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segunda-feira, 19 de outubro de 2026

La banalité du mal : réflexions sur le documentaire « NAZA »

 

Écrit par Yakov M. Rabkin 

La description qu’Hannah Arendt fait d’Eichmann comme incarnant « la banalité du mal », sous-titre de son ouvrage Eichmann à Jérusalem, a choqué de nombreuses personnes. Elle a par la suite été critiquée à la suite de la découverte des propos antisémites de son protagoniste, inconnus lors de son procès. Le nouveau film NAZA, qui documente les rouages internes du génocide de Gaza, remet le concept de la banalité du mal sur le devant de la scène. Sauf que cette fois-ci, nous disposons des témoignages d’une vingtaine d’auteurs de ces crimes qui, contrairement à Eichmann, ne comparaissent pas devant un tribunal mais partagent leur expérience pour la plupart de manière décontractée et détendue, certains avec fierté de leurs accomplissements, d’autres avec des remords. Ils donnent l’impression d’être des hommes et des femmes de la classe moyenne tout à fait normaux, accomplissant consciencieusement leur travail exigeant dans le domaine des hautes technologies. Ces Israéliens incarnent quelque chose de différent des nazis qui tentaient de cacher leurs crimes à leur propre peuple, craignant que celui-ci ne les soutienne pas. Ce nouveau film traite de la normalité du mal dans une société qui a largement accepté le génocide se déroulant à moins de quarante miles au sud de Tel-Aviv.

Les vingt-quatre auteurs de ces crimes interviewés dans le film appartiennent à des unités d’élite des services de renseignement qui exploitent la puissance de l’IA et de la surveillance totale pour détruire Gaza. « Nous ne sommes pas des “antisémites” », remarque l’un des interviewés. Pourtant, il estime avoir tué plus de femmes et d’enfants que le plus acharné des antisémites. Aussi odieux que soient les pogroms en cours en Cisjordanie contre les Palestiniens, perpétrés par des milices de colons sionistes sous le regard complaisant et avec l’aide occasionnelle de l’armée israélienne (IDF), l’ampleur du massacre de civils à Gaza est incomparablement plus grande.

Les auteurs de ces crimes sont issus des classes privilégiées de la Tel-Aviv huppée et fastueuse, qui sert de toile de fond visuelle à l’ensemble du film. Parmi les leitmotivs de ces témoignages figurent la disposition à obéir aux ordres et le plaisir de surmonter des défis techniques complexes (la « technodélice », selon la définition qu’en donnait feu Jean-Jacques Salomon). « C’était marrant (kef) », a admis l’un des auteurs.

NAZA est un acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux ». L’association avec le terme « nazi » n’est pas fortuite ; l’un des auteurs compare son expérience à celle des nazis qui se livraient, au début des années 1940, à un massacre industrialisé, bien que moins sophistiqué. Lorsqu’il a été emmené, comme beaucoup de jeunes Israéliens (et de Juifs d’ailleurs), visiter les camps d’extermination nazis, il s’est demandé comment ces nazis pouvaient reprendre une vie normale après avoir tué des milliers de personnes par jour. Aujourd’hui, admet-il, il le sait. Il retrouvait ses amis après une journée passée à tuer principalement des femmes et des enfants et profitait de sa soirée.

Au départ, ni les nazis ni les sionistes n’avaient l’intention de commettre un génocide. Dans leurs fantasmes nationalistes exclusivistes, les nationaux-socialistes allemands voulaient expulser les indésirables, pour redonner sa grandeur à une Allemagne « purifiée » et agrandie et, dans le cas des sionistes socialistes au pouvoir en 1948 et 1967, lorsque des expulsions massives ont eu lieu, pour transformer la Palestine en un « État juif ». Les uns comme les autres étaient animés par la soif de terres : les nazis voulaient des terres fertiles en Europe de l’Est « purifiées » de la plupart des Slaves et de tous les Juifs — tandis que critiques et personnalités politiques ont décrit la stratégie territoriale d’Israël comme la recherche d’« un maximum de territoire avec un minimum d’Arabes ».

Dès le début du XXe siècle, les pionniers sionistes ont mis fortement l’accent sur la formation d’un « nouvel homme hébreu », intrépide et vaillant, qui avait rompu avec le statut de victime du passé. Dans son éloge funèbre de Theodor Herzl en 1904, Vladimir Jabotinsky, qui a fondé et façonné le courant désormais dominant du sionisme, a défini ainsi cette nouvelle créature :

Notre point de départ consiste à prendre le Juif typique d’aujourd’hui et à imaginer son contraire diamétral… parce que le Juif est laid, maladif et dépourvu de décorum, nous doterons l’image idéale de l’Hébreu d’une beauté masculine. Le « Yid » est piétiné et facilement effrayé ; par conséquent, l’Hébreu doit être fier et indépendant.

Ce n’est que plus tard, confrontés à la résistance suscitée par le mouvement des colons, que les Israéliens ont endossé le rôle de victimes innocentes, contraintes de se défendre. Les visites des camps d’extermination nazis constituent des éléments essentiels des outils didactiques utilisés pour forger des combattants impitoyables. Pas étonnant que la plupart d’entre eux aient qualifié l’attaque contre le sud d’Israël en octobre 2023 de « plus grand massacre de Juifs depuis l’Holocauste ». La différence entre les civils juifs impuissants pris pour cible par les nazis et le puissant État juif qui avait expulsé et confiné les Palestiniens dans un camp de concentration à ciel ouvert à Gaza avait complètement disparu. Pour évoquer la violence qu’ils déchaînent, les Israéliens utilisent souvent l’expression «ein brera» («il n’y a pas le choix»), qui préserve l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et justifie leurs excès. C’est ainsi que le génocide s’est propagé de l’Europe à l’Asie occidentale.

Les protagonistes du film expliquent comment ils utilisent une technologie sophistiquée pour surveiller toutes les communications téléphoniques des Palestiniens. L’une des phrases que l’IA extrait de millions de conversations est : « Quand papa rentre-t-il à la maison ? » C’est ainsi que la décision est prise de détruire le domicile du suspect, ainsi que sa femme et ses enfants. Derrière leurs écrans d’ordinateur, ceux qui désignent ces cibles peuvent entendre plus tard les cris de ces enfants blessés qui, quelques minutes auparavant, attendaient leur père.

Israël, dont de nombreux responsables politiques prônent et mettent ouvertement en œuvre des politiques fascistes, est à juste titre fier d’être un leader mondial de l’innovation technologique, une « nation des start-ups ». Son avance qualitative sur ses voisins, garantie par la législation américaine, repose sur une coopération étroite avec le complexe militaro-industriel-numérique américain. Une législation à venir intégrera officiellement l’armée israélienne au sein de ce complexe. Contrairement à l’Ukraine, qui sert principalement de terrain d’essai pour Palantir et d’autres facilitateurs occidentaux de la guerre de haute technologie, les scientifiques et ingénieurs israéliens contribuent activement au développement de nouveaux systèmes tels que « Lavender », largement utilisés contre les Palestiniens. Tout cela s’inscrit dans le cadre plus large de l’écosystème du soutien financier, matériel et stratégique américain. Non seulement Washington, Berlin et Londres, mais même Belgrade maintiennent cette ligne de vie – ou plutôt cette ligne de mort – d’armement, de matériel et de services cloud à destination d’Israël. Ceux-ci lui permettent non seulement d’opprimer et de tuer des Palestiniens, mais aussi d’attaquer d’autres pays, en faisant, comme l’a candidement admis le chancelier allemand Merz, « le sale boulot pour nous tous ». Il ne fait guère de doute que Merz et ses homologues occidentaux étaient depuis longtemps au courant des méthodes que ce nouveau film dévoile au grand public.

De plus, l’expertise israélienne en matière de surveillance et de contrôle des populations est très demandée à travers le monde. Cela laisse présager des dangers pour la vie privée et la démocratie ailleurs. Les outils de surveillance totale pourraient tenter des dirigeants inquiets face à d’éventuels troubles sociaux, voire à des révolutions contre la polarisation économique croissante – et sans précédent. Des germes de fascisme ont été observés dans une bonne partie de l’Occident politique. Les opérations de l’ICE visant les immigrés sans papiers aux États-Unis ne sont peut-être qu’un début. Le besoin des classes dirigeantes de protéger leurs privilèges alimente la connivence avec Israël et contribue ainsi à l’impunité de ce pays.

De même, l’infiltration du Hezbollah à l’aide de téléavertisseurs piégés, qui a conduit au meurtre et à la mutilation de milliers de personnes au Liban et en Syrie en 2024, montre à quel point n’importe qui peut devenir vulnérable en utilisant des gadgets civils d’apparence inoffensive. (NAZA ne mentionne pas cet épisode macabre, qui fait l’objet d’un autre documentaire récent.) Les responsables israéliens se sont vantés que, pour eux, la scène, c’est le monde entier, et qu’ils en sont les principaux acteurs. D’un ton à la fois sinistre et fier, le Premier ministre Netanyahou a déclaré que chaque habitant de la planète porte un morceau d’Israël dans sa poche.

Le génocide nazi des Juifs, des Slaves et de nombreux autres peuples a choqué les Européens principalement parce que les victimes étaient leurs compatriotes européens. Leurs génocides en Afrique et dans les Amériques n’avaient suscité aucune répulsion comparable. Une autre cause importante de ce choc réside dans l’organisation rationnelle du génocide nazi. Les Israéliens à Gaza ont utilisé des technologies de pointe, notamment l’intelligence artificielle, pour porter le niveau d’organisation à des sommets sans précédent. Les spécialistes et les tireurs d’élite de l’armée israélienne (IDF) admettent s’être sentis comme des dieux capables de tuer des gens pratiquement à volonté. Les médias israéliens ont rapporté des cas de dépression chez des soldats de retour à la vie civile. Pour certains, la cause en était la perte du sentiment de toute-puissance. Ils avaient l’impression de ne plus être des dieux, mais de simples anonymes perdus dans la foule. D’autres vétérans de l’armée israélienne souffrent de dépression face à l’opprobre mondial, qu’ils ne parviennent pas à comprendre – convaincus d’être des victimes innocentes – et qu’ils attribuent à l’antisémitisme.

L’un des Israéliens interviewés dans le film était affecté à la branche politique, chargée d’utiliser les médias électroniques pour salir, discréditer et affaiblir les détracteurs d’Israël. (Après la sortie de *NAZA* en salles, les Israéliens ont rapidement produit un faux film au titre trompeur, *Naza : The Real Story. Full Film*, dans le but de détourner les spectateurs de l’original qui, contrairement au faux, n’est pour l’instant pas disponible en ligne.) Cette opération contribue à des mesures répressives visant même le soutien politique – sans parler du soutien matériel – aux Palestiniens dans plusieurs pays européens et aux États-Unis. La critique d’Israël est criminalisée sous le prétexte de l’antisémitisme. Des agents israéliens dans ces pays fournissent des données sur les cibles – très probablement collectées par les services de renseignement israéliens – à la police, aux employeurs et aux universités, qui s’empressent d’intimider, d’arrêter, d’expulser, de licencier et de renvoyer les détracteurs. Alors qu’Israël porte atteinte aux libertés fondamentales d’expression et de réunion dans la plupart des pays occidentaux, il est néanmoins en train de perdre la bataille de l’opinion publique.

Face au mécontentement croissant de l’opinion publique en Europe et aux États-Unis, Netanyahou promet de transformer Israël en une « super-Sparte » — une société fortement militarisée et autosuffisante, capable de se débrouiller seule face à un isolement international grandissant. Les responsables politiques et les experts militaires israéliens ont depuis longtemps conclu que la définition officielle d’Israël en tant qu’« État juif et démocratique » est déchirée par la tension entre ces deux composantes. Les valeurs démocratiques libérales — prétendument chères aux démocraties occidentales — doivent céder le pas à la suprématie juive. Par conséquent, la paix n’est rien de plus qu’une option politique temporaire pour Israël. Pour paraphraser von Clausewitz, la politique est la continuation de la guerre par d’autres moyens.

Les États sont inanimés, mais ils sont dirigés par des individus. Bien que le spectre psychologique et politique parmi les Israéliens soit vaste, le film NAZA illustre le succès saisissant de la création du « nouvel homme hébreu », libéré des contraintes morales de la tradition juive et de l’humanité tout court.

L’une des célèbres œuvres de Francisco Goya s’intitule « El sueño de la razón produce monstruos ». On l’interprète généralement comme signifiant « quand la raison s’endort, les monstres apparaissent ». Mais le mot espagnol « sueño » signifie également « rêve » ou « fantaisie ». L’État sioniste incarne la phrase « Wenn ihr wollt, ist es kein Märchen » (« Quand vous le voulez, ce n’est pas un conte de fées »), écrite par Herzl, le fondateur du sionisme politique, il y a plus d’un siècle. (Cela présente une ressemblance frappante avec le titre du chef-d’œuvre cinématographique nazi Triumph des Willens, ou Le Triomphe de la volonté.) Ce projet, qui semblait relever de la fantaisie et du conte de fées, s’est concrétisé grâce à une utilisation rationnelle des ressources politiques, financières et humaines. Les actions d’Israël montrent que la rationalité instrumentale — trait caractéristique de la modernité — peut aussi engendrer des monstres. De plus, ces monstres sont convaincus d’être normaux, tout comme la plupart des Israéliens qui les entourent. Cela fait d’Israël un grave danger pour la région, pour le monde et, bien sûr, pour lui-même. 

 

Yakov M. Rabkin est professeur émérite d’histoire à l’Université de Montréal. Il a publié plus de 300 articles et plusieurs ouvrages, notamment : Israël en Palestine, Le sionisme décrypté en 101 citations, La science entre les superpuissances, Une menace de l’intérieur : un siècle d’opposition juive au sionisme, Qu’est-ce que l’Israël moderne ?, Démodernisation : un avenir dans le passé et Judaïsme, islam et modernité. Il a exercé des missions de conseil, notamment pour l’OCDE, l’OTAN, l’UNESCO et la Banque mondiale. E-mail : yakov.rabkin@umontreal.ca. Site web : www.yakovrabkin.ca

 

[Source : Informed Comment - reproduit sur groupegaullistesceaux.fr]

L’Alemanya d’avui a través del cinema

Del 22 al 24 d’octubre Barcelona acull el Cicle de Cinema Alemany Actual, en una edició més contemporània que mai.

Fotograma de Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße, film inaugural del Cicle de Cinema Alemany

Escrit per Txell Plana

Filosofia i Filologia Catalana

La 15a edició del Cicle de Cinema Alemany Actual torna a Barcelona de la mà del Goethe-Institut Barcelona per oferir els títols més interessants i innovadors del panorama cinematogràfic alemany actual amb una selecció centrada en pel·lícules que reflecteixen desenvolupaments culturals i socials contemporanis. El cicle s’organitza en col·laboració amb l’Institut français Barcelona i amb el suport de German Films i l’associació Amigos Goethe-Institut España.

La pel·lícula que inaugurarà el cicle d’enguany és Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße (2025) (L’heroi de l’estació de Friedrichstraße) de Wolfgang Becker, director d’èxits internacionals com Good Bye, Lenin! (2003). La història relatada ens situa trenta anys més tard de la caiguda del Mur de Berlín, quan un home de Berlín Est es troba inesperadament al centre de l’atenció pública per haver estat identificat per un periodista com l’heroi anònim que als vuitanta va permetre que 127 persones fugissin cap a l’Oest de la ciutat. La pel·lícula serà projectada el 22 d’octubre a les vuit del vespre a l’Institut français de Barcelona.

L’endemà el cicle acollirà dues pel·lícules més. Primer podrem veure Luisa (2025), de Julia Rösler, un film que ofereix un marc de reflexió sobre la discapacitat i la sexualitat, més enllà de la visió normativa. A partir de la investigació sobre l’embaràs inesperat (amb indicis d’abús sexual) d’una jove que viu en una residència comunitària per a persones amb discapacitat, el relat explorarà el dilema entre la protecció davant els abusos, la importància de la privacitat i el dret a l’autodeterminació sexual.

Just després, tindrem Wilma will mehr (2025) (Wilma en vol més). Sota la direcció de Maren-Kea Freese la pel·lícula s’inscriu en la tradició de comèdies que tracten relacions entre l’est i l’oest d’Alemanya en el període posterior a la reunificació. Amb un esperit de cinema social britànic, se’ns presenta la història de la Wilma, una electricista a l’atur que deixa la seva ciutat natal de l’est d’Alemanya, colpejada pels canvis industrials, per provar sort a Viena. La seva descoberta d’un món completament diferent, malgrat la curta distància geogràfica que la separa de casa seva, esdevé el punt de partida de la historia.

El dia 24 d’octubre començarà amb la projecció del thriller Das geheime Stockwerk (2025) (La planta secreta), dirigida per Norbert Lechner. En un viatge en el temps inesperat, un noi de dotze anys vingut directament de l’actualitat apareix l’any 1938. El peculiar viatge es dona en el muntacàrregues d’unes obres de renovació a un antic gran hotel. En un escenari, més aviat macabre, presencia com els hostes jueus són assetjats pels nazis, senyal de la proximitat de temps funestos. El viatger intentarà advertir els seus nous amics, en un intent d’influir el curs de la història.

Per continuar amb els thrillers tindrem Hysteria (2025), de Mehmet Akif Büyükatalay, on s’abordarà qüestions urgents del present, situacions complexes i dilemes ètics que acompanyaran el públic més enllà de la pel·lícula. La història ens presenta un equip que mentre roda un llargmetratge sobre un atemptat racista es veu immers en una tensió entre el respecte per les sensibilitats religioses i la llibertat artística amb l’aparició d’un Alcorà cremat. Es tracta d’un intens thriller inspirat en un greu cas de xenofòbia.

Per acabar amb el cicle es presentarà Sehnsucht in Sangerhausen (2025) (Enyorança a Sangerhausen) com una mostra de la comèdia dramàtica de Julian Radlmeier, que busca explicar les diverses capes de la transformació històrica. Una idíl·lica ciutat de l’est d’Alemanya es converteix en l’escenari de nous inicis, trobades inesperades i, fins i tot, una cacera de fantasmes! La pel·lícula comença en la Revolució Francesa quan una jove intenta escapar de la seva condició de serventa i es dirigeix a París. La contrapart en l’actualitat es mostra quan es creuen els camins d’una cambrera local, una influencer de viatges refugiada de l’Iran i un conductor d’autobús originari de Corea. La producció combina amb una gran lleugeresa èpoques històriques i històries personals.

 Més informació aquí

[Font: www.nuvol.com]

domingo, 6 de setembro de 2026

«Mirrors nº 3», filme de Christian Petzold

 

Fotograma de Mirrors nº 3, filme dirigido por Christian Petzold

Escrito por JOÃO LANARI BO*

1.

Mirrors nº 3 é uma obra refinada, precisa e minimalista – mas também um filme de mistério, quase um conto de fadas para adultos. Nele Christian Petzold investe em uma obsessão conhecida, uma hauntologia (conceito criado por Jacques Derrida) que descreve a persistência de elementos do passado que continuam a assombrar o presente, mesmo que já tenham acabado ou não existam mais fisicamente. Milimetricamente dirigido e montado, o filme embaça a linha entre retornos literais dos mortos e ciclos metafóricos de ressentimento.

Mirrors nº 3  faz referência à suíte para piano Miroirs do compositor francês Maurice Ravel, especificamente ao terceiro movimento da obra, intitulado Une barque sur l’océan (Um barco no oceano). A suíte foi inspirada por uma citação de Shakespeare, “o olho não vê a si mesmo, mas por reflexo, por meio de outras coisas”. É uma frase dita por Brutus a Cássio na peça Júlio César – as pessoas não conseguem ver ou compreender plenamente seu próprio caráter, valor oculto ou defeitos sem a perspectiva de outros atuando como um espelho.

Paula Beer, atriz frequente nos filmes de Christian Petzold, interpreta Laura, uma pianista que estuda música em Berlim e se encontra visivelmente fragilizada e deprimida. Paula está presa em um relacionamento infeliz com Jakob (Philip Froissant), que, em uma tarde tensa, perde o controle de seu carro conversível e morre, no ato. Laura, arremessada para fora do banco do passageiro, sobrevive milagrosamente com apenas um arranhão.

Pouco antes do acidente, Laura trocou um breve olhar com uma mulher de olhar intenso, parada à beira da estrada enquanto o carro passava em alta velocidade. A mulher a encarava, talvez até com um ar de luto, como se tivesse previsto o desastre iminente. A mulher é Betty, interpretada por Barbara Auer. Betty oferece abrigo a Laura, que está bastante abalada. Ela mora sozinha, oferece roupas do tamanho de Laura – calças jeans e camisetas de uma jovem – e a incentiva a tocar piano, que ela mesma não toca.

Mirrors nº 3 constrói esse cenário rural como um espaço liminar clássico – isolado do mundo exterior, funcionando sob uma lógica silenciosa e onírica. A transição da sobrevivência física para o acerto de contas emocional forma o núcleo do suspense existencial da história. Sem usar recursos óbvios dos filmes de terror, Christian Petzold sugere que a paisagem da família e os recorrentes acidentes de carro são governados por espíritos ou pelo peso de um luto não expresso. Uma espécie de “estado de choque” se instala na audiência, transformando um elegante psicodrama em uma sutil história de fantasmas. 

2.

Pouco a pouco, uma tensão silenciosa, organizada por meio de diálogos curtos, interações humanas e elipses precisas, permeia o ambiente. A materialização do luto: fiel ao estilo de Christian Petzold, o metafísico está ancorado em ambientes realistas do dia a dia. Betty parece estar meio afastada do marido, Richard (Matthias Brandt), e do filho adulto, Max (Enno Trebs), que administram uma oficina mecânica de práticas duvidosas – e também não tocam piano.

Betty chega a chamar sua nova hóspede de “Yelena” por engano, antes de corrigir para “Laura”, um ato falho revelador, dela e de Mirrors nº 3. A oficina serve como metáfora física e política do próprio filme: o trabalho árduo e cotidiano de reparação psicológica e social, enquanto o trabalho de reparação emocional é feito a poucas centenas de metros dali, na casa de Betty.

Em um mundo hiperconectado onde tudo é rastreado, mapeado e exposto, a oficina funciona como um lugar que cria deliberadamente pontos cegos. Isso autoriza que os personagens – e os fantasmas de seus passados – tenham a privacidade e o anonimato necessários para existir em um estado transitório e não monitorado. Um detalhe específico dos serviços prestados envolve desligar manualmente os sistemas de rastreamento GPS dos carros. Max, solitário e reservado, é o operador, e a princípio adota uma desconfiança de Laura – com o tempo, começam a se aproximar, quase um flerte. Em um desses momentos, ela pergunta, numa dicção, digamos, brechtiana: Vocês são criminosos?

A sobrevivência fortuita de Laura ao acidente de carro fatal a coloca em um estado que remete ao conceito filosófico de aevum. Sua presença em um refúgio idílico no campo e o uso da música de Maurice Ravel estabelecem uma ponte entre sua atemporalidade interior e a realidade mortal da família que a acolhe. O termo aevum é uma ficção criada pelos escolásticos medievais para atribuir um modo temporal atribuído a anjos — eles não mudam como os mortais no tempo, mas também não possuem a imutabilidade absoluta divina, a eternidade.

Embora de carne e osso, Laura, pela forma como é filmada e com o impacto que causa na família que a acolhe, surge como anjo metafórico naquela localidade perto de Berlim. O diretor observou que Laura caminha no filme “como em um conto de fadas”, e comparou a situação ao seu filme anterior, Yella, onde uma mulher sobrevive a um acidente e entra em uma realidade paralela, onírica, adjacente ao real. Laura flutua pela casa como um espírito gentil e sobrenatural, em vez de uma hóspede comum.

Embora seja uma mulher mortal lidando com sofrimentos humanos reais, a personagem funciona como um anjo – ou fantasma secular – que passa pela vida de uma família. A relação de Betty com ela é profundamente complexa, oscilando entre devoção maternal, projeção psicológica e uma forma silenciosa de consumo espiritual.

Se Laura é o anjo que existe em um estado suspenso de graça imaculada, Betty lida com esse “anjo” por meio de uma fascinante mistura de reverência e remodelação: emprestando roupas, incluindo-a na mesa de jantar e compartilhando atividades. Laura para ela é uma mensageira divina enviada para preencher um vazio, uma presença imaculada que apaga o trauma antigo de sua família e a crise conjugal.

A composição de Ravel, o ápice de Mirrors nº 3, imita o movimento fluido e ondulante das ondas do oceano. Christian Petzold utiliza essa estrutura fluida para espelhar a forma como a mágoa se transforma, sugerindo que aqueles que perdemos não desaparecem – simplesmente permanecem fora do nosso campo de visão.

*João Lanari Bo é professor de cinema da Faculdade de Comunicação da Universidade de Brasília (UnB). Autor, entre outros livros, de Cinema para russos, cinema para soviéticos (Bazar do Tempo) [https://amzn.to/45rHa9F]

Referência


Mirrors no 3
Alemanha, 2025, 86 minutos
Direção e roteiro: Christian Petzold
Elenco: Paula Beer, Philip Froissant, Barbara Auer, Matthias Brandt, Enno Trebs

[Fonte: www.aterraeredonda.com.br]

sexta-feira, 14 de agosto de 2026

Allemagne : « La solitude politique de Friedrich Merz nourrit un doute sur sa capacité à convaincre durablement »

Le chancelier allemand, qui s’isole de plus en plus, jusque dans son propre parti, multiplie les maladresses et ne parvient pas à imprimer un cap politique clair outre-Rhin, déplore, dans une tribune au « Monde », l’auteur franco-allemand Nils Minkmar.

Écrit par Nils Minkmar 

Lorsque Friedrich Merz inaugure, le 15 septembre 2025, la synagogue restaurée de la Reichenbachstrasse à Munich, un détail échappe soudain au protocole. En évoquant le destin des juifs sous le IIIᵉ Reich, le chancelier s’interrompt, la voix se brise, les larmes montent. Pendant quelques secondes, l’émotion l’emporte sur la fonction. Jusqu’à présent, aucun autre moment de son mandat n’aura autant marqué les esprits.

La scène tranche avec une tradition politique qui s’est imposée en Allemagne de l’Ouest après 1945 et qui s’est encore renforcée sous Angela Merkel [2005-2021] : les chanceliers parlent beaucoup, mais se livrent peu. Leurs discours sont soigneusement calibrés pour éviter la faute, mais quasiment jamais pour susciter une émotion. Après l’effondrement du IIIᵉ Reich, toute forme de grandiloquence politique est devenue suspecte ; la retenue, au contraire, a été élevée au rang de vertu démocratique. Le lyrisme y est presque considéré comme une imprudence.

Cette retenue correspondait à une certaine idée de la République fédérale allemande : un Etat prospère, stable, avec une ligne politique claire, qui préférait l’efficacité au panache. Aujourd’hui, elle révèle une autre faiblesse. L’Allemagne ne manque ni de ressources ni d’institutions solides ; elle peine davantage à formuler un horizon. Une plaisanterie poursuivit Angela Merkel pendant des années : voyager avec elle revenait à monter dans un avion piloté par une commandante expérimentée. Le vol était calme, l’atterrissage sûr ; seule la destination demeurait mystérieuse.

Friedrich Merz, qui, dans sa vie privée, pilote lui-même son propre jet, inspire une comparaison différente. On l’imagine accueillant les passagers avec chaleur, détaillant les qualités de l’appareil, commentant l’itinéraire et les conditions météorologiques avec l’assurance d’un pilote chevronné. Tout semble prêt pour le décollage. Mais l’avion reste au sol. Et lorsque les premiers voyageurs demandent pourquoi il ne part pas, le commandant paraît prendre la question comme une offense.

C’est pourtant l’inverse que promettait le chancelier. Aux yeux de ses partisans, il devait incarner le retour de l’autorité tranquille, celle d’un chef d’entreprise du Mittelstand, ce tissu d’entreprises familiales de taille moyenne qui constitue l’épine dorsale de l’économie allemande. Souvent implantées loin des grandes métropoles, fortement exportatrices et spécialisées dans des productions industrielles très pointues, ces sociétés incarnent aux yeux de nombreux Allemands le sérieux, la continuité et la responsabilité. Le Sauerland, sa région natale, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, concentre plusieurs de ces hidden champions [« champions cachés »] qui font la puissance industrielle allemande, entreprises discrètes mais dominantes sur les marchés mondiaux.

Son parcours semblait faire de lui le candidat idéal. Juriste, avocat d’affaires de formation, longtemps député [jusqu’en 2009] avant de quitter la politique puis de diriger la branche allemande du gestionnaire mondial d’actifs BlackRock, Friedrich Merz prend la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) en 2021, avec la réputation d’un homme connaissant à la fois les rouages de l’Etat et ceux de l’économie mondialisée. Beaucoup de ses électeurs voyaient en lui, qui a réussi à faire fortune dans le privé, le dirigeant capable de rendre à l’Allemagne une culture de la décision après les années Merkel puis Scholz [2021-2025].

Sa voix est audible et il lui arrive de parler avec sérieux et autorité – mais rarement au bon moment ou sur le bon sujet. On a parfois le sentiment qu’il s’engage dans une formule, sans savoir exactement où elle va chuter. Il a donc cette astuce : rallonger l’allocution en évitant les raccourcis, les sigles. Non pas, par exemple, simplement « CDU », mais « Christlich Demokratische Union Deutschlands ». Pour réfléchir à ce qu’il veut dire, tout en parlant.

C’est précisément sur le terrain où on l’attendait qu’il a le plus déçu : celui du cap politique. Ses interventions improvisées provoquent régulièrement des controverses inutiles. Il lui faut ensuite expliquer, préciser, corriger ses propres propos afin que les retraités, les chômeurs ou les Allemands issus de l’immigration n’y voient pas une marque de mépris. Le conservateur réfléchi qu’on espérait voir émerger laisse alors place à une figure beaucoup moins séduisante : celle d’un patron qui, devant de mauvais résultats, accable de sa mauvaise humeur ses collaborateurs.

Il serait toutefois injuste d’ignorer les difficultés auxquelles il est confronté. La CDU a longtemps trouvé ses références à Washington ou à Paris ; les républicains américains comme les partis français de droite se revendiquant du gaullisme traversent aujourd’hui leurs propres crises. Merz a promis de rendre au couple franco-allemand son rôle moteur. Mais même transformé en un nouvel Adenauer [1876-1967], quel de Gaulle trouverait-il aujourd’hui en France ?

Entre Donald Trump et un paysage politique français devenu presque illisible pour les observateurs allemands, le chancelier manque de partenaires naturels sur la scène internationale. Il s’est en outre laissé enfermer par l’hostilité obsessionnelle envers les écologistes manifestée par Markus Söder, ministre-président de Bavière, affilié à l’Union chrétienne-sociale en Bavière, parti frère de la CDU.

En renonçant à une coalition avec les Verts, pourtant menée avec succès à l’échelle régionale, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie comme dans le Bade-Wurtemberg, le chancelier s’est condamné à gouverner avec les sociaux-démocrates. Cette coalition est ainsi née sous le signe de l’absence d’alternative plutôt que du choix politique. Le refus constant de Friedrich Merz de toute coopération avec le parti d’extrême droite Alternative für Deutschland constitue cependant l’un des rares points fixes de son action, et tout à son honneur.

Les erreurs qui ont suivi sont moins spectaculaires que révélatrices. L’éviction maladroite, fin juillet, du ministre des transports, Patrick Schnieder, fidèle parmi les fidèles de la CDU, a troublé jusqu’aux rangs d’un parti habituellement discipliné. Peu à peu s’installe l’impression que Merz ne gouverne pas à la tête d’une équipe, mais seul. Cette solitude politique nourrit un doute plus général. Un chancelier peut-il durablement convaincre lorsqu’il donne le sentiment de réagir davantage aux événements qu’il ne les ordonne ?

Personne, en Allemagne, ne souhaite aujourd’hui sa chute – en tout cas en dehors des extrêmes politiques. Mais il devient chaque semaine un peu plus difficile d’imaginer qu’il puisse laisser l’empreinte durable d’un grand chancelier, et plus encore de le voir briguer un second mandat dans une position de force. Son adversaire le plus redoutable n’est ni l’opposition ni la conjoncture internationale. C’est son propre tempérament.


Nils Minkmar est un journaliste franco-allemand. Son roman « Le Chat de Montaigne » paraîtra le 20 août 2026 aux Presses de la Cité.

 

[Source : www.lemonde.fr]

segunda-feira, 10 de agosto de 2026

Francesc Serras: «Volem que comprendre la informació jurídica deixi de ser un privilegi»

TECOUS treballa per fer comprensible la informació jurídica en un ecosistema digital on la lletra petita continua generant barreres.

·         TECOUS vol oferir claredat legal per reduir barreres i desigualtats. 

Entitat redactora: Colectic 

En un entorn digital on la informació jurídica és omnipresent però sovint incomprensible, la lletra petita continua condicionant decisions quotidianes: contractes, compres, registres, subvencions o resolucions administratives. La complexitat, el llenguatge tècnic i la manca d’accessibilitat generen desconfiança i dificulten l’exercici efectiu dels drets. En aquest context, emergeixen iniciatives que busquen transformar aquesta experiència, fent que la comprensió de la informació legal sigui part essencial de la transparència i no un obstacle afegit.

Francesc Serras, cofundador de TECOUS, treballa per convertir documents jurídics extensos en interfícies clares, visuals i accessibles que permetin a qualsevol persona identificar allò essencial, entendre com l’afecta i prendre decisions informades. Des de la seva mirada, la claredat legal és una infraestructura necessària per reduir desigualtats informatives, reforçar la confiança i situar la informació jurídica al servei de les persones.

Com definiries TECOUS i quin problema intenta resoldre?

TECOUS és una iniciativa que transforma informació jurídica complexa en experiències digitals clares, visuals, accessibles i interactives. Vol resoldre el problema de rebre molta informació legal sense disposar de les eines per entendre-la, com passa amb termes i condicions, contractes, bases de subvencions o resolucions administratives. Tot i que la informació hi és, sovint es presenta en documents extensos, amb llenguatge tècnic o en blocs de text que generen frustració, desconfiança i distància entre ciutadania i institucions, afectant especialment persones amb menys coneixements jurídics o competències digitals.

TECOUS crea una capa de comprensió perquè les persones puguin identificar la informació important, entendre com els afecta i prendre decisions informades, sense eliminar ni modificar el contingut jurídic original.

Per què la lletra petita és també experiència d’usuari, i com ho heu integrat en el vostre model de disseny legal?

La lletra petita forma part de l’experiència d’usuari perquè apareix en moments de presa de decisions: registres, compres, cessió de dades personals, contractació de serveis o reclamacions. Una web pot ser fàcil d’utilitzar, però si la informació sobre drets i obligacions és incomprensible, l’experiència no és accessible. Sovint es dissenya perquè acceptar sigui fàcil, però no perquè entendre també ho sigui.

Per això, TECOUS integra la informació legal dins del recorregut de la persona i la presenta per capes: visió breu i visual, explicació en llenguatge clar i accés al text jurídic complet. Incorpora icones, navegació per temes, cercadors, audiodescripció i altres recursos d’accessibilitat perquè cada persona pugui entendre la informació essencial i aprofundir-hi quan ho necessiti.

Quins criteris utilitzeu per transformar un text legal complex en una interfície visual, clara i accessible sense alterar-ne el contingut jurídic?

El primer criteri és identificar drets, obligacions, terminis, imports, conseqüències i decisions importants per a la persona destinatària. L’estructura es reorganitza segons les seves necessitats, no necessàriament seguint l’ordre del document. S’utilitza llenguatge clar, frases curtes, exemples i elements visuals, evitant simplificacions que modifiquin el sentit jurídic, i cada resum es vincula al fragment original.

El document original es manté sempre disponible com a font jurídica. El resultat es valida des de perspectives jurídica, comunicativa, visual i d’accessibilitat, evitant que la presentació de la complexitat generi més barreres.

Quins impactes heu observat en plataformes, entitats o administracions que han implementat TECOUS?

El primer impacte és convertir informació que sovint actua com una barrera en una eina útil per prendre decisions. Els impactes observats són principalment qualitatius: les persones localitzen més ràpidament la informació rellevant, redueixen la càrrega de lectura i entenen millor quines decisions han de prendre o quins passos han de seguir.

Han desenvolupat projectes com el del sandbox d’aprenentatge regulatori Cruïll(IA), amb l’Autoritat Catalana de Protecció de Dades, per explicar quines dades es recullen i com s’utilitzen. També han fet una prova pilot amb la Generalitat de Catalunya per fer més comprensibles resolucions administratives i iniciaran treballs amb l’Ajuntament de Barcelona per fer més accessibles les bases de subvencions. Els resultats quantitatius s’estan avaluant, especialment en comprensió, confiança percebuda i reducció de consultes o incidències.

Com garantiu la traçabilitat i el compliment normatiu, especialment en relació amb el Reglament General de Protecció de Dades i altres regulacions?

La traçabilitat implica que cada resum, explicació o element visual es pugui relacionar amb el fragment original del document. Això permet comprovar que la informació no ha estat descontextualitzada, mantenir control de versions i saber quin contingut era vigent en cada moment.

En protecció de dades, treballen amb principis com la privacitat des del disseny, minimització de dades, transparència i responsabilitat proactiva. La informació s’ha de presentar de manera clara, per capes i en el moment rellevant. TECOUS no converteix en legal un document que no ho sigui: el contingut jurídic ha d’estar correctament elaborat i validat, i la seva funció és fer-lo més comprensible sense alterar-ne els efectes.

Quina és la visió a llarg termini del projecte?

La visió és que comprendre la informació jurídica deixi de ser un privilegi i es converteixi en un estàndard. La transparència no és només publicar un document, sinó garantir que les persones el puguin entendre, independentment dels seus coneixements jurídics o capacitats.

Imaginen una infraestructura de claredat legal integrada en normativa, tràmits administratius, contractes, resolucions i comunicacions, contribuint a convertir la comprensió en un nou estàndard de transparència a Europa. Fer la informació legal més clara és una manera de reduir desigualtats informatives, facilitar l’exercici efectiu dels drets i reforçar la confiança entre ciutadania i organitzacions. Volen que la informació legal sigui una eina que empoderi les persones, i no una barrera.

 

[Imatge: Pexels - font: www.xarxanet.org]

sexta-feira, 10 de julho de 2026

Rima Hassan: «Llegará un momento en que para nuestros políticos será muy costoso seguir apoyando a Israel»

La eurodiputada de La France Insoumise (LFI) se enfrenta el 7 de julio a un juicio por “apología del terrorismo”. Desde LFI denuncian persecución y vulneración de sus derechos más fundamentales. 

Rima Hassan en Estrasburgo

Escrito por Queralt Castillo Cerezuela 

Una de las caras más visibles de La France Insoumise es la franco-palestina Rima Hassan (campo de Neyrab, Siria, 1992). La eurodiputada, conocida por su postura clara contra el genocidio en Gaza y por haber participado en la penúltima flotilla que salió desde Barcelona, se enfrenta el 7 de julio a un juicio por “apología del terrorismo”, tras compartir en X una cita atribuida a Kōzō Okamoto, uno de los responsables de la masacre del aeropuerto de Lod [ahora aeropuerto Ben Gurión]. En el ataque, ocurrido el 30 de mayo de 1972, miembros del Ejército Rojo japonés, entre los que se encontraba Okamoto, mataron a 26 personas e hirieron a 80 más. La cita rezaba lo siguiente: “Entregué mi juventud a la causa palestina. Mientras exista opresión, la resistencia no es solo un derecho, es un deber”. 

“La cita alude a un principio que se encuentra en el corazón del derecho internacional: el derecho de los pueblos a resistir la colonización y la ocupación de su territorio por un ejército extranjero. La cita refleja una filosofía de resistencia a la opresión y la injusticia; en modo alguno constituye un comentario, un respaldo ni un apoyo a ningún crimen cometido”, asegura su equipo. 

Si bien Hassan eliminó la publicación, esto no ha sido suficiente para la Justicia francesa. El 2 de abril, la eurodiputada fue retenida en custodia policial durante más de 13 horas —a pesar de su inmunidad parlamentaria—, lo que para ella y su equipo “sienta un precedente peligroso en Europa: nunca antes un miembro del Parlamento Europeo había sido detenido bajo un procedimiento de flagrante delito por expresar opiniones políticas en redes sociales”.  

En dos años, se han iniciado hasta 16 procedimientos judiciales contra ella, de los cuales 13 han sido archivados. De los 16 procedimientos, ocho han sido iniciados tras denuncias presentadas por organizaciones proisraelíes. Según señalan desde su equipo, “estas actuaciones han sido iniciadas por el Ministerio Fiscal, que opera bajo la autoridad del poder ejecutivo” y tienen el objetivo de “silenciar y desacreditar a una adversaria política”. Todos estos procedimientos tienen su origen en las publicaciones de la política en sus redes sociales en solidaridad con la población palestina. La eurodiputada ha llegado a acumular, en estos dos años, más de 45 horas de interrogatorio y, a pesar de haberse podido valer de su inmunidad parlamentaria, ha acudido a todas las citaciones. En los últimos meses, Hassan ha denunciado vulneración a su derecho a la intimidad, investigaciones intrusivas y desproporcionadas y vigilancia estatal. “Su teléfono fue sometido a vigilancia retroactiva desde enero de 2026, varios meses antes de que se iniciara ningún procedimiento penal. Sus movimientos también fueron rastreados de forma exhaustiva. Se requirió a operadores de transporte, como la SNCF y Thalys, que facilitaran información, mientras que se solicitó a Europol y a Air France que revelaran el historial completo de sus viajes”, denuncia su equipo, que insiste que el juicio del próximo 7 de julio “forma parte de una estrategia política más amplia de intimidación y criminalización dirigida contra los defensores de Palestina”.  

Hassan y su equipo vienen denunciando que, desde el inicio del genocidio en Gaza en octubre de 2023, los y las activistas por la causa palestina enfrentan represión y criminalización en Francia. Para ello, se remiten a las cifras: “El número de condenas por el delito de ‘apología del terrorismo’ se triplicó entre octubre de 2023 y noviembre de 2024 en comparación con el período comprendido entre enero y septiembre de 2023”. 

Hassan ha presentado dos denuncias: una por violación de la confidencialidad de la investigación, y otra por vulneración de la intimidad y abuso de autoridad, en relación con las filtraciones a la prensa durante su detención y el uso de sus datos de geolocalización por parte de los servicios policiales entre enero y marzo de 2026. También ha presentado quejas ante el Defensor del Pueblo francés por vulneraciones de la ética profesional por parte de agentes de policía.  

Acaba de firmarse un acuerdo entre Irán y Estados Unidos para poner fin a la guerra, pero el Ministerio de Defensa israelí ha declarado que Israel no se retirará de los territorios que ocupa en el Líbano, ni de los que ocupa en Siria y Gaza. En estos últimos días hemos visto a un Trump más combativo frente a Netanyahu. ¿Podría haber un cambio de posición por parte de Estados Unidos con respecto a Israel?

Creo que, en cierta medida, Irán se ha consolidado, al menos desde un punto de vista puramente geoestratégico, como una potencia regional. Ha logrado imponerse. Es interesante observar cómo ha evolucionado el lenguaje. Al principio, Trump decía que incluso iba a elegir el régimen que quería en Irán y hoy consiente en negociar sin que se haya producido un cambio de régimen. Considero que Trump tiene dos puntos débiles. El primero tiene que ver con su base electoral, que se opone firmemente a las invasiones terrestres, a causa del trauma que hay con lo que pasó en Irak y Afganistán. De hecho, durante su campaña, él prometió no llevar a cabo más invasiones terrestres. El segundo punto débil que tiene [Trump] es la política israelí, que perjudica directamente los intereses de Estados Unidos en la región. Israel no es un actor fiable, y en la base electoral de Trump cada vez hay más rechazo hacia Israel, no tanto por adhesión a la causa palestina, sino porque toda la base electoral del MAGA tiene en la cabeza el America First. La ciudadanía [estadounidense] es consciente porque sabe que todo esto les cuesta una enorme cantidad de dinero y se pregunta ‘¿por qué tenemos que hacerlo?’.  

NO TENGO CONFIANZA EN QUE LOS ACTUALES DIRIGENTES EUROPEOS ACTÚEN DE BUENA FE, NO SON PERSONAS RESPETUOSAS CON EL DERECHO INTERNACIONAL O LOS DERECHOS HUMANOS; NO TODOS, PORQUE TAMBIÉN HAY PERSONAS VALIENTES 

El Acuerdo de Asociación de la UE con Israel no ha sido cancelado y no se ha tomado ninguna medida significativa, aunque en las calles la posición de las organizaciones de la sociedad civil y de la población es bastante clara. ¿Qué hace falta para que se produzca un cambio de posición a nivel institucional?

No tengo confianza en que los actuales dirigentes europeos actúen de buena fe, no son personas respetuosas con el derecho internacional o los derechos humanos; no todos, porque también hay personas valientes. Tienen la posibilidad de actuar y de decidir, pero no lo hacen; o no la mayoría, a excepción de algunos Estados o de algunos jefes de la diplomacia. Para que el Acuerdo de Asociación sea suspendido, se necesita un consenso de los ministerios de Asuntos Exteriores de los Estados de la Unión Europea. Por lo tanto, no se trata solo de un asunto de las instituciones europeas, sino también de los representantes de los distintos Estados. Son ellos quienes deben posicionarse. Así que, a excepción de algunos Estados como España o Irlanda, la posición de la mayoría le permite a Israel seguir prosperando. Yo, además de llevar a cabo mi trabajo parlamentario, dedico muchísimo tiempo a las movilizaciones, a las conferencias, al trabajo con la opinión pública y con los actores de la sociedad civil. Porque creo que con Palestina pasará lo mismo que pasó con Sudáfrica: llegará un momento en que para nuestros políticos será muy costoso seguir apoyando a Israel. 

De hecho, el país ha perdido el relato de la opinión pública internacional, en general. 

En primer lugar, hay que ganar la batalla de la opinión pública. En el caso de Sudáfrica, la opinión internacional empezó a apoyar progresivamente el fin del apartheid. Empezó a luchar contra él, a boicotearlo. Hay que recurrir a los mismos sistemas y herramientas para con la causa palestina. Eso fue lo que hizo virar a los dirigentes del momento. Creo que con Palestina va a suceder lo mismo; en cierta manera, ya se está empezando a ver. Hay políticos que antes se mostraban orgullosos de estar siendo financiados por lobbies israelíes; ahora vemos cómo se distancian de ellos e incluso se disculpan. Hay otros políticos que están siendo elegidos precisamente por su postura firme en favor de Palestina, como Zack Polanski de los Verdes del Reino Unido. Creo que es la presión popular lo que puede hacer que los espacios institucionales den un giro. 

Hay un ejemplo interesante que muestra que, ahora mismo, apoyar a Israel sale caro, lo hemos visto recientemente en la votación del Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas. Alemania, por primera vez en su historia, no ha obtenido los votos necesarios para conseguir un asiento no permanente en el Consejo. No consiguió suficientes votos, y muchos observadores lo han interpretado como una forma de sancionar al país por su apoyo incondicional a Israel. 

El 7 de julio se te juzgará por “apología del terrorismo”. Desde tu partido se asegura que se trata “un asunto de Estado”. La cita judicial, además, coincide con el juicio por corrupción a Marine Le Pen. ¿Se trata de una coincidencia?

Por mi parte, me lo estoy preparando con serenidad. Estoy trabajando con mi abogado para preparar los elementos procesales que nos permitan impugnar el procedimiento por el incumplimiento de mi inmunidad y por las violaciones del secreto de la investigación que se produjeron durante mi detención, ya que hubo filtraciones organizadas por el portavoz del ministro de Justicia sobre una supuesta posesión de drogas, algo que fue desmentido posteriormente y que era información falsa. Por tanto, vamos a impugnar el procedimiento por su carácter abusivo, desproporcionado y por vulnerar totalmente mi inmunidad. También alegaremos sobre el fondo y vamos a solicitar la citación de algunos testigos. Contamos con el profesor Henri Lawrence, catedrático en el Collège de France y el historiador francés más importante sobre la cuestión palestina. Contamos también con un magistrado que testificará en este caso. Alegaremos e impugnaremos la cuestión de la apología del terrorismo por un tuit. Así que estoy bastante tranquila, a pesar de que se trata de un juicio político y, por lo tanto, no será, a mi entender, ni equitativo ni justo. Sabemos que habrá dos fiscales cuando en Francia, en los asuntos de apología del terrorismo, hay un solo fiscal. Se movilizan dos fiscales en los casos de atentados, cuando se trata de un asunto realmente grave. En mi caso, por un tuit, ya hay dos fiscales que van a estar presentes en la vista. 

En cuanto a la parte civil, los adversarios y las organizaciones de lobbying proisraelíes, parece ser, según me ha contado mi abogado, hay 11 abogados. Así que sí, se trata de un juicio político. Creo que lo que quieren es, en realidad, juzgar a Palestina a través de mí; a los y las activistas. Como dices, ese mismo día sale la sentencia del juicio de apelación de Marine Le Pen [será crucial, porque si se dictamina que es culpable, no podrá ser candidata por las presidenciales de 2027]. No es una coincidencia, efectivamente. Creo que han querido, en el año de las presidenciales, confrontar, de algún modo, a la extrema izquierda con la extrema derecha. 

Hace unos días, en otra entrevista, asegurabas que las autoridades francesas habían desplegado mecanismos de vigilancia y geolocalización en tu contra. De hecho, has presentado un par de demandas por este asunto. 

Efectivamente, hemos solicitado la apertura de una investigación por vulneraciones de la vida privada y por medidas desproporcionadas en el marco de este procedimiento. Veremos qué pasa, pero sí, hemos denunciado.  

A LAS PERSONAS QUE DEFIENDEN CAUSAS PROGRESISTAS SE LAS LLEVA ANTE LOS TRIBUNALES, SE LAS PERSIGUE Y SE LES APLICAN LAS LEYES ANTITERRORISTAS, PORQUE ESTO VALE PARA PALESTINA, PERO TAMBIÉN PARA OTRAS CAUSAS 

¿En qué se distingue esta campaña de las anteriores?

Esta campaña presidencial va a ser determinante, porque en primer lugar contamos con la figura de Jean-Luc Mélenchon, y La Francia Insumisa es mayoritaria entre los simpatizantes de izquierda. Así que tenemos posibilidades de llevar a la izquierda a la segunda vuelta. También es cierto de que hay posibilidad de que Rassemblement National [el partido de Le Pen] obtenga más votos. Va a ser una votación reñida. Además, la extrema derecha está cada vez más normalizada y más cerca del sistema. Recientemente, Jordan Bardella ha declarado que ha mantenido reuniones con los dirigentes del CAC 40, es decir, los líderes de las empresas francesas más importantes. A ellos se les adula desde los medios y a LFI se la demoniza. La sociedad se ha vuelto más fascista. A las personas que defienden causas progresistas se las lleva ante los tribunales, se las persigue y se les aplican las leyes antiterroristas, porque esto vale para Palestina, pero también para otras causas. El ministro Darmanin [de Justicia] ha llegado incluso a hablar de “ecoterrorismo”.  

Se silencia a las voces progresistas y se normalizan los discursos de la extrema derecha. Es por eso que esta campaña es histórica para Francia. Hay dos bloques totalmente opuestos que van a enfrentarse. A esto hay que sumarle una dificultad añadida, y es la falta de unidad en la izquierda: el Partido Socialista y los ecologistas están aún divididos. También hay que añadirle la multiplicidad de candidatos: hay una decena de candidatos de izquierda, así que estas elecciones son un gran reto.  

La Francia Insumisa es hoy una referencia para las izquierdas europeas, que se encuentran en un estado de descomposición. ¿Cómo se trabaja para implicar políticamente a las clases populares?

Lo primero que hay que hacer es ampliar el bloque de simpatizantes de la izquierda, trabajar por la unión, dirigirse también a los militantes ecologistas de los Verdes, porque tenemos un programa sobre la biodiversidad ecológica que se inscribe en una línea clara contra el capitalismo, contra el neoliberalismo, y que es ambicioso. También tenemos que llegar a los simpatizantes de izquierda que aún no son cercanos a LFI y convencerlos. 

En segundo lugar, debemos ir a buscar a los abstencionistas, a aquellas personas que no militan políticamente, que quizás nunca hayan votado y que se sienten excluidas de la política, de la vida pública. Estas personas no solo están en los barrios populares, también se encuentran en la Francia rural.  

Por último, no debemos olvidarnos de los jóvenes, muy a menudo desvinculados de lo público. Por lo que respecta al voto y a la participación electoral, puede haber tasas de abstención muy elevadas entre los jóvenes. Hay que dirigirse a todos estos públicos y hacer campaña sobre el terreno para enviarles un mensaje fuerte. El concepto de una ‘Nueva Francia’ tiene que ser integrador, devolver la imagen de Francia tal como es, y no como dicen los otros que es. Debemos inscribir ese discurso dentro de las luchas progresistas y tenemos que trabajar para conseguir más paridad, más igualdad de género, menos discriminación, más inclusividad… Tenemos que abordar temáticas nuevas que conciernen a los más jóvenes, sin dejar de lado a nuestros mayores. Hay que proponer una articulación política de Francia que permita a un mayor número de personas sentirse incluidas en ella. 

¿Cómo crees que evolucionará el discurso sobre la identidad nacional durante la campaña electoral en Francia?

Respecto a la cuestión de la identidad, vamos a tener [en esta campaña electoral], efectivamente, dos apreciaciones ideológico-políticas. Para nosotros, la identidad nacional es una identidad republicana: ser francés se define por los compromisos comunes, una visión común, una sociedad común. Y para otros, en el caso de los adversarios de extrema derecha, se trata, ante todo, de una identidad nacional fija y excluyente. Por nuestra parte, la cuestión de la identidad tiene una vocación inclusiva. Los otros [la extrema derecha] distinguen entre el buen francés y el francés que nunca será verdaderamente francés, que está en Francia “en el papel”, tal y como dicen ellos. Este es un enfoque racista y tiene como objetivo crear jerarquías en torno a esta cuestión de la identidad nacional. Nuestro concepto de “la Nueva Francia” no solo aborda la cuestión de la identidad, sino que también mira hacia lo social: queremos una identidad nacional más inclusiva y más cercana a la realidad, alejarnos de la Francia con la que fantasea la extrema derecha.

 

[Foto: The Left - fuente: www.elsaltodiario.com]