sábado, 12 de agosto de 2017

« Le champion », film de Mark Robson (1949)

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Écrit par Alexandre Clement

Champion est le premier film qui met vraiment Kirk Douglas en vedette. C’est aussi le premier film sur la boxe que Mark Robson mettra en scène puisqu’il signera Plus dure sera la chute avec Humphrey Bogart, en 1956. C’est un film important, aussi bien dans la carrière de Kirk Douglas que dans celle de Mark Robson qui est encore un cinéaste un peu sousestimé. Mais il prend aussi une place à part dans la longue série des films sur la boxe. Je ne parle pas des navets du genre Rocky, ou de cette daube intitulée Million dollars baby, mais des films noirs comme Body and soul, Marqué par la haine, Requiem pour un champion, Nous avons gagné ce soir, ou encore Raging bull, qui me semble être le meilleur film de Scorsese.
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C’est un excellent film. Le scénario est assez simple, basé sur une histoire de Ring Lardner, il raconte l’ascension et la chute d’un boxeur, Midge Kelly. On va retrouver les scènes un peu convenues de la corruption du milieu, de l’amitié entre l’entraîneur et le boxeur, etc. Ce qui va être important est le traitement du sujet, l’approfondissement de la personnalité du boxeur, ou le contexte dans lequel l’histoire se déroule. Midge n’est pas un ange qui se laisse plumer, s’il n’est pas complètement mauvais, il n’est que rarement bon, porté par un égoïsme et une soif de réussir qui lui fait écraser tout sur son passage. Ce qui l’anime c’est d’abord la rage. Il veut posséder le monde au bout de ses poings. C’est très proche de la trame de Raging bull. Le contexte est celui de la misère qui se heurte au rêve américain, la soif de réussite matérielle affichée sert de prétexte à la détermination du boxeur. C’est ainsi qu’il se conduit de manière plutôt cynique avec les femmes, mais son frère handicapé que pourtant il protège, n’est guère mieux traité. Il l’humiliera d’une manière plutôt malsaine. La femme qu’il épouse contraint et forcé l’aime vraiment, mais elle représente tout ce qu’il déteste : à savoir la pauvreté et la modestie.
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La réalisation est sèche et rapide. Et si on peut regretter un manque de scènes d’extérieur qui auraient donné une allure un peu moins claustrophobique, il est évident que le film bénéficie d’une distribution éblouissante. A commencer par Kirk Douglas dont l’énergie et la hargne emportent tout sur son passage. Il est d’ailleurs très crédible dans les scènes de combat et d‘entraînement. S’il domine le film, le reste de la distribution est excellent. Arthur Kennedy dans le rôle du frère handicapé, mais aussi Paul Stewart dans le rôle de l’entraîneur, et encore les femmes. Que ce soit Marylin Maxwell, dans le rôle de la femme fatale prise à son propre piège, trop sûre de sa séduction, Ruth Rothman dans celui de la sage épouse qui espère toujours que son mari rentre un jour à la maison, et également Lola Albright, dans celui d’une sorte d’artiste un peu décalée.

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Les scènes qui se passent dans les salles d’entraînement ajoutent beaucoup de vérité à cette histoire de boxe. On sentirait presque l’odeur de la sueur et des chaussures de cuir. On retiendra la fin du film où après avoir gagné son combat dans une rage démesurée, Midge meurt d’une hémorragie cérébrale.

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                                            Sur le tournage de Champion, Kirk Douglas boxe la caméra



[Source : alexandreclement.eklablog.com]

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