Né en 1944, fils de Kirk Douglas, Michael Douglas est parvenu à s'affirmer comme comédien oscarisé, producteur talentueux, Américain engagé contre le nucléaire, revendiquant sa judéité et son sionisme. Arte diffusera le 5 novembre 2017 à 20 h 55 « Wall Street » par Oliver Stone, puis à 22 h 55 « Il était une fois... « Wall Street », documentaire par Rémi Lainé. « La cruelle initiation d’un jeune trader par un flamboyant requin de la finance... À la veille du krach de 1987, Oliver Stone signe un film prophétique, avec un Michael Douglas époustouflant ». « Trente ans après sa sortie, Rémi Lainé décrypte le film « Wall Street » d’Oliver Stone, fresque visionnaire sur la spirale boursière et les traders d'une ère reaganienne qui fait écho à celle de Trump ».
Publié par Véronique Chemla
Né en 1944 de parents acteurs - Kirk Douglas, juif, et Diana Dill, chrétienne -, Michael Douglas est un comédien et producteur talentueux, qui s'affirme en tant que juif favorable à un judaïsme inclusif, philanthrope, sioniste, militant hostile au nucléaire et à l'antisémitisme.
Devenu célèbre comme acteur dans la série télévisée The Streets of San Francisco (Les Rues de San Francisco) et comme producteur dans One Flew Over the Cuckoo's Nest (Vol au-dessus d'un nid de coucou), de Miloš Forman (1975), Michael Douglas a enchaîné les succès comme acteur au cinéma, dans des genres divers : le film dramatique The China Syndrome (1979), le film d'aventures Romancing the Stone (À la poursuite du diamant vert, 1984), la comédie musicale A Chorus Line (1985), Fatal Attraction (1987), etc.
En 1987, Wall Street marque l'acmé de sa carrière en l'associant à un personnage de "méchant".
« À Wall Street, en pleine euphorie boursière des années 1980, Bud Fox, un jeune et ambitieux courtier, parvient à approcher Gordon Gekko, un trader diabolique, qu’il vénère et qui l’initie bientôt à ses méthodes, entre adrénaline, spéculation carnassière et déluge de dollars. Grisé de flirter avec les sommets, Bud fournit à son mentor des informations sur la compagnie d’aviation où travaille son père, mécanicien et syndicaliste, avant de réaliser que son vautour de maître n’a cessé de le manipuler... »
« Salle des marchés en surchauffe, avalanche de chiffres clignotants, « golden boys » dopés – avec ou sans coke –, les yeux rivés sur les flux des écrans et une main fébrile sur le téléphone... Au travers de l’ascension et de la chute d’un apprenti trader, délit d’initié inclus, Oliver Stone met en scène la spirale infernale de la Bourse et ses vertiges comme une affolante et dévastatrice partie de poker menteur ».
« Avec maestria, le scénariste de « Scarface » brosse le portrait au vitriol d’un raider sans foi ni loi, incarnation charismatique de la course au profit jusqu’à l’abstraction. Un Gatsby le maléfique (Michael Douglas, habité) qui martèle, trente ans avant l’ère Trump : « La cupidité, c’est bien ».
« Mais si le cinéaste entend dénoncer les dérives du capitalisme financier qui ronge l’Amérique reaganienne des années 1980, le public, lui, choisira Gordon Gekko comme le nouveau héros de l’époque, loin du monde industriel agonisant de l’ouvrier mécanicien à l’honnêteté chevillée au corps ».
« Que le film, prophétique, qui connaîtra une suite en 2010, soit sorti à la veille du « lundi noir » d’octobre 1987 à Wall Street n'a rien changé à l’affaire ».
Décryptage
« Dans les années 1980, Oliver Stone, ancien élève de Scorsese oscarisé pour « Platoon », entreprend, pour sa première collaboration avec les studios hollywoodiens, de mettre en scène l’effervescence de la Bourse américaine, dopée par la dérégulation reaganienne et l’ahurissante accélération des profits ».
Une « fresque au cœur de la jungle de la haute finance qu’il documente avec son scénariste Stanley Weiser. Dans le film, Bud Fox, jeune courtier, tente de surfer sur la déferlante de dollars, dans l’ombre du trader Gordon Gekko, prédateur survolté, inspiré par les « golden boys », nouveaux maîtres du monde dont certains seront condamnés pour délits d’initiés ».
« Au travers d’entretiens inédits avec les protagonistes – dont Oliver Stone et Michael Douglas –, le documentariste Rémi Lainé (« La rançon ») revisite l’histoire de ce film visionnaire sorti à la veille du krach d’octobre 1987 ».
Il « montre d’abord combien le cinéaste met au jour avec lucidité les mécanismes du capitalisme financier dont les années 1980 marquent l’avènement, avant les crises à répétition comme celle des subprimes ». L'enfer est pavé de bons sentiments. La crise des subprimes a été induite par la volonté de permettre aux plus faibles de devenir propriétaires de leur logement. Pour cela, la loi américaine a imposé aux organismes financiers d’accepter de prêter à des personnes aux revenus très modestes. Votée en 1977, sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, le Community Reinvestment Act a été étendu en 1997 sous la présidence de Bill Clinton. Ces organismes peuvent demander et obtenir une garantie de leurs dépôts par l'État (Federal Deposit Insurance Corporation). Respectueux du droit, craignant des poursuites pour discriminations raciales, ces organismes ont alloué des prêts risqués. S’ils avaient été guidés par le bon sens, la prudence, il est vraisemblable qu'ils auraient refusé nombre de dossiers. Dans ce système, Fannie Mae et Freddie Mac, sociétés qui détenaient ou garantissaient une grande partie des prêts immobiliers, ont joué un rôle déterminant. La titrisation a affecté ces prêts...
Mais si « Wall Street » triomphe au box-office, il échoue dans sa critique radicale du système, hissant – ironie de l’histoire – le requin Gekko au rang d’icône de l’argent roi. Donald Trump reprendra d’ailleurs sa tirade culte « Greed is right » (« La cupidité, c’est bien »).
Acteur engagé
En 2010, Wall Street: Money Never Sleeps (Wall Street 2) réalisé par Oliver Stone, avec Michael Douglas, Shia LaBeouf, Josh Brolin, Carey Mulligan, Frank Langella, Susan Sarandon et dans son dernier rôle avant son décès en 2014, Eli Wallach, ne rencontre pas le même succès.
En 2013, après sa victoire sur un cancer de la langue et avoir préservé son couple formé avec l'actrice Catherine Zeta-Jones, Michael Douglas est loué pour son interprétation de Liberace dans Behind the Candelabra, réalisé par Steven Soderbergh.
En 2014, le couple Douglas a célébré en Israël la bar mitzva de son fils Dylan.
En 2015, à Jérusalem (Israël), Michael Douglas a reçu le Genesis Prize en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du président de la Genesis Prize Fondation Stan Polovets, du président de l'Agence juive Natan Sharansky et de celui de la Knesset Yuli Edelstein. Il donne le montant du prix, soit un million de dollars, à des associations juives œuvrant pour la diversité du judaïsme.
Le 14 mars 2015, Michael Douglas relate dans une tribune publiée par The Los Angeles Times l'agression antisémite verbale dont a été victime dans la piscine d'un palace son fils adolescent âgé de 14 ans, et celle qu'il a subie alors qu'il était lycéen : « Un ami a vu un juif passer et, sans aucune provocation, m'a confié : "Michael, tous les juifs sont des arnaqueurs" (...). Avec mes quelques connaissances sur ce qu'est d'être un juif, je me suis retrouvé à défendre passionnément le peuple juif ».
En 2016, l'Agence juive annonçait que Michael Douglas allait défendre l'Etat d'Israël dans trois campus universitaires américains.
En décembre 2016, la famille Douglas a fêté l'anniversaire des cent ans de Kirk Douglas. Et ce, en présence de nombreuses personnalités qui ont rendu hommage à ce comédien et producteur américain juif et sioniste. Parmi elles : le réalisateur Steven Spielberg.
En 2013, après sa victoire sur un cancer de la langue et avoir préservé son couple formé avec l'actrice Catherine Zeta-Jones, Michael Douglas est loué pour son interprétation de Liberace dans Behind the Candelabra, réalisé par Steven Soderbergh.
En 2014, le couple Douglas a célébré en Israël la bar mitzva de son fils Dylan.
En 2015, à Jérusalem (Israël), Michael Douglas a reçu le Genesis Prize en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du président de la Genesis Prize Fondation Stan Polovets, du président de l'Agence juive Natan Sharansky et de celui de la Knesset Yuli Edelstein. Il donne le montant du prix, soit un million de dollars, à des associations juives œuvrant pour la diversité du judaïsme.
Le 14 mars 2015, Michael Douglas relate dans une tribune publiée par The Los Angeles Times l'agression antisémite verbale dont a été victime dans la piscine d'un palace son fils adolescent âgé de 14 ans, et celle qu'il a subie alors qu'il était lycéen : « Un ami a vu un juif passer et, sans aucune provocation, m'a confié : "Michael, tous les juifs sont des arnaqueurs" (...). Avec mes quelques connaissances sur ce qu'est d'être un juif, je me suis retrouvé à défendre passionnément le peuple juif ».
En 2016, l'Agence juive annonçait que Michael Douglas allait défendre l'Etat d'Israël dans trois campus universitaires américains.
En décembre 2016, la famille Douglas a fêté l'anniversaire des cent ans de Kirk Douglas. Et ce, en présence de nombreuses personnalités qui ont rendu hommage à ce comédien et producteur américain juif et sioniste. Parmi elles : le réalisateur Steven Spielberg.
« Wall Street » par Oliver Stone
Twentieth Century Fox Film Corporation, 1987, 119 min
Image : Robert Richardson
Montage : Claire Simpson
Musique : Stewart Copeland
Producteur/-trice : Edward R. Pressman
Réalisation : Oliver Stone
Scénario : Stanley Weiser, Oliver Stone
Avec Michael Douglas, Charlie Sheen, Daryl Hannah, Martin Sheen, Hal Holbrook, Sean Young, Tamara Tunie
Sur Arte le 5 novembre 2017 à 20 h 55
Visuels :
Charlie Sheen et Daryl Hannah
Martin Sheen (à gauche) et Charlie Sheen (à droite)
Michael Douglas (à gauche) et Charlie Sheen (à droite)
Charlie Sheen
Michael Douglas
© 1987 Twentieth Century Fox Film Corporation/All rights reserved
« Il était une fois... « Wall Street », documentaire par Rémi Lainé
2017, 54 min
Sur Arte le 5 novembre 2017 à 22 h 55
Visuels :
Oliver Stone et Michael Douglas sur le plateau du tournage de WallStreet. Les deux hommes ont failli aller à la rupture, avant de finir par s’entendre sur la manière d’incarner Gordon Gekko.
Charlie Sheen, Michael Douglas et Oliver Stone au printemps 1987 dans les rues de New York lors du tournage du film Wall Street.
Oliver Stone en 1987 sur le plateau du film Wall Street tourné en grande partie sur les lieux-même de la bourse de New York.
Oliver Stone et l’équipe du tournage de « Il était une fois Wall Street».
Gordon Gekko, héros maléfique du film d’Oliver Stone incarné par Michael Douglas, couronné de l’Oscar du meilleur acteur est devenue une icône de la finance décomplexée.
Oliver Stone (à gauche) en 1987 sur le plateau du film Wall Streettourné en grande partie sur les lieux-même de la bourse de New York.
Gordon Gekko, héros maléfique du film d’Oliver Stone incarné par Michael Douglas, couronné de l’Oscar du meilleur acteur est devenue une icône de la finance décomplexée.
© Folamour Productions
Oliver Stone et l’équipe du tournage de « Il était une fois Wall Street»
© Olivier Raffet
Les citations sont d'Arte.
[Source : www.veroniquechemla.info]








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