segunda-feira, 23 de março de 2026

États‑Unis : quand les imaginaires religieux justifient (ou non) la guerre en Iran

Aux États-Unis, l’escalade militaire qui a démarré le 28 février en Iran ne peut être comprise uniquement à partir de logiques militaires ou diplomatiques. Elle s’inscrit également dans un champ symbolique et religieux dense, où traditions théologiques et narrations identitaires et imaginaires eschatologiques divers contribuent à légitimer, à contester ou à réinterpréter la violence des armes.

Donald Trump pendant l’imposition des mains des pasteurs protestants réunis dans le bureau Ovale afin de prier avec lui, le 5 mars 2026. Capture d’écran Youtube

Écrit par Blandine Chelini-Pont

Professeur des Universités en histoire contemporaine et relations internationales, Aix-Marseille Université (AMU)

Quand on parcourt les prises de position publiques de ces derniers jours aux États-Unis, il est frappant de constater à quel point polarisation politique et polarisation religieuse s’entremêlent. Les partisans de l’opération lancée contre l’Iran conjointement avec Israël ont volontiers recours au registre religieux : sacralisation du leadership politique états-unien, mise en scène religieuse de la guerre, vision apocalyptique de l’affrontement actuel dans certains segments de l’appareil militaire, justification biblique par certains milieux chrétiens pro-israéliens… Dans le même temps, une partie de l’extrême droite américaine, habituellement alignée sur l’administration Trump, promeut une vision complotiste et antisémite des derniers événements.

Ces dynamiques se heurtent à un ensemble de discours religieux profondément étrangers à la logique de guerre et à la moindre justification biblique ou morale de la destruction de l’Iran. Ces prises de position, mises en avant aussi bien par des Églises américaines protestantes que par l’Église catholique des États-Unis et par le Vatican, réaffirment les principes du droit international et contestent la mobilisation du sacré au service de la guerre.

La sacralisation du leadership politique : Trump et l’imaginaire apocalyptique

Le premier élément de cette configuration est la construction autour de la figure de Donald Trump d’un imaginaire politico-religieux propagé par un ensemble de théologiens et de leaders fondamentalistes, qu’on peut qualifier de protestants charismatiques, au sein d’une mouvance contemporaine, la Nouvelle Réforme apostolique, qui se présente comme une véritable restauration du pouvoir spirituel chrétien, où les leaders prophétisent et interprètent les événements comme des signes divins.

Plusieurs de leurs personnalités médiatiques – Paula White, Lance Wallnau, Cindy Jacob, Dutch Sheets – ont magnifié, depuis sa première candidature, Donald Trump, allant jusqu’à le voir en lui un acteur providentiel inscrit

Cette lecture mobilise notamment une typologie biblique fondée sur la figure du roi David, souverain choisi par Dieu malgré ses fautes personnelles. En 2016, Jerry Falwell Junior, président de la Liberty University, expliquait ainsi que Dieu avait choisi David malgré ses péchés et qu’il fallait juger un leader politique comme un roi, non comme un pasteur. De son côté, Franklin Graham, président de la Billy Graham Evangelistic Association, a mobilisé la même typologie pour justifier le soutien évangélique à Trump.

Ce schéma herméneutique permet de neutraliser les critiques morales à l’égard du président, tout en l’inscrivant dans une narration providentialiste. Se prenant au miroir de son « élection divine », Donald Trump, qui a pu se présenter comme le « Chosen One » (« l’Élu »), utilise un vocabulaire apocalyptique dans certains de ses discours, notamment lors d’un meeting tenu à West Palm Beach, le 26 juillet 2024, où il a implicitement évoqué une transformation radicale de l’ordre politique américain.

Cette rhétorique s’inscrit dans une tradition fondamentaliste millénariste, qui interprète l’histoire contemporaine comme le prélude d’une confrontation finale entre le Bien et le Mal. Dans cette perspective, la politique étrangère états-unienne peut être relue comme une étape du drame eschatologique. La guerre cesse alors d’être un simple instrument de puissance : elle devient l’un des événements possibles de l’accomplissement de l’histoire divine.

La mise en scène religieuse de la guerre à la Maison-Blanche

La seconde étape de ce processus consiste à traduire cette théologie fondamentaliste, qui assume la guerre terrestre comme un combat final, en mise en scène institutionnelle.

Le 5 mars 2026, alors que les opérations militaires au Moyen-Orient s’intensifient, Trump accueille dans le bureau Ovale une vingtaine de pasteurs évangéliques. Ceux-ci prient pour le président et pour les soldats américains engagés dans la guerre. Le pasteur Tom Mullins demande explicitement à Dieu de protéger les forces armées américaines et d’accorder au président « la sagesse venue du ciel ».

Cette séquence est politiquement significative à plusieurs titres. Elle transforme la décision militaire en objet de prière publique ; elle associe l’autorité présidentielle à l’intercession pastorale ; et elle inscrit l’action armée dans la narration religieuse d’une nation « under God ». L’image du président entouré de pasteurs imposant les mains constitue ainsi un dispositif symbolique puissant : la guerre est implicitement placée sous la protection divine.

 

Pour rappel, Trump a créé le 7 février 2025 à la Maison-Blanche « un Bureau de la

foi », confié à Paula White, déjà citée, et il affirme régulièrement avoir été « sauvé par Dieu » pour empêcher le déclin de l’Amérique. Cette articulation entre pouvoir politique, rhétorique religieuse et symbolique nationale contribue à sacraliser l’action militaire.

La traduction apocalyptique du conflit dans certains segments de l’armée des États-Unis

Cette sacralisation de la guerre ne se limite pas au pouvoir politique. Elle se diffuse également dans certains segments de l’appareil militaire, provoquant de sérieux remous. La Military Religious Freedom Foundation (MRFF), fondée en 2006 par Mickael L. Weinstein, un avocat et ancien officier de l’US Air Force, sur le modèle de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), a reçu plus de 200 plaintes de militaires dénonçant l’usage d’une rhétorique chrétienne radicale pour justifier la guerre contre l’Iran. Plusieurs témoignages y sont rapportés d’officiers expliquant aux soldats que le conflit faisait partie du « plan divin de Dieu ».

Un sous-officier rapporte notamment qu’un commandant aurait affirmé :

« Le président Trump a été désigné par Jésus pour allumer en Iran le feu qui provoquera l’Armageddon », établissant un lien explicite entre l’intervention militaire et la bataille eschatologique d’Armageddon décrite dans l’Apocalypse.

 

Ces propos ont suscité de fortes réactions internes. Weinstein voit dans ce type de déclarations le signe d’une poussée de l’extrémisme chrétien dans l’armée et d’une violation claire du principe de séparation entre l’Église et l’État. Une plainte est déposée au nom de 15 militaires, dont 11 chrétiens, un musulman et un juif, ce qui montre que la protestation traverse les appartenances confessionnelles.

Cette controverse révèle l’existence d’un profond débat au sein de l’armée américaine sur la place du nationalisme chrétien dans les institutions militaires. La séquence illustre aussi le climat « théologique » du Pentagone sous Pete Hegseth, secrétaire à la défense notoirement sioniste chrétien et par ailleurs adepte du masculinisme dans l’armée, qui a relayé en août 2025 une séquence de CNN consacrée au pasteur Doug Wilson, cofondateur de la (fondamentaliste) Communion of Reformed Evangelical Churches (CREC), aux prises de parole radicales et hostile à la moindre présence féminine dans l’appareil militaire. 

Tatouages de Pete Hegseth, qu’il explique ainsi : « Lorsque je réalisais une série pour Fox Nation, j’ai donné une interview pendant que je me faisais tatouer par le seul tatoueur de Bethléem. Je me suis fait tatouer Yehweh, qui signifie Jésus en hébreu. J’ai également sur mon avant-bras un Benjamin Franklin, plus précisément une caricature politique datant des années 1760. Il s’agit du serpent Join or Die (Unissez-vous ou mourez). J’ai Deus Vult (Dieu le veut) sur mon biceps, qui était le cri de ralliement des croisés. J’ai un grand drapeau avec l’AR-15 que je portais en Irak sur mon biceps. Puis, sur mon épaule, j’ai l’écusson de l’unité avec laquelle j’ai servi en Irak. Mon pectoral est entièrement recouvert d’une croix de Jérusalem. Israël, le christianisme et ma foi sont des choses qui me tiennent profondément à cœur. » Compte X MyLordBebo

Les justifications religieuses pro-guerre dans les milieux évangéliques et pro-israéliens

Parallèlement à ces dynamiques institutionnelles, certains milieux religieux américains interprètent explicitement la guerre contre l’Iran à travers une grille théologique. Des prédicateurs évangéliques présentent l’intervention militaire comme une libération spirituelle de l’Iran ou comme une étape dans l’accomplissement des prophéties bibliques. Dans cette perspective, l’Iran est souvent associé à la Perse biblique, tandis qu’Israël est présenté comme le peuple soutenu par Dieu dans le combat final contre les forces du Mal.

La noble figure du roi Cyrus, souverain perse ayant permis le retour des Juifs d’exil selon la Bible, est mobilisée pour magnifier le rôle politique de Trump. Dans le même temps, la figure diabolique du vizir Haman, qui voulait massacrer tous les Juifs de l’Empire perse, est, elle, mobilisée pour diaboliser le régime des mollahs. Cette lecture s’inscrit davantage dans le courant du sionisme chrétien, qui relie les conflits contemporains du Moyen-Orient aux prophéties eschatologiques annonçant la fin des temps.

De ce point de vue, soutenir Israël et affronter ses ennemis constitue non seulement un choix géopolitique, mais également un acte participant à l’accomplissement du plan divin. Cependant cette interprétation fait l’objet de critiques croissantes parmi les théologiens chrétiens engagés dans le dialogue judéo-chrétien, qui mettent en garde contre la projection simplificatrice de catégories bibliques sur des conflits contemporains complexes.

Le retournement antisémite de l’extrême droite isolationniste

La sacralisation pro-israélienne de la guerre produit également des effets paradoxaux. Dans certains segments de l’extrême droite américaine, elle alimente un discours complotiste et antisémite d’une virulence croissante. Une partie du mouvement MAGA (Make America Great Again, slogan de Donald Trump, ndlr.), très attachée à l’isolationnisme, accuse l’administration américaine de mener une guerre pour le compte d’Israël. Des personnalités telles que Nick Fuentes, représentant du courant Groyper (du nom d’un personnage de cartoon, grenouille verte devenue la mascotte de ce mouvement) de l’alt-right, dénoncent une politique étrangère dominée par les intérêts israéliens.  


Tweet de Nick Fuentes le 6 mars : « Trump s’est retourné contre Tucker Carlson et Marjorie Greene à cause de leur opposition à la guerre contre l’Iran et à la dissimulation de l’affaire Epstein. Aujourd’hui, il s’entoure exclusivement de sionistes partisans de la doctrine Israel First (Israël d’abord), tels que Mark Levin, Laura Loomer et Jared Kushner. Nous n’avons pas quitté MAGA, c’est MAGA qui nous a quittés. » Compte X de Nick Fuentes

La commentatrice Candace Owens parle quant à elle d’une guerre imposée par une « mafia khazare », reprenant un vocabulaire antisémite classique. Même certains détracteurs plus institutionnels de l’intervention militaire, comme l’ex-journaliste de Fox News Tucker Carlson, accusent les États-Unis d’agir « sur ordre d’Israël », ce qui a conduit l’ambassadeur israélien à Washington Yechiel Leiter à dénoncer la résurgence de stéréotypes antisémites affirmant que les Juifs contrôlent la politique américaine.


Ainsi, la sacralisation religieuse de la guerre nourrit paradoxalement une polarisation extrême : elle produit à la fois une légitimation théologique de l’intervention et une radicalisation antisémite dans certains segments du camp anti-guerre.

Les contre-discours religieux : églises américaines et diplomatie vaticane

Face à ces imaginaires guerriers, de nombreuses institutions religieuses expriment une opposition claire à la guerre. Églises protestantes modérées (les épiscopaliens, les unitariens, les méthodistes, les quakers et mennonites, les 38 églises membres du National Council of Churches) et responsables catholiques américains (l’ensemble de la Conférence épiscopale des États-Unis) dénoncent la sacralisation du conflit. La critique la plus structurée émane toutefois du Vatican.  

Après une prise de parole immédiate du pape Léon XIV, qui a appelé à arrêter cette « spirale de la violence » qui risquait très prévisiblement de se transformer en « tragédie aux proportions énormes » et en « abîme irréparable », le secrétaire d’État du Vatican Pietro Parolin a condamné l’offensive contre l’Iran en déclarant :

« La force du droit a été remplacée par le droit de la force. » Parolin a rappelé les principes de la doctrine catholique de la guerre juste : nécessité, proportionnalité et protection des civils, en faisant appel au respect des institutions multilatérales et du droit international et demandant de revenir en urgence à la diplomatie internationale.


Précédemment, le Vatican a refusé de participer au projet de « Board of Peace » proposé par l’administration Trump pour Gaza,  estimant que les conditions politiques et diplomatiques d’une telle initiative ne sont pas réunies.

Ces prises de position sont relayées par des réseaux catholiques américains, dont ce collectif militant (non officiel) Priests against Genocide USA, engagé dans la dénonciation des violences contre les civils à Gaza et dans la critique des initiatives diplomatiques américaines liées au conflit, ressemblant à lointaine distance aux collectifs de prêtres des années 1960 contre la guerre du Vietnam. Elles constituent ainsi un contre-discours religieux majeur face à la sacralisation nationaliste de la guerre.

L’absence de toute justification religieuse chez les deux héritiers MAGA

Quant aux deux catholiques déclarés parmi les personnalités les plus en vue du gouvernement, le vice-président J. D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, il est difficile de trouver la moindre référence « religieuse » dans leur position à l’égard de cette guerre qui met en danger leur propre avenir dans la compétition présidentielle.  

Vance, qui a pu déclarer que « le gouvernement américain n’est pas équipé pour fournir le leadership moral mais l’Église, si », évite de communiquer sur le sujet, tant il est gêné dans sa posture d’isolationniste, sans saisir – pour l’instant – l’occasion de rappeler les convictions pour critiquer l’opération en Iran et, ainsi, représenter la colère du peuple MAGA. Rubio, lui, a beau se présenter publiquement le visage marqué d’une croix de cendres, signalant sa dévotion liturgique à l’entrée du Carême, il a toujours affiché des positions pro-israéliennes, interventionnistes et néoconservatrices, sans rapport avec ses convictions. Mais, au moins, aucun ne verse dans le triomphalisme millénariste.

 

[Source :www.theconversation.com]

El català finalment arriba als cotxes, impulsat per les marques xineses

Omoda i Jaecoo han inclòs aquesta setmana la nostra llengua en els vehicles, i s'afegeixen a Ebro, BYD i Tesla · SEAT també incorporarà el català, després d’anys de refusar-ho. 

Omoda ha estat una de les marques que han començat a oferir el català als cotxes.

Escrit per Marc Belzunces

Després de decennis foragitat del sector automobilístic, el català sembla que finalment hi arriba, impulsat especialment pels fabricants xinesos. Aquesta setmana, les marques Omoda i Jaecoo, pertanyents al gegant xinès Chery i amb cotxes muntats a la fàbrica de la Zona Franca de Barcelona, han anunciat que incloïen el català als seus models. S’afegeixen als cotxes de la marca Ebro, empresa amb seu a Barcelona i que compta també amb el suport de Chery. Un dels altres gegants de l’automoció xinesa, BYD, ofereix els vehicles en català des que va desembarcar al nostre mercat, ara fa tres anys. Tanmateix, les precursores a oferir la nostra llengua havien estat la nord-americana Tesla i la catalana Silence. La gran marca automobilística del país, SEAT, ha anunciat també fa poc que incorporava el català a tres dels seus models, després d’haver-ho refusat durant anys. Malgrat aquests avenços, la situació de la nostra llengua és lluny de la normalitat en aquest sector. Tot seguit analitzem l’estat de la qüestió i els motius que expliquen que finalment el català es comenci a introduir en els vehicles.

 

L’electrificació ha permès que el català arribés al sector automobilístic 

L’aspecte clau que ha permès que comenci a haver-hi vehicles en la nostra llengua ha estat l’electrificació i informatització dels vehicles. Com es diu sovint, un cotxe elèctric és un ordinador amb rodes. Si en els vehicles de combustió el programari és molt important, en els elèctrics ho és encara més. Especialment perquè la bateria els proporciona energia sense interrupció, a diferència dels de combustió. El programari és el cervell del cotxe elèctric i és per això que a les marques elèctriques la divisió de programari és tan important com la divisió de mecànica (o més i tot) ja de bon començament. L’aspecte clau en termes lingüístics és que la indústria informàtica fa anys que estructura el codi dels programes per facilitar-ne al màxim la traducció.

 

Tesla ha estat fins ara l’exemple paradigmàtic en aquest àmbit. Els seus cotxes són concebuts de bon principi al voltant del programari. Això va fer que desenvolupés un sistema operatiu propi, al marge i en competició amb els gegants informàtics de Silicon Valley. Tesla té tant d’empresa de programari com d’empresa automobilística, de fet. Fins i tot ha acabat desenvolupant xips propis i imitant els passos d’Apple. Això permet a la companyia d’optimitzar els seus vehicles i oferir les funcionalitats precises que decideix, sense dependre de proveïdors de programari ni rebre’n les limitacions, com li passa a la indústria automobilística tradicional. Si alguna cosa falla, Tesla reescriu el programari immediatament. Si necessita una nova funció, la programa. Si calen xips més potents o específics, en dissenya de nous. En aquest context de domini complet del programari, traduir-lo no implica cap problema especial.

En contrast amb això, la indústria automobilística tradicional s’ha bastit al voltant dels motors de combustió i fins a aquests tres darrers decennis no hi ha anat afegint el programari. Generalment, és encarregat a empreses terceres, perquè el model de negoci tradicional d’aquest sector és l’externalització. Juntament amb una estructura de costs molt allunyada del sector informàtic, aquesta manera de fer en el front del programari ha resultat un fracàs rotund. En l’apartat lingüístic, aquest programari específic per a cotxes era normalment més difícil i car de traduir perquè el codi no tenia l’estructura necessària. Possiblement, el cas més extrem de fracàs en la creació de programari al sector automobilístic va ser el de Volkswagen. Després de començar a fabricar el primer model elèctric a gran escala, l’ID.3, els primers milers d’unitats van estar mesos aparcats a l’aire lliure sense lliurar-los als compradors perquè el programari no s’havia acabat. Fins i tot, un cop lliurats, el programari continuava incomplet, amb problemes i mancances greus.

Volkswagen havia creat una divisió específica de programari dins la companyia, però la va haver de tancar vist que era incapaç d’assolir un producte amb la qualitat que la indústria del sector ofereix i el client està acostumat a tenir. Per resoldre-ho a curt termini ha arribat a acords amb Google. Amb vista al futur, ha tancat un acord amb el fabricant de cotxes elèctrics Rivian per emprar el seu programari.

La via xinesa i Android Automotive 

BYD ha seguit un altre model. La companyia vol una integració màxima en la fabricació dels cotxes, i es fabrica vora el 90% de les peces dels seus vehicles, per disminuir al màxim les limitacions que són fruit de dependre de proveïdors externs. Així i tot, quant al programari adreçat als conductors, el que va a les pantalles del cotxe, ha optat per agafar la versió de codi lliure d’Android, el sistema operatiu de Google per a telèfons mòbils i tauletes, i adaptar-lo als vehicles; amb això s’estalvia de crear de zero un sistema operatiu. L’avantatge per a la nostra llengua és que l’Android és traduït al català. Això ha permès a BYD d’oferir els cotxes en català amb facilitat. Així mateix, molt recentment ha començat a comercialitzar el seu primer cotxe amb Android Automotive. És una versió d’Android dissenyada per Google específicament per a cotxes i que ja empraven Volvo i Polestar, marques propietat del gegant automobilístic xinès Geely.


La xinesa BYD és una altra de les marques que ofereix els cotxes amb els menús en català.

Algunes altres marques xineses també han optat per emprar l’Android i modificar-lo. Tanmateix, a la Xina també hi ha gegants tecnològics que competeixen de tu a tu amb Silicon Valley i han entrat en el sector automobilístic. Tenim Xiaomi, el fabricant de dispositius electrònics amb un sistema operatiu propi (tot i que basat en Android) que fabrica cotxes elèctrics, amb molt d’èxit a la Xina. També té la intenció de comercialitzar-los a Europa. Huawei, l’altre gegant tecnològic xinès, inicialment seguia el mateix model de Xiaomi, però les restriccions comercials que el govern dels EUA li imposà pels seus lligams amb el govern xinès l’han dut a desenvolupar un sistema operatiu completament propi, perquè no pot emprar la tecnologia de Google. Huawei ha entrat en el mercat automobilístic amb la marca Aito, i també proporciona el seu programari per a cotxes a marques de gegants automobilístics xinesos, com Changan, BAIC o Chery.

 

Un altre aspecte important és el pragmatisme comercial xinès i la voluntat d’expandir-se a Europa. Les marques xineses escolten les crítiques dels seus clients i mitjans especialitzats per millorar els seus vehicles. Aquest és un aspecte que es demostra que va a favor del català.

 

Les tres vies per a tenir finalment cotxes en català 

Tot aquest context serveix per a entendre per què fins ara el català havia estat bandejat del sector automobilístic i, en canvi, ara comencem a tenir cotxes amb les pantalles –l’element central del vehicle que ho gestiona tot– en la nostra llengua. Les marques tradicionals de combustió, tant europees com americanes o asiàtiques, havien vetat el català adduint costs econòmics. A banda la manca de voluntat, els costs elevats de traducció associats al model automobilístic, molt allunyat del model del sector informàtic, impossibilitaven la traducció al català. Amb aquest model, les traduccions es fan a un nombre molt petit de llengües.

 

Però amb l’arribada dels vehicles elèctrics i la informatització, el panorama canvia, com hem vist. Amb un programari desenvolupat seguint el model de la indústria informàtica per a ordinadors, dispositius mòbils o webs, la traducció és molt més senzilla. A més, el català en tots aquests àmbits hi és àmpliament present de fa anys, amb recursos lingüístics que pot emprar ara el sector automobilístic, com ara memòries de traducció, guies d’estil i traductors especialitzats. Les marques automobilístiques disposen de tres vies per a oferir el català als cotxes. En primer lloc, tenim el model de Tesla, crear un sistema operatiu propi que la companyia pot decidir de traduir al català pel seu compte.

 

SEAT també incorporarà el català a tres models de la marca Cupra.

La segona via és emprar la versió lliure de l’Android per a mòbils i modificar-la. Ho ha fet BYD i, possiblement, Chery amb Omoda, Jaecoo i Ebro. Android ja és en català i les marques s’han de limitar a traduir únicament les modificacions que hi facin. Finalment, hi ha la via que podria dominar en un futur i que pot facilitar que el català sigui a la majoria de les marques: emprar l’Android Automotive, el programari específic per a cotxes dissenyat per Google i que ja és en català. És la via seguida per BYD amb el nou Atto 3 Evo, o SEAT amb els nous Cupra Born, Tavascan i Raval. Tot i això, cal tenir en compte que l’Android Automotive només és una part del programari del vehicle. Les marques han de continuar traduint els menús específics de configuració del cotxe, però ara facilitat per seguir els procediments estàndard de la indústria informàtica.

 

L’opinió generalitzada dels analistes és que les marques optaran cada vegada més per l’Android Automotive o productes semblants, per no dedicar recursos al desenvolupament de programari o oferir un producte inferior als que poden oferir els gegants tecnològics. Però això no vol dir que el català sigui automàticament als cotxes. Com amb els mòbils, els fabricants inclouen un paquet bàsic de llengües internacionals i després localment afegeixen les de cada mercat. Això fa que depengui de la voluntat de la marca incloure-hi el català o no. Hi ha el cas de models de mòbils que fan servir l’Android, però no inclouen el català en el nostre mercat, malgrat que és traduït a la nostra llengua. En el cas dels cotxes, el nou Atto 3 Evo de BYD arriba de la Xina amb un paquet bàsic de llengües on no hi ha el català. Són els concessionaris del país que després hi afegeixen la nostra llengua i més configuracions locals. És per això que normalment el català no apareix per ordre alfabètic als cotxes que l’incorporen, sinó cap al final de la llista de llengües. Així doncs, caldrà veure si tindran la voluntat d’oferir el català els fabricants que optin per l’Android Automotive, com ara la resta de marques el grup VW més enllà de Cupra (Skoda, Volkswagen, Audi…).

Una altra incògnita és què passarà amb els competidors xinesos d’Android Automotive quant al català. Ja trobem el sistema operatiu per a cotxes de Huawei al nostre país amb els nous Deepal S05 i S07 de Changan, però ara com ara no s’ofereix en la nostra llengua.

Silence és l’única marca del sector automobilístic que té la web en català.

Tot i la millora, la situació del català és lluny de la normalitat

Malgrat els progressos, el català encara es troba marginat i completament subordinat al castellà en el sector automobilístic. Tot i tenir el sistema operatiu del cotxe en català, els assistents de veu dels vehicles no són disponibles en la nostra llengua. Una situació que segurament canviarà amb la incorporació de la intel·ligència artificial, que substituirà els assistents actuals. N’és un exemple el Grok que Tesla ha incorporat fa poc als seus cotxes i amb el qual es pot parlar en català. S’espera que Google farà això mateix, i substituirà el seu assistent de veu actual per Gemini, que ja parla català a ordinadors i mòbils. Un altre aspecte són els mapes integrats al cotxe, un eina actualment indispensable. En les marques que fan servir l’Android modificat, l’aplicació de mapes no es troba disponible en català. En canvi, l’Android Automotive sí que ofereix el Google Maps en català. 

Però, si dins els cotxes les coses van canviant a favor de la nostra llengua, a fora encara hi ha molta feina a fer. En relació amb les aplicacions per al mòbil de les marques, ni Tesla ni BYD l’ofereixen en català. Ebro, Omoda i Jaecoo, en canvi, sí, a més de Silence, que va ser la primera. Silence també és l’única que té versió en català de la seva web. Tota la resta de marques, malgrat tenir una estructura multilingüe de les webs, no tenen versió en català, ni tan sols SEAT. I als concessionaris, encara que en la majoria sigui fàcil d’obtenir atenció en català, tota la documentació que es dóna als clients, fins i tot els contractes de compra-venda i finançament, s’ofereixen en castellà i prou. A més, tot i que els cotxes tenen els menús en català, generalment es lliuren al client configurats en castellà, encara que el client s’hi hagi relacionat en tot moment en català. Els concessionaris no tenen definida cap gestió lingüística en els processos de venda. A desgrat dels progressos recents, poder-nos desenvolupar amb plena normalitat en català i amb els mateixos drets al sector automobilístic és lluny de ser una realitat. 

[Font: www.vilaweb.cat]

domingo, 22 de março de 2026

«La Grazia», film di Paolo Sorrentino

La bellezza del dubbio, i dilemmi morali, il senso di responsabilità. Paolo Sorrentino ritrova un grande Toni Servillo (Coppa Volpi a Venezia 82) per il ritratto pubblico e privato di un Presidente della Repubblica a fine mandato, chiamato a scelte delicate 


di Valerio Sammarco 

“Di chi sono i nostri giorni?”.

È come sempre un cinema di domande, il cinema di Paolo Sorrentino. Che questa volta, dopo È stata la mano di Dio e Parthenope (“A cosa stai pensando?”…) si porta dentro le stanze del Quirinale per raccontare il semestre bianco di Mariano De Santis (Toni Servillo), Presidente della Repubblica che sta per terminare il suo mandato.

Vedovo, cattolico, ha una figlia, Dorotea (Anna Ferzetti), giurista come lui. E proprio lei, oltre a rammentargli di non fumare ("hai un polmone solo, ricordi?") e a controllare la sua alimentazione ("Questa non è una cena, è un'ipotesi!", tuona l'amica di sempre Coco Valori, critica d'arte, interpretata da Milvia Marigliano), lo sprona a firmare il disegno di legge sull'eutanasia e a prendere una decisione su due delicate richieste di grazia, per un uomo e una donna, entrambi in carcere per avere ucciso i relativi compagni: il primo ha ucciso la moglie malata di Alzheimer, la seconda – vittima di continue violenze – ha inferto 18 coltellate al marito mentre dormiva.

La Grazia “è la bellezza del dubbio”, nonché un atteggiamento premuroso nei confronti della vita, degli affetti, delle questioni spinose, e ancora una volta Sorrentino si affida al suo attore feticcio, fraterno (settima collaborazione su undici film) per tratteggiare il crepuscolo di un uomo, immobile nei ricordi e bisognoso sempre di “un ulteriore periodo di riflessione”, che affida ad ogni tiro di sigaretta l'illusione di un'evasione eterna e al rap di Guè Pequeno la segreta ribellione di una ritualità soffocante.

Toni Servillo incarna con la consueta maestria questo Capo di Stato “verosimile ma rigorosamente inventato”, uomo soprannominato da tutti “cemento armato”, giurista autore di un manuale sul diritto penale (2046 pagine) ribattezzato dagli studenti di allora “Himalaya K3”, perché impossibile da scalare, uomo che quando prega si assopisce ma quando dorme non sogna più.

Roso dai dilemmi morali (“se non firmo la legge sarò considerato un torturatore, se la firmo un assassino”) e lacerato dall'assenza dell'amata moglie, insegue nel ricordo l'immagine di quell'Aurora fluttuante nella nebbia della brughiera, giovane donna amata per una vita intera. E ad assillarlo ancora, a 40 anni di distanza, è quel tradimento subito, tradimento a cui non è ancora riuscito ad associare né un volto né un nome. Ma questa costante e ossessiva ricerca della verità finisce solo per aumentare i dubbi. 


Sorrentino abbandona l’astrazione totale che, soprattutto nella prima parte, segnava la cifra di Parthenope, per gran parte del film predilige la claustrofobia di un’unità di luogo (il Quirinale) dove l’esistenza compressa e complessa di De Santis e la figlia (bravissima Anna Ferzetti) è contrappuntata da dialoghi e situazioni sempre in bilico tra profondità esistenziale e sagace ironia, da ritrovare nella già citata Coco Valori ma anche in alcuni dialoghi con il corazziere (Orlando Cinque) o il generale delle forze armate (Giuseppe Gaiani), per non parlare dei confronti con il Papa, interpretato dall’ivoriano Rufin Doh Zeyenouin, nero, con i dread, l’orecchino e scooter munito: “Dio non concede risposte, la nostra vita è fatta di domande, le risposte non le danno neanche la scienza e il diritto”. 


Non manca, come di consueto, il ricorso al simbolismo (il cavallo agonizzante) e quella sospensione in grado di creare lo stupore tra la parola e l’immagine, come l’incredibile capacità di restituire questo moto interiore di un uomo incastrato tra la sua natura (“cemento armato”, qualcuno ricorda come moriva Titta Di Girolamo alla fine di Le conseguenze dell’amore?...) e la voglia di smentire costantemente questa definizione che gli altri danno di lui: è provando a ricercare la verità da più vicino (“il diritto ce la mostra solamente da lontano”) che De Santis da una parte si svincola dalla ritualità del protocollo per rintracciare la sua vena di magistrato (la visita in carcere all’uomo reo confesso per l’uccisione della moglie malata), dall’altra insegue quel sogno di leggerezza (l’assenza di gravità, la lacrima galleggiante dell’astronauta in orbita da un anno) che magari è troppo tardi da trovare nella realtà. Basterebbe, chissà, ricominciare a sognare. 


È nel disorientamento della coscienza, nell’impossibilità delle certezze, nelle sfumature che ci abitano, nel dramma e nell’ironia, ma soprattutto nell’amore – per una moglie defunta, per la figlia, per i valori fondamentali della vita – che La Grazia trova la sua indiscutibile alchimia tra la sobrietà e lo svolazzo (Servillo che canta con gli alpini e poi, da solo, Le bimbe piangono di Guè, “Affacciati alla finestra spacciatore mio”…).

Oltre ad un ribaltamento potentissimo (la telefonata alla direttrice di Vogue) e struggente, anticipato da quella camminata liberatoria a Via dei Condotti (“Sono 7 anni che non faccio una passeggiata”), quante affinità con le fughe all’alba del Divo Andreotti in Via del Corso: è lì, da solo, in quella casa, che De Santis ritrova i colori della sua ragazza (“Sarebbe piaciuto anche a me fare come quegli uomini capaci di indossare una giacca rossa sui pantaloni bianchi, ma non ne ho mai avuto il coraggio”, ogni riferimento a Jep Gambardella è puramente casuale?), il contraltare pastello della sua figura di “uomo grigio” che ora, contrariamente alle premesse, sembra disposto a smontare i suoi pregiudizi, ad imparare a conoscere il presente, anche e soprattutto attraverso gli occhi della figlia. A prendere delle decisioni. Ma senza dimenticare l’importanza del dubbio, della responsabilità, dell’etica, perché come ricorda lo stesso Sorrentino, “L’etica è una cosa seria. Tiene in piedi il mondo. E Mariano De Santis è un uomo serio”.

E se quella domanda apparentemente semplice – “Di chi sono i nostri giorni?” – prevede una risposta pressoché scontata (“Sono nostri”), è pur sempre con il muro della vita che bisogna fare i conti. Di Grazia.

 

 

[Foto: Andrea Pirrello - fonte: www.cinematografo.it]