Dans « Vie privée », Rebecca Zlotowski met en scène une psychiatre américaine installée à Paris, interprétée par une Jodie Foster au français irréprochable. Malgré une atmosphère automnale séduisante, le thriller psychologique peine à convaincre par la faiblesse de son intrigue.
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Dans « Vie privée », Lilian Steiner (Jodie Foster) et son ex-mari Gabriel Haddad (Daniel Auteuil) éprouvent encore des sentiments l'un pour l'autre.
Écrit par Mark Jackson
Interdit aux
moins de 17 ans | 1 h 43 | Thriller, drame, comédie | 2026
Dans le film Vie privée (A
private life) de la
réalisatrice Rebecca Zlotowski, Lilian Steiner (Jodie Foster) est une
psychiatre américaine expatriée à Paris. L’actrice y déploie, une nouvelle
fois, un français d’une fluidité remarquable — après l’avoir déjà fait entendre
dans Un long dimanche de fiançailles ((A Very Long
Engagement) en 2004.
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Lilian Steiner (Jodie Foster, à g.) et Paula Cohen-Solal (Virginie Efira) ont une séance psychiatrique, dans Vie privée.
La vie plutôt bourgeoise de Lilian est rythmée par un verre de vin, quelques cigarettes et des rencontres occasionnelles avec son ex-mari Gabriel (Daniel Auteuil). Elle est parfois importunée par des voisins bruyants et souffre de problèmes de vision liés à l’âge. La vie n’est pas si mal.
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Dans Vie
privée, Lilian
Steiner (Jodie Foster) et son ex-mari Gabriel Haddad (Daniel Auteuil) éprouvent
encore des sentiments l’un pour l’autre.
Une mort à Paris
La mort de Paula (Virginie Efira), l’une de ses patientes, l’entraîne toutefois dans une affaire criminelle. Paula aurait succombé à une overdose de ses antidépresseurs prescrits. Lors de la shiva organisée en sa mémoire, son mari endeuillé, Simon (Mathieu Amalric), affronte Lilian avec colère. Celle-ci se retrouve alors contrainte de remettre en question la rationalité froide qu’elle considère comme sa principale force.
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Valérie (Luàna Bajrami) et son père, Simon Cohen-Solal (Mathieu Amalric), aux funérailles de Paula, dans Vie privée.
Peu après, Valérie (Luàna Bajrami), la
fille de Paula et Simon, se présente à l’appartement de Lilian. Au fil de leur
échange, certaines remarques de la jeune femme commencent à faire vaciller la
version officielle du suicide.
Lilian Steiner (Jodie Foster) mène l’enquête dans Vie privée.
Cherchant à se défaire de la culpabilité de ne pas avoir perçu l’ampleur de la dépression de Paula, Lilian entraîne son ex-mari dans une enquête mêlant investigation et psychiatrie médico-légale. S’ouvre alors une quête tortueuse à travers Paris et ses environs, qui se heurte finalement à une impasse dans la maison de campagne de Simon.
Une
intrigue en perte de tension
Si Vie privée s’installe d’abord dans un registre de
drame psychologique sombre, le film s’adoucit progressivement, notamment grâce
aux échanges enjoués, presque conjugaux, entre Lilian et Gabriel. Le personnage
de Lilian s’inscrit dans la figure classique du thérapeute confronté à ses
propres névroses. Jodie Foster lui confère une obstination tenace, parfois
amusante lorsqu’elle se heurte à l’aspect confus et erroné de ses élans de
détective amateur.
Quelques tentatives visent à donner plus de
consistance à un récit plutôt mince. C’est le cas lorsque Lilian reconsidère
son jugement sur l’hypnothérapeute Jessica (Sophie Guillemin), qu’elle avait
jusque-là tenue pour une charlatane. Dépassant son scepticisme clinique, elle
se prête à une séance de régression dans des vies antérieures.
Malheureusement,
il s’agit d’une séquence onirique dans un opéra peuplé de nazis, et la
signification de ses images subconscientes demeure obscure. La cinéaste cherche-t-elle à évoquer l’antisémitisme vécu dans l’entourage
majoritairement juif de Lilian ? La question reste ouverte.
Lilian Steiner (Jodie Foster) rend visite à son fils Julien Haddad-Park (Vincent Lacoste), dans Vie privée.
D’autres digressions
surgissent de manière inattendue, notamment les visites de Lilian à son fils
éloigné (Vincent Lacoste), ou encore une conférence où elle consulte son ancien
thérapeute, le Dr Goldstein, incarné par le documentariste américain Frederick
Wiseman dans un caméo discret.
Présenté comme rythmé, le film
avance pourtant, à mes yeux, avec une lenteur presque visqueuse, tant l’enquête
principale manque de relief. Ni suffisamment détaillée ni réellement
captivante, elle peine à entraîner le spectateur, et les révélations finales
tombent à plat, sans véritable impact.
Si les admirateurs de Jodie Foster et les passionnés de cinéma français peuvent apprécier Vie privée pour son ambiance parisienne automnale et au français impeccable de l’actrice, je l’ai trouvé, à mon grand regret, loin d’être captivant.
[Photos : Ad Vitam - source : www.epochtimes.fr]







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