C’est l’un des résultats saillants de l’enquête d’opinion annuelle réalisée à l’initiative du centre de recherche INSS. Ce « think tank » de Tel-Aviv sonde le public israélien depuis 1984 sur les questions de sécurité.
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Une grande partie des sondés soutient le principe de restitution de Jérusalem-Est
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A l’heure où le gouvernement de Benyamin Netanyahou relance sa politique de construction de nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie, et où la droite religieuse prône la l’annexion de l’implantation de Maale Adumim, la présentation de l’enquête d’opinion de l’Institut d’Études de Sécurité Nationale (INSS) tombe à point nommer. Certes, ce « think tank » de Tel-Aviv qui organisait cette semaine sa 10e conférence annuelle, a fait réaliser ce sondage en novembre dernier et dans une période de calme sécuritaire relatif. Les principaux enseignements de l’étude INSS, présentés hier devant une bonne partie de la classe politique, n’en demeurent pas moins édifiants. D’autant que ce centre de recherche ausculte depuis 1984 l’opinion publique israélienne sur les grandes questions de sécurité et dispose de nombreux points de comparaison. A la question « Quelles menaces extérieures pèsent le plus sur l’État hébreu ? », le public israélien cite à 27% le conflit israélo-palestinien, à 21% l’Iran nucléaire, à 16% le Hamas, à 13% l’isolement et la délégitimation d’Israël, et seulement à 12% le Hezbollah ou l’État islamique (11%). Autrement dit, la centralité de la question palestinienne s’avère prédominante (à 56%).
Second résultat saillant de cette étude réalisée auprès d’un échantillon de 800 personnes, la majorité des Israéliens (59%) reste favorables à une solution à « deux États pour deux peuples ». Ce taux d’adhésion est sans doute en repli par rapport au score de 70% affiché sur la période 2003-2013, relève la chercheuse de l’INSS en charge de l’étude, Zipi Israeli, mais il demeure « très conséquent ». Tout en reflétant les divisions qui traversent la société israélienne. C’est ainsi que 71% du public laïque se déclare favorable à la solution à deux États (29% s’y oppose), contre 64% du public religieux (34% de réfractaires).
Une solution négociée
Troisième enseignement de taille : 61% des sondés appellent de leurs vœux une solution négociée du conflit israélo-palestinien, qu’elle passe par des accords permanents ou intermédiaires. Seuls 10% sont intéressés par une solution d’annexion des colonies de Cisjordanie, et 17% se disent favorables à la poursuite de la situation actuelle. En outre 69% des sondés accepteraient d’évacuer des implantations juives -surtout s’il s’agit de colonies isolées (53%)- dans l’hypothèse d’accords permanents. Dans cette même éventualité, une grande partie du public semble également soutenir le principe d’une restitution de Jérusalem-Est et de Hébron, et s’oppose à l’inverse à celle de la Vallée du Jourdain et du Goush Etzion.
Concernant la question de la construction de logements neufs au-delà de la Ligne verte, 38% des sondés estiment que le gouvernement israélien doit limiter ces projets aux « blocs de colonies » et 20% des personnes interrogées considèrent que la construction doit être gelée. Au total, les résultats de cette enquête composée d’une centaine de questions laissent à penser que « le public israélien crédite le leadership d’une véritable marge de manœuvre et d’un espace de créativité dans le processus politique »… même s’il est loin d’être sûr, relève encore la chercheuse Zipi Israeli de l’INSS, que les dirigeants actuels aient l’intention d’en profiter.
[Source : www.cclj.be]

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