146 livres anciens et lexiques, « témoins de cultures fondatrices », rédigés en langue autochtone ont été inscrits au Registre de la Mémoire du monde du Canada, mardi dernier, par la Commission canadienne pour l’UNESCO.
« Peu de livres publiés avant 1900 ont été conservés. Ce sont des documents très rares et difficiles à conserver. Ils étaient faits pour être transportés par des missionnaires. Beaucoup ont disparu. On est très fiers du peu qu’il reste », certifie François David à Radio-Canada. Et l’archiviste et adjoint de la conservatrice et directrice générale des Archives nationales de BAnQ a de quoi : les 146 livres enregistrés sont datés entre 1556 et 1900.
Des ouvrages d’autant plus rares que les autochtones entretenaient principalement une tradition orale. C'est avant tout la volonté de colonisation ou de prosélytisme qui a poussé à leur rédaction. En effet, les livres, conservés par BAnQ, ont été écrits par des missionnaires ou des communautés religieuses.
Mais, « la publication de ces livres allait au-delà de leur mission première et dénote un intérêt et un amour pour les langues autochtones. Il y avait une volonté de leur part de connaître et de recenser cette culture », ajoute François David.
Cette inscription au Registre de la Mémoire du monde du Canada témoigne donc d'une véritable reconnaissance. Ce dernier a été fondé l’année dernière, par la Commission canadienne pour l’UNESCO, véritable écho du Registre international de la Mémoire du monde, créé en 1992 par l’organisation.
Lors de la cérémonie d’inscription à Victoria, aux côtés d’autres archives et de fonds (photographies, traités…), des chants autochtones (issus de la collection Ida Halpern, dont le fonds a lui aussi été inscrit), ont été interprétés.
Seule difficulté rencontrée : la numérisation des livres. L’idée ? Pouvoir les consulter sur le site de BAnQ. Or, leur fragilité est telle que seuls trois ouvrages, pour le moment, ont pu être numérisés. Le reste est consultable sur place, à Montréal. « On doit faire des analyses pour ne pas les abîmer. Les reliures sont très fragiles, il faut trouver les meilleurs outils pour y parvenir », conclut François David.
[Photo : BAnQ - source : www.actualitte.com]

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