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sexta-feira, 4 de setembro de 2026

Port du voile : Jean-Luc Mélenchon dit avoir « changé d’avis » et parle d’une « erreur terrible »

Jean-Luc Mélenchon a reconnu avoir profondément revu sa position sur le port du voile islamique. Devant des militants de La France insoumise réunis dans la capitale, le candidat à l’élection présidentielle a jugé que son opposition passée relevait d’une « erreur terrible ». 

Écrit par Léandre Genet

Cette prise de parole intervient dans le sillage de la proposition du Rassemblement national de pénaliser le port du voile dans l’espace public. Le sujet, récurrent dans le débat politique français, oppose des conceptions divergentes de la laïcité, des libertés individuelles et de l’émancipation des femmes.

Un mea culpa devant les militants insoumis

Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il ne partageait pas, auparavant, l’approche qu’il défend aujourd’hui. « Il y avait un temps aussi, je n’étais pas d’accord avec cette histoire de voile, je n’avais pas compris », a-t-il déclaré lors de cette conférence parisienne.

Le fondateur de La France insoumise a attribué cette évolution à ses échanges avec des femmes aux parcours et aux convictions différents. « Mais j’ai rencontré des femmes qui portaient le voile ou des femmes très croyantes et qui ne portaient pas le voile, et des femmes qui n’étaient pas croyantes mais qui disaient chacun “fait comme il veut”. Et on en a parlé (…) et j’ai été convaincu. Je me suis dit que j’ai fait une erreur terrible », a-t-il poursuivi.

Ces déclarations constituent une clarification publique de sa position, alors que les débats sur le voile occupent à nouveau une place importante dans la séquence politique précédant l’élection présidentielle. Elles visent aussi à inscrire son discours dans une défense de la liberté de choix des personnes concernées.

 

Une évolution qui tranche avec ses propos passés

Le changement revendiqué par Jean-Luc Mélenchon contraste avec plusieurs déclarations antérieures. En 2010, il qualifiait le voile de « signe de soumission patriarcale ». Sept ans plus tard, en 2017, il employait l’expression « chiffon sur la tête ».

Ces prises de position avaient nourri les critiques de responsables et d’intellectuels attachés à une lecture stricte de la laïcité. Pour eux, le voile ne peut être dissocié des rapports de domination pouvant peser sur certaines femmes, même lorsque celles-ci affirment le porter volontairement.

À l’inverse, les défenseurs d’une approche centrée sur les libertés individuelles soulignent que la laïcité française encadre les relations entre les institutions publiques et les cultes, sans imposer une neutralité religieuse générale aux citoyens dans l’espace public. Jean-Luc Mélenchon s’inscrit désormais dans cette seconde lecture, en mettant en avant l’écoute des premières concernées.

Le débat relancé par la proposition du RN

La déclaration du candidat insoumis survient après l’annonce d’une proposition du Rassemblement national visant à sanctionner le port du voile islamique dans l’espace public. Le parti défend cette orientation au nom de la lutte contre l’islamisme et de la protection des femmes.

Le gouvernement a également émis des réserves sur la constitutionnalité et l’applicabilité d’une telle mesure. La question touche en effet à plusieurs principes juridiques, dont la liberté de conscience, la liberté religieuse et l’égalité devant la loi.

Jean-Luc Mélenchon avait déjà dénoncé cette proposition, estimant que « la laïcité est une loi de liberté et d’unité du peuple » et que « le voile, la kippa, les crucifix sont des choix libres dans l’espace public ». Son mea culpa sur ses déclarations passées donne désormais une dimension personnelle à cette ligne politique.

Une séquence révélatrice des clivages

Au-delà du parcours de Jean-Luc Mélenchon, cette séquence illustre la persistance d’un désaccord de fond dans le débat public. Certaines voix considèrent que le voile renvoie à une norme religieuse susceptible de limiter l’autonomie des femmes. D’autres refusent que l’État ou les responsables politiques définissent à leur place ce qu’elles peuvent porter dans la rue.

Le candidat de LFI affirme avoir modifié son analyse au contact de femmes voilées, croyantes non voilées et non croyantes. Son intervention ne mettra probablement pas fin aux divergences, mais elle acte sans ambiguïté une rupture avec ses formules antérieures.

À moins d’un an de la présidentielle, le voile demeure ainsi un sujet à la fois politique, juridique et social. Les positions exprimées cette semaine montrent qu’il continuera de structurer une partie des oppositions entre les candidats, autour de la définition de la laïcité et de la place des signes religieux dans l’espace public.

[Photo: STEPHANE DE SAKUTIN/AFP via Getty Images - source : www.epochtimes.fr]

quarta-feira, 2 de setembro de 2026

Quand Israël invente des faux « antisémites », les vrais antisémites se préparent à sévir !

Pas de doute, l’« antisémitisme » version Netanyahou, fait rage par les temps qui courent ! La preuve ? Israël, l’État hébreu qui prétend représenter tous les juifs sur la planète terre, est « le plus haï du monde » de l’aveu de J.D. Vance, le vice-président de Trump qui aime affirmer que son gouvernement est le plus pro-israélien de l’histoire des Etats-Unis ! 


Écrit par Yorgos Mitralias

L’affirmation est suffisamment grave pour mériter une explication, d’autant plus que les dirigeants de cet État israélien martèlent sans arrêt que ceux qui critiquent, et a plus forte raison « haïssent » leur pays, sont des « antisémites » patentés. Alors, comment est-on arrivé à ce que pratiquement tout le monde s’est reconverti a cet « antisémitisme » ? Et qui en est le grand responsable ?

Evidemment, le grand responsable est l’État d’Israel, ses politiques et surtout ses actes. Et incontestablement, c’est le génocide toujours en cours des Palestiniens de Gaza qui a tellement choqué et ému l’humanité entière au point de lui ouvrir les yeux une fois pour toutes sur la vraie nature coloniale, raciste et barbare de l’État sioniste. Cependant, le génocide -en direct- des Palestiniens n’explique pas tout. Il y a eu aussi les très « mauvaises fréquentations » de cet État israélien et de ses dirigeants. Ses dirigeants qui, à l’instar de Netanyahou lui-même, n’ont pas hésité à s’allier à tout ce qu’il y a comme racaille raciste, nostalgique ou héritière des régimes antisémites exterminateurs et génocidaires de Juifs, afin d’appliquer leurs politiques, dont celle qui consiste a déclarer la guerre a ceux qu’ils appellent « antisémites » parce qu’ils « osent » critiquer leur dérives criminelles, racistes et assassines. Ce n’est pas donc une surprise que c’est exactement la fine fleur de l’extrême droite européenne au passé violemment antisémite comme le néonazi AFD allemand, le VOX franquiste espagnol ou le RN pétainiste français qui deviennent les meilleurs soutiens d’Israël et les premiers à persécuter et qualifier d’ « antisémite » toute personne, juifs inclus, qui oserait critiquer les politiques criminelles de ce pays. En somme, le monde à l’envers…

Comme par exemple, ils l’ont fait contre le juif Edgar Morin, le grand sociologue et philosophe Français dont l’œuvre, la vie et les actes ont marqué la deuxième moitié du XXe siècle, l’accusant d’ »antisémitisme » parce qu’il avait osé cosigner en 2002, un texte titré « Palestine-Israel : le cancer » comprenant des phrases comme celui-ci : « Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoisent les palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les palestiniens. Les juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux palestiniens. Les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité. Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, ‹ bouc-émissarisent › Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu’on les empêche d’empêcher. » [1]. Les procès intentés par les acolytes de l’Etat sioniste en service commandé ont duré quatre ans avant d’aboutir à l’acquittement des trois accuses, dont Edgar Morin qui vient de nous quitter juste un mois avant son 105e anniversaire, non sans avoir répété qu’il était « ahuri et indigné » par le « carnage » commis par Israël à Gaza.

Mais, celle qui est restée dans l’histoire comme « l’affaire Morin » ne devrait plus surprendre. La fabrique à inventer des faux antisémites tourne actuellement à plein rendement. La raison est simple : les juifs très critiques de l’État d’Israël ou même antisionistes, sont desormais légion dans la diaspora. À tel point que les philippiques anti-israéliennes et antisionistes d’un ex-président du parlement israélien (!) et ex-président de l’Organisation sioniste mondiale comme l’a été Avrum Burg ne fassent plus l’impression qu’ils mériteraient. D’un Avrum Burg qui n’a pas peur de déclarer que « le sionisme c’est du racisme » et qu’il définit à l’aide des phrases lapidaires suivantes les conditions nécessaires pour une paix durable au Moyen Orient : « Une paix juste exigera de l’État d’Israël qu’il reconnaisse officiellement la Nakba, qu’il assume la responsabilité de l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens en 1948, qu’il mette en place un mécanisme approuvé de retour ou d’indemnisation, qu’il démantèle les structures profondes de l’occupation, qu’il assure l’égalité des droits entre la mer et le Jourdain, et qu’il instaure un partage équitable des ressources et des terres. Telles sont les conditions nécessaires à la paix elle-même, et il ne s’agit ni de cadeaux ni de gestes de générosité. Tout accord qui renoncerait à ces fondements ne serait qu’un armistice, un répit temporaire qui, à terme, donnerait naissance à la prochaine guerre. Cent ans de mépris israélien pour les structures profondes du conflit, et les dizaines de milliers de tombes de part et d’autre, en témoignent » [2].

Mais, attention : à force d’avoir choyé et d’avoir couvé l’œuf du serpent raciste et néonazi, l’État sioniste est en train de voir ce serpent sclore et grandir : il y a seulement quelques jours, le très populaire parmi les Républicains de Trump et grand ténor de l’extrême droite nord-américaine et mondiale Tucker Carlson et ses amis ouvertement racistes et néonazis, et cette fois véritablement antisémites, viennent d’annoncer qu’ils sont en train de préparer un troisième parti américain dont les juifs auront tout à craindre…

Alors, rien de mieux dans ce contexte morose, que de voir l’admirable Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) donner la parole à la palestinienne Dima Issa pour célébrer, avec un discours inspiré et émouvant, les héros de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Et aussi, de rappeler par un texte écrit juste après sa mort à l’automne 2009, ce qu’était le seul survivant parmi les chefs de l’insurrection de ce ghetto, l’antisioniste et ami du peuple palestinien Marek Edelman qui reste, maintenant plus que jamais, une épine dans le flanc de ceux qui sont les vrais antisémites, les génocidaires israéliens…

Notes

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Morin_(France)

[2] Voir Avram Burg, « Les oiseaux nés en cage croient que voler est une maladie » : https://wordpress.com/2026/05/19/un-appel-a-la-revolution-des-guerres-justes-a-la-paix-juste/

[Source : www.cadtm.org]

terça-feira, 1 de setembro de 2026

Españoles por ley, extranjeros por piel

Existe una racialización sistémica de la segunda generación de migrantes en el Estado español. Una racialización que conduce a la discriminación. 

Una calle del barrio del Raval, en Barcelona 

Escrito por Angelica Manresa da Conceição

¿Un español racializado es tan “español” como uno blanco? Esta pregunta debería hacernos reflexionar, pero sobre todo tendría que ocupar un espacio de debate político. Los últimos datos disponibles en el informe del Consejo Económico y Social de 2025 revelan que el 34% de los menores en España, alrededor de tres millones de niños, son hijos de madre o padre de origen migrante, una cifra que la Fundación de las Cajas de Ahorros (Funcas) eleva a 4,5 millones al sumar a quienes llegaron en su temprana infancia. Sin embargo, cuando el sistema demanda el NIE en lugar del DNI a un ciudadano nativo, la burocracia se convierte en un acto de segregación y se asiste a la continua negación de la nacionalidad en función del color de la piel.

El conflicto radica en cómo la sociedad categoriza a inmigrantes y extranjeros, bajo estatus completamente opuestos. El inmigrante es aquel al que se le achacan posturas negativas sobre su conducta, cultura, religión o clase social fundamentadas en prejuicios y estereotipos que se alinean con nuestro concepto estatal de la geopolítica mundial y la brecha norte-sur. El extranjero, en cambio, es el huésped bienvenido, proveniente de economías avanzadas o de países con estructuras similares a la nuestra. Así, mientras un marroquí, un ghanés o un cubano son sentenciados bajo el estigma de la inmigración, un noruego, un británico o un australiano habitan el estatus limpio de lo extranjero; un doble rasero que heredarán sus hijos nacidos aquí.

Cuando la piel es blanca, el origen no se cuestiona ni la “españolidad” se pone a prueba

El hijo de un inmigrante siempre cargará con la etiqueta de inmigrante de segunda generación, mientras que el hijo de un extranjero será visto como un ciudadano español de pleno derecho, cuyos rasgos jamás serán exotizados ni sometidos a interrogatorio. Cuando la piel es blanca, el origen no se cuestiona ni la “españolidad” se pone a prueba. No es lo foráneo lo que incomoda, la verdadera frontera la levantan el racismo, el clasismo y la aporofobia que deciden quién pertenece sin preguntas y quién debe justificar eternamente su lugar.

En esa grieta, imposible ya de ocultar, resuena una frase que se repite cada vez con más fuerza en las calles: “La España que se nos está quedando”. Quizá la cuestión no sea qué país queda, sino quién se adjudica el derecho de decidir quién cabe en él. Se acusa desde el mantra del “es que no se integran”, pero nadie tiene que pedir permiso para habitar su propia casa. Los españoles racializados son, efectivamente, racializados, pero también son españoles. No hay contradicción en ello, salvo en la mirada de quien se empeña en verla.

No tienen que integrarse en ninguna parte: ya forman parte de la sociedad, aunque se les empuje a los márgenes, sean invisibilizados y se les haga sentir constantemente que no encajan. Y, sin embargo, cuando ocupan el espacio que siempre ha sido suyo, estallan las reacciones. El acoso viral a varias falleras negras este pasado marzo desnudó la rabia de quienes se aferran a una estampa congelada de la nación que se niegan a actualizar.

Porque cuando alguien habla valenciano perfectamente, conoce la tradición al detalle y la vive con orgullo, y aun así se le niega el lugar, ya no se pide integración: se ejerce rechazo. A estas alturas, resulta evidente: hagan lo que hagan, hay quien nunca aceptará que también son de aquí, condenándolos a escuchar día a día la eterna e interminable pregunta: “¿Oye perdona, pero tú de dónde eres?” Al responder “de Granada”, el interlocutor insistirá: “Ya, pero… ¿de dónde son tus padres?”. No buscan conocer su nacionalidad; buscan descifrar por qué su piel y sus rasgos no encajan en su imaginario de patria. Ante esa miopía social, la españolidad se niega al quedar reducida a una lectura racial del cuerpo fruto de una mirada incapaz de comprender que raza, etnia y nacionalidad son tres categorías distintas que conforman la complejidad humana.

Este rechazo sistemático empuja a muchos españoles a una crisis de identidad, donde, perdidos en el ¿y yo a dónde pertenezco? interiorizan un discurso excluyente que los obliga a cuestionarse, con dolor, cuál es realmente su hogar. Según un estudio de la Dirección General para la Igualdad de Trato y Diversidad Étnico-Racial, el 47% de la población afrodescendiente ha nacido en el país; sin embargo, solo un 12% se define como “afroespañol” y un demoledor 60% confiesa no sentirse español a causa del racismo estructural que sufre. Esta realidad la respalda el Ministerio de Igualdad, señalando que el 78% ha sufrido discriminación por su color de piel.

Dicha cínica exclusión, golpea incluso cuando la pertenencia está escrita en la vida: alguien que ha crecido en el mismo barrio, estudiado en las mismas escuelas y vivido los mismos códigos culturales, es, por ser racializado, un eterno cautivo de su piel condenado a ser un inmigrante perpetuo en su propia tierra. El contraste es flagrante con los miles de centroeuropeos y rusos asentados en sus propias colonias en la provincia de Alicante: sus comercios en inglés ignoran el castellano, mientras asfixian el mercado inmobiliario local, bendecidos por instituciones que financian su atracción en lugar de agitar el fantasma de la “invasión”. Su presencia se normaliza porque la blancura diluye el discurso antiinmigración, evidenciando que el verdadero sesgo no es la frontera, sino la piel y la clase social.

Pero, ¿cómo le explicas a George, británico asentado en Torrevieja, el orgullo que azotó a todo un país cuando allá por el 2005 un chaval de diecinueve años y pantalones pirata conocido como Rafa Nadal conquistaba por primera vez la tierra batida de Roland Garros? ¿La fiebre de la primera edición de Operación Triunfo? ¿O el eco de Amaral invocando aquello de “Son mis amigos, por encima de todas las cosas” en las fiestas de pueblo de tantas generaciones? Son códigos que no se explican: se habitan, se heredan, se respiran. No obstante, mientras la opulencia blanca vive exenta de entender el suelo que pisa, el racismo estructural somete a los españoles racializados a mendigar el derecho a pertenecer a su país.

Emerge entonces la distinción entre nacional y ciudadano. Estos españoles, hijos de al menos un progenitor de origen migrante, son nacionales porque cuentan con los derechos y obligaciones que trae implícita la nacionalidad española, pero al no ser observados como iguales son tratados como ciudadanos de segunda, perpetuando una clara “ciudadanía frágil”. Nacionalidad y ciudadanía entran en una tediosa confrontación donde la Constitución y la realidad chocan frontalmente cuando la prometida igualdad se convierte en papel mojado en las calles. La cuestión es clara cuando observamos la cotidianidad: ¿Alguna vez has visto a un español de origen magrebí dirigiendo un banco, a una mujer con hijab presentando el telediario o a un juez negro en un tribunal? ¿Cuántos políticos racializados de alto rango puedes nombrar? O, más sencillo todavía: ¿has tenido un profesor que no fuera blanco, te ha dado los buenos días un conductor negro al subir al autobús? Haz memoria: ¿quién te atiende en la farmacia, quién te recibe en las inmobiliarias, quién está detrás del mostrador en la biblioteca?

Es evidente que la igualdad formal dista mucho de la igualdad real: una disparidad que no es casual sino el reflejo de un relato antiinmigración cada vez más feroz

Es evidente que la igualdad formal dista mucho de la igualdad real; una disparidad que no es casual sino el reflejo de un relato antiinmigración cada vez más feroz. Las cacerías contra inmigrantes durante los terribles acontecimientos de Torre Pacheco el pasado año, el indisimulado rechazo a repartir 4.400 menores del Sahel frente a los 71.253 niños ucranianos acogidos en tiempo récord o las descarnadas propuestas de deportaciones masivas de Vox, que incluyen a segundas generaciones, no constituyen episodios aislados, sino que responden a un fenómeno mucho más amplio.

Un marco que incorpora también la siniestra aprobación del “ICE Europeo”, la nueva doctrina de “prioridad nacional” importada del modelo de Le Pen, el lamentable “Francia sin franceses” de Mariano Rajoy, amparado por el silencio cómplice de su partido, o la crudeza con la que más de 72.000 personas pudieron ser instrumentalizadas como arma de guerra híbrida por el régimen de Mohamed VI en Ceuta. Son fenómenos constantes que por su progresiva normalización, suscitan muchos interrogantes. Quizás el primero que habría que afrontar sería ¿de dónde procede todo este miedo colectivo? ¿Acaso reside en la mediática y demonizada imagen de unas pateras que apenas representan el 6% de la migración irregular o en los españoles racializados que, nacidos aquí, reescriben con sus venas mestizas la faz del “español medio” obligándonos a mirarnos al espejo?

El avance de la España mestiza es un río irreversible que desafía la moral de una nación empeñada en medir la patria en gotas de melanina

Tal rechazo ha sido históricamente respaldado bajo el mito de una “pureza de sangre” falaz. El ser humano nació en África como un migrante continuo, mucho antes de que esa palabra fuera foco de envenenamiento y deshumanización. Los propios españoles somos un mosaico de íberos, cartagineses, romanos, visigodos, judíos sefardíes, gitanos y poblaciones árabe-bereberes que han dejado su huella en nuestra genética. Los griegos que hoy rechazan a los refugiados sirios descienden de otomanos y bizantinos, mientras que británicos, franceses y alemanes están diluidos entre indoeuropeos, celtas y vikingos, todos portadores de genes africanos originales. Entonces, ¿qué orígenes pretenden recuperar? Esa nostalgia no busca la pureza biológica, sino restaurar jerarquías coloniales y una supremacía blanca que alienta la hostilidad contra las mal llamadas “segundas generaciones”: una frontera de palabras esculpida para separar a los “verdaderos españoles” de los eternos “otros”.

El avance de la España mestiza es un río irreversible que desafía la moral de una nación empeñada en medir la patria en gotas de melanina. Ante este escenario, el activista y escritor afroamericano James Baldwin nos devuelve un espejo incómodo que, lejos del pesimismo, desarma la falsa inocencia de la ignorancia: la palabra “negro” bien podría ser sustituida por cualquier comunidad racializada y el reflejo no cambiaría. Ninguna sociedad se transforma mientras persista en negar lo que sostiene en silencio. Y ahí cuando se rompe toda coartada, Baldwin despliega una arrolladora sentencia: “Si sabes que no querrías ser negro aquí, ya sabes suficiente”.

 

[Foto: David F. Sabadell - fuente: www.elsaltodiario.com]

sábado, 29 de agosto de 2026

EEUU contra Cuba: el motor de una “izquierda terrorista” mundial

El trumpismo resucita un macartismo con ecos del discurso eugenésico nazi con un informe de 100 páginas en el que señala a periodistas, políticos y activistas.

Marco Rubio, secretario de Estado de EEUU, durante una rueda de prensa en mayo de 2026. 

Escrito por Sebastiaan Faber 

El 20 de julio, el Departamento de Estado de Estados Unidos publicó un informe de 100 páginas sobre Cuba que argumenta que, desde 1959, el régimen castrista ha sido un motor de una “izquierda terrorista” mundial que ha logrado infiltrarse en grandes partes de la sociedad norteamericana, aliándose con organizaciones poderosas y reclutando a políticos, periodistas y activistas prominentes. No es casual que el informe se publicara días después de una cumbre internacional, con 60 países, sobre “el auge mundial del extremismo de izquierdas y el terrorismo político” en la que Marco Rubio, el secretario de Estado y potencial candidato a la presidencia en 2028, indicó que la mayor amenaza a la seguridad ya no proviene del terrorismo islámico, sino de la izquierda.

En comparación con la Estrategia de Seguridad Nacional –el estrafalario documento de noviembre que, entre otras cosas, reafirmaba la hegemonía hemisférica de Estados Unidos–, el informe sobre Cuba no solo es más extenso, sino más coherente y riguroso. También está mejor escrito. Pero lo más llamativo son sus ecos macartistas: no duda en señalar con pelos y señales a una larga lista de individuos y colectivos, incluidos periodistas como Amy Goodman (de Democracy Now!), organizaciones como los Socialistas Demócratas de América (DSA) y el Gremio Nacional de Abogados (National Lawyers Guild); políticos como Zohran Mamdani y Karen Bass (alcaldes de Nueva York y Los Ángeles), congresistas como Alexandria Ocasio-Cortez, Bernie Sanders e Ilhan Omar y activistas como Ben Cohen (empresario cofundador de Ben & Jerry’s) o Alicia Garza (fundadora de Black Lives Matter).

El objetivo del informe parece doble: no solo se trata de reafirmar a Cuba como un poderoso enemigo de la American way of life –justificando de antemano una posible intervención en la isla–, sino, sobre todo, de demonizar a una gran parte la izquierda norteamericana como peligrosa, terrorista, antipatriótica, inmoral y, en última instancia, subhumana. En este sentido, este informe sobre Cuba solo es el capítulo más reciente en una clara estrategia que ya se anunciaba en el Proyecto 2025 y que se aceleró a la zaga del asesinato de Charlie Kirk en septiembre. 

Así, el memorándum presidencial Seguridad Nacional (NSPM-7), publicado ese mismo mes de septiembre, buscaba tildar de “terroristas” una larga serie de ideas progresistas que se resguardaban “bajo el paraguas del autodenominado ‘antifascismo’”. “Los hilos comunes que animan esta conducta violenta”, afirmaba, “incluyen el antiamericanismo, el anticapitalismo y el anticristianismo; el apoyo al derrocamiento del Gobierno de los Estados Unidos; el extremismo en torno a la migración, la raza y el género; y la hostilidad hacia quienes mantienen las visiones tradicionales estadounidenses sobre la familia, la religión y la moralidad”.

El NSPM-7 ya ha servido para que las fuerzas de seguridad y los servicios de inteligencia redoblen su vigilancia y persecución de la izquierda en Estados Unidos. Aunque su éxito en los tribunales ha sido desigual, la invocación de “Antifa” como una red de “terroristas domésticos” dedicada a organizar una conspiración violenta para derrocar el Estado ha permitido detener a 15 ciudadanos de Minneapolis por hacer seguimiento al ICE (la policía migratoria) y condenar a penas inauditas de entre 20 y 100 años a un grupo de activistas en Texas, como reportaba Guillem Martínez a finales de junio. Es muy posible que el informe sobre Cuba tenga una secuela judicial similar. 

Alrededor de estos informes se ha construido un discurso cuyo objetivo es la erosión del Estado de derecho y los derechos constitucionales. “Se pueden llamar a sí mismos anticapitalistas o antiimperialistas, comunistas, anarquistas o marxistas”, declaró Rubio ante The Guardian el 16 de julio“Siempre es lo mismo. Es un resentimiento tóxico revestido de un discurso sobre la igualdad, la justicia y la liberación –una necesidad abrumadora de tirar abajo, de destruir todo lo que es bello y justo, de parte de una gente que está repleta únicamente de fealdad y practica la violencia y el terror porque no tiene nada más que ofrecer al mundo–”.

Al día siguiente, Stephen Miller, subjefe de gabinete y principal asesor de política y seguridad nacional de Donald Trump, aprovechó una rueda de prensa para subir el tono. “No es una coincidencia”, dijo, “que cuando miras estas manifestaciones violentas de Antifa, cuando ves cualquiera de las fotos de quienes se reúnen en ellas, ninguna persona, para decirlo francamente, parece normal. Ni una parece normal. Todos están, de alguna u otra forma, deformados en su apariencia, su forma de vestir, en su manera de ser. ¿Por qué? Si comparas dos fotos, de una calle normal en Estados Unidos y una manifestación antifa, ¿por qué no hay ninguna persona normal entre la gente que se manifiesta de forma violenta? Porque cada uno, a través de su vida y de sus decisiones, ha dejado cicatrices en su cuerpo y en su aspecto, de muchas formas diferentes, hasta el punto de que su aspecto exterior se convierte en una manifestación de su odio interior”. Son obvios los ecos de la eugenesia nazi. (Y, para un público español, del falangismo. En su novela Madrid de corte a checa, Agustín de Foxá describía a sus personajes republicanos como seres movidos por “la revancha de los débiles contra los fuertes, de los enfermos contra los sanos, de los brutos contra los listos” porque “odiaban toda superioridad”.)

En la carta que envió la historiadora Heather Cox Richardson el 17 de julio a sus más de cinco millones de suscriptores en Substack y en las redes, recordaba que J.D. Vance, el vicepresidente neocatólico, ayudó a promocionar hace dos años el libro Unhumans: The Secret History of Communist Revolutions (and How to Crush Them) (“Los antihumanos. La historia secreta de las revoluciones comunistas –y cómo aplastarlas–”)del influencer ultra Jack Posobiec. “En el pasado”, afirmó Vance, “los comunistas marchaban por las calles con banderas rojas. Hoy, marchan por los departamentos de recursos humanos, los campus universitarios y los tribunales, donde practican lawfare contra gente buena y honesta”.

En el libro, Posobiec tilda a las personas de izquierdas de “antihumanos” porque “se oponen a todo lo que constituye la humanidad. Al oponerse a la humanidad misma, ellos se autoexcluyen por completo de la categoría [de lo humano], ubicándose en una subdivisión completamente nueva, impulsada por la miseria, de lo antihumano”. Posobiec se une al conjunto de pensadores de la extrema derecha norteamericana que reconocen como modelo y héroe anticomunista a Francisco Franco. “Algunas de las personas más poderosas del actual gobierno son conversos recientes al catolicismo que no han ocultado su admiración por los regímenes integristas, incluido el franquismo”, dijo la historiadora Kirsten Weld en estas páginas el pasado noviembre. “Forman parte de una corriente del pensamiento reaccionario estadounidense que buscó inspiración en España, no solo en los años 30, sino también en los 60 y 70”.

Para Richardson, los ecos del libro de Posobiec en los discursos de Rubio y Miller son inconfundibles. La historiadora recuerda, además, lo que el prólogo al libro, escrito por Stephen Bannon, pone como epígrafe: “El comunismo ocurre cuando freaks feos y deformados ilegalizan la normalidad y, después, roban y/o matan a todas las personas exitosas, movidos por un resentimiento mezquino y por la crueldad. La ideología no es más que una fachada”.

 

[Foto: Molly Riley / TWH - fuente: www.ctxt.es]


sábado, 22 de agosto de 2026

S’émanciper du sionisme

« Les Juifs sont devenus blancs ». Dans Redevenir juif, le philosophe Michel Feher nuance et critique cette formule contestable. Selon lui, la figure du Juif n’est aujourd’hui politiquement acceptée qu’à la condition d’adhérer sans réserve aux dogmes coloniaux de l’État d’Israël et aux mythologies historiques qui exonèrent l’Europe occidentale de sa judéophobie exterminatrice.  

Publier par Faris Lounis

«Les Juifs sont devenus blancs». Cette formule, forgée dans le camp de l’émancipation sur fond de concurrence victimaire, de néo-campisme et de réflexes anti-impérialistes quelque peu romantiques, est-elle vraiment pertinente, analytiquement juste?

Dans Redevenir juif, un ouvrage très documenté, savant — tant sur le passé du mouvement sioniste que sur son actualité —, stimulant sur le plan des analyses et iconoclaste par les idées qu’il avance, le philosophe Michel Feher nuance et critique cette formule contestable, au motif que les colporteurs de l’antisémitisme «à l’ancienne» sont toujours actifs.

Énergiquement, l’auteur enjoint à réinvestir la tradition d’une pensée juive aujourd’hui minorée : celle des Juifs diasporiques qui se sont toujours opposés, depuis une optique internationaliste, cosmopolite et résolument universaliste, au nationalisme ethnoreligieux, au suprémacisme et, surtout, à la déclinaison coloniale, puis impériale, du sionisme.

Précisons d’emblée les choses. Redevenir juif, qui n’ignore rien des brimades et des persécutions subies par les Juifs en Europe, s’oppose au sionisme et le rejette en raison de la supériorité ethnoreligieuse qui le traverse et de sa réalisation coloniale en Palestine historique. Loin du dogmatisme antisioniste, qui ne prend pas en considération l’existence, depuis la Nakba de 1948, d’un peuple israélien, comme des judéophobes patentés qui prétendent «défendre le peuple palestinien», ce livre aide à comprendre, à partir de l’histoire des Juifs européens, la genèse du nationalisme juif, dont la motivation première était de mettre fin à une judéophobie séculaire en terre européenne.

Ce besoin de protection et, en définitive, de dignité est parfaitement illustré par une controverse qui eut lieu à Vienne, alors capitale de l’Empire austro-hongrois, en 1897, sur le sens du mot «sionisme».

Scandalisé par les formulations ethnicistes et chauvinistes du livre programmatique de Theodor Herzl, L’État des Juifs (La Découverte, 2008) — lequel pensait que recouvrer la supposée terre du lointain ancêtre et y fonder son propre État soulagerait l’Europe d’un «grand nombre de spéculateurs financiers et d’agitateurs révolutionnaires» —, l’érudit et rabbin juif Moritz Güdemann (1835-1918) précise, dans un texte intitulé «Du nationalisme juif», que ce «terme et le phénomène qu’il désigne doivent leur existence à l’antisémitisme» et que l’idée «d’un nationalisme juif était inconnue il y a encore trente ans».

Auparavant, poursuit le rabbin, les Juifs d’Europe se disaient Allemands, Français, Anglais, etc. Mais à partir du moment où «l’antisémitisme, pour faire meilleure impression sur lui-même et sur le monde, s’est octroyé un caractère national et s’est mis à proscrire les Juifs non seulement en tant que juifs, mais aussi en tant qu’étrangers, [...] ceux-ci ont réagi à cet ostracisme en admettant leur propre individualité nationale, en la soulignant même avec zèle, et en étendant à leur nationalité l’appellation de judaïsme qui n’avait, jusque-là, correspondu qu’à leur conviction religieuse».

Les textes de cette controverse, traduits et publiés récemment aux éditions Verdier sous le titre D’une nation juive, ou non (2025), éclairent au moins deux visages du sionisme : une quête d’émancipation plurielle qui se matérialise, depuis la précitée «Nakba continue» de 1948, en un projet de destruction de l’humain, de l’habitat et du climat.

Antidogmatique, l’antisionisme de Michel Feher est clair quant à l’avenir du peuple israélien : s’il ne croit aucunement en la chimérique solution à deux États, il fait sienne l’idée d’un Edward Said qui, en plus de son engagement pour «une solution binationale au conflit entre Israéliens et Palestiniens», rêvait de voir un jour naître, en Palestine historique, une société plurielle qu’aucun nationalisme ne pourrait posséder, dont aucune souveraineté ne saurait entraver la vitalité, «un tissu social plus riche, que personne ne pourrait entièrement posséder».

Pour lui, le «blanchiment» des Juifs n’est pas de l’ordre de l’essence, mais du contrat : un contrat inégalitaire au nom d’une «égalité» qui serait l’apanage des seules nations occidentales. «Initialement conçu pour séparer le combat contre la judéophobie des autres formes d’antiracisme, voire pour insinuer que ces dernières sont le plus souvent les paravents du “‘nouvel antisémitisme”’, le pacte de blanchiment auquel nous autres juifs sommes pressés de souscrire est progressivement devenu le ferment de la coalescence des droites».

Ici, le philosophe s’inscrit au cœur de la «bataille culturelle», au sein de laquelle les droites dures et extrêmes, ainsi que de larges pans du centre et de la gauche sociale-démocrate, tentent délibérément de confondre la critique de l’apartheid colonial organisé par Israël, du fleuve Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée, et le racisme spécifique dirigé contre les Juifs à travers le monde.

Certes, la judéophobie existe à gauche. Et, regrettablement, Michel Feher ne traite pas suffisamment de cet écueil majeur qui affaiblit le camp de l’émancipation : se mobiliser prioritairement contre telle ou telle forme de racisme, au lieu de mener une lutte fédératrice et définitivement débarrassée du boulet de la concurrence victimaire. Mais sa rupture avec le «pacte de blanchiment réciproque» des Juifs a le mérite de défaire méthodiquement la thèse essentialiste d’un prétendu «nouvel antisémitisme» qui ne concernerait que les Palestiniens, les Arabes et les musulmans. 

Dans cette perspective, la contestation de ce «blanchiment» conditionnel — sur fond de mauvaise conscience occidentale face à la destruction des Juifs d’Europe et de narcissisme civilisationnel — fait écho à l’ironie ravageuse du classique Le Monolinguisme de l’autre, dans lequel Jacques Derrida évoquait «l’ablation de [sa] citoyenneté française» durant deux ans, «“sous l’Occupation” sans occupation» du régime de Vichy en Algérie dite française.

Explorant les liens qui unissent les droites euro-étasuniennes, et tout particulièrement celles qui se nourrissent du venin de l’antisémitisme biologique, aux néofascistes nationalistes et religieux qui tiennent les rênes du gouvernement israélien, le philosophe démontre que la figure du Juif n’est acceptable politiquement qu’à condition de servir les intérêts des nations puissantes, jadis responsables et complices du judéocide. À l’imputation d’une «détestation des juifs à quiconque s’indigne des crimes commis par l’État israélien», l’arsenal argumentatif du sionisme réellement existant réalise la performance de classer parmi les «nouveaux antisémites» des personnes juives.

Selon Steve Bannon, lors de la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) de février 2025, «ces juifs» bénéficieraient «des largesses d’une poignée de spéculateurs hors-sol» et s’en serviraient «pour comploter contre la restauration de la grandeur américaine et l’établissement du Grand Israël».

Le «redevenir juif» auquel invite Michel Feher est loin d’impliquer les seuls Juifs. Parmi ses agents propagateurs, un bon nombre de non-Juifs travaillent activement à la réhabilitation de la figure du paria qui, en habitant pleinement et fièrement sa condition diasporique, inscrit la «question juive» dans un vaste champ de luttes cosmopolites.

Révolte destinée à résonner avec celles de tous les autres parias, les Palestiniennes et les Palestiniens au premier chef, ce texte trace le chemin, depuis une énonciation juive francophone, d’une intégration en permanente insurrection «contre les formes de souveraineté exclusive», voire contre le «principe de souveraineté lui-même, dans la mesure où son application tend à fabriquer des laissés-pour-compte».

Certes minoritaires dans le judaïsme français, qui peine à s’émanciper du poids du sionisme en raison de la judéophobie qui continue de travailler la société française, des crimes antisémites des deux dernières décennies, mais aussi du passé colonial qui ne passe pas et du refus des États postcoloniaux du Maghreb et du Machrek d’attribuer aux Arabes juifs la citoyenneté et une place légitime, Redevenir juif pose les premiers jalons d’une réflexion de fond sur un possible renouveau diasporique.

À l’instar de mouvements ouvriers ou culturels tels que le Bund au XIX siècle ou d’associations comme Jewish Voice for Peace (JVP) aujourd’hui, il rappelle, à rebours de l’essentialisme qui domine le débat public, qu’on peut être parfaitement solidaire de tous les dominés, à partir de l’histoire des luttes juives et des enseignements du judaïsme auxquels déroge l’État d’Israël, notamment depuis les massacres du 7 octobre 2023 et son «coming out spartiate».

Dire que «la Colonisation», pour reprendre l’un des substantifs par lesquels les médias arabes désignent «la seule démocratie de la Jungle du Proche-Orient», doit renoncer à son éthos colonial et à ses pratiques génocidaires n’est pas un scandale, mais une radicalité humaniste qui, en ces temps de valorisation des pulsions annihilatrices de la vie, devient presque indicible dans «le monde libre», et particulièrement dans «la patrie des droits de l’Homme».

  

[Source : www.actualitte.com]

quarta-feira, 19 de agosto de 2026

O ultra israelí Ben-Gvir prepara un corredor da morte con palcos para que as familias de vítimas vexan as execucións

«Prometín empeorar as condicións dos terroristas en prisión, e cumprímolo», subliña o ministro de Seguridade Nacional 

O ministro de Seguridade Nacional israelí, Ben-Gvir

Escrito por J. Gómez Peña 

Ben-Gvir, o ultradereitista ministro israelí de Seguridade Nacional que hai uns días defendeu «asasinar cada noite a 30 ou 40 palestinos en Gaza» porque «nin sequera son persoas», acaba de anunciar a apertura do corredor da morte nun centro de detención hebreo. A instalación, ademais de todo o necesario para os enforcamentos, disporá de palcos para que as familias das vítimas poidan presenciar as execucións, «como é habitual en moitos países».

«Prometín empeorar as condicións dos terroristas en prisión, e cumprímolo», declarou Ben-Gvir. «Prometín aprobar a lei de pena de morte para terroristas, e fixémolo. E agora o corredor da morte e o centro de execución tamén están a empezar a tomar forma», engadiu no Jerusalem PostA Administración facilitará as entradas.

Contra a pena de morte

«Estamos a facer historia», salientou Ben-Gvir. «Os terroristas só merecen unha cousa: a morte na forca». O ministro ultras culmina con este corredor da morte un proxecto para o que nomeou como inspectores a seis familiares de vítimas. «Os que pagaron o prezo máis alto na loita contra o terrorismo merecen máis que ninguén formar parte do mecanismo de supervisión para a aplicación da lei», defendeu. «Este nomeamento —agregou— reflicte o recoñecemento da súa dor e do seu dereito para ser partícipes na loita pola xustiza e a disuasión».

Varios lexisladores tramitaron en xuño unha petición contra a lei de pena de morte. Consideran que é inconstitucional e solicitan ao tribunal que a anule por violar os dereitos á vida, a dignidade, a igualdade e os procesos xudiciais.

 

[Imaxe: EUROPAPRESS - fonte: www.lavozdegalicia.es]

sexta-feira, 14 de agosto de 2026

Judith Butler, filósofa: «El ataque contra las personas trans apunta a un proyecto potencialmente genocida»

 

Judith Butler durante una entrevista reciente con El Periódico.

Publicado por Nathan J. Robinson (Current Affairs) 

Judith Butler es una de las académicas y filósofas más destacadas del mundo en cuestiones de género, sexualidad y los fenómenos culturales que los rodean. Es autora del emblemático libro de 1990 Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity y, más recientemente, de la obra que le siguió en 2024, Who’s Afraid of Gender? Butler se reunió con el redactor jefe de Current Affairs, Nathan J. Robinson, para hablar de cómo personas de todo el mundo –en su mayoría conservadoras, aunque también algunas que se consideran de izquierdas– han llegado a sentir miedo y enfado ante lo que denominan “ideología de género”, por qué están equivocadas y qué se podría hacer al respecto. 

Quiero empezar con una cita de su último libro, ¿Quién teme al género?, en la que dice:

“Al menos en Estados Unidos, el género ya no es una casilla trivial que hay que marcar en los formularios oficiales, y desde luego no es una de esas disciplinas académicas oscuras sin repercusión en el mundo en general. Al contrario: se ha convertido en un fantasma con poderes destructivos, una forma de aglutinar y avivar multitud de pánicos modernos”.

¿Podría explicar con más detalle a qué se refiere con eso?

En primer lugar, tengo que decir que no me considero la principal filósofa del género, ni me considero a mí misma ni a mi obra responsable de lo que el discurso popular denomina “ideología de género”. Mi impresión es que la ideología de género no existe. Es una forma de resumir un campo complejo, un conjunto de políticas sociales y decisiones jurídicas. Es una forma abreviada que no logra explicar realmente lo que está en juego, pero que además crea algo así como un enemigo imaginario, o una especie de unidad ficticia que genera mucha ansiedad y miedo –además de cierta fascinación y confusión–. Y si analizo la forma en que se hace referencia al género en los medios de comunicación y en el discurso público, parece abarcar toda una serie de cuestiones, entre ellas los derechos reproductivos, la igualdad de las personas transgénero o de las mujeres, cómo abordar el deporte, cuestiones de igualdad, diversidad e inclusión, y las interpretaciones psicológicas de lo que les ocurre a los niños y a las niñas a medida que crecen y llegan a comprenderse a sí mismos.

Hay tantos temas diferentes que se agrupan bajo un mismo término, y supongo que la palabra “fantasma” sugiere que existe una especie de imagen onírica o una construcción fantasmática que se ha arraigado en la mente de las personas, y que se denomina género. Pero, en realidad, el género es muy complejo. La gente lleva mucho tiempo estudiándolo y existen puntos de vista contradictorios. Y si adoptáramos un enfoque más sobrio e intelectual –un enfoque académico– respecto a este tema, encontraríamos allí muchas corrientes diferentes, conflictos y aspectos interesantes.

Estoy seguro de que conoce el caso que se produjo recientemente tras la publicación de su libro, el del profesor [Martin Peterson, de la Universidad Texas A&M, al que se le prohibió impartir una parte de El banquete de Platón porque infringía la norma de Texas que prohíbe enseñar la “ideología de género”. Y creo que es un ejemplo muy interesante de cómo la derecha parece tener muy claro lo que significa prohibir la “ideología de género”, pero luego, a la hora de aplicarlo realmente, no estoy seguro de que muchos de ellos sepan, en realidad, qué entienden exactamente por “ideología de género”. Cuando escribió este libro, ¿llegó a comprender mejor qué se entiende por prohibir la “ideología de género”?

Por desgracia, cuando la derecha utiliza el término “ideología”, tiende a pensar en una postura dogmática impuesta por algunas personas en posiciones de poder, por profesores o mediante políticas sociales, y atribuye al género una función ideológica, con lo que se refieren tanto a algo dogmático como a algo manipulado, falseado. Así pues, frente a lo dogmático, dicen que deberíamos mantener un debate abierto y libre –que incluya los puntos de vista conservadores– sobre la familia y el género. Frente a la falsificación, piensan que deberíamos basar todas nuestras opiniones en hechos biológicos, aunque a veces afirman que deberíamos basarnos en la doctrina cristiana. Por lo tanto, existe cierta tensión en este sentido. Y hay diferentes variantes del movimiento contra la ideología de género en todo el mundo. Así pues, lo que encontramos en Taiwán no es lo mismo que lo que encontramos en Uganda, por ejemplo. Sin embargo, en el caso de la censura a Platón, lo que realmente están haciendo es tomar una decisión doctrinaria. Están imponiendo una doctrina que dice que no se debe mantener un debate abierto sobre el amor y la homosexualidad, lo cual es una característica de la relación de Sócrates con algunos de sus interlocutores, y no una representación explícitamente sexual, pero sin duda es una representación del amor entre hombres. Ahora bien, en la Grecia clásica, aceptamos que eso formaba parte de lo que ocurría. No necesitamos negarlo. No hace falta negarlo. Y si lo negamos o lo rechazamos, somos nosotros, o son ellos, quienes actuamos de forma dogmática y doctrinaria. Así pues, la ironía radica en que el género se entiende como una doctrina dogmática, y la forma en que se prohíbe sugiere sin duda que quienes imponen la prohibición actúan de manera dogmática y doctrinaria.

Ahora bien, gran parte de su libro se centra en desentrañar o intentar comprender las razones por las que el género, o la “ideología de género”, ha llegado a cobrar tanta importancia para estas personas y el motivo de su miedo. Pero creo que muchos de ellos, si se les preguntara, empezarían diciendo: “Bueno, antes de plantear esa pregunta, tienes que demostrar que estamos equivocados y que nuestros argumentos son falsos”. Y, desde luego, estaba leyendo la reseña muy crítica de Kathleen Stock sobre su libro, y lo que ella decía era, en esencia: “¿Cómo te atreves a psicoanalizarnos en lugar de refutarnos?”. Si intentáramos articular cuál sería su postura, ellos dirían: “Defendemos que existe una visión del género como algo subjetivo que conduce a todo tipo de perjuicios y a la creencia de que cualquiera puede cambiar de género a su antojo”. Citó casos de niños a los que se les administran bloqueadores de la pubertad, de mujeres trans que compiten en deportes femeninos y de mujeres trans a las que se les permite compartir celdas con mujeres cisgénero, etc., todo ello como resultado de una visión que, en esencia, considera el género como algo subjetivo, una visión que es errónea y una negación de la realidad. Entonces, ¿cómo respondería, en primer lugar, a esa afirmación?

“El género no es subjetivo, es un factor que actúa en la distribución de la riqueza o en la división del trabajo”

En primer lugar, el género no es subjetivo, por lo que esa afirmación es incorrecta. Ahora bien, si tuviera que responder a esa pregunta, tendría que dar por cierto que su afirmación es cierta, pero no puedo hacerlo sin falsear mi postura. Así pues, en primer lugar, el género es un marco conceptual que se ha desarrollado a través de las ciencias sociales. Un marco conceptual no es subjetivo. Un marco es una forma de estructurar el conocimiento y un modo de investigación. En la medida en que hablamos de las normas de género en el mundo, nos preguntamos cómo se divide el trabajo según el género: ¿qué producen las mujeres, en contraposición a lo que producen los hombres? Estamos hablando del género como una diferencia de poder. Y creo que podemos decir que sí, hay muchos buenos análisis sociológicos y económicos que sugieren que el género es un factor en la distribución de la riqueza o en la división del trabajo. Esas no son dimensiones subjetivas del género. A veces se confunde el género, que es un concepto mucho más amplio, con la identidad de género, que es la forma en que se identifican las diferentes personas. Pero también se comete un error adicional, que es afirmar que identificarse con un género específico es un acto meramente subjetivo o volitivo, elegido libremente, como: “Oh, creo que hoy seré de este género; creo que hoy seré de aquel otro”.

La razón por la que el psicoanálisis sigue resultándonos interesante en 2026 es que a menudo creemos que estamos eligiendo las cosas deliberadamente, cuando en realidad nos mueven otros tipos de motivos; creemos que hablamos de forma racional, pero en realidad quizá estemos presa del pánico o tengamos algunos deseos que queremos satisfacer. Y Freud fue uno de esos pensadores que nos invitó a reflexionar sobre el hecho de que gran parte de lo que creemos que hacemos de forma voluntaria se ve afectado por otro tipo de pasiones, ansiedades o incluso elementos inconscientes que influyen en la motivación humana.

Así que no soy voluntarista. No creo que la gente se levante por la mañana y decida de qué género va a ser ese día, pero sí creo que hemos sido ingenuos respecto a lo arraigadas que están ciertas nociones de género. 

“Se comete un error al creer que la identificación con un género es un acto volitivo, una elección libre”

Por ejemplo, cuando un hombre me dice, como ya me han dicho: “Mira, mi género forma parte de quién soy. Esto es fundamental para mí. No me digas que esto es cambiante. Esto es, sin lugar a dudas, quien soy”, lo último que voy a decirle a esa persona es que puede cambiar eso si quiere. No. Respeto lo que me dice. Me está contando algo que está profundamente arraigado. No conoce todas las razones por las que es así, pero esa es su visión apasionada y firme de sí mismo. Por tanto, lo único que le voy a decir es: “Adelante. Está bien. Sabes quién eres y estás viviendo en el mundo”. Pero también las personas trans dicen: “Esto está profundamente arraigado. Y no conozco todas las razones que lo explican, pero esto es lo que soy”. Y yo voy a decir: “Te respeto. Sigue adelante”.

Esto está relacionado con lo que quizá sea el malentendido más común sobre su propio trabajo, porque se le ha asociado mucho con el término “performativo”. La gente a veces interpreta que eso significa que, si el género se crea mediante una serie de acciones, mañana yo podría realizar acciones diferentes y mi género cambiaría de inmediato. En el libro habla mucho de J. K. Rowling, y ella plantea el siguiente argumento: “¿Y si un hombre se hubiera sentido hombre durante cuarenta años y, de repente, mañana decidiera que en realidad ha sido mujer todo ese tiempo?”. Esto se basa, en cierto modo, en una interpretación errónea de su propio trabajo, pero usted afirma que simplemente no funciona así.

Quizá se pueda en Hollywood; se puede si eres un artista performativo. Pero lo performativo no es una libre elección radical. No es como si pudiera ser lo que quisiera en cualquier momento. Ni mucho menos.

Estoy moldeada por la cultura, la familia y la religión. Vaya si lo estoy, pero no estoy totalmente determinada. Sí, provengo de esta familia y de este entorno; esto es lo que me enseñaron, así es como he vivido, y estoy profundamente moldeada y formada por las normas sociales, las circunstancias históricas y todo tipo de material psíquico que no pude elegir. Al mismo tiempo, vivo esta vida, tomo decisiones sobre ella y decido cómo debería ser mi existencia basándome en mi comprensión más profunda de quién soy o cómo quiero estar en el mundo. Así que no creo que seamos totalmente voluntaristas, en el sentido de que pueda ser cualquier cosa, ni tampoco creo que estemos totalmente determinados. Y la performatividad es una forma de nombrar ese espacio entre el determinismo filosófico y el voluntarismo. En otras palabras, la cultura te afecta y, sin embargo, también la estás rehaciendo. Estás introduciendo algunos cambios en ella, y es difícil, porque hay corrientes contrarias, y lo que llamamos “elección” no es radicalmente libre. Es una lucha contra una formación existente. Y las personas luchan de diferentes maneras para revisar su historia –no para inventarse una nueva, sino para encontrar nuevas formas de vivir en medio de lo que ya les ha moldeado. Eso es la performatividad.

¿Detecta en el movimiento antigénero una especie de frustración ante –o una renuencia a afrontar– la posibilidad de que la realidad sea complicada y de que las categorías del sentido común y el lenguaje sencillo no nos proporcionen una descripción fiel de la realidad? Hay un documental de hace un par de años, realizado por una de estas personas antigénero, Matt Walsh, titulado ¿Qué es una mujer? Toda su frustración radicaba en que la gente no acepta la respuesta sencilla a “¿Qué es una mujer?”. Él afirma tener una respuesta sencilla: “Es una hembra humana adulta”. Va por ahí planteando esta pregunta y, si no se le da una respuesta sencilla, da a entender que formas parte de esa terrible y destructiva ideología de género. Así que, la pregunta “¿qué es una mujer?” debería tener, o necesita tener, una respuesta sencilla y basada en el sentido común?

“‘¿Qué es una mujer?’ es una gran pregunta, pero yo la dejaría abierta”

Voy a responder a la pregunta, pero no puedo evitar señalar primero que las personas que dan golpes en la mesa diciendo “¡Es un hecho sencillo; deberíamos tener una respuesta sencilla!” están enfadadas, son insistentes y se sienten frustradas. Basta con fijarse en cuál es el aura emocional de la afirmación de que necesitamos una verdad sencilla. ¿Por qué nos enfada tanto eso? ¿Por qué necesitamos una verdad sencilla? Bueno, la complejidad da miedo. Fíjate en la endocrinología humana. Fíjate en cómo se distribuye la testosterona entre las personas a las que se asignó el sexo femenino o masculino al nacer. Si observas las complejas interacciones –como hace la biología del desarrollo– entre los factores genéticos y epigenéticos y las diferentes formas de masculinidad y feminidad que surgen, y luego las diferencias culturales… ¡Ay, Dios mío! Las personas que son claramente mujeres en una cultura no lo son en absoluto en otra. ¿Por qué tenemos marcos culturales diferentes para entender eso? O bien, ¿por qué los profesionales médicos también tienen que pensar en cómo denominar a las personas con atributos sexuales mixtos, las personas intersexuales, que constituyen un porcentaje pequeño pero significativo de la población?

Nos interesa esa complejidad porque resulta interesante: damos por sentadas ciertas ideas, mientras que otras personas dan por sentadas otras totalmente diferentes. ¿Cómo traducimos entre unos y otros o llegamos a una comprensión más integral? ¿Cómo abordamos la biología del desarrollo en relación con la antropología cultural y las humanidades? No lo sé; a mí me parece interesante. A mí no me asusta, pero hay gente que no quiere ninguna complejidad. Sin embargo, la vida humana es compleja, y somos una complejidad de factores que se combinan para conformar quiénes somos.

“Las personas que son claramente mujeres en una cultura no lo son en absoluto en otra”

Así que, aunque seamos inequívocamente un hombre o una mujer, la forma en que vivimos ese género, cómo lo experimentamos, cómo lo mostramos y cómo lo entendemos será compleja. Por eso a veces no nos entendemos unos a otros o nos creamos expectativas mutuas. Es como decir: “Pero si eres hombre; pensaba que te gustaría X”. Y es como: “Bueno, pues no me gusta X”. 

Si un provocador de derechas como Walsh plantea la pregunta: “¿Qué es una mujer?”, ¿cree que la respuesta adecuada es rebatir la pregunta, o hay una respuesta satisfactoria?

Yo me hice la misma pregunta: ¿qué es una mujer? Freud se preguntó: “¿Qué quiere una mujer?”. Pero también se podría decir: “¿Qué es una mujer?”. Mi propia sensibilidad me dice que es una gran pregunta. Es maravillosa. Dejemos esa pregunta abierta, porque habrá muchas formas diferentes de responderla, y esas respuestas nos darán acceso a la complejidad humana. Querremos saber más sobre el mundo y podremos afirmar lo humano en toda su complejidad, en lugar de encasillarlo en categorías fijas y clavar esos clavos. Así que, para mí, “¿Qué es una mujer?” es una gran pregunta, pero yo la dejaría abierta.

“Aunque seamos inequívocamente un hombre o una mujer, la forma en que vivimos y entendemos nuestro género siempre será compleja”

Cuando vi el título del documental, pensé: “Si de verdad quieres investigar esa pregunta, deberías empezar por Simone de Beauvoir, a quien le fascinaba esta cuestión de cómo se llega a ser mujer y qué significa ser mujer”. Pero una de las cosas que señalas aquí es que existe una renuencia muy agresiva a leer entre muchos de estos críticos, una verdadera hostilidad. De hecho, usted cuenta una anécdota sobre alguien a quien conoció y se le acercó después de una charla a decirle que rezaba por usted. Pero al preguntarle si había leído su obra, ella respondió: “No, nunca leería un libro así”.

Creo que tenemos que reflexionar sobre la prohibición de libros. Tenemos que pensar en la censura, en las nuevas restricciones que se imponen a las universidades, en la retirada de fondos o el cambio de denominación de los estudios de género, los estudios sobre sexualidad, los estudios feministas, los estudios étnicos, los estudios africanos y afroamericanos… Toda esta censura y la creciente incursión autoritaria en los sistemas educativos, desde la educación primaria hasta el bachillerato y la educación superior. Esto forma parte del movimiento contra la ideología de género. Se trata de un movimiento que busca controlar el conocimiento, suprimir el conocimiento, impedir que cuestionemos y atacar a Sócrates, quien nos enseñó la importancia absoluta de la indagación abierta. Podríamos decir que toda la educación superior está dedicada a Sócrates y a su forma de plantear preguntas y pedir a las personas que reexaminen sus supuestos sobre qué es la justicia, qué es la belleza y qué es la verdad –no para convertirnos en relativistas radicales, sino para permitir una comprensión compleja y, francamente, un mejor conjunto de juicios basados en el conocimiento–. Pero el movimiento de la ideología antigénero es un ataque al conocimiento y un ataque a la indagación abierta.

“El movimiento de la ideología antigénero es un ataque al conocimiento y a la indagación abierta”

En este libro se menciona repetidamente que no se pueden separar los ataques al género del auge del autoritarismo y el fascismo. En su conclusión, cita al comentarista de derechas Michael Knowles, quien dijo: “El transgénero es falso y, por lo tanto, debe ser erradicado de la vida pública”. Y usted se centra en ese lenguaje de la erradicación, en que si no se acepta nuestra definición de sentido común, ni se habla en nuestro lenguaje sencillo y definido, ni se aceptan las verdades bíblicas o biológicas tal y como las definimos, entonces no hay lugar para uno en la vida pública.

El Instituto Lemkin, dedicado al estudio del genocidio, ha publicado recientemente una declaración en la que afirma que el ataque contra las personas transgénero –sus derechos legales, su propia existencia– apunta a un proyecto potencialmente genocida. No están diciendo que se esté cometiendo un genocidio contra las personas trans, sino que, en el momento en que se niega la condición jurídica de una minoría y se rechaza reconocer su existencia en el discurso jurídico y público, se anula su existencia jurídica y pública y se les retira el reconocimiento social. Caen en una especie de irrealidad jurídica, o de inexistencia, que permite que se les priven de sus derechos, incluido el derecho a la vida. Así que sí creo que hay quienes eliminarían por completo la categoría de “transgénero”, lo que, por supuesto, condena a todas las personas transgénero a llevar vidas insoportables y a no ser reconocidas según el lenguaje y las categorías jurídicas que les permiten tener derechos en este mundo en relación con su género. Por eso, para mí, es algo muy aterrador. Privar a las personas de la salud, de los derechos de tránsito de un país a otro y del reconocimiento legal es privarlas de todos los derechos que se derivan de ser reconocidas legalmente como la persona que son.

Ahora me gustaría preguntar sobre la categoría de críticas a las que a menudo se denomina “feministas radicales transexcluyentes”. Personas como Germaine Greer, por ejemplo, dirían: “Soy de izquierdas. No soy fascista. Soy alguien que simpatiza con los movimientos de liberación, y mi argumento contra las personas trans es que niegan la verdadera naturaleza de la feminidad. Socavan el movimiento por los derechos de las mujeres al reforzar una noción estereotipada de lo que significa ser de un determinado género”. Y argumentarían que se trata de una crítica de buena fe y feminista; no es una crítica al estilo de Viktor Orbán o Vladimir Putin. Usted ha sido, obviamente, muy crítica y ha sugerido que ese movimiento, esa postura, acaba alineándose con esos autoritarios más radicales. ¿Cómo responde a sus críticas?

No me cabe ninguna duda de que Germaine Greer ha sido una gran izquierdista y una gran feminista. Nunca me oirías objetar eso. Lo que me desconcierta es por qué las feministas de izquierdas, en parte –no en su totalidad–, han adoptado posturas que se alían con el autoritarismo de derechas, las mismas formas de autoritarismo que han negado la libertad reproductiva y las protecciones legales a las mujeres. Las mujeres trans siempre han formado parte del movimiento feminista. La mayoría de las mujeres trans que conozco también son feministas, y la categoría de “mujer” ha sido siempre amplia. Una pregunta que me surge, especialmente en lo que respecta a las feministas de la segunda ola, es: ¿no aprendimos que las definiciones de lo que es una mujer han sido demasiado estrechas y, a veces, biológicamente reduccionistas? Por ejemplo: “Las mujeres se reproducen”. Bueno, no todas las mujeres se reproducen. No todas pueden hacerlo. No todas quieren hacerlo. O bien: “Las mujeres tienen este tipo de valores”. Bueno, no todas las mujeres tienen esos valores. O bien: “Las mujeres pertenecen a la esfera privada”.  

“Me desconcierta por qué algunas feministas de izquierdas han adoptado posturas que se alían con el autoritarismo de derechas”

Así que existen todas estas definiciones restrictivas de lo que es una mujer. Y mi impresión es que lo más estimulante del feminismo es que fue y sigue siendo un movimiento por la libertad. Es decir, las mujeres pueden ser de todo tipo, y debemos permitir que la categoría de “mujer” sea amplia. Ahora bien, eso no significa que pueda incluirlo todo. No quiero parecer frívola al decir esto, pero las personas trans –y, en términos más amplios, las personas no binarias– son objeto de acoso, discriminación y restricción de derechos, lo que las convierte en aliadas políticas potenciales y reales de las feministas. Y siempre hemos sido aliadas. Siempre hemos estado a favor de la igualdad, en contra de la discriminación, intentando averiguar cómo vivir libremente y cómo vivir y respirar en la calle, en el lugar de trabajo y en el hogar sin miedo a la violencia. Eso es lo que nos une a todes. ¿Por qué no iba a ser esa la afiliación y la alianza más convincente? Conocemos demasiadas historias de personas trans que sufren agresiones en la calle. Conocemos demasiadas historias de mujeres que sufren agresiones en la calle. Son las mismas personas las que cometen esas agresiones. Tenemos que unirnos para oponernos al feminicidio y al asesinato de personas trans, no binarias o que no se ajustan a las normas de género. Y en toda América Latina, los movimientos feministas cuentan con esas alianzas. Y me ha sorprendido mucho, especialmente en el contexto británico, ver que esas alianzas se han roto. No hay ninguna razón válida para ello.

Hace un par de años tuvimos a Shon Faye en el programa y hablamos de lo notable que es, concretamente, la tendencia antitrans en el feminismo británico. En su libro hay un capítulo dedicado a Gran Bretaña.

Así es. Y estoy de acuerdo con Shon Faye. De hecho, hemos hablado de esto: que el movimiento antitrans británico dentro del feminismo es único. No conozco ningún país en el que sea tan feroz como allí.

Estoy seguro de que esta es una pregunta cuya respuesta podría llenar un libro entero, pero me intriga que en su libro hable de su propio trabajo anterior en teoría de género y diga que ahora lo considera “cuestionable en varios aspectos, especialmente a la luz de las críticas trans y materialistas”. Me pregunto si podría contarnos brevemente cómo han evolucionado sus propios puntos de vista a lo largo de las décadas.

Hace 37 años, cuando estaba escribiendo Gender Trouble, me sentía profundamente influenciada por el posestructuralismo francés y la teoría feminista. Estaba un poco perdida en ese mundo académico. Y sigue siendo un material muy interesante, lo enseño y escribo sobre él, y todo está bien, pero es un marco estrecho. Curiosamente, cuando el libro empezó a traducirse a otros idiomas, empecé a darme cuenta de lo que estaba sucediendo en otras partes del mundo. Así que la traducción de Gender Trouble me hizo mucho más cosmopolita y me expuso a diferentes tipos de trabajos académicos, feministas y también activistas. Eso me permitió comprender cómo había que concebir el género en términos de economía y de relaciones de poder geopolíticas –por qué el término a veces funciona en ciertas partes del mundo y otras veces es imposible que funcione en otras–. Así que creo que ahora tengo una perspectiva mucho más transnacional. Creo que necesitaba reflexionar con mayor claridad sobre la biología del desarrollo y las cuestiones relacionadas con el materialismo. Algunas de esas críticas iniciales sí que me incitaron a replantearme mi postura. Creo que el tema del drag fue un momento clave en Gender Trouble. Mucha gente partió de ahí, pero no es lo mismo que lo trans. Hay que dejarlo claro. Hay muchos trabajos en los estudios trans que me han resultado sumamente interesantes, también en el ámbito del derecho y la medicina. Así que sí, he aprendido mucho. Creo que soy una pensadora más interdisciplinaria y transnacional de lo que era hace 37 años.

Quizá a los lectores les sorprenda, al abrir este libro, que no se centre única o principalmente en el Partido Republicano de Estados Unidos. El primer capítulo se titula “El panorama global”. Habla de Hungría, Taiwán, Uganda y el Vaticano. Quiero concluir aquí yendo más allá del género, porque usted afirma que uno de los problemas de este movimiento antigénero es que el excesivo énfasis en el género por parte de la derecha desvía la atención de las diversas fuerzas sociales y políticas que están destruyendo el mundo tal y como lo conocemos. Y en su conclusión aborda la importancia de la lucha anticapitalista y de los movimientos por la libertad más amplios en todo el mundo. Usted ha participado en el activismo propalestino, y ya he mencionado su implicación en el movimiento Occupy con su labor anticapitalista. ¿Podría hablar de cómo ese enfoque exclusivo en el género nos aleja de algunas de estas otras áreas cruciales de lucha?

Uno de los argumentos del movimiento contra la ideología de género ha sido que el género es una fuerza destructiva y que acabará con la familia, el medio ambiente, la civilización, el hombre y todo tipo de valores que apreciamos. Y creo que ese argumento atrae a personas que viven con bastante miedo ante lo que les depara el futuro, ante la incertidumbre de si podrán seguir adelante con sus vidas. Son conscientes de cómo sus vidas se ven destrozadas o de cómo su bienestar económico se ha visto amenazado, si no destruido. Se dice que el “género”, o el “woke”, o la “DEI” (diversidad, equidad e inclusión) son las cosas que están destruyendo nuestras vidas. Pero lo que nos está destruyendo es la devastación del medio ambiente y la catástrofe ecológica que acompaña a la destrucción climática. Y lo que está destruyendo nuestras vidas es la destrucción de la democracia, de los bienes públicos básicos que permiten a las personas sentir que van a tener vivienda, asistencia sanitaria y educación. Sin esos bienes básicos y sin la sensación de que lo que necesitan en la vida es asequible, vivirán con mucha ansiedad y miedo.

Ahora bien, se podría decir: vale, ¿cómo estamos organizando la asistencia sanitaria? ¿Qué estamos haciendo para salvar el planeta? ¿Qué estamos haciendo para crear más igualdad social y económica y mayor asequibilidad? Podríamos plantearnos esas preguntas más amplias –que, en mi opinión, se plantean desde las perspectivas socialdemócratas y socialistas– e intentar abordar así los temores fundamentales de la gente. Pero, en lugar de eso, la derecha está practicando una forma de hipercapitalismo, la mercantilización total y la destrucción de la democracia. Estamos asistiendo al auge de regímenes autoritarios. Estamos viendo cómo aumenta el número de personas pobres en el mundo y cómo se concentra cada vez más la riqueza en manos de los más ricos. Estos son los temas sobre los que deberíamos reflexionar de manera sistemática para poder vivir en un mundo en el que las personas sean libres de trabajar y vivir con cierta sensación de seguridad y esperanza. Sabemos que el antisemitismo funciona así. El racismo funciona así. Encontramos un chivo expiatorio; creamos en la mente de la gente ese monstruo que es la fuerza destructiva que hace que sus vidas se sientan tan inseguras, pero en realidad hay razones estructurales que hacen que mucha gente sienta que sus vidas son inmanejablemente precarias. Por eso deberíamos abordar esas razones y, tal vez, reorientarnos y recuperar nuestra humanidad de alguna manera.

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Esta entrevista se publicó originalmente en inglés en Current Affairs.

Nota de la redacción: Judith Butler se identifica como persona de género no binario y emplea los pronombres elle (they) y ella (she). Únicamente en aras de simplificar el trabajo de traducción, hemos decidido mantener el tratamiento en femenino. 

[Reproducido en www.ctxt.es]