sexta-feira, 4 de setembro de 2026

Port du voile : Jean-Luc Mélenchon dit avoir « changé d’avis » et parle d’une « erreur terrible »

Jean-Luc Mélenchon a reconnu avoir profondément revu sa position sur le port du voile islamique. Devant des militants de La France insoumise réunis dans la capitale, le candidat à l’élection présidentielle a jugé que son opposition passée relevait d’une « erreur terrible ». 

Écrit par Léandre Genet

Cette prise de parole intervient dans le sillage de la proposition du Rassemblement national de pénaliser le port du voile dans l’espace public. Le sujet, récurrent dans le débat politique français, oppose des conceptions divergentes de la laïcité, des libertés individuelles et de l’émancipation des femmes.

Un mea culpa devant les militants insoumis

Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il ne partageait pas, auparavant, l’approche qu’il défend aujourd’hui. « Il y avait un temps aussi, je n’étais pas d’accord avec cette histoire de voile, je n’avais pas compris », a-t-il déclaré lors de cette conférence parisienne.

Le fondateur de La France insoumise a attribué cette évolution à ses échanges avec des femmes aux parcours et aux convictions différents. « Mais j’ai rencontré des femmes qui portaient le voile ou des femmes très croyantes et qui ne portaient pas le voile, et des femmes qui n’étaient pas croyantes mais qui disaient chacun “fait comme il veut”. Et on en a parlé (…) et j’ai été convaincu. Je me suis dit que j’ai fait une erreur terrible », a-t-il poursuivi.

Ces déclarations constituent une clarification publique de sa position, alors que les débats sur le voile occupent à nouveau une place importante dans la séquence politique précédant l’élection présidentielle. Elles visent aussi à inscrire son discours dans une défense de la liberté de choix des personnes concernées.

 

Une évolution qui tranche avec ses propos passés

Le changement revendiqué par Jean-Luc Mélenchon contraste avec plusieurs déclarations antérieures. En 2010, il qualifiait le voile de « signe de soumission patriarcale ». Sept ans plus tard, en 2017, il employait l’expression « chiffon sur la tête ».

Ces prises de position avaient nourri les critiques de responsables et d’intellectuels attachés à une lecture stricte de la laïcité. Pour eux, le voile ne peut être dissocié des rapports de domination pouvant peser sur certaines femmes, même lorsque celles-ci affirment le porter volontairement.

À l’inverse, les défenseurs d’une approche centrée sur les libertés individuelles soulignent que la laïcité française encadre les relations entre les institutions publiques et les cultes, sans imposer une neutralité religieuse générale aux citoyens dans l’espace public. Jean-Luc Mélenchon s’inscrit désormais dans cette seconde lecture, en mettant en avant l’écoute des premières concernées.

Le débat relancé par la proposition du RN

La déclaration du candidat insoumis survient après l’annonce d’une proposition du Rassemblement national visant à sanctionner le port du voile islamique dans l’espace public. Le parti défend cette orientation au nom de la lutte contre l’islamisme et de la protection des femmes.

Le gouvernement a également émis des réserves sur la constitutionnalité et l’applicabilité d’une telle mesure. La question touche en effet à plusieurs principes juridiques, dont la liberté de conscience, la liberté religieuse et l’égalité devant la loi.

Jean-Luc Mélenchon avait déjà dénoncé cette proposition, estimant que « la laïcité est une loi de liberté et d’unité du peuple » et que « le voile, la kippa, les crucifix sont des choix libres dans l’espace public ». Son mea culpa sur ses déclarations passées donne désormais une dimension personnelle à cette ligne politique.

Une séquence révélatrice des clivages

Au-delà du parcours de Jean-Luc Mélenchon, cette séquence illustre la persistance d’un désaccord de fond dans le débat public. Certaines voix considèrent que le voile renvoie à une norme religieuse susceptible de limiter l’autonomie des femmes. D’autres refusent que l’État ou les responsables politiques définissent à leur place ce qu’elles peuvent porter dans la rue.

Le candidat de LFI affirme avoir modifié son analyse au contact de femmes voilées, croyantes non voilées et non croyantes. Son intervention ne mettra probablement pas fin aux divergences, mais elle acte sans ambiguïté une rupture avec ses formules antérieures.

À moins d’un an de la présidentielle, le voile demeure ainsi un sujet à la fois politique, juridique et social. Les positions exprimées cette semaine montrent qu’il continuera de structurer une partie des oppositions entre les candidats, autour de la définition de la laïcité et de la place des signes religieux dans l’espace public.

[Photo: STEPHANE DE SAKUTIN/AFP via Getty Images - source : www.epochtimes.fr]

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