’una reunió mantinguda en la seu del Ministeri amb el president d’Astúries, Adrián Barbón. La ministra ha explicat que el govern espanyol impulsarà la modificació de la normativa estatal que regula les especialitats del professorat i s’eliminarà una limitació que fins ara impedia reconèixer les llengües amb protecció legal que no són oficials.

“Aquesta reforma obrirà la porta al fet que l’asturià, i si és el cas altres llengües amb protecció legal, puguin tenir aquesta especialitat docent, tal com passa amb les llengües cooficials”, ha di Tolón. A partir d’aquí, ha afegit la ministra, correspondrà al Principat d’Astúries i a la resta de comunitats autònomes que així ho desitgin, crear aquesta especialitat, incorporar-la al currículum i a la docència en els centres, i convocar els procediments per a cobrir aquestes places.

El president d’Astúries, Adrián Barbón, ha destacat que aquesta modificació vetlla per la protecció i promoció de les llengües autòctones, l’asturià i l’eonaviego (o gallec-asturià) –recollida tant en la llei d’ús de 1998 com en la Carta Europea de les Llengües Regionals o Minoritàries (CELROM)–, i resol la “situació de prolongada interinitat del professorat que les imparteix, un fet que contravé els criteris de l’Estatut bàsic de l’empleat públic”. Barbón ha explicat que actualment el personal docent està “mancat de mitjans de promoció i, fins ara, estava privat de les condicions d’estabilitat de què gaudeix la resta del professorat”. Barbón ha confirmat que, amb aquesta modificació, l’assignatura d’Asturià continuarà sent una optativa i no una matèria obligatòria, perquè “per a això caldria que la llengua fos oficial”.

Compromís del president

El reconeixement de la llengua i tenir una especialitat docent era un dels compromisos que havia assumit Barbón en reeditar la presidència. Els darrers mesos hi ha hagut manifestacions dels professors per reclamar l’especialitat i, de fet, n’hi havia una de convocada per al 7 de juliol, que es va ajornar per a després de la reunió de Barbón amb Tolón.

L’Acadèmia de la Llingua Asturiana considera l’anunci d’aquest dijous com “el fet més rellevant en quaranta anys de política lingüística al Principat”. “Han hagut de passar 42 anys –cal no oblidar que l’ensenyament de l’asturià comença en 1984–  per fer justícia a un professorat que, tenint les mateixes exigències de formació universitària que la resta de docents, no podia fins ara accedir a la condició de funcionari en els concursos d’oposició en igualtat de condicions que la resta de docents.” 

 

[Foto: Ministeri d'Educació - font: www.diaridelallengua.cat]