quinta-feira, 6 de abril de 2017

Antoine Clasen : « Ceux qui ont goûté les vins luxembourgeois les adorent ! »

Antoine Clasen: «Ces dernières années, la qualité des vins produits au Luxembourg n’a cessé d’augmenter.»
Issu d’une lignée familiale qui préside aux destinées de Bernard-Massard depuis 1921, Antoine Clasen a d’abord fait ses classes chez Pictet à Genève, puis dans le conseil en corporate finance chez PwC en tant que senior advisor. Il a rejoint en 2011 le groupe Vasco/Carlsberg Importers en Belgique, dans le but de dynamiser Bernard-Massard auprès du nouvel importateur de la marque. En 2013, il est revenu au sein du groupe familial à Luxembourg, dont il a repris la direction commerciale avant de passer directeur général l’an dernier.
Monsieur Clasen, votre travail à la tête de Bernard-Massard contribue au rayonnement à l’international du Luxembourg. Quand en avez-vous pris conscience pour la première fois ?
Cela fait longtemps que nous exportons en Belgique, mais nos amis belges sont tellement proches que je n’ai jamais vraiment réalisé que nous contribuions à promouvoir le Luxembourg!
La première fois que j’en ai réellement pris conscience, c’est lors d’un voyage en Finlande, notre troisième pays d’export, lorsque le chauffeur de taxi m’a demandé d’où je venais.
Quand je lui ai dit que je venais du Luxembourg, il m’a dit que la veille il avait bu une bouteille de Bernard-Massard en famille… Et d’ailleurs, depuis, dans tous nos marchés d’export, quand nous martelons que nous venons du Luxembourg, j’adore penser que nous sommes certainement le vin le plus exotique que la plupart des gens auront eu la chance de goûter.
Et parfois, ça marche. Lors de mon dernier séjour aux États-Unis, les sommeliers des plus grands restaurants ont accepté de nous voir car la plupart d’entre eux n’avaient jamais goûté un auxerrois de Grevenmacher. Je vous laisse imaginer leur prononciation… 
Comment se positionne, selon vous, la viticulture luxembourgeoise à l’international ?
Nous sommes un ‘hidden jem’ sur la mappemonde du vin. Peu de gens connaissent les vins luxembourgeois, mais ceux qui en ont goûté les adorent. Si la surface viticole du Luxembourg est identique à celle du Margaux à Bordeaux, notre appellation est trop méconnue. Il faut y ajouter que nos vins sont en majorité consommés ici et ne jouissent pas d’une distribution suffisante à l’étranger, pas encore. Beaucoup de vins luxembourgeois mériteraient une plus grande exposition médiatique et commerciale.
Peut-on parler d’une viticulture typiquement luxembourgeoise ?
Nous avons les mêmes cépages que les Alsaciens et que les Allemands. Nous nous inspirons du meilleur des deux pour faire des vins uniques et racés. Ces dernières années, la qualité des vins produits au Luxembourg n’a cessé d’augmenter et on trouve ici une diversité de cépages, de vins et de styles plutôt unique pour une si petite appellation.
Le Luxembourg est un pays... fiable, dynamique et ouvert. Reconnaissez-vous le Luxembourg dans ces mots-clés retenus par le gouvernement ?
Oui, mais il manque un mot: convivial! Surtout dans notre métier, on travaille pour que les gens partagent de bons moments autour d’une bonne bouteille.
Que vous disent vos interlocuteurs à l’étranger sur le Luxembourg ?
Ah bon, vous faites du vin au Luxembourg ?
Et qu’est-ce que vous leur répondez pour leur donner envie de visiter le Luxembourg ?
Venez voir, il y a d’autres choses que des banques et des institutions chez nous. Il y a plus de verdure que de béton et en plus, au niveau culinaire, nous avons la qualité à la française et des portions à l’allemande.
Quand avez-vous été particulièrement fier du Luxembourg ?
J’ai passé presque 12 ans à l’étranger et quand je suis parti étudier, je n’étais pas sûr de vouloir rentrer au pays.
Quand je vois à quel point le Luxembourg a évolué aux niveaux culturel, artistique, infrastructurel, gastronomique, sportif, académique, de l’innovation, de la recherche, et architectural – malgré quelques ratés – en 10 ans, je suis fier que notre pays ait pu s’adapter et se moderniser pour devenir une vraie métropole cosmopolite.
Et je dois dire que je n’étais pas peu fier d’être Luxembourgeois en regardant les performances des frères Schleck sur le Tour de France.
Pour le reste, je suis fier qu’à Luxembourg nous maîtrisions tous plusieurs langues nous permettant de communiquer pratiquement partout sur le globe. Car être Luxembourgeois, c’est aussi un état d’esprit, notre pays est tellement petit que nous devons faire preuve d’ouverture au monde.
Qui ne devrions-nous pas oublier dans notre série sur les « ambassadeurs » de la marque luxembourgeoise ?
Je citerais volontiers Georges Lentz, Carlo Ackermann, Philippe Schmitz ou encore René Elvinger.


Photo: Mike Zenari / archives - source :  www.paperjam.lu]

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