quarta-feira, 8 de março de 2017

« Paris pieds nus », poésie au fil de Seine

Ce joli film burlesque, à l’univers très singulier, mérite mieux qu’une attention distraite.
Emmanuelle Riva, décédée en janvier dernier, y tient son dernier rôle avec un plaisir d’enfant.
Dominique Abel, Emmanuelle Riva et Fiona Gordon, dans Paris pieds nus.
Écrit par Arnaud Schwartz

Paris pieds nus **
Dominique Abel et Fiona Gordon
Film franco-belge, 1 h 23

Le belge Dominique Abel et la Canadienne Fiona Gordon forment depuis plus de 30 ans un duo burlesque à l’univers singulier, déjà déployé dans 4 spectacles et autant de longs-métrages cosignés.
Les voilà de retour avec « Paris pieds nus », auquel Pierre Richard et Emmanuelle Riva – dans son dernier rôle au cinéma – ont prêté leur concours avec une espièglerie très enthousiasmante.
Fiona, bibliothécaire dans un minuscule village du grand nord canadien, reçoit d’un inconnu une lettre postée par erreur dans une poubelle, signée de sa vieille tante Martha, partie il y a si longtemps vivre sous le ciel de Paris. Martha ne s’en sort plus toute seule. On veut la placer en maison de retraite. Elle appelle au secours.

Sur la piste de Martha

Fiona débarque à Paris avec son gros sac-à-dos et se met immédiatement en quête de sa chère aïeule. Un geste malencontreux, pour une photo devant la tour Eiffel, la précipite dans la Seine. Sans papiers, ni bagages ni repères, Fiona s’en va pleurer son désespoir à l’ambassade du Canada à Paris, avant de se trouver embarquée sur une piste de danse par un clochard céleste et chanceux, Dom, qui a trouvé quelques beaux billets à dépenser dans un bon restaurant.
Cet improbable attelage va vivre des péripéties – nombreuses et souvent très drôles – en tentant de retrouver Martha, qui a pris la poudre d’escampette pour éviter d’être placée…

Le cinéma n’offre pas toutes les semaines une telle bouffée d’air frais.

Dans un Paris de clichés détournés (le ciel est bleu, le métro tout propre), Dominique Abel et Fiona Gordon déploient leur tendre comique avec poésie, rappelant le burlesque de Pierre Etaix, qui s’était lui-même nourri de celui de Buster Keaton et de Max Linder. Il y a bien quelques longueurs, mais qu’importe ? Le cinéma n’offre pas toutes les semaines une telle bouffée d’air frais.
Dans le rôle de l’introuvable Martha, la secrète Emmanuelle Riva rayonne, osant tout – jusqu’à ouvrir les portes de son propre appartement pour le tournage. Disparue en janvier dernier à l’âge de 88 ans, la comédienne s’y livre à un numéro chorégraphié avec Pierre Richard – une sorte de « La La Land » au père Lachaise, diraient les plaisantins – dont la fantaisie et le plaisir mutin résonnent encore et encore. Au nez et à la barbe de la vieillesse et de la mort.

[Source : www.la-croix.com


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