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segunda-feira, 5 de outubro de 2026

Un site archéologique marocain qui réécrit l’histoire du Maghreb… Ce que nous apprend la découverte d’un ancien rempart

Le rempart découvert à Oued Beht, un site marocain qui contribue peu à peu à réécrire l’histoire du Maghreb. Giulio Lucarini/OBAP Archive, 

Écrit par Giulio Lucarini, Cyprian Broodbank et Toby C. Wilkinson

À Oued Beht, dans les collines du nord-ouest du Maroc, au-dessus du fleuve qui a donné son nom au site, des fouilles ont récemment révélé un pan jusqu’ici méconnu de l’histoire de la région. La découverte d’un vasteédifice montre qu’au IIᵉ millénaire avant notre ère, les communautés d’Afrique du Nord-Ouest transformaient déjà leur environnement et entretenaient des échanges au sein de vastes réseaux méditerranéens. 

Les recherches précédemment menées par le projet archéologique d’Oued Beht avaient déjà mis au jour ce qui constitue probablement le plus ancien et le plus vaste complexe agricole jamais découvert en Afrique en dehors de la vallée du Nil. Il daterait d’environ 5 400 à 4 900 ans.

                                                                                  Oued Beht, dans l’actuel Maroc, séparé 

                                                                                  de l’Espagne, au nord, par l’océan. 

                                                                                      Toby Wilkinson/OBAP Archive

De nouvelles fouilles, auxquelles nous avons participé, ont été menées en 2023 et nous ont permis de mieux comprendre le site. Notrenouvelle étude met en lumière la plus ancienne construction de grande ampleur probablement défensive connue à ce jour en Afrique du Nord, hors de la vallée du Nil. Elle daterait d’environ 4 000 à 3 500 ans.

On ignore précisément contre quelles menaces ces structures semblables à des remparts avaient été érigées. Elles témoignent probablement d’une concurrence croissante pour le contrôle des terres, des ressources et peut-être des voies de circulation plutôt que de la crainte d’« envahisseurs ». De telles constructions laissent penser que les communautés ressentaient le besoin de se protéger ou d’affirmer leur pouvoir sur des lieux stratégiques.

Travaux de prospection autour du rempart découvert à Oued Beht. Giulio Lucarini/OBAP Archive

Cette découverte atteste l’existence d’une architecture défensive organisée au Maghreb bien plus tôt qu’on ne le pensait. Elle révèle aussi que les sociétés de la région étaient alors plus complexes et mieux structurées qu’on ne l’imaginait.

Notre étude montre également que, entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècle, le promontoire d’Oued Beht a retrouvé une place centrale. L’ancienne structure défensive a été reconstruite, un hameau ou une ferme s’est établi sur une colline voisine et un cimetière a été aménagé entre les deux.

Ensemble, ces découvertes offrent un rare aperçu archéologique des communautés rurales aussi bien à la préhistoire qu’au Moyen Âge. Elles nous aident à comprendre comment ces sociétés se sont développées et ont perduré dans une région trop souvent oubliée des livres d’histoire.

Un foyer majeur de la préhistoire au Maghreb

Pendant longtemps, la fin de la préhistoire au Maghreb – la région d’Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie – est restée mal connue. Comparées à celles de régions voisines, comme la péninsule Ibérique ou la région d’Athènes, les données archéologiques étaient souvent fragmentaires. Mais ces dernières années, la situation a radicalement changé.

                                                                           Des restes humains mis au jour à Oued Beht. Marlena Cygan/OBAP Archive

Les fouilles menées à Oued Beht ont révélé une importante concentration d’activités humaines sur une superficie d’au moins dix hectares. La première grande phase d’occupation remonte au milieu du IVᵉ et au début du IIIᵉ millénaire avant notre ère, soit à la fin du Néolithique.

L’étude des restes de végétaux et d’animaux datant de cette époque indique qu’une communauté d’agriculteurs y cultivait notamment de l’orge et du blé. Ses habitants exploitaient également des plantes sauvages et élevaient du bétail.

Le site était également un important centre de production artisanale. Des milliers de haches en pierre polie et d’autres outils y ont été découverts ainsi que des poteries finement façonnées, parfois ornées de motifs peints.

On ignore encore si Oued Beht était alors un village occupé en permanence, un lieu de rassemblement saisonnier ou un type de site moins familier. Mais il occupait manifestement une place majeure dans le paysage du nord-ouest du Maroc.

                                                     Une hache en pierre polie découverte à Oued Beht. Hamza Benattia/OBAP Archive

Le rempart défensif

La présence de levées de terre et de murs potentiellement anciens avait été signalée dès les années 1930. L’archéologue français Armand Ruhlmann avait alors décrit un ensemble de trois murs, le quatrième côté étant protégé par l’escarpement naturel du promontoire. Il y voyait un dispositif défensif de type « éperon barré ». Jusqu’à présent, toutefois, la nature exacte et la datation de ces vestiges restaient incertaines.

                           L’éperon barré, près du village d’Aït Siberne (région de Rabat-Salé-Kénitra). Arnau Garcia-Molsosa/Toby Wilkinson/OBAP Archive

De nouvelles fouilles ont confirmé l’existence d’un fossé, d’un rempart et d’un mur construits en plusieurs étapes dans une partie étroite de la crête d’Oued Beht, entre le fleuve et un ravin. Ce dispositif isolait et protégeait l’extrémité sud du promontoire. La datation au carbone 14 des dépôts associés à ces structures nous a permis d’en établir la chronologie.

                                                       Vue en coupe du mur, du rempart et du fossé. Alessia Brucato/Lucy Farr/Moad Radi/OBAP Archive

Ces datations situent la construction initiale de cet ouvrage à une époque correspondant à l’âge du bronze dans le reste de la Méditerranée occidentale. Il s’agit donc du plus ancien ouvrage défensif attesté en Afrique du Nord en dehors de l’Égypte.

À quoi servait cet ouvrage ?

Cette structure soulève d’importantes questions sur la société qui l’a édifiée. La construction d’un système associant rempart et fossé nécessitait de la planification, de la coordination et la mobilisation d’une importante main-d’œuvre. Elle témoigne donc de l’existence d’une communauté capable de mener des projets de construction complexe.

                                                             Photo du site prise par drone. Arnau Garcia-Molsosa/Toby Wilkinson/OBAP Archive

Au cours de la première phase d’occupation, au Néolithique, les activités se concentraient dans la partie nord du site d’Oued Beht, plus vaste et plus ouverte. À l’époque étudiée dans notre nouvelle étude, elles s’étaient déplacées vers la crête méridionale, plus étroite et plus facile à défendre. Cette évolution pourrait traduire un changement dans les stratégies d’occupation du territoire.

Des liens avec le monde méditerranéen

Le IIᵉ millénaire avant notre ère est une période de profonds bouleversements dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Dans le sud de la péninsule Ibérique, les sociétés argariques – entre 2200 et 1550 avant notre ère – développaient des habitats complexes, souvent établis au sommet de collines. Elles se caractérisaient par une architecture planifiée, une métallurgie avancée, notamment dans la production du bronze, et de fortes hiérarchies sociales, perceptibles dans les pratiques funéraires. Ces communautés aménageaient fréquemment des sites fortifiés et des habitats stratégiquement situés, qui leur permettaient de contrôler les territoires environnants.

De plus en plus d’indices montrent que les communautés d’Afrique du Nord-Ouest étaient intégrées à de vastes réseaux méditerranéens, notamment avec les territoires correspondant aujourd’hui à l’Espagne et au Portugal. Les découvertes d’Oued Beht confirment que le Maghreb n’était pas isolé, mais participait pleinement aux transformations qui façonnaient alors la Méditerranée occidentale.

Le système défensif du site pourrait ainsi témoigner de profondes évolutions dans l’organisation sociale et les relations entre les communautés de la région : une concurrence croissante pour l’accès aux ressources, le contrôle des voies de circulation et l’émergence de formes de pouvoir plus structurées.

« Réécrire » l’histoire

Les découvertes d’Oued Beht montrent combien l’histoire ancienne de l’Afrique du Nord reste encore à explorer. Le rempart témoigne de la capacité des communautés de la région à coordonner de vastes chantiers. Il révèle aussi des transformations sociales que l’on commence tout juste à entrevoir.

Les vestiges médiévaux montrent que le promontoire a de nouveau été occupé plusieurs siècles après l’abandon de l’habitat préhistorique. Oued Beht n’a donc pas connu une seule période d’occupation : différentes communautés ont choisi ce même lieu au fil des millénaires.

À mesure que les recherches progresseront, ce site pourrait devenir essentiel pour comprendre comment les sociétés du Maghreb ont évolué, des premières communautés agricoles au monde rural médiéval.


[Source : www.theconversation.com]


quinta-feira, 1 de outubro de 2026

« Israël n’est pas simplement un pays qui commet des erreurs, Israël est une erreur » : l’écrivain juif Benjamin Moser plaide résolument pour l’ antisionisme

Que son dernier livre puisse faire de lui un paria, Benjamin Moser s’en fiche. Dans Antizionisme, il veut, sans s’autocensurer, faire connaître les #Juifs qui ont rejeté l’État d’ #Israël et briser le tabou qui entoure la critique de fond. « Le #sionisme n’a jamais eu pour but de mettre les Juifs en sécurité. Il s’agissait de leur donner du pouvoir. »


Propos recueillis par Dries Blontrock 

Au terme de notre entretien, Benjamin Moser s’inquiète. L’écrivain juif veut savoir s’il a été suffisamment clair. « Je ne veux pas donner l’impression de trop ménager les sionistes. Je veux vraiment dire les choses telles qu’elles sont. Car le langage a toujours été leur premier champ de bataille. »
M. Moser peut se rassurer. Rares sont ceux qui lui reprocheront un excès de nuance. De son côté, il ne s’embarrasse pas des « gants de soie » qu’il reproche aux défenseurs d’Israël et du sionisme de porter. 

Dans son nouveau livre Antizionisme, M. Moser, un Américain installé depuis des années aux Pays-Bas, dresse le portrait de douze Juifs qui, comme lui, attaquent ouvertement l’idéologie sur laquelle repose l’État d’Israël. Dans un chapitre introductif, il règle ses comptes avec les idées du grand idéologue sioniste Theodor #Herzl. Il montre ensuite que, dès la publication de L’État des Juifs de M. Herzl, des critiques se sont élevées dans le monde juif et n’ont jamais cessé depuis. Ces voix critiques viennent du monde entier : du Brésil et du Texas à l’Irak, de la Pologne à l’Afrique du Sud, mais aussi d’Israël même.

Benjamin Moser (1976) est un écrivain et traducteur juif américain qui vit à Utrecht. Il a obtenu une bourse Guggenheim en 2017 et reçu le prix Pulitzer en 2020 pour sa biographie de Susan Sontag. En 2023 a paru De wereld op zijn kop, un ouvrage sur les maîtres hollandais salué par la critique. 

Vous concluez votre plaidoyer par ces mots : « Ce livre est resté inachevé, parce que la réponse manque. » La réponse à quelle question ? 

« Le sionisme est une plaie ouverte, car les souffrances des Palestiniens n’appartiennent pas au passé. Elles s’aggravent chaque jour. Pour le moment, nous n’y voyons pas de solution, mais il n’y en a pas non plus pour les Juifs. Comme l’a dit un jour Hannah Arendt, la question juive a été résolue, mais uniquement en forçant des centaines de milliers de personnes à fuir. Nous ne savons pas quelle issue tout cela peut avoir. » 

Vous retracez des siècles d’opposition juive au sionisme. Mais à voir aujourd’hui Gaza et la Cisjordanie, on peut en conclure que cette idéologie n’a jamais été aussi forte. L’antisionisme a-t-il vraiment une chance de réussir ?

« Oui, il est déjà en train de réussir. Partout dans le monde, où que l’on regarde, on comprend qu’Israël agit mal. Tout le monde le comprend. Avec ce livre, je veux que les gens comprennent qu’Israël était une erreur dès le départ. Le sionisme nous a menés là, c’était inévitable. Tous les pays commettent des fautes, mais on ne dirait jamais : “La Belgique est mauvaise en soi.” Israël, en revanche, n’est pas simplement un pays qui commet des erreurs. Israël est une erreur. » 

Antizionisme n’est pas un réquisitoire contre la politique israélienne, mais une attaque contre le fondement idéologique de l’État.

« Je définirais le sionisme comme la création et le maintien d’un État juif en Palestine. C’était une idée épouvantable de fonder une colonie juive dans un pays dont 95 à 97 pour cent des habitants n’étaient pas juifs. Cela ne pouvait que mal finir : ce n’était possible qu’en chassant les gens. Je ne suis pas le seul à dire que c’est un problème majeur : beaucoup des premiers sionistes le pensaient aussi. Dans mon livre, je cite le penseur sioniste Ze’ev Jabotinsky, qui disait qu’aucun peuple ne déguerpit comme ça de son propre pays. C’est humain : personne ne veut céder son pays. La seule façon d’y parvenir malgré tout est de recourir à une violence telle que les gens capitulent complètement ou prennent la fuite. Les sionistes ont essayé les deux options, sans succès. » 

« L’exclusion, l’injustice et le racisme existent malheureusement dans tous les pays. Mais il me paraît très important de dire qu’en Israël, il ne s’agit pas de regrettables dérives, mais d’une maladie congénitale et héréditaire. » 

De tels propos vous opposent frontalement à une grande partie de la communauté juive et à bien d’autres.

« Je ne fuis plus la controverse. Je descends de réfugiés allemands. On m’a toujours appris que le “plus jamais ça”, cette réponse à l’horreur de la Seconde Guerre mondiale, vaut pour tout le monde. Quand je vois les souffrances des victimes de la Shoah servir à tuer d’autres personnes, je me fiche de ce que ceux qui agissent ainsi pensent de moi. Je veux dire, je ne me préoccupe pas non plus de ce que le Ku Klux Klan pense de moi. » 

« J’ai dû faire tout un cheminement. J’ai été élevé dans l’idée que le sionisme et Israël étaient de belles choses, dignes d’éloges. Je n’en croyais pas mes oreilles lorsqu’une amie a rejeté en bloc le sionisme comme une absurdité. Des Juifs venus de l’étranger seraient “rentrés chez eux”, mais ils ont, ce faisant, évincé un peuple. Nous ignorions combien de personnes s’y étaient opposées à l’époque : on ne m’avait jamais raconté cette partie de l’histoire. On m’a toujours vendu ce récit comme la vérité : la Shoah, c’était mal ; Israël, c’est bien. Après la fin de la #Shoah en 1945, nous avons connu en #1948 (avec l’État d’Israël, ndlr) une réparation miraculeuse pour ces souffrances : voilà ce qu’on me racontait. Je n’entendais pas l’autre récit. » 

Vous affirmez que le #sionisme et le #judaïsme ne sont pas synonymes.

(Il interrompt.) « Des antonymes ! Ce sont des antonymes, les penseurs religieux l’ont toujours dit. » 

Comment expliquer que, pour beaucoup, ces notions se confondent totalement ?

« Parce que c’est la politique étrangère des sionistes et d’Israël depuis cent ans. Ils arborent nos symboles sur leur drapeau. Ils disent “Juifs” quand ils veulent dire “Israéliens”. Un parlementaire israélien a dit : “Je suis fier des ruines de #Gaza, et du fait que chaque bébé racontera dans 80 ans à ses petits-enfants ce que les Juifs ont fait.” Il est tellement regrettable qu’une puissance étrangère, Israël, sur laquelle nous n’avons aucune prise, nous colle à tous, nous les Juifs, la même étiquette. C’est pourquoi nous devons nous dresser sans relâche et dire chaque jour : “Ce n’est pas nous.” Pour autant, nous ne pouvons pas nier que beaucoup de Juifs approuvent bel et bien cela. C’est la grande ligne de fracture du monde juif. » 

« Pour les Juifs, le travail d’introspection nécessaire ici est encore plus difficile que pour les catholiques, les musulmans ou les Allemands. Les Juifs n’avaient jamais eu, auparavant, à s’interroger sur leur rapport à leur propre histoire. Aujourd’hui, si. Ils ne peuvent pas concevoir que leur groupe commette des crimes à une telle échelle. Moi non plus, je n’aurais jamais imaginé que des Juifs puissent commettre un génocide. » 

Pourquoi avoir construit votre plaidoyer autour de ces douze mini-biographies ?

« Dès le #7octobre 2023 (le jour de l’attentat du Hamas et du début de la guerre menée par Israël à Gaza, ndlr), je savais ce qui allait se passer. J’ai compris qu’il fallait raconter cette histoire maintenant. Aujourd’hui, le livre est là et les bombes tombent toujours. Je n’ai pas d’armée de l’air, mais je peux défendre mes valeurs. Ce n’est pas avec une chanson ou un article qu’on arrêtera les bombardements, mais je veux contribuer à créer un climat dans lequel le changement est possible. J’espère que les idées que je présente ici feront bouger l’opinion publique et rendront ainsi possibles des changements politiques. » 

« Je voulais aussi que les Juifs séfarades et ashkénazes se reconnaissent dans mon livre. Je voulais écrire sur des gens du monde entier, d’Afrique et d’Amérique latine, je voulais y faire figurer des homosexuels. Tous ceux qui ouvrent ce livre doivent pouvoir s’identifier à cette histoire, parce qu’elle nous concerne tous. L’un de mes personnages, Helena Salem, une journaliste juive brésilienne, aborde le sujet sous un angle féministe et depuis le Sud global. J’ai trouvé cela fantastique. L’histoire d’Ahmad Sadiq Saad était essentielle pour parler des Juifs arabes antisionistes. Ce n’est pas une question locale. Je ne fais pas figurer tous ces gens par une sorte de “wokeness”, par souci d’inclusivité pour l’inclusivité, mais parce que cette histoire concerne le monde entier. » 

Beaucoup des personnes évoquées dans votre livre ont fini en parias. Le même sort vous attend-il ?

« Absolument. Mais voulez-vous faire partie de ceux qui soutiennent le #génocide ? Je compare parfois cela à ce que j’ai vécu en faisant mon coming out. On pense qu’on ne sera plus accepté, et c’est effectivement parfois ce qui arrive. Mais, d’un autre côté, on se retrouve dans un milieu bien plus sympathique. Les gens dont je parle dans ce livre sont fantastiques. Non, je ne recherche pas l’approbation des sionistes. Nous avons les gens les plus sympas de notre côté. » 

Vous n’hésitez pas à établir des parallèles entre le sionisme et l’Allemagne nazie. Est-ce une provocation ?

« L’intention n’est absolument pas de provoquer. Personne ne prend plaisir à constater ces parallèles. Tout au long de ce livre, on voit des gens essayer de les éviter. À un moment, la grande juriste israélienne Felicia Langer se trouve dans une prison et voit que les prisonniers ont des numéros sur la tête. Elle demande au gardien : “Cela ne vous rappelle rien de notre propre passé ?” Il dit : “Vous n’imaginez pas combien il y a d’Ahmad et de Mohammed ici, ni combien il est difficile de les distinguer.” Elle répond : “Vous n’imaginez pas combien il y avait de Bernstein et de Rubinstein à l’époque (dans les camps de concentration, ndlr), ni combien il était difficile de les distinguer.” La dure vérité, c’est que le comportement des sionistes appelle la comparaison avec le #nazisme. » 

Comment avez-vous découvert la tradition juive antisioniste ?

« Je savais vaguement qu’il existait des opposants au sionisme. On les présentait comme des fous qui pensaient que seul le Messie pouvait permettre le retour en #Palestine, et qui croyaient à d’autres choses auxquelles aucune personne normale n’aurait accordé foi. Voilà ce qu’on racontait à leur sujet. Mon premier voyage en Palestine, puis mes rencontres de plus en plus nombreuses avec des Juifs engagés dans le mouvement palestinien, m’ont permis d’en apprendre toujours davantage. Souvent, leur engagement découlait de leurs convictions juives. Peu à peu, j’ai commencé à y voir plus clair, mais avant de commencer à écrire ce livre, j’ignorais à quel point ils étaient nombreux. Pour eux, l’héritage de la Shoah signifie qu’il faut s’opposer au racisme, à l’exclusion et à l’apartheid. Car si nous ne le faisons pas, nous trahissons les six millions de victimes de la Shoah. »

« Je viens de la gauche, mais il est justement très intéressant de voir que des conservateurs, par exemple, se sont eux aussi opposés au sionisme. L’opposition venait de tous les horizons. Certains s’y opposaient pour des raisons religieuses, liées au judaïsme orthodoxe, d’autres parce qu’ils étaient communistes, donc internationalistes. On obtient ainsi un panorama de la pensée juive, avec ce statut de paria que je trouve si caractéristique : on ne se contente pas de comprendre la position de celui qui est en marge, on se met à sa place et on assume soi-même cette position. Par principe, on veut se ranger du côté des exclus. » 

Bien que des voix antisionistes aient mis en garde contre les conséquences du sionisme dès l’époque de M. Herzl, elles n’ont pas été écoutées.

« Ce livre parle aussi de la violence avec laquelle on les a réduits au silence. Les gens veulent des certitudes, c’est très compréhensible, et les sionistes leur en offraient. En Europe, la plupart des Juifs étaient pauvres et avaient souvent été victimes d’abus de pouvoir. Herzl est alors arrivé en leur disant qu’ils n’avaient pas à se laisser faire. Il le disait parce qu’il voyait les Juifs comme des gens qui, comme tout le monde, avaient soif de pouvoir. Et c’est ce que l’on voit en Israël, exemple extrême d’une société qui ne comprend que le langage de la violence – pour reprendre une phrase que les Israéliens emploient souvent à propos des Arabes. » 

Après avoir lu votre livre, on se demande comment la communauté juive a pu basculer à ce point vers le sionisme. Il n’a pas toujours été le principal courant.

« En réalité, les sionistes ont toujours été une minorité. En Irak, ils représentaient 1,53 pour cent de la population juive, qui y était établie depuis des millénaires. Même lorsqu’ils ont réussi, en 1917, à mettre au service de leur cause les Britanniques impérialistes, qui leur ont offert toute la Palestine avec la déclaration Balfour, le capital total du mouvement au Royaume-Uni atteignait à peine 500 livres. Toutes les archives de l’organisation tenaient sous un lit dans une chambre d’hôtel. »

« Les sionistes ont dû leur succès au fait que le gouvernement anglais croyait aux théories du complot antisémites. “Les Juifs sont derrière tout, et si vous nous avez dans votre camp, vous gagnerez la guerre.” Aujourd’hui encore, le sionisme s’appuie sur l’idée que les Juifs sont derrière tout. La peur qu’ils inspirent a toujours été une force. La population juive d’Israël est comparable, en nombre, à celle de la Flandre. Imaginez que la Flandre bombarde la moitié de l’Europe : comment pourrait-elle alors continuer d’exister ? Elle ne le pourrait que si beaucoup n’osaient pas s’en prendre à elle et si les gens avaient peur de la critiquer. En Californie, personne n’a peur de dire quelque chose sur la Flandre. Quand il s’agit d’Israël, beaucoup se taisent. Nous devons pouvoir dire les choses telles qu’elles sont. » 

La majorité des Juifs est-elle aujourd’hui sioniste ?

« Cela dépend. Beaucoup de gens se disent opposés à Benyamin Netanyahou, mais Israël existe depuis si longtemps que nous avons fini par penser qu’il avait sa place là-bas. Aux États-Unis, le nombre de personnes qui jugent qu’Israël n’est pas un bon allié, qu’il commet des crimes de guerre et un génocide et qu’il pratique l’apartheid a rapidement augmenté. Mais qualifier ces gens d’antisionistes, cela paraît très extrémiste. C’est aussi ce que je pensais : je faisais partie des sionistes progressistes qui approuvaient l’existence d’un État juif, sans en mesurer toutes les conséquences. En réalité, cela revient à donner le pouvoir à une minorité qui terrorise la majorité. Mais on n’a jamais présenté les choses en ces termes aux gens. » 

Pourquoi Israël et le sionisme vont-ils alors de soi, pour les Juifs comme pour les non-Juifs ?

« Eh bien, parce qu’ils existent déjà. Mais je voudrais inviter chacun à réfléchir aux origines de cet État. D’où vient-il ? Qui l’a installé là ? Qu’a-t-il fait ? Et que fait-il aujourd’hui ? Comment pouvons-nous mettre fin à ces assassinats, à ces meurtres et à cette guerre ? Cela n’est possible qu’en dissociant les notions de “Juif” et d’“Israël”. En disant : il y a des Juifs qui trouvaient cela mal et le trouvent toujours. Pourquoi ne nous donne-t-on jamais la parole ? »

« Ce que je dis, je peux le dire parce que je suis juif. Un Arabe qui dit la même chose n’est pas écouté. Les non-Juifs ont toujours peur de critiquer Israël. Ils craignent d’être alors dépeints comme des antisémites, des racistes, des gens qui veulent jeter les Juifs à la mer. Mais cela ne signifie pas qu’il m’est facile de le dire. Pourtant, je continue à défendre la tradition intellectuelle et éthique juive. Et, avec moi, des millions d’autres qui n’ont pas encore trouvé les mots. »

« Je ne m’attends pas à ce que ce livre amène les gens à penser comme moi, car j’ai moi-même parcouru un long chemin. L’idée semblait bonne, aussi : un mouvement de libération pour des gens qui avaient survécu à la Shoah et qui obtenaient enfin une petite place dans le monde. Qui peut être contre ? » 

Du point de vue sioniste, l’alternative serait que les Arabes jettent les Juifs à la mer.

« C’est ce qu’ils disent toujours. Voilà pourquoi ce que raconte Ronnie Kasrils, le militant juif sud-africain contre l’apartheid, est si drôle – enfin, drôle : il évoque les photos qu’il a vues de sionistes poussant littéralement les Palestiniens à la mer, à Jaffa. On le constate si souvent : quand Israël et le sionisme disent quelque chose, on peut partir du principe que la vérité est l’exact contraire. »

« Sous mon pays, les #États-Unis, se trouve un cachot rempli de crimes, personne ne le nie. Mais j’ai l’espoir que l’avenir puisse être meilleur. Dans le cas d’Israël, les gens de mon livre et moi disons : il faut en finir – pas avec les gens, mais avec un État qui porte l’exclusion et l’apartheid dans sa moelle, ses os et son sang. Nous ne sommes pas contre les Juifs, nous sommes juifs nous aussi. Les gens doivent savoir que nous sommes du côté de l’humanité. » 

Selon vous, le sionisme se caractérise avant tout par le fait qu’il est prêt à jouer sur les peurs et les tragédies juives. Israël n’est-il donc pas le refuge qui peut en protéger les Juifs ?

« Depuis 1945, #Israël est de loin l’endroit le plus dangereux au monde pour les #Juifs. Aucun autre pays ne lui est comparable. Où voudriez-vous vivre : à Anvers ou à Los Angeles, ou bien à Tel-Aviv ? Le sionisme n’a jamais eu pour but de mettre les Juifs en sécurité. Il s’agissait de leur donner du pouvoir. Ce sont deux choses très différentes. » 

Antizionisme, paru en néerlandais aux éditions De Arbeiderspers, paraîtra également en anglais sous le titre Anti-Zionism : A Jewish History chez Doubleday (Penguin Random House).


Benjamin Moser sera à Bozar le 6 janvier 2027.

https://www.standaard. be/bundle/ds/en-francais/14908?item=8

 

[source : www.iviv.hu]

sexta-feira, 18 de setembro de 2026

La Shoah, la storia e la scoperta della vergogna - colloquio con Carlo Ginzburg

Il rigore dei fatti e la trappola del ricordo. L'Olocausto e Auschwitz. Lo storico riflette su identità multipla ed eredità di Primo Levi: «Ho capito di essere ebreo quando ho cambiato nome»

di Emanuele Coen

La conversazione con Carlo Ginzburg parte da alcune verità storiche incontrovertibili, ampiamente condivise. E si nutre delle sue citazioni colte e disparate: Proust, Omero, Agostino, Brecht. Ognuna di queste, come porte in un misterioso castello, ne cela altre, indizi di un paradigma magmatico e inesorabile. Il Giorno della Memoria è l’occasione per ragionare insieme con Ginzburg, uno dei più importanti storici contemporanei, saggista, professore di fama internazionale, figlio di Leone e Natalia Ginzburg. 

 

La data del 27 gennaio è stata scelta per commemorare le vittime della Shoah: quel giorno, nel 1945, le truppe dell’Armata Rossa abbatterono i cancelli del campo di concentramento di Auschwitz-Birkenau, rivelando al mondo l’orrore del genocidio nazista. Il nostro colloquio parte dalla Storia con i suoi punti fermi: la persecuzione degli ebrei, l’abisso dei lager, il genocidio, il processo di Norimberga, la necessità dello Stato di Israele.

 

Negli ultimi anni tutto si è complicato. Dopo il pogrom del 7 ottobre 2023, perpetrato dai terroristi di Hamas con oltre 1.200 morti e 250 ostaggi israeliani, la repressione attuata dai militari dell’Idf è stata brutale. Il massacro della popolazione palestinese di Gaza e le accuse di genocidio al governo guidato da Benjamin Netanyahu hanno lacerato l’opinione pubblica, rimettendo in discussione convinzioni e certezze. Il Tribunale penale internazionale dell’Aja ha emesso un mandato di arresto contro il premier israeliano per crimini di guerra e contro l’umanità. Addirittura l’unicità di Auschwitz viene messa in dubbio e l’espressione “mai più”, imperativo morale dell’elaborazione della Shoah, sembra aver perso in parte la propria forza. Ginzburg non si sottrae all’incalzare dei fatti. Nell’ultimo anno ha firmato appelli contro la pulizia etnica a Gaza, per il riconoscimento dello Stato di Palestina, contro il recente ddl Delrio sulla definizione di antisemitismo. Nel suo nuovo libro, “Il vincolo della vergogna. Letture oblique” (Adelphi, pp. 275; € 32), lo storico sposta l’asticella del ragionamento: sostiene che il Paese al quale apparteniamo non è, come vuole la retorica, quello che si ama, ma quello di cui ci si vergogna, o di cui ci si può vergognare. «La vergogna può essere un legame più forte dell'amore», esordisce il professore con tono cordiale e pacato, accogliendoci via Zoom nel suo studio colmo di libri e fogli di appunti, a Bologna.

 

Professor Ginzburg, può approfondire il concetto cardine del libro?

«Il saggio, già pubblicato diversi anni fa, esce ora per la prima volta in italiano. L’ipotesi centrale è che la vergogna implica un vincolo di appartenenza. Quando insegnavo a Los Angeles fui colpito dal fatto che, di fronte alle torture di Guantanamo, provavo orrore e furore ma non vergogna, mentre per eventi italiani - anche minori - avvertivo questo sentimento. La vergogna indica il Paese in cui ci riconosciamo, quello di cui possiamo vergognarci. Ho verificato questa ipotesi con amici di diversi Paesi: tutti hanno reagito con sorpresa iniziale seguita da pieno consenso. Rileggendo il mio saggio dopo il 7 ottobre, ho aggiunto una coda. La feroce, criminale risposta del governo Netanyahu al pogrom di Hamas ha suscitato vergogna sia in Israele sia nella diaspora ebraica».

 

La nostra conversazione avviene alla vigilia del Giorno della Memoria. Marc Bloch ha affermato che la memoria non si basa necessariamente sulla verità ma la deforma e la arricchisce. Condivide questa prospettiva?

«Per ragionare su questo punto occorre partire da un libro bellissimo di Maurice Halbwachs, “Les cadres sociaux de la mémoire”, uscito nel 1925. Lui distingue fra cornice sociale della memoria e Storia. Ho cercato di sviluppare questo concetto alla luce di vicende successive e sono arrivato alla convinzione che la memoria reagisce a qualcosa che non ha a che fare col vero e col falso. In altre parole, memoria e Storia devono restare separate, anche se la Storia si nutre della memoria e viceversa».

 

Vista così, tuttavia, la riflessione sulla Storia rischia di restare confinata tra gli addetti ai lavori.

«Non necessariamente. Il mio motto, scherzo naturalmente, è “tartufi per tutti”. I tartufi sono buoni, cari, rari, quindi tartufi per tutti. Scrivere di Storia, dunque, non significa abbassare il livello dell’argomentazione per renderla comprensibile a un pubblico più ampio. Al contrario, vuol dire cercare di trascinare il pubblico dei non addetti ai lavori nel mondo della ricerca. È il contrario del paternalismo: il mio modello è Marc Bloch, che l’ha detto molto chiaramente. Altri modelli, nella letteratura novecentesca, sono Marcel Proust con la “Recherche” e Bertolt Brecht, che sottolinea l’importanza di includere l’impalcatura nella costruzione dell’edificio».

 

A ottantuno anni dalla liberazione di Auschwitz cosa significa celebrare il Giorno della Memoria?

«Non ho mai accettato di intervenire in questa giornata per un motivo semplice: non penso di avere niente di rilevante da dire. Una pura ripetizione sarebbe inadatta alla circostanza e forse anche dannosa. Cito un amico che invece interviene con grande ricchezza di argomentazione, Stefano Levi Della Torre. Ammiro quello che Stefano fa, ma non mi sento di seguirlo su questo terreno, molto delicato, perché si può arrivare alla banalizzazione. È quello che mi spaventa».

 

Qual è la giusta distanza per guardare oggi la Shoah?

«La dimensione emotiva non può essere esclusa, fa parte della verità di questa tragedia immane. L’esempio di sdoppiamento a cui pensiamo subito è Primo Levi. Non a caso Lévi-Strauss, a proposito di “Se questo è un uomo”, affermò che si tratta dell’opera di un antropologo».

 

Claude Lanzmann, regista del monumentale documentario “Shoah” (1985), criticava severamente qualsiasi rappresentazione romanzata dell’Olocausto. Eppure film come “Schindler’s List” e “La vita è bella” hanno contribuito all’esercizio della memoria. Di recente è uscito “Norimberga” di James Vanderbilt. Condivide il rigorismo di Lanzmann?

«Mi sono sempre tenuto lontano da questo genere di film. Ma il punto è di carattere generale e la risposta viene ancora una volta da Bloch. Nel suo libro postumo “Apologia della storia o mestiere dello storico” c’è un capitolo straordinario su quello che lo storico può trarre da narrazioni di finzione. Quando leggiamo memorialisti come Saint-Simon, dice Bloch, al di là di quello che scrive la cosa più importante è quello che leggiamo tra le righe. Su questo aspetto ho scritto un saggio intitolato “Rivelazioni involontarie”, incluso nel volume “La lettera uccide” pubblicato da Adelphi. Leggere tra le righe è decisivo per uno storico».

 

Nell’ultimo anno lei ha firmato appelli contro “la pulizia etnica” a Gaza, per il riconoscimento dello Stato di Palestina e contro il ddl Delrio, che include nella categoria di antisemitismo anche alcune critiche radicali allo Stato ebraico. Li firmerebbe ancora?

«Vorrei rispondere alla sua domanda con un’altra domanda: “Cosa è successo nel frattempo per indurmi a un ripensamento?”».

 

Sul termine “genocidio” dei palestinesi di Gaza lei ha citato Tatiana Bucci, sopravvissuta ad Auschwitz: «È un massacro. Lo vuole chiamare genocidio? Cosa cambia?». Qual è la sua posizione?

«Il termine genocidio ha una dimensione tecnica giuridica, ma viene usato anche al di fuori di questo contesto. Sulla comparazione con la Shoah, Primo Levi aveva una posizione chiara: comparare non significa abolire l’unicità dell’evento. Se il confronto implicasse una diminuzione dell’enormità della Shoah non lo accetterei. La comparazione evidenzia convergenze e divergenze».

 

Durante la guerra lei usò un nome falso per sfuggire alla persecuzione. Come influì questo fatto sulla sua percezione di sé?

«Ne parlo nella postfazione al mio libro “I benandanti” (Adelphi). Ero con mia madre e mia nonna al Saltino, vicino a Vallombrosa, quando la zona era occupata dai tedeschi in attesa delle truppe inglesi. Mia nonna, Lidia Levi Tanzi, l’unica componente non ebrea della famiglia, mi disse: “Se ti chiedono come ti chiami, devi dire Carlo Tanzi”, il nome di suo padre. Avevo cinque anni. Scrisse quel nome sulla prima pagina del libro che mi stavano leggendo, “Il più felice bambino del mondo”. Più tardi ho capito che in quel momento sono diventato ebreo».

 

Come si concilia il sentirsi ebreo con il non credere nell’identità come categoria fissa?

«Nel caso di un ebreo diasporico è la riprova che le identità sono multiple. Come diceva Primo Levi: “italiano ed ebreo”. Non amo la parola identità proprio per la sua etimologia: da “idem”, per cui si rimane uguali. Il mio sentirmi ebreo viene dalla persecuzione, ma proprio per questo rifiuto l’identità come categoria fissa, essenziale. È preferibile considerare l’individuo come il punto di convergenza di più insiemi».

 

E l’identità italiana?

«Il caso italiano è appassionante e unico. È impossibile trovare un Paese in cui il policentrismo sia così accentuato in uno spazio così piccolo. Potrebbe essere un esempio per il mondo, far fare un passo avanti all’umanità».

 

Pochi anni fa avete consegnato l’archivio di suo padre, Leone Ginzburg, alla Fondazione Polo del ’900. È stato costretto a sdoppiarsi: storico, figlio, sopravvissuto. Come è stata tramandata nella sua famiglia la memoria della Shoah?

«È stata una dolorosa, faticosa scoperta».

 

 

[Fonte: www.lespresso.it]