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quinta-feira, 3 de setembro de 2026

En Allemagne, un Land gouverné par l’AfD en ferait un laboratoire pour les projets du parti le plus radical des droites européennes

Les dimanches 6 et 20 septembre, deux Länder de l’Est et la ville de Berlin voteront lors de scrutins régionaux visant à renouveler leur Parlement respectif. Les citoyens convoqués aux urnes ne représentent pas plus de 9 % de l’ensemble des électeurs allemands.

Écrit par Hélène Miard-Delacroix 

À première vue, c’est anecdotique, sans conséquences au niveau national. Pourtant, la classe politique et l’opinion tremblent face aux 35 % à 40 % d’intentions de vote pour le parti de l’extrême droite, Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne, AfD), en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Ces scrutins risquent d’ébranler plusieurs certitudes et équilibres dans le pays le plus peuplé de l’Union européenne. Du local au national, les enjeux sont nombreux : ils sont politiques, culturels, sécuritaires, et touchent à l’image de l’Allemagne.

La percée attendue de l’AfD confirme l’érosion des partis qui ont façonné quatre-vingts ans de vie politique allemande. Elle met aussi à l’épreuve leur cohésion interne. La CDU (Union chrétienne-démocrate, droite) du chancelier Friedrich Merz est même menacée d’éclatement si des élus locaux rompent le cordon sanitaire imposé à l’infréquentable AfD. À gauche aussi, les repères se brouillent. Le jeune parti nationaliste BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) est tenté d’être faiseur de roi en portant la star régionale de l’AfD, le dynamique trentenaire Ulrich Siegmund, à la tête du gouvernement de Saxe-Anhalt. Plus qu’une sensation régionale, ce serait une rupture dans l’histoire du pays, où la droite extrême n’a plus gouverné depuis 1945.

Un Land gouverné par l’AfD en ferait un laboratoire pour les projets du parti le plus radical des droites européennes. Cœur du système fédéral, les Länder ont plus de compétences que les régions françaises : ils légifèrent librement sur des domaines réservés, mais leur administration est aussi chargée d’exécuter les lois fédérales. Or, le programme de l’AfD pour ce scrutin ne cache pas le projet de politiser la justice, la police et l’administration en y nommant proches et affidés.

Le refus annoncé d’appliquer des programmes fédéraux, en particulier en matière d’énergie et de climat, voire le non-respect de principes fondamentaux dans la pratique des institutions et les relations entre les partis, mettrait à l’épreuve la loi fondamentale du pays entier. Son article 37, qui permet de contraindre un gouvernement de Land récalcitrant, n’a encore jamais été utilisé dans l’histoire de la République fédérale. Cela pourrait aussi avoir une incidence sur la solidarité financière entre les régions d’Allemagne. Les choix de politique économique et sociale annoncés par l’AfD, notamment les actions anti-immigrés, seraient susceptibles de faire fuir la main-d’œuvre étrangère et d’amener des entreprises à revoir leur implantation dans ces Länder.

Enfin, c’est dans le travail législatif à l’échelle fédérale que des victoires régionales de l’AfD constitueraient un test. À la Chambre haute, le Bundesrat, dont l’accord est indispensable à la moitié des lois fédérales, siègent les gouvernements des Länder. Avec certes une poignée de voix sur un total de 69, l’AfD, qui siège déjà au Bundestag, y aurait la capacité de ralentir les réformes du gouvernement Merz et de perturber l’élection des juges de la Cour constitutionnelle fédérale [la Cour suprême]. Les enjeux politiques de ces scrutins sont donc de taille, tant pour la coalition au pouvoir à Berlin, l’unité de la CDU et la pratique des institutions que pour la clarification des intentions de l’AfD sur le plan national.

La deuxième inquiétude à la perspective d’un gouvernement AfD en région est celui de l’éducation, de la recherche et de la culture, pour lesquelles les Länder ont la compétence exclusive. Le parti a annoncé vouloir intervenir dans les programmes scolaires et cesser les mesures d’intégration, mais aussi mettre fin à l’obligation scolaire pour soustraire les enfants à l’influence d’enseignants « gauchistes ». Les méthodes et sujets jugés « anti-allemands » doivent être bannis de l’université, et la mémoire de la Shoah évacuée par le biais de la fin des subventions aux musées et aux mémoriaux.

L’AfD aspire explicitement à réhabiliter une image positive de l’Allemagne et à mettre un terme à la « culture de la repentance » pour défendre un patrimoine national glorieux. Sa détestation de la modernité allemande condamnerait, en particulier, la fondation d’architecture du Bauhaus, à Dessau (Saxe-Anhalt), et la liberté de création dans les théâtres serait menacée. Enfin, les médias publics sont les cibles privilégiées du « redressement culturel » annoncé, avec une intervention directe sur les programmes et les personnels de la radio-télévision régionale.

Un Land étant un Etat à part entière, il a son propre gouvernement, notamment un ministère de l’Intérieur. Si celui-ci était confié à l’AfD, la question de la loyauté à la Constitution se poserait du sommet du ministère jusqu’aux forces de police et de sécurité. L’AfD a annoncé vouloir intervenir sur les services de renseignement du Land, sous le contrôle de ce ministère régional. Le risque est que cesse la surveillance d’activités anticonstitutionnelles de membres de l’extrême droite pour ne se concentrer que sur l’extrême gauche.

Outre le danger à l’échelon régional, cette approche inédite crée un risque pour la sécurité des autres Länder en raison de l’échange d’informations sensibles entre ministères régionaux. La surveillance en matière d’espionnage, venant de Russie, par exemple, en serait affectée. Contre ce cheval de Troie menaçant la sécurité du pays dans son ensemble, le réflexe des autres Länder serait la rétention d’informations délicates, ce qui accroîtrait la vulnérabilité face au terrorisme.

Enfin, ces scrutins, s’ils portaient l’extrême droite au pouvoir en région, conduiraient à l’affaiblissement des positions allemandes en Europe en raison de ralentissements et de blocages internes. Ils écorneraient surtout l’image internationale de l’Allemagne, portée par la fierté d’avoir réussi, en tant que meilleur élève de la classe, à ne pas céder aux sirènes de l’extrême droite. Sa percée spectaculaire, à supposer qu’elle ait lieu, ne sera pas comprise comme une normalisation anodine de l’Allemagne, mais comme un signal alarmant pour le pays où est né le nazisme. L’impact de ces élections régionales est donc bien inversement proportionnel au nombre de votants.

Hélène Miard-Delacroix est professeure d’histoire et de civilisation de l’Allemagne contemporaine à Sorbonne Université. Elle est, entre autres, l’autrice de l’ouvrage Les Emotions de 1989. France et Allemagne face aux bouleversements du monde (Flammarion, 2025).

 

[Source : www.lemonde.fr]

quarta-feira, 12 de agosto de 2026

Perú categoriza oficialmente a las personas trans como ‘enfermos mentales’

Doctores y activistas lo señalan como el "retorno a las cavernas"

Ilustración de Global Voices

Escrito por Lucía Jiménez Peñuela

100 años de la despenalización de la homosexualidad, el gobierno de Perú ha clasificado oficialmente a las personas trans, interesexuales, y no binarias, como “enfermos mentales”, mediante un decreto presidencial el pasado 10 de mayo.

El decreto define “transexualismo” y “trastorno de identidad de género en niños» como enfermedades mentales. También se incluyen en esa categoría “travestismo de doble rol”, “travestismo fetichista” y «otros trastornos de identidad de género». También se refiere a la homosexualidad como una “orientación sexual egodistónica”, una condición de salud mental.

Esta medida hace parte del Plan Esencial de Aseguramiento en Salud (PEAS) con el fin de enumerar las condiciones de salud asegurables para las pólizas de seguro. Fue firmado por la presidenta Dina Boluarte, la ministra de Salud y el ministro de Economía.

Si bien, un funcionario del gobierno explicó que la reclasificación se decretó para “garantizar cobertura total de atención médica para la salud mental” bajo el PEAS, lo cierto es que la comunidad trans del país encuentra esta medida obsoleta y una regresión hacia los Esfuerzos de Cambio de Orientación Sexual e Identidad y Expresión de Género (Ecosieg), mal llamados “terapias de conversión”.

Estas prácticas están siendo debatidas en su país vecino, Colombia. Allí se realizan esfuerzos para que, mediante proyecto de ley, sean prohibidas las torturas y prácticas agresivas que intentan cambiar la orientación sexual y la identidad de género de las personas mediante tales terapias.

En 2019, la Organización Mundial de la Salud (OMS) dejó de considerar como trastorno mental el identificarse con un género diferente al asignado socialmente al nacer. En la mas reciente versión Clasificación internacional de enfermedades de la OMS, CIE-11, se reemplazó categorías diagnósticas obsoletas como “transexualismo” y “trastorno de identidad de género de los niños” por “incongruencia de género de la adolescencia y la edad adulta” e “incongruencia de género de la infancia”, respectivamente.

El 18 de mayo, unos 200 manifestantes salieron a protestar esta medida en la calle. Para muchas personas LGBTI, esta medida empeora su vulnerabilidad ante la violencia y la discriminación en Perú. Entre 2012 y 2021, por lo menos 88 personas LGBTI murieron por homicidio sin que hubiera justicia en sus casos por falta de ley que sancione estos crímenes de odio.

El gestor cultural Jheinser Pacaya denunció esta medida en las redes sociales:

El abogado y activista LGBTI Manuel Siccha, quien fue el primer regidor de la Municipalidad Metropolitana de Lima abiertamente homosexual, en rechazo a estas medidas, insta al Congreso a «ejercer su función fiscalizadora y requerir al Despacho Ministerial de Salud información detallada sobre las salvaguardas implementadas para evitar la patologización y garantizar una atención integral y respetuosa para las personas LGBTI en el sistema de salud peruano».

También invita a que la Comisión de Salud del Congreso «abra un espacio de evaluación y debate sobre esta normativa con actores importantes tanto del lado técnico, político como del lado de sociedad civil que debió ser convocada y consultada». Considera imperativo actualizar la actualización en salud al CIE-11, alineándose con «estándares internacionales y refleje de manera precisa y no estigmatizante la diversidad de experiencias de género y sexualidad».

Boluarte, primera presidenta del Perú, ha enfatizado en su conservadurismo social, que guarda puntos en común con la mayoría conservadora del Congreso de Perú. Es de recordar que, en 2022, atendiendo la campaña de desinformación del grupo antiderechos Con Mis Hijos No Te Metas, el Congreso eliminó la «ideología de género» de los textos escolares. Algo que también tuvo trascendencia en El Salvador el pasado 5 de marzo, cuando por directiva presidencial al Ministerio de Educación, se ordenó que estos contenidos sean expulsados de guías, libros y demás materiales educativos

La periodista colombiana @VickyDavilaH publicó en el 21 de mayo en X una encuesta para que las personas decidan si están de acuerdo o no con la decisión de que  las  identidades de género trans, travestis, no binarios y otras sean consideradas enfermedades mentales. Su publicación fue replicada por la ONG Temblores, recordándole que, desde 2018, la OMS dejó de categorizar a las personas trans como enfermas mentales. Además, afirmó que «las identidades de género no normativas no son prestas a cuestionamientos de la opinión pública. Este tipo de señalamientos exponen a las personas con identidades de género diversas a violencias y discriminaciones, que vulneran múltiples derechos y afectan multifactorialmente sus trayectorias de vida».

El 10 de mayo de 2024, la organización Human Rights Watch señaló que esta norma “es profundamente regresiva” y “endurece aún más los prejuicios contra las personas LGBT” en Perú, un país sin políticas para la diversidad. Invitó al gobierno peruano a derogar «este decreto sesgado y poco científico y, en su lugar, aplicar la clasificación actualizada de enfermedades de la Organización Mundial de la Salud (OMS) con respecto a la orientación sexual y la identidad de género”.

Según el doctor Víctor Zamora, de la Escuela de Gobierno y Políticas Públicas de la Universidad Católica del Perú, el decreto mina los avances logrados en el país en materia de derechos y género. Para el especialista, «solo le queda un camino a la autoridad sanitaria, regresarnos a la modernidad y alejarnos de la era de las cavernas», derogando esa norma que es una abierta y evidente violación del derecho a la no discriminación por parte de los colectivos LGBTIQ+.

Las organizaciones en favor de derechos LGBTI llaman a estos sectores a marchar, el próximo 29 de junio, «para que nuestra visibilidad crezca mucho más y así demostrar al Estado que necesitamos un país con más justicia e igualdad»; una marcha más simbólica que nunca.

 

[Fuente: www.globalvoices.org]

domingo, 26 de julho de 2026

« Une enfance allemande – Île d’Amrun 1945 », film de Fatih Akin : la fin d’un Reich

Dans les méandres d’une mémoire collective, Fatih Akin pose son regard sur l’île d’Amrum, ce bout de terre balayé par les vents de la mer du Nord, pour y ancrer son nouveau film, Une enfance allemande – Île d’Amrum, 1945. Une œuvre nettement moins radicale que les précédentes – sans que cela soit foncièrement un défaut.

Écrit par Yohann Desplat

Présenté en avant-première à Cannes en 2025Une enfance allemande marque un retour aux sources pour le cinéaste germano-turc, qui délaisse ici les passions dévorantes de ses œuvres antérieures pour embrasser une forme plus contemplative, presque pastorale. Si cette évolution pourrait laisser craindre un affadissement, elle révèle une maturité assumée, où la violence historique se dissout dans le prisme d’une innocence enfantine, offrant un tableau nuancé de la fin du 3e Reich nazi.

« Printemps 1945, sur l’île d’Amrum, au large de l’Allemagne. Dans les derniers jours de la guerre, Nanning, 12 ans, brave une mer dangereuse pour chasser les phoques, pêche de nuit et travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir la famille. Lorsque la paix arrive enfin, de nouveaux conflits surgissent, et Nanning doit apprendre à tracer son propre chemin dans un monde bouleversé. » 

Le voleur de charrettes

Le récit s’articule autour de Nanning, un garçon de douze ans incarné par Jasper Billerbeck, dont le visage expressif capture l’essence même de l’enfance : ce mélange de curiosité vorace et de vulnérabilité muette. Nous sommes en 1945, sur cette île isolée où le nazisme s’effrite comme un château de sable face à la marée montante. Akin choisit de filtrer les horreurs de la guerre à travers les yeux de cet enfant, évitant ainsi les pièges du didactisme ou du spectaculaire.

Au lieu de cela, il tisse une trame initiatique où les signes de l’effondrement (un soldat déserteur, des rumeurs de capitulation, les tensions familiales…) émergent par touches subtiles. Une approche qui évoque, sans l’imiter, le néoréalisme italien de Vittorio De Sica, où l’innocence devient un outil de dissection morale.

Chez Akin, l’enfant n’est pas un simple vecteur narratif ; il est le centre gravitationnel d’une réflexion sur l’identité allemande, sur cette « enfance » collective d’une nation qui doit réapprendre à voir le monde sans les lunettes déformantes de l’idéologie.

La poésie des paysages insulaires

Visuellement, le film est une ode à la géographie intime. La photographie de Karl Walter Lindenlaub capture l’île d’Amrum avec une palette de gris bleutés et de verts humides, transformant les paysages en un personnage à part entière. Les plans larges des plages infinies, balayées par des tempêtes symboliques, contrastent avec les intérieurs étroits des maisons frisonnes, où les ombres des adultes pèsent comme des présages.

Akin maîtrise ici une économie de moyens qui confine à l’ascèse : pas de musique envahissante, mais un sound design discret où le bruit des vagues et des mouettes ponctue le silence, renforçant l’isolement psychique des protagonistes.

Cette retenue formelle, loin d’être un défaut, amplifie l’impact émotionnel. Elle permet au spectateur de projeter ses propres interrogations sur cette toile vierge, questionnant la transmission du trauma sans verser dans le pathos. Thématiquement, Une enfance allemande interroge la moralité en temps de crise avec une finesse qui évite les jugements binaires. Nanning, confronté à des choix minuscules, incarne cette zone grise où l’innocence se teinte d’ambiguïté. 


Une maturité apaisée

Akin, enraciné dans son héritage biculturel, infuse au film une perspective décentrée : l’île, microcosme d’une Allemagne en déliquescence, devient un espace liminal où les frontières entre victime et complice s’estompent. Akin s’en distingue par une humanité plus chaleureuse, moins clinique. Il n’accuse pas. Il observe, et dans cette observation réside une forme de rédemption poétique.

On regrettera à certains endroits la sagesse méditative du film, détroussée de l’énergie viscérale qui caractérisait les débuts du réalisateur. Les conflits internes, bien que finement esquissés, auraient pu gagner en intensité, évitant ainsi une certaine linéarité narrative. Néanmoins, ces réserves mineures ne ternissent pas l’ensemble. Une enfance allemande s’impose comme une œuvre introspective, sans aucun doute l’une des meilleures des récentes années du cinéaste.

Une enfance allemande – L’île d’Amrun offre un miroir mesuré, invitant à une réflexion sur les racines du mal sans en faire un spectacle. Il rappelle que le cinéma, dans sa plus belle expression, n’est pas tant affaire de grandiloquence que de regards attentifs, et de silences entraînants. Akin, en apaisant son style sans le dénaturer, signe ici un chapitre essentiel de sa filmographie, un film qui enrichit subtilement notre compréhension de l’humain face à l’Histoire.

 


[Photos : Dulac Distribution - source : www.cineverse.fr]

quarta-feira, 1 de julho de 2026

Cuite à point

Emanuele Del Rosso - Cartoon movement (Amsterdam)
L’Europe centrale et occidentale est frappée par une canicule exceptionnelle et des températures record pour le mois de juin. De l’Espagne au Danemark en passant par la France, la Belgique ou la République tchèque, les chaleurs – qui ont par endroit avoisiné les 43 °C– ont bouleversé le début de la saison et fait plusieurs victimes. Si le bilan final n’est pas encore connu,  plus de 1 300 décès excédentaires ont été enregistrés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis le 21 juin.

Écoles fermées, hôpitaux surchargés, logements invivables… La canicule a remis au centre du débat public la question de l’adaptation aux profondes transformations provoquées par le changement climatique. Le monde politique s’en emparera-t-il ? Pour certains observateurs, ce processus est rendu plus complexe par le manque de coopération entre acteurs, l’instabilité des financements et les difficultés à évaluer les politiques publiques. 

Quant au caractère social de l’adaptation – on est plus ou moins vulnérable au climat et aux politiques environnementales selon que l’on soit riche ou pauvre – il reste encore, selon ces mêmes observateurs, trop peu considéré. En touchant de manière disproportionnée les publics vulnérables (personnes âgées, précaires, mal logées) la canicule l’a bien montré : le climat est une affaire sociale.


[Source : www.voxeurop.eu]

domingo, 28 de junho de 2026

Unha lingua de prestixio: un de cada tres comerciantes ve no galego un «valor engadido» para atraer clientes

O Centro de Estudos Superiores de Galicia (Cesuga) e a Asociación Pro-Fundación Manuel Vello presentaron esta quinta feira un relatorio sobre a situación do galego nas actividades comerciais no ámbito urbano. O documento alerta do escaso uso da lingua do país neste sector e "confirma unha situación de diglosia no comercio urbano galego".

Montero, Acebo, Alonso, Martínez e Zabala, autoras e autores do relatorio sobre o galego no comercio elaborado polo Cesuga..

Escrito por Xacobe Ferreiro 

O galego vende. Así o certifica un estudo elaborado polo Centro de Estudos Superiores de Galicia (Cesuga), titulado Estudo da situación sociolingüística do galego nas PEMES [pequenas e medias empresas]  urbanas de Galicia e coordinado polo doutor en Xornalismo pola Universidade Complutense de Madrid (UCM) e profesor do grao de Publicidade e Relacións Públicas de Cesuga Héctor Acebo. O traballo, resultado dunha colaboración entre a entidade académica e a Asociación Pro-Fundación Manuel Vello, parte dunha mostra de 250 enquisas realizadas nas cidades de Santiago de Compostela, A Coruña, Ferrol, Lugo, Ourense e Vigo.

Unha das principais conclusións do relatorio é que "o desuso do galego no comercio non responde a un rexeitamento explícito por parte dos clientes". Neste sentido, desvela que só 7,7% da clientela nos comercios da Galiza urbana rexeita ser atendida en galego, situándose esta porcentaxe en 0% en Ourense, en 8,3% en Vigo e en 10% na Coruña, Lugo e Compostela. A este respecto, Héctor Acebo explica a Nós Diario o uso maioritario do español nas actividades comerciais dos ámbitos urbanos como resultado dos "prexuízos sociolingüísticos interiorizados durante séculos" e apunta, seguindo as teses do sociólogo francés Pierre Bourdieu, que "os comerciantes asumen o castelán como un capital lingüístico máis rendíbel e seguro para os negocios".

As razóns do español

"Este fenómeno reflicte unha clara estigmatización sociolingüística na que os profesionais das PEMES se deixan absorber pola lingua buscando proxectar unha imaxe de modernidade e eficiencia", asegura Acebo, quen considera que "o castelán mantén unha presenza tan significativa na comunicación empresarial ao ser percibido como unha lingua con maior alcance, prestixio e recoñecemento". Nesta dirección, destaca que "opera como unha opción supostamente ‘máis segura’ desde o punto de vista comunicativo, consolidando unha dinámica de subordinación que non se xustifica pola demanda real do mercado". 

As conclusións deste relatorio están en liña con outras investigacións publicadas nos últimos anos. A este respecto, un traballo elaborado pola graduada en Publicidade e Relacións Públicas pola Universidade de Vigo, Anabel Antela Castro, e publicado en 2020 pola Mesa pola Normalizacións Lingüística baixo o título de A lingua galega no sector téxtil desvelaba, cunha mostra de 300 persoas, que "95% considera agradábel o emprego habitual do galego por parte das marcas" de roupa, significando que "supón para máis da metade da poboación un factor determinante no proceso de compra e un feito que reforza a súa imaxe cando o empregan na súa publicidade".

O presidente da Mesa Pola Normalizacións Lingüística, Marcos Maceira, sinala a Nós Diario que "de terse cumprido o Plan Xeral de Normalización Lingüística de 2004 e de térense promovido accións directas para promover o uso do galego no ámbito empresarial, a situación sería outra". A este respecto, parécelle "lóxica esta distorsión entre o que demanda a clientela e o uso do galego no comercio", asegurando que "a única entidade que traballa neste ámbito é A Mesa coa súa iniciativa Abertos ao Galego". Nesta dirección, destaca que "a lei galega de protección xeral das persoas consumidoras e usuarias recolle o dereito á atención oral e escrita en galego, mais esta regulación non ten un desenvolvemento concreto".

O papel da Xunta

"Esta ausencia dun desenvolvemento que fixe o contido mínimo dos dereitos lingüísticos nas relacións comerciais provoca continuamente situacións de vulnerabilidade, indefensión, denegación da atención e na prestación dos servizos", afirma Maceira, quen entende que "isto supón unha discriminación por razón de lingua e unha penalización ilícita que sofre a parte máis feble da relación comercial, o consumidor e a consumidora". Neste punto, conclúe que "se ve menosprezada a opción lingüística do galego malia ser a lingua propia da Galiza e gozar dun status formal de cooficialidade".

A posición proclive da clientela ao uso do galego contrasta co seu emprego no ámbito comercial. A este respecto, o relatorio elaborado polos investigadores de Cesuga desvela que o persoal das PEMES utiliza o galego como lingua habitual coa clientela en 14% dos casos na Coruña, 18% en Vigo, 26% en Compostela, 30% en Ourense e en 35,3% dos casos en Lugo. Ao tempo, o informe analiza que "o comercio actúa como un filtro de castelanización debido á ausencia de estratexias lingüísticas empresariais", sinalando que "no proceso de selección de persoal, non se lle concede importancia ao feito de que o empregado saiba falar galego".

O dominio da lingua

As cifras apuntadas no relatorio sinalan que "consideran imprescindíbel o dominio da lingua propia nos perfís profesionais" 3.9% dos comercios en Lugo, 4% na Coruña, 10% en Vigo e 22% dos comercios en Ourense e Compostela. A este respecto, o informe desvela que "na Coruña e Lugo, 98% das empresas analizadas carecen de calquera tipo de normativa lingüística interna. En Compostela e Ourense as cifras descenden levemente a 90% e 88%, respectivamente". Nesta perspectiva, o informe concreta que "no caso da capital galega, 10% de negocios si que aplican normativas sobre o idioma de contacto".

A consideración do papel potencial do emprego do galego para gañar clientes varía en función das cidades. Nesta dirección, o documento apunta que "son poucos os comerciantes que consideran que o uso do galego é un valor engadido para atraer clientes", alcanzando 26% dos enquisados en Vigo, 27% en Lugo, 30% na Coruña, 32% en Ourense e 44% en Compostela, significando 31,8% do total para o conxunto da Galiza. Neste sentido, a investigación chega a unhas conclusións análogas ás ofrecidas polo traballo de Anabel Antela.

Unha proposta para avanzar na galeguización do sector comercial

A presidenta da Asociación Pro-Fundación Manoel Vello, Carolina Silva, explica a Nós Diario que, "como impulsores da enquisa na que se basea este informe, queremos salientar que esta ferramenta foi redactada especificamente coa finalidade de abordar de raíz o problema da falta de atención ao noso idioma no ámbito comercial".

Neste punto, afirma que "o obxectivo inmediato da Asociación Pro-Fundación Manoel Vello é colaborar activamente na proposta de estratexias que doten o sector comercial de recursos técnicos e loxísticos, facilitando así a posta en marcha de programas de normalización lingüística realistas e adaptados a cada empresa". A este respecto, conclúe que "hai destacar a necesidade urxente de cambiar as dinámicas conversacionais e comerciais no ámbito empresarial".

 

[Fonte: www.nosdiario.gal]


terça-feira, 23 de junho de 2026

El mal


L’Esmolet

El mal és un producte humà. El produïm, el patim i l’escampem pel planeta. A la ficció és fàcil d’identificar, ja que el creador reparteix els papers als seus personatges. Però al món real la cosa és diferent.

Després de les guerres i dictadures del segle passat, pareixia que havíem après que allò no es podia repetir. Però ara torna amb tota la força, en forma d’ultrarics que dominen tots els estaments del poder i ens inunden de mentides, d’odi i d’arbitrarietat. Triomfen discursos que converteixen l’egoisme en virtut, la insolidaritat en programa i el menyspreu als més vulnerables en una forma de fer política. Els diferents, especialment si són pobres, febles o formen part d’una minoria, tornen a ser assenyalats com a culpables de tots els mals. I quan deixem de veure l’altre com el nostre semblant, ja gairebé tot esdevé possible: insultar-lo, arraconar-lo o, en els casos extrems, exterminar-lo.

Les xarxes socials ja no són xarxes ni socials, sinó productores de continguts on qualsevol pot parlar del que vulgui, encara que no tingui cap autoritat intel·lectual o moral.

Potser són els anys que porto viscuts, però em fa l’efecte que avancem tecnològicament al mateix ritme que retrocedim en valors. La solidaritat és la característica que ens va fer triomfar com a espècie. Abandonar-la per egoisme o curtterminisme és una regressió, no en termes biològics (de moment, perquè el cervell va minvant), sinó en a nostra essència humana. És com si estiguéssim desaprenent una lliçó fonamental de la nostra pròpia història.

El mal sempre hi ha estat i sempre hi serà, però representa que els humans havíem de tendir cap al bé. Per pura supervivència, pel nostre benestar. Però al final hem confós benestar amb comoditat. I la comoditat és enemiga del pensament. És a dir, de la humanitat.

[Font: esmolet.wordpress.com]

domingo, 21 de junho de 2026

Último tramo del proceso para la regularización extraordinaria: una carrera de obstáculos a contrarreloj

El gobierno anunció el lunes 15 que son ya 900.000 las solicitudes presentadas. Días antes, el movimiento Regularización Ya presentaba una Proposición no de Ley para ampliar los plazos y eliminar las principales trabas que se están encontrando. 

Concentración frente al Congreso de los Diputados en defensa de la ILP por la regularización de personas migrantes, en el año 2024. 

Escrito por Sarah Babiker

Los números han cuasi duplicado las expectativas, al final han sido muchas más del medio millón de solicitudes estimadas las que se han presentado en el proceso de regularización extraordinaria que comenzó el 15 de abril y concluirá, en principio, el próximo 30 de junio. 900.000 personas han aprovechado el primer proceso de este tipo en más de dos décadas para acceder a la documentación que le permita figurar administrativamente en territorio español.

Así lo anunciaba el gobierno el pasado lunes 15 de junio. Se trata de una cifra que no solo supera lo esperado, sino que está por encima de la alcanzada en los anteriores procesos extraordinarios de regularización. En conversación con EFE el Ministerio de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones ofrecía otras cifras: serían ya 360.000 los expedientes admitidos a trámite. La propia ministra y portavoz del gobierno, Elma Saiz, celebraba tras el Consejo de Ministros del martes 16, una regularización extraordinaria que pondría a España  “a la cabeza de la justicia social en el mundo”.

Mientras desde el gobierno se felicitan por la marcha del proceso, quienes han luchado por más de seis años porque esta regularización saliera adelante, y ahora invierten gran parte de su tiempo para acompañar a las personas migrantes en los trámites necesarios, consideran que aún es pronto para celebrar. El pasado 10 de junio Regularización Ya presentaba una Proposición no de Ley para garantizar que, como insiste el ejecutivo en sus discursos, nadie quede atrás. Y es que en su labor diaria, acompañando a personas migrantes en el proceso de regularización, entidades colaboradoras, redes y colectivos, se encuentran con brechas difíciles de afrontar. 

Una PNL para que nadie quede fuera

“Hemos registrado en el Congreso para su urgente debate y aprobación una PNL para exigir que la regularización extraordinaria no se convierta en otro mecanismo excluyente y para que se apliquen medidas de corrección sobre los requisitos de acceso”. Así se expresaba el movimiento Regularización Ya en una publicación en sus redes, en la que explicaban que la iniciativa cuenta con el apoyo de las mismas formaciones que apoyaran en su momento la Iniciativa Legislativa Popular por la Regularización: Podemos, Sumar, el BNG, ERC y Bildu. 

En vista de los diversos obstáculos que se están plantando en el proceso de regularización, quienes arrancaron el compromiso al gobierno para abrir finalmente el proceso de regularización extraordinaria gracias al acuerdo entre el PSOE y Podemos insisten en una serie de medidas necesarias para que, efectivamente, nadie se quede afuera. Para ello, se basan en la experiencia de estas semanas en las que han podido identificar cuáles son los principales escollos para que el proceso avance con éxito.

“Quedan tres semanas para el cierre del proceso y hemos detectado: demoras en la admisión a trámite de expedientes, pocas resoluciones favorables, falta de citas para la toma de huellas, burocracia excesiva en las Administraciones, inoperancia de algunos consulados para legalizar certificados de antecedentes penales, deportaciones puestas en marcha desde la firma del primer acuerdo”, enumeran antes de exigir una prórroga más allá del 30 de junio.

La agilización de los trámites de legalización en los consulados españoles, dedicar más recursos a las citas para toma de huellas, detener las órdenes de expulsión mientras esté abierto el proceso de regularización, o evitar que los antecedentes policiales que ni siquiera han sido judicializados impidan el trámite de los expedientes, son las principales demandas del movimiento. También en el ámbito de los certificados penales, reclaman que se agilice el proceso de apostilla de estos documentos cuando son emitidos por el Ministerio de Asuntos Exteriores. En su publicación, el movimiento insta a que la PNL sea contemplada de urgencia en el Pleno, e invita al PSOE a respaldar esta iniciativa.

Bajo las cifras

Silvana Cabrera, una de las portavoces de Regularización Ya, conoce bien de lo que habla, pues lleva experimentando cada uno de los obstáculos denunciados desde que se abriera el proceso, a través de su labor en la sede valenciana de SEDOAC, una de las decenas de entidades colaboradoras que se dieron de alta en el registro para acompañar a las personas migrantes en su proceso de regularización. Tras unas primeras semanas de caos, en las que tuvieron que organizar la afluencia incesante de personas y afrontar la inclusión en el último momento del certificado de vulnerabilidad como requisito, entidades como la suya ya tienen un claro diagnóstico de cuales son las principales dificultades que enfrentan las personas que desean tramitar su regularización.

Entre ellos, la cuestión de los antecedentes penales es fundamental, con países que están impidiendo el acceso al documento, como Argelia. Hay otra disfunción grave que está afectando a las familias: la necesidad de que los padres firmen la solicitud de regularización de sus hijas e hijos. “Hay que hacer una campaña para que las madres pongan solamente a su nombre a los hijos, y hacer otra campaña de vasectomía a todos los varones”, ironiza Cabrera, hastiada ante una situación que se repite cada día: madres que no pueden regularizar a sus hijos porque el proceso exige la firma de un padre que muchas veces, o no está localizable, o directamente usa esta prerrogativa como un mecanismo de control. “También hay casos muy terribles en los que el padre simplemente no puede firmar” explica Cabrera, y pone el ejemplo de un padre salvadoreño que fue apresado en las redadas en este país contra los barrios pobres, y lleva dos años encerrado e incomunicado con su familia. 

Hay otra disfunción grave que está afectando a las familias: la necesidad de que los padres, en muchos casos ausentes, firmen la solicitud de regularización de sus hijas e hijos

En todo caso, el tiempo es poco y las casuísticas múltiples, con un contexto de fondo marcado por el belicismo y la inestabilidad política: “esto hace que en muchísimos países sea prácticamente imposible conseguir los antecedentes penales”, continúa la activista, poniendo como ejemplo el caso de Siria. Frente a la dificultad de completar los requisitos, conscientes de la breve “ventana de oportunidad”, y de que todo error o falta de información puede conllevar un alargamiento angustioso del proceso, “estamos intentando que los expedientes vayan lo mejor montados posibles”. Se trata de ponérselo fácil a la administración de manera preventiva, ante el eventual escenario de un verano marcado por requerimientos de información o recursos contra las decisiones de la administración. 

Y es que desde las entidades colaboradoras ya han catado el ritmo de las administraciones, es en base a esto que exigen una prórroga, pues “esto va muy lento, muy lento. No se está cumpliendo el compromiso de recibir la admisión a trámite en 15 días”, denuncia la activista en base a su experiencia: “Están tardando más de un mes en dar la admisión a trámite, ahora mismo está yendo a cuentagotas”. De hecho, aun tramitando solicitudes desde el minuto uno, en SEDOAC aún no han pasado de la petición de tasas, que sucede tras la admisión a trámite, es decir, aún no han visto ninguna resolución favorable. 

Otras barreras de las que están siendo testigos son las dificultades que encuentran las personas para liberar tiempo para el trámite, cuando se hallan en situaciones de explotación laboral —y recalca el caso de las empleadas del hogar y los cuidados o los trabajadores del campo, sectores que emplean sobre todo a personas migrantes— generando un marco que además dificulta el acceso a documentos que demuestren que se tiene trabajo. Por otro lado “en los municipios más alejados no hay prácticamente entidades ni oficinas para poder meter la documentación en los horarios que estas personas pueden tener libres, que en muchos casos son solo los domingos”.

Cabrera recuerda que toda estas dificultades las están afrontando organizaciones como la suya, que además deben encargarse de requisitos como los certificados de vulnerabilidad. “Nosotras que somos una entidad pequeñita, llevamos como mil certificados”, mientras, puede contar con los dedos de una mano los certificados que ha visto tramitados desde los Servicios Sociales del Ayuntamiento. 

Personas en el alambre

Desde la Red Ciudadana de Acogida de Leganés, una entidad que acompaña en los trámites, María —no es su nombre real— narra cómo la demora en las respuestas está generando bastante ansiedad entre personas “que están en circunstancias muy vulnerables”. La activista señala el caso de un asentamiento ubicado en esta localidad en la periferia de Madrid, cuyos residentes se enfrentan a una eventual expulsión, y aún no tienen respuesta sobre sus expedientes: “Se encuentran en una situación bastante en el alambre”. La activista cuenta cómo, tras un principio en el que les llegó gente rebotada tanto de entidades más grandes como de los servicios sociales del ayuntamiento, han pasado a un goteo de casos, eso sí, llevando consigo las situaciones más complejas.

De nuevo aparece el caso de madres que no pueden regularizar por la falta de firma del progenitor: “Estamos acompañando a una mujer que tiene cinco hijos, tres son mayores de edad y dos son menores. Su papá está en Perú en prisión”. El resultado: los hijos mayores y la madre han tenido que tramitar sus solicitudes individualmente, mientras los dos menores seguirán en situación irregular. 

A dos semanas de que finalice el plazo, muchas personas se ven en “un clima de agobio máximo”, pues temen que les caduquen algunos documentos mientras intentan completar los requisitos

A la asociación aún no han llegado requerimientos, pero a sus activistas les preocupa que los expedientes entregados hayan sido suficiente sólidos en cuanto a la demostración de residencia en el país. “Nos inquieta mucho el hecho de que ha habido bastante ambigüedad en cuanto al tema de si se tenía que justificar la presencia en el territorio en cada uno de los últimos cinco meses, o si esto no era necesario para las personas que ya contaban con el empadronamiento”. La inseguridad se vio incrementada porque en una ocasión, en Correos, se les señaló que a la persona le faltaba aportar documentación para justificar dos de los meses de residencia en el país, algo que al menos en este caso la propia asociación puedo certificar en base a su relación con esa persona. 

María considera que la administración no ha sido capaz de prever las complicaciones que iban a derivarse de los requisitos planteados. Complicaciones que, a dos semanas de que finalice el plazo, provocan “un clima de agobio máximo” con personas que temen que les caduquen algunos documentos mientras intentan completar la documentación u otras que no han podido acceder a antecedentes penales, como es el caso de varias personas nigerianas a las que han atendido. “Lo que se ha entregado es un justificante de que se ha ido a la embajada a solicitarlos y ya está”, no saben si esto bastará. 

Complejidades que desbordan requisitos y plazos

Desde Madrid, Inés —no es su nombre real— está viviendo el proceso desde dos espacios distintos: de un lado una ONG de tamaño medio, habilitada como entidad colaboradora; y de otro lado, como integrante de la Comisión de Inmigración y Antirracismo del 8M, desde donde también están acompañando a las personas con la regularización. 

Esta activista también señala que los casos que les llegan han bajado cuantitativamente —sobre todo respecto a quienes precisaban de informes de vulnerabilidad— pero que se han complejizado: “Son personas que han tardado, o porque no tienen pruebas para mostrar su residencia en los últimos cinco meses, o por las dificultades que les ponen los empleadores para salir”. 

Las familias con padres ausentes vuelven a aparecer como las idiosincrasias más complicadas, “creo que hay una violencia implícita en muchos casos porque los padres no quieren dar la autorización. Estamos haciendo un poco de mediación e intentando llamar y hablar con estas personas para explicarles que no es por sus parejas que tienen que firmar, sino por sus propios hijos e hijas, que es en beneficio de ellas. Y bueno, en algunos casos no hay manera”. 

La diversidad y complejidad de las diversas trayectorias migratorias confrontan con unos requisitos que a menudo no son fáciles de satisfacer

Desde la organización donde trabaja, han intentado incluso extender la mediación a otros familiares, incluyendo a las antiguas suegras, “para que estas personas faciliten que el padre quiera dar el poder”. En un par de casos, relata la activista, están buscando soluciones alternativas, adjuntando declaraciones juradas en las que se explica la situación y con las que se intenta ganar tiempo para juntar la documentación necesaria cuando les sea requerida. 

Inés considera que la diversidad y complejidad de las distintas trayectorias migratorias confrontan con unos requisitos que a menudo no son fáciles de satisfacer: personas de nacionalidades minoritarias que tienen problemas para acceder a la documentación de su país de origen, menores —y la activista señala dos casos— que residen en el país sin la figura de un tutor legal, aunque estén al cuidado de una persona de su comunidad, y que por tanto no podrán acceder a la regularización.

Mientras tanto, sí que están recibiendo algunas resoluciones favorables, entrando ya en la fase del pago de tasas, con lo que esto implica: completar formularios, imprimirlos, dirigirse al banco y pedir una nueva cita para presentar el pago. Su experiencia es que la gente está consiguiendo cubrir el pago de tasas, y para gastos mayores, están funcionando las cajas de resistencia, en el caso de Madrid, desde la articulación antirracista. 

Para los casos más complejos, o en los que falta documentación, a medida que se acerca el fin del plazo, están considerando presentar los expedientes, aunque sea incompletos, con la idea de subsanar después, ya con más margen. Entre estos casos más complejos, se encuentran, de nuevo, los que tienen que ver con la imposibilidad de acceder a antecedentes penales: “Están llegando casos de países que no tienen la Apostilla de La Haya y que por tanto requieren legalizaciones en el país de origen: tenemos casos de Etiopía, Argelia, Ghana, Angola. Haití y quizás Arabia Saudí”.

También hay quienes sí están consiguiendo estos antecedentes penales, “pero una de las últimas firmas o sellos que necesitan son las del consulado de España en el país y les están dando citas para julio o para agosto”. En definitiva, se están yendo de tiempos: “Nuestra solución es hacer una declaración jurada explicando esta situación y adjuntando los penales como se tienen en este momento, sin traducción, evidentemente, y con la cita en la embajada española para tal fecha. Explicando que en cuanto se tenga toda esta documentación se va a presentar”.

Se prevé un verano intenso

Valeria pertenece al Comité de Regularización Ya de Gran Canaria. En marcha desde la campaña por la ILP, no son una entidad colaboradora, sino que, como está sucediendo en todo el territorio, son otro colectivo que informa y acompaña a las personas que desean regularizar su situación. “Desde aquí notamos que las incidencias en la península son bastante mayores. Pero creo que es también por la cantidad de gente”, valora.

En el comité hacen permanencias todos los martes desde que comenzó el proceso. Se encuentran en un café de Las Palmas, y cuentan con dos abogadas que les han dado formación para que puedan acompañar en el trámite: “La gente viene con sus papeles. El perfil aquí es muchas personas de Sudamérica en general, la mayoría de Colombia y Venezuela. Les ayudamos con todo lo que les falte. Les pedimos la cita, porque las citas son todas a través del certificado digital y claro, muchísimas de estas personas no lo tienen. Después les vamos haciendo el seguimiento hasta que meten su solicitud”. También, en menor medida, han acompañado casos de personas marroquíes y del resto de África, pero Valeria apunta que muchas de estas personas se acercan a organizaciones en las que pueden encontrar a gente que hable su idioma.  

Valeria explica que en Canarias no hubo tanto problema con el certificado de vulnerabilidad, aunque considera que esto ha sido también gracias a que, como en el resto del territorio, son las entidades colaboradoras las que asumieron la mayor carga. Una carga que asumieron, también, porque a veces en las administraciones han encontrado un exceso de ánimo fiscalizador. “En Correos también vimos funcionarios que actuaban como técnicos de extranjería, diciéndole a la gente, si no tienes estos documentos no puedes presentar tu solicitud”, Valeria recuerda que es la UTEX (Unidad de Tramitación de Expedientes de Extranjería) quien debe evaluar la documentación. “Por lo visto el funcionariado que recibe las solicitudes tuvo muy poca formación, entonces yo creo que ellos también tenían miedo de hacerlo mal”. 

“Una cosa es el proceso de meter los papeles, sí, pero todo lo que viene después y que además va a ser en verano, va a quedar en manos de las entidades colaboradoras”

La insularidad genera otras dificultades, explica Valeria, quien narra los casos de personas que han perdido sus pasaportes y que deben tomar un vuelo a Madrid para poder acudir a sus embajadas, algo que a veces es difícil económicamente, o que simplemente no se puede hacer, pues necesitan del documento para viajar. Por otro lado, sienten el colapso en algunos trámites, como la cita para las huellas.

De hecho, colapso es un término que no resulta ajeno al ámbito de las citas que tienen que ver con extranjería, considera Valeria: “Hay un colapso sistémico en las oficinas de extranjería que venimos denunciando”. La activista considera que el gobierno ha puesto más énfasis en la comunicación de lo que presentan como un hito histórico que en la provisión de medios para que la gestión de miles de solicitudes se complete con éxito. 

“Porque además, una cosa es el proceso de meter los papeles, sí, pero todo lo que viene después y que además va a ser el verano, va a quedar en manos de las entidades colaboradoras”, vaticina, máxime cuando, en base a su experiencia, coincide en que las respuestas están sobrepasando los 15 días comprometidos para la admisión a trámite. Una lentitud que tiene nerviosa a la gente que está esperando para poder empezar a trabajar.

 

[Foto: Álvaro Minguito - fuente: www.elsaltodiario.com]