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segunda-feira, 16 de dezembro de 2019

« L'homme qui voulut être roi » par John Huston

Arte diffusera le 16 décembre 2019 « L'homme qui voulut être roi » (Der Mann, der König sein wollte ; The Man Who Would Be King), chef d’œuvre réalisé par John Huston (1975). « Dans les Indes de la fin du XIXe siècle, deux aventuriers francs-maçons partent à la conquête d'une province reculée... En adaptant une nouvelle de Kipling, John Huston signe l’un de ses derniers grands films d’aventure. Un regard caustique sur les Indes coloniales, dans de somptueux décors, avec Sean Connery et Michael Caine, irrésistibles ». Un hymne bouleversant à l’amitié masculine. Une réflexion sur l’échec frappant un rêve fou de grandeur quasi-atteint.



Publié par Véronique Chemla

« Au cours d’un voyage dans le nord de l’Inde, à la fin du XIXe siècle, le journaliste Rudyard Kipling fait la connaissance de Dravot et Carnehan, deux anciens sergents de l’armée britannique condamnés pour contrebande et escroqueries en tous genres. Les deux aventuriers quittent le pays et partent à la conquête du Kafiristan, province reculée et déchirée par les guerres tribales. Leur but : faire fortune et s’emparer du trône. Lors d’un combat, Dravot est atteint d’une flèche en plein cœur. Discrètement sauvé par sa cartouchière, il continue à se battre. Miracle ! Il se voit élevé au rang de dieu, avant d’être proclamé roi. Il épouse la belle Roxanne. Mais, pendant la cérémonie, celle-ci le mord au visage, faisant ainsi couler le sang qui révèle l’imposture… »

Adapté du court roman « The Man Who Would Be King » de Rudyard Kipling (1888), ce film anglo-américain devait à l’origine être réalisé avec Clark Gable et Humphrey Bogart, mais le décès des deux stars amène John Huston à envisager de constituer un duo formé de Kirk Douglas et Burt Lancaster, puis Peter O’Toole et Richard Burton, enfin Paul Newman et Robert Redford. C'est Paul Newman qui l'incite à recourir à des comédiens britanniques.

« John Huston aime les histoires et surtout il sait les faire vivre au cinéma. L’homme qui voulut être roi est l’histoire d’un rêve de grandeur, celui de deux aventuriers décidés à aller au bout de la route, sans le moindre scrupule et avec la plus géniale inconscience ». 

« Dravot et Carnehan ont a priori peu en commun avec Kipling. Leurs destins sont pourtant liés : ils appartiennent à la même loge maçonnique et partagent le même désenchantement face à la Couronne britannique ». 


« Car cette histoire est aussi celle d’un sacre avorté et d’une mort annoncée : celle du colonialisme ». 

« Personnages complexes, propos subtils, L’homme qui voulut être roi met en présence les contradictions et les faiblesses des hommes, avec un humour corrosif qui éclaire le paradis perdu à la lueur des rêves qu’il a suscités, tout en jetant un regard sans concession sur ce qu’il fut ».

Le film The Man Who Would Be King a été sélectionné dans quatre catégories aux Oscar, dont celui du Meilleur décor pour Alexandre Trauner.


« L'homme qui voulut être roi » par John Huston
Royaume-Uni, Etats-Unis, 1975, 123 minutes
Auteur : Rudyard Kipling
Scénario : John Huston, Gladys Hill
Production : Columbia Pictures, Persky-Bright/Devon
Producteur/-trice : John Foreman
Image : Oswald Morris
Costumes : Edith Head
Montage : Russell Lloyd
Musique : Maurice Jarre
Avec Sean Connery, Michael Caine, Christopher Plummer, Saeed Jaffrey, Shakira Caine, Karroom Ben Bouih, Doghmi Larbi, Mohammad Shamsi, Albert Moses
Sur Arte le 16 décembre 2019 à 20 h 55
Visuels :
Michael Caine (Peachy Carnehan) et Sean Connery (Daniel Dravot)

© 1975, renewed 2003 Columbia Pictures Industries, Inc.

Les citations sur le film sont d'Arte.


[Source : www.veroniquechemla.info]

terça-feira, 10 de setembro de 2019

A vingança de Marilyn

É mentira! E se me voltarem a perguntar, voltarei a dizer que é mentira. Marilyn, em The Misfits, não interpretou personagem nenhuma. Vingando-se de Arthur Miller, o marido com que estava a romper o seu terceiro casamento, foi só ela mesma, ela, a própria, ao longo desse filme maldito de tantas maldições e de que falo por ter quase a minha idade.
O genérico final do filme desmente-me: está lá escrito que a personagem dela se chama Roslyn Taber. Começamos por vê-la a tentar memorizar as falas que vai dizer ao juiz para se divorciar e não demoramos muito a saber que foi stripper, perdendo no bar duma cidade perdida o que os homens supõem que as mulheres perdem por eles ganharem, quando ganham, alguma coisa. Que se lixe o genérico, não há personagem nenhuma: The Misfits, como qualquer filme, mente com os dentes todos, e se os filmes têm dentes!
The Misfits é um filme de John Huston. Quem o escreveu – porque embora nestes tempos tão visuais custe reconhecê-lo, os filmes são escritos – foi Arthur Miller. Escritor, dramaturgo, se algum dia no século 30 alguém se lembrar dele há-de ser, se ainda houver raiva masculina, por ter sido marido de Marilyn. A mesma raiva que, agora, me faz ser injusto.
Miller era dono de uma mente literária e convencera-se que Marilyn nunca tivera um papel à sua medida. Via, como todos os literatos, mal cinema. Bem lhe podiam mostrar o Gentlemen Prefer Blondes, de Hawks, ou o Seven Year Itch, de Billy Wilder, que ele sempre os veria sem os ver.
O que ele via era a Marilyn que tinha à frente dos olhos. Via o ciclone emocional do casamento deles. Via, de Marilyn, a insatisfação voluptuosa, redonda e carnal, tão infantil às vezes, via a invulgar dualidade cartesiana que era a alma e o corpo dessa mulher.
Era isso que via, e foi o que Miller escreveu. Quando leu o script, Marilyn não gostou do espelho. Se calhar, adivinho eu, já se tinha visto assim e já se tinha visto melhor. E vingou-se.
A conselho de Truman Capote, Marilyn fora aluna de Constance Collier, actriz britânica e shakespeareana, e aprendeu com ela que não tinha teatro dentro de si. Katharine Hepburn, Bette Davis, até mesmo Lauren Bacall, tinham teatro, colocação, dicção. Ela não. O que tinha, e a professora Collier lhe mostrou, era fragilidade, a súbita luminosidade de um raio de sol, a beleza subtil de uma labareda no meio da noite. Coisas que não enchem um palco, mas fazem a felicidade da câmara de cinema. Como em The Misfits. Filmada por Huston com um soft focus que a faz irreal, Marilyn paira no ar como pólen e a voz com que diz as falas é de uma ingenuidade de jardim-escola.
Passara tudo por Marilyn: abusos, violência, droga, humilhação. Mas nesse filme, em frente à câmara, Marilyn era só a imagem da inocência depois do pecado, a virgindade que, afinal, nunca se perde. E deixem-me dizer-vos: santo Deus, o que a inocência e a virgindade podem ser tristes.

Manuel S. Fonseca

O autor escreve de acordo com a antiga ortografia


[Fonte: e-cultura.blogs.sapo.pt]

terça-feira, 20 de agosto de 2019

Sydney Pollack (1934-2008)

Sydney Irwin Pollack (1934-2008) était un acteur, réalisateur et producteur juif américain. Il traitait souvent des histoires d'amour impossibles entre un homme et une femme aux caractères opposés. Arte rediffusera le 23 août 2019 "Jeremiah Johnson" réalisé par Sydney Pollack avec Robert Redford.



Publié par Véronique Chemla 


Sydney Irwin Pollack (1934-2008) est né dans une famille juive ayant émigré de Russie. Ses parents divorcent quand il est enfant. Sa mère, qui souffre d’une addiction à l’alcool et de problèmes émotionnels, meurt quand Sydney Pollack est étudiant.

Lycéen, il se sent une vocation de comédien, et renonce à des études de médecine. En 1952, il entre à la Neighborhood Playhouse. Là, il étudie l’art dramatique notamment auprès de Sanford Meisner, qui exerce une influence notable sur lui. Il devient son assistant et enseigne. 

Dès 1952, Sydney Pollack débute à Broadway dans Stalag 17.

En 1955, il joue dans des séries de la jeune télévision américaine, et se lie avec Robert Redford et David Rayfiel, son futur scénariste.

Deux ans plus tard, il effectue son service militaire, puis en 1958 reprend sa formation à la Neighborhood Playhouse.

En 1958, il épouse Claire Griswold Bradley, une de ses étudiantes. Le couple a trois enfants : Steven (1959-1993) mort dans le crash de son avion monomoteur, Rachel (1963) et Rebecca (1969).

En 1959, il est choisi par le réalisateur John Frankenheimer  comme répétiteur des acteurs jouant son téléfilm The Turn of the Screw, puis son film Le Temps du châtiment (Le Temps du châtiment) en 1960 à Hollywood. Sydney Pollack est aussi stagiaire auprès du réalisateur de ce second film, et Burt Lancaster l’encourage à poursuivre dans cette voie de la direction d’acteurs.

Cette expérience lui permet de réaliser des épisodes de séries télévisées : Shotgun Slade, Fugitif (The Fugitive), Les Accusés (The Defenders).

Parallèlement, il joue dans les séries d'Alfred Hitchcock présente ou La Quatrième Dimension, et dans le film La guerre est aussi une chasse de Denis Sanders (1962), avec John Saxon et Robert Redford.

En 1965, pour sa réalisation de The Game, Sydney Pollack reçoit un Emmy Award et assure la réalisation de son premier long métrage pour le cinéma : Trente minutes de sursis, avec Sidney Poitier et Anne Bancroft. 

En 1966, à la demande des producteurs, il succède à John Huston dans la réalisation de Propriété interdite (This Property Is Condemned) avec Robert Redford, un ami et un acteur représentant pour Sydney Pollack l'Américain, le WASP (white anglo-saxon protestant), et Natalie Wood.

On achève bien les chevaux (They Shoot Horses, Don't They ?, 1969) – nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur -, Un château en enfer (Castle Keep, 1969), Jeremiah Johnson (1972) – présenté au Festival de Cannes (sélection officielle) -, Nos plus belles années (The Way We Were, 1973),  Les Trois Jours du condor (Three Days of the Condor, 1975) avec Faye Dunaway, Yakuza (The Yakuza, 1975), Bobby Deerfield (1977), Le Cavalier électrique (The Electric Horseman, 1979), Absence de malice (Absence of Malice,1981), Tootsie (1982), Out of Africa : Souvenirs d'Afrique (Out of Africa, 1985) couronné par sept Oscar dont deux prestigieux (Meilleur réalisateur et Meilleur film), Havana (1990), La Firme (The Firm, 1993), Sabrina (1995), L’interprète (The Interpreter, 2005)… La filmographie du réalisateur – 48 nominations aux Oscar, 11 Oscar reçus - révèle que Sydney Pollack aborde avec succès quasiment tous les genres cinématographiques – western, mélodrame, aventures, thriller, comédie, film de guerre – en privilégiant des love stories sans happy endings en raison de différences insurmontables entre l’homme et la femme, l’usure du couple, la mort prématurée de l’épouse ou du compagnon, la maladie... 

Sydney Pollack a su constituer des couples de stars glamour et a porté un regard empreint de désillusions douloureuses sur la vie.

Sydney Pollack tourne aussi comme acteur dans Le Meneur (The Player, 1992) de Robert Altman, Maris et Femmes (Husbands and Wives, 1992) de Woody Allen, Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick (1999), Fauteuils d'orchestre (Orchestra Seats ou Avenue Montaigne) de Danièle Thompson (2006)...

Parmi les films l'ayant influencé, Sydney Pollack cite Casablanca, Citizen Kane, The Godfather Part II, The Leopard, Raging Bull, Sunset Boulevard.

Son frère Bernie Pollack est un producteur, acteur et créateur de costumes.

Sa maison de production Mirage Enterprises créée en 1985 produit notamment Yakuza, Bobby Deerfield, Absence de Malice, Tootsie, Out of Africa, Susie et les Baker Boys, Raison et sentiments d’Ang Lee, Le Talentueux Mr Ripley (ou L’Énigmatique M. Ripley, 1999) par Anthony Minghella.

Selon le producteur de cinéma américano-israélien Arnon Milchan, Sydney Pollack l’aurait aidé  pour une opération des services secrets israéliens.


Jeremiah Johnson

Arte diffusera le 23 août 2019 "Jeremiah Johnson", western réalisé par Sydney Pollack (1972) avec Robert Redford (Jeremiah Johnson), Will Geer (Griffe d’ours), Stefan Gierasch (Del Gue), Allyn Ann McLerie (zy Woman), Josh Albee (Caleb), Charles Tyner (Robidoux) Delle Bolton (Swan). Dans les montagnes Rocheuses, un courageux trappeur, son épouse et un fils recueilli vivent en symbiose avec la Nature dans un environnement hostile. Pour sauver un convoi, il enfreint les règles d'une tribu d'Indiens qui se vengent en tuant sa femme et l'enfant... Sydney Pollack "revisite le western en retournant aux origines légendaires du Far West. Un film magistral, avec Robert Redford, sublime". La  nature sauvage, où le danger prend diverses formes, est magnifiquement filmée.


"Fuyant la civilisation, Jeremiah Johnson s’est réfugié dans les montagnes du Colorado. Entretenant de bonnes relations avec les autochtones, il adopte un enfant de pionniers massacrés, se lie avec un trappeur, Del Gue, et épouse Swan, la fille d’un chef indien. Installé dans une cabane d’hiver, il mène avec sa famille une vie sereine, jusqu’au jour où il décide de conduire des cavaliers dans la vallée sacrée de la tribu des Crow (Corbeau). Irrités par cette profanation, les Indiens se vengent en tuant sa femme et son fils…"


"Pour renouveler le genre, Sydney Pollack retourne aux sources du western, aux origines légendaires du Far West. À travers l'histoire d’un pionnier parti à la recherche de l’harmonie et finalement acculé à la haine, le cinéaste filme une chasse tragique et fait de son personnage un mythe. "Nous ne voulions pas insister sur l’aspect excessivement violent ou barbare du personnage, expliquait-il, mais plutôt raconter l’histoire d’un homme qui renie la société organisée et s’élève jusqu’à des montagnes vierges pour se modeler une vie à sa mesure, libérée des contraintes imposées par la civilisation. Il découvrira que pareille beauté n’existe pas…" Désespéré par la civilisation, Jeremiah Johnson – magnifique Robert Redford – aspire à la liberté. Mais, dans l’immensité des Rocheuses, il existe d’autres lois, qu’il enfreint. Drame, souffrance, violence donnée et reçue : une initiation douloureuse avec, peut-être, au bout, la reconnaissance et la paix."


Nos plus belles années

Le 16 avril 2017, Arte diffusa Nos plus belles années (The Way We Were), de Sydney Pollack avec Patrick O'Neal, Bradford Dillman, Barbra Streisand, Robert Redford, Lois Chiles et Viveca Lindfors. "De milieux et de tempéraments contraires, Hubbell et Katie s'aiment mais ne s'entendent pas... Un somptueux mélodrame de Sydney Pollack, sur fond de maccarthysme, avec Robert Redford et Barbra Streisand".

"New York, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Fervente militante de gauche et employée à la radio, Katie n'a pas une minute à elle. Un jour, elle croise Hubbell, qu'elle a connu à la fac en 1937. À l'époque, cet étudiant doué pour l'écriture faisait partie d'une clique fortunée et frivole que Katie, prise entre son job, ses cours et le Parti communiste, réprouvait. Mais elle n'en pinçait pas moins pour le jeune homme. Aujourd'hui, elle est décidée à ne pas le laisser filer. Une liaison orageuse s'engage entre eux. Katie, par ses convictions et sa détermination, force l'admiration de Hubbell, en même temps qu'elle l'épuise".

"Ce film raconte à la fois une passion sans issue, une ségrégation sociale insidieuse et la dérive maccarthyste, le tout empaqueté dans une fresque nostalgique, en quête de l'Amérique perdue, thème récurrent chez Sydney Pollack. Le cinéaste nous entraîne d'un campus en automne (inventif générique qui embrasse en montage alterné les jeunesses parallèles de Katie et Hubbell) à un Hollywood veule qui se plie mollement à la délation. Ce mélo flamboyant repose aussi sur un casting en or : la rencontre entre le beau gosse WASP (Robert Redford, remarquable de sensibilité) et la pasionaria juive, vif-argent au cœur de midinette, rôle à la mesure de l'explosive Barbra Streisand, qui offre au film une bande-son aux somptueux trémolos".
Nos plus belles années (The Way We Were, 1973) de Sydney Pollack "compte parmi les réussites de Pollack, cinéaste néo-classique attaché à prolonger un certain glamour hollywoodien – il a toujours cherché à travailler avec les grandes stars de son époque – tout en y ajoutant certaines notes critiques.

Ainsi, Nos plus belles années s’inscrit dans la tradition des mélodrames et des grandes histoires d’amour du cinéma américain des années 40 ou 50, avec aussi l’ambition d’évoquer le climat politique des États-Unis de 1937 à 1950. Nos plus belles années est en effet la première fiction sortie d’un studio à traiter de la sombre période du maccarthysme à Hollywood, lorsque Hubbell Gardiner, aspirant romancier, est invité à écrire pour le cinéma, en pleine « chasse aux sorcières ». Dalton Trumbo, l’une des victimes de cette page noire de Hollywood, a participé au scénario sans être crédité au générique. Cet épisode fut pourtant très réduit au montage par Pollack, au grand regret de Barbra Streisand qui souhaitait que le film reste une œuvre engagée. C’est sans doute la limite du cinéma de Pollack, cinéaste soucieux de ne pas faire de vagues, préoccupé par le succès au point d’accepter parfois trop de compromis", a écrit Olivier Père.

Et d'observer : "Mais le film gagne en romanesque ce qu’il a perdu en acuité politique, et baigne dans une touchante mélancolie. De leur rencontre sur les bancs de l’université jusqu’à des retrouvailles impromptues devant l’Hôtel Plaza à New York, le film suit la romance contrariée entre Katie (Barbra Streisand) et Hubbell (Robert Redford) que tout oppose au début de leur relation. Elle est juive, militante communiste, exaltée et issue d’un milieu modeste. Il est WASP, apolitique, flegmatique et appartient à la jeunesse dorée. Leur passion amoureuse souffrira de l’idéalisme de l’une et du carriérisme de l’autre".
"La scène au début du film où Katie observe lors d’une fête pendant la Seconde Guerre mondiale Hubbell en uniforme de la marine, d’un blanc immaculé, assoupi debout au comptoir indifférent à la foule autour de lui résume bien l’originalité de Nos plus belles années. C’est l’homme qui est transformé en icône inaccessible, objet de désir, beauté passive et presque irréelle, tandis que la femme joue le rôle de la combattante en perpétuel mouvement, aimante, maladroite mais forte de ses convictions. Les deux acteurs sont très à l’aise dans leurs personnages. Pollack encourage la nonchalance de Redford, tandis que Barbra Streisand déploie son énergie habituelle. Un beau couple de cinéma".



États-Unis, 1972, 108 minutes
Auteurs : Vardis Fisher, Raymond W. Thorp, Robert Bunker

Scénario : John Milius, Edward Anhalt

Production : A Joe Wizan-Sanford Production, Warner Bros.
Producteur/-trice : Joe Wizan
Image : Duke Callaghan
Montage : Thomas Stanford
Musique :  John Rubinstein, Tim McIntire
Avec Robert Redford (Jeremiah Johnson), Will Geer (Griffe d’ours), Stefan Gierasch (Del Gue), Allyn Ann McLerie (zy Woman), Josh Albee (Caleb), Charles Tyner (Robidoux) Delle Bolton (Swan)
Sur Arte le 23 août 2019 à 13 h 35

Visuels :
Robert Redford (Jeremiah Johnson) dans " Jeremiah Johnson" (1972) de Sydney Pollack
Robert Redford (Jeremiah Johnson) et Will Geer (Bear Claw) dans " Jeremiah Johnson" (1972) de Sydney Pollack

Credit

© 2019 Warner Bros. Entertainment


Nos plus belles années (The Way We Were), de Sydney Pollack
Rastar Productions, Columbia Pictures, 1973, 114 min
Image : Harry Stradling Jr.
Montage : John F. Burnett
Musique : Marvin Hamlisch
Producteur/-trice : Ray Stark
Réalisation : Sydney Pollack
Scénario : Arthur Laurents
Avec Patrick O'Neal, Bradford Dillman, Barbra Streisand, Robert Redford, Lois Chiles, Viveca Lindfors
Sur Arte le 16 avril 2017 à 20 h 55

Visuels 
Hubbell (Robert Redford) et Katie (Barbra Streisand)
Katie (Barbra Streisand)
Katie (Barbra Streisand) et Hubbell (Robert Redford)
© Columbia Pictures Industries, Inc./All rights reserved


Les citations sont d'Arte.


[Source : www.veroniquechemla.info]

domingo, 21 de julho de 2019

Melville évoque le monde du jeu et de la pègre dans un véritable hymne au passé : « Bob le flambeur » (1955)


Article écrit par Mathieu Alloin

« Montmartre, c’est à la fois le ciel et l’enfer »
Une fois de plus Bob a flambé, et au petit matin, c’est la face sombre de la ville qui s’offre à lui. Dès l’ouverture, nous déambulons dans les rues de Paris, entre la nuit et l’aurore, dans cet entre-deux qui voit le quidam partir au boulot, et Bob, rincé, rejoindre son paddock. Plus qu’un décor, c’est toute une temporalité qui est plantée. Jadis petite frappe, Bob s’est rangé et passe son temps à écumer les bars et les salles de jeu, un vrai mythe local le Bob : qu’il arpente le quartier ou qu’il soit fourré chez Carpeau (bar/salle de jeu de Pigalle), il fait partie du décor. Il est de l’ancienne école, de la pègre d’avant Seconde Guerre mondiale, celle qui avait encore des principes et un code d’honneur, la même qui braquait les banques le chargeur vide. Melville a une réelle tendresse pour « le milieu », et suivant les pas de Bob, c’est avec une grande nostalgie que le cinéaste nous fait partager l’existence de cet homme, incarnant à lui seul tout un monde sur le déclin. Si la démarche de Melville, pour vanter les valeurs morales de son héros est parfois naïve, telle cette scène où Bob, hors de lui, fait la morale à ce salaud qui a osé lever la main sur une fille, il n’en demeure pas moins que le premier tiers du film est très réussi.

 

Melville nous y fait vivre l’intimité de Bob, ce qu’il est, ce qu’il a été, nous partageons le quotidien d’un joueur maladif depuis la tension d’une table de jeu jusqu’à la solitude d’un appartement bien trop grand pour lui. C’est l’occasion pour Melville de balader sa caméra dans Montmartre, d’en filmer la vie, bien souvent nocturne, laquelle s’offre à nous sous la forme d’un défilé d’enseignes et de néons lumineux, les mêmes qu’on apercevra plus tard chez Godard (À bout de souffle, Le Petit soldat). Pourtant, si la rue donne ce petit air de Nouvelle Vague avant l’heure, les pas de Bob ne sont pas ceux de la liberté, ils le cloisonnent et le ramènent toujours aux mêmes endroits : la table de jeu, le bistrot, l’appartement. Ces lieux de l’enfermement permettent à Melville de mettre à profit ses studios Jenner, fraîchement acquis et qu’il utilise pour la première fois dans ce film. Il s’attache à y construire méthodiquement l’appartement de Bob et y tourne de belles scènes d’intérieurs, une affection pour le studio qui, associé à un souci méticuleux du cadrage, définissent déjà la patte du cinéaste.

 

Alors que nous prenons nos marques dans cette routine, Bob décide de voir plus grand. Pourquoi passer son temps aux tables du casino quand l’argent convoité se trouve plutôt dans son coffre ? Revenant à son premier amour, le banditisme, Bob se met à songer au « casse du siècle » : le braquage du casino de Deauville. C’est un nouveau film qui commence, au fatalisme de film noir des débuts succède désormais la mise en place du « coup ». Cinq ans après Quand la ville dort (John Huston, 1950), qui décortique méticuleusement la préparation d’un casse de bijouterie, Melville reprend la même formule. Bob ne flambe plus, loin des salles de jeu il cherche à financer son projet, il s’entoure d’hommes de confiance et les prépare pour le grand soir. Melville a l’idée très brillante de nous montrer un genre d’apogée de ces préparatifs, à travers une séquence nous présentant le hold-up tel que l’a imaginé Bob. Sortie tout droit de sa pensée et détachée de toute réalité narrative, cette scène constitue une sorte de répétition générale et donne à voir le casse tel qu’il aurait dû se produire. On parle bien au conditionnel puisque le braquage n’aura jamais lieu : que voulez-vous, l’époque n’est plus à ce genre d’entreprises. Le casse va foirer et comme une fatalité, si les flics sont au courant, c’est à cause du jeune Paolo, qui s’en est vanté devant une femme, Anne, laquelle trop bavarde, ne saura tenir sa langue. Pourtant Anne, jeune fille que Bob prend sous son aile, avait tout pour plaire, avec ses silences, sa façon nonchalante de répondre « Pourquoi pas ? » dès qu’on lui demande son avis, cet air malicieux et pas vraiment farouche, son personnage avait réussi à exister dans ce milieu masculin.

 

Mais, comme rattrapée par sa nature, elle incarnera finalement la bassesse que Melville réserve aux personnages féminins de Bob le flambeur, et viendra faire capoter tout ce que les hommes avaient savamment planifié. Chez Melville, il semble même que les considérations sur le sexe recoupent un aspect générationnel, seule Yvonne, en vieille taulière de bistrot, est mise en avant pour sa grandeur morale, tandis que les autres femmes concentrent à peu près tous les vices possibles et imaginables. Le cinéaste propose en définitive un seule échappatoire aux femmes pour acquérir une quelconque grandeur dans ce film : avoir l’expérience des années. Triste époque symbolisée par le casse final, les jeunes de la bande se mettant à tirer dans le tas après l’intervention de la police. Paolo qui s’était « mis à table » ne s’en relèvera pas, voilà une belle morale. De son côté, Bob est comme convenu à l’intérieur du casino, mais obnubilé par le jeu et alors que la soirée est très lucrative pour lui, en oublie le casse, ne voit pas l’heure et ne joue pas son rôle. Ironie du sort, c’est le jeu qui lui sauve la vie, et dans la voiture de police, on comprend que son séjour en prison ne sera qu’une formalité. Ce soir, Bob fut verni au jeu et repart avec le pactole : en bon Sisyphe qu’il est, nous avons une petite idée du devenir de cet argent. 

Si Bob le flambeur manque vraiment de finesse dans l’étude des mœurs de ses personnages, le film présente par ailleurs un charme indéniable. À tel point que les petites maladresses de Melville disparaissent rapidement derrière le souvenir d’un film mélancolique et sincère. 


Titre original : Bob le flambeur
Réalisateur : 
Année : 
Genre : 

Durée : 99 mn






















[Source : www.iletaitunefoislecinema.com]

 
CineFID BOB LE FLAMBEUR from Agata Lopko on Vimeo.