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domingo, 11 de outubro de 2026

« Pourquoi faudrait-il du courage pour dire la vérité ? » : Navi Pillay, qui a dirigé le rapport de l’ONU sur le génocide à Gaza, remporte le prix Nobel de la paix

« Merci beaucoup », a déclaré la juriste internationale sur le ton de la plaisanterie. « Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être ce prix avec Trump. »

La juge sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, présidente de la Commission internationale indépendante d’enquête sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, fait un geste à l’issue d’une conférence de presse à Genève, le 16 septembre 2025. Le 16 septembre 2025, la Commission d’enquête a accusé Israël d’avoir commis un « génocide » à Gaza dans le but de « détruire les Palestiniens » qui y vivent, et a imputé la responsabilité de l’incitation à la haine au Premier ministre israélien et à d’autres hauts responsables.(Photo de Fabrice Coffrini / AFP via Getty Images)

Écrit par Jon Queally 

La réputation internationale du prix Nobel de la paix, qui a souffert ces dernières années dans les milieux progressistes et de défense des droits de l’homme, pourrait être en passe de s’améliorer après l’annonce vendredi de l’attribution du prix de cette année à Navi Pillay, une personnalité au « courage exceptionnel » qui, depuis des décennies, est à l’avant-garde des efforts visant à établir les responsabilités en matière d’apartheid, à poursuivre les crimes de guerre et à faire respecter le droit international. 

Dans son communiqué, le Comité Nobel norvégien a déclaré que Mme Pillay — qui, au cours de sa carrière, a été juge à la Haute Cour d’Afrique du Sud, son pays natal, puis au Tribunal pénal international pour le Rwanda et à la Cour pénale internationale (CPI) — « a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites ». 

Mme Pillay a également occupé pendant six ans le poste de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, de 2008 à 2014, et a plus récemment présidé la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, qui a publié en 2025 un rapport concluant que le gouvernement israélien avait commis un génocide à Gaza.

« La dernière chose que j’ai faite, c’est le rapport sur Gaza qualifiant ce qui s’y passe de génocide », a déclaré Mme Pillay vendredi. « L’une des principales réactions à ce rapport consiste à me rendre hommage pour mon “courage”. Et vous pouvez imaginer notre surprise : pourquoi faudrait-il du courage pour dire la vérité ? » 

« Est-ce vrai ? », a demandé Mme Pillay lorsqu’elle a été informée pour la première fois de cette distinction, alors qu’elle se trouvait, comme il se doit, au tribunal de Nuremberg où les nazis ont été jugés pour leurs atrocités commises au siècle dernier. 

Dans un moment de légèreté, entourée de collègues applaudissant son exploit, Mme Pillay a déclaré : « Merci beaucoup. Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être ce prix avec [le président américain Donald] Trump. » 

Trump, lui-même accusé de crimes de guerre, a déclaré de manière notoire qu’il méritait le prix Nobel de la paix malgré son bilan marqué par des violations du droit international, des enlèvements ou des assassinats de chefs d’État étrangers, le déclenchement de guerres d’agression et la conduite d’une campagne illégale d’attaques meurtrières dans l’océan Pacifique et les Caraïbes, que les experts en droits de l’homme ont dénoncée comme une « série de meurtres ». 

Volker Türk, l’actuel Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a déclaré que l’attribution de ce prix à Mme Pillay représentait « un moment de fierté pour le mouvement mondial des droits de l’homme », et que le qualifier de « bien mérité » serait « un euphémisme ». 

« À une époque où les droits de l’homme sont attaqués sur tant de fronts, y compris par ceux qui exercent un pouvoir considérable, ce prix revêt une signification particulièrement forte », a poursuivi M. Türk. « C’est un prix décerné à tous ceux qui, partout dans le monde, consacrent leur vie à la défense des droits de l’homme, au péril de leur propre sécurité. » 

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a qualifié la sélection de Mme Pillay de « moment extraordinaire » pour les droits de l’homme. 

« Nous sommes au Tribunal de Nuremberg ; je ne peux imaginer de symbole plus fort pour son prix Nobel », a déclaré Mme Callamard. « Nous sommes tous tellement ravis ! »

Un moment extraordinaire. Navi Pillay a reçu le prix Nobel de la paix ! https://t.co/HL3r1PJzLOWe Nous sommes au Tribunal de Nuremberg ; je ne peux imaginer de symbole plus fort pour son prix Nobel. Nous sommes tous tellement ravis ! Voici ses premières réactions en apprenant la nouvelle : https://t.co/Crbj6XdiyQ

— Agnes Callamard (@AgnesCallamard) 9 octobre 2026

 

« À une époque marquée par des défis existentiels — notamment un nombre de guerres et de conflits que le monde n’avait pas connu depuis longtemps —, le droit international n’est plus seulement un complément à la paix et à la sécurité. C’est une nécessité absolue », a déclaré le Comité Nobel dans son communiqué.

Avertissant que « le système du droit international subit une pression considérable et que ses institutions sont attaquées », le comité a déclaré qu’« un glissement vers la politique de puissance au détriment des cadres juridiques et du respect mondial du droit et de la justice » menaçait la paix et la stabilité dans le monde entier, une référence voilée mais claire à l’antagonisme dont a fait preuve le gouvernement américain sous Trump à l’égard de la CPI, des Nations unies et d’autres institutions et cadres juridiques.

« Chaque fois que la force l’emporte sur le droit, cela sape la stabilité, la confiance et la coexistence pacifique », indique le communiqué. Et il poursuit :

L’histoire a montré qu’un monde fonctionnant sans État de droit est injuste, imprudent et inhumain. Les juges – ceux qui veillent sur la mince ligne rouge entre l’ordre et le chaos – méritent donc amplement nos éloges. Mais aujourd’hui, alors que ces mêmes juges font l’objet de sanctions et que leurs institutions sont attaquées, nous avons besoin de personnes dotées de courage, de vision et de détermination – des qualités dont Navi Pillay fait preuve dans son travail de juge.

 

Navi Pillay, conclut-il, « est l’une des grandes défenseuses des principes juridiques internationaux de notre époque. Sa brillante carrière nous rappelle la nécessité de soutenir, de renforcer et d’étendre l’État de droit à l’échelle mondiale. L’engagement de Navi Pillay en faveur de la justice et de la dignité humaine est une source d’espoir et d’inspiration pour tous ceux qui cherchent à instaurer un monde plus pacifique. » 

Comme l’a souligné M. Türk dans son allocution, la reconnaissance par le comité Nobel du travail et de l’héritage de Mme Pillay est « une réaffirmation du fait que les droits de l’homme, l’État de droit, la justice et la responsabilité sont fondamentaux pour tout : la paix, la sécurité et la prospérité. »

 

 

Jon Queally, rédacteur en chef Jon Queally, est rédacteur en chef de Common Dreams

Common Dreams

 


[reproduit sur www.groupegaullistesceaux.fr]

sábado, 10 de outubro de 2026

A xurista que acusou Israel de xenocidio, Navi Pillay, elixida Premio Nobel da Paz

O Comité noruegués salienta que é "unha persoa cuxa excepcional valentía e integridade encabezaron o camiño cara a unha orde legal internacional máis exhaustiva”.

A xurista e xuíza surafricana Navi Pillay

O Comité noruegués do Nobel recoñeceu onte co premio Nobel da Paz a xurista surafricana e antiga alta comisionada de Nacións Unidas para os Dereitos Humanos Navanethem Pillay, coñecida como Navi Pillay, quen foi, ademais, xuíza do Tribunal Penal Internacional (TPI). “O Premio Nobel da Paz 2026 é para unha persoa cuxa excepcional valentía e integridade encabezaron o camiño cara a unha orde legal internacional máis exhaustiva”, dixo o presidente do comité, Jorgen Watne Frydnes, antes de destacar o seu labor á hora de avanzar para que os responsábeis de “crimes de guerra, crimes contra a humanidade e xenocidio” sexan levados ante os tribunais.    

“O compromiso de Pillay cos principios legais universais e o seu firme compás moral son constantes na súa longa carreira”, destacou, antes de lembrar que foi avogada e “pioneira legal” durante o apartheid en Suráfrica, “facendo fronte a unha discriminación estrutural profunda, segregación e exclusión”. Frydnes enxalzou o “fío” que conecta o seu labor inicial en defensa do líder contra o apartheid, Nelson Mandela, co seu papel “como xuíza nalgúns casos xudiciais internacionais chave” nos últimos anos, sendo xuíza do Tribunal Supremo de Suráfrica, do Tribunal Penal Internacional para Ruanda e xuíza do TPI, alén de ocupar o cargo na ONU entre 2008 e 2014.  

O xenocidio de Israel  

Pillay foi, entre 2021 e 2025, presidenta dunha comisión de Nacións Unidas encargada de investigar os abusos dos dereitos humanos en Israel e os Territorios Palestinos Ocupados. Daquela, a Comisión Internacional Independente de Investigación da ONU concluíu que “Israel cometeu xenocidio contra os palestinos en Gaza desde o 7 de outubro de 2023”. Desde o Goberno israelí acusaron onte o Comité do Nobel de "lexitimar os prexuízos e o odio".   

No seu informe destaca a existencia de catro dos cinco criterios de xenocidio: “Asasinatos, causar danos corporais e mentais graves, inflixir deliberadamente condicións de vida calculadas para provocar a destrución e a imposición de medidas destinadas a impedir nacementos”. Así, no informe enumera os ataques contra civís, persoas e bens protexidos, os malos tratos severos contra detidos palestinos, a imposición deliberada de condicións de vida que provocaron mortes, torturas, violacións e agresións sexuais, entre outros.  

Na actualidade está a desenvolver o seu traballo como xuíza responsábel de xulgar Birmania polas acusacións de xenocidio contra a minoría musulmá rohingya no estado de Rajine.

 

 

[Foto: Eric Vidal / BELGA MAG / Belga via AFP / Europa Press - fonte: www.nosdiario.gal]

sexta-feira, 9 de outubro de 2026

El dolor de los verdugos

El caso de ‘Naza’ y el borrado de las voces palestinas 

Una imagen del tráiler de 'Naza' (Abraham y Szor, 2026).

Escrito por Vicente Monroy  

El entusiasmo con que el Festival de Venecia ha acogido Naza, la película de Yuval Abraham y Rachel Szor ganadora del Premio Especial del Jurado, viene acompañado de una denuncia ya recurrente entre cineastas y activistas propalestinos: una vez más se ensalza la mirada israelí en detrimento de la palestina, incluso cuando el tema es la violencia sufrida por los gazatíes. Antes de que la instrumentalización política y el ruido mediático desvirtúen la polémica, conviene aprovechar la ocasión para reflexionar sobre las prácticas deshonestas de los festivales, sobre el relato negligente que construye la crítica, y sobre nuestro propio sesgo a la hora de otorgar credibilidad a la información según proceda de fuentes israelíes o palestinas.

Un episodio similar tuvo lugar el pasado mes de junio, cuando el colectivo Palestina Salvará al Cine llamó al boicot del festival FID Marseille, que iba a dedicar una parte importante de su programación a Palestina y al mundo árabe y, al mismo tiempo, invitaba al director israelí Nadav Lapid a presidir el jurado internacional, a proyectar sus películas y a ofrecer una masterclass: una política cultural reflejo de la tentación, muy propia de las instituciones occidentales, de construir simetrías entre “un lado y otro” y ponerlos en diálogo, como si el festival fuera un espacio utópico, ajeno a la opresión y a la violencia, capaz de hermanar a israelíes y palestinos gracias a la fuerza universal del cine. 

Pero programar cine no es yuxtaponer miradas diversas. Cuando un festival sienta a cineastas israelíes junto a palestinos en un contexto marcado por el genocidio en Gaza, la expansión de asentamientos, la devastación del Líbano y la ocupación de territorios sirios, está construyendo una narrativa que no tiene nada de inocente, convirtiendo una situación colonial en una mera confrontación de posturas opuestas, una violencia asimétrica y jerarquizada en una tragedia donde ambas partes parecen comparables. Palestina es bienvenida como contenido, como imagen, testimonio, herida o memoria, pero al equipararla con su opresor se le niega la oportunidad de construir un relato propio. 

El colectivo no atacaba las películas de Lapid, ni lo demonizaba por su origen, ni lo culpaba por las políticas de su país. El boicot se dirigía contra una decisión institucional: su papel como presidente del jurado e invitado de honor, en un festival con películas palestinas, libanesas y sirias, era políticamente significativo. Esta posición era meridianamente clara, y si se malinterpretó fue por ignorancia o por mala fe. Se pretendía recordar, simplemente, que el cine no son solo las películas, sino también a las instituciones que las hacen posibles, las narrativas que las rodean, los premios que reciben y los usos políticos que se hagan de ellas. 

Todas esas explicaciones resultaron inútiles. Como es habitual en estos casos, no tardaron en alzarse los gritos de “¡censura!”. Lo que se planteaba como un debate sobre la responsabilidad de la industria cinematográfica se convirtió, rápidamente, en una disputa sobre el dogmatismo de la izquierda y la libertad de expresión. La figura de Lapid –sus buenas intenciones, sus cicatrices, su heroísmo– monopolizó la polémica. Se le dedicaron centenares de entrevistas, columnas, programas de televisión, manifiestos y defensas encendidas en redes sociales, mientras las voces propalestinas eran acalladas, tachadas de censoras e histéricas, y expulsadas de la conversación. 

Nuestra visión de las guerras de Vietnam o Irak está formada por películas de Hollywood que dejan a las víctimas en un segundo plano 

Se nos recordó, insistentemente y como prueba irrefutable de su legitimidad, que sus películas son críticas con Israel, un argumento que revela la simpleza de una mirada occidental que, tras décadas de eficaz manipulación ejercida sobre todo por el cine estadounidense, ha acabado equiparando sin más el contenido de una película con su valor moral, al margen de las condiciones en las que se produce y circula. Condiciones que una crítica negligente y autocomplaciente es hoy incapaz de examinar. Lapid, que ha construido su carrera con dinero público israelí, es un caso ejemplar de un tipo de disidencia ensimismada, muy propia del cine de autor contemporáneo. Su última película, Yes, recibió 2,2 millones de shekels del Israel Film Fund, y en los créditos de Ahed's Knee –ganadora del Premio del Jurado en Cannes en 2021–, concebida como un feroz ataque al Ministerio de Cultura israelí, figura el sello de ese mismo ministerio, junto a otras fuentes de financiación pública israelíes. 

Ser crítico con un gobierno, o incluso vivir en un exilio autoimpuesto en Francia, no exime a un cineasta de responder por quién sostiene sus películas y qué espacios las consagran. Esto importa especialmente en el caso de un cineasta cuya crítica se reduce a señalar la neurosis, el trauma y la culpa de la sociedad israelí, protagonista absoluta de sus películas, mientras los palestinos permanecen deliberadamente fuera de plano. Él mismo reconoce su desconocimiento del “otro bando” (sic) y su interés exclusivo por “su país” (sic). Se inscribe así en una tradición cinematográfica de raíces coloniales que saca de cuadro, estratégicamente, el dolor de las víctimas para centrarse en el de los verdugos. 

Los estadounidenses han empleado esta fórmula a lo largo de la historia del cine de forma sistemática y con éxito notable, hasta el punto de que la hemos naturalizado como la forma más común de representar la barbarie. Nuestra visión de las guerras de Vietnam, el Golfo o Irak está formada por películas hollywoodienses que narran el dolor de quien fue a hacer la guerra, su conciencia culpable, dejando a las víctimas en un segundo plano. En El cazador, Apocalypse Now, Platoon, Nacido el cuatro de julio o En el valle de Elah el drama que importa es el del soldado traumatizado, nunca el del país arrasado, cuyos habitantes quedan reducidos a fantasmas que perturban la mente del americano traicionado por un ideal. 

La misma estrategia opera en las películas más celebradas sobre la tragedia palestina, casi todas israelíes, como la paradigmática e infame Vals con Bashir (Ari Folman, 2008), que reconstruye la memoria reprimida de un soldado israelí que participó en la masacre de Sabra y Shatila. Durante hora y media, la historia se recrea en la crisis interior de ese soldado, en sus traumas, y los cuerpos libaneses y palestinos apenas aparecen al final, en unas pocas imágenes de archivo, figuras sin alma que funcionan como una sacudida tardía, una vez que la conciencia culpable del verdugo –el verdadero protagonista– ha agotado su recorrido y nos ha llevado, paso a paso, a compadecernos de él. Así procesan su propia violencia las cinematografías opresoras: convirtiendo al agresor en la víctima de su propio dolor. 

Legitimada por festivales y críticos, esta narrativa ensalza la valentía del verdugo que se señala como culpable pero también se erige en voz crítica, eclipsando las voces que deberíamos escuchar de verdad: las de los propios palestinos. Basta leer las críticas de Naza en Venecia para comprobar que, una vez más, la mirada occidental se fascina más con la peripecia de la pareja de directores disidentes israelíes que con la propia película. Es un caso perfecto para el morbo mediático y, en cierto modo, propicio incluso para el propio gobierno israelí, que se ha lanzado casi con euforia a criticar y amenazar a Abraham y Szor. En esa guerra dialéctica entre el gobierno y sus artistas, Palestina vuelve a quedar fuera de campo, reducida a motivo de disputa, nunca sujeto, mientras se refuerza la centralidad de los relatos israelíes. 

No debería sorprendernos que películas como esta obtengan reconocimiento incluso en contextos tan abiertamente sionistas como el de la Academia estadounidense, un hecho que solo los más ingenuos podrían confundir con un milagro o con un motivo de esperanza; en realidad, revela hasta qué punto ciertos posicionamientos eclipsan una disidencia verdaderamente efectiva, capaz de cuestionar los relatos hegemónicos. Como símbolo elocuente, la bandera israelí –y no la palestina– ondeó sobre el Palazzo del Cinema del Lido en la reciente edición del Festival de Venecia, orgullosamente hermanada con la del resto de países que competían en la sección oficial. Una estampa indecente y dolorosa, exhibida en nombre de la supuesta justicia de Naza. 

Más allá de las buenas intenciones, el caso de Abraham y Szor vuelve a recordarnos que, después de todo lo ocurrido, y de lo que sin duda está por ocurrir, es previsible que sean los intelectuales israelíes quienes, en última instancia, escriban el relato de la humillación palestina. Poco a poco toman control del discurso sobre el conflicto, mientras se robustece la imagen de los palestinos como víctimas silenciosas o, peor, sospechosas de fanatismo e incultura: una nueva forma de violencia simbólica. 

Hasta que no situemos en el centro las voces ignoradas que llevan documentando la barbarie desde el primer día sin ovaciones récord en los festivales, sin el apoyo entusiasta de la crítica, y muchas veces sin vida para ver su obra estrenada; hasta que no dejemos de fabricar simetrías falsas entre discursos que nacen de situaciones antagónicas, la del opresor y la del oprimido; hasta que no empecemos a escuchar a los palestinos en lugar de a quienes hablan en su nombre, el debate seguirá girando en el vacío.

 

[Fuente: www.ctxt.es]

Lleida, la ciutat del llibre en català

El festival Sant Miquel de les Lletres premiarà la trajectòria de la novel·lista Maria Barbal i del fundador de l'editorial Comanegra, Joan Sala

Joan Sala i Maria Barbal, premi II Premi Rosa Fabregat

No tot passa a Barcelona. Del dilluns 5 al dissabte 10 d'octubre, Lleida es convertirà en el gran escenari del llibre en català. La quarta edició de Sant Miquel de les Lletres, el festival impulsat per la Fundació Horitzons 2050, repartirà més d'una cinquantena d'activitats per tota la ciutat. Hi haurà des de les "Cantonades de poesia", en què poetes lleidatans recitaran versos al carrer, fins a un mercat del llibre perquè puguem comprar-nos i regalar-nos poemaris, contes, assajos, novel·les.  

La directora del festival, Mertxe París, ho descriu així: "L’essència de Sant Miquel de les Lletres és posar els llibres i la literatura en català a l’abast de tothom a través d’una programació d’activitats per a tots els gustos. Ho fem des de Lleida amb la voluntat que arribi a tot el país". I de totes les activitats que fan, ens destaca les sessions de narració oral per a escoles, instituts i residències de gent gran. "És una bona dinàmica per sumar lectors". Us expliquem les activitats que us hi esperen: 

Dilluns 5, a les 19:00 h, a l’Institut d'Estudis llerdencs hi haurà "La mort i els llibres", un diàleg amb la historiadora i escriptora Teresa Ibars i el novel·lista i poeta Pol Guasch, que estarà moderat per la terapeuta en dol i trauma Remei Capitán.

Dimarts 6, a les 18.30 h i també a l'Aula Magna de l'IEI, “Preparant la República” recuperarà la memòria de la revista Vida Lleidatana, que enguany celebra el seu centenari. La taula, que comptarà amb la participació de l'historiador Josep Maria Solé i Sabaté, el periodista Enric Calpena i la historiadora i professora d'història Antonieta Jarne, estarà moderada per la filòloga i periodista Anna Sàez, directora del diari Segre.

Dimecres 7, a les 19.00 h, la Sala Alfred Perenya (La Casa dels Gegants) ens preguntarem "Cap a on va el món?", una conversa sobre l'actualitat internacional amb els periodistes Lluís Foix i Lluís Caelles, i moderada per la periodista Sira Cusiné.

Dijous 8, a les 18.30 h i al mateix espai, l'escriptora i traductora Carlota Gurt i la periodista, escriptora i activista Núria Cadenes conversaran sobre "La literatura més enllà dels premis", en un acte moderat per la periodista i antropòloga Joana Soto.

Divendres 9, a les 19.00 h, el cicle tornarà a l'Aula Magna de l'IEI amb "Què són les editorials i les llibreries independents?", una reflexió sobre l'ofici d'editar i vendre llibres amb Marta Farré (Llibreria La Singratalla), Maria Sempere (Editorial Les Hores) i Matilde Martínez (Godall Edicions), moderades pel llibreter de La Irreductible, Joan Roure.

Dissabte 10, el Sant Miquel de les Lletres viurà la seva jornada més intensa. D'11.00 a 13.00 h, l'Aula Magna de l'IEI acollirà l'emissió en directe d'"El divan", de Sílvia Cóppulo. A la mateixa hora, la plaça de les Comèdies serà l'escenari d'un Matinal de narració oral per a públic familiar amb l'actriu Patrícia McGill i El Genet Blau. A les 18.00 h, el pati de l'IEI acollirà el lliurament del II Premi Rosa Fabregat, que enguany rebrà la novel·lista Maria Barbal i l'editor i fundador de Comanegra, Joan Sala. El festival tancarà a les 20:30 h al Cafè del Teatre amb l'espectacle "L'arbre de l'alliberament", un homenatge a Maria-Mercè Marçal amb música creada pel compositor David Pradas, i amb versos recitats per la poetessa Núria Miret i cantats per la soprano Maria Altadill. 

El cartell de "Sant Miquel de les Lletres"

[Font: www.catorze.cat]

quinta-feira, 8 de outubro de 2026

Anne Carson guanya el Nobel de literatura

"Per la seva obra audaç i inventiva que, en un diàleg lúdic amb la tradició clàssica, ha creat noves formes per a la literatura contemporània", ha dit l'acadèmia 


Anne Carson ha estat guardonada amb el Premi Nobel de Literatura 2026, segons ha anunciat aquest dijous l’Acadèmia Sueca. L’escriptora canadenca rep el guardó, segons el jurat: “Per la seva obra audaç i inventiva que, en un diàleg lúdic amb la tradició clàssica, ha creat noves formes per a la literatura contemporània.” 

Carson va néixer el 1950 a Toronto (Canadà). El 1981 va publicar la seva tesi doctoral en estudis clàssics, titulada Odi et Amo Ergo Sum. Al llarg de la seva trajectòria ha combinat l’escriptura de poesia amb la traducció i la docència en diverses universitats, segons que explica l’acadèmia. 

Bona part de la seva obra literària se situa en la intersecció entre l’obsessió del filòleg per les paraules i el desig del poeta de trobar nous significats. Ella mateixa ha definit l’etimologia de les paraules com el punt de partida de tota la seva obra. 

Les obres de Carson traduïdes al català 

El seu primer gran punt d’inflexió literari va arribar amb l’assaig Eros the Bittersweet, publicat el 1986. Carson hi reflexiona sobre l’amor com l’essència i la força motriu del poema, i sobre la distància entre l’amant i l’estimat com allò que posa en moviment el desig i, alhora, la poesia. Eros the Bittersweet arribarà a les llibreries en català el 14 d’octubre. Es dirà Eros dolçamargant, traduït per Núria Busquet Molist i publicat per Veles i vents edicions.

El llibre parteix de la poesia de Safo i de la idea d’Eros com una experiència alhora dolça i dolorosa. Carson hi explora la distància entre l’amant i l’estimat i la manera com aquesta tensió alimenta el desig i la poesia. L’obra ja conté alguns dels trets que marcarien la seva producció posterior: el diàleg entre la literatura clàssica i la contemporània, la combinació de poesia i assaig i el joc entre veus i perspectives diferents. 

Hi ha més obres traduïdes al català de Busquet, publicades per Vaso Roto. Entre els títols hi ha Decreació (2023), La bellesa del marit (2023) i Albertine. Rutina d’exercici (2023). 

L’any 2024 es va publicar Norma Jeane Baker de Troia, també traduïda per Busquet, i el 2025 va arribar Norma equivocada, la versió catalana de Wrong Norma, una de les obres més recents de Carson. 

Així, en els darrers anys s’ha consolidat un petit corpus de l’autora en català, que permet acostar al lector la seva escriptura híbrida, a mig camí entre la poesia, l’assaig, la narrativa i la traducció dels clàssics. 

Veus diferents que dialoguen i es contraposen 

La seva relació amb la literatura clàssica també es manifesta en les seves traduccions del grec antic, que l’Acadèmia Sueca considera obres independents per dret propi. Entre aquestes hi ha la seva interpretació dels fragments de poemes de Safo, publicada a If Not, Winter (2002), i les traduccions de les tragèdies Electra (2001) i Antígona (2015), de Sòfocles, i Bakkhai (2015), d’Eurípides. 

L’acadèmia sueca que en la seva obra constantment hi ha veus diferents que dialoguen i es contraposen. “És a través d’aquestes constel·lacions literàries, sovint inesperades, que Carson ha trencat amb la poesia lírica lligada al jo narratiu i ha inspirat noves formes de literatura contemporània. Aquest mètode d’escriptura condueix a obres lúdiques i iròniques que es mouen no només entre la poesia clàssica i la moderna, sinó també entre diferents gèneres i formes d’art”, destaca l’acadèmia.

 

[Foto: Jay Dixit - font: www.vilaweb.cat]

terça-feira, 6 de outubro de 2026

Ce que l’affaire Thélyson Orélien dit de nos représentations de la littérature

 

Le livre du romancier Thélyson Orélien, en marge de la 28ᵉ édition du festival littéraire des Correspondances de Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Écrit par Frédéric Gai

Maître de conférences en sciences de l'information et de la communication, Université de Caen Normandie 

La carrière de Thélyson Orélien est marquée du sceau d’une fulgurance qui montre, en premier ressort, les affres du traitement médiatique devenu instinctif et parfois irraisonnable : un auteur suscite l’intérêt avant même son accueil auprès du public, génère un engouement international spectaculaire, et s’impose comme un succès dans les librairies françaises. 

À mesure que les premiers pions de la rentrée littéraire se sont placés, Thélyson Orélien a vu sa cote grimper, cochant les cases d’une vie marquée par l’exil, du renouveau poétique d’une prose francophone et du statut de primo-romancier goûté du microcosme littéraire, qui doit faire conjuguer ses valeurs sûres avec le besoin de revivifier son catalogue. 

En quelque sorte, Thélyson Orélien a constitué une bonne carte à abattre dans le jeu, toujours difficile à emporter, qui oppose exploitation et innovation. En l’espace de quelques semaines, il est passé d’inconnu à talent à suivre, voire à nouveau génie créateur, faisant valoir auctorialité forte et intentionnalité originale, pour figurer en bonne place dans les sondages des grands prix littéraires de l’automne. 

Aux premiers jours de septembre, il ressortait que la capacité analytique moderne, la sensibilité artistique contemporaine nous permettraient de ne pas manquer un grand écrivain. Mais maudit est déjà Thélyson Orélien, rappelant au passage que la forge d’un succès n’est pas tant chronologique, au sens plein du terme, que culturelle, dans ses acceptions anthropologiques. 

Théorie du complot, plaisir du texte et illusion littéraire

Paradoxalement, le débat polémique qui ressort de cette affaire omet des déplacements théoriques anciens, convoquant de nouveau le tribunal littéraire. L’emballement numérique et médiatique, où les commentaires racistes font bon ménage avec une attaque frontale contre les milieux littéraires parisiens, devient alors poreux face aux questions politiques, arrêtant les industries culturelles au milieu du gué, entre problème et solution. 

De ce buzz ressort une double inaptitude supposée : celle d’un auteur racisé d’être à la hauteur du sacerdoce littéraire sans recourir à un tiers ; celle d’un entre-soi avide de têtes d’affiche au risque d’entacher le patrimoine français qu’est la littérature. Le débat est d’autant plus complexe qu’il fait suite à l’affaire Nora – le limogeage d’Olivier Nora, à la tête de la prestigieuse maison d’édition Grasset depuis vingt-six ans, a entraîné le départ concerté de 200 auteurs au printemps dernier. Grasset était alors rappelé au cœur même de contradictoires des industries culturelles loin d’être neuves, notamment depuis les travaux de Theodor Adorno : une place forte du dynamisme littéraire engluée dans un groupe médias aux intentions idéologiques et politiques avérées. 

Émancipation contre aliénation, manigance contre manigance, stratégie contre stratégie : dans ce contexte délétère, chaque opposant devient le complotiste de l’autre. 

Mort de l’auteur 

Cette polarisation met de côté l’histoire de la critique littéraire, à commencer par la réalité structurale du texte, entendu comme un dispositif hypertextuel dont les potentialités sont finalement activées par un contexte socioculturel. 

Si Thélyson Orélien a probablement été sacrifié sur l’autel de l’authenticité, de l’honnêteté et de la confiance que l’on projette, à titre de contrat de lecture, dans l’exercice d’écriture, Roland Barthes avait déjà, à la fin des années 1960, décrété la mort de l’auteur au profit de l’expérience de lecture.

Chez Barthes, ce concept venait se doubler d’une autre réalité : le plaisirdutexte. Et, au sein même de cette configuration critique, il relevait deuxdimensions dans l’acte de lecture : d’un côté, le confort d’un rendez-vous avec le texte, par la connaissance des codes et la maîtrise de ses applications (plaisir) ; de l’autre, le choc d’une rencontre plus fortuite, qui ouvre des voies nouvelles (jouissance). 

Dans chacun de ces deux possibles de l’expérience du texte, c’est bien le désir qui s’exprime, et avant tout le désir de lire, peut-être prolongé par un désir d’écrire, dans une logique résolument interpersonnelle : dire à l’autre, trouver l’autre. 

Bien avant les polémiques, bien avant que son auteur soit taxé, à tort ou à raison, de faussaire ou de plagiaire, le texte de Thélyson Orélien avait conquis un public. La jouissance du texte a été indéniable. 

Au cœur de cette pratique, l’écrivain travaille sur des horizons multiples, il use de « trucs », rhétoriques, poétiques, peut-être informatiques, pour atteindre un objectif relationnel. Dans la mesure où il s’adresse, par le langage, avant tout à des imaginaires, son activité relève de l’illusion. Bien avant ChatGPT, Racine l’avait posé. 

Chatgpt aura-t-il le Goncourt, Pangram deviendra-t-il éditeur ? 

À ce sujet épineux de l’auctorialité du texte s’ajoute celui, non moins épineux, de la place des intelligences artificielles dans nos vies culturelles. Dans le débat proposé, le vol de la créativité est posé comme un axiome : l’impression, exprimée par les journalistes et les commentateurs, que l’auteur s’est mué en usurpateur ; et plus encore, par une supercherie qui aurait ouvert une faille, que cette littérature serait dorénavant atteignable par une machine. 

Dans la presse ou sur les plateaux de télévision est invoqué le spectre de la mort de la littérature. Mais quelle littérature est ici en jeu ? Celle qui parle de son temps, qui est percutée par les pratiques de son époque, signe d’un renouveau plutôt que d’une catastrophe ? Celle qui conclut un exercice laborieux d’écriture, plaçant l’auteur à mi-chemin entre le siècle et les cieux, propre à notre concept moderne de littérature ? Celle qui construit « industriellement » depuis deux cents ans des succès par la médiatisation, et élabore des publics en faisant se rencontrer horizons culturels et méthodes marketing ? Celle qui s’incarne dans un milieu, où les modes de prescription font bon ménage avec une sociabilité « de salon », déjà relayée, voire remplacée par Instagram et TikTok ? 

Il convient finalement de replacer la présence même dans le quotidien, et dans nos pratiques littéraires, du dispositif technique qu’est l’intelligence artificielle. 

D’un point de vue symbolique, le recours aux IA génératives résonne, dans notre inconscient collectif, comme une facilitation, assistance qui s’oppose à la rugosité du chemin de croix littéraire. Tout aussi symboliquement, il peut paraître étonnant qu’un outil construit comme une métrique (Pangram) juge la probité d’une œuvre de l’esprit par une approche probabiliste. Les lieux communs mettraient aisément face à face, dans cette pratique, la littérature et les mathématiques, et peut-être n’auraient-ils pas tort. 

Par ailleurs, s’il est question de soupçon, de doute et de peur de manigance, soulignons que la paternité d’une œuvre à une intelligence artificielle a été accordée… par une autre intelligence artificielle, dont il est impossible de connaître totalement les modalités de calculs, et encore moins les objectifs. 

Ici, il n’est pas question d’agiter la peur du soulèvement des machines, mais bien d’interroger la position de spoliatrice, voire de prédatrice, de l’IA, qui capte les textes littéraires comme toute autre donnée, parfois au-delà du droit. Mais il ne sert à rien de polariser de nouveau un débat, alors même que Thélyson Orélien s’est peut-être lui-même soustrait à ce cadre légal. 

Alors soulevons un dernier point, peut-être plus important qu’une actualité : la présence même de la langue de l’IA dans nos pratiques, quotidiennes comme artistiques, à venir. Le roman a trouvé son public et s’est assuré un accueil critique favorable. Et s’il devait s’avérer que Thélyson Orélien a bien utilisé une IA générative, ce serait peut-être le signe que le langage de ChatGPT est déjà pour nous désirable, posant en des termes renouvelés la question philosophique de la « honte prométhéenne » établie dans les années 1950 par Günther Anders. 

 

[Photo : Joël Saget/AFP - source : www.theconversation.com]


Miguelanxo Prado: «Non tiña ningunha fe en que a obra realmente fose funcionar»

O autor de «Trazo de xiz» reflexiona sobre o éxito dunha novela gráfica que non acusa o paso do tempo e mudou o xeito de entender o cómic 

Ou historietista Miguelanxo Prado (A Coruña, 1958). 

Escrito por David Cofán 

«Debeu ser o libro que máis usaron os homes para demostrarlle ás súas parellas que aquilo de ler cómics non era só unha cousa de rapaces e xente inmadura», chancea Miguelanxo Prado. El é o responsable de que Trazo de xiz, a banda deseñada que marcou un antes e un despois non so na súa traxectoria como debuxante, senón na historia do cómic europeo contemporáneo, celebre máis de tres decenios nos andeis das librarías e entre as mans dos lectores co fulgor do primeiro día. 

—Vista a excelente acollida da obra, non pensou en facer unha continuación da historia?

—Como cheguei tarde ao cómic, non tiña as mañas de guionista. Antes de empezar unha obra escribo un guión literario que excede con moito o que despois queda no libro. Nese proceso desaparecen moitas cousas, pero a historia non muda. Aínda que houbo propostas de darlle unha continuación, pareceume que sería unha traizón ao espírito da historia. 

—«Trazo de xiz» aborda o complicadas que son relacións humanas. A temática axuda a que a obra siga vixente?

—Son cousas que non podes planificar. Unha das cousas que fixeron que perdurase é que non hai elementos con data de caducidade. Non hai cidade, nin coches nin obxectos cos que sentir que pasa o tempo. A nivel visual é unha obra atemporal e en canto á temática non existen problemas políticos nin sociais, só un de comunicación entre uns poucos personaxes nun espazo limitado como é unha illa. O lector trinta anos despois pode empatizar coas situacións que se dan. Os sentimentos que están en xogo son moi perdurables. 

—Foi un traballo que rachou coa concepción que se tiña da banda deseñada nos anos 90. Custoulle que o aceptaran?

—Naquel momento era unha idea de bombeiro desde o punto de vista editorial. O 98 % dos lectores eran homes e primaban moito a acción e as aventuras trepidantes. Os acabados de chegar tentabamos cambiar as cousas e eu estaba decidido a facer o que me apetecía. É certo que naquel momento estaba nunha posición cómoda porque xa levara un premio en Angulema e os meus libros se estaban editando polo mundo, pero asumía que posiblemente fose o último cómic que ía facer nesa liña. Ningún editor foi nin minimamente entusiasta. 

—Queda claro que pagou a pena arriscarse.

—Agora quedaría moi ben dicilo [ri], pero en ningún momento tiven esa sensación. Quería facer esa historia, mais non tiña ningunha fe en que o libro realmente funcionase. Asumía que o seguinte tería que ser máis comercial. Ademais, cando saíu primeiro por entregas en revistas non espertou entusiasmo. Era unha historia pensada para ser lida en libro, non funcionaba mes a mes, capítulo a capítulo. Unha vez se editou como novela gráfica chegaron os premios e todos cambiaron de opinión. A única limitación era que, apostando por este tipo de historias, nunca ía ser un bestseller, pero para a miña fortuna converteuse nun longseller. As miñas obras seguen estando nas librarías, reimprimíndose e reeditándose. Teño un número de lectores máis ou menos fieis que me permite seguir facendo as historias que quero contar. 

—Canto tempo lle levou crear «Trazo de xiz»?

—Botei uns tres anos entre a escritura do guión, a planificación e pintar e debuxar as páxinas da historia. Nunca conseguín publicar un libro en menos de dous anos, porque eu fágoo todo. E aínda que son rápido debuxando, leva moito tempo. 

—A pesar de que a obra se publicou en 1993, non foi ata o 2012 cando saíu á luz a primeira edición en galego.

—A edición galega foi unha materia pendente durante moitos anos. Houbo un momento en que os meus libros estaban traducidos a 14 ou 15 idiomas e non publicados en galego, que é a lingua na que eu escribo todos os textos inicialmente. A miña escrita do guión é en galego. Tardei moito en ver as miñas obras en galego, era algo difícil de asimilar. Afortunadamente agora teño absolutamente todo publicado en galego. 

—Ten algún proxecto entre mans?

—Teño, pero non sairá en breve. O guión leva rematado desde hai case un ano, pero por diferentes circunstancias foise complicando. Un 75 % desta historia foi escrita en aeroportos e habitacións de hotel. Foi un proceso accidentado e deixeino repousar un tempo. Agora estou comezando a preparar a seguinte etapa. Como mínimo serán dous anos a partir de aquí, é dicir, estará para finais do 2028. 

—Máis aló dos logros profesionais, que lle achegou «Trazo de xiz» a nivel persoal?

—É innegable que o agarimo dos lectores reforza o ego, pero o máis importante para min é sentir que os enfoques cos que cheguei non estaban desencamiñados. Eu non era un gran coñecedor do mundo do cómic, o 90 % do que levaba na mochila eran influencias da pintura, da novela, do cine... En Trazo de xiz foi a primeira vez que decidín usar de forma clara e directa esas influencias. Cando facía as cousas doutro xeito era unha impostura.  

 

[Imaxe: ANGEL MANSO - fonte: www.lavozdegalicia.es]

 

domingo, 4 de outubro de 2026

O escritor, o arquitecto, o director de cine e a intelixencia artificial

 

Xabier Vila-Coia co premio Nobel de literatura Wole Soyinka

Escrito por Xabier Vila-Coia

No presente artigo abordarei estas tres ocupacións, sen dúbida dispares, que, non obstante, comparten un vínculo que tratarei de identificar e analizar tomando como referencia as ferramentas de xeración automatizada de contidos que se veñen implementando con enorme éxito dende hai apenas uns anos. 

O escritor, de ficción ou de non ficción, ten que compoñer as súas obras supeditado a enormes obstáculos, entre os que cabe destacar os seguintes: a limitada accesibilidade ás bibliotecas físicas e dixitais; a dificultade para desenvolverse con certeza nunha pluralidade de idiomas; a fugacidade da vida, que fai imposible a consulta, sequera breve, de miles de libros enriquecedores do acervo cultural individual; a tiranía do calendario de entrega; e a xeral pobreza de recursos. Pero en todo caso, o seu proceso creativo parte dunha idea central e outras derivadas que xorden na súa cabeza, as cales desenvolve e plasma no papel complementándoas cos datos obtidos en pescudas inevitablemente reducidas, ademais de coas súas vivencias e coñecementos previos.

Pola contra, o arquitecto desempeña un labor máis cómodo. A súa función primordial é idear o deseño integral da obra que lle encarguen e materializalo nos planos correspondentes. Da construción do edificio son responsables os enxeñeiros que efectúan os cálculos matemáticos, os obreiros que levantan as estruturas e fan as instalacións (albaneis, carpinteiros, electricistas, fontaneiros, etcétera), e os aparelladores que supervisan o seu traballo.

En canto ao director de cine, pódese asegurar que llo dan todo «sachado e mondado». A película adoita articularse sobre un guión alleo; ten ao seu servizo e baixo as súas ordes ao director de actores, ao de fotografía, ao xefe de son, ao compositor da banda sonora, aos operadores de cámara... El unicamente ocúpase en primeira persoa de decidir se o traballo deses profesionais satisfaille, e se as tomas se axustan ao que concibiu ou deben ser repetidas as veces que, segundo o seu criterio, sexa necesario.

Relacionado co que veño de expor, na actualidade obsérvase unha gran preocupación respecto dos libros e outros textos que os seus autores crean consultando á intelixencia artificial para optimizar a inxente cantidade de información coa que foi adestrada, así como a súa extraordinaria capacidade para procesala de xeito case instantáneo. Non sabería dicir se a devandita preocupación é racional ou irracional; con todo, o que podo afirmar é que o único que procede examinar é se, no exercicio da súa actividade, o escritor réxese de acordo cos valores éticos da súa profesión.

Non hai novo baixo o sol, mais tampouco nada nace a partir da nada. Plaxiarios e «fusiladores» de escritos houbo e haberanos sempre. Coa intelixencia artificial pódense multiplicar «ad infinitum»; porén, iso non representa un problema tan grave como puidese parecer a primeira vista.

Dende o punto de vista dos dereitos de autor, eu non percibo ningún inconveniente en que se lle recoñezan ao individuo que o único que faga sexa presentarlle «prompts» (preguntas, peticións, indicacións ou instrucións) á IA e copie textualmente e sen o máis mínimo reparo o que esta lle regurxite.

Pero aparte da autoría está o recoñecemento público. Nesta cuestión é factible un engano importante, difícil de detectar; polo que poderíase conceder o Premio Nobel a un «autor» que non escribise en por si máis que uns cantos parágrafos. Aínda que, na miña opinión, se un individuo desta ralea logra semellante galardón é porque dalgún xeito fíxose acredor a el: se a IA propicia a fraude, será mester capacitala para advertilo.

A pesar do devandito, o emprego das IA para producir escritos literarios ou ensaísticos é plenamente lexítimo, sempre e cando o que aquelas proporcionen a partir das formulacións que se lles propoñan sexa tan só unha das materias primas do traballo final, non o propio traballo final.

O escritor ético debe conducirse como o fan o arquitecto e o director de cine. Isto é; ten que xerar con anterioridade os esquemas e desenvolvementos mentais e materiais da obra que desexa crear, que constituirán a base a partir da cal redactar, tal se fose un enxeñeiro de «prompts», os específicos para ese texto en concreto. 

A continuación presentará á IA aqueles que estime máis adecuados para os seus fins, cuxas achegas haberá de organizar, seleccionar, verificar, corrixir, depurar, complementar e integrar na estrutura tridimensional do texto (idea-núcleo, estilo e extensión) xunto coas restantes materias primas procedentes doutras fontes (xornais, libros, enciclopedias, filmes...), ás que engadirá a súa arte, derivado da súa sensibilidade, coñecementos, experiencia vital e competencia profesional. É evidente que sen unha adecuada e vasta formación, alén dun pleno dominio do oficio, resulta imposible para un ser humano levar a cabo o que veño de sinalar e dar a luz unha obra orixinal de gran calidade literaria ou de rigorosa base ensaística.

Se ao arquitecto e ao director cinematográfico recoñéceselles a autoría en exclusividade dos seus traballos, non existe ningún motivo para non facer o propio cos escritores que utilizan, baixo estritos principios deontolóxicos, as máis novas e poderosas ferramentas tecnolóxicas de modo que os seus lectores se entreteñan, desfruten ou aprendan grazas á súa creatividade expandida mediante a intelixencia artificial.

Eles serán os principais beneficiados.

[Fonte: www.praza.gal]