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quarta-feira, 5 de novembro de 2025

En avant, marche !

La lecture de l’essai de Sarah Vanuxem Du droit de déambuler est destinée à nous réveiller, plus, à nous révolter, à nous affranchir des interdits territoriaux. Le droit civil les a multipliés depuis trois siècles et cette « modernité » juridique entrave les accès de la société contemporaine aux paysages, aux milieux naturels, à vivre écologiquement dans le monde qui vient.

Passant (Besançon)

Écrit par Jean-Louis Tissier

L’ordre de l’adjudant d’infanterie est au XXIe siècle anachronique. Notre mobilité pédestre ne doit plus filer droit, nos désirs de parcours sont largement libérés pour la plupart des marcheurs, en ville, en campagne, en montagne. Il ne s’agit là (et ici !) que d’une illusion ! Nous devons prendre conscience que cette liberté est surveillée, contrainte. Nous sommes orientés par des GR ou des itinéraire fléchés ; sur nos smartphones, des applications orientent nos visites. Ainsi encadrés, nous ne risquons pas de sortir des sentiers dits battus, de transgresser le plan du cadastre.

Ce livre rassemble des textes déjà parus qui relèvent de l’histoire du droit. Le lecteur est invité par un guide érudit (430 notes, principalement des rappels d’articles du Code civil, balisent et lestent la démonstration !) à suivre une cordée rouge. Elle est tendue de la villa Médicis, lieu de résidence de l’auteure, carcéral s’il en fut, aux rives anthropisées de l’étang de Berre. L’État, assisté, par ses juristes, ses juges, a étendu les rets de la propriété sur l’espace humain, le transformant en un territoire annexé par la prédation foncière. Si tout a commencé à Rome il y a plus de deux millénaires, la société bourgeoise et industrieuse a ajouté aux réglementations agraires les exigences garantissant ses profits, dont les séquelles, lourdement carbonées, accablent notre présent, réchauffent et voilent notre avenir. 

Que faire ? La formule que Lénine adressait aux damnés de la terre devient un mot d’ordre de leurs soulèvements. L’auteure engage la réponse à cette question : « L’horizon de ces textes est une refonte écologique du système juridique occidental moderne. Pour mener cette entreprise radicale, il nous faut remonter jusqu’aux pivots de celui-ci : nos libertés fondamentales, conquises à la Révolution avec cette grande promesse d’émancipation individuelle ». Remarquons que la libre déambulation n’est pas explicitement mentionnée dans la déclaration de 1789, qui se clôt à l’article 17 sur le droit de propriété imprescriptible, lequel érigeait des cloisons formelles qui s’opposaient au passage, à la traversée.

Le changement climatique que nous vivons depuis le début du nouveau millénaire exige de nos sociétés connaissance et conscience écologiques. Un certain retour à la terre, comme interface vitale, est une priorité : la déambulation est la pratique la plus concrète pour exercer un regard clinique sur l’état des lieux et de l’environnement. Les experts appellent cela du « terrain » ; les citoyens, des sorties militantes. Sarah Vanuxem retrace des moments historiques exemplaires de ces pratiques itinérantes disruptives. Des vagabonds de l’Ancien Régime aux randonneurs contemporains de la métropole marseillaise, en passant par les promenades romaines de la villa Borghèse au moment de l’unité italienne.

L’émancipation par la déambulation individuelle se déploie dans un espace considéré comme commun. La notion de communs est ancienne, médiévale en Europe, elle ouvrait aux collectivités rurales des espaces de pâturage, de coupes de bois. Ces droits collectifs ou commons ont été rognés en Angleterre par les enclosures. Le souci écologique est un puissant motif de renaissance des communs. Les éléments vitaux tels que l’air et l’eau sont des ressources menacées par l’accaparement de certains aménageurs. Accéder aux communs ne peut être limité aux jardins publics, aux parcs dits naturels. Cette offre limitée dans des périmètres est un rationnement, dessiné et destiné à protéger ce qui n’est pas public, c’est-à-dire privé. Dans le cadre du droit de l’environnement, work in progress, des dispositions ouvrent des portes et des pistes pour codifier les conditions permettant d’accéder et de profiter au XXIe siècle de ces communs. Sur le front de son entreprise radicale, l’auteure note des avancées, à la fois pratiques et locales, citoyennes, mais qui s’inscrivent dans un mouvement plus général, et générationnel, porté par la société et ses représentants élus et éclairés.  

Les urbanistes ont inventé la belle expression de ligne de désir pour désigner les sentiers tracés par le piétinement. À force de fouler l’herbe d’un espace vert public ou d’une friche, le choix confirmé d’un raccourci s’inscrit dans la terre. Deux belles photos de Geoffroy Mathieu, à Villiers-le-Bel et à La Batarelle, à Marseille, illustrent ces déambulations libérées. Ici et là, le pur désir anticipe sur le droit chemin.


Sarah Vanuxem | Du droit de déambuler. Photographies de Geoffroy Mathieu. Wildproject, coll. « Le monde qui vient », 232 p., 24 €

[Photo : Jean-Luc Bertini - source : www.en-attendant-nadeau]

sábado, 25 de janeiro de 2025

Oda al paseo y al paseante: Baudelaire, Debord y la ciudad

 

Escrito por Pilar R. Laguna

Hay dos tipos de personas, las que pasean y las que no. Salvo causa mayor que se lo impida, reconozco mi profunda incomprensión hacia las segundas. El paseo es esencialmente humano, o eso me gusta pensar, y cuando no lo practicamos es como si estuviéramos negando una parte sustancial de nuestra esencia. No hablo del desplazamiento funcional, hablo del relajado, aleatorio y reflexivo vagabundeo que es casi una práctica mística y transformadora. Una herramienta para despertar la atención, la creatividad e, incluso, la rebeldía. 

El paseo —en contraposición al acto de simplemente caminar— tiene como premisa una sed sin la cual es imposible que se dé en todo su esplendor. Debe haber una intención transformadora en el paseante: el deseo de regresar siendo otro. Es completamente ajeno a rutinas o deberes y es principalmente un ejercicio psicológico y de atención —sobre todo de atención—. El paseante deja su casa con los cinco sentidos puestos o bien en el entorno o bien en uno mismo y, a medida que avanza el paseo, el foco de atención varía necesariamente. Esta es la verdadera clave de un paseo enriquecedor. Antes de que los estantes de las librerías se colmaran de títulos sobre mindfulness, el paseo, practicado correctamente, ya nos aportaba claridad mental. 

De hecho, para llegar a grandes ideas, y según lo que dice la ciencia, basta con mover las piernas. Da igual el entorno, la dirección, lo que hayamos hecho antes o lo que hagamos después. Algunos estudios ya se han encargado de investigar el fenómeno. En 2014, Marily Oppezzo y Daniel L. Schwartz, de la Universidad de Stanford, llevaron a cabo el estudio «Give Your Ideas Some Legs: The Positive Effect of Walking on Creative Thinking». Motivados por el vasto anecdotario de paseos célebres en los que han surgido grandes ideas, descubrieron que el rendimiento creativo aumenta en un 60 % cuando caminamos. 

Tchaikovsky, Einstein, Nietzsche y otros grandes genios del arte, la ciencia y la filosofía, han glorificado el acto de caminar en sus procesos creativos. Aristóteles y los peripatéticos ya eran conocidos por sus reflexiones a pie e incluso personajes más actuales, como Steve Jobs o Mark Zukerberg, han incluido el paseo en sus reuniones como método para aclarar las ideas. La completísima obra Andar, una filosofía, de Frédéric Gros, recoge de manera ejemplar el gusto por pasear de los autores más emblemáticos de la historia del pensamiento al tiempo que nos da una visión casi poética del acto mismo de pasear. A quien le interese indagar en el maravilloso mundo de los paseos célebres, también encontrará una lectura de lo más valiosa en Wonderlust: Una historia del caminar de Rebecca Solnit, donde la autora recorre la historia de esta actividad, su influencia en la sociedad, sus repercusiones políticas y cómo los grandes personajes de nuestra cultura se valieron del paseo para dar forma a sus mayores creaciones. Incluso en el cine —y lo vemos en muchas películas— el paseo es comúnmente el vehículo para el desarrollo de ideas, encuentros, conversaciones profundas o la transformación de los personajes. 

Pero, si hay una obra que ha impulsado un antes y un después en el concepto de paseo y su relación con el arte, esa es Las flores del mal de Baudelaire. El poeta francés transformó el paseo en una práctica artística a través de su flâneur, el paseante que recorre la ciudad como un observador y que se enriquece del paisaje urbano y de los personajes que lo habitan. De este modo, los paseos mismos materializan su obra. En los «Cuadros parisinos» el autor retrata las calles de la capital francesa, desde las imponentes torres de las catedrales hasta los lóbregos callejones donde habitan mendigos y prostitutas. 

Sus poemas sobre viejas y ciegos, sobre los cambios que experimenta la ciudad y las sensaciones que le provocan dichas estampas, son sin duda los precursores de una manera de entender y explorar el entorno urbano, con un fuerte enfoque artístico, pero también político: Baudelaire hace protagonistas a lo decadente y lo turbio, todo aquello de lo que apartamos la mirada. 

No obstante, lo cierto es que esta figura no es exclusiva de la obra de Baudelaire y que ya se encuentra en escritos anteriores de Poe —en «El hombre de la multitud»— o Flaubert. Sin embargo, en la poesía de Baudelaire alcanza un elemento más realista, casi mundano, que la conecta directamente con los movimientos artísticos posteriores. El flâneur es capaz de hacer una lectura extraordinaria de la ciudad, porque todos sus sentidos están puestos en descubrir lo que esta esconde. La flânerie se convertiría así en una práctica idónea para el artista, de cualquier campo, que encuentra inspiración constante y renovada gracias a la variedad y la imprevisibilidad de las estampas urbanas. Es una suerte de rebelión sobre lo que merece nuestra atención, porque nos invita a investigar la ciudad con una curiosidad renovada, apreciando algunas banalidades que comprenden desde cables que cuelgan de las fachadas hasta puertas desvencijadas y la promesa de las calles estrechas de conducirnos hacia un lugar en el que nunca hemos estado. 

Esta idea del flâneur o la flânerie caló especialmente en Walter Benjamin, quien profundizó en ella con una perspectiva más política y muy crítica frente al tinte capitalista que había tomado un París enormemente transformado por la Revolución Industrial. En el Libro de los pasajes, el autor pone en el centro, no en vano, estas galerías comerciales parisinas cuya única finalidad es la de centralizar los paseos de los viandantes e invitarles a adquirir cualquiera de los lustrosos bienes que se exponen en sus escaparates. 

Frente a esta transformación funcional y la proliferación de espacios destinados al intercambio de bienes, surgen diferentes miradas acerca del uso de la ciudad. En concreto, propuestas rebeldes sobre cómo el paseo puede ayudarnos a recuperar el espacio «robado» o perdido. Y es que, el que camina, o mejor, el que vagabundea —un término mucho más preciso para lo que aquí hemos venido a contar— pone en entredicho el diseño urbano, con esa fuerte influencia capitalista y que tiene su máximo exponente en el centro o zona comercial, diseñada según el comercio y organizada en pro de la segregación urbana. 

El paseante —el que pasea, no el que se desplaza de un punto A a un punto B— desafía ese diseño, las indicaciones, señales y rutas preestablecidas, para utilizar la ciudad de un modo totalmente disruptivo, experimental, con el único objetivo de vagar. Caminar se convierte en un fin en sí mismo. El paseante explora los rincones que desconoce, se aleja de los recorridos comunes y busca, en definitiva, vivir la ciudad. Esta forma de entender el paseo hizo que no solo los artistas la tomaran como una manera de inspirarse, sino que se transformara en una suerte de práctica artística en sí misma. 

En su libro Walkscapes: el andar como práctica estética Francesco Carera hace un recorrido por el uso del paseo, incluyendo la práctica de distintos grupos de artistas. Así, según cuenta en esta recopilación de usos del caminar, a principios del siglo XX, artistas dadá comienzan a organizar excursiones a lugares de la ciudad desprovistos de interés, alejando el arte de los espacios consagrados para ello y retomando el entorno urbano. En 1924 organizaron un paseo a campo abierto al que denominaron ‘deambulación’ y del cual señalaron su similitud con una experiencia onírica y con la escritura automática, en la que el espacio es el soporte. Un espacio que definían como el inconsciente de la ciudad. 

En 1958, Guy Debord desarrolló su teoría de la deriva, que propone experimentar la ciudad y las sensaciones que genera a medida que se transita. De este modo introduce también el término psicogeografía, un método que persigue, a través de la deriva, entender cómo el diseño urbano interviene en nuestra manera de habitar la ciudad y cómo puede afectar a nuestro estado de ánimo. El objetivo de esta práctica es estudiar cómo interactuamos con la ciudad misma. 

En el documento original, Debord ofrecía una serie de pautas a seguir para poder realizar una deriva con éxito. Según la define el artista, el paseante debe dejarse llevar por «las solicitaciones del terreno», de naturaleza psicogeográfica, para recorrer la ciudad de un modo que no responde a la necesidad de un traslado predeterminado. Lo que propone Debord es que, en la ciudad, el desplazamiento no puede ser enteramente aleatorio, porque el modo en que está diseñada hace que unos lugares sean más transitados que otros, algunas esquinas invitan más a tomarlas hacia la derecha que hacia la izquierda, y este tipo de consideraciones. 

¿Acaso no es una idea interesantísima? Porque nos muestra la posibilidad de ser víctimas, en cierto modo, de un diseño que ejerce un control sobre nosotros sin que seamos conscientes de ello y del que solo podemos escapar poniendo toda la intención. Nos conduce por la ciudad, como si hubiera unas pasarelas invisibles, empujándonos hacia determinadas zonas de interés, generalmente, comercial, y dejando otros tantos espacios grises que ni utilizamos ni conocemos. Desde el prisma del uso del espacio casi de una forma política, Guy Debord ponía un ejemplo sacado del estudio sobre el París de 1952 de Chombart de Lauwe. En él, había comprobado que todos los recorridos que había realizado una estudiante durante un año trazaban un pequeño triángulo en cuyas aristas se encontraban su escuela, su domicilio y la casa de su profesor de piano. En definitiva, un ejemplo de cómo hacemos, por pura inercia, un uso de la ciudad muy limitado.

Es tanto el interés que el elemento psicogeográfico suscita en Debord que, para él, el famoso deambular dadá de 1924 por el campo había sido un fracaso, porque en campo abierto no hay elementos que interrumpan la azarosidad. Es más, dentro de su enfoque marxista, para Debord el interés de derivar en la ciudad es que esta nos devuelve un reflejo, tanto en lo relativo a la sociedad como en lo que respecta al individuo. La deriva es una herramienta para transformar el urbanismo y la arquitectura. 

Visto en perspectiva, lo que sostiene la teoría de la deriva sobre la psicogeografía resulta un secreto a voces, prácticamente una obviedad de esas que no ves hasta que alguien te dice que la tienes delante. Cualquiera que salga a pasear con los sentidos suficientemente puestos en el recorrido contemplará cómo lo que parece azaroso está determinado por el diseño urbano —y, además, altamente relacionado con el estado mental del paseante—. 

Collin Ellard, autor de Psicogeografía: La influencia de los lugares en la mente y en el corazón, aplicaba sus dos vertientes de conocimiento, la neurociencia y el diseño arquitectónico, para dar una explicación sobre cómo el entorno nos afecta. En esta obra, ofrece gran cantidad de apreciaciones sobre las influencias de la arquitectura en la mente humana. Por ejemplo, señala el hecho de que nos sintamos más atraídos por las formas curvas que por las líneas rectas o la fuerte pulsión hacia la búsqueda de información. Es decir, que teniendo que elegir entre dos caminos, uno en el que prevemos que vamos a obtener poca información nueva y otro del que pensamos que extraeremos mucha, nos inclinaremos más por el segundo. 

El libro toma además varias referencias de la obra Designing Casinos to Dominate the Competition de Bill Friedman. Este afamado diseñador de casinos y exadicto al juego expone varios de los trucos arquitectónicos y de interiorismo que se aplican para instigar a las personas hacia una acción determinada, en este caso el juego, y pasar dentro del edificio el mayor tiempo posible. 

Todo esto se aplica a la ciudad de igual manera. Ellard ha llevado numerosos experimentos a cabo, reuniendo a grupos de paseantes e invitándoles a anotar las sensaciones que experimentan a lo largo de un recorrido determinado. Así, llegaba a conclusiones como que la arquitectura más sofisticada de otros tiempos causa mayor excitación, interés e incluso felicidad, que los angulosos bloques minimalistas que, por el contrario, generan tedio, enfado e incluso nerviosismo. 

Hay todo tipo de estudios sobre las interacciones de los viandantes con el entorno urbano, como las observaciones del urbanista Jan Gehl, quien detectó que caminamos más rápido frente a fachadas monótonas, que la modificación de los tres metros inferiores de las fachadas es determinante y que para que una calle sea «óptima» el paseante debe detectar un lugar interesante cada cinco segundos. 

Sea como sea, más allá de cómo nos afectan todos esos elementos y asumiendo el carácter lúdico de la deriva de Guy Debord, lo que el filósofo ponía sobre la mesa es una fuerte crítica a la perversión del espacio urbano, a su mercantilización y transformación en una herramienta para el capital. Esta idea, que también destacaría Benjamin, fue desarrollada también por Henri Lefebvre en 1967 en su libro El derecho a la ciudad, donde propone que el ciudadano vuelva a convertirse en el protagonista de una ciudad que ha perdido su esencia en detrimento del mercado y la industria. Según su visión, se generaban ciudades inconexas, con zonas aisladas y una suerte de segregación de la población, que divide a las clases pudientes de las más humildes y las coloca estratégicamente en zonas bien diferenciadas —con un planteamiento similar al que proponía Burgess en su teoría de los círculos concéntricos—. 

Entonces, si la ciudad está diseñada según un plan que nos invita a transitar por unos espacios más que por otros, generalmente conduciéndonos a la zona comercial —mejor iluminada, peatonalizada, decorada y segura— en cierto sentido, salir a pasear es un acto de rebeldía. Lo es especialmente en un momento en el que el entretenimiento, colmado por las pantallas, toma lugar primordialmente en el interior de los hogares. Uno debe preguntarse cómo usa la ciudad y sacar una lectura crítica sobre si realmente la hace suya o, como la estudiante de Lauwe, apenas se mueve en un constreñido triángulo. Salir a la calle, pasear, dejarse llevar por la ciudad y sus elementos, es un derecho y también un deber. Porque todo lo que no se usa, se pierde. 

Pasear, como lo entendían Baudelaire o Debord, es esencialmente humano. Es una toma de conciencia, un reclamo de lo propio y una oportunidad para expandir nuestro universo mental. Explorar la ciudad con plena consciencia, disfrutando de las zonas grises y prestando atención a las rendijas, portales, adornos o la luz cambiante con el paso de las estaciones, es un juego que nunca se acaba, solo se complica. El paseo aporta lucidez, incluso cuando no se pretende. Es una aventura y un lujo, un espacio para uno mismo o de encuentro con los demás. Es una incursión en lo real, que es la calle, y que nos aleja de las ficciones del hogar para ponernos, por fin, en un contexto: el social. Nos enfrenta al frío, al calor, al ruido, a lo hermoso y a lo horrendo. Nos ofrece control y nos despoja de él. Nos hace dueños de la ciudad y garantes de una inquietud que es infinita. 

 

[Fuente: www.jotdown.es]

sexta-feira, 11 de novembro de 2022

Caminar como técnica para pensar

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Escrito por Mar Abad

Ilustración: Buba Viedma

Dicen que internet y la tecnología pueden llevar muy lejos. A lugares desconocidos, inimaginables incluso. Pero en un sentido físico, estrictamente físico, podría habernos encadenado a una silla. El ordenador, el coche, el ascensor, el segway… ¿Nos está convirtiendo la modernidad en una versión humana del pollo de jaula?

«Pienso en los sedentarios abstractos que se pasan la vida en un despacho, tecleando. Golpeteos de dedos en un teclado: conectados, como dicen. ¿A qué? A informaciones que varían de segundo en segundo, a flujos de imágenes y de cifras, a cuadros y tablas. Después del trabajo, toca el metro, el tren, la velocidad siempre, con la mirada fija esta vez en la pantalla del teléfono, y vuelta a pulsar teclas, y de nuevo el desfile de mensajes e imágenes», escribe Frédéric Gros. «Anochece ya cuando no han visto siquiera el día. Televisión: una pantalla más. ¿En qué dimensión viven entonces, sin levantar el polvo, sin contacto? ¿En qué espacio sin relieve, en qué tiempo en el que ni la lluvia ni el sol importan? Esas vidas, desligadas de los senderos y de los caminos, nos hacen olvidar nuestra condición: nada del desgaste de las estaciones y del tiempo parece existir».

El filósofo francés reclama la costumbre de caminar y vivir más despacio. Y lo hace en un libro titulado Andar, una filosofía, de Taurus Pensamiento. «Para ir más despacio no se ha encontrado nada mejor que andar. (…) ¿Quieren ir más rápido? Entonces no caminen, hagan otra cosa: rueden, deslícense, vuelen. No caminen. Caminando solo una hazaña importa: la intensidad del cielo, la belleza de los paisajes. Andar no es un deporte».

CAMINAR DA LIBERTAD

Andar es libertad. Implica «una desconexión provisional: me escapo de la red unos días, experimento en senderos desiertos lo que es estar fuera del sistema. Pero también se puede decir ‘romper’. A este respecto sería fácil encontrar llamadas a la transgresión y al ‘gran fuera’ en los escritos de Kerouac o Snyder: acabar con las convenciones estúpidas, la seguridad letárgica de las paredes, el tedio de lo idéntico, el desgaste de la repetición, la medrosidad de los pudientes y el odio al cambio. Hay que provocar partidas, transgresiones, alimentar al fin la locura y el sueño. La decisión de caminar (partir lejos, a alguna parte, intentar otra cosa) se entiende esta vez como la llamada de lo salvaje».

Al caminar todo pierde importancia. Todo, de algún modo, queda atrás, para el profesor de filosofía. La identidad de uno mismo, incluso, se disuelve en el camino. «Caminando se escapa a la idea misma de identidad, a la tentación de ser alguien, de tener un nombres y una historia. Ser alguien está bien en las veladas mundanas en las que cada uno habla de sí mismo o en la consulta del psicólogo. Pero ser alguien ¿no es una vez más una obligación social que encadena, una ficción estúpida que pesa sobre nuestros hombros?».

En un sentido político, «la marcha deja entrever un sueño: caminar como expresión del rechazo de una civilización corrupta, contaminada, alienante y miserable». El poeta Whitman hablaba de los vagabundos del Dharma, de su caminar con mochilas por viejos senderos del desierto, negándose a consumir todo lo que la industria produce y «trabajar para tener el privilegio de consumir toda esa mierda que en realidad no necesitan, como refrigeradores, aparatos de televisión, coches, coches nuevos y llamativos […], y porquería en general que siempre termina en el cubo de la basura una semana después».

Desde hace unos años parece que pensar y trabajar solo se puede hacer frente a un ordenador. Tumbarse en un sofá a pensar levanta sospechas. Deambular provoca recelos. También mirar al techo. También caminar. Pilvi Takala lo mostró en una instalación artística llamada The Trainee que expuso el Museo de Arte Contemporáneo Kiasma de Helsinki en 2008.

https://youtu.be/EAW1ZHD8BiY

Un vídeo relataba esta historia: una joven pasó un mes en una oficina de Deloitte haciendo unas prácticas. En su mesa no había ordenador, ni papeles, ni nada. Los empleados la miraban con asombro y se hacían gestos entre sí como diciendo: ‘Esta mujer está loca’. Algún valiente le preguntó por fin qué hacía y ella dijo que estaba pensando. Los compañeros la miraron con más sorpresa aún. Definitivamente pensaron que la trainee era muy extraña.

Caminar, sin embargo, se ha utilizado durante siglos como una técnica para pensar. Lo hicieron Nietzsche, Rimbaud, Rousseau y Thoreau, entre otros. Kant, Marcel Proust o Walter Benjamin fueron grandes paseantes. Los peregrinos han caminado durante siglos para acercarse a su dios, y Gandhi lideró la marcha política más famosa de la historia. Lo cuenta, en detalle, Frédéric Gros en Andar, una filosofía.


caminar

NIETZSCHE

Decía Friedrich Nietzsche (1844-1900) que «hay que sentarse lo menos posible: no creer en ningún pensamiento que no haya surgido al aire libre y estando nosotros en movimiento, en ningún pensamiento en cuya génesis no intervengan alegremente también los músculos. Todos los prejuicios proceden de los intestinos. Ya dije en una ocasión que la vida sedentaria constituye el auténtico pecado contra el espíritu».

El filósofo alemán pensaba que las morales sedentarias habían envenenado a la humanidad. «No somos de esos que solo rodeados de libros, inspirado por libros, llegan a pensar. Estamos acostumbrados a pensar al aire libre, caminando, saltando, subiendo, bailando, de preferencia en montañas solitarias o a la orilla del mar, donde hasta los caminos se ponen pensativos», escribió en La gaya ciencia.

Y así construyó su obra. Nietzsche no era caminante de ciudad. Era andante de naturaleza. En sus marchas por el bosque huía de sus infernales dolores de cabeza y buscaba ideas que no estaban atadas a nada. Nietzsche trabajaba caminando, según Gros. Caminaba solo y a veces hasta ocho horas al día. Andando escribió El paseante y su sombra. Andaba y redactaba a la vez lo que iba pensando en seis cuadernos pequeños.

Pero el hombre que quiso llegar más allá del bien y del mal acabó sentado en una silla de ruedas.
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RIMBAUD

Escapó andando hasta París, marchó a Bruselas, deambuló por Londres, atravesó los Alpes y hasta intentó llegar a Rusia. El poeta francés Arthur Rimbaud (1854-1891), cuando era muy joven, dijo que era «un peatón, nada más» y siguió andando el resto de su vida.

«A pie. Siempre a pie y midiendo con las ‘piernas sin rivales’ la amplitud de la tierra», escribe Gros. «Para caminar, para avanzar, hace falta ansia. Siempre se da en Rimbaud ese grito en el momento de la partida, esa alegría rabiosa (…). En las tripas, el dolor de estar aquí, la imposibilidad de quedarse quieto, de enterrarse vivo, de quedarse simplemente».

En 1891 su rodilla se inflama terriblemente. Hay que amputar y pierde la pierna para siempre. Rimbaud sigue haciendo planes con su futura prótesis, pero ya no volverá a caminar. El poeta que vio en la marcha una forma de huida, de dejar atrás y olvidarse de uno mismo y del mundo en cada paso, nunca paró. Ni en su lecho de muerte, donde dijo, como últimas palabras: «Deprisa, nos esperan».


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ROUSSEAU

El filósofo ginebrés (1712-1778) detestaba los escritorios. Pensar es, para Jean-Jacques Rousseau, una extensión de caminar. De los 17 a los 19 años anda sin cesar. Después verá los caminos en coche de caballos, con gran disgusto, según escribió en Las confesiones.

«Solo he viajado a pie en mis días de juventud, y siempre con delicia. Pronto los deberes, los asuntos y un equipaje que llevar me obligaron a dármelas de señor y a utilizar vehículos, a los que conmigo subían atormentadoras preocupaciones, apuros y molestias, mientras que antes en mis viajes no sentía otra cosa que el placer de caminar. Desde entonces no he sentido otra cosa que la necesidad de llegar».

Fue caminando por el bosque como Jean-Jacques Rousseau escribió su Discurso sobre el origen de la desigualdad entre los hombres. Andando descubrió al homo viator (hombre que camina), «el que no está desfigurado por la cultura, la educación y las artes; el de antes de los libros y los salones; el de antes de las sociedades y el trabajo». Entre los árboles busca Rousseau a ese primer hombre anterior a toda civilización, «saturado de cortesía e hipocresía, lleno de maldad y de envidia». Es su buen salvaje.

Pero la vida hace el paisaje gris y en sus últimos paseos no busca inspiración. Al contrario. «Los últimos paseos tienen la inmensa dulzura del desapego», escribe Gros. «Ya no hay nada que esperar, nada que aguardar. Vivir solamente, permitirse existir».


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THOREAU

El siglo XIX trajo las grandes producciones en masa y las explotaciones industriales. Los hombres empiezan a saquear la naturaleza. El filósofo Henry David Thoreau (1817-1862) se siente abrumado ante un capitalismo feroz y propone una nueva economía en la que «el coste de una cosa es la cantidad de vida que hay que dar a cambio de ella» (Walden, 1854).

«Es también una manera de distinguir el provecho del beneficio. ¿Qué provecho saco de una larga caminata por el bosque? El provecho es nulo: no se ha producido nada que pueda luego venderse, ni se ha realizado algún servicio social que pueda rentarme nada. A ese respecto, la marcha es desesperadamente inútil y estéril. En términos de economía tradicional, es tiempo perdido, malgastado, tiempo muerto, sin producción de riqueza. Y sin embargo para mí, para mi vida, no diría siquiera interior, sino total, absoluta, el beneficio es inmenso», explica Gros en su obra. «Vivir, en el sentido más profundo, es algo que nadie puede hacer por nosotros. En el trabajo puede sustituirnos alguien, pero no al caminar. Ese es el gran criterio».

El naturalista estadounidense medía el valor de las cosas en la calidad de las vivencias. Decía: «¿Cuánta vida pura pierdo cuando me esfuerzo en ganar más dinero? Lo que les cuesta a los ricos ser ricos: trabajo, preocupaciones, desvelos, no descansar nunca». Él, en cambio, no necesitaba posesiones. Le bastaba con hacer suyo lo que veía. Así lo sentía. Todo el bosque, todo el mundo, para él.

Cuán vano es sentarse a escribir cuando aún no te has levantado a vivir.
H.D. Thoreau
El diario (1837-1861)

 

 

[Fuente: www.yorokobu.es]

terça-feira, 25 de outubro de 2022

Kaminando i avlando

 

Prezentado por Süzet FRANSEZ

Kaminando i avlando, es muestra istoria ke rezulta de munchos siglos de katastrofas: la ekspulsion de Espanya, los pogromes, las gerras, el nazismo, el rasizmo, las imigrasiones i otros temas semejantes. Los judios, kon sus istorias se ambezaron a konstruir sus vidas komo la situasion se prezenta. Ganaron una filozofia en pensando lentamente i de una manera pozitiva sin perder el guste de bivir. Puede ser ke esta filozofia les ayudo a rebivir de sus sinizas i a no dezapareser del mundo.

Kaminar, es salir de kaza, de liberarse de sus penserios de kada dia, estar kon si mizmo. Andar tiene un paralelizmo kon la spiritualidad. Se deskuvrio ke los grandes filozofes i pensadores se metian a kaminar para pensar i krear en libertad. Se analizo ke, desde Aristoteles i Platon asta Steve Jobs, hay una relasion entre el kaminar i el pensar.

Aristo, en su guerta, azia filozofia kon sus disiplos kaminando i avlando.

Nietzche afirmo ke “todos los pensamientos grandes se konsiven paseando”. El se alevantava a las sinko de la manyana i lavorava fista midi i despues se iva a azer paseos largos en las montanyas, los Alpes, para pensar i renovar sus ideas.

Kant, el filozofo aleman, salia kada dia a las sinko de la tadre i asta la sesh azia el mizmo kamino i a su retorno a kaza se metia a meldar, a eskrivir i a pensar.

Filozofes i pensadores komo J. J. Rousseau, Montaigne, Thoreau, Gandi salian para kaminar, pensar, konsentrar i tomar desiziones kon kavesa repozada.

Manuel M. Loeches, profesor de norosiensia, eksplika ke “kuando kaminamos, el organizmo entiende ke estamos realizando un egzersizio, i viene mas sangre, oksijen i glukoza al serebro. Esta situasion ayuda a entender i a rezolvar los problemes de manera mas klara i simple.

Se puede dezir ke la istoria del mundo rendio el puevlo judio filozofo i el arte de kerer bivir komo umano respektuozo, se eskrivio en su  jenetika. En kaminando tomas tu oksijen, despues avlas i kontas tus ideas renovadas i en mizmo tiempo, konsantradas oyes kon tus orejas tus palavras.

Oguro ke no perderemos muestra antigua filozofia sefaradi del siglo XVI, ke mos trusho al siglo XXI, i ke oy internasionalmente se dize “STEP by STEP”.

 

[Orijin: www.salom.com.tr]

terça-feira, 1 de fevereiro de 2022

Un ministerio para la soledad

Escrito por José Natanson

La soledad extrema es un fenómeno global con consecuencias sociales tan profundas como preocupantes.
Aclaremos primero de qué estamos hablando. A diferencia de la lengua inglesa, que distingue la soledad deseada y feliz (solitude) de la soledad entendida como aislamiento, privación y angustia, es decir como la distancia entre las interacciones sociales deseadas y las reales (loneliness), en español solo contamos con una palabra, que engloba ambos significados. Es perfectamente posible desarrollar una vida plena en soledad: Kierkegaard, solitario irremediable, se prescribía “baños de gente” en paseos lentos por las calles de Copenhague para luego volver a recluirse en su casa y seguir escribiendo. Se puede estar bien solo, y sentirse solo estando rodeado de otros. Nos referimos aquí al aislamiento social no deseado, sufriente y radical, una epidemia silenciosa que afecta a cada vez más personas.
Las causas materiales que explican este drama social pasan en primer lugar por los movimientos –siempre silenciosos pero siempre decisivos– de las estructuras demográficas. La esperanza de vida ha aumentado en el Primer Mundo y en algunos países de desarrollo medio, sobre todo en las grandes ciudades: en Argentina, por ejemplo, pasó de 69,5 años en 1980 a 76,7 en la actualidad. Esto estiró el tiempo que los padres viven sin los hijos, que puede extenderse hasta dos o tres décadas y llevar a una vejez solitaria en caso del fallecimiento temprano de uno de los cónyuges, usualmente el hombre (las mujeres argentinas viven en promedio cuatro años más que los hombres).
Esta tendencia a una “individuación de la vejez” es resultado también de cambios en las subjetividades. Por ejemplo, la voluntad de los adultos mayores de preservar su autonomía hasta el final (al menos de aquellos que pueden permitírselo), evitando el asilo o la incómoda convivencia con hijos ya grandes que a veces los tratan con condescendencia, al estilo del abuelo de Los Simpsons, que cuando empieza a contar una anécdota en la mesa familiar solo logra que todos se vayan hasta quedarse solo con Maggie, atrapada en su sillita de bebé. También puede ser resultado de las separaciones tardías: parejas que no se animaban a encarar un divorcio en el pasado, cuando todavía no era tan usual, y lo hacen más tarde, cuando los hijos ya se emanciparon, luego de décadas y décadas de acumular reproches (1).
Pero el fenómeno no se limita a los viejos: el porcentaje de jóvenes y adultos que viven solos también viene aumentando. Entre los principales motivos podemos mencionar el retraso de la edad de inicio de la primera convivencia –de 27 a 33 años promedio en la ciudad de Buenos Aires entre principios del siglo XX y la actualidad (2)–, la generalización de los divorcios (en 2020 hubo en CABA más divorcios que casamientos por primera vez en la historia) y las transformaciones en el régimen de maternidad/paternidad: aumento de la edad de los padres (la edad media a la que las mujeres tuvieron su primer hijo pasó de 28,4 años en 2000 a 31 en la actualidad en CABA), caída en la tasa de fecundidad (de 1,87 hijos por mujer en 2000 a 1,54 en la actualidad) e incremento de las personas que no tienen hijos –un 20% de las mujeres que viven en la ciudad llegan al fin de la edad fértil sin ser madres (3)–.
Si la “individuación de la vejez” se explica en esencia por motivos de demografía, la de la juventud-adultez responde también al cambio en la posición de las mujeres en la sociedad, que ya no se limita al rol tradicional de madre, disputa con los hombres el mercado laboral y a menudo elige priorizar el estudio y las carreras profesionales. A ello hay que sumar las crisis económicas recurrentes –la muy argentina incertidumbre respecto del futuro material– que obliga muchas veces a postergar proyectos de familia.
En todo caso, cada vez más personas viven solas. Los hogares unipersonales pasaron de 30% a 35% en Alemania, de 13% a 23% en España y de 13% a 27% en Estados Unidos. El fenómeno es una función del desarrollo: a mayor nivel de ingreso, más porcentaje de hogares unipersonales. En Japón, un impresionante 40% de los hogares está habitado por una sola persona. En Argentina, en tanto, pasaron de 10% en 2000 a 18% en el censo de 2010, con notables diferencias según la provincia: siguiendo la lógica descrita, representan el 30% en la Ciudad de Buenos Aires y solo el 10% en Santiago del Estero (4).

Un mundo de solos
Un posible reflejo cultural de esta tendencia es el auge de la “literatura del yo”, que ha hecho de la autorreferencialidad y la anécdota personal un subgénero que, como escribió Pedro Yagüe (5), parece destinado sobre todo a alimentar la imagen personal y exacerbar el narcicismo hiperindividualista de las redes sociales (el yo puede ser un protagonista aceptable cuando se trata de un genio torturado y al que le pasan cosas interesantes como, digamos, Emmanuel Carrère, pero pierde interés cuando se trata de un joven porteño un poco conflictuado que se pelea con la novia y se muda a un PH en Almagro).
Pero no nos desviemos. Decíamos al comienzo que la soledad puede ser un estado buscado y hasta ideal, y que se puede estar rodeado de gente y sentirse solo. Sin embargo, habrá que admitir que desde el Génesis (“No es bueno que el hombre esté solo”) la existencia solitaria es considerada un estigma. El habla popular argentina reconoce el drama de la soledad radical recurriendo a un sutil desplazamiento verbal: del “estoy solo” al “soy solo”. En la Grecia antigua, el peor castigo no era la pena de muerte sino el destierro: la condena al ostracismo.
El mercado ya opera sobre esta enorme masa de solos. Construye para ellos nuevos proyectos de viviendas, gigantescos edificios de departamentos de uno o dos ambientes con espacios comunes que van desde gimnasios y piletas a ámbitos de trabajo compartidos a los que los vecinos pueden ir con su laptop, asegurándose un mínimo de contacto humano en medio de una jornada solitaria. Si el impulso al teletrabajo disparado por la pandemia profundizó aún más la tendencia a la soledad, cancelando la charla sobre la última serie al lado de la fotocopiadora, el chisme durante el almuerzo, no debería llamar la atención que el mercado ofrezca remedos: los espacios de coworking como recreación de la oficina, ese microcosmos de relaciones humanas que es el escenario principal de The Office y que hoy constituye un ámbito en claro retroceso (alcanza con dar una vuelta por el microcentro porteño para entender que se trata de un mundo en desaparición). Del mismo modo, las mesas compartidas de los bares cool de Palermo remiten a los viejos tablones de las antiguas tabernas y confirman que, aunque el comensal quizás mantenga la vista obstinadamente fija en la pantalla del celular o la computadora, la necesidad de estar con otros sigue latiendo en alguna parte.
Pero las dos innovaciones tecnológicas más notables destinadas a combatir la soledad no deseada son los robots y las apps de amigos. En Japón, unos 20 millones de personas, la mayoría de ellas mayores, viven solas, resultado del aumento de la esperanza de vida (la segunda más alta del mundo), la desestructuración del mercado laboral y la moda de las parejas jóvenes que aprovechan el teletrabajo para escapar de las ciudades, donde quedan sus padres. Referencia desde los años 80 en automatización y robótica, las empresas japonesas ofrecen una amplia gama de robots que mejoran la vida de las personas mayores: exoesqueletos que ayudan a caminar, camas inteligentes que incorporan los patrones de sueño, robots que plantean juegos de desafío y androides dotados de inteligencia artificial capaces de interactuar emocionalmente (hasta cierto punto). Se trata en general de robots pequeños, sonrientes, que “se expresan” en tono calmo, jamás amenazante: nada que remita a Terminator o que sugiera superioridad física.
Las apps de amigos conectan a las personas de acuerdo a sus afinidades. Meetup, por ejemplo, propone eventos y actividades en lugares cercanos de acuerdo a ciertos intereses, que pueden ir del cine a la gastronomía. Tomando como referencia los sitios de citas con geolocalización, aplicaciones como Friender y Citysocializer disponen de filtros que permiten hablar solo con usuarios que comparten los mismos intereses y gustos, en tanto que Pantook, pensada para personas que llegan a una ciudad y no conocen a nadie, cuenta con un algoritmo de vigilancia que detecta cualquier atisbo de coqueteo o lance, en cuyo caso no entrega el mensaje y puede incluso suspender al usuario. Más allá de las implicancias sociales y morales de estos desarrollos tecnológicos (¿quién dijo que un amigo tiene que compartir todos mis gustos?, ¿dónde empieza y termina un coqueteo?), lo interesante es que no buscan sustituir la presencia humana sino fomentarla.

La ciudad solitaria
El aislamiento social no deseado produce efectos muy dañinos sobre quien lo padece, a punto tal que la Organización Mundial de la Salud define a la soledad como una “epidemia” contemporánea (6): desde las clásicas angustia, ansiedad y depresión hasta trastornos de sueño, baja autoestima, afectación del sistema inmunológico y hábitos problemáticos como el alcoholismo.
La irrupción del coronavirus agravó este cuadro. Aunque el confinamiento fue difícil para todos, su efecto fue particularmente duro para quienes, al momento de declararse la cuarentena, se encontraban viviendo solos: los primeros intentos entusiastas por recrear escenarios de socialización virtuales –el joven que se viste, se peina, se prepara un trago, apaga las luces del monoambiente y conecta la computadora para encontrarse con otros en una fiesta virtual– demostraron rápidamente sus límites. Internet es un avance formidable, pero no permite mirarse de cerca, besarse o tocarse, respirar el aliento del otro, intuir su transpiración; activa solo algunos sentidos, aplana vínculos que son conexiones más que relaciones.
En un editorial reciente (7), el diario El País advertía sobre un aumento de los suicidios de jóvenes en España en los últimos dos años, inducido en buena medida por el aislamiento, la soledad y el miedo al futuro que provocó la pandemia. No parece casual que hayan sido los mismos jóvenes quienes, siguiendo un instinto más fuerte que cualquier prohibición, rápidamente salieran a buscar el contacto físico con el otro, pasando de los zoompleaños a las fiestas clandestinas. Por si hacía falta, el fracaso de la virtualización educativa demostró la importancia de la presencialidad en las relaciones humanas.
En La ciudad solitaria (8), un libro que es a la vez una crónica de inmersión no buscada en la soledad y un ensayo de crítica cultural, Olivia Laing sostiene que quienes atraviesan una experiencia de soledad extrema son más proclives a desarrollar una percepción negativa del mundo. Como si el sentido de sociabilidad se atrofiara, tienden a hiperpercibir las acciones dañinas o negativas –un pulgar para abajo en una red social, un roce involuntario en la calle, una mirada extraña en el transporte público– e ignorar las actitudes amistosas o agradables, lo que genera un círculo vicioso en el que la persona solitaria se sumerge cada vez más en un aislamiento receloso.
La soledad es parte de la angustia social a la que nos referimos en otro editorial, un fenómeno extendido que no se manifiesta por vía de una insurrección popular o una revolución al estilo de diciembre del 2001, sino a través de miles de microhistorias de dramas personales: gente que revienta para adentro. Aunque resulta imposible verificar esta hipótesis en una estadística general, algunos indicadores (aumento de la violencia intrafamiliar, incremento del consumo de alcohol, desenfreno por los psicofármacos) sugieren que algo muy profundo está ocurriendo.
El aislamiento social alimenta este malestar más amplio, que también se refleja en el lenguaje de la época. La ferocidad de las redes, la indignación como la declinación a la que se recurre ante el menor contratiempo y la intolerancia que hoy campea en importantes sectores de la sociedad hablan en el fondo de un desconocimiento del otro, una negación empecinada a reconocer su legitimidad –y, en el extremo, su humanidad–. No se trata, insistamos, de que los solitarios sean más agresivos, o que aquellas personas que viven solas se comporten de manera diferente a las que conviven con otras. Ya aclaramos que se puede vivir solo y en paz, y en familia o pareja y sentir una soledad absoluta. Lo que queremos plantear aquí, como hipótesis a seguir trabajando, es la relación entre la soledad extrema y el tono crispado de la conversación actual.

Respuestas
Desde que Émile Durkheim escribió El suicidio sabemos que decisiones en apariencia personalísimas (nada más personal que el acto desesperado de quitarse la vida) admiten causas más generales: tal el origen de la sociología moderna. Menos dramático que el suicidio pero igual de preocupante, el aislamiento que afecta a un creciente sector de la sociedad no debe ser visto como una agregación de fracasos individuales sino como una epidemia –en el sentido más puro del término: un mal que afecta a un gran número de personas al mismo tiempo– que merece una respuesta institucional.
Apenas asumió al frente del gobierno británico, Theresa May anunció la creación de un Ministerio de la Soledad que, dirigido por Tracey Crouch, desplegó una serie de políticas orientadas a enfrentar el aislamiento social, sobre todo de los mayores: al momento de anunciarse la decisión, la mitad de los británicos de más de 75 años (unos 2 millones) vivían solos. En Japón, donde los restaurantes ofrecen mesas con una sola silla situadas lejos de las parejas y los grupos para lo que llaman ohitori-sama (honorable señor solo), el gobierno también creó un Ministerio de la Soledad, preocupado por el aumento de las muertes en total aislamiento (el hecho de que exista una palabra en japonés para definir el fenómeno, kodokushi o “muerte solitaria”, resulta ilustrativo).
No son lujos del Primer Mundo. En Argentina, como señalamos al comienzo, la cantidad de personas que viven solas viene aumentando de manera sistemática. Aunque se habla poco del tema, la experiencia internacional demuestra que el problema es abordable a través de un conjunto de iniciativas: centros comunitarios, batallones de jóvenes voluntarios que se acercan a los mayores, talleres y encuentros. Se trata siempre de proyectos locales, a nivel micro, que en esencia buscan acompañarlos y demostrarles que la sociedad –y su manifestación política, el Estado– se interesa por ellos, que en definitiva no están tan solos en medio de la colmena enfebrecida de la vida en el siglo XXI.

1. https://repositorio.uca.edu.ar/bitstream/123456789/8178/1/personas-mayores-argentina-actual-2016.pdf
2. http://revistarelap.org/index.php/relap/article/view/50/71
3. https://www.telam.com.ar/notas/201901/327570-mujeres-hijos-estadistica-ciudad-de-buenos-aires.html
4. http://c3t.fra.utn.edu.ar/wp-content/uploads/2014/04/Hogares-unipersonales-Actualizacion.-Abril-2014
5. https://panamarevista.com/ruido-en-el-pasillo/
6. https://www.dw.com/es/cada-vez-m%C3%A1s-solos-el-impacto-de-la-pandemia-en-la-salud-mental/a-56719451
7. https://elpais.com/opinion/2022-01-26/el-suicidio-entre-los-jovenes.html
8. Capitán Swing, 2020.

 

 

[Fuente: www.eldiplo.org]

(Georgi Kalaydzhiev/Unsplash)                                                          [foto: Georgi Kalaydzhiev/Unsplash]

domingo, 2 de janeiro de 2022

‘Un día llegaré a Sagres’: el viaje a la utopía de Nélida Piñon

La autora brasileña firma una historia de búsqueda interior y supervivencia escrita desde la atalaya de la senectud con una prosa majestuosa, impregnada de resonancias bíblicas

                                 La escritora Nélida Piñon, en Madrid, en 2019.
 
Escrito por JAVIER APARICIO MAYDEU

Después de haber acometido algo muy semejante a un autorretrato fraccionado en Una furtiva lágrima (2018), su última novela, Nélida Piñon, autora cardinal de la narrativa contemporánea en lengua portuguesa junto a su amiga Clarice Lispector, a Lídia Jorge, a Lygia Fagundes Telles o a Agustina Bessa-Luís, nos ofrece un retrato novelado de la cultura portuguesa.

El maravilloso viaje de Nils Holgersson a través de Suecia y el doloroso viaje de Mateus a través de Portugal. Mateus, hideputa marcado por la orfandad y forzado a emprender un viaje de aprendizaje, el del homo viator, que recorre la geografía física a la vez que cartografía sus afectos. Mateus, nacido a orillas del río Miño, anclado en las raíces de un Portugal imperial y señor de los océanos que ya no existe, envuelto en aires de grandeza pero atrapado en el desamparo y con la memoria puesta “en reyes como Carlos V, que pese a haber tenido el mundo en la palma de la mano aguardó la muerte sentado en una mecedora”. Mateus, el labrador infortunado que narra su propia vida de la mano de una primera persona del singular poderosa y guarnecida con un tono confesional y una querencia por el egotismo y el atestado moral, de una prosa trascendente de un lirismo íntimo hermanado con aquella poesía de la confidencia de Robert Lowell, al que Piñon trató en los cincuenta y que, sea dicho de paso, le dedicó un poema al emperador Carlos en su poema ‘Carlos V y el campesino (A la manera de Valéry)’. ¿Es acaso posible no evocar el Lazarillo de Tormes y ese glorioso pero menesteroso siglo XVI por el que la autora siempre ha sentido una especial predilección? Un Lazarillo con perro —de nombre D. Henrique, en homenaje al Navegante, y en recuerdo del adorable ­Gravetinho de la autora—, pero sin amos ni conformismo. Y Mateus peregrino y apóstol de la lengua portuguesa consagrada por Camões, mancillado con el estigma del bastardo, pecador redimido, sujeto mortificado por el paso del tiempo, que solo se detiene cuando uno duerme y deja entonces “agonizar a los relojes”, atormentado por las desave­nencias entre la carne y el espíritu, por el mar deletéreo y liberador a la vez, por la condena al desarraigo, por la finitud de la vida.

La  escritora Nélida Piñon.                                                                             La escritora Nélida Piñon

Es esta una historia de búsqueda interior y de supervivencia escrita desde la atalaya de la senectud con una prosa majestuosa, impregnada una vez más de meridianas resonancias bíblicas y operísticas, fragmentada en breves parágrafos que se suceden como olas del mar hasta perecer en la orilla. Se diría, sin embargo, que la novela se resiste a concluir porque, aunque la historia que cuenta es caduca, la escritura es infinita, o así concibe la suya Nélida Piñon, que siempre ha querido que la narración lleve en volandas al relato, y no al revés, persuadida de que es el dominio y la complacencia del lenguaje el que se adueña de todo ejercicio literario. No pocas veces ha afirmado que “narrar una historia es amor a la lengua”, y su verdadero universo es el diccionario porque, como dice el verso de Eugénio de Andrade, “serán palabras solo, y solo palabras, lo que diremos”. Y a sus 83 años mima esas palabras con la misma delicadeza con la que las acarició en sus obras principales, La fuerza del destino (1977) y la indeleble epopeya familiar que es La república de los sueños (1984), con la que Un día llegaré a Sagres no solo comparte las angustias del trasterrado y el anhelo de la tierra prometida, sino guiños al maestro Machado de Assis. La fuerza de las imágenes es inmensa, como lo es el trabajo con el idioma, que la traductora ha sabido reflejar con rigor: “El mundo se les escurría entre los dedos como el mercurio”, un “pasillo oscuro como puñal hundido en su vaina de cuero”, “así, tropezándome contra piedras y personas, fui hundiendo los pies en el lodazal de la vida”. Y servirse de proverbios (“la arrogancia solo sirve si refuerza la dignidad del pobre”, “escuchar a Lucifer susurrándome que la sonrisa era la sonrisa del payaso”) contribuye a fortalecer el sentido didáctico del relato, asentado en la tradición del Bildungsroman y que se cimenta sobre todo en la relación del joven Mateus con su bendito abuelo Vicente, que encarna aquí un topos del senex puer despojado de la crudeza a la que lo condenó la tradición picaresca y convertido en paradigma de la ternura.

Atraviesa la novela los paisajes de la historia, de la identidad, de la búsqueda de los orígenes, y de la devoción, la lujuria y la muerte, comunes en la obra de Piñon, que habla de la vida a calzón quitado, con la perseverante desenvoltura de quien, cosmopolita y culto, teme cualquier forma de censura pero no teme el desenlace final.

Un día llegaré a Sagres recuerda la necesidad de tratar de alcanzar una utopía inconquistable, pero es una crónica de la fallida conquista de la condición humana, una alabanza emocionada de la lengua portuguesa, el brillante soliloquio con el que concluye la obra entera de Piñon en forma de testamento literario y, sin asomo de duda, un memorial en el que se consignan las edades del hombre, la sombra de un roble frondoso, la Providencia y el albedrío, el tiempo encerrado en el recuerdo, pecios del esplendor de Portugal, una cesta de mazorcas de maíz y los caminos por los que hay que transitar si se desea huir del abismo, “que es el refugio de los desesperados”.

Portada de 'Un día llegaré a Sagres', de Nélida Piñon.

Un día llegaré a Sagres

Autora: Nélida Piñon

Traducción: Roser Vilagrassa

Editorial: Alfaguara, 2021

Formato: tapa blanda (341 páginas, 19,90 euros) y e-book (9,49 euros)
 



[Foto: ANDREA COMAS - ilustración: SCIAMMARELLA - fuente: www.elpais.com]

sábado, 19 de setembro de 2020

Caminar como acto de resistencia (1)

Una sociedad tecnificada ha relegado el acto de caminar al mero ocio, cuando no lo ha matado completamente. Sin embargo, los humanos somos lo que somos gracias a haber sido capaces de ponernos en pie y caminar. Decenas de autores y artistas, desde Thoreau, Stevenson, Hazlitt y Shelley a Miró y herman de vrie han sido o son grandes caminantes y han reflexionado sobre el tema. Entre ellos, hoy nos detenemos en el antropólogo y sociólogo francés David Le Breton y su precioso libro publicado recientemente, ‘Elogio del caminar’ (Siruela). Caminar nos resitúa con la naturaleza. Caminar es una forma de resistencia frente a una sociedad que exige que nos movamos deprisa. “Caminar es a menudo un rodeo para reencontrarse con uno mismo”. Ahora más que nunca, caminemos. Mañana, os seguiremos abriendo senderos.

Escrito por Javier Morales

Creo que una de las cosas que más nos definen como humanos es la manera que tenemos de movernos, de desplazarnos. Hablo de lugares, como España, donde existe esa capacidad de elección. En muchos países de África, por ejemplo, miles de niñas y mujeres tienen que recorrer a pie decenas de kilómetros en busca de agua. No hay elección posible. Dentro de España las posibilidades cambian en función de donde viva uno, en las ciudades o en las zonas rurales. Las primeras suelen disponer de un sistema más o menos eficiente de transporte público, mientras que en la España rural ese medio de transporte apenas existe y es un lujo. Es una de las heridas que contribuyen a su despoblamiento.

He ido pocas veces al gimnasio, siempre en Madrid, la ciudad en la que vivo. No tengo constancia para el ejercicio y hacer deporte en lugares cerrados con una música que me disgusta no me estimula demasiado. Una de las cosas que siempre me ha llamado la atención de los gimnasios son las personas que acuden a caminar en una cinta. Supongo que hay quien lo hace por problemas de salud, ¿pero qué sentido tiene mover los pies en una cinta, como si fuéramos ratones de laboratorio? ¿No sería mejor hacerlo al aire libre? Lo más curioso es que muchas de esas personas llegan al gimnasio en coche.

Caminar es otra cosa. No es moverse en una cinta. No se trata solo de mover los pies para mover el corazón. Caminar es una forma de estar en el mundo. En un planeta donde la velocidad se ha convertido en un mandamiento de esta religión laica que tenemos, caminar es una manera de reencontrarnos con nosotros mismos, con lo que nos rodea. Caminar es una forma de resistencia frente a una sociedad que exige que te muevas con prisa, como si lo importante, siempre y en todas las circunstancias, no fuera el trayecto sino el destino.

“Caminar es una apertura al mundo. Restituye en el hombre el feliz sentimiento de su existencia. Le sumerge en una forma activa de meditación que requiere una sensorialidad plena. A veces, uno vuelve a la caminata transformado, más inclinado a disfrutar del tiempo que a someterse a la urgencia que prevalece en nuestras existencias contemporáneas. Caminar es vivir el cuerpo, provisional o indefinidamente. Recurrir al bosque, a las rutas o a los senderos, no nos exime de nuestra responsabilidad, cada vez mayor, con los desórdenes del mundo, pero nos permite recobrar el aliento, aguzar los sentidos, renovar la curiosidad. Caminar es a menudo un rodeo para reencontrarse con uno mismo”, escribe David Le Breton en Elogio del caminar (Siruela), uno de los libros más hermosos que he leído jamás sobre esta actividad que acompaña a los humanos desde antes de la invención de la rueda.

Una manera de ser libres y de enraizarnos

El avance de la tecnología nos fue distanciando poco a poco de nuestros pies. El tiempo es también por sí mismo un viajero sin reposo, observaba el gran poeta Basho. Muchos de sus haikus surgieron de la observación pulcra de lo que le rodeaba mientras caminaba. Pero creo que fue con el desarrollo del capitalismo y su visión utilitarista de las cosas y de la vida cuando nació la idea de asignar un valor al desplazamiento en términos económicos. Cuanto menos se tarde en llegar a un sitio, más valor tiene. Esa necesidad es obvia cuando hay que llevar a un enfermo a un hospital, por ejemplo. ¿Pero qué sentido tiene en otras circunstancias? Caminar es algo más que moverse. Es una manera de penetrar en lo que nos rodea, de descubrir nuevos detalles, de ser libres. De enraizarnos.

“Tal vez deberíamos lanzarnos incluso al más corto de los paseos con imperecedero espíritu de aventura, sin descartar la idea de no regresar jamás, dispuestos a que solo nuestro corazón embalsamado sea repatriado algún día hasta ese reino desolado que ahora habitamos. Si estás preparado para abandonar a tu padre y a tu madre, a tu hermano y a tu hermana, a tu mujer, a tus hijos y a tus amigos, y a no volver a verlos; si has pagado tus deudas, si has redactado tu testamento y has dejado tus asuntos en orden; si eres, por tanto, un hombre libre, entonces estarás listo para empezar a caminar”, escribe Thoreau en Caminar (muy recomendable la edición de Nórdica en la que se incluye también Un paseo invernal).

Mejor a solas

La mayoría de los caminantes prefieren hacerlo solos, como William Hazlitt. “Una de las experiencias más placenteras de la vida es una excursión a pie. Eso sí, yo prefiero hacerlas a solas. Puedo disfrutar de la compañía en un salón, pero al aire libre la naturaleza es suficiente para mí. Nunca me hallo en esos momentos menos solo que cuando me encuentro a solas”, afirma el crítico literario inglés en Caminar, un pequeño ensayo que la editorial Nórdica recoge junto a otro texto, aún más breve, de Robert Louis Stevenson, otro gran caminante. “No deberíamos considerar que una caminata, como algunos nos hacen suponer, es únicamente un modo mejor o peor de observar la naturaleza. Existen muchas formas de disfrutar de un paisaje igualmente válidas, si bien ninguna más intensa, a pesar de los hipócritas diletantes, que desde un vagón de tren. Sin embargo, en una caminata, el paisaje es bastante accesorio. Aquel que verdaderamente pertenece a la hermandad caminante no pasea a la búsqueda de lo pintoresco, sino de ciertos agradables estados de ánimo: la esperanza y la energía con las que comienza la marcha de la mañana, así como la paz y la saciedad espiritual del descanso por la noche”, piensa Stevenson.

Nos devuelve a la sensación del yo

Como vemos, caminar es todo un arte y cada caminante tiene su propia mirada. El libro de Le Breton, breve e intenso, tanto como puede ser una caminata, recorre autores y enfoques del caminar. Lo hace además con una prosa envolvente, poética y muy plástica. Más que leerlo, uno tiene la sensación de estar acompañándole en una bella caminata a través de los libros y de quienes, como él a lo largo de la historia, han pensado que no podemos vivir sometidos a la tiranía del tiempo y de las prisas, de una tecnología que a veces nos esclaviza más que liberarnos. “Caminar, incluso si se trata de un moderno paseo, pone en suspenso temporalmente las preocupaciones que abruman la existencia apresurada de nuestras sociedades contemporáneas. Nos devuelve a la sensación del yo, a la escala de valores que las rutinas colectivas tienden a recortar. Desnudo ante el mundo, al contrario que los automovilistas o los usuarios del transporte público, el caminante se siente responsable de sus actos, está a la altura del ser humano y difícilmente puede olvidar su humanidad más elemental”, nos dice Le Breton.

Creo que caminar se parece mucho a leer, a ese dejarse llevar por una historia o un sendero, a detenerse ante los misterios de la vida, tan cercanos a nosotros, pero que nos resultan tan lejanos a veces.

 

[Foto: Manuel Cuéllar - fuente: www.elasombrario.com]