"Le Salon ne vit pas de subsides publics"
« Le Salon prend acte de la décision de
l'Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) et la
Société française des traducteurs (SFT), que de ne pas prendre part aux
Rencontres de la traduction cette année », explique ce matin le
commissaire général du Salon du livre de Paris, Bertrand Morisset, un
brin remonté. Les deux organisations ont en effet décidé de ne pas prendre part aux Rencontres de la traduction, information dévoilée par ActuaLitté hier.
Alors, oui, les Rencontres de la traduction, prévues sur
deux journées pour l'édition 2014 du Salon, n'auront pas lieu, ayant été
annulées depuis quelques heures. « Il n'est décemment pas possible
de maintenir ces deux journées en l'absence des organisations
représentant les traducteurs. Nous regrettons bien entendu de n'être pas
parvenus à trouver un accord avec l'ATLF et la SFT », nous précisait le Salon. Mais son commissaire général tient à apporter quelques précisions.
« D'abord, je tiens à rappeler que le Salon de Paris
n'est pas simplement une grande librairie, mais une plateforme qui
valorise le livre auprès du grand public, et un carrefour de rencontres
tant pour les professionnels, que pour l'édition à l'international. Plus
de 50 pays sont présents, plus de 5000 acteurs du monde entier nous
rendent visite, qui est tout à la fois un lieu de business et de
culture, incontestable. »
Et de rappeler qu'en matière de gratuité, la manifestation
fait déjà la part belle au public, puisque les personnes de moins de 18
ans et les étudiants de moins de 26 peuvent entrer gratuitement - de
même que les professionnels, accrédités. « Contrairement à toutes les autres foires du livre ! »
L'introduction achevée, passons aux choses sérieuses :
pourquoi avoir décidé d'organiser deux journées, consacrées à la
traduction, des journées professionnelles, et de les avoir rendues
payantes ?
Trois années d'une opération sans équilibre financier
« Depuis 2011, et durant trois années, nous avons
donné une voix aux traducteurs, qui n'en avaient plus au Salon du Livre.
À l'initiative de Reed et du SNE, cette journée avait été créée, et le
Salon en assurait la réalisation, dans un financement paritaire avec le
Centre national du livre. C'est ainsi que les journées des éditions
précédentes ont pu se tenir. » C'est que, dans la mesure où`le
financement par le CNL n'était pas acquis pour cette édition 2014, le
Salon, société privée, ne pouvait pas s'offrir le luxe d'une nouvelle
année à fonds perdu. « Le Salon ne vit pas de subsides publics :
nous avons engagé, en trois ans, plus de 30.000 € dans cette journée, et
nous souhaitions, cette année, parvenir à un équilibre financier », rappelle Bertrand Morisset.
Concrètement, le prix demandé aux traducteurs était de 49
€, avec une offre de chèque voyage de 30 €, et un buffet gracieusement
proposé durant deux les jours. « Nous pouvions organiser bien plus
de tables rondes en deux journées qu'en une seule, et aborder de
nombreux sujets, comme la traduction de bandes dessinées, les relations
internationales, ou la place de la traduction dans les oeuvres
audiovisuelles. On verra alors en 2015 comment trouver des
partenaires et des soutiens pour assurer le renouvellement de ces
journées professionnelles. »
La journée du samedi sera tout de même consacrée à la
traduction, avec le pays invité d'honneur, l'Argentine, qui présentera
la campagne SUR (prononcer 'sour'), portée par le ministère des
Affaires étrangères, et qui développe à travers le pays, et dans
l'Amérique latine, différentes actions de promotion autour de la
lecture. On déplore tout de même, dans les allées du Salon, que
certaines manifestations dans le Sud de la France, ou dans d'autres
pays, et qui sont payantes, voient les frais pris en charge par des
organismes de formation, au moins pour partie.
Le président du Centre national du Livre, Vincent Monadé, précise pour sa part «
ne pas avoir à intervenir dans les négociations commerciales qui
peuvent intervenir entre le Salon et ses partenaires, ni commenter les
choix commerciaux de M. Morisset ».
[Photo : CC BY SA 2.0 - source : www.actualitte.com]
Sem comentários:
Enviar um comentário