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domingo, 25 de outubro de 2026

Quand l’IA appauvrit la pensée sur internet

En quelques années, l’intelligence artificielle (IA) a envahi le web au point de menacer la diversité même des idées qui y circulent. Un phénomène encore largement sous-estimé, dont les conséquences intellectuelles pourraient être durables.

En mai 2025, plus d’un tiers des sites internet étaient générés ou assistés par des IA, selon une étude conjointe de l’Imperial College London et de l’université de Stanford.

Écrit par Baptiste Detombe

Depuis l’avènement de l’IA, le web a entamé une transformation de taille: le contenu qui y figure est de plus en plus le produit d’acteurs algorithmiques que de cerveaux humains. Selon une étude conjointe de l’Imperial College London et de l’université de Stanford publiée en avril 2026, plus d’un tiers des sites internet étaient générés ou assistés par des IA en mai 2025. Fin 2022, ce chiffre était nul. 

Les flux des réseaux sociaux sont également envahis de ce que les Anglo-Saxons ont baptisé le slop: des contenus algorithmiques produits à la chaîne pour capter l’attention. La chercheuse américaine Michelle Nie signale que le slop est précisément conçu pour démultiplier la puissance de l’addiction numérique – optimisé non pour informer, mais pour retenir. 

Selon des données issues des outils de détection Pangram et de l’éditeur vidéo Kapwing, près de 40% des longs formats sur LinkedIn, 30% des publications sur X et jusqu’à 60% des vidéos TikTok relèveraient de cette catégorie. Ces chiffres, issus d’acteurs privés plutôt que de laboratoires académiques, doivent être lus avec prudence, mais ils donnent néanmoins une idée de l’ampleur d’un phénomène encore largement opaque.  

L’IA, nouveau pédagogue 

Le succès de l’IA sur internet tient à un avantage structurel: elle résout un problème fondamental du web, à savoir le gouffre entre l’accessibilité de l’information et son exploitabilité. Il est facile de trouver un contenu, il peut être difficile de le comprendre. L’IA joue ici le rôle de pédagogue et de tuteur: elle analyse, définit, structure ce qui était auparavant inexploitable sans effort significatif. Ce faisant, elle pourrait évincer à terme les sources qui assuraient jusqu’ici cette fonction: encyclopédies en ligne, forums spécialisés, groupes de presse. 

Entre 2024 et 2025, le trafic de Wikipédia a reculé de 8% selon la Wikimedia Foundation, une évolution considérable pour l’un des sites les plus consultés au monde. L’incitation à produire du contenu original, à enrichir le web de connaissances nouvelles, s’en trouve sérieusement menacée. 

Uniformisation des contenus 

Il serait néanmoins inexact de réduire ce phénomène à une invasion de fausses informations. L’étude de l’Imperial College London et de Stanford le confirme: les contenus générés par IA ne propagent pas davantage de fausses nouvelles que ceux produits par des humains. Les IA parviennent même à reproduire une certaine variété stylistique. 

Là où le bât blesse, c’est ailleurs: ces contenus présentent une similarité entre eux supérieure de 33% à ce que produisent les humains, assortie d’un optimisme systématique qui les déconnecte souvent de la réalité perçue par les lecteurs. Ce que l’IA génère n’est pas fondamentalement plus faux, c’est structurellement moins original, moins susceptible de porter la pensée vers ses marges. 

L’économiste autrichien Karl Polanyi affirme dans La Grande Transformation que «le droit à la non-conformité serait assuré comme la marque d’une société libre». L’hégémonie de l’IA sur internet semble fragiliser les conditions mêmes de cette non-conformité. À mesure que les contenus s’uniformisent, la pensée en ligne devient moins propice à l’émergence d’idées nouvelles, changeantes et déstabilisantes, qui sont pourtant au cœur de la vie intellectuelle et politique. Celle-ci ne peut se résumer à la simple perpétuation de ce qui existe déjà. 

Un internet à deux vitesses 

Face à cette généralisation de l’IA, une partie d’internet se barricade. Médias, blogs, auteurs – notamment sur Substack – placent leurs contenus derrière des abonnements pour soustraire leurs textes à l’aspiration des IA et préserver leurs revenus. Cette stratégie est l’un des rares moyens de résistance à la disposition des producteurs de contenus humains dans un monde où l’IA tend vers une position monopolistique. Internet se fragmente alors en deux espaces: un web ouvert, autoalimenté par des productions algorithmiques, et un web payant, où la pensée singulière et incarnée devient un bien rare. 

Le risque est celui d’un cercle vicieux: entraînées sur un web qu’elles ont elles-mêmes homogénéisé, les IA produiront des réponses de moins en moins riches, reflet d’un espace informationnel qui se vide progressivement de sa substance. Un espace numérique de plus en plus pauvre intellectuellement semble ainsi émerger, où la pensée singulière aura toujours plus de mal à trouver sa place. 

Ecrivain et philosophe de formation, Baptiste Detombe est le fondateur du média républicain Gavroche. Chaque mois, il pose un regard critique sur les transformations technologiques et anthropologiques de l’époque.

 

[Photo : Firmbee via Unsplash - source : www.leregardlibre.com]




quinta-feira, 22 de outubro de 2026

Anacronismos woke en «Desgracia», de J.M. Coetzee

 

Marcha de las Mujeres, Pretoria, 1956. 

Escrito por Laura Pavón 

Antes de llegar a nuestro presente como un arma arrojadiza, la palabra woke nació dentro de la comunidad afroamericana para referirse a la toma de conciencia frente al racismo. Mantenerse alerta ante la supremacía blanca era lo que quería decir stay woke. Su rastro se remonta, al menos, a principios del siglo XX, cuando la invitación a despertar aparece en el ensayo Wake Up, Ethiopia! Wake Up, Africa! (1923) del líder panafricanista Marcus Garvey. Más tarde, el músico de blues Lead Belly emplea esa metáfora como adjetivo, woke, al incluir unas palabras después de su canción protesta, Scottsboro Boys (1938): «I advise everybody, be a little careful when they go along through there, best stay woke, keep their eyes open». Ya en los sesenta, en plena efervescencia de la lucha civil, el novelista William Melvin Kelley escribe para The New York Times un artículo titulado «If You Are Woke, You Dig It», en el que abordaba con ironía la apropiación de este modismo por parte de la comunidad blanca. Esa fue la primera vez que la palabra apareció impresa en un medio de comunicación. 

En su uso contemporáneo, el concepto parece haber cambiado. No solo de dueños, sino también de significado. Figuras conservadoras de la política estadounidense, como el presidente Donald Trump y su secretario de Guerra, Pete Hegseth, lo utilizan para desacreditar las agendas progresistas, las políticas de diversidad y las iniciativas de género, todas por igual. Es evidente que esta contradicción, entre su génesis en la resistencia ante la violencia racial y el uso que hoy estigmatiza políticamente esa misma resistencia, trasciende el marco de Estados Unidos y se proyecta a nivel global. Vale la pena preguntarse hasta qué punto han quedado difuminados los orígenes históricos de la palabra y en qué medida la lucha por los derechos civiles sigue siendo el frente de la batalla de ideas. 

Para empezar a responder esas preguntas e integrar los distintos periodos históricos del término, y tratando de contrarrestar su uso superfluo y desinformado, propongo leer Desgracia (1999), una de las novelas más aclamadas de J.M. Coetzee, ganador del Premio Nobel de Literatura en 2003. La novela está ambientada en la década de los noventa, en los años inmediatamente posteriores al apartheid de Sudáfrica. A pesar de ser muy anterior al fenómeno, el libro habla precisamente de todos los temas que tocan al universo woke actual. Por un lado, se ocupa de la cancelación que sucede tras una denuncia por violencia sexual. Por el otro, narra el impacto social de la segregación racial que sigue latente en la nueva Sudáfrica, donde transcurre esta historia. David Lurie, personaje principal y centro de una narración que sigue su trayectoria, cuestiona la toma de posiciones en torno a la violencia racial y de género, al tiempo que las señala y se hace cargo de todo el peso de su historia. 

La trama gira en torno a la caída en desgracia del protagonista, un profesor universitario de 52 años, experto en poesía romántica inglesa, al que denuncia una de sus alumnas por acoso sexual. Tras ser objeto de oprobio colectivo, decide buscar refugio en el Cabo Oriental, lejos de la ciudad, donde vive su única hija. La historia de Lurie condensa la inestabilidad y efervescencia de un país en transición, donde tanto lo nuevo como los restos de la vieja Sudáfrica conviven sin terminar de separarse. Desde su blanquitud y su privilegio, Lurie encarna los remanentes del antiguo sistema, al tiempo que evidencia una consciencia de su propia caducidad. Por su parte, la hija, Lucy, representa a la siguiente generación, mucho más woke que la del padre: es queer y ha decidido alejarse de su condición burguesa para dedicarse a la vida del campo. Su historia se entrelaza con la de Lurie en la segunda parte del libro y, como veremos, tampoco queda indemne ante las secuelas de los hechos sangrientos que forjaron el presente del país. 

Cuando es señalado, Lurie acepta su castigo, que consiste en la pérdida del empleo y el rechazo de sus pares. En esta aceptación no hay contrición ni complacencia. Se niega a pedir perdón. Es inevitable establecer un paralelismo entre su vida y lo que enseña en clase. Antes de verse obligado a dejar la academia, las últimas clases que imparte se centran en el arquetipo de Lucifer. En cómo el ángel caído de Byron es expulsado del paraíso por su soberbia, por ser un rebelde que se niega a doblegarse. Lurie, igual que el ángel caído, no se arrepiente ni cede ante las expectativas sociales. Antes de su propia caída en desgracia, la narración retrata así a sus estudiantes: «Con las cabezas gachas, todos toman notas de sus palabras. Byron, Lucifer, Caín: para ellos, todo viene a ser lo mismo».   

La relación que mantiene con su alumna no está tamizada por el romanticismo. Aunque Lurie explica lo que siente con tópicos literarios, y alega que el fuego de una pasión desmedida lo posee de forma inescapable, la crudeza de los hechos contradice sus conocimientos académicos de la literatura romántica. Además de obtener irregularmente el teléfono y dirección de la estudiante (de la base de datos de la universidad) e intentar emborracharla, Lurie la coacciona diciéndole que ella tiene «el deber de compartir su belleza». 

El primer encuentro entre ellos, aunque no se nombre como tal, es una violación: «Los miembros de ella quedan inertes, como los de una marioneta», y «lo único que hace es rehuirlo: aparta los labios, aparta los ojos». Más adelante, cuando la violencia sexual recaiga sobre la hija de Lurie, la novela procederá de otro modo: el acto se nombra, pero no se narra. Quizá el contraste sugiera que Lurie, limitado por su generación y por su época, aún no alcanza a ver que está ejerciendo una forma de violencia sexual, aunque sí será perfectamente capaz de reconocerla y nombrarla cuando la sufre su hija. 

Cuando sobreviene la denuncia pública, Lurie se topa con manifestaciones en el campus, lideradas por una «campaña de sensibilización popular contra las violaciones», y con una serie de panfletos cuyos mensajes glosa con sarcasmo: «Se acabó lo que se daba, Casanova». Algunos compañeros muestran empatía: le dicen que «estas cosas pueden ser un infierno» y comentan que «no hay compasión para nadie en estos tiempos que corren». La mayoría le dan la espalda. Ha perdido la gracia divina, y ahora habita el significado literal etimológico de la desgracia. Como decía, cuando la universidad lo somete a un juicio interno, él no trata de defenderse, pero tampoco se muestra arrepentido: acepta todos los cargos y suscribe la declaración de Melanie, su estudiante, sin leerla. Comenta, al respecto, que quienes lo juzgan «se apiñan a su alrededor como los cazadores que han acorralado a una extraña bestia y no saben cómo rematarla». 

Cuando, en pleno apogeo del escándalo, se reúne para cenar con su segunda exesposa, Rosalind, tiene lugar una conversación reveladora en la que ella, que reconoce que este es un final «infame» para su carrera, arremete contra la chica en cuestión y él trata de defenderla. Lurie le pide que no le eche la culpa y Rosalind lo cuestiona: «¿Pero tú de qué lado estás? Pues claro que le echo la culpa, te culpo a ti y la culpo a ella. Todo esto es una desgracia de principio a fin». La idea de la culpa compartida se entrelaza con la imagen de la desgracia que cae como un manto sobre los dos, víctima o verdugo, por igual. 

Como ocurre con la palabra woke, el neologismo «cancelación» también surgió en las comunidades racializadas, como parte del fenómeno de microblogging conocido como Black Twitter. En ese contexto, ser cancelado aludía a la censura y al silenciamiento a la hora de exigir justicia como víctima de discriminación. No obstante, también la cancelación termina en boca de políticos y famosos que, en la era pos-MeToo, hablan de ser silenciados desde la posición contraria, haciendo referencia a la pérdida de su poder y capital simbólico. Cuando Lurie es cancelado, tras el juicio interno de la universidad, la historia pega un giro. Lurie no solo abandona el espacio de poder simbólico sino que decide irse de la ciudad, a la zona del Cabo Oriental, donde vive su hija Lucy. Como decíamos, la novela está ambientada en los años inmediatamente posteriores a las primeras elecciones multirraciales y la victoria de Nelson Mandela en 1994. Lucy, cuyo nombre también comparte etimología con el de Lucifer, es una chica blanca que vive de forma alternativa en una granja. En sintonía con la idea anterior acerca de la culpa compartida, sobre ella también caerá la desgracia. 

Lucy intenta hablar con su padre sobre lo ocurrido en la universidad: «Aunque seas lo que dices ser, un dinosaurio moral, siempre habrá cierta curiosidad por oír lo que tenga que decir el dinosaurio (…) ¿cuál es tu defensa?». Lurie nunca llega a articularla. Es ella quien ofrece la imagen del chivo expiatorio: su expulsión deja a salvo a sus colegas, que ahora que está lejos «pueden respirar tranquilos». Hoy reconoceríamos esta imagen en los debates sobre la llamada cultura de la cancelación. Aquí aparece dos décadas antes de que existiera la etiqueta. Pero el libro no la acepta sin más: Lurie se pregunta «¿cree de veras que no es sino un chivo expiatorio?». Algo parecido ocurre cuando Isaacs, el padre de la alumna en cuestión, comenta «hay que ver cómo caen los poderosos». Lurie admite que se ha producido una caída, pero cuestiona la parte del poder y se ve más bien como «una figura oscura que va oscureciéndose cada vez más. Una figura extraída de los márgenes de la historia». 

Cuando tres hombres atacan la granja, agreden sexualmente a Lucy y tratan de prenderle fuego a Lurie, la narración se refiere a lo que le ha ocurrido a la hija con la misma palabra que había servido para el padre: es «su desgracia». En español, la palabra conserva el eco teológico de la gracia perdida y designa tanto a quien cae por abusar de su poder como a quien cae víctima de la violencia de otros. Lucy se niega a denunciar lo sucedido y no quiere ni salir a la calle. Su padre lo interpreta así: «es por la desgracia. Es por la vergüenza. Eso es lo que han conseguido los visitantes. Eso es lo que le han hecho a esta mujer tan segura de sí, tan moderna, tan joven. Como una mancha, la historia se extiende por toda la provincia». 

Entre la historia de Lucy y la de Melanie hay un paralelismo inevitable. Mientras que Lurie se niega a ofrecer la contrición pública que le exige la universidad, Lucy parece aceptar la deuda histórica que tienen escrita en la piel su padre y ella, y todos los que alguna vez se beneficiaron del apartheid. De algún modo, ella acepta la culpa por él. El mismo Lurie le pregunta: «¿esperas expiar los pecados del pasado mediante tu sufrimiento en el presente?», y ella responde cosas como: «¿y si fuera el precio que hay que pagar por quedarse?»; «estoy en su territorio»; «ellos me ven como si yo les debiera algo». Tampoco coinciden en su interpretación de este estallido de violencia. Lucy se pregunta «¿por qué me odiaban tanto?», y está convencida de que fue algo personal. Lurie, en cambio, lo tiene claro: «fue la historia lo que habló a través de ellos», «una historia llena de errores»; «tal vez te pareciera algo personal, pero no lo fue. Fue algo heredado de sus ancestros». La novela, a diferencia de Lucy, no exculpa a los atacantes ni permite que la agresión se convierta en una lección sobre la Sudáfrica posterior al apartheid, aunque plantea la posibilidad. En este sentido, Desgracia logra el difícil equilibrio de oscilar entre la responsabilidad individual y la herencia colectiva sin resolver la tensión. 

Leer Desgracia a través los distintos significados de lo woke no consiste en pedirle a Coetzee un veredicto, ni a favor ni en contra. La novela se publicó veinte años antes de que la palabra se convirtiera en insulto, pero contiene, sin embargo, los dos sentidos que hoy se disputan. Por un lado están el tribunal universitario, los panfletos y la sed de expiación, que es lo que los detractores del término caricaturizan. Por otro, está el significado original, el de Garvey o Lead Belly, el de estar despierto ante una violencia que tiene historia y que sigue ahí. Ese significado irrumpe en la granja de Lucy. Coetzee no elige entre los dos, y quizá nosotros tampoco debamos hacerlo. Frente a la polarización, la novela habita las zonas grises, y lo que pide es seguir despiertos, sobre todo, ante la falibilidad de nuestras propias certezas.

Laura Pavón Aramburú es profesora de literatura y cultura en la Washington and Lee University de Virginia. Licenciada en Filología Hispánica por la UCM, obtuvo su doctorado en el Graduate Center de la City University of New York. 


Desgracia

J.M. Coetzee

Random House, Barcelona, 2022

Traducción de Miguel Martínez-Lage 

[Imagen: South African History Online - fuente: www.revistadelibros.com]

segunda-feira, 12 de outubro de 2026

El llarg camí dels joves migrats sols

El col·lectiu ha de fer front a moltes traves que dificulten la garantia dels drets humans

Els joves migrats sols viuen en la incertesa durant molts anys amb obstacles per poder regularitzar la seva situació, estudiar, treballar, accedir a la sanitat o a un habitatge.

Any rere any, milers de joves, a vegades encara adolescents o infants, decideixen marxar sols del seu país i buscar un futur millor a milers de quilòmetres de casa seva. Molts d’ells han arribat a Catalunya, on l’expectativa d’una vida digna xoca amb una realitat crua: un sistema —sota l’empara de la llei d’estrangeria— que sovint no els protegeix, i els posa traves per accedir als drets humans bàsics. Sense una xarxa familiar o referents adults que els sostinguin, aquests joves sovint fan front a situacions molt complexes que dificulten el seu procés d’acollida, pas imprescindible per encetar així el futur que han imaginat.  

Entre 2017 i 2020, més de 8.000 infants i joves van arribar sols a Catalunya. Les dades parlen per si soles: el 30,9% dels joves atesos pel Servei Municipal de Detecció i Intervenció de Barcelona es troben en situació de sensellarisme. Això repercuteix en altres drets, com l’educació i la salut, on un 56% no té targeta sanitària. També són significatives les dificultats per accedir a l’empadronament, un prerequisit d’accés als serveis públics.

A través de cinc joves del Sud Global que han arribat a Catalunya en els darrers anys, el projecte transmèdia del Social.cat ‘L’última frontera'. La lluita pels drets dels joves que migren sols’ analitza quina és la lluita diària a la qual han de fer front per gaudir dels drets més bàsics, com són el dret a migrar sense traves administratives, el dret a la salut, a l’habitatge, a l’educació i a la diversitat sexual i de gènere. Una lluita que compta, sortosament, amb el suport de moltes entitats catalanes que actuen com a puntal perquè els projectes d’aquests joves puguin tirar endavant.  

L’Abdoulie, la Chaimae, el Nasser, la Lissa i l’Abdou ens expliquen de quina manera desafien les adversitats que han hagut de superar, i encara superen, per viure amb la dignitat que tot ésser humà mereix. Tots ells estan travessant l’última frontera. El Social.cat us convida a travessar-la amb ell.

L’Abdoulie L. Marreh va deixar Gàmbia fa tres anys. Ara viu a Manlleu, Osona. Parla un català perfecte, fa voluntariat i està estudiant un graduat en educació secundària per a adults. Vol ser infermer.

Abdoulie, i el dret a migrar 

La primera frontera amb la qual topen els joves és literal. Una frontera física, que un cop travessada, muta en lleis i traves administratives molt complicades. Els joves que migren sols, si no reben l’emparament de l’Estat per ser menors d’edat, queden durant anys sense una situació legal que els permeti llibertat de moviment i de treball a l’Estat, el que dificulta enormement els seus projectes personals i vitals.  

Ho exemplifica bé l’Abdoulie L. Marreh, qui actualment està estudiant un graduat en educació secundària per a adults a Torelló, Osona. Vol ser infermer, per una vocació clara: ajudar les persones més vulnerables. Amb només 21 anys, aquest jove de Gàmbia té les coses clares. I va decidit a aconseguir-les. Tot i que no és gens fàcil per a l’Abdoulie. El seu procés migratori i posterior acollida ha passat per moments molt complicats, en els quals els seus drets han estat vulnerats.  

Només tenia 18 anys quan va arribar a Canàries després d’un viatge de vuit dies de travessia en pastera. Quan arriba a terres espanyoles, comença a ensumar una altra realitat que està allunyada de les seves expectatives: a Europa, ell és un jove migrant en una situació administravia irregular. “Pensava que en tres o quatre mesos aconseguiria els meus papers i podria treballar i estudiar”, explica l’Abdoulie, però la realitat és ben diferent: tres anys després el jove encara no té regularitzada la seva situació. 

Després de ser destinat a la Península, va passar de centre en centre sense poder decidir què volia fer, ni on, ni amb qui. Alguns dies dormir al ras va ser l’única alternativa. Finalment, el jove és traslladat a un centre per a joves migrats a Osona, on troba l’ajut d’alguns educadors socials que l’acompanyen a acomplir el seu somni: estudiar.

 

“Pensava que en tres o quatre mesos aconseguiria els meus papers i podria treballar i estudiar”, explica l’Abdoulie

 

Però com, quan la situació administrativa no es resol durant anys? “Cada cop van canviant les directrius i van afegint dificultats. I el que et funciona un dia amb uns joves, de cop i volta, reps una denegació per a un altre jove que has fet exactament el mateix procediment”, explica Gerald Llach, educador social i coordinador de Joves, un projecte d’inserció sociolaboral que es desenvolupa a Osona i que impulsa l’associació Tapís, i en el qual ha participat l’Abdoulie. L’arbitrarietat, les traves burocràtiques i les dificultats per aconseguir certs requisits per regularitzar la situació —estudis, feina, padró— són com un peix que es mossega la cua per a milers de joves.  

“Vivim amb molt estrès perquè el procés administratiu és molt difícil i lent”, certifica l’Abdoulie. La urgència de qui pateix la manca de drets per una qüestió administrativa s’imposa a la lentitud d’una administració que no dona una resposta àgil i diligent. Tot i això, l’Abdoulie estudia, fa voluntariat, aprèn la llengua i va teixint vincles estables, amb una xarxa de persones i entitats que li donen suport en la seva acollida: “Jo soc un noi migrant que ve de fora que tinc molta sort de conèixer gent catalana que em donen facilitats, necessites gent en el teu entorn amb qui poder compartir les teves necessitats per avançar una mica. Però hi ha moltes persones que pateixen la mateixa situació que jo que no tenen aquesta oportunitat”, admet.

La marroquina Chaimae Benlemchkraf ensenya català i castellà a dones migrades al centre cívic del barri de Bonavista, Tarragona, on viu des del 2021. L’esclerosi múltiple que li han detectat des que viu a Catalunya, no l’atura en el seu objectiu: ajudar els altres.

Chaimae, i el dret a la salut 

Per a la Chaimae Benlemchkraf, parlar de salut és parlar d’un procés d’aprenentatge constant. Procedent del Marroc, va arribar a Catalunya sense cap referent adult, l’any 2019, amb un visat d’estudiant i, enmig de l’adaptació a una nova llengua, una nova ciutat i una nova vida, va rebre un diagnòstic que ho canviaria tot: esclerosi múltiple. El camí fins a posar nom a la malaltia va ser llarg. “No t’ho diuen directament, has d’esperar molt”, recorda. 

Entre visites, proves i derivacions, va passar més d’un any abans de saber què li passava. Avui continua sotmesa a controls mèdics constants, tractaments periòdics i una agenda marcada per les visites a especialistes. Malgrat les dificultats, reivindica el valor dels professionals que l’han acompanyada: “Hi ha metges que et diuen què tens i ja està. Però també n’hi ha que t’ho expliquen tot, i això és molt important per a mi”. 

La seva experiència posa de manifest com la salut no depèn només de l’atenció mèdica. També està condicionada per l’habitatge, la mobilitat, les xarxes de suport o les barreres administratives. Durant dos anys va viure en una residència de joves menors d’edat tutelats per la Generalitat, situada al complex educatiu de la Laboral, als afores de Tarragona, un entorn que considera poc adequat per a una persona amb una malaltia crònica. “No és un entorn urbà. I si estàs malalta, no hi ha ningú que et pregunti res. És molt dur”, explica. Amb un 68% de discapacitat reconeguda, denuncia també les dificultats per accedir amb agilitat a l’atenció primària i la manca de recursos d’acompanyament per a moltes persone1s migrades que no dominen la llengua o desconeixen el funcionament del sistema sanitari. 

Des de Regularización Ya, l’activista Paula Rossi alerta que aquestes situacions no són casos aïllats. Tot i que el dret a la salut és universal, assegura que moltes persones migrades es troben amb una “carrera d’obstacles” burocràtica i administrativa per accedir-hi. L’empadronament, la tramitació de la targeta sanitària, les barreres idiomàtiques o els prejudicis continuen dificultant l’atenció efectiva. Segons Rossi, encara avui es produeixen cobraments il·legals en serveis d’urgències i moltes persones renuncien a anar al metge per por o desconeixement dels seus drets. 

 

“Jo estava lluitant per viure aquí. Al meu país d’origen no hi ha ni sistema de salut”, destaca la Chaimae

 

“Les persones en situació administrativa irregular viuen amb un temor constant i això fa que arribin tard als serveis sanitaris i amb la salut molt més deteriorada”, assenyala. Aquesta realitat és especialment perjudicial per a la salut mental dels joves migrats sols. Precisament, aquesta és una de les principals preocupacions de les entitats que treballen amb aquest col·lectiu. El mateix procés migratori, les experiències viscudes durant el trajecte, la incertesa administrativa o les dificultats per construir un projecte de vida propi poden tenir un impacte profund en el seu benestar emocional.  

La Chaimae coneix bé aquesta realitat perquè, a més de conviure amb la malaltia, acompanya habitualment altres dones migrades del seu barri a fer gestions o a anar al CAP. Quan alguna d’elles no entén l’idioma, sovint fa d'intèrpret improvisada. “Llavors sí que ens escolten una mica més”, diu. Per a ella, garantir el dret a la salut implica molt més que tenir accés a una consulta mèdica: vol dir trobar professionals que escoltin, sistemes que no excloguin i recursos que permetin viure amb dignitat. “Jo estava lluitant per viure aquí. Al meu país d’origen no hi ha ni sistema de salut”, recorda. Una frase que resumeix la distància entre el dret a la salut reconegut sobre el paper i les dificultats que encara afronten moltes persones per exercir-lo plenament.

El Nasser Boudrikech és un dels joves que han migrat sols a Catalunya que no ha tingut més alternatives que passar per situacions de carrer i moltes dificultats per aconseguir un sostre on viure.


Nasser, i el dret a l’habitatge 

Un dels drets més vulnerats actualment entre els joves que migren sols és l’accés a l’habitatge. Si per a joves amb xarxes familiars i situació administrativa regular ja és un repte, per als que migren sols accedir a una llar és un escull sovint infranquejable.  

Per això, les situacions de sensellarisme d’aquests joves són habituals. Segons dades del Servei Municipal de Detecció i Intervenció de Barcelona, un 30,9% dels joves atesos que atenen es troben al carrer.  

El Nasser Boudrikech és un dels joves que han migrat sols a Catalunya que no ha tingut més alternatives que passar per situacions de carrer i moltes dificultats per aconseguir un sostre on viure. El jove marroquí, després de viure en diferents províncies espanyoles, va arribar a Barcelona el 2021, amb la intenció de treballar per poder ajudar la seva família perquè les seves germanes poguessin estudiar al Marroc.  

Els sis primers mesos els va passar a una furgoneta abandonada a la Zona Franca. Ell, igualment, va esforçar-se per estudiar l’idioma, i al temps, va accedir a una plaça en un alberg per a persones en situació de carrer. Allà comença a estudiar, i arriba a ser el primer de la seva classe en un PFI d’Electricitat.  

Però trobar un pis on viure esdevé impossible, i per això truca a la porta de Migrastudium i la seva Xarxa d’Hospitalitat. Allà entra a viure en diferents recursos de l’entitat: pisos compartits, cases de famílies acollidores... Tot i que la seva situació legal es va resolent i troba una feina, triga anys en poder emancipar-se per si sol. I és que a banda de totes les dificultats —tenir feina, nòmines, documents— encara ha de lidiar amb un altre mur: el racisme immobiliari.  

 

“Truques per un pis i et pregunten per l’origen. L’endemà et diuen que ja està llogat”, denuncia el Nasser

 

“Truques per un pis i et pregunten per l’origen. I clar, directament, no et diuen que no, però sempre hi ha barreres i entens que no em deixaran aquest pis. Et diuen, et truco demà i demà et diuen que ja està llogat”, admet el noi. Una discriminació que el jove ha viscut “moltes vegades”, diu. “No només trucades, també missatges. Et pregunten pel teu nom, de quin país ets. A vegades et diuen, si ets d’aquest país o d’aquest altre, no”. 

Una realitat que no només afecta el Nasser, sinó a molts altres joves migrats sols. Ho corrobora Lucía Mendoza Palomar, responsable de la Xarxa d’Hospitalitat de Migrastudium. “Ens passa amb els joves que estan a la xarxa. En el moment de la sortida, quan ja tenen la situació administrativa regularitzada, feines estables, i un contracte de feina i ingressos que poden provar, quan es posen a buscar habitació o pis de lloguer, es troben amb moltíssimes negatives que comencen en dir el seu nom o quan els hi veuen la cara”, sosté Mendoza. 

Està d’acord David Vázquez, educador social i responsable del projecte Joves Migrants Sols de Càritas Diocesana de Barcelona. “La realitat és que si no tenen una bona xarxa, que normalment és d’amics de la mateixa comunitat o coneguts, costa molt trobar un pis. Fa dos anys que no veig que cap jove hagi aconseguit llogar un pis”, assegura l’educador. 

El Nasser fa set anys que va arribar a l’Estat espanyol. Fa pocs mesos, per primera vegada, ha trobat, a Vallirana, una casa que pot anomenar llar. “Per a mi era un somni viure en un lloc així, tranquil i amb muntanyes. Un lloc on puc fer moltes coses que m’agraden. Estic molt a gust a casa”.

Lissa Fuentes lluita pels drets de les persones LGTBIQ+. Tot i ser perseguida al seu país, Cuba, per ser una dona trans, l’Estat espanyol va denegar la seva sol·licitud d’asil després de quatre anys esperant la resolució.


Lissa, i el dret a la diversitat sexual i de gènere 

La Lissa Fuentes va marxar de Cuba amb 21 anys perquè, per la seva condició de dona trans, començava a ser perseguida per la policia. Després d’un periple d’anys a Moscou, ja que no podia entrar a Europa amb passaport cubà, aconsegueix arribar a Barcelona, ciutat que per ella era referent en polítiques LGBTIQ+.  

Tot i que el seu procés de transició va ser acompanyat des de Trànsit d’una forma molt respectuosa i satisfactòria, la noia va haver de lluitar per poder estar legal al país. Malgrat que va demanar asil a l’Estat espanyol per la persecució a la qual havia estat sotmesa al seu país, quatre anys després d’iniciar el procés li arriba una notificació en la qual li comuniquen la denegació de la sol·licitud.  

“Va ser un cop dur, ja que jo pensava que l’acceptarien. No m’ho esperava. La meva història era real, amb proves i evidències. Sempre dic que tinc aquesta espina clavada. Va ser un sotrac molt complicat, no li desitjo a ningú”, lamenta. Per sort, mentre esperava la resolució d’asil, la Lissa va teixir una bona xarxa: va formar-se, va apropar-se a moltes entitats socials que la van ajudar a defendre els seus drets i finalment, va aconseguir el permís de residència i treball per arrelament.  

 

“Va ser un cop dur, ja que jo pensava que l’acceptarien”, admet la Lissa, sobre la denegació de la seva sol·licitud d’asil

 

La Lissa actualment és tècnica de l’entitat ACATHI, referent en la lluita dels drets de les persones migrades LGTBIQ+, des d’on ajuda a qui, com ella, arriba a Barcelona buscant el dret a la diversitat sexual i de gènere negat a molts països. “Soc la primera que ells veuen quan entren per la porta. Jo també he estat en aquell costat, picant porta a porta. He anat a menjadors socials, he dormit en albergs, he rebut ajudes de menjar. No em fa pena dir-ho. I tracto d’encaminar a aquestes persones de la mateixa manera que em van encaminar a mi”, explica la Lissa.  

Segons Rodrigo Araneda, president d’ACATHI, les polítiques migratòries dels governs europeus són, en general, restrictives, la qual cosa genera una “desprotecció” de les persones que arriben sol·licitant asil. “Són aquestes persones les que haurien d’estar cobertes des del principi. Però moltes vegades tenen un període d’espera molt llarg, en el qual es generen vulnerabilitzacions i revictimitzacions. Moltes persones acaben en situació de carrer o altres situacions que compliquen la seva incorporació als programes d’acolliment”, resumeix. 

A més, Araneda posa el focus en què les persones LGTBIQ+ migrants pateixen circumstàncies que necessiten una atenció especial en termes de coneixement de les seves realitats, per garantir “un espai segur perquè realment puguin treballar amb tranquil·litat la sol·licitud d’asil”, una qüestió que moltes vegades no es té en compte. “La protecció d’aquestes persones queda a la sort que els treballadors que els atenen tinguin una perspectiva específica i això vol dir que no es té en compte estructuralment una atenció especialitzada sobre el col·lectiu LGTBIQ+”, critica.

Abdou Diallo va deixar Guinea per buscar millors oportunitats de futur. Ara viu a Ciutat Meridiana, ha estudiat múltiples cursos i espera que es regularitzi aviat la seva situació administrativa per buscar feina i poder treballar.


Abdou, i el dret a l’educació i el treball 

Per a l’Abdou Diallo, arribar a Barcelona complia dos objectius clars: poder estudiar per aconseguir un futur millor, la qual cosa no era possible al seu país, Guinea; i viure a la ciutat que sempre havia somniat, ell que és seguidor del Barça.  

Però per aconseguir-ho, l’Abdou, que només té 20 anys, ha passat moments de molta angoixa: quatre anys després de la seva arribada a l’Estat ha aconseguit un permís d’arrelament per formació, el que inclou un permís de residència però no de treball.  

Això el té lligat de peus i mans: ha fet cursos de formació de tota mena, però no són formals ni oficials, i a més, no pot treballar. Una situació que transita amb paciència, però que li esgota els ànims. “Estàs menjant i estudiant, però si no tens feina ni papers, no estaràs feliç”, diu l’Abdou, sobre la seva situació actual: viu en un pis de la Fundació Bayt al-Thaqafa a Ciutat Meridiana amb altres dos joves migrats sols. Està tranquil després d’anys d’entrar i sortir de diferents recursos, però el noi vol avançar: vol tenir autonomia econòmica, poder treballar, formar-se millor, i prosperar. 

Que l’Abdou encara no pugui accedir a un permís de treball té una causa legal que evidencia el maltractament i les traves que les administracions infereixen als joves migrats sols. L’Abdou, que va arribar amb 16 anys a les Illes Canàries en pastera després de 19 dies travessant l’oceà, va ser sotmès a la prova de determinació d’edat —més coneguda com la prova del canell— malgrat que el seu passaport indicava que era menor d’edat. Tot i que aquesta prova compta amb denúncies de moltes organitzacions per la seva falta de fiabilitat i de garanties jurídiques, Fiscalia va determinar que era major de 18 i, per tant, va quedar fora de la protecció i l’accés als drets que, com a menor d’edat li pertocaven.  

 

“Estàs menjant i estudiant, però si no tens feina ni papers, no estaràs feliç”, diu l’Abdou

 

L’Anna Coca, educadora social de la Fundació Bayt al-Thaqafa i referent de l’Abdou, sap que la frustració d’aquests joves es podria mitigar molt si les administracions facilitessin l’acollida i la inclusió dels joves: “La pregunta no és si volen estudiar o no, sinó si el nostre sistema realment els està donant les condicions mínimes perquè puguin fer-lo. Un jove d’aquí pot triar el seu futur, ells han de triar com sobreviure”, determina Coca. 

 

Acabar amb les fronteres i no defallir en l’intent 

Tots aquests joves exemplifiquen a la perfecció les dificultats que viuen els milers de persones que arriben sense referents adults a Catalunya. Són anys de manca de drets, de frustració, de neguits i, sovint, de malviure. Una realitat que, sense el suport i l’acompanyament de moltes entitats d’aquest país, encara seria molt més dura.  

Aquests joves, que passats uns anys estan aconseguint amb perseverança i molta resiliència teixir-se un futur millor, són ja part d’aquesta societat que sovint els ha estigmatitzat i els ha utilitzat com a boc expiatori del deteriorament del benestar social. “Quan veiem polítiques negacionistes o criminalitzadores el resultat és un còctel Molotov. I, en canvi, quan mirem a la persona com una oportunitat el resultat és un altre”, opina l’educador David Vázquez.  

Les oportunitats que brinden a la resta de la societat —joves amb valors, amb empenta, amb ganes de construir futurs millors en la seva terra d’acollida, Catalunya— i les que tots buscaven per a si mateixos —la Lissa per poder ser qui era; l’Abdoulie per poder estudiar; el Nasser per ajudar les seves germanes; l’Abdou per poder treballar i la Chaimae per no haver de sotmetre’s a una vida que no desitjava— són el reflex que l’acollida dels joves que han migrat sols pot ser exitosa.

Caldria, però, que administracions, que emparen les lleis d’estrangeria injustes, i aquells que alcen la veu contra aquests joves, canviïn la mirada i puguin enderrocar l’última frontera, la que ha fet que durant tants anys aquests joves hagin viscut sense garantia de drets. 

(Et convidem a conèixer millor el projecte transmèdia 'L’última frontera', així com ampliar les històries dels nostres testimonis: l’Abdoulie, la Chaimae, el Nasser, la Lissa i l’Abdou; també pots escoltar el pòdcast del projecte a Spotify i Ivoox)

 

 [Imatges: Tomàs González Carbó - font: www.racocatala.cat]

 





 

domingo, 11 de outubro de 2026

Brasil, elecciones y problemas de la izquierda

Escrito por Magdiel Sánchez Quiroz* 

El resultado de las elecciones en Brasil sorprendieron a la mayoría de las personas que se autodefinen de izquierda. ¿Cómo es posible que el hijo del expresidente Jair Bolsonaro, hoy preso por intentar un golpe de Estado contra Lula, haya ganado? La respuesta inmediata desde ese sector fue: por la guerra cognitiva, la injerencia de Estados Unidos y la manipulación de las iglesias pentecostales. 

Es una respuesta simple que da tranquilidad. Se asume que las mayorías se encuentran enajenadas por el tipo de mensajes que consumen por el celular, sin reparar en que es el mismo medio por el que los activistas se informan, interactúan y tratan de convencer a otras personas. 

Para Estados Unidos es prioritario que gane Flávio Bolsonaro. Los importantes yacimientos de hidrocarburos –en especial los del presal–, los abundantes minerales y tierras raras, la biodiversidad, el agua y las tierras fértiles son el botín que quiere. Necesita también controlar el rol geopolítico que tiene Brasil en América Latina y minar las alianzas que sostiene con China y otros países. Pero el resultado de las elecciones no es tan distante de las encuestas previas, casi todas ellas declararon a Lula ganador, pero por un margen tan minúsculo que entra en los rangos de error de las mismas. Incluso Trump evitó posicionarse a favor de Bolsonaro en los últimos días porque podría ser contraproducente. 

Sin duda, el peso de las iglesias pentecostales en Brasil es muy fuerte. Todos los partidos buscan hacer alianzas con sus dirigentes (incluido el Partido de los Trabajadores de Lula). Hay un conjunto de corrientes dominantes dentro del neopentecostalismo que favorece a la ultraderecha y cerró filas con Bolsonaro. Pero las relaciones entre religión y política son más complejas. Durante la dictadura en Brasil de los años 60 a 80, casi 90 por ciento de la población era católica. La Teología de la Liberación fue tan solo una expresión minoritaria, comprometida, radical y con arraigo en los territorios, que remaba a contracorriente del poder instituido. Casi un siglo antes, fue en el noreste de Brasil donde emergieron las insurrecciones populares con objetivos emancipatorios más potentes y alimentados por ideas mesiánicas. 

Un elemento relevante por el que Bolsonaro Jr atrajo votantes es que logró apropiarse de la inconformidad social. Se presentó un disidente, crítico de las estructuras jurídicas y de los políticos tradicionales. Las fuertes acusaciones por corrupción en su contra quedaron en segundo plano. Para muchos votantes pudo más el votar en contra del poder instituido. Promete cosas peligrosas y absurdas, pero también habla de cuestiones que preocupan a la gente. 

El abstencionismo fue muy grande. No votaron 33 millones de brasileños. Empero: ¿hasta qué punto las grandes mayorías creen que a través de las elecciones se puede cambiar la sociedad? ¿La gente participa en las elecciones creyendo que en ellas se juega su vida? ¿Qué tan grave puede ser para una persona votar por un candidato de ultraderecha si está acostumbrada a que todos los productos que consume en el supermercado tienen sellos que le avisan que son malos para su salud? 

Lula es el mayor líder popular de Brasil por más de 40 años. Pero su partido se encuentra fragmentado. Carece de vida y fuerza orgánica. Fuera de Lula no tiene personajes que logren conectarse con las masas. Los partidos de derecha y ultraderecha se quedaron con la mayoría del Congreso Nacional y del Senado. 

Por su parte, el Movimiento de los Trabajadores Rurales Sin Tierra (MST) demostró una fuerza electoral propia. Logró la reelección de varios gobernadores del noreste que asumieron sus demandas. Ocho militantes suyos fueron electos como congresistas. Desde las elecciones pasadas, el MST compite en comicios a través del registro del PT. Sus campañas, sin embargo, ponen en el centro sus propias demandas y sus símbolos. Sus militantes hacen un trabajo de base intenso y permanente. 

El noreste pobre votó por Lula, mientras el sur rico por Bolsonaro. La lucha de clases existe. Sus formas de expresión ocurren de múltiples y complejas formas. Los resultados de las elecciones demuestran que para hacer que los pobres, dominados y explotados opten por un candidato que les favorezca en sus necesidades, hace falta algo más que campañas electorales y políticas sociales como las que Lula construyó en sus mandatos previos. 

Lula tiene posibilidades de vencer en la segunda vuelta y llegar a su cuarto gobierno, pero tendrá que llegar a acuerdos con sectores de la burguesía que se le oponen. De triunfar, será el mandato más alineado a la derecha que haya tenido. No será su voluntad, es el estado de las fuerzas. A pesar de ello, su triunfo será esperanzador.

 

* Filósofo, coordinador de las Obras escogidas de Fernando Martínez Heredia

 

[Fuente: www.jornada.com.mx]

sábado, 10 de outubro de 2026

Mia Couto: «En África non rezamos aos deuses, falamos con eles»

O autor mozambiqueño volve coa historia colonial da súa terra natal en «O río da cegueira», editada tamén en catalán por Periscopi  

Mia Couto deixou os estudos de Medicina para ser xornalista e escritor.

Escrito por Alejandro Castelo / s.f. 

Os pais de Mia Couto (Beira, Mozambique, 1955), ambos os migrantes portugueses, chegaron á perla do Índico nos anos cincuenta. Desde entón, a súa vida está entrelazada coa transformación do seu país. Abandonou os estudos de Medicina, fíxose xornalista, biólogo e, sobre todo, escritor. Foi traducido a diversas linguas e converteuse nunha das voces máis singulares do continente africano.

—Kapuscinski dicía que chamar «África» a un continente tan vasto é xa un acto reduccionista… 

—E tiña razón. Non creo que exista no planeta un continente tan diverso, tan cheo de cultura e diversidade. De feito, a maioría das linguas do mundo fálanse en África. Nin sequera nós mesmos coñecémonos do todo: en Mozambique, convivimos uns trinta pobos distintos cunhas trinta linguas vivas e cotiás. 

—Dá a impresión de que é un misterio non só para quen a miro desde fóra, senón tamén para quen a habita. Ver así?

—Así é. Os africanos viviron un momento histórico no que, para atopar un espello, un retrato de si mesmos, tomaron as ferramentas que os propios europeos deixaran. Por iso moitos africanos teñen aínda unha visión eurocéntrica de si mesmos, e iso complica enormemente o asunto da identidade. 

—Como é a relación co relixioso, con «Deus», en África?

—Aquí «Deus» dise en plural. Eu non rezo: falo con eles. Hai unha relación máis familiar co sagrado. 

—No libro, a luz dana só a quen chega a dominar o territorio. Máis que unha alegoría da culpa colonial, é unha hipótese sobre a percepción, segundo a cal ver de verdade un lugar esixe, primeiro, aceptar ser visto por el?

—Esa é a proposta do libro, si, pero tamén é a proposta que me fago a min mesmo. É algo que vivo cada día cando me presento como africano: teño que explicar por que teño esta cor de pel, porque causa estrañeza que eu sexa africano. En Mozambique eu non teño raza, porque quen define a miña raza é a mirada do outro. 

—En Mozambique a xente achégaseche cando sabe que es escritor, para contarche historias, di. Hai algunha que lle cativase especialmente?

—Todos os días a xente achégaseme na rúa non como un fan, senón como quen trae un recado: «Mire, escriba sobre isto» ou «conte a historia do meu tío». Houbo un caso que me tocou de xeito particular. Aos 14 anos marcárame profundamente Platero e eu, e un día un home abordoume dicíndome: «Ten que escribir a historia da miña burra». Contoume que o animal lle axudaba a cargar materiais no monte, e que morreu en pleno traballo sen que ninguén soubese que estaba embarazada. Quería renderlle unha homenaxe e pediume que lle puxese un nome, porque nunca o tivera. Eu chameina Prateira. En Mozambique ninguén pode permitirse unha crise de imaxinación: con tantas historias circulando, é case imposible non ser escritor. 

—Esa vocación de rescatar historias silenciadas parece levalo tamén á novela histórica. Por que recuperar este episodio da disputa entre o África Oriental alemá e a portuguesa?

—É un país nado sobre traumas e guerras que non se tocan; unha nación feita de esquecementos colectivos. Eses esquecementos son consensuais, non impostos de arriba abaixo. Existe un entendemento silencioso de que é mellor non remover o conflito. Ao final, esquecer xuntos tamén constrúe unha nación. Pero ese esquecemento convértese nunha enfermidade cando non pode resolverse. España ten un asunto moi parecido coa súa guerra civil. 

—Aprendemos algo da violencia?

—Como biólogo, teño a idea de que a nosa especie pode dar respostas violentas cando se ve empurrada a unha situación de supervivencia. Pero, no fondo, somos unha especie solidaria: a construción da humanidade non se extingue, aínda que ás veces pareza que si, como ocorre en Palestina. 

—Como ve esa esperanza cara ao continente, como a percibe desde dentro?

—Por primeira vez, África ten a oportunidade histórica de manifestarse con peso político propio. Coa reorganización dos grandes imperios, o continente xa non se limita a achegar recursos ao mundo: pode empezar a disputar a súa propiedade. A isto súmase un contraste demográfico decisivo fronte a Europa: en Mozambique, o 60% da poboación ten menos de 15 anos. É un potencial enorme, pero tamén un perigo se non existen economías capaces de absorber a esa mocidade. O gran desafío non é copiar modelos de Estado alleos que xa están en quebra, senón crear algo orixinal: unha democracia máis participativa. 

—Que conecta a Brasil, Portugal e Mozambique, máis aló da lingua?

—Hai máis malentendidos que entendementos. Toda esa idea dunha «lusofonía», dunha gran familia unida pola lingua, non remata de funcionar. 

—Cal é o seu proverbio africano favorito?

—É ruandés: «Ninguén se odia máis a si mesmo que aquel que odia aos demais».

 

[Fonte: www.lavozdegalicia.es]