sábado, 29 de abril de 2017

La pleine conscience du partage social des photos

Note : cet article est une traduction de l’article The Mindfulness of Social Photo Sharing de Léo Babauta. C’est donc lui qui s’exprime dans le « je » de cet article !
Cette semaine, je suis parti en excursion dans le désert, et je suis tombé sur un paysage tellement ahurissant que mon premier instinct était de le prendre en photo et de le partager avec toutes les personnes que je connaissais.
Ensuite, j’ai réalisé que je n’avais pas Internet au Sierra Nevadas, alors au lieu de cela je l’ai simplement contemplé, et j’en étais émerveillé.
Je suis tout aussi enclin que quiconque au partage social des photos. Je n’ai pas Instagram ou Facebook, mais j’aime partager des photos avec mes amis et ma famille sur WhatsApp et Snapchat (futurs lecteurs, ce sont des applications de partage social – à votre époque, je suppose qu’ils s’appelleront Shizap et FlooPowder). Donc je ne juge personne pour vouloir partager une photo sur Instagram – je comprends l’envie. Nous voulons tous partager des photos de nos vacances impressionnantes, de nos animaux de compagnie câlins et de bons repas.
Mais à quoi cela sert-il ? Et pouvons-nous apporter de la pleine conscience dans le processus ?
Comme je traversais les forêts de pins et les rochers de granit, je m’interrogeais sur cette envie de partager :
  • Pourquoi ce moment n’est-il pas suffisant, sans avoir besoin de le partager ?
  • Est-ce que je veux juste me vanter, ou y a t-il une bonne motivation derrière ?
  • De quoi ai-je tellement peur, pour que je ne puisse m’empêcher de partager ?
Je me suis engagé à prendre conscience de mon envie de partage social, et de rester avec cette envie chaque fois que je la remarque. Ce qui arrivait au moins toutes les heures pendant les deux jours que je faisais la randonnée.
Voici ce que j’ai appris.
Interdire le téléphone pourrait aider. En m’interdisant le téléphone à chaque fois que l’envie de partager quelque chose de beau me prend … celle-ci ne trouve aucune issue. Au début, j’éprouvais un sentiment d’impuissance, ensuite j’ai commencé à rester avec l’envie. Quelle en était la cause ? Que ressentais-je physiquement dans mon corps ? Quelles craintes surgissaient ? Quelles bonnes intentions pourrais-je trouver ?
En ne m’offrant pas d’échappatoire, je me suis permis de faire mon exploration avec curiosité.
Nous voulons impressionner. Nous sommes des animaux sociaux, il est donc logique que nous voulions impressionner les autres. Nous voulons qu’ils pensent que nous menons une belle vie, que nous profitions de la nature ou que nous voyagions à de nouveaux endroits ou d’une certaine façon qu’ils soient émerveillés par nos vies. Le partage de photos est un moyen de partager ce sentiment d’admiration, mais aussi de faire savoir aux autres que nous sommes géniaux lorsque nous détectons ces moments impressionnants.
Je ne dis pas que ce désir d’impressionner les autres n’est pas bien. Certains pourraient vous le reprocher, mais je pense que c’est naturel et normal. Nous ne serions pas ce que nous sommes si nous n’avions pas ce désir, et ceux qui disent qu’ils n’éprouvent pas ce désir ne sont probablement pas honnêtes avec eux-mêmes. Et si cette envie nous prenait ?
Mais ce que nous pouvons également réaliser, c’est que nous n’avons pas besoin de cela. Nous pouvons trouver le bonheur sans avoir besoin d’en faire étalage aux autres. Bien sûr, je nie fortement cette déclaration même en écrivant un billet de blog à ce sujet, alors prenez tout cela avec un grain de sel !
Nous voulons que nos amis et nos proches en profitent aussi. Nous avons fait une découverte étonnante … et nous voulons que d’autres personnes soient inspirées par cette perfection. Nous voulons qu’elles mènent aussi une vie merveilleuse. Elles pourraient être tellement excitées qu’elles feraient aussi le même voyage ! Et c’est un désir généreux que de vouloir offrir ce que nous avons trouvé aux autres.
Je sais que j’ai été inspiré par d’autres personnes qui partagent leurs histoires, leurs voyages et leurs aventures avec moi. J’ai trouvé de bonnes informations dans ce qu’elles ont partagé. Je me suis même déplacé pour visiter moi-même ces endroits. Il y a donc de la bonne volonté, et c’est utile. Pourtant, il en y a d’autres qui sont dérangés par toutes les bonnes choses que les gens partagent – ils y voient une sorte de vantardise, et pourraient se sentir jaloux. C’est important de réfléchir sur le type d’effet que pourrait avoir votre partage.
Ce moment est tout à fait suffisant. Si vous traversez une magnifique forêt de pins, vous pouvez vous sentir si bien que vous éprouveriez le besoin de partager ce moment. Pourquoi ? Pourquoi devons-nous ajouter l’acte de partage à ce moment déjà magnifique ? En tombant sur ces paysages à couper le souffle, je me suis forcé à réfléchir si le moment était déjà suffisant sans le partager. Et ça l’était. À plusieurs reprises.
Nous pouvons profiter de ce moment sans le partager avec personne. Nous pouvons l’apprécier pour toute sa beauté sans avoir besoin que quelqu’un d’autre le fasse aussi. Nous pouvons être seuls dans notre appréciation, sans avoir besoin que quelqu’un nous rejoigne. Il pourrait nous sembler incomplet si nous ne le partagions pas, mais ce n’est pas le cas. Il est complet et merveilleux tel qu’il est.
Le partage est une façon de gérer l’immense sentiment d’excitation. Lorsque nous sommes devant une vue majestueuse des montagnes au coucher du soleil … elle peut être si belle, si émouvante … que nous ressentons le besoin de gérer d’une certaine manière cet immense sentiment. Lorsque nous partageons une photo, c’est notre façon de faire face à ce sentiment qui nous submerge. Lorsque je ne peux pas le partager avec quelqu’un, je hurlais parfois de joie.
Mais d’autres fois, je me tournais vers l’intérieur et je remarquais ce sentiment de joie envahissant. Je remarquais combien l’émotion était forte, et combien ma volonté d’y faire face d’une certaine manière était tout aussi forte. Comment faire face aux sentiments puissants ? Généralement, en prenant des mesures. Que faire si nous restions simplement avec les sentiments, si nous remarquions comment ils se révèlent, leur faisant face avec courage et les explorant avec curiosité ? C’est plus difficile que la plupart des gens ne le réalise, mais faisable.
Et ce qui se passe lorsque nous restons avec les sentiments … c’est que nous nous rendons compte que nous pouvons les gérer, sans avoir besoin de prendre des mesures. Nous pouvons trouver le courage de rester. Nous pouvons simplement nous asseoir et ne rien faire. C’est une façon courageuse de vivre et d’y faire face sans fuir.
Je ne préconise pas que vous cessiez de partager. Je ne suis pas technophobe. Je recommande simplement d’ajouter une dose de vigilance dans le processus.


[Photo : Tirachard - source : www.habitudes-zen.net]

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