segunda-feira, 26 de junho de 2017

Quand Dante inspire les arts numériques




Laura Mannelli, qui vient de remporter la première bourse Indépendance dédiée aux arts numériques, travaille à un projet construit autour de la «Divine Comédie» de Dante, dont le premier volet sera visible aux Rotondes, et le second à la Fondation Indépendance.

«The Promises of Monsters» est le titre du projet conçu par Laura Mannelli, première lauréate de la bourse Indépendance.
Écrit par Céline Coubray 

Initiée par le Fonds culturel national, la Fondation Indépendance et la Banque internationale à Luxembourg (Bil) en février 2017, cette nouvelle bourse Indépendance vise à accompagner le processus de création d’œuvres d’art numériques. Cette première édition a été remportée à l’unanimité par Laura Mannelli, avec son projet «The Promises of Monsters», dont le titre est issu du «Manifeste Cyborg» de Donna Haraway, et qui sera présenté à la Galerie Indépendance à partir du 19 octobre. «Il s’agit d’une narration spatiale, une scénographie dont la structure est la narration», explique Laura Mannelli, qui est artiste, mais aussi architecte, et qui nourrit depuis plusieurs années une réflexion basée sur les réalités virtuelles et leurs nouveaux paradigmes, en utilisant l’art numérique comme terrain de recherche.

Une première partie aux Rotondes

À l’occasion de la Triennale Jeune Création, Laura Mannelli présentera du 30 juin au 28 août «Near Dante Experience», une œuvre qui sera, comme le premier volet de l’exposition, présentée par la suite à la Galerie Indépendance. Pour ce projet, elle a travaillé en collaboration avec Gérard Hourbette, compositeur du mythique groupe électroacoustique Art Zoyd, qui souhaitait proposer une écoute immersive au casque. «Gérard Hourbette avait composé des morceaux inspirés par la ‘Divine Comédie’ de Dante. Il avait envie d’expérimenter une autre forme de composition et de se frotter aux mondes virtuels et aux nouveaux outils possibles pour une écoute au casque. Aussi, nous avons collaboré pour créer une œuvre binaurale, une œuvre avec un son spatialisé. Alors que l’écoute au casque est traditionnellement linéaire, elle prend une autre dimension avec la réalité virtuelle, puisque le son change en fonction de la position de la personne qui se déplace dans le monde virtuel. Le travail de composition de la musique en est radicalement changé.»
Le visiteur de l’exposition aux Rotondes pourra ainsi parcourir cinq scènes qui servent d’environnement spatial à la musique de Hourbette. Avec l’aide de Frederick Thompson, designer immersif, ils ont imaginé un univers en noir et blanc où la lumière joue un des rôles principaux. «Comme Virgile pour Dante, la lumière accompagne et guide le visiteur pour qu’il découvre la musique qui vient également structurer l’espace», explique Laura Mannelli. Gérard Hourbette a travaillé de son côté avec deux développeurs binauraux, Oudom Southammavong et Jeffrey Gerbe, pour élaborer une architecture sonore. «Les parallèles entre Dante et les réalités virtuelles sont très riches et multiples. Toutefois, il n’est pas nécessaire de connaître son œuvre pour apprécier la nôtre», souligne l’artiste-architecte.
Un acte 2 à la Galerie Indépendance
À partir du 19 octobre, ce sera comme une suite de cette œuvre présentée aux Rotondes que Laura Mannelli orchestrera. «Pour l’exposition à la Galerie Indépendance, nous partirons sur les traces d’un ‘Méta-Wanderer’, pour citer Margherita Balzerani, un vagabond des réseaux, qui pourrait être Dante. J’ai été intéressée par le chemin que suit actuellement le Luxembourg avec l’exploitation minière des astéroïdes, et me suis appuyée sur cette idée pour écrire le scénario d’une histoire. Dans l’exposition, on pourra certainement voir les carnets de voyage de cet explorateur qui a disparu, ses plans de mondes infinis, des échantillons des pierres qu’il aurait récoltées… Cette exposition ne sera pas nécessairement avec une immersion dans un monde virtuel au casque, mais portera plutôt sur les différentes matérialités des réalités virtuelles. Il s’agit d’un projet de ‘design fiction’, un prototype d’une histoire à venir qui pourrait tous nous concerner dans un futur proche.»
Un e-book accompagnera l’exposition.
«Jet Lag/Out of Sync», aux Rotondes du 30 juin au 27 août.
«The Promises of Monsters», à la Galerie Indépendance, à partir du 19 octobre.


[Photo: Laura Mannelli - source : www.paperjam.lu]

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