sábado, 23 de maio de 2026

« L’immigration est une composante centrale de la société française »

Quels sont les parcours des personnes immigrées et de leurs descendants en France ? Quelles discriminations ressenties ? Plus largement, quelle est la place de l’immigration dans la société française ? Pour répondre à quelques-unes de ces questions, l’Institut national d’études démographique (Ined) et l’Insee ont mené l’enquête « Trajectoires et Origines 2 »), inédite par son ampleur. Un ouvrage collectif issu de cette enquête menée en 2019-2021, à rebours de certaines idées reçues sur l’immigration, vient de sortir aux Éditions de l’Ined. Entretien avec Cris Beauchemin, qui a codirigé l'ouvrage. 

Un tiers des Français a un lien direct avec l’immigration. Plus précisément, parmi les 18-59 ans, 13 % sont immigrés et, respectivement, 11 % et 10 % ont au moins un parent ou un grand-parent qui a immigré. (Sur cette photo, les passants de la rue Montorgueil, à Paris, le 23 août 2023) 

Propos recueillis par Cris Beauchemin

Chercheur, directeur délégué à la valorisation, Ined (Institut national d'études démographiques)

The Conversation : Quels sont les objectifs de cette enquête « Trajectoires et Origines 2 » (TeO2) et quelle méthodologie avez-vous mise en place pour les atteindre ?

Cris Beauchemin : Le but était de dresser un tableau aussi complet que possible de la position des immigrés et de leurs descendants dans la société française. Notre principal instrument : la réalisation d’une nouvelle enquête avec l’Insee, qui renouvelle celle réalisée dix ans avant, TeO1, sur un nouvel échantillon. C’est une enquête unique par son ampleur, portant sur plus de 27 000 personnes, âgées de 18 à 59 ans, qui ont répondu aux enquêteurs de l’Insee lors d’entretiens durant souvent plus d’une heure.


La collecte, longue, a duré de juillet 2019 à janvier 2021. Cette enquête comporte deux particularités par rapport aux enquêtes classiques de statistique publique. La première est d’être multithématique – portant sur l’emploi, le logement, la famille, la santé, les discriminations, les pratiques culturelles, politiques, et religieuses, etc. ce qui fait sa grande richesse. La deuxième est que les immigrés et leurs descendants sont surreprésentés dans l’échantillon afin d’offrir des effectifs suffisants pour pouvoir faire des analyses en fonction des différentes origines.

Enfin, nouveauté de TeO2 par rapport à TeO1, cette enquête permet d’identifier et d’étudier la troisième génération, celle qui a au moins un grand-parent immigré. En raison de l’histoire de l’immigration, cette troisième génération est essentiellement composée de personnes d’origine européenne : nos enquêtés sont des adultes et leurs grands-parents immigrés sont nécessairement arrivés il y a plusieurs décennies, à une époque où la migration était essentiellement européenne.

Quelle contribution de l’immigration au peuplement de la France et quelle « photographie » TeO2 donne-t-elle des origines des Français ?

C. B. : Le principal résultat à retenir est que si l’on additionne les immigrés, les descendants de deuxième génération (ayant au moins un parent immigré) et la troisième génération (ayant au moins un grand-parent immigré), un tiers des Français a un lien direct avec l’immigration. Plus précisément, parmi les 18-59 ans, 13 % sont immigrés et, respectivement, 11 % et 10 % ont au moins un parent ou un grand-parent qui a immigré. 

Si on ajoute les personnes en couple avec une personne immigrée ou un enfant d’immigré(s), 41 % des individus ont un lien familial fort à l’immigration, soit par ascendance, soit par alliance. L’immigration est donc une composante centrale de la société française. Elle s’y fond au fil des générations par le biais des unions. Parmi les enfants d’immigrés, un sur deux a un parent de la population majoritaire (c’est-à-dire ni immigré ni enfant d’immigré). Quant aux petits-enfants d’immigrés, 95 % ont au moins un grand-parent qui n’est pas immigré.

Dans une perspective historique, quelle évolution est observée dans la composition de l’immigration en France ?

C. B. : La part des immigrés dans la population a augmenté – ce sont les recensements qui nous renseignent sur le sujet –, notamment depuis le début

Mais ce qui a surtout évolué, c’est la composition de la population immigrée. L’immigration procède par « vagues », ce que montre très bien un graphique de notre premier chapitre (voir ci-contre).


Principalement européenne avant 1960, l’immigration s’est peu à peu diversifiée. Les « vagues » se succèdent : le haut de la « vague » d’arrivée des Belges se situe avant 1900, ils ont été suivis par les Italiens et les Polonais au milieu du XX siècle, puis par les Espagnols et les Portugais dans les années 1970. L’immigration non-européenne s’est développée seulement à partir des années 1960, d’abord avec les Algériens. Sont ensuite venus les Marocains, les Tunisiens, les Turcs, les Subsahariens et les Asiatiques, surtout depuis les années 2000.

L’inquiétude de certains discours actuels qui relaient l’idée que l’immigration non européenne suivrait une progression inédite dans l’histoire de l’immigration n’est pas fondée. Certes, le graphique montre bien que l’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne est en augmentation, mais – alors que la courbe cumule les originaires de tout le continent – elle n’atteint pas le niveau des seuls Italiens au milieu du XX siècle.

Reste que, aujourd’hui, l’immigration est très diversifiée. Parmi les 18-59 ans, d’après les résultats de TeO2, les immigrés européens sont minoritaires (28 %). Le Maghreb représente un tiers des immigrés, les Subsahariens, environ 20 %, l’Asie, 16 %.

Que dit TeO2 des positions sociales et des pratiques culturelles des personnes immigrées et de leurs descendants ? Observe-t-on une égalisation progressive, une homogénéisation des positions sociales et des pratiques culturelles entre les descendants d’immigrés et ce que vous appelez la « population majoritaire » c’est-à-dire les personnes ni immigrées ni enfants d’au moins un immigré ?

C. B. : Le grand résultat de l’enquête est précisément qu’il y a un hiatus entre l’intégration socioéconomique et l’intégration socioculturelle. Alors que des difficultés d’accès à l’emploi notamment persistent d’une génération à l’autre, on observe une nette convergence vers la population majoritaire sur une grande variété d’indicateurs socioculturels, comme les pratiques linguistiques (le fait de parler le français à la maison avec ses enfants), les pratiques de fécondité ou les normes sociales (par exemple sur le travail des femmes ou la tolérance vis-à-vis de l’homosexualité ou de l’avortement). 

 

Ainsi, en génération deux et trois, on arrive à des positions qui sont très similaires à celles de la population majoritaire. On l’observe bien avec les réponses données à la question « En pensant à votre histoire, votre culture familiale et votre identité, de quelle(s) origine(s) vous considérez-vous ? ». Les secondes générations qui ne s’identifient pas à la France ne sont pas plus nombreuses que les personnes de la population majoritaire.

Vous évoquez une « identité à traits d’union », qu’entendez-vous par là ? 

C. B. : C’est l’idée que les immigrés et que leurs enfants n’abandonnent pas leur bagage socioculturel, mais qu’ils le combinent à de nouvelles pratiques et de nouveaux sentiments d’appartenance qu’ils adoptent dans l’environnement français qui, lui-même, est divers. On retrouve cette « identité à traits d’union » dans le fait que les immigrés et leurs descendants s’identifient souvent à la fois à leur pays et à la France. C’est le cas de 17 % des immigrés (en plus des 15 % qui ne s’identifient qu’à la France) et de 33 % de leurs enfants (en plus des 39 % pour la France seule). 

Et cette homogénéisation observée en matière de valeurs ne se retrouve donc pas au plan socioéconomique ?

C. B. : Les résultats sont nuancés. Ils sont positifs quand on compare les positions sociales des immigrés et de leurs enfants. Les mobilités sociales ascendantes sont plus fréquentes dans les familles immigrées que dans la population majoritaire, parce que les parents sont souvent de position sociale assez modeste. 

Du point de vue de l’éducation, le tableau est aussi assez positif. Les personnes de la deuxième génération, dans leur ensemble, parviennent à des niveaux d’éducation très proches de la population majoritaire (la proportion des femmes ayant au moins un bac + 3 est de 26 % pour les majoritaires et de 27 % pour les filles d’immigrés), même s’il existe des inégalités selon l’origine. Selon le stéréotype bien connu, les Asiatiques, par exemple, performent et sont hyperdiplômés par rapport à la moyenne (48 % des femmes ont un au moins un bac + 3). Mais ce qu’on dit beaucoup moins et qui est nouveau par rapport à Teo1, c’est que les personnes de deuxième génération d’origine subsaharienne sont aussi plus souvent titulaires d’une licence ou équivalent que la population majoritaire. C’est davantage qu’en population majoritaire, aussi bien chez les femmes (32 % contre 26 %) que chez les hommes (27 % contre 23 %).

D’ailleurs, sur l’éducation, un autre élément que l’on retrouve dans l’enquête, qui va sans doute à l’encontre des idées reçues, est que les primo-arrivants sont beaucoup plus diplômés que par le passé. Pouvez-vous nous détailler ce résultat ?

C. B. : En effet. Parmi les immigrés arrivés avant 1989, seuls 29 % avaient atteint l’enseignement supérieur avant d’entrer en France. Pour ceux arrivés après 2009, la proportion est à 53 % ! Cela ne veut pas dire que tous les immigrés sont extrêmement diplômés : par rapport à la population majoritaire, ils sont à la fois plus fréquemment sans diplôme et aussi plus souvent plus diplômés. Typiquement, les hommes subsahariens de première génération sont plus souvent titulaires d’une licence ou équivalent que les hommes de la population majoritaire (35 % contre 23 %). 

Et donc, pour revenir aux inégalités observées au plan socioéconomique ?

C. B. : Elles sont flagrantes sur le marché de l’emploi. Toutes choses égales par ailleurs, on observe un surchômage très important chez les minorités visibles, notamment les originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, les immigrés d’origine maghrébine ont un risque de chômage augmenté de + 6,2 points de pourcentage par rapport aux hommes de la population majoritaire qui ont des profils comparables. Et l’écart est de +11,7 points pour les femmes. Chez les descendants, qui ont pourtant grandi en France, les écarts persistent. Et des pénalités salariales sont aussi observées. Ces écarts étaient déjà observés dans TeO1. La situation ne s’est pas améliorée. 

Cela s’explique essentiellement par la persistances des discriminations. Le chapitre 11 montre qu’il y a une corrélation très forte entre les situations de désavantage sur le marché de l’emploi et les déclarations de discrimination des enquêtés. Cela corrobore les études fondées sur d’autres méthodes de mesure des discrimination, comme des testings (méthode utilisée pour détecter et prouver des discriminations, NDLR) par exemple, mis en place sur le marché de l’emploi ou sur le marché du logement. 

Vos résultats montrent globalement une augmentation des discriminations. Comment l’expliquer ?

C. B. : L’ouvrage comporte un chapitre sur les expériences de discrimination et de racisme. Tous motifs confondus (origine, sexe, handicap et autres motifs officiels de discrimination qui peuvent justifier un recours auprès de la défenseure des droits), les discriminations ont en effet nettement progressé entre TeO1 et TeO2. C’est un résultat qui s’explique essentiellement par le surcroît de déclarations de sexisme dans un contexte post #MeToo. 

Dans l’enquête figurent aussi des questions sur l’expérience du racisme. Il n’a pas augmenté parmi les minorités les plus visibles, parce qu’il a déjà atteint depuis longtemps des niveaux très élevés : dans TeO2, 36 % parmi les immigrés d’Afrique subsaharienne et 50 % parmi leurs descendants. Chez les ultramarins, la proportion est de 39 % en première génération, 47 % en deuxième génération.

Il y a une augmentation des déclarations de racisme et de discrimination entre la première et la deuxième génération. C’est un phénomène bien connu qu’on appelle le paradoxe de l’intégration. Les personnes de deuxième génération sont nées en France, ont été socialisées en France, sont allées à l’école en France ; elles ont en conséquence plus d’exigences à l’égard du modèle républicain que les premières générations et une plus grande sensibilité qui les conduit à déclarer des faits racistes ou discriminatoires quand elles les subissent.

Quelles pistes de recherche sont à explorer à la suite de l’enquête TeO2 ?

C. B. : La question majeure va de nouveau tourner autour du hiatus entre l’intégration socioculturelle et l’intégration socioéconomique. Idéalement, si on croit au modèle républicain, on voudrait ne plus relever d’inégalités et de discriminations selon l’origine ou l’apparence. La question pour TeO3 sera de déterminer si la société a progressé de ce point de vue-là ou bien si les pénalités socioéconomiques continuent à se transmettre d’une génération à l’autre.


L’enquête TeO2 a été rendue possible par le soutien financier de nombreuses institutions, outre l’Insee et l’Ined : le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), la CNAF, la Défenseure des droits, la Dilcrah, le département des statistiques, des études et de la documentation (DSED) du ministère de l’Intérieur, le DEPS du ministère de la Culture, la Dares du ministère du Travail, l’Injep, le secrétariat d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, France Stratégie et Progedo.

 

[Photo : Miguel Médina/AFP - source : www.theconversation.com]

 

 

Que facer cando non podes pegar ollo? Alice Rivaz di: escribe a túa vida

A lucidez insomne cóase nas regañas das páxinas de «Lanza o teu pan», unha novela sobre coidados, sobre amor propio, anhelos imposibles e cotiandade  

Imaxe da portada do libro «Lanza o teu pan», de Alice Rivaz

Escrito por BELÉN ARAÚJO 

Sucede algo moi curioso nas noites de insomnio. A mente parece viaxar soa, abrindo portas que nin sabiamos que existían e converténdose nunha versión moito máis brillante de si mesma. Por iso é polo que os mellores argumentos para gañar unha discusión fórxense sempre de madrugada. Nunca ás 9 da mañá. Esa lucidez insomne é a mesma que se coa nas regañas das páxinas de Lanza o teu pan, unha novela sobre coidados, sobre amor propio, anhelos imposibles e cotiandade. 

Escrito por Christine é a protagonista desta noite interminable e os seus pensamentos son tan reveladores como atropelados. Frases que non acaban nunca e recordos que se enganchan uns con outros como un Tarzán movéndose entre lianas. É a través dese bosque de reflexións como empezamos a coñecela un pouco máis. Descubrimos que vive coa súa nai convalecente e que a eterna preocupación polo seu benestar é tamén a culpable de que teña que durmir cun ollo aberto. Descubrimos os seus amores do pasado, os seus erros, os seus medos e tamén o seu desexo de escribir a —mundana e nada trepidante— historia da súa vida. Porque quizais «no seu prosaísmo cotián radican certa grandeza, un patetismo oculto, unha poesía por descubrir». Poida que ata haxa algo de beleza na vida deses aos que, como a ela, «as necesidades do pan do día a día [...] péchanlles o paso dos soños».   

Pero para que negalo: agora mesmo non ten tempo para porse a escribir un libro. Christine vive coidando. Esa é a súa obrigación.  

Con esta novela, a suíza Alice Rivaz fixo alá por 1979 un retrato hiperrealista da dicotomía que, aínda a día de hoxe, habita a mente da que coida. Reproche e resentimento conviven co amor e a compaixón. E esa nostalxia por unha vida alternativa con tempo propio —«total liberdade, perfecta soidade»— nunca lle gaña á culpa e a responsabilidade que caen sempre ao lado feminino da historia.

Lanza o teu pan é, ao comezo, esmagador e desoladora, pero aos poucos desvélallenos como unha gran carta de amor á escritura e á simpleza da vida narrada cunha brillantez só ao alcance dunha mente insomne.

«LANZA O teu PAN»

ALICE RIVAZ

EDITORIAL ERRATA NATURAE PÁXINAS 164 PREZO 23,5  

 

[Fonte: www.lavozdegalicia.es] 

 

 

 



Crisi màger dins l’ensenhament dins los Païses Catalans

De milièrs d’ensenhaires se mobilizan en Catalonha, al País Valencian e dins las Balearas contra la degradacion de l’escòla publica, la precarizacion de las condicions de trabalh e las tensions creissentas a l’entorn de la question lingüistica

Escrich per Jòrdi Ràfols

Los sistèmas educatius dels Païses Catalans travèrsan actualament un periòde de fòrta conflictualitat. En Catalonha, al País Valencian e dins las illas Balearas, de milièrs d’ensenhaires se mobilizan per denonciar la degradacion de l’escòla publica, la precarizacion de las condicions de trabalh e la manca de mejans dins los establiments escolars.

Los ensenhaires insistisson sul fach que las protèstas respondon pas unicament a de revendicacions salarialas, mas tanben a la volontat de defendre un modèl educatiu public, accessible e enrasigat dins la lenga del país.

 

Catalonha: colèra sociala e regèt de las reformas educativas

 

En Catalonha, los sindicats USTEC, CGT, Intersindical e Professors de Segondària an convocat mantuna jornada de cauma e de mobilizacion contra las politicas del departament de l’educacion del govèrn catalan (Partit dels Socialistas de Catalonha). Los ensenhaires denóncian de classas subrecargadas, un excès de burocracia, la manca de personal e de condicions salarialas insufisentas. Critican tanben los acòrdis concluses entre lo govèrn e los sindicats majoritaris CCOO e UGT (mas fòrça minoritaris dins lo sector educatiu catalan), qu’una partida importanta del còrs ensenhaire considèra alonhats de las revendicacions realas de las escòlas primàrias e segondàrias.

Las mobilizacions en Catalonha son tanben estadas marcadas per una polemica plan comentada après la revelacion de l’infiltracion de doas agents dels Mòssis d’Esquadra (la polícia regionala catalana) dins una amassada de trabalhadors del Consòrci de l’Educacion e de Barcelonés organizada al licèu Pau Claris de Barcelona. Segon los sindicats USTEC, CGT e Intersindical, las doas policièras participavan a las reünions jos una falsa identitat e foguèron reconegudas per d’ensenhaires que las avián ja vistas pendent de manifestacions. Après èsser estadas interpeladas per mantun participant, fin finala quitèron l’amassada. L’afar suscitèt una viva indignacion dins lo sector educatiu, ont se denoncièt coma un atac a la libertat sindicala e al drech de cauma.

 

País Valencian: defensa de l’escòla publica e del valencian

 

Al País Valencian, lo conflicte ten tanben una dimension politica e lingüistica plan marcada. Las organizacions a l’origina de la mobilizacion denóncian las politicas educativas menadas pel govèrn valencian entre las mans de PP e de Vox, sustot l’organizacion novèla del modèl lingüistic escolar qu’introdutz un mai grand pes de la «liura causida» de la lenga veïculara per las familhas, çò que poiriá reduire la preséncia efectiva del valencian dins cèrts centres. Critican tanben la diminucion del ròtle estructurant d’ensenhament en valencian dins mantun nivèl e la flexibilitat acrescuda daissada a las escòlas dins l’aplicacion dels programas lingüistics. En mai de reclamar de melhoraments salarials e mai d’investiments publics, de nombroses ensenhaires afirman qu’aquela mobilizacion constituís tanben una defensa de l’ensenhament en catalan e del modèl d’escòla publica valenciana.

La manifestacion massissa organizada pels ensenhaires a Valéncia lo 15 de mai passat foguèt presentada per fòrça observaires coma un avertiment seriós adreiçat al govèrn de Juanfran Pérez Llorca. Dins un contèxt ja marcat per una societat fòrça tocada e tibada pels aigats catastrofics de 2024, los sindicats insistisson sul fach que lo conflicte despassa d’ara enlà las solas revendicacions salarialas e miralha un malaise mai prigond dins l’escòla publica valenciana. L’amplor de la mobilizacion, qualificada d’istorica amb 35 000 manifestants, metèt en evidéncia la capacitat del sector educatiu a s’organizar contra las politicas del govèrn valencian, dins un contèxt de tensions creissentas a l’entorn de la question lingüistica, de las condicions de trabalh e del finançament dels establiments publics.

 

Illas Balearas: crisi del lotjament e penúria d’ensenhaires

 

Dins las Illas Balearas, lo malaise del sector s’explica sustot per la manca d’ensenhaires e per las dificultats creissentas per provesir los pòstes, sustot en causa del còst del lotjament. Los sindicats alèrtan sul fach que de nombroses professors pòdon pas pus assumir lo còst de la vida dins las illas, una situacion qu’accentua la precaritat del sistèma educatiu.

D’autre caire, las politicas lingüisticas del govèrn balear de drecha espanholista (PP amb lo sosten de Vox) e la situacion del catalan dins las escòlas e los licèus balears suscitan tanben de prigondas inquietuds, mai que mai la remesa en question del modèl d’immersion en catalan dins l’ensenhament e l’alargament de la causida de la lenga veïculara dins cèrts establiments, çò que poiriá entraïnar una reduccion de la preséncia efectiva del catalan dins las classas. Aquelas mesuras, aital coma los debats sus las exigéncias lingüisticas dins lo sistèma educatiu e dins la foncion publica, alimentan las tensions a l’entorn de la plaça de la lenga dins l’escòla publica a las illas Balearas.


 

 

 

[Sorsa: www.jornalet.com]

J’accuse un régime, et ceux qui l’arment

Réquisitoire contre la doctrine de l’État israélien et l’impunité que lui concède l’Occident. 

 Écrit par Laala Bechetoula 

« C’est une famine que nous aurions pu éviter »

— Tom Fletcher, coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, 22 août 2025 

l y a, dans la scène du 19 mai 2026quelque chose que l’histoire retiendra — non comme une bavure, mais comme un aveu. Au port d’Ashdod, Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, se filme lui-même. Autour de lui, quatre cent trente militants humanitaires agenouillés, mains liées dans le dos, têtes contre le bitume. Ces hommes et ces femmes venaient de quarante-quatre pays et naviguaient vers Gaza avec de la nourriture. Ils ont été interceptés en haute mer — dans les eaux internationales. Ben-Gvir brandit un drapeau. Une femme, l’Irlandaise Catrióna Graham, ose crier « Free Palestine ». Deux gardes lui plaquent la tête au sol. Le ministre sourit à l’objectif : « Bienvenue en Israël. Nous sommes les propriétaires ici. C’est ainsi que les choses doivent être. » Puis il diffuse la vidéo lui-même.[1]. 


Ce geste — non pas l’abus, mais sa publication revendiquée — est le point de départ de ce réquisitoire. Un homme qui filme sa propre cruauté et la donne au monde ne craint rien : il sait qu’aucune conséquence réelle ne viendra. Cette certitude a un nom : l’impunité. Et l’impunité a des fournisseurs.


Disons-le d’emblée : il ne s’agit pas ici de juger un peuple, une foi ou une civilisation. Les peuples ne sont pas des régimes, et la critique d’un État n’est pas la haine de ses habitants. Ce réquisitoire accuse des actes, des décisions, des noms et des chiffres. Il n’a besoin d’aucune insulte. Les pièces suffisent.

I. Les témoignages

Commençons par les corps. Les avocats d’Adalah — l’organisation israélienne de défense des droits arabes — ont recueilli, dans la nuit du 20 mai, les déclarations de centaines de détenus à Ashdod. Leurs rapports font état de violence à grande échelle, d’abus sexuels et de tourments psychologiques avant le transfert vers la prison de Ketziot dans le Néguev [2]. Miriam Azem, porte-parole d’Adalah, cite des balles en caoutchouc, des humiliations organisées, du harcèlement sexuel — et un militant contraint de courir nu sous les rires des gardes. Au moins trois personnes ont été hospitalisées.

Ces voix ne sont pas isolées dans le temps. Lors d’une flottille précédente, en octobre 2025, le journaliste italien Saverio Tommasi décrivait des militants traités « comme des singes », privés de médicaments [3]. Son confrère Lorenzo D’Agostino mentionnait des chiens d’intimidation, des visées laser pointées sur les prisonniers, et ses affaires personnelles « volées par les Israéliens ». L’ancienne maire de Barcelone Ada Colau parlait d’une « prison de haute sécurité où n’existait aucun État de droit ».


Remontons encore. En 2010, sur le Mavi Marmara, dix membres de la première flottille furent tués par des commandos israéliens [4]. Aucun responsable ne fut jamais jugé. La séquence se répète en 2025, en mai 2026 : flottille, interception, abus, déportation, impunité. Ce n’est pas une répétition accidentelle. C’est une méthode.


II. La famine comme arme

Le 22 août 2025, Tom Fletcher, coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, déclare officiellement la famine dans le gouvernorat de Gaza. Ses mots sont chirurgicaux : « C’est une famine que nous aurions pu éviter si on nous l’avait permis. La nourriture s’accumule aux frontières en raison de l’obstruction systématique d’Israël. »[5] Obstruction systématique : le mot est de l’ONU.


Les chiffres des agences onusiennes sont d’une précision qui glace. Un enfant sur cinq à Gaza souffre de malnutrition aiguë sévère, selon l’UNICEF [6]. Au 30 août, le ministère gazaoui de la Santé dénombrait 332 morts de faim, dont 124 enfants [7]. Le PAM et les autres agences disposaient pourtant, à ce moment-là, de suffisamment de vivres pour nourrir l’ensemble des 2,1 millions d’habitants pendant au moins trois mois. La nourriture existait. On ne l’a pas laissée entrer.

Organiser la famine d’une population civile en bloquant une aide disponible : le droit international a un nom pour cela. L’article 8(2)(b)(xxv) du Statut de Rome de la Cour pénale internationale classe parmi les crimes de guerre « le fait d’affamer intentionnellement des civils comme méthode de guerre »[8]. Ces procédures sont en cours. Le verdict judiciaire viendra.

 

Source : ujfp.org

III. L’argent et le veto

Selon le Council on Foreign Relations [9], les États-Unis ont octroyé au moins 16 à 18 milliards de dollars d’aide militaire directe depuis le 7 octobre 2023 : obus de char, bombes, roquettes, défense antimissile. Quatre-vingt-dix mille tonnes d’armement. Le Center for International Policy résumait froidement [10] : « Israël a employé à plusieurs reprises ces armes subventionnées par les États-Unis pour commettre de graves atrocités en violation du droit américain et international. » Ce n’est pas un pamphlet qui l’écrit : c’est un centre d’analyse basé à Washington.


À l’argent s’ajoute le bouclier diplomatique. Les États-Unis ont opposé six vétos depuis octobre 2023 aux résolutions de cessez-le-feu [11]. En septembre 2025, quatorze membres du Conseil réclamaient l’arrêt des combats, la levée des restrictions humanitaires, le retour des otages. Washington, seul, a bloqué. Un État dont la guerre résiste à l’injonction de l’ensemble de la communauté internationale n’agit pas seul : il agit au nom de ce qui le protège.

Quant à l’Europe : elle a convoqué des ambassadeurs après la vidéo d’Ashdod. Aucun contrat d’armement n’a été suspendu. Convoquer un ambassadeur après avoir livré les bombes, c’est déplorer la fumée tout en vendant l’allumette.

IV. L’aveu de l’accusé

La pièce la plus accablante n’est pas apportée par les accusateurs : elle est prononcée par l’accusé. En janvier 2026, dans un entretien à The EconomistNetanyahou affirmait qu’Israël menait une bataille pour défendre « toute la civilisation occidentale » contre des « forces fanatiques »[12]. Lorsqu’un chef de gouvernement se proclame rempart de l’Occident, il désigne sa propre fonction : un poste avancé n’agit jamais pour son seul compte. La cruauté d’Ashdod et la famine de Gaza sont, de l’aveu même de leur commanditaire politique, accomplie au nom d’un ordre plus vaste.


L’indignation occidentale l’a confirmé sans le vouloir. L’ambassadeur américain Mike Huckabee, après la vidéo d’Ashdod, écrivait : « La flottille était une opération stupide, mais Ben-Gvir a trahi la dignité de sa nation ». Relisez : le scandale est l’image abîmée, jamais la souffrance des militants. Netanyahou a ordonné la déportation « aussi vite que possible » — pour éteindre l’incendie médiatique. La crise était de communication, pas de conscience.


V. La longue durée et la loi

On objectera : un ministre, une vidéo. Le dossier répond par la durée et par les textes. En 1953, l’Unité 101 du major Ariel Sharon attaque Qibya : soixante-neuf civils tués, en majorité des femmes et des enfants, écrasés sous des maisons dynamitées [13]. Sharon sera Premier ministre un demi-siècle plus tard.


En 1956, la veille de la guerre de Suèz, la police des frontières abat à Kafr Qassem quarante-huit civils — dont vingt-trois enfants — qui ignorent le couvre-feu [14, 15]. Le tribunal militaire israélien condamne huit officiers ; les peines sont soldées avant 1960. La doctrine de l’« ordre manifestement illégal » naît de ce procès. Elle n’a jamais été appliquée systématiquement.


En 1982, à Sabra et Chatila, des miliciens phalangistes liés à Israël massacrent entre 1 300 et 3 500 civils en quarante heures, sous le contrôle militaire israélien du périmètre [16, 17]. La commission Kahan — nommée par Israël, présidée par le président de la Cour suprême — reconnut une « responsabilité indirecte » et exigea la révocation de Sharon. Il ne fut jamais jugé. Il devint Premier ministre. L’impunité n’humilie pas les hommes qui la reçoivent : elle les élève.


Aujourd’hui, la loi de 2026 portée par Ben-Gvir autorise la peine de mort pour des Palestiniens reconnus coupables d’avoir tué des Israéliens — mais non l’inverse [18]. Il y a un mot pour une loi qui crée deux catégories d’humanité devant la mort.


VI. Ce que l’honnêteté intellectuelle oblige à dire

Un réquisitoire qui veut durer ne choisit pas ses pièces : il les affronte toutes. Israël a une presse libre — Haaretz, +972 Magazine — qui publie contre son propre gouvernement. Adalah, dont nous tirons nos témoignages, est une organisation israélienne. En 1982, quatre cent mille Israéliens ont manifesté à Tel-Aviv pour exiger une enquête sur Sabra et Chatila. Ces contre-pouvoirs ont existé.

La thèse n’est donc pas qu’Israël serait identique à lui-même depuis 1948 : ce serait faux. La thèse est plus sévère : les digues intérieures cèdent. La commission Kahan n’aurait pas laissé passer la vidéo d’Ashdod. Le gouvernement de 2026, lui, s’en est indigné par communiqué et passé à autre chose. Qu’un homme jadis condamné pour soutien à un groupe terroriste juif interdit soit aujourd’hui ministre et légifère sur la vie et la mort : voilà l’échelle du recul.


Achille Mbembe a nommé la logique qui traverse cette histoire : la nécropolitique, ce pouvoir souverain de décider qui peut être tué et dans quelles conditions sa mort laisse ou ne laisse pas de trace. Frantz Fanon décrivait le monde colonial comme un monde coupé en deux, où la frontière passe entre des humanités tenues pour inégales. Malek Bennabi, enfin, nommait « colonisabilité » cette disposition qu’une civilisation en déclin laisse se creuser en elle — et qui rend possible sa sujection. Retournée, cette notion désigne aussi l’incapacité du Sud global à construire les coalitions qui imposeraient des conséquences réelles. C’est un défi adressé aux spectateurs autant qu’aux acteurs.


VII. Le verdict

Trois choses précises, car la précision seule engage.

Premièrement : que les fournisseurs d’armes répondent. Un État qui livre quatre-vingt-dix mille tonnes d’armement et oppose six vétos à un cessez-le-feu n’est pas spectateur : il est coaccusé. Les livraisons d’armes pendant une famine officiellement déclarée par ses propres agences ne sont pas de la politique étrangère : elles constituent une complicitation.


Deuxièmement : que la justice internationale aille à son terme sans veto ni chantage. Un ordre international à géométrie variable n’est pas un ordre : c’est un rapport de force déguisé en principe.


Troisièmement : que le Sud global cesse de sous-traiter sa voix. L’Afrique du Sud a montré la voie. C’est dans cette direction que réside la seule réponse structurelle : non l’indignation, mais l’action judiciaire et diplomatique concertée, patiente, irréversible.


VIII. Coda : ce que l’histoire demandera

Il y a, dans l’épreuve de Gaza, quelque chose qui dépasse le conflit régional et interroge l’humanité dans son ensemble. Chaque époque produit ses grandes impunités — ces moments où un crime est commis devant tous, et où chacun choisit de voir ou de ne pas voir. C’est cette frontière, plus que les frontières territoriales, qui sépare les civilisations qui avancent de celles qui déclinent.

La loi morale universelle — celle qu’Ibn Khaldoun appelait la ‘asabiyya de l’humanité entière, que Kant formulait comme l’impératif de traiter tout être humain comme une fin et jamais seulement comme un moyen, que la Charte des Nations Unies traduit en droit positif — n’admet pas d’exception géographique. Un enfant qui meurt de faim à Gaza parce qu’on a bloqué la nourriture à sa frontière n’est pas une victime de l’Histoire abstraite : c’est le résultat d’une décision humaine, prise par des hommes identifiables, financée par des budgets traçables, couverte par des votes nominatifs. C’est pourquoi ce réquisitoire s’écrit avec des noms et des chiffres : parce que l’abstraction est le premier refuge de l’impunité.


L’histoire jugera, comme elle l’a toujours fait, non pas ceux qui ont eu raison trop tôt, mais ceux qui ont su, et qui se sont tus. La vidéo de Ben-Gvir aura eu cette vertu involontaire : pendant quelques secondes, le rempart a souri à la caméra, et derrière ce sourire on a entrevus l’ordre qui le tient debout — ses budgets, ses vétos, ses silences organisés.


J’accusedonc, non pas une essence, mais des actes : des détenus humiliés, des enfants morts de faim devant de la nourriture bloquée, une loi qui crée deux catégories d’humanité devant la mort, une guerre poursuivie contre l’avis du monde. J’accuse les mains qui arment et les vétos qui couvrent. Et je le fais avec des noms, des dates et des chiffres — parce que c’est ainsi, et seulement ainsi, qu’un réquisitoire traverse le temps.

 

Image en vedette : Capture d’écran. Source : Association France Palestine

Références complètes en notes de bas de page. Cadre théorique : A. Mbembe, « Nécropolitique », Raisons politiques, 2006 ; F. Fanon, Les Damnés de la terre, Maspero, 1961 ; M. Bennabi, Le Problème des idées dans le monde musulman, 1970 ; Ibn Khaldoun, Al-Muqaddima, XIV siècle ; Charte des Nations Unies (1945), art. 1 et 55.

Notes :

1Vidéo postée sur le compte X officiel de Ben-Gvir, 20 mai 2026. Sources : Al Jazeera, « Outrage over Israel’s Ben-Gvir flotilla abuse video », 21 mai 2026 ; Times of Israel, même date.

2Adalah — The Legal Center for Arab Minority Rights in Israel, communiqué du 21 mai 2026, rapporté par Jerusalem Post (« Adaiah claims flotilla activists abused by Israeli authorities ») et Peoples Dispatch (« Flotilla activists deported after days of abuse », 21 mai 2026). Adalah est une organisation israélienne accréditée auprès des instances judiciaires de l’État.

3Déclarations de Saverio Tommasi à l’arrivée à l’aéroport de Fiumicino, rapportées par l’Associated Press, 5 octobre 2025, et reprises par Al Jazeera (« More Gaza flotilla activists allege mistreatment », 5 octobre 2025) et Euronews.

4Conseil des droits de l’homme de l’ONU, rapport A/HRC/15/21 (« Rapport de la mission internationale indépendante chargée d’enquêter sur l’incident de la flottille »), septembre 2010 : conclusions d’exécutions sommaires. Commission Palmer (Rapport du Secrétaire général de l’ONU, septembre 2011) : blocus qualifié d’« illégal », force employée qualifiée d’« excessive et déraisonnable ».

5Tom Fletcher, déclaration officielle du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 22 août 2025. Précédée de l’analyse IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) publiée en août 2025, qui classifiait formellement la situation en « famine » selon les trois critères techniques du Statut IPC Phase 5.

6UNICEF, « A Gaza, la famine est imminente », rapport publié août 2025 : 23 % des enfants admis en traitement pour malnutrition aiguë sévère en août 2025, contre 12 % six mois auparavant. Plus de 500 000 personnes en situation de famine IPC Phase 5, projection de 640 000 pour fin septembre 2025.

7Ministère de la Santé de Gaza, communiqué du 30 août 2025, relayé par l’agence officielle palestinienne WAFA. Chiffres confirmés dans leurs grandes lignes par OCHA : au 13 août, le ministère de la Santé faisait état de 235 décès liés à la malnutrition depuis octobre 2023, dont 106 enfants.

8Statut de Rome de la Cour pénale internationale, art. 8(2)(b)(xxv). En mai 2024, le procureur de la CPI Karim Khan avait demandé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Netanyahou et l’ex-ministre de la Défense Gallant, notamment pour ce chef d’accusation. La CIJ avait été saisie par l’Afrique du Sud dès décembre 2023 (Requête en indication de mesures conservatoires, affaire Application of the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide).

9Council on Foreign Relations, « U.S. Aid to Israel in Four Charts », mis à jour octobre 2025. Chiffre de 16 à 18 milliards de dollars d’aide militaire directe depuis le 7 octobre 2023, dont 8,7 Md$ au titre de la loi d’aide supplémentaire d’avril 2024 et 3,8 Md$ annuels au titre du MOU. En mai 2025, le ministère israélien de la Défense évaluait les livraisons à 90 000 tonnes d’armement sur 800 avions-cargos et 140 navires.

10Center for International Policy, déclaration de Matthew Duss, vice-président exécutif, 17 novembre 2025 : « The United States gave Israel nearly $18 billion in weapons aid over the two years of the Gaza war – and Israel repeatedly used those US-subsidized arms to commit grave atrocities in violation of American and international law. »

11Sixième veto américain : Conseil de sécurité de l’ONU, séance du 19 septembre 2025, projet de résolution S/2025/… exigeant un cessez-le-feu immédiat et permanent, le retrait israélien et la levée des restrictions humanitaires. 14 voix pour, 1 contre (États-Unis). Source : UN News, « US vetoes Security Council resolution demanding permanent ceasefire in Gaza », 19 septembre 2025.

12Benjamin Netanyahou, entretien avec « The Economist », janvier 2026. Cité dans War on the Rocks, « Does Guaranteeing Israel’s Qualitative Military Edge Still Serve U.S. Interests? », février 2026.

13Nations Unies, résolution du Conseil de sécurité S/RES/101 (1953), condamnant l’attaque de Qibya. 69 civils tués selon les sources israéliennes elles-mêmes (rapport d’enquête militaire interne cité dans Benny Morris, « Israel’s Border Wars », Oxford University Press, 1993).

14Tribunal militaire israélien, affaire 

15Les faits de Kafr Qassem sont consignés dans le jugement du tribunal militaire israélien de 1957 (affaire Ofer et autres). Bilan officiel : 48 victimes (49 selon les sources arabes qui comptent le fœtus d’une femme enceinte). Condamnation de huit officiers, peines réduites et soldées avant 1960. La doctrine de l’« ordre manifestement illégal » (pkauda mifaheret levina) est issue de ce jugement.

16Commission Kahan, rapport officiel du gouvernement israélien, février 1983 : 

17Commission Kahan (Kahan Commission of Inquiry), rapport publié le 8 février 1983. Conclusions : « responsabilité indirecte » d’Israël, responsabilité personnelle du ministre de la Défense Ariel Sharon (« non-prévention »). Recommandation de révocation de Sharon. Fourchette de victimes : 700 à 3 500 selon les sources (chiffre officiel israélien : environ 700 ; journaliste Amnon Kapeliouk : 3 500).

18Human Rights Watch, « A Threshold Crossed : Israeli Authorities and the Crimes of Apartheid and Persecution », 27 avril 2021 : documentation du double régime juridique (droit civil pour les citoyens juifs israéliens, droit militaire pour les Palestiniens sous occupation). La loi sur la peine de mort : Knesset, 2026, signalée notamment par Al Jazeera, « Outrage over Israel’s Ben-Gvir flotilla abuse video », 21 mai 2026. 




Laala Bechetoula est historien, journaliste et analyste géopolitique algérien indépendant. Il écrit sur Trump, l’hégémonie américaine et l’effondrement de l’ordre international depuis 2025. Il est associé du Centre de recherche sur la Mondialisation – CRM 

 

[Source : [ [Source : www.mondialisation.ca]