| Publié par s1allard |
Ce
24 mai 2018, date à laquelle s’ouvre un colloque sur les anglicismes au
Québec à l’Université de Sherbrooke, on pouvait lire dans le Journal de Montréal en ligne un article portant le titre:
Tanné, ce Québécois envoie sa Porsche Cayenne à la scrap
Ce même jour, on pouvait également lire dans le journal Le devoir une chronique intitulée:
Le mythe start-up, episode 4 – Les concours. S’inscrire à un concours de «pitchs» et y perdre 3000$
Je ne connaissais pas les concours de pitchs mais il m’a suffi de fouiller un peu dans le Web pour découvrir qu’il y en a plein à Montréal. Un des plus célèbres est le Startup Pitch Challenge de Montréal organisé par Défi Montréal. On trouve d’ailleurs sur le site de ce dernier la publicité pour un Concours Elevators Pitchs.
Si
j’évoque encore une fois le sujet plutôt ennuyant des anglicismes dans
le français québécois, c’est pour souligner ce rapport amour-haine des
locuteurs québécois avec les anglicismes.
D’une
part, des éléments de la population, notamment les professionnels de la
langue – traducteurs, rédacteurs, journalistes, professeurs de français
et amateurs de la belle langue à la retraite, tous sous la houlette de
l’Office québécois de la langue française –, ne cessent de dénoncer les
anglicismes. La preuve en est ce colloque actuel sur le sujet après un
autre colloque important en 2016 à Québec.
D’autre
part, il est évident que beaucoup de Québécois, y compris les
journalistes et en particulier les spécialistes de la publicité et la
communication, ne se gênent pas pour utiliser à tire larigot les
anglicismes tant décriés.
Comment
expliquer à la fois la prolifération des anglicismes et la
multiplication des efforts pour les éradiquer? Je n’ai pas toute la
réponse mais je crois en tenir un élément.
Tout
se passe comme si plus on les dénonce, plus on les utilise. C’est
d’ailleurs exactement ce que j’ai toujours prétendu. Le fait de dénoncer
constamment les anglicismes a comme effet secondaire de les répandre
dans la population.
Ce
n’est donc pas étonnant de constater que la très grande majorité des
anglicismes dénoncés il y a a peine 50 ans sont toujours bien vivants.
Bien sûr des mots liés à certaines technologies disparaissent. Qui se
souvient des Walkmans ou des disquettes? En même temps, plein de
nouveaux mots ou nouveaux usages entrent dans la langue avec les
nouvelles technologies et les innovations de tout ordre.
[Source : etatslangue.wordpress.com]
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