sexta-feira, 20 de fevereiro de 2026

Anthony Harvey – « They Might be Giants »

 

Écrit par Gabriel CARTON

Depuis la mort de sa femme, Justin (George C. Scott) se prend pour Sherlock Holmes. Interné par son frère dans un hôpital psychiatrique et attendant le diagnostic qui le déclarera inapte à gérer ses finances, le détective schizophrène fait la connaissance d’une jeune psychiatre (Joanne Woodward) qui porte le nom providentiel de Watson. Il ne fait aucun doute à ses yeux que le destin les a réuni pour de grands projets : au diable les traitements, le crime n’attend pas !


L’exercice du pastiche holmesien a donné de beaux résultats au cours des années 70, qu’il s’agisse de la comédie à priori légère chez Billy Wilder (La Vie privée de Sherlock Holmes, 1970), des enquêtes apocryphes conviant des figures historiques de Herbert Ross ou Bob Clark (Sherlock Holmes attaque l’Orient express et Meurtre par Décret, 1976 et 79) ou de la franche parodie d’un Gene Wilder sous influence brooksienne (Le frère le plus futé de Sherlock Holmes, 1975). On s’étonnera que They Might be Giants (Le Rivage oublié, en français) ne s’inscrive dans aucune de ces catégories alors que c’est son appartenance supposée à ce sous-genre savoureux qui lui sert le plus souvent d’argument promotionnel. D’un argument qui évoque lointainement celui d’Élémentaire mon Cher… Lock Holmes (Thom Eberhardt, 1988), Anthony Harvey (Le Lion en hiver, 1968) tire une fable d’une tendresse teintée d’amertume plus héritée de Cervantes que de Conan Doyle.


Le titre « They Might be Giants » (ils pourraient s’agir de géants) est d’ailleurs une référence directe aux moulins contre lesquels se mesure Don Quichotte. La pathologie de Justin relève plus d’une volonté forcenée de ne pas voir les choses comme elles sont mais de les regarder comme elles pourraient être, la méthode holmesienne lui permettant de démontrer logiquement ses hypothèses les plus incongrues. Avec une logique imparable que n’autorise que la folie, il martèle la validité de son approche du monde d’une évocation des progrès de l’humanité : « Les plus grands esprits ont longtemps pensé que la terre était plate. Et si elle était ronde ? (…) Si nous n’avions jamais envisagé les choses en songeant à ce qu’elles pourraient être, nous errerions encore dans les herbes hautes avec les autres primates ».


En guise de Sancho Panza, Watson s’avère le véritable personnage principal du Rivage oublié. Psychiatre engagé pour délivrer le diagnostic d’irresponsabilité de Justin, cette dernière, sur un coup de tête qui exprime, peut-être pour la première fois de sa vie, son esprit contradictoire, se lance dans une entreprise désespérée : guérir Justin et le libérer de la tutelle de son frère. En pleine crise existentielle (elle est visiblement tiraillée entre les attendus sociaux et ses aspirations profondes), elle y voit l’occasion de mener son grand combat, contre ses propres moulins et ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle n’embrasse le point de vue de son patient qui devient son mentor et grâce auquel elle comprend que derrière chaque injustice se trouve Moriarty sous les divers pseudonymes de bureaucratie, productivité, efficacité ou conformisme. Aux côté d’un George C. Scott attachant, Joanne Woodward devient notre ancre émotionnelle et assume une trajectoire bouleversante jusqu’à atteindre ce rivage oublié balayé par les vents qui font tourner les moulins de nos peurs. L’issue de la quête n’est que le début de la lutte.


Autour du couple Holmes-Watson gravitent bon nombre de satellites, versions contemporaines des irréguliers de Baker Street (dont émerge le bibliothécaire se rêvant redresseur de tort chevaleresque incarné par Jack Gilford) galvanisés par le discours de Justin apporteront leur concours à son enquête farfelue, affichant leur refus d’un système qui les broie. Ils sont la véritable victoire de de Justin : leur retour à la réalité n’annule pas leur prise de conscience, ils incarnent le germe de la remise en question de l’état du monde sans pour autant s’en dissocier. Le cortège qu’ils forment à la suite des héros dans le dernier acte, rythmé par la marche victorieuse de John Barry, véritable triomphe des inadaptés est à ce titre aussi réjouissant qu’émouvant.

Vendu à tort comme une comédie et mal reçu pour le drame qu’il est en réalité, They Might be Giants n’est qu’occasionnellement drôle pour surmonter l’infinie mélancolie qu’il déploie et ses saillies humoristiques sont plutôt autant de raisons de s’attendrir que de se gondoler. De la pièce de James Goldman (également auteur du Lion en Hiver), Anthony Harvey a tiré une petite perle douce-amère, une réflexion empathique sur la découverte de soi et le rôle de la fiction comme non comme refuge face au réel mais comme instrument essentiel pour y survivre.

Suppléments

Le film est présenté dans ses deux versions cinéma, l’américaine de 92 minutes et l’anglaise, de 87 minutes. Deux commentaires audio sont disponibles, celui d’Anthony Harvey et du conservateur de films Robert A Harris (2000), ainsi que celui des critiques Barry Forshaw and Kim Newman (2023). Deux suppléments sont proposés : Madness… It’s Beautiful (1971, 8 mins), document d’archives promotionnelles, ainsi que A Study in Sherlock (2023, 27 mins) dans lequel Kim Newman, critique et notamment auteur de Moriarty: The Hound of the D’Urbervilles, s’attarde sur toutes les adaptations, variations et interprétations autour de Sherlock Holmes. La bande annonce originale, une galerie promotionnelle ainsi qu’un livret de 26 pages viennent compléter l’édition de cette superbe virée douce amère dont la remasterisation 2K/ restauration est par ailleurs très belle.


[Images: captures d’écran Blu-Ray – Powerhouse - source : www.culturopoing.com]

Adolfo Pérez Esquivel: «Europa ha perdido la voz»

A sus 94 años, el premio nobel de la paz Adolfo Pérez Esquivel analiza el papel de los derechos humanos y de las instituciones internacionales ante las puertas de una nueva etapa oscura.

Adolfo Pérez Esquivel, premio Nobel en 1980 y director del Servicio Paz y Justicia de Argentina (Serpaj)

Escrito por Ana Delicado Palacios

Premio Nobel de la Paz en 1980, el activista argentino Adolfo Pérez Esquivel, defensor de los derechos humanos, sigue dirigiendo a sus 94 años el Servicio Paz y Justicia de Argentina (Serpaj), un movimiento ecuménico con 15 sedes en América Latina, y también brinda clases en la Universidad de Buenos Aires (UBA), además de ser escultor y pintor.

A 45 años del galardón que lo volvió conocido en todo el mundo, Pérez Esquivel deja la vanidad a un lado cuando pasa de puntillas sobre las experiencias más trágicas de su vida, como la que tuvo en uno de los llamados vuelos de la muerte durante la última dictadura cívico-militar argentina (1976-1983), o como la que lo llevó a ser casi asesinado junto a su hijo a poco de anunciarse su distinción.

Casi siete veces [he logrado esquivar a la muerte], como los gatos: intentos de asesinato, vuelos de la muerte, distintos atentados que sufrí, y amenazas de muerte, pero aquí estamos. No lo tomo como un drama

Comprometido con la denuncia de abusos y de vulneración de derechos que tienen lugar en Argentina, en América Latina y en el resto del mundo, Pérez Esquivel abrió a El Salto las puertas de su casa, en el partido de San Isidro de la provincia de Buenos Aires (este), para reflexionar sobre el devenir de una realidad que hace unos años habría parecido distópica.

Usted es un sobreviviente.
Soy un sobreviviente, sí.

¿Cuántas veces ha logrado esquivar a la muerte?
Casi siete veces, como los gatos: intentos de asesinato, vuelos de la muerte, distintos atentados que sufrí, y amenazas de muerte, pero aquí estamos. No lo tomo como un drama, porque es parte de todo un caminar de compromiso en el que sabemos que ponemos en riesgo la vida. La militancia y el trabajar con los pueblos tiene siempre sus riesgos, no es que no nos va a pasar nada y somos inmunes a la situación. Dos días después de que me anunciaran el Premio Nobel, tuve un atentado al que sobreviví.

Estaba con su hijo, en su coche, cuando los asaltaron dos hombres armados.
Sí. Uno tiene que asumir las consecuencias de sus actos. Si no hacemos nada, no pasa nada.

Yo aprendí del miedo. El miedo paraliza, y del miedo a la cobardía hay un solo paso. Con el miedo, al paralizarte, logran lo que querían: inmovilizarte, no actuar. Eso es lo peor. Dejas de ser persona

¿Ha vivido con miedo esos episodios traumáticos?
Yo aprendí del miedo. El miedo paraliza, y del miedo a la cobardía hay un solo paso. Con el miedo, al paralizarte, logran lo que querían: inmovilizarte, no actuar. Eso es lo peor. Dejas de ser persona, de tener conciencia de uno mismo, y entonces perdés identidad: quién soy, qué hago, hacia dónde voy.

Yo tuve miedo de la prisión, del vuelo de la muerte, de los distintos atentados. No somos inmunes al miedo, pero hay que sobreponerse a él. Siempre digo a mis alumnos: “Por favor, no dejen de sonreírle a la vida. El día que dejen de sonreírle a la vida es porque los vencieron. Y eso nunca”. La forma de enfrentar al miedo es con la resistencia y la esperanza, porque siempre hay un nuevo amanecer.

El miedo es mucho más difícil de dominarlo cuando hay una familia que lo acompaña.
Con el miedo uno siempre está solo, por más que tenga gente que te acompañe, porque es algo que tiene que ver con la personalidad de uno, de cómo afrontar la situación. Como sucede en muchos casos, podría haber recibido el Premio Nobel y quedarme hecho, pero para mí el Premio Nobel es un instrumento al servicio de los pueblos. Tanto que cuando me lo dieron, dije que el trabajo no había sido de una persona. Sería delirante pensar que uno pudo hacer solo lo que hizo: es un trabajo compartido por miles de personas en todo el continente.

En medio de este nuevo orden mundial que irrumpe ante nuestros ojos, ¿hacia dónde cree que está yendo el mundo?
Todos los ríos tienen su historia y sus elementos. Tienen también su energía. Hay ríos impetuosos, hay ríos calmos, hay ríos impetuosos y calmos, pero todos los ríos conducen al mar. Y esto tiene que ver mucho con el ser humano, con su espiritualidad. Mi último libro, Espiritualidad en tiempo de incertidumbre, habla de eso.

Todos los ríos tienen además memoria, como cada ser humano, que tiene una memoria personal y una memoria colectiva.

Son tiempos líquidos, decía el filósofo Zygmunt Bauman, pero hay cuestiones que parecen no modificarse.
Nada es estático en este mundo, que sufre una dinámica muy fuerte de cambios. En los últimos tiempos estuve trabajando en la relación entre las técnicas y el tiempo. El tiempo se aceleró a través de las técnicas. No es lo mismo que vivieras un ritmo hace 15 años que lo de ahora. Los medios de comunicación también cambiaron, al igual que la forma del pensamiento y las nuevas generaciones, que también modificaron su forma de pensamiento.

El Serpaj ha cumplido más de 50 años. ¿Cómo observa el devenir de la región desde esta institución?
Con bastante incertidumbre y preocupación. Ayer me puse en contacto con Roma para ver si me puedo comunicar con el papa León XIV. Yo era amigo de Francisco y podíamos comunicarnos regularmente. Con el actual papa no tengo ninguna comunicación, pero escribí a una persona en Roma por las declaraciones que realizó en favor de la paz. Es muy importante sumar voluntades para ver si le podemos poner freno a la locura del poder y a la falta de memoria de los gobernantes. 

No es esa Europa que tenía conciencia de su civilizaciones. Porque Europa no es una civilización: es una suma de ellas, con sus luces y sombras. Pero antes tenía voz propia, y hoy no la tiene

¿Y cómo ve a Europa?
Europa perdió la voz. No es esa Europa que tenía conciencia de su civilizaciones. Porque Europa no es una civilización: es una suma de ellas, con sus luces y sombras. Pero antes tenía voz propia, y hoy no la tiene. Es un continente sometido a EEUU, que ha colonizado Europa.

¿A qué lo atribuye?
A la dependencia, a la falta de ideas. Antes había grandes pensadores europeos, hoy casi no aparecen. 

¿Cómo lee, en este contexto, la actitud imperialista que lleva adelante EEUU?
EEUU está en una crisis interna que está buscando los conflictos afuera para justificar los problemas internos. Desde que comenzó su presidencia, Donald Trump desconoce el derecho internacional, los pactos y los protocolos internacionales. Desconoce la misma Naciones Unidas, por más que en el Consejo de Seguridad, desde 1945 y hasta la actualidad, impone las políticas a través del veto.

EEUU se apropió del eje unipolar después de la caída del muro de 1989, y se consideró el centro y el director del mundo. Un imperio. Los tiempos pasaron y el mundo cambió: la ciencia y la tecnología alteraron todo, surgieron otras fuerzas que hoy están en disputa, no solo en el terreno militar, sino en lo económico, político, y cultural, con China y Rusia. Y ahora está en una disputa de poder. 

Al ver esto, y sabiendo que no lo puede frenar, Washington pretende consolidar un frente interno en las regiones en las que se considera fuerte, por ejemplo, en América Latina, y de ahí la agresión tremenda contra Venezuela, tirando por tierra todo el derecho internacional.

EEUU quiso asumir un liderazgo que no pudo en la guerra de Ucrania y Rusia; en Medio Oriente, apoyando el genocidio de Israel contra el pueblo palestino, ante una Europa paralizada. Ese es el panorama que tenemos. 

Con el ataque directo a Venezuela y el secuestro de su presidente, Nicolás Maduro, EEUU ha dado un paso inédito que no se había dado antes en América del Sur, aunque sí en Centroamérica y el Caribe. ¿A qué lo adjudica?
La embestida que EEUU tiene contra Venezuela, ¿en qué se basa? 

Estoy escribiendo sobre la palabra. La palabra no es porque sí. La palabra tiene fuerza, energía. Con una palabra podés amar, no solo a los que se aman, sino al pueblo, a la vida, a la madre tierra, para sentirte parte de todo eso. Al mismo tiempo, una palabra puede ser tan destructora como un arma.

La mentira es la madre de todas las violencias, y esto es lo que está utilizando esta gente, no solo allá, sino también en Argentina y en muchos países de América Latina.

Pero la mayor de las violencias es la mentira. Toda la política de EEUU se basa en la mentira, como cuando George W. Bush acusó a Iraq de tener armas de destrucción masiva. Yo estuve en Iraq, fui de Amman (Jordania) a Bagdad y recorrí 2.000 kilómetros de desierto. Llevábamos un pequeño cargamento de agua simbólica al hospital pediátrico de Bagdad. Pude ver los horrores de la guerra, basada en la mentira, como la matanza de 600 niños con sus madres. Me encontré con una mujer musulmana, Yamira, que salió a lavar la ropa de sus hijos, y cuando volvió, sus hijos ya no estaban. ¿Qué lectura hacemos de esta maldad humana, de esos 600 niños asesinados impunemente por los que dicen que están defendiendo la libertad, la democracia, el derecho?

EEUU se presentó ante la ONU y ante los medios de comunicación pregonó la mentira de Bush como si fuera verdad, cuando después se comprobó que todo fue mentira. Hizo además un saqueo terrible de los museos. 

Otra guerra fue la que sacó al [dictador] Manuel Noriega (1983-1989) de Panamá, cuando era aliado de EEUU, y la masacre de 1.200 personas en barrios en el que nosotros trabajábamos con la gente, como Chorrillos. Y ahora siguen las mentiras con el ataque a Venezuela y el hundimiento de lanchas de pesca que han causado más de 120 muertos, con total y absoluta impunidad jurídica internacional.

La mentira es la madre de todas las violencias, y esto es lo que está utilizando esta gente, no solo allá, sino también en Argentina y en muchos países de América Latina.

La palabra, a la que hacía mención antes, parece cada vez más deslegitimada, sin anclaje. La retórica predomina ante hechos incontestables como el genocidio en Gaza, pero no hay prácticamente un estado permanente de indignación social que modifique el statu quo. Prevalece el individualismo. ¿Qué nebulosa está atravesando la humanidad para no conmoverse con tanta salvajada alrededor?
Lo dijiste al pasar: el individualismo, la falta de valores, la falta de espiritualidad. No hay una espiritualidad, hay religiones. Pero la espiritualidad se manifiesta de muchas formas: en los pueblos, en los pueblos indígenas. Asia y África tienen su espiritualidad. Muchas religiones llegan a los sectarismos, por eso te hablé de los ríos. Tenemos que tener otra mirada más holística. Se perdió la comunidad y el sentido profundo de la vida: el compartir. 

Dos cosas tenemos que compartir: el pan que alimenta el cuerpo y es necesario, y el pan que alimenta el espíritu.

¿Qué relevancia adopta en estos tiempos la religión y cómo entender la extensión de los movimientos evangélicos y su rejunte con la extrema derecha?
Nadie recuerda que [el expresidente Ronald] Reagan [1981-1989] creó el Instituto de Religión y Democracia, en el que metió una serie de iglesias evangélicas que avanzaron en llevar una religión alienante: Dios y yo; yo y Dios. Una religión individualista, castradora, no fecunda para la vida, y dominada por mucho dinero, como lo son las iglesias evangélicas que apoyaron a [el expresidente peruano Alberto] Fujimori [1990-2000], y a [el exmandatario brasileño] Jair Bolsonaro [2019-2023], y que están haciendo estragos con el individualismo. 

Nosotros estamos trabajando de forma ecuménica con iglesias cristianas, evangélicas, judías y musulmanas.

¿Cómo entiende la relación con Dios?
Cuando llegué a Bagdad, Yamira nos invitó a este lugar donde fueron masacrado tantos niños, donde habían formado un santuario con dibujos, escarpines, juguetes. En ese lugar hicieron un oratorio, y allí nos reunimos mucha gente que no conocíamos el idioma. Con tantas lenguas distintas, aquello parecía una Babel, pero todos en un momento nos tomamos la mano y oramos. No sabía lo que decíamos. Uno que tenía al lado me dijo: “Mira, no soy religioso, no creo en Dios”. “No te preocupes si no crees en Dios, pero ¿crees en el ser humano?”, le pregunté. “Sí”, me contestó. “Entonces Dios cree en ti”, respondí.

¿Perdió alguna vez la fe?
La fe no, pero sí tuve dudas, de si Dios escucha las oraciones que decís todos los días, y por qué hay tanta miseria, hambre, y desgracias. Después comprendí que Dios nos dio la libertad, y que no es un problema de Dios: es que el ser humano no sabe utilizar la libertad, porque si no, seríamos esclavos de la voluntad de Dios, y haríamos lo que Dios quiere. Pero no somos lo que Dios quiere, porque nos dio el libre albedrío, nos dio la libertad de ser hombres y mujeres libres, y la libertad de elección.

Pienso en quienes no tienen libertad de nacer donde nacieron.
Puedo creer o no, tener dudas existenciales, podemos pensar en muchas cosas. Estoy trabajando mucho últimamente sobre la muerte, pero no como una tragedia, sino en el subud, que dice lo siguiente: cuando uno muere, y todos vamos a hacerlo en algún momento, se cierran las puertas de la sensaciones y las emociones y se abre la puerta del alma. Y ahí comenzás otro safari, comienza otro camino. 

Hace más de un año murió uno de mi hijos de cáncer. No hubo forma de salvarlo. Pero él en su último momento me dijo: “Abrazame, pa”. Ese contacto fue lo último que tuve con mi hijo. Y se fue, pero yo sé que siempre está. 

La muerte no es definitiva. No dejamos de ser, sino que entramos en otra etapa que es la parte espiritual. Somos seres espirituales. Es ahí donde tenemos que reencontrarnos. No es que eliminamos todas las cosas. No hay que desesperar. Si no, nosotros no podríamos seguir esta lucha. La muerte está enamorada de la vida. No hay muerte sin vida, son hermanas. No es que todo se terminó. No sabemos cómo es. Los egipcios y los más antiguos siempre encontraron ese sentido profundo del ser. Creo que es ahí donde tenemos que encontrar el camino.

Hablaba de las palabras y de cómo pierden su significado. Cuando recibió el Premio Nobel, le dijo al embajador noruego que estaba destinado a quienes luchaban por la libertad y por construir una democracia real. Hoy el presidente argentino, Javier Milei, enarbola también la palabra libertad, pero los conceptos que usted interpreta y los que él defiende son completamente disímiles.
Cuando se tergiversa la mentira tiene patas cortas, y la situación que estamos viviendo es sumamente difícil, viendo los hospitales, o la gente con hambre. Con mi hijo lanzamos una campaña contra el hambre. Es un momento complicado, como en la época de la dictadura, cuando estábamos a merced entre la vida y la muerte. Pero no hay que desesperar.

¿Qué valor tiene el Premio Nobel cuando es la misma distinción que en 2025 recibió la dirigente opositora venezolana Corina Machado, y que en 1973 también fue otorgado al entonces secretario de Estado de EEUU Henry Kissinger?
El Premio Nobel es un instrumento al servicio de los pueblos. Muchas veces está dañado por el Comité Nobel, que no es siempre el mismo, se renueva, y está cargado de ideología e intereses. El premio se lo dieron a [el expresidente estadounidense Barack] Obama [2009-2017], y yo le escribí una carta que me contestó.

Le dije: “Mirá, me extrañó mucho que te hayan dado el Premio Nobel, la verdad que no sé por qué te lo otorgaron, pero ahora que lo tienes, trabaja por la paz. Cerrá la cárcel de Abu Ghraib en Iraq, cerrá la cárcel de Guantánamo, levantá el bloqueo a Cuba, porque es inmoral e injusto, y cambiá las relaciones internacionales”. 

La democracia que vivimos es una democracia delegativa, vos delegás el poder en todos los que mandan. Al día siguiente de votar perdiste todo, porque delegaste el poder. La única democracia que yo veo es la participativa

Me contestó: “Estoy de acuerdo contigo, pero no puedo, porque las decisiones están en el Congreso, son decisiones del Parlamento y yo como presidente no puedo”. Sin embargo, al final de su mandato viajó a Cuba, tuvo un gesto que no tuvieron otros presidentes. Trump cerró la posibilidad y redobló el bloqueo a Cuba, atacó Venezuela, está contra Colombia, contra Brasil, contra Nicaragua. Es la mentalidad enferma de estos gobernantes.

¿Por qué la democracia es un concepto cada vez más deslegitimado? Perdió vigencia la frase que decía el expresidente argentino Raúl Alfonsín (1983-1989) de que “con la democracia no solo se vota, sino también se come, se cura y se educa”.
La democracia que vivimos es una democracia delegativa, vos delegás el poder en todos los que mandan. Al día siguiente de votar perdiste todo, porque delegaste el poder. La única democracia que yo veo es la participativa, en la que el pueblo tiene herramientas constitucionales y jurídicas para poner límites al poder. Todo gobernante debe ser servidor de su pueblo, y no utilizar al pueblo para hacer lo que quiere y no lo que debe.

Eso es lo que no se está dando, y por eso los representantes del pueblo soberano son cada vez más individualistas.
No solo individualistas, sino que no estudian. Milei es una persona enferma. Yo digo que hay que ayudar a Milei y conseguirle un buen psiquiatra.

¿Qué valor le da a la ONU de hoy?
Ninguno. La ONU no existe. Tiene cosas muy buenas e interesantes pero políticamente, para lograr la paz, no sirve, porque la desconoce totalmente. Tenemos que generar un nuevo contrato social y unir pensadores. Yo escribí hace poco a (el lingüista y filósofo Noam) Chomsky, pero tiene 97 años, es un poquito mayor que yo. En cualquier caso, tenemos que unir a muchos pensadores en el mundo para ver si por lo menos podemos dejar un camino mejor para la humanidad.


[Foto de la autora - fuente: www.elsaltodiario.com]

Qui craint la vérité ? La campagne d’intimidation pour faire taire Francesca Albanese

Francesca Albanese est devenue l’une des personnalités les plus controversées de la diplomatie contemporaine, pas parce qu’elle commande des armées ou signe des traités, mais parce qu’elle s’obstine à décrire ce qu’elle constate. Depuis qu’elle a pris ses fonctions de rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens en 2023, cette juriste italienne a publié des rapports dont la précision chirurgicale tranche avec les euphémismes diplomatiques. 

Dans son rapport d’octobre 2024 à l’Assemblée générale, intitulé de manière éloquente Genocide as Colonial Erasure [Le génocide en tant qu’effacement colonial], elle a conclu qu’il existe des “motifs raisonnables” de croire que le comportement d’Israël à Gaza répond aux critères juridiques du génocide et s’inscrit dans le cadre d’un “projet centenaire de colonialisme de peuplement et d’élimination”. Peu de formules en droit international ont un tel poids moral. Et rares sont celles qui sont énoncées aussi clairement dans les hautes sphères de New York et de Genève.

La réaction a été immédiate et virulente. Les responsables israéliens l’ont qualifiée de “l’une des figures les plus antisémites de l’histoire moderne”. La France, l’Allemagne, l’Autriche et la République tchèque ont publiquement appelé à sa destitution après un discours prononcé en février 2026 lors d’un forum à Doha, dans lequel elle a condamné “la planification et la mise en œuvre d’un génocide” à Gaza et dénoncé la complicité des États qui ont armé et protégé politiquement Israël depuis octobre 2023 (un discours qui a ensuite été déformé par un extrait tronqué affirmant à tort qu’elle aurait qualifié Israël d’“ennemi commun de l’humanité”, une assertion qu’elle a catégoriquement rejetée).

La vidéo modifiée de ce discours a fait le tour des réseaux sociaux, suggérant à tort qu’elle aurait qualifié Israël d’“ennemi commun de l’humanité”. Elle a répondu avec lassitude et clarté :

“L’ennemi commun”, a-t-elle déclaré, “c’est le système — le capital financier, les algorithmes et les armes — qui permet les atrocités, et non un peuple ou un État”.


Les Nations unies ont réagi rapidement pour défendre l’indépendance de son mandat.

“Les rapporteurs spéciaux, a rappelé un porte-parole aux journalistes, ne sont pas des personnalités politiques, mais des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme et protégés par les privilèges et immunités des Nations unies”.

Reuters a noté que le limogeage d’un rapporteur en cours de mandat serait sans précédent, et les diplomates admettent en privé qu’une telle tentative échouerait certainement. Pourtant, les appels à sa démission dépassaient le simple clivage procédural.

Ces appels envoient un signal clair quant à qui a le droit de s’exprimer et jusqu’où les termes du droit international peuvent tenir avant de céder sous la pression politique.

Ce n’est pas seulement la gravité des conclusions de Mme Albanese qui contrarie certains chefs d’État, mais aussi la portée de son analyse. Dans son rapport de 2025 au Conseil des droits de l’homme, elle a retracé ce qu’elle a qualifié de transition “d’une économie d’occupation à une économie de génocide”, en cartographiant les réseaux financiers et commerciaux qui soutiennent l’expansion des colonies et les opérations militaires.

Elle a placé les gouvernements occidentaux au sein de cet écosystème, affirmant que la couverture politique et les transferts d’armes ont “poignardé le droit international en plein cœur”.

Amnesty International a fait écho à cette préoccupation, avertissant que la réduire au silence détournerait l’attention du “génocide commis par Israël à Gaza, de son système d’apartheid et de son occupation illégale”.

Qu’on soit d’accord ou non avec ses conclusions, les données qui sous-tendent la crise donnent à réfléchir.

Fin 2025, les autorités sanitaires de Gaza et les agences des Nations unies ont fait état de centaines de milliers de Palestiniens tués depuis octobre 2023, ainsi que de la destruction d’une grande partie des logements, des hôpitaux et des infrastructures hydrauliques. La Banque mondiale a estimé que la contraction économique à Gaza dépassait 80 %. L’UNICEF a décrit des niveaux de malnutrition infantile jamais observés depuis des décennies. Ces chiffres ne sont pas des envolées rhétoriques, mais le résultat brut de la dévastation.

Ils constituent la toile de fond de l’affaire de génocide portée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice et des résolutions répétées de l’Assemblée générale des Nations unies exigeant un cessez-le-feu et l’accès humanitaire.

Dans toutes les capitales du monde, on parle avec conviction d’un “ordre fondé sur des règles”. Pourtant, ces mots perdent tout leur sens lorsque les règles sont appliquées de manière sélective. Si le droit international s’impose aux adversaires mais épargne les alliés, il cesse d’être une loi et devient un moyen de pression.

La force du système mondial reposait sur un regard indépendant. Lorsque les experts de l’ONU sont discrédités par des vidéos trafiquées, des campagnes de dénigrement orchestrées et des pressions politiques, les fondements du principe de responsabilité commencent à vaciller. Aujourd’hui, c’est Gaza. Demain, ce pourrait être l’Ukraine, le Myanmar, le Soudan ou tout autre conflit où la vérité déstabilise le pouvoir. La désinformation ne connaît pas de frontières. Les précédents se propagent rapidement. Si le monde tolère que l’on fasse taire les enquêteurs gênants, c’est le signe que le multilatéralisme est conditionnel : fort dans les discours, fragile dans la pratique.

La confiance s’érode. Le cynisme grandit. Le Sud observe et se souvient.

Défendre des mandats indépendants n’est pas une attaque contre un État quelconque. C’est défendre l’ordre même que les gouvernements prétendent maintenir. Si les garants du droit international le contournent face à l’épreuve, les répercussions ne se limiteront pas à une seule région. Elles se feront sentir partout où la justice dépend du courage plutôt que des intérêts particuliers.

L’Europe est bien sûr très sensible à cette question, marquée par l’Holocauste et la résurgence de l’antisémitisme. Albanese elle-même a présenté ses excuses pour des propos passés qui avaient été largement critiqués. Ces réalités complexes exigent de la prudence. 

Cependant, confondre une critique juridique sévère du comportement d’un État avec la haine d’un peuple risque de banaliser l’antisémitisme réel et d’appauvrir le débat de fond. La déclaration commune de 116 organisations de défense des droits de l’homme condamnant ce qu’elles ont qualifié de “campagne de dénigrement ciblée” a mis en garde contre les menaces que de telles tactiques font peser sur la liberté d’expression et l’intégrité des mécanismes des Nations unies. 

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a constaté une augmentation alarmante des attaques personnelles et de la désinformation dirigées contre des experts indépendants. 

La théorie des relations internationales offre plusieurs perspectives sur la situation actuelle. Les réalistes voient des États qui défendent leurs alliés et leurs intérêts. Les progressistes voient des institutions sous pression. Les constructivistes notent comment les récits de traumatismes historiques et d’identité façonnent les réflexes politiques. Mais au-delà de la théorie se pose une question plus simple : le système international peut-il tolérer des vérités dérangeantes lorsqu’elles impliquent des acteurs puissants ? 

Le langage d’Albanese est indéniablement sévère. Elle parle d’apartheid, de colonialisme, de génocide. Pour certains diplomates, ces mots closent toute discussion. Pour d’autres, ils constituent la seule terminologie adaptée à l’ampleur des souffrances. L’histoire montre que des termes autrefois considérés comme incendiaires — apartheid en Afrique du Sud, nettoyage ethnique dans les Balkans — peuvent devenir des outils de responsabilisation.  

Le Comité spécial des Nations unies contre l’apartheid, créé en 1963, a d’abord été critiqué pour son caractère politisé, mais il a ensuite contribué à mettre en place les sanctions internationales et à faciliter la transition.  

L’avenir de Gaza et de la Palestine ne sera pas garanti par la seule rhétorique. La reconstruction nécessitera des dizaines de milliards de dollars, une réforme gouvernementale crédible au sein des institutions palestiniennes, des garanties de sécurité pour Israël et un horizon politique qui redonne dignité et autonomie aux Palestiniens. Un argument courant veut que l’absence d’un processus politique viable ne fasse que perpétuer les cycles de violence. Le développement durable dans la région dépend de la responsabilité et de l’inclusion, car l’impunité engendre l’instabilité.  

La diplomatie australienne, modérée, fondée sur des principes et pragmatique, peut jouer un rôle à cet égard. Soutenir les initiatives humanitaires de cessez-le-feu, l’indépendance des tribunaux internationaux, soumettre les exportations d’armes au respect du droit international humanitaire et investir dans la société civile palestinienne sont loin d’être des mesures radicales. Elles sont conformes à des engagements pris de longue date. Un pays d’importance moyenne n’a pas besoin de crier pour se faire entendre, il lui suffit d’être cohérent.  

Le mandat de Francesca Albanese a révélé un paradoxe dérangeant. Les Nations unies sont souvent critiquées pour leur inefficacité, mais lorsqu’une de leurs expertes indépendantes s’exprime sans détours en termes juridiques, les réactions montrent que les mots ont encore de l’importance. Les tentatives de la marginaliser ont jusqu’à présent échoué, pas parce qu’elle est irréprochable, mais parce que son mandat incarne un principe plus important que n’importe quel individu : le contrôle des droits humains ne doit pas s’incliner devant les convenances politiques.  

Pour un public mondial las des conflits sans fin, la voie vers un avenir meilleur pour Gaza et la Palestine ne consiste pas à faire taire les voix dissidentes, mais à affronter honnêtement les preuves. La crédibilité du système international — et des États qui prétendent l’administrer — repose sur ce courage.  

En fin de compte, le débat porte moins sur un rapporteur que sur la question de savoir si la promesse “plus jamais ça” conserve tout son sens lorsqu’elle se heurte aux tragédies actuelles.

                                                                                                           Écrit par Kurniawan Arif Maspul


Article original en anglais : Who fears the truth? The lawfare campaign to silence Francesca Albanese.Middle East Monitor, le 15 février 2026.

Traduit par Spirit of Free Speech


[Source : www.mondialisation.ca]