Mostrar mensagens com a etiqueta Alain Bashung. Mostrar todas as mensagens
Mostrar mensagens com a etiqueta Alain Bashung. Mostrar todas as mensagens

quarta-feira, 5 de abril de 2023

Albin de la Simone: «Les cents prochaines années»

 

 

Escrito por Andrés Castaño

Existen artistas que poseen una carrera forjada con los años que alcanzan la excelencia paso a paso, como si nada. El francés Albin de la Simone es uno de ellos. Desde “L’un de nous” (2017), sus discos son sobresalientes. Su anterior trabajo, “Happy End” (2021), se adentraba en el terreno instrumental magistralmente y ofrecía postales sonoras mágicas, conectando con nuestro país a través de “Extremadura” e incluyendo el boceto musical “Merveille”, al que en “Les cents prochaines années” dota de letra. De la Simone reinventa la chanson clásica, de Charles Trenet a Charles Aznavour, pasando por Gilbert Bécaud o hasta Alain Bashung, entre otros, para impregnarla de su personalidad: un timbre de voz particular, con un punto cercano, familiar, sin grandes demostraciones ni peripecias vocales pero dotado de una textura sedosa. Sus músicas son deliciosas, su sentido del arreglo es sublime y sus letras vitalistas remiten a nosotros mismos, nos transmiten luminosidad e impulso.

La canción que da título al álbum avanzaba un disco que presagiaba algo grande. Un tratado de chanson pop con unos arreglos impecables, finos, delicados, de gran alcance. Y todo eso con una coherencia conceptual, con una estructura bien marcada que logra una hermosa factura. Albin de la Simone representa la clase, sin querer pavonearse de ello, la gran canción, la reflexión personal sobre la vida y su devenir. Sus canciones son bonitas gemas que brillan e iluminan el camino en un mundo a veces demasiado gris. Sus letras tienen la capacidad de elogiar la amistad, de ensalzar el amor, de hacer frente a la muerte, de resarcirse del abandono, del desamor, de las precariedades y de los sinsabores de la vida bohemia.

Estas once canciones poseen una ternura arrebatadora: confesiones íntimas que nos acercan a ese pensar en soledad, a ese saborear la compañía querida, a anhelar los momentos de brillo y pequeña plenitud. Transmiten algo de madurez y de serenidad, como en “Petit petit moi”, aderezada por unos vientos que elevan la magia de la confesión. “Avenir” arranca con un ukelele y construye una base de cuerdas –bajo, guitarra– que nos acaricia en la escucha y nos sitúa en la incertidumbre del porvenir: “Qué será mejor / qué será peor”. En “À jamais” nos sumergimos en una balada que nos mece ligeros como una balsa en un mar calmado, a pesar de cierta melancolía subyacente. “Pour être belle” acentúa la belleza musical con esos teclados libres, muy Debussy, o los punteos de guitarra, al tiempo que su letra subraya la necesidad de no sufrir por el físico. En “J’embrasse plus” hay nostalgia de la primavera en apogeo amoroso, los arreglos remarcan la pulsión y el teclado incorpora un punto existencial etéreo. “Pars” representa con dulzura musical una estampa tan peliaguda como que alguien te deje. “Ta mère et moi” habla de quedarse, de resistir. “Mireille 1972” nos transporta a los momentos de resistencia interior y tiene algo de pequeño himno frente a la tristeza. “Lui dire” cierra con aires de ensueño un álbum plagado de brillo y cuenta con la colaboración del brasileño Rodrigo Amarante, que recuerda a João Gilberto o a Henri Salvador. El rastro que nos dejan estas canciones es de una levedad flotante, conducidas por una voz sutil y amable y elaboradas por este experto en fabricar composiciones con sustancia. Un oasis musical que elogia la calma, la lentitud, asentarse, digerir los contratiempos y degustar la vida en toda su amplitud. ∎


 

[Fuente: www.rockdelux.com]

domingo, 27 de março de 2022

Critique d'album : « Homo Plebis Ultimae Tour », de Hubert-Félix Thiéfaine

« Un disque live génial, c'est assez rare pour être chroniqué. » Pierre D

 
 
 

(22/10/2012 - Columbia - chanson rock torturée - genre : rock)

1- Annihilation / 2- Fièvre résurrectionnelle / 3- Lorelei sebasto cha / 4- Soleil cherche futur / 5- Infinitives voiles / 6- Petit matin 4.10 heure d'été / 7- Le chant du fou / 8- Confessions d'un never-been / 9- Les dingues et les paumés / 10- L'étranger dans la glace / 11- Sweet amanite phalloïde queen / 12- Solexine et Ganja / 13- 113ème cigarette sans dormir / 14- Narcisse 81 / 15- Garbo XW Machine / 16- Mathématiques souterraines / 17- Ta vamp orchidoclaste / 18- La ruelle des morts / 19- Autorisation de délirer / 20- Alligators 427 / 21- Les ombres du soir / 22- La fille du coupeur de joints / 23- Les filles du sud / 24- Lobotomie Sporting Club

 
On a déjà dit ici que les albums live ne servent à rien. On maintient. Cela dit, parfois, peut-être, éventuellement, à la rigueur, les disques en public apportent réellement quelque chose à la discographie de leur auteur.
 
La reconnaissance publique et médiatique un peu soudaine de Hubert-Félix Thiéfaine a de quoi surprendre. Depuis ses débuts discographiques en 1978 il occupe une place particulière qui fut également celle d'Alain Bashung en son temps. Après un tube ("La Fille du Coupeur de Joints") il se met à naviguer presque sous le radar mais pas totalement, au gré de disques parfois très bons et lui assurant un minimum d'exposition médiatique, notamment en 2005 avec Scandale Mélancolique. Jamais underground, jamais vraiment mainstream non plus, la carrière de Thiéfaine est peut-être le modèle que suivront les parcours futurs des artistes rock naissants. Aucune émergence de réelle tête d'affiche durable ne permet de réel succès à très grande échelle mais la fragmentation toujours plus grande des publics conduit à leur fidélisation autour de groupes "phares" au sein de leur propre niche. Ce schéma correspond assez bien à celui de la carrière de Hubert-Félix Thiéfaine et explique sans doute en partie sa longévité. Outre quelques succès publics, il a pu avant tout compter sur un public stable, en témoigne le nombre impressionnant de disques live qu'il a publiés (8 en un peu plus de 30 ans d'existence).
 
Homo Plebis Ultimae Tour fait évidemment la part belle au dernier disque studio Suppléments de Mensonge dont seuls trois titres manquent à l'appel. Mais surtout il y a là toutes les chansons qui ont fait la carrière de Thiéfaine. Les choix ne font pas dans l'obscur mais exhument au contraire des titres déjà connus et enregistrés plusieurs fois en live: "Lorelei Sebasto Cha", "Les dingues et les paumés", "Mathématiques souterraines", "Narcisse 81", etc. Pas de surprise du côté de la trackist donc, on retrouve toutes les chansons qu'on aime. Quel intérêt alors?
 
D'abord Hubert-Félix Thiéfaine n'a peut-être jamais aussi bien chanté. Ses textes récents sont, il faut bien l'avouer, toujours empêtrés dans ses tics d'écriture et son goût pour les mots de plus de 5 syllabes ("Ta Vamp Orchidoclaste", sérieusement?). Néanmoins, réentendre les chansons plus anciennes permet de constater avec plaisir que malgré le (ou grâce au) caractère hermétique des paroles, elles vieillissent peu, grâce à ce dédale de références et de symboles, de figures poétiques et historiques, là où des textes plus explicites se périment plus rapidement. La voix quant à elle surplombe majestueusement les deux disques de Homo Plebis Ultimae Tour. Moins nasillarde, plus chaude, plus puissante, moins maniérée qu'auparavant, c'est une révélation. Thiéfaine s'affirme peut-être ici pour la première fois comme un chanteur d'envergure. Dès "Annihilation", 10 minutes de transe prophétique, il est clair que Homo Plebis Ultimae Tour est un album d'interprétation et de réinterprétation. La section rythmique fait son travail sérieusement, sans génie mais elle n'est pas exempte de subtilités, via une batterie toujours surprenante (sur "113e cigarette sans dormir", par exemple).
 
C'est du côté de la guitare que l'illumination survient. Alice Botté a joué avec tout ce que la scène rock française compte de gens intéressants: Alain Bashung, Daniel Darc, Christophe... Par son jeu de guitare il justifie à lui seul l'acquisition de Homo Plebis Ultimae Tour. Il y avait bien longtemps qu'on n'avait pas entendu pareilles trouvailles sur cet instrument, ces dernières étant récemment devenues l'apanage exclusive des métalleux. Ici c'est un festival de bravoure toujours maîtrisée et mise au service des chansons. Alice Botté lacère le concert de ses guitares au scalpel. Il fait hurler sa six-cordes sur "Sweet Amanite Phalloïde Queen", puis fait des merveilles avec ses soli à la guitare slide pendant "Solexine et Ganja". Botté illumine le disque avec ses interventions sans cesse brillantes ("Narcisse 81"), il lâche des fulgurances d'une précision chirurgicale ("Les dingues et les paumés"). Entre discrétion et éclaboussures géniales, entre chaleur et sécheresse du son, il met idéalement en valeur toutes les anciennes chansons de Thiéfaine connues de tous, autant que les extraits de ses disques les plus récents.
 
Ici réside peut-être un des secrets de la longévité des artistes rock français. La plupart des Anglo-saxons fonctionnent en groupe. Difficile dès lors de se renouveler artistiquement et musicalement sans heurts. Les Français ont au contraire tendance, pour les plus connus, à fonctionner souvent seuls: Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Miossec, Daniel Darc... Ils décident dès lors de s'entourer en studio et sur scène de collaborateurs plus ou moins talentueux. Outre une manière de renouveler plus facilement l'inspiration en donnant à chaque fois la possibilité d'apporter du sang neuf, ce processus leur fournit également l'opportunité de réactualiser leur vieux répertoire. Pour Thiéfaine, là où le disque live Routes 88 sonne daté, Homo Plebis Ultimae Tour est parfaitement actuel dans sa réorchestration de titres parfois vieux de 30 ans. Puisqu'il trace sa route seul, Thiéfaine peut adapter son répertoire au gré des canons esthétiques des époques (si l'on peut parler d'époques à l'échelle si courte de la musique pop) sans avoir à se fader les réticences des autres membres d'un éventuel groupe. En un sens, le modèle breveté par David Bowie a été adopté par une certaine frange de la scène française, avec une réussite certaine.
 
Plus qu'une vague revue pour nostalgiques heureux de réentendre les morceaux jalons de leur adolescence, Homo Plebis Ultimae Tour est une leçon de musique, puissante et racée, une certaine idée de la chanson rock française. Pas juste un disque en public de plus pour Hubert-Félix Thiéfaine.
 
[Source : www.albumrock.net]

domingo, 29 de agosto de 2021

« Osez Bashung ! », sur France.tv : les vertiges de l’artiste

Treize albums, treize Victoires de la musique… Des longues années de galère, au succès populaire, portrait intime d’un chanteur pétri de failles, d’interrogations et de doutes.

Le portrait du jour : Alain Bashung | Moustique.be
Alain Bashung sur le tournage du téléfilm « Jusqu’à ce que le jour se lève », en 1990.

Écrit par Sylvain Siclier

Sur une piste de cirque, Alain Bashung (1947-2009), guitare en bandoulière, dos à dos avec une jeune femme, elle aussi avec une guitare. Un cheval tourne autour d’eux. Quelques images du vidéoclip d’Osez Joséphine, en 1991, l’une de ses chansons les plus connues, pour débuter Osez Bashung ! documentaire réalisé par Thierry Gautier et Sylvain Leduc et conçu par Didier Varrod.

« Bashung aux treize albums studio et aux treize Victoires de la musique », comme nous le présente Varrod, est ici montré, au-delà de son statut de personnalité importante de la chanson française, dans ses failles, ses interrogations, ses doutes – « j’ai très peur du bonheur béat, je sais pas ce que c’est et je suis pas fait pour ça, peut-être » –, ses joies aussi.

« Il voyageait en lui, toujours… il réfléchissait tout le temps », rappelle la musicienne Edith Fambuena, qui a collaboré avec Alain Bashung, notamment pour l’album Fantaisie militaire (1998). « Il avait une aura », ajoute le parolier Jean Fauque, ami de longue date, depuis le début des années 1970. D’autres témoignages, de son épouse Chloé Mons, du guitariste Yan Péchin, viennent en regard de nombreux extraits d’émissions télévisées, d’entretiens où Bashung apparaît souvent timide.

« La dernière chance »

Ce sont ces images et souvenirs des premiers temps, avant la reconnaissance par Gaby Oh Gaby, en 1980, après une quinzaine d’années à galérer – son premier 45-tours remonte à 1966 –, qui sont les plus intéressantes. On revient sur son enfance, quand, dans un café, il parle de sa grand-mère, des copains en Alsace où il passe sa jeunesse, avant un extrait d’Elsass Blues (1979), sorte de biographie. « Un peu trouble, pas très équilibré tout ça », confie Bashung pour évoquer le moment où il apprend que son père n’est pas celui qui l’a élevé.

À ses débuts, qui vont durer, des directeurs artistiques essaient de le façonner selon les modes du moment. En vain. « J’étais ce qu’on appelle un loser professionnel. Je me suis fichu dans des trucs de drogue, plus ou moins dures. (…) Et un jour je me suis dit, j’peux pas descendre plus bas (…), ça veut dire que j’peux peut-être remonter. » La rencontre avec le parolier Boris Bergman sera décisive, même si leur premier album ensemble, en 1977, reste confidentiel. Le suivant, Roulette russe, en 1979, suscite un vague intérêt. Le 45-tours Gaby Oh Gaby, est « la dernière chance », dit Didier Varrod. 

En 1981, c’est Vertige de l’amour. Varrod affirme qu’avec l’essor de Bashung, « le rock français existe enfin ». Oubliant au passage Bijou, Téléphone, Trust ou Starshooter… pour ne s’en tenir qu’à la fin des années 1970. Bashung évolue ensuite un pas en avant, pour savourer le succès, un en arrière pour s’en inquiéter, éviter la redite. Virage new wave avec Play blessures (1982), à l’accueil plutôt réservé, Figure imposée (1983), guère mieux.

En 1991, avec Osez Joséphine, la chanson et l’album qui contient aussi les chansons Volutes et Madame rêve, c’est l’équilibre entre l’ambition artistique et le lien avec le grand public, comme pour Chatterton, en 1994 puis Fantaisie militaire en 1998 avec La nuit je mens. « Une décennie merveilleuse », s’enthousiasme, à raison, Jean Fauque.

Osez Bashung !, de Thierry Gautier, Sylvain Leduc et Didier Varrod (Fr., 2021, 52 min). Sur France.tv jusqu’au 12 octobre 2021.

[Photo : PASCAL J. LE SEGRETAIN/SYGMA VIA GETTY IMAGES - source : www.lemonde.fr]


segunda-feira, 1 de julho de 2019

« Ode à la vie », interprétée par Alain Bashung








Elle a jonché d'or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l'ampleur m'a fait me fissurer

Ode à la vie
Ode à la poésie
Ode à la parodie

Petit baigneur
Fait des longueurs à longueur d'odyssée
Brasse petit verni
À bras raccourcis
Brasse petit gabarit
Brasse
Brasse

Engloutis mes péchés véniels
Mes blasphèmes en apnée
Brasse

Elle a jonché d'orchidées l'enfer de ma marelle
Elle a saupoudré de courage mes limbes
Elle m'a arraché un sourire
Elle m'a dit polie polisson ces gravillons

Ode à la vie
Ode à la poésie
Ode à la parodie

J'fais la noce
J'fais la noce avec Yasmina
Je divorce avec la Grande Ourse
Aux équinoxes il arrive que je penche

Ode à la vie
Ode à la poésie
Ode à la presbytie

Aux orties les ciels de réglisse
Au pilori mes éclipses
À la trappe rodéos corridas civière sparadrap
À découvert le ventre à l'air
Ancré dans la baie du bonheur

Brasse
  Lancer des frisbees dans les jardins de Libreville
Lancé. Hop. Attrape. 

Loupé

J'fais la noce
J'fais la noce avec Yasmina
Je divorce avec la Grande Ourse
Aux équinoxes il arrive que je penche
J'fais la noce
J'fais la noce avec Monica
J'fais la noce

Ode à la vie
Elle a jonché d'or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l'ampleur m'a fait me fissurer
Ode à la vie
Ode à la parodie
Ode à la poésie
Ode à la vie
Ode à la vie




Auteurs :  Alain Bashung, Jean Marie Fauque et Jean-Marc Lederman

domingo, 31 de março de 2019

La voix d'Alain Bashung au coeur de l'album posthume "En amont"

Presque dix ans après sa mort survenue le 14 mars 2009, Alain Bashung est de retour sur les ondes avec l'album "En amont". Ce disque posthume regroupe onze chansons inédites, non retenues pour "Bleu Pétrole", le dernier album paru de son vivant, en 2008. Onze titres bouleversants qui permettent de renouer avec sa voix si particulière.  


Par Laure Narlian

Des maquettes conçues en amont de "Bleu Pétrole"

Entre 2002 et 2008, durant le long travail de maturation de son ultime album "Bleu Pétrole", dominé par la patte de Gaëtan Roussel et de Gérard Manset, Alain Bashung avait enregistré chez lui d'autres chansons. Une grosse vingtaine de titres en guitare-voix, sur des paroles (mais aussi parfois des compositions) signées d'une nuée d'auteurs tels Dominique A, Doriand, Raphaël ou Daniel Darc. Des chansons en chantier qu'il avait chargé son épouse Chloé Mons, peu avant de partir, de faire aboutir.

Parce que c'était "trop d'émotions", Chloé Mons a mis presque dix ans à se replonger dans ces archives audio et à faire le tri. Or "il y avait vraiment matière à faire un album posthume, les chansons se tenaient et se répondaient", nous a-t-elle expliqué. "Cet album est nécessaire. Il réaffirme une certaine radicalité qu'avait Alain avec la musique. C'était si triste que cela reste dans des tiroirs. Mais je voulais que ce soit beau et que ça lui ressemble".



Edith Fambuena réalisatrice tout en sensibilité 
Qui pour réaliser ce travail d'orfèvre qui a consisté à nettoyer les démos, faire un peu de Lego et habiller sans trahir la voix d'Alain Bashung tirée de ces maquettes? Le choix d'Edith Fambuena, musicienne et productrice qui avait travaillé sur le chef-d'œuvre "Fantaisie Militaire" il y a 20 ans, s'est imposé. "Edith est venue appuyer des couleurs qui étaient déjà là et donner un liant à toutes ces chansons", résume Chloé Mons. "J'ai tenu la main d'Alain pour donner du rab à ceux qui l'aimaient", décrit pudiquement Edith Fambuena. 

Enfermée pendant des jours et des nuits l'été dernier dans son studio avec la voix d'Alain Bashung comme seule compagne, Edith Fambuena n'a pas cherché à maquiller ou muscler artificiellement ces maquettes. Elle a au contraire soustrait respectueusement ce qui devait l'être et gratté jusqu'à atteindre la vérité nue de ces chansons. Elle les a ensuite habillées, avec délicatesse et sensibilité, en cherchant à rester au plus près de ce qu'il voulait raconter. Sobrement, et sans peur des silences. 



La voix de Bashung en majesté


La voix d'Alain Bashung, profonde et grave, intense et gorgée de vécu, mais parfois aussi plus fragile, est ici traitée en majesté. C'était leur volonté à toutes les deux. "On est parties avec Edith sur l'idée de rester au plus près de la matière. Or la matière, la plupart du temps, c'était sa voix", se souvient Chloé Mons. "Et puis l'histoire du disque c'était quand même de lui redonner sa voix."

Edith Fambuena avoue avoir eu "des moments difficiles" en découvrant des sanglots dans la voix d'Alain. On les perçoit très nettement sur "Les arcanes", écrit et composé par Arman Méliès, et sur "Seul le chien", écrit et composé par Dominique A. Sur cette dernière, particulièrement poignante, les paroles semblent aussi prémonitoires que sur le premier single "Immortels", signé lui aussi Dominique A et écarté de "Bleu Pétrole" au dernier moment par pudeur, alors que Bashung se savait condamné.

"C'est la dernière étoile 
Que je vois s'allumer 
C'est le dernier soupir 
Que je m'entends pousser 
Qu'on me porte qu'on m'installe 
(...) Que je voie défiler 
Un à un ces visages 
Pour qui j'aurai compté"
("Seul le Chien")





Gene Vincent, Martin Sheen et Johnny Cash à bord d'une Cadillac 
Si la seconde partie de l'album est un peu plombée, "En amont" reste pourtant étonnamment lumineux. Edith Fambuena s'est raconté des histoires de Cadillac, de grands espaces et de Johnny Cash. Elle a redéfini le décor du difficile "Les rêves de vétéran" composé par Arman Méliès sur un texte d'un auteur inconnu, ajoutant un harmonica et donnant des accents western à cette complainte d'un vétéran du Vietnam rongé par la culpabilité. "J'ai ôté tout le lyrisme de la première version", se souvient-elle, "je me suis dit c'est Martin Sheen dans Apocalypse Now".

Sur "Elle me dit les mêmes mots", un texte de Daniel Darc, elle a "mis du vent dans ses cheveux". Sur "Ma peau va te plaire" (texte de Joseph d'Anvers), dans lequel il incarne une prostituée, elle a injecté du Gene Vincent, héros des 15 ans de Bashung. Elle a posé des notes de guitare liquides sur "La mariée des roseaux" et des chœurs délicats sur le final "Nos âmes à l'abri". Quant à Raphaël, il apporte une grisante touche orientale sur "Les Salines", dont il signe texte et musique.

De blues atmosphériques en folks un peu flingués, ainsi va "En amont", disque posthume crépusculaire et dépouillé, aussi ensorcelant que l'appel d'air d'un fantôme bien-aimé.



 
[Reportage : E. Cornet / P. Juvigny / G. Gosalbes /G. Orain / S. Korwin - source : .culturebox.francetvinfo.fr]

sábado, 23 de março de 2019

Alain Bashung (1947-2009), la musique du hasard

Le 18 octobre 2014, l'émission “Une vie, une œuvre”, dirigée par Martin Quenehen et diffusée tous les samedis sur les ondes de France Culture, était consacrée au chanteur français Alain Bashung (1947-2009). 


Ses douze albums studio sont autant d’étapes vers une destination connue de lui seul, douze facettes d’un personnage polymorphe, douze tentatives de recomposer une identité brouillée. Alain Bashung a construit plus qu’une œuvre : un univers avec lequel chaque auditeur entretient une relation intime.

1966-1980 : quatorze ans pour devenir l’interprète de « Gaby » ; 1980-1982 : deux ans pour confirmer, avec “Pizza”, qu’un rock français adulte est possible, avant de connaître sa première dépression nerveuse, disparaître des radars, et revenir avec “Play blessures”, soit le meilleur album de new wave jamais enregistré par un artiste français.

Son parcours discographique est entrecoupé de tournées au cours desquelles il se réinvente en compagnie de musiciens triés sur le volet, repoussant toujours plus loin les limites de son univers musical et visuel.

Au milieu des années 1990, “Chatterton” amorce une nouvelle approche qui conduira à “Fantaisie militaire”, puis à “L’Imprudence”, album gazeux, complexe bien qu’épuré, que l’on qualifierait de chef-d’œuvre, si le terme n’était pas si galvaudé.


La sortie de “Bleu pétrole” est ponctuée d’une série de concerts miraculeux qui semblent défier le sort.




Par Pierre Mikaïloff
Réalisation : Nathalie Salles
Attachée d'émission : Claire Poinsignon
Mixage : Bruno Martin
Images : Nicolas Andreu.
Création musicale : Yan Péchin
Invités : Chloé Mons, chanteuse et comédienne. Épouse d'Alain Bashung Boris Bergman, parolier Jean Fauque, parolier Jean-Louis Piérot, réalisateur et musicien


[Photo : CHRISTOPHE D YVOIRE/Sygma - Getty - source : www.franceculture.fr

quarta-feira, 20 de março de 2019

Dix chansons qui font d'Alain Bashung un immortel

C’était il y a 10 ans. Atteint d'un cancer du poumon, Alain Bashung s’éteint le 14 mars 2009, à l'hôpital Saint-Joseph, à Paris. Il n’a alors que 61 ans. Afin de souligner ce triste anniversaire, nous vous proposons 10 chansons qui ont marqué sa carrière; 10 chansons qui font de Bashung un immortel.

Écrit par Olivier Robillard Laveaux

Gaby oh Gaby
Alain Bashung a déjà 32 ans lorsqu’il lance son deuxième album, Roulette russe, en 1979. Le succès se fait toujours attendre, au point où sa maison de disques songe à briser son contrat. Il lance l’année suivante le quarante-cinq tours de la pièce Gaby Oh Gaby, qui devient son premier succès. On réédite finalement Roulette russe à l’automne 1980 pour y inclure la chanson.



Vertige de l'amour
Premier extrait de son troisième album, PizzaVertige de l’amour confirme qu’Alain Bashung ne sera pas l’homme d’un seul tube. S’écoulant à plus de 700 000 exemplaires, la chanson atteint la deuxième place des ventes en France en mars 1981.



Osez Joséphine 
Au tournant des années 90, les vidéoclips offrent aux musiciens une nouvelle manière de s’exprimer et de mettre leur musique en images. Bashung profite de cet engouement pour lancer l’audacieux clip d'Osez Joséphine.




Madame rêve
Ici enregistré au Chabada d’Angers, Madame rêve est l’autre grand classique de l’album Osez Joséphine qui permet à Bashung de renouer avec le succès populaire.



Ma petite entreprise
Trois ans après Osez Joséphine, Bashung revient avec son album Chatterton, qui inclut Ma petite entreprise. Deux niveaux de lecture ont souvent été évoqués pour cette pièce écrite avec le parolier Jean Fauque. Bashung parle-t-il d’un patron qui voit son entreprise prospérer ou de son sexe qui ne connaît pas la crise? À vous de juger…



La nuit je mens
Animatrice à ICI Musique, Catherine Pogonat ne tarit pas d’éloges à propos de cet autre classique de Bashung, paru sur Fantaisie militaire. « La nuit je mens est dans mon "top 3" des plus grandes chansons françaises. S’il y a une pièce que j’aurais aimé écrire, c’est bien celle-ci. »



Angora
Il fallait inclure à cette liste une chanson interprétée par Alain Bashung seul à la guitare. Le voici avec sa Gibson acoustique chantant Angora, un autre titre de Fantaisie militaire.



Résidents de la République
Gravement malade, Alain Bashung fait sa dernière apparition publique à l’occasion des Victoires de la musique, le 28 février 2009, soit 15 jours avant sa mort. Il y remporte les prix de l’interprète masculin de l'année, de l’album de chanson de l’année (pour Bleu pétrole) et du meilleur spectacle de l'année. Il interprète pendant la cérémonie Résidents de la République, l’un des moments les plus émouvants de la carrière du chanteur.



Je t’ai manqué
L’album Bleu pétrole sera pour toujours considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre d’Alain Bashung. Outre Résidents de la République, on y trouve également Je t’ai manqué, ici interprétée à Paris, en décembre 2008. L’extrait est tiré du DVD Live à l'Olympia.



Immortels
Depuis le 14 mars 2009, deux albums posthumes d’Alain Bashung ont été lancés: L'homme à tête de chou, un disque de reprises de Gainsbourg, et En amont, qui contient de matériel original accumulé lors de la production de Bleu pétrole. Clin d’œil touchant au triste destin de Bashung, l’album s’ouvre avec la touchante Immortels.







[Source : www.icimusique.ca]