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quinta-feira, 15 de outubro de 2026

Delphine Horvilleur, tenir debout sous les décombres

Marc Knobel salue la parole de Delphine Horvilleur qui affronte les douleurs israéliennes et palestiniennes.

 

Écrit par Marc Knobel

Le nouveau livre de Delphine Horvilleur aide à penser, à ressentir et à tenir debout quand tout n’est plus que ruines. Mes lectures sont toujours saccadées. J’ouvre un livre. Je le ferme. Je regarde la couverture. Je ferme le livre. Je l’ouvre de nouveau. Pourtant, il est des livres qui, dès la première page, retiennent toute mon attention. Il faut une fluidité. Il faut une pensée. Il faut une écriture. Il faut que les mots viennent à nous. Qu’ils nous arrêtent. Qu’ils nous dérangent. Qu’ils nous obligent à réfléchir. Il faut surtout qu’ils nous touchent.

C’est ce qui m’est arrivé en ouvrant le nouvel ouvrage de Delphine Horvilleur, Sermons sous les décombres.

Les sermons réunis dans ce livre ont été prononcés dans la synagogue où Delphine Horvilleur officie, au soir de Yom Kippour, lors d’offices de Shabbat, de Hanouka, de Pourim, de Pessa’h ou de Rosh Hashana.

Le premier texte, « La prophétie de Léonard », a été prononcé le 24 septembre 2023, au soir de Yom Kippour, quelques jours avant les massacres du 7 octobre. Le deuxième, « La légende de Rabbi Naḥman », date du 13 octobre 2023, alors que le traumatisme, la douleur et l’angoisse avaient déjà saisi Israël, les Juifs de la diaspora et bien au-delà.

« Ces sermons tentent de mettre des mots là où les mots manquent, là où la violence, la peur et le chagrin rendent parfois la parole presque impossible. »

Ces sermons accompagnent ensuite le temps de la guerre, des deuils, de l’attente des otages, des fractures politiques et morales, jusqu’au retour des derniers otages en 2025. Ils tentent de mettre des mots là où les mots manquent, là où la violence, la peur et le chagrin rendent parfois la parole presque impossible.

Delphine Horvilleur écrit (p. 53) : « En traversant tous les mots que j’ai prononcés depuis le 7 octobre, je réalise aujourd’hui combien ils sont troués. Non par manque de lucidité, mais par la force des traumatismes qui les hantent, et tout ce qui empêche de dire ou d’entendre. J’y retrouve tant de fantômes du passé, ceux de mon peuple, et ceux de l’Histoire, les peurs de mes ancêtres et toutes ces douleurs réveillées chez moi ou chez mes proches ».

Cet aveu est rare chez quelqu’un qui parle en chaire. Elle ne prétend pas dominer ce qu’elle traverse, et c’est ce qui rend sa parole crédible.

Les douleurs que l’on ne peut nier

Delphine Horvilleur nous parle des drames qui frappent les Israéliens. Elle ne les évoque pas de loin, à travers des chiffres, des dépêches, des polémiques ou des slogans. Elle a vu cette douleur. Elle l’a rencontrée lors de ses nombreux séjours en Israël. Elle a parlé avec des familles de personnes prises en otage. Avec les proches de victimes assassinées par les terroristes du Hamas. Avec les familles endeuillées, celles qui attendent encore, celles qui savent qu’elles ne reverront plus les leurs.

Elle refuse aussi le renversement des responsabilités, et le dit sans détour (p. 105) : « Le 7 octobre dernier a eu lieu un massacre, mené par une organisation dont le projet est résolument génocidaire, et rien n’a su, ce jour-là, empêcher la tragédie de se dérouler. Dans l’esprit de nombreuses personnes, depuis cette date, les chaînes de causalité semblent se retourner, des réductions caricaturales s’opèrent. Qui aurait cru par exemple que si vite les victimes semblent mises en accusation ? Que s’exprimerait l’idée que des familles brûlées vives, des jeunes réunis à un festival de musique ou des gamins kidnappés et torturés l’auraient un peu cherché ? »

Elle a rencontré les proches de jeunes gens qui assistaient au festival Nova et qui furent tués le 7 octobre. Derrière les chiffres, derrière les discours, derrière les querelles et les commentaires, il y a des visages, des prénoms, des vies interrompues et des familles à jamais bouleversées.

C’est cette douleur israélienne, cette douleur juive, cette douleur humaine, qu’elle porte dans ses sermons. Mais elle ne s’y enferme pas. Elle ne s’en sert pas pour nier ou effacer celle des autres.

Elle prie, aussi, et c’est peut-être là que le livre est le plus nu (p. 82) : « Je prie du fond de notre désespoir, pour que dans cette nuit qui débute, nous sachions encore raconter des belles histoires : pas celles qui feront de nous des assoiffés de vengeance ou des êtres mutilés par la colère, mais celles qui nous rendront plus humains et plus grands ».

« Delphine Horvilleur ne questionne donc pas seulement la douleur des Israéliens. Elle questionne aussi celle des Palestiniens. Elle refuse que les souffrances soient utilisées les unes contre les autres. »

À Gaza aussi, des familles sont endeuillées. Des enfants meurent. Des maisons disparaissent. Des vies sont brisées, bouleversées ou détruites. Cette douleur-là ne peut être niée, minimisée ou effacée d’un revers de la main.

Delphine Horvilleur ne questionne donc pas seulement la douleur des Israéliens. Elle questionne aussi celle des Palestiniens. Elle refuse que les souffrances soient utilisées les unes contre les autres. Elle rappelle, avec gravité, qu’il n’y a pas d’humanité véritable lorsque la douleur d’un peuple rend aveugle à celle d’un autre.

C’est sans doute l’une des forces les plus profondes de ces sermons : dire la blessure juive sans devenir aveugle à celle des Palestiniens ; refuser l’indifférence sans céder aux simplifications ; tenir ensemble la mémoire, la compassion et l’exigence d’humanité.

Sa lecture du Talmud est toujours tournée vers le présent et n’est jamais étrangère à la question politique (p. 99) : « Doit-on considérer comme les rabbins du Talmud, que la lumière véritable ne vient jamais autant d’une victoire militaire que d’une lumière qui jaillit d’ailleurs ? Jamais de la simple force des armes sur un champ de bataille, mais toujours d’une source inattendue qui saura rompre avec l’obscurité ou l’obscurantisme ? » C’est sa méthode : une question tirée d’un texte ancien, qui laisse le lecteur seul avec elle. Pas de réponse facile.

Je ne dis pas que cela est simple. Rien ne l’est. Il est même devenu particulièrement difficile de tenir cette parole, tant les injonctions sont fortes, tant les passions sont exacerbées, tant les uns et les autres veulent parfois nous assigner à un camp, à une douleur unique, à une fidélité exclusive.

Rester debout

Il m’arrive de vivre sous une pression constante. Une pression qui n’a qu’un seul mot : oppression. Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle de nous. Sans que l’on dise ce que les Juifs seraient devenus. Sans que l’on interroge notre place. Sans que l’on nous explique ce que nous devrions penser, ce que nous devrions dire, ce que nous devrions ressentir. Sans que l’antisémitisme soit parfois relativisé, déplacé, nié ou travesti.

Dans ce climat, les mots de Delphine Horvilleur sont précieux. Ils ne donnent pas de réponses faciles. Ils ne cherchent pas à flatter. Ils ne prétendent pas faire disparaître les décombres. Mais ils nous invitent à les regarder. À entendre ce qui se dit sous les gravats de l’histoire, de la peur et du chagrin. À ne pas détourner les yeux.

Elle relie les textes de la tradition juive. Elle interroge la Bible. Elle convoque les récits anciens, les figures rabbiniques, les légendes et les paroles transmises. Mais elle ne se réfugie jamais dans le passé. Elle fait du passé une lumière, parfois fragile, parfois vacillante, pour éclairer notre présent.

« Les mots de Delphine Horvilleur sont précieux. Ils ne donnent pas de réponses faciles. Ils ne cherchent pas à flatter. »

Lorsqu’elle nous prévient que les mots peuvent devenir des maux, elle touche à l’essentiel. Car les mots ne sont jamais innocents. Ils peuvent nommer. Ils peuvent consoler. Ils peuvent éclaircir. Mais ils peuvent aussi désigner, accuser, préparer l’exclusion, nourrir la haine et justifier la violence. Nous le savons, nous qui vivons dans un temps où l’injure, l’amalgame et la déshumanisation se diffusent avec une facilité effrayante.

J’ai toujours eu du mal avec les rabbins. Je n’entre pas facilement dans une synagogue. J’y vais rarement. Mais je n’ai aucun mal avec Delphine Horvilleur. J’apprends d’elle. Je lis en elle le passé, le présent et peut-être l’avenir de l’humanité.

Sermons sous les décombres possède cette force que peu de livres ont. La force de nous atteindre. De nous inquiéter. De nous relever. Et de nous obliger à penser.

Dans une époque où je me sens sans cesse ramené à ce que je suis, à ce que nous sommes, à ce que les autres disent des Juifs, le livre de Delphine Horvilleur me redonne la possibilité de penser, de ressentir et de tenir debout.

Il ne fait pas disparaître les décombres.

Il me permet de ne pas m’y perdre. 


Sermons sous les décombres de Delphine Horvilleur,
Olivier Nora éditions, octobre 2026,
230 pages, 21 €

[Source : www.revuedesdeuxmondes.fr]

quinta-feira, 1 de outubro de 2026

«Las mujeres de mi padre», novela de José Eduardo Agualusa

Escrito por Ricardo Martínez Llorca 

Cualquier tendencia a comentar por parte de un europeo que África no se acaba nunca cae en el riesgo de ser considerada neocolonialismo. ¿Cómo expresar esta idea sin pecar de una mirada sobreprotectora o admirativa, como se admiran las postales de los lugares más bellos? Tal vez recurriendo a los propios africanos, refugiándonos en la lectura de los africanos que sostienen a su manera esta misma idea: Mia Couto, Chinua Achebe, Wole Soyinka, Adbulrazak Gurnah, Coetzee, Ngugi Wa Thiong’o, Chimamanda Ngozi Adichie, NoViolet Bulawayo, y muchos más, entre los que se incluye al autor que aquí nos convoca, el angoleño José Eduardo Agualusa (Huambo, Angola, 1960). 

En esta novela, Las mujeres de mi padre, Agualusa escribe como si él mismo se estuviera dando cuenta del descubrimiento que es su región natal, su espacio educativo, lo que se supone que le ha ayudado a construirse, a construir su naturaleza. 

Para ello comienza por construir a un personaje, una mujer, que intenta reconstruir la vida de quien se supone fue su padre biológico a través de múltiples encuentros en Angola y Mozambique, dos países a los que une el idioma. El padre en cuestión resultó ser un mujeriego lo bastante encantador, un compositor y cantante, como para proyectar una película sobre él. La historia de una documentalista que viaja a Luanda para asistir a un funeral y decide reconstruir el itinerario de alguien que no permanecía más de dos o tres años en cada ciudad, fundaba una familia y volvía a la carretera, es más el impulso para la creación que la creación misma. Se intentarán recoger los testimonios de las viudas y de otras personas que le conocieron, y se terminará por descubrir el secreto que guardaba. 

El libro está proyectado desde diferentes voces y en capítulos cortos, porque es un aparato poliédrico, plural, rico en texturas, una serie de cualidades que comparte con dos de nuestras grandes debilidades: el viaje y la memoria. En realidad, lo que nos viene a decir es que es imposible conocer el cuadro completo, que lo que tenemos a nuestro acceso son fragmentos y que con ellos deberíamos estar contentos. Ni ser originario de un lugar ni regresar a él como una persona muy preparada para el conocimiento nos van a otorgar el don de la sabiduría, sino el del desconcierto, aunque sea en diferente grado. Y lo que más desconcierta suele ser la frustración de compaginar el amor y el odio, y aceptar que el mal hubiera sido la indiferencia. Y también descubrir que encontrarse con muchas vidas es lo mismo que encontrarse con mucha vida, solo que cambia el ritmo, porque mucha vida podría suceder lentamente, pero a través de vidas múltiples el ritmo será bastante más rápido. 

Agualusa nos vuelve a llevar a esos lugares donde sucede lo imposible, como que un pianista carezca de manos o un ciego padezca de vista cansada. El viaje, nuevamente, merecerá mucho la pena, aunque sea a través de la mirada de los demás. 


Traducción de Rosa Martínez-Alfaro

Nota al margen

Madrid, 22026

412 páginas 

[Fuente: www.culturamas.es]

domingo, 27 de setembro de 2026

«Mira la mar, Marcel•la!», una antologia que convida a navegar J. V. Foix

Poesia | Selecció de poemes —i de proses— que Montse Ginesta i Lluís Quintana Trias ens ofereixen en un format especialment atractiu

J. V. Foix

Escrit per Daniel P. Grau 

L’univers mariner de Foix emergeix amb força en aquesta petita obra d’art que té cura tant del contingut com de la forma i reivindica la bellesa del llibre com a objecte. 

La poesia deu ser el gènere literari que més atenció ha rebut i rep per part dels antòlegs. A més a més, la tipologia d’antologies pot ser molt diversa: des d’aquelles que fan un repàs al conjunt líric d’una llengua a les que se centren en un sol llibre d’un sol autor; des de les que ens mostren un moviment literari a les temàtiques… 

En tots els casos, hem de deixar clar que el que irremeiablement domina la tria és el gust de l’antòleg. Cal assumir-ho amb la màxima normalitat i sense esquinçar-se les vestidures, cosa habitual en la crítica que es fa de les antologies, amb qüestions que solen anar per aquests camins: amb quins paràmetres s’han pres les decisions?; per què n’ha quedat fora tal autor?; com és que s’hi ha triat aquest poema i no aquell altre?…   

A mi, m’agraden particularment les antologies temàtiques, d’un sol autor o de diversos. Poden resultar un acostament força interessant, a més de ben útil en determinades situacions. Per exemple, si mai us demanen que intervingueu en un casament —m’ha passat més d’una vegada—, una antologia de poemes d’amor us hi pot ajudar. 

I si voleu fer un regal a algú que li agradi la mar —a qui no li agrada la mar?—, teniu una molt bona opció en Mira la mar, Marcel·la, la selecció de poemes —i de proses— de J. V. Foix que Montse Ginesta i Lluís Quintana Trias ens ofereixen en un format especialment atractiu: 26,5 × 16,5 cm, tapa dura, bon paper i la reproducció d’il·lustracions de pintura sobre fusta de Montse Ginesta mateixa, amb una maquetació valenta i ben treballada de Jordi Avià —permeteu-me que també esmenti el dissenyador i maquetador del llibre, perquè s’ho mereix—; un conjunt preciós.

J. V. Foix, Mira la mar, Marcel·la!, Abadia de Montserrat (2026)

J. V. Foix és un poeta —ell es proclamava “investigador en poesia”— original, amb una riquesa idiomàtica i una tècnica excepcionals, un avantguardista que connecta amb els clàssics, que beu en els trobadors, en els clàssics catalans i italians, amb unes metàfores impactants i rimes insòlites —ja em direu qui és capaç de fer rimar Freud amb introit en un sonet de decasíl·labs perfectes: “Ens banyarem de frac: som a l’introit […] Del son, grosser, ja en parla Sigmund Freud”; crec que l’altra única opció en català és coit—, que es mou amb gran facilitat entre les formes tradicionals i el vers lliure o la prosa poètica, trenca els límits dels gèneres literaris i ofereix textos que no sempre resulten del tot accessibles. 

És per això que el gran públic agrairà —les antologies també poden tenir una funció didàctica— les explicacions que Ginesta i Quintana ofereixen com a introducció de cadascun dels textos escollits. Bé, tampoc no cal espantar-s’hi, perquè els textos seleccionats, amb molt bon criteri, van des de la poesia metafísica i transcendent del sarrianenc a les proses sobre la seva vida quotidiana d’estiuejant a la caseta de pescadors que va adquirir al final de la dècada de 1940 al Port de la Selva. En tot cas, les aportacions dels antòlegs són sempre mesurades i adients: contextualitzadores i aclaridores sense excessos. 

Us ofereixo, com a exemple, el text d’un dels cal·ligrames que recull aquesta antologia, precedit per la introducció dels antòlegs:  

“Foix va compondre alguns cal·ligrames, poemes que disposen els versos de manera que formen un dibuix que evoca el contingut del text. Es un procediment que té una antiquíssima tradició, però que les avantguardes del segle XX van reivindicar amb força. Aquest cal·ligrama és un poema amorós, en què el jo poètic, navegant («nauxer») de l’embarcació representada en el cal·ligrama, s’adreça a la seva estimada, «ocell entre els ocells», i manifesta el seu desig d’apoderar-se’n tot i saber-ho impossible, perquè ella cauria «en intocable riba». El banderí du la data 18-XI-51 però hauria de dir 18-IX-51, la data en què Joana Givanel feia anys. 

Si l’ocell fossis tu entre els ocells cerosos que ençà i enllà del mar amoregen deserts taciturns, o, amb bec clarós, picotegen estels sangonejants a l’alguera cativa, jo seria el nauxer de braços tenebrosos que abat ocell i estel en intocable riba.

J. V. Foix

18-XI-51” 

El cal·ligrama corresponent, amb una embarcació de vela que navega sobre una mar de paraules, acompanyada per uns ocells, el trobareu reproduït tot seguit en el llibre. A banda de les magnífiques il·lustracions de Montse Ginesta, també hi ha un desplegable amb fotografies de Foix ben marineres: en alguna, navegant amb el seu llagut, El Freu de la Medella.  

Durant els períodes feiners, el podíeu trobar darrere el taulell, cobrant molt eficientment els pastissos i els bombons que es podien comprar al negoci que la seva família regentava a Sarrià. Com em conta el meu amic Dominic Keown, que, en la seva època d’estudiant d’intercanvi hi anava cada diumenge, durant tot un any, només pel gust que l’atengués —per falta de coratge, mai no es va atrevir a dirigir-li la paraula i en sortia amb un pastisset—, poca gent podia imaginar que darrere d’aquella personeta encorbatada hi havia un dels poetes més genials del nostre segle XX.  

Keown va fer després la seva tesi doctoral sobre la lírica avantguardista catalana, centrada en Joan Salvat-Papasseit i J. V. Foix, i va acabar la seva carrera acadèmica com a catedràtic d’estudis catalans a la Universitat de Cambridge.

 

[Foto: Fundació J. V. Foix - font: www.diarilaveu.cat]





quarta-feira, 23 de setembro de 2026

Retrouver sa voix

Ce sont des voix qui ont marqué l’histoire. Elles se sont élevées jusqu’à la cassure. Sous le feu des critiques, en proie aux calomnies… elles n’ont cessé de chanter. On les appelle « divas ». Certains disent qu’elles sont capricieuses, arrogantes, trop ambitieuses. Ne les écoutez pas. La romancière et essayiste québécoise Martine Delvaux leur offre un hymne aussi noir que lumineux dans Divas. 

Nina Simone (1982) 

Écrit par Aline Bieth 

Paradoxe d’un récit sur la voix des femmes : l’écriture de Divas commence dans le silence et les larmes. « Les menaces, les insultes, l’impression d’être traquée avaient fini par m’envelopper dans un linceul de silence », confie dès les premières pages Martine Delvaux – figure canadienne du féminisme, dont les prises de parole publiques suscitent une violence acharnée. Cet automne-là, c’est « l’acmé d’une certaine violence à mon endroit », dénonce l’essayiste. Elle s’enferme dans le mutisme : pour la première fois, elle se résout à se taire. Mais cet automne du silence est aussi celui d’une nouvelle quête : elle tend l’oreille vers la voix de ces femmes de la Grèce antique à nos jours – « accusées de sorcellerie et mises au bûcher » à l’époque médiévale, cibles du sexisme et de la discrimination ordinaire, moquées, diffamées… Martine Delvaux collecte, « traversée par la conviction que c’était nécessaire. Ma vie, ma voix en dépendaient ». 

Son paysage automnal, comme s’il n’était pas assez noir, s’obscurcit plus encore : une défenseuse des droits des minorisé·es se suicide. Dans son mutisme, apparaissent les larmes de l’autrice. Ressurgissent aussi ses fantômes – des femmes qui ont payé de leur vie d’avoir été femme : l’écrivaine Nelly Arcan, retrouvée chez elle pendue, le cou entouré d’un foulard de soie ; une « amie d’adolescence kidnappée […] et jamais retrouvée » ; et puis « le fantôme de tous les fantômes », sa grand-mère assassinée par son mari. Suicide, kidnapping, meurtre, mais également abandon. Parmi tous ses fantômes, il y a aussi son père, « qui a choisi de ne pas être mon père », confie-t-elle. Et puis, tout à coup, dans cet « automne d’épouvante », dans cette valse fantasmagorique, surgit une voix. 

« Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte, pas […] Laisse-moi devenir / L’ombre de ton ombre / L’ombre de ta main / L’ombre de ton chien » En cette veille de Noël, ce n’est pas Jacques Brel qui entonne ces mots, mais une diva : Nina Simone. Elle « est venue me dire quelque chose sur ma voix à moi, souvent tue, alors éteinte, peut-être perdue », écrit Martine Delvaux. En larmes, à l’écoute de sa diva, les premières questions se bousculent : « À quel moment ai-je perdu ma voix ? Quelle main invisible s’est posée sur ma bouche ? » Des questions partagées avec la philosophe Claire Marin, et surtout des signes montrant un chemin d’écriture qui restait alors à tracer parmi toute cette documentation amassée. Il fallait parler de la voix des femmes – oui, mais comment.

Écrire les divas : un projet nébuleux, non défini, dirait-on sans doute dans la recherche. Divas : objet indiscipliné, en voulant être de toutes les disciplines ; objet insaisissable, d’avoir été mis en cage ; objet invisible, d’être trop visible. Brillamment, l’autrice propose d’en faire l’archéologie – au sens foucaldien du terme. À foison, elle collecte : coupures de presse, critiques, interviews, débats télévisés, (auto)biographies, spots publicitaires, paroles de chansons, sans compter les multiples récits offerts par chaque interprétation scénique d’une chanson. À travers ces matériaux, vous n’entendrez pas seulement la voix de ces divas, mais aussi celles de leurs détracteurs – nombreux. 

« Il ne s’agit pas pour moi d’attraper les divas, toutes les divas, dans le but de les collectionner, d’en faire une encyclopédie ou un dictionnaire », précise l’essayiste. Entre la mise à nu de ses blessures intimes et le fin désossage de ces discours aux allures de diatribes dont les divas ne cessent d’être la proie, elle construit une « révérence pour les remercier de permettre à des femmes comme moi, dit-elle, […] de continuer à essayer, malgré tout, de parler ». C’est un livre écrit d’un seul trait. Pas de chapitre. Seulement une voix qui avance, sans plan. Une voix qui ne cesse de parler – de peur d’être coupée, peut-être. D’un paragraphe à l’autre, nous voilà déjà ailleurs. On suit le mouvement de la pensée de son autrice, qui tâtonne, et doute sans se cacher du livre qu’elle nous donne à lire. « Quel était l’intérêt de ce projet sur les femmes et la voix ? », s’interroge Martine Delvaux dès la deuxième page. Divas est un livre qui se cherche en même temps qu’il s’écrit. Comme un patchwork de toutes ces voix, chacune singulière, on avance dans ce récit comme dans le journal d’un jour sans fin. 

Ici, la forme fait œuvre : à elle seule, elle raconte cette difficile montée de la voix des femmes constamment empêchées, étranglées, muselées depuis l’Antiquité. Cent pages, bientôt cent cinquante… Face à cette accumulation d’attaques infernales retranscrites au fil des pages, face à ces drames de vie ou ces chutes sous les flashs indécents des paparazzis, arrive l’étouffement du lecteur. Cette forme qui accumule la matière jusqu’à nous étouffer, nous lecteurs, matérialise cette gorge féminine, en proie à l’étranglement, décrite par l’autrice. Une gorge « siège de la beauté » et « lieu par où arrive la mort ». C’est par la gorge que meurent les femmes dans les œuvres dramatiques grecques – Antigone et tant d’autres. Le 16 novembre 1980, jour de la mort d’Hélène Legotien, épouse du philosophe Louis Althusser, on étrangle encore les femmes. Une « asphyxie par strangulation manuelle », assure le rapport d’autopsie. Le philosophe cachera « son féminicide derrière un geste de massage ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Martine Delvaux évoque cette porte toujours dressée devant la bouche des femmes. « Encore aujourd’hui, les bouches des femmes sont perçues comme des portails, et celles des hommes comme des sentinelles », affirme-t-elle, reprenant les mots de la poétesse canadienne Anne Carson. Vivre face à ces portes étouffantes, combattre pour s’en affranchir, telle est l’expérience quotidienne de toutes les femmes. Ce livre donne à ressentir l’épaisseur de ces portes et leur poids étouffant. 

Mais l’accumulation suffocante ne suffit pas. Il faut ralentir le temps – « je prends mon temps », déclare avec franchise Martine Delvaux. Elle poursuit : « ce temps m’appartient, je l’allonge, l’étire parce qu’on ne vient pas à bout des divas, on ne vient pas à bout de la voix ». Il faut aussi répéter, marteler, dire et redire, comme si certains événements méritaient plusieurs lectures pour être entendus, ou devaient être associés à d’autres pour être mieux lus. Car la répétition est Encore et jamais identique, comme l’affirme Camille Laurens. Rassemblées dans ce récit polyphonique marqué par des fragments de vie répétés – à la manière d’un motif musical –, les divas s’éclairent mutuellement. La constellation de voix dessinée par Martine Delvaux est immense : Nina Simone, Maria Callas, Madonna, Beyoncé, Céline Dion, Édith Piaf, Ariana Grande, Taylor Swift, Barbara, Celia Cruz, Sinéad O’Connor, Amy Winehouse, Teresa Stratas… On ne pourrait toutes les citer. 

Plus qu’un livre sur les divas, ce récit est un livre sur l’écriture. Sur sa naissance, dans les larmes, comme si vivre ne suffisait pas, comme s’il fallait survivre pour se mettre à écrire. Sur sa poursuite, émaillée de doutes et d’oublis immanquables. S’achève ainsi le premier compte rendu où je ne vous raconterai que très peu ce qui est dit ou ce que j’ai appris. J’ai voulu vous raconter ce que le livre m’a fait. C’est peut-être cela la marque des plus grands récits. Marquer le corps, plutôt que l’esprit. 

 

Martine Delvaux | Divas. Héliotrope, 252 p., 20 € 

[Photo : CC0/WikiCommons - source :  www.en-attendant-nadeau.fr]

 


sábado, 19 de setembro de 2026

«Boundaries Road», novela de Cecilia F. Santomé

 

Escrito por Ramón Nicolás 

Non revelo nada novo se afirmo que as novelas, desde hai ben anos, presentan as fronteiras xenéricas cada vez máis diluídas e difusas. Xa o afirmou Doris Lessing no seu día:  “Non hai leis para a novela. Nunca as houbo, nin poderá habelas xamais”. Cantas veces nos atopamos propostas narrativas nas que conviven, non sei se en harmonía pero si con efectividade, prosa con ensaio e con fragmentos de inspiración ou feitío claramente dramático.

Esta novela de Cecilia F. Santomé, que ademais foi galardoada co premio Blanco-Amor, demostra o que arriba se dixo pero indo, talvez, un chisco máis alá pois, alén de incluír unha novela final, incorpora dúas partes máis que gozan de certa independencia, sendo a primeira delas unha recreación ou reescrita da primeira novela que a autora publicou –Quérote, eu tampouco- tal e como ela mesma confesa.

É así, evidente, que esta Boundaries Road goza dunha indiscutible variedade ou, se se quer, heteroxeneidade tanto no que se refire aos puntos de vista empregados como aos argumentos recreados e aposta, sen dúbida, por unha maior complexidade formal que deseña unha recepción un tanto máis esixente. Cadaquén terá os seus favoritos: para min, non o dubido, é toda a parte inicial cun protagonismo marabilloso ás glicinias a esa segunda parte, tan transparente e realista, na que Cecilia procura e procura, ata quedar exhausta, a validación dun cadro dun célebre pintor nun exercicio no que alén do proceso de investigación é manifesto priorizar o factor memorialístico.

Mais, con todo, esa é unha parte secundaria pois a proposta, que se abre con Cecilia, que precisa alugar un cuarto e conseguirá no número 62 da rúa que lle dá título ao libro onde Natalie e Tom a acollerán, se se pode dicir así, pero desde onde se constrúe unha rede que bebe nas profundidades da psicoloxía humana. Mais no fondo da novela talvez destaque a recreación de motivos como son a soidade, as identidades e as posibles crises que desde ela se poden xerar, a comunicación -ou falta dela-, a emigración, as contradicións, a precariedade laboral e un certo aquel melancólico que abala dun lado a outro e que, por veces, é bo que así sexa.

 


 

Cecilia F. Santomé

Boundaries Road

Xerais, Vigo, 272 páxinas, 18,95 €, 2026

 

 

[Fonte: cadernodacritica.wordpress.com]

quarta-feira, 16 de setembro de 2026

«Nexus», de Noah Yuval Harari

Cada nou treball de Yuval Noah Harari arriba envoltat d’expectació. Abans fins i tot d’obrir-lo, molta gent ja hi té una opinió formada. Uns esperen una altra demostració de la seua capacitat per connectar història, política, biologia i tecnologia en un mateix relat.

Assaig | Traducció de Núria Busquet Molist | Informació i veritat no són sinònims

Noah Yuval Harari 

Escrit per Josep Manel Martí i Gómez

Altres es preparen per trobar-se amb les simplificacions que sovint se li retreuen. Amb Nexus. Una breu història de les xarxes d’informació des de l’Edat de Pedra fins a la IA, l’historiador israelià torna a fer allò que millor sap: agafar un tema immens, estirar-lo al llarg de milers d’anys d’història i intentar explicar per què hem arribat fins ací. 

El subtítol parla d’una història de les xarxes d’informació des de l’edat de pedra fins a la intel·ligència artificial, però el llibre va una mica més enllà. En realitat, Harari intenta respondre una pregunta que travessa bona part de la seua obra: com és possible que milions de persones cooperen entre elles, compartisquen creences i construïsquen societats enormes sense conéixer-se personalment? 

La seua resposta té a veure amb la manera com circula la informació i amb les estructures que fan possible aquesta circulació. Pot semblar quelcom bastant evident, però Harari li dona moltes més voltes. Per a ell, les societats no es mantenen unides només perquè compartim dades o coneixements. També compartim creences, relats, lleis, tradicions, documents, símbols i tota mena d’històries sobre qui som i com funciona el món.  

Algunes tenen una base real més sòlida que altres, però això no és sempre el més important. De fet, una de les idees que apareix una vegada i una altra al llarg del llibre és que informació i veritat no són sinònims. 

Noah Yuval Harari, Nexus, Edicions 62 (2024)

El que li interessa és entendre com aquestes idees aconsegueixen coordinar milions de persones que no es coneixen entre elles i fer possible formes de cooperació que, d’una altra manera, serien impensables. La crítica d’Harari a l’argument que més informació genera automàticament més coneixement és probablement una de les parts més estimulants del llibre.

Durant dècades, i especialment amb l’expansió d’internet, es va estendre una certa fe tecnològica segons la qual l’accés massiu a la informació acabaria afavorint societats més lliures, més racionals i millor informades. Nexus qüestiona aquesta premissa. 

La informació pot ajudar a descobrir la veritat, però també pot servir per construir ficcions compartides, reforçar identitats col·lectives o consolidar estructures de poder. Llegit des d’aquesta perspectiva, hi ha moments en què el llibre recorda algunes de les inquietuds que Orwell va explorar a 1984, encara que Harari no parla tant de censura com de la capacitat dels sistemes informatius per modelar la percepció de la realitat. 

Per explicar-ho recorre a exemples molt diferents entre si. Salta de textos religiosos a burocràcies imperials, de persecucions ideològiques a moviments polítics moderns, de la impremta a les plataformes digitals. En qualsevol cas, el passat és només una part de la història que conta Nexus. El seu interés principal està en el present i, sobretot, en allò que ve. La intel·ligència artificial apareix com el punt on desemboquen totes les preguntes anteriors. 

I és ací on el llibre es torna més inquietant: per primera vegada tenim sistemes capaços de produir informació, analitzar-la i actuar-hi sense necessitat d’intervenció humana constant. Pot semblar una diferència tècnica, però per a ell és un canvi de dimensions històriques. 

Qui decideix què és rellevant? Qui controla els fluxos d’informació? Què passa quan una societat deixa de compartir una mateixa base de fets? Són preguntes que apareixen de manera recurrent i que donen unitat a tot el llibre. 

Que la intel·ligència artificial acabarà transformant el món sembla bastant evident. La qüestió és entendre allò que està canviant exactament i fins a quin punt continuem interpretant aquests canvis amb categories que pertanyen a una altra època. 

Perquè, al capdavall, el llibre tracta sobre qui pren decisions, sobre quines històries acabem acceptant com a certes i sobre què passa quan els mecanismes que produeixen i distribueixen informació adquireixen una autonomia que no havien tingut mai, que comencen a participar en processos que fins ara depenien exclusivament d’éssers humans: generar relats, recomanar continguts, filtrar informació, prendre decisions administratives o influir en l’opinió pública.  

La irrupció de sistemes capaços d’analitzar, produir i difondre informació de manera autònoma altera aquesta relació d’una forma difícil de comparar amb transformacions anteriors. És ací on Nexus situa el centre de gravetat del debat. No tant en la tecnologia mateixa com en les conseqüències polítiques, socials i culturals que poden derivar-se del fet que una part creixent de la informació que consumim, compartim i utilitzem per prendre decisions deixe de passar exclusivament per mans humanes. 

 

[Foto: Wikimedia Commons - font: www.diarilaveu.cat]

 

terça-feira, 15 de setembro de 2026

Ian McEwan fa servir la novel•la per descobrir ‘Què podem saber’ de la història

Una ficció en dos temps per revelar les dificultats d'explicar el passat sense haver-lo viscut: un professor de literatura del 2119 estudia el sopar de 2014 en què el poeta Francis Blundy va llegir un poema mític que després va desaparèixer. Segons McEwan, «una celebració de la poesia» a través del gènere de la novel·la, «una màquina fantàstica per estudiar la condició humana».

Ian McEwan 

Escrit per Àlex Milian 

Afirma Ian McEwan que la seva última novel·la, Què podem saber (Anagrama), «és una manera d’especular com escrivim la història o el passat, com ens situem dins la història i la dificultat de entendre-la». L’editora d’Anagrama Silvia Sesé ho expressa d’una altra manera: «La novel·la qüestiona què podem saber d’una època passada per molt que investiguem i moltes dades que tinguem: fins on arribaran els fets i fins on les conjectures quan intentem recrear aquell passat?». 

Per aconseguir-ho, McEwan, que reconeix que estima el gènere de «la biografia literària», retrata uns professors de literatura que, en el futur, investiguen una obra literària de 2014. Per tant, l’acció transcorre en dos temps diferents. 

Per una banda, retrata la forma de treballar dels experts en literatura anglesa el 2119, en un món distòpic on el nivell del mar ha pujat i Anglaterra són «moltes illes entre illes», després de fenòmens que anomenen «la guerra nuclear, el cicle de l’aigua i el Desgavell». Des d’aquell futur postapocalíptic, dos estudiosos investiguen un moment de la literatura anglesa que consideren fonamental, el Segon Sopar Immortal, on un famós poeta —Francis Blundy— li va llegir a la seva esposa Vivien un mític poema de quinze sonets, del qual no s’ha conservat cap còpia. Els investigadors del 2119, carregats de molta més informació de la que disposaven els filòlegs sobre el segle XIX o començaments del XX (missatges de mòbil, missatges electrònics, testimonis posteriors sobre aquella nit), intenten reconstruir què va passar amb els vuit convidats al sopar de Vivien i Francis, i per què va desaparèixer el poema. 

D’aquesta manera, ens anem fent una idea de com és cadascú, però aquesta idea no té per què ser correcta. Com deia McEwan en la presentació de l’obra en roda de premsa per videoconferència, «no veurem l’ànima despullada de ningú en un mail seu». Ni en un missatge de mòbil. 

McEwan explica que, «si llegim tres biografies diferents d’un mateix escriptor, acabem tenint tres persones diferents davant nostre». De «forma inevitable», cada autor, amb les dades que haurà tingut (i les seves idees i els seus prejudicis, etc.) s’haurà format una idea diferent de l’escriptor i així el descriurà. 

La novel·la de McEwan, Què podem saber (Anagrama, 2026), recorda, per la reconstrucció d’una obra literària d’un autor inventat, Possession d’Antonia S. Byatt, del 1990 (en castellà també en Anagrama), però amb més distanciament. Allò que en Possession esdevenia una passió literària amb més d’un segle de distància, aquí està ponderat per laironia de McEwan i la seva crítica als cercles intel·lectuals actuals. 

D’altres ho comparen a Foc pàl·lid de Nabokov (La Magrana), una altra crítica a la crítica literària construïda com una sèrie de comentaris i anàlisis textuals a l’últim poema d’un autor que acaba de ser assassinat. Una crítica que converteix el lector en detectiu de la mort del poeta. 

La diferència és que McEwan sap girar la truita com pocs autors en la literatura. Ho feia a Expiació, la seva obra més coneguda i ho torna a fer a Què podem saber. 

L’escriptor, de 78 anys, ha sabut jugar sempre amb històries impactants, personatges complexos i estructures innovadores que sovint amaguen un gir de guió definitiu. El 1999 va guanyar el Premi Booker amb Amsterdam, però el seu gran èxit, multipremiat i portat al cinema, va ser Expiació (2001). El 2020 va capgirar la història de la Metamorfosi de Kafka convertint una panerola en ésser humà a La panerola i el 2022 va obtenir un nou èxit de crítica amb Lliçons (Anagrama, 2023). 

Ian McEwan espera que aquesta novel·la sigui «una celebració de la poesia», el motor misteriós que mou els personatges de 2014 i de 2119. «Veig la poesia —afirmà McEwan— com una forma literària superior. Representa el pinacle de les formes d’expressió en qualsevol llengua». 

Tanmateix, reconeix que no se’n va sortir quan va intentar escriure poesia en la seva joventut i es va decidir per la novel·la, que «és una màquina fantàstica per estudiar la condició humana». Segons McEwan, la novel·la «no pot morir perquè és el millor mitjà per a examinar les ments, les dels altres i la nostra pròpia ment. Perquè la novel·la capta una cosa que el cinema no pot: el flux del pensament i la natura del malentès alhora que ens situa en un context històric i social». 

Què podem saber ho confirma. 

 

[Foto: Annalena McAfee - font: www.eltemps.cat]


segunda-feira, 14 de setembro de 2026

«Goma de borrar», novela de Valeria G. Caneda

 


Escrito por Ramón Nicolás 

Que alguén, como é o caso, consiga estruturar unha proposta narrativa con acerto, que teña cousas que contar e o faga con contención, que adopte ademais unha perspectiva que faga cooperar, e pensar, á persoa que le é, paréceme, unha excelente noticia que fai mirar, ademais, con esperanza o futuro desta nosa República das Letras ao pensarmos neses recambios necesarios e nesas voces novas que se van asomando. Non teño dúbida ningunha, Valeria G. Caneda (Xinzo da Limia, 2004), que tamén gañou o I Certame Literario Antón Tovar organizado polo Padroado do Museo da Limia co poema «Tanto camiñei, camiñei tanto», pertence a ese grupo. Probou sorte, así pois, cun galardón como é o Xuventude Crea de Novela Curta, que convoca anualmente con éxito a moitas persoas novas no ámbito da creación, neste caso literaria, e conseguiu que a súa proposta, Goma de borrar, acadase o segundo premio e a súa publicación en Edicións Xerais.

G. Caneda, polo tanto, estréase no ámbito da narrativa e faino con algo que é difícil de explicar. Planea nestas páxinas unha sorte de pulso propio, estilizado e alleo ou distante á mantenta daquilo que non é verdadeiramente esencial. Velaí como aborda con orixinalidade, abeirada ao espírito fragmentario e, ao tempo, aplicando unha tonalidade poética, unha problemática que revela o asunto ou núcleo principal desta entrega, isto é e de xeito esquemático, a violencia sexual inserida nunha etapa moi concreta como é a adolescencia; etapa á que, por extensión, se lle aplica outra perspectiva afastada de certos estereotipos.

Non hai afán didáctico nesta proposta. Antes ben, apréciase unha exposición aséptica de como unha rapaza dá en desvincularse xa non só do universo afectivo máis próximo senón tamén do que é a súa propia identidade, que dalgún xeito se substitúe, para afondar, talvez sen decatarse, nunha relación tóxica e  ofegante que a vai converter noutra persoa, nun remuíño que tamén modificará a súa maneira de ver e entender o mundo.

Aínda así tamén hai outro foco relevante, o da amizade e a sororidade: elementos operativos para iluminar territorios nos que pode brillar, aínda, a esperanza.

 

Valeria G. Caneda

Goma de borrar

Xerais, Vigo, 112 páxinas, 15,95 €, 2026 

 

[Fonte: cadernodacritica.wordpress.com]

Franc Bardòu publica un omenatge poetic a Catalonha e al Primièr d’Octòbre

Lo libre, paregut a l’ocasion de la Diada, es illustrat amb de fotografias de l’autor e rend omenatge al pòble catalan e al referendum d’independéncia

Escrich per  Ferriòl Macip 

Lo poèta Franc Bardòu ven de publicar Catalonha, t’ai somniada, una rejoncha bilingua occitan-francés dins la colleccion Votz de Trobar de las edicions Tròba Vox, jol numèro 74. Lo libre, format de poèmas escriches entre setembre e decembre de 2023 e illustrat amb de fotografias de l’autor sul patrimòni pirenenc, rend omenatge al pòble catalan e al referendum d’independéncia del 1r d’octòbre de 2017. 

Dins lo tèxt d’introduccion que dobrís la rejoncha, jol títol «Omenatge a Catalonha?», Bardòu explica que renóncia a bastir un omenatge exaustiu a Catalonha pr’amor qu’aquò o faguèt ja George Orwell. Çò que lo mena a escriure aqueste libre es mai que mai l’admiracion pel civisme democratic del pòble catalan lo 1r d’octòbre de 2017, qu’el considèra sense equivalent dins l’Occitània contemporanèa. L’autor opausa dirèctament aquela mobilizacion a çò qu’apèla la «disparicion gaireben certana» del pòble occitan, promés a l’esfaçament tant per la politica oficiala de l’estat francés coma per çò qu’el jutja èsser l’indoléncia dels quites occitans. 

Lo libre es dedicat a un grop de personas catalanas presentadas coma testimònis o actors d’aquela «gèsta civica e eroïca» del 2017, e tanben al musician Jordi Savall e a la cantatritz desapareguda Montserrat Figueras. 

Los poèmas de la rejoncha, escriches en occitan e traduches en francés per l’autor, tornan mai d’un còp sul subjècte «Ieu, t’ai somniada, Catalonha», coma un leitmotiv qu’a l’encòp invòca e interpèla lo país fraire. Evòcan lo pòble catalan «fait de pèiras vièlhas», las jornadas del Primièr d’Octòbre e la memòria dels que preparèron aquela consulta malgrat la repression policièra. Cèrts poèmas son precedits de citacions de l’ensagista Pau Valèri, extrachas de Regards sur le monde actuel et autres essais, sus la violéncia, lo drech e la politica. 

Segon lo tèxt de presentacion del libre, cada poèma evòca un pòble catalan «bastidor, insomés e, coma en 1936, organizat e autodisciplinat», mentre que las fotografias, totas de l’autor, remandan al patrimòni arquitectural catalan, en particular pirenenc. Lo tèxt precisa que las paraulas e los imatges vòlon bastir «un passatge assegurat sus la via de la fraternitat entre los pòbles sens estat», çò qu’es presentat non coma un gèst nèutre mas coma «l’arma de la paraula, l’arma de la volontat collectiva».

Franc Bardòu es un dels autors mai publicats de la colleccion Votz de Trobar, ont ja avián paregut d’autres títols sieus coma Fòc als uèlhs ai set de brasas, Lenga o Portals. Catalonha, t’ai somniada pòrta lo numèro ISBN 979-10-93692-82-1 e es disponible a las edicions Tròba Vox.

 

[Sorsa: www.jornalet.com]

sexta-feira, 4 de setembro de 2026

Un país que es desfà

A 'Les conseqüències' (Proa), Pere Antoni Pons ens parla d'una illa que ha anat cedint espai, llengua i memòria fins al punt de preguntar-se què en queda, del país que havia estat. 

Pere Antoni Pons

Escrit per Guerau Xipell Casol

Historiador per la UB i gestor cultural per la UOC 

Pons no escriu una novel·la de denúncia, ni un al·legat contra el turisme, ni un manifest identitari. Escriu una història de persones. Tanmateix, mentre aquestes persones estimen, s’equivoquen, recorden, callen i en definitiva viuen les seves vides, el país i la cultura on viuen immersos es desfà. La història que explica aquest thriller és la d’una investigació relacionada amb una expedició nazi al poble de l’autor, Campanet, als peus de la serra de Tramuntana.

La Mallorca que apareix a la novel·la és recognoscible perquè fuig dels tòpics. No hi ha ni folklorisme ni nostàlgia complaent. Hi ha la constatació que l’illa ha estat sotmesa durant dècades a dues forces que han alterat profundament la seva manera de ser. D’una banda, un espanyolisme persistent que ha relegat la llengua i la cultura pròpies a una posició subordinada, clarament inferior i, fins i tot, anecdòtica. De l’altra, un model turístic que ha convertit el territori en una mercaderia i que ha acabat transformant no només el paisatge, sinó també les relacions humanes i la manera d’habitar-lo.

El gran encert de Pere Antoni Pons és que mai no converteix aquestes qüestions en un discurs explícit. No hi ha personatges que pronunciïn llargues reflexions sobre la identitat nacional ni cap voluntat de dictar conclusions al lector. Tot emergeix de manera orgànica. El feixisme al qual es va sotmetre l’illa després de l’alçament franquista hi apareix com un fet que altera la vida quotidiana actual, no com una disquisició purament teòrica.

El turisme hi apareix no tant com una activitat econòmica, sinó com un model de país que condiciona totes les altres dimensions de la vida; la feina, el paisatge, l’habitatge, la llengua i, en definitiva, la manera com les persones s’expliquen a si mateixes. La novel·la no cau en la caricatura ni en el victimisme. Sap que la realitat és sempre més complexa que qualsevol consigna i, precisament per això, el seu retrat resulta tan convincent.

Però si el llibre funciona és, sobretot, perquè Pere Antoni Pons escriu suaument. La seva prosa té una qualitat que sovint passa desapercebuda perquè no busca exhibir-se. És una llengua planera, neta i elegant, construïda amb una precisió admirable. Hi ha autors que confonen complexitat amb barroquisme, Pons demostra just el contrari. En las seva senzillesa rau la seva qualitat.

Aquesta manera no implica pobresa expressiva. Al contrari. Les frases respiren naturalitat, els diàlegs sonen autèntics i les descripcions tenen la mesura justa. És una escriptura que confia més en el ritme que en l’ornament, més en la precisió que en l’efectisme. Segurament la seva experiència periodística té un efecte clar en la seva manera d’escriure.

També destaca la manera com està construït l’argument. Les conseqüències és una novel·la que es deixa llegir amb una facilitat sorprenent, de fet jo ho he fet en un cap de setmana. El relat avança sense interrupcions, amb una progressió constant que desperta la curiositat sense necessitat de recórrer a grans girs argumentals. L’interès neix dels personatges i dels seus conflictes, no de l’artifici narratiu. En aquest sentit, Pere Antoni Pons demostra una gran capacitat per administrar el ritme. La novel·la atrapa perquè els seus personatges resulten creïbles i perquè els seus dilemes són universals, encara que estiguin profundament arrelats en una realitat mallorquina molt concreta. Aquesta és una qualitat que sovint s’infravalora i que, en canvi, constitueix una de les bases de tota bona narrativa. 

Pere Antoni Pons

Ara bé, això no significa que l’obra sigui exempta de limitacions. La primera té a veure amb l’estructura dels capítols. La brevetat amb què estan plantejats contribueix a donar agilitat al conjunt, però també provoca una certa sensació d’esquematisme. Hi ha escenes que semblen acabar just quan començaven a desplegar tota la seva força dramàtica. Alguns personatges i alguns conflictes haurien guanyat densitat si l’autor els hagués concedit unes quantes pàgines més. No és tant una mancança com la impressió que el material narratiu donava per a una exploració encara més profunda.

La segona reserva afecta la construcció general del relat. La novel·la avança de manera molt lineal, gairebé sense alteracions estructurals ni canvis de perspectiva que obliguin el lector a reinterpretar el que ha llegit. Aquesta opció fa que la lectura sigui molt clara i accessible, però també redueix una mica la capacitat de sorpresa. Sense necessitat de recórrer a artificis, alguna fractura temporal o algun desplaçament del punt de vista hauria aportat més complexitat a una història que, per temàtica i ambició, podia permetre’s assumir algun risc formal més.

Malgrat això, aquestes observacions no desdibuixen els mèrits d’una novel·la que sobresurt precisament per la seva honestedat. En un moment en què bona part de la narrativa contemporània sembla obsessionada per la pirueta formal o pel gir inesperat, Pere Antoni Pons opta per una literatura que posa tota la confiança en els personatges, en la llengua i en la capacitat del lector de llegir entre línies. És una aposta molt més exigent del que pot semblar.

Quan es tanca el llibre, queda la sensació que el títol és molt més que una simple referència argumental. Les conseqüències no són només les dels personatges, sinó també les d’una illa que ha anat cedint espai, llengua i memòria fins al punt de preguntar-se què en queda, del país que havia estat. Poques novel·les recents han sabut formular aquesta pregunta amb tanta delicadesa i amb tan poca estridència. I, probablement, és aquí on rau la seva grandesa. 

 

[Fotos: Ester Roig - font: www.nuvol.com]