sexta-feira, 17 de julho de 2026

Comment « dé-IA-iser » nos écrits pour éviter la disparition des particularités des langues ?

Les tics de langage de l’intelligence artificielle colonisent nos écrits. Derrière ces formules creuses se cache l’appauvrissement systématique de la langue. Les Russes parlent d’une IA « канцелярит » (kantselyarit) reprenant le jargon bureaucratique soviétique, les Chinois d’une IA stéréotypée, comme les dissertions impériales « 八股文 » (bāgǔwén), et les Québécois d’un manque de singularité de leur langue par rapport au français de l’Hexagone. Que faire ? 

L’intelligence artificielle (IA) générative présente un certain nombre de tics de langage, des mots et tournures qu’elle suremploie par rapport aux rédacteurs humains. 

Si vous lisez dans un texte « Dans le monde actuel en constante évolution », c’est forcément qu’il a été écrit par une IA.

Écrit par Maria Mercanti-Guérin

Maître de conférences en marketing digital, IAE Paris – Sorbonne Business School

Une étude estime qu’au moins 13,5 % des publications scientifiques de 2024 ont fait intervenir une IA dans leur rédaction, un chiffre qui grimpe à 40 % dans certaines revues.

Claude, ChatGPT ou Deepseek sont nourries des mêmes sources (Web, livres, Wikipédia, code…). Ces grands modèles de langage (LLM) reposent sur la prédiction statistique du prochain token (mot ou fragment de mot) le plus probable dans une séquence donnée.

L’IA sélectionne donc systématiquement les formulations les plus accessibles et conventionnelles disponibles dans ses données d’entraînement. Elle écrit en perdant l’originalité des styles humains, leur irrégularité, leur diversité. Elle perd également la causticité, le double sens, voire la faculté critique. Une expérience menée auprès de 293 participants (« writers ») invités à écrire une courte histoire a montré une augmentation de la similarité entre histoires conçues avec l’IA générative et donc une perte de créativité collective. Chacun écrit « mieux », mais tout le monde finit par écrire pareil.

Ces observations sont confirmées par mon dernier terrain de recherche. L’analyse des sites Web de 15 marques cosmétiques montre un décalage avec les 1 575 avis de consommateurs et les 1 611 brevets déposés par ces marques. Le style IA fait perdre la spécificité des positionnements et des singularités technologiques.

Modèles similaires

Au-delà de la génération de tokens, plusieurs éléments peuvent expliquer les tics de langage de l’IA.

La première cause tient à l’étape dite d’« alignement » : une fois entraîné sur des milliards de textes, le modèle est ajusté par des humains qui notent ses réponses, un procédé connu sous le nom de Reinforcement Learning from Human Feedback (RLHF), ou apprentissage par renforcement à partir de rétroaction humaine, en français.

Des annotateurs humains évaluent le caractère neutre et inoffensif des réponses du modèle. Ils retiennent les réponses polies, structurées présentant des phrases relativement courtes et des mots de liaison donnant le sentiment d’une pensée logique.

La deuxième tient au terrain d’entraînement des IA. Alimentées de contenus marketing tirés du Web ou de documents institutionnels, les IA sont soit emphatiques, soit terriblement ennuyeuses et reproduisent les tics langagiers présents dans ces corpus. Les recherches montrent une prédominance des domaines commerciaux (.com) largement présents dans l’un des grands jeux de données de référence pour entraîner les modèles de langage, le Colossal Clean Crawled Corpus ou C4. Il existe, également, une forte prévalence de contenus dupliqués, synthétiques ou de basse qualité. C’est ce matériau standardisé issu du Web marchand anglo-saxon que le modèle, statistiquement, apprend à imiter.

Mais que révèlent ces tics de langage ?

Si les tics sont en train de coloniser le Web, ils menacent les IA elles-mêmes par des phénomènes de contamination croisés.

Contaminations IA – humains

Dans une étude, le chercheur Hiromu Yakura a analysé plus de 360 000 vidéos YouTube et 771 000 épisodes de podcasts enregistrés avant et après la sortie de ChatGPT.

L’utilisation des « mots GPT » (comme « delve », « realm », « meticulous ») a connu une augmentation fulgurante dans les conversations spontanées humaines dans les dix-huit mois qui ont suivi son lancement.

C’est en récompensant certaines tournures lors du RLHF que l’on a, sans le vouloir, gravé dans le modèle ces préférences lexicales.

Contaminations IA-IA

Les grands corpus textuels (Common Crawl et ses dérivés) qui servent à la recherche linguistique sont saturés de textes générés par IA, ce qui complique l’observation de l’évolution naturelle de la langue.

À terme se profile le risque de l’ouroboros, le dragon ou le serpent qui se mord la queue : des modèles entraînés sur leurs propres productions, amplifiant leurs tics dans une boucle fermée.

Contaminations IA-humains-IA

Les IA servent aux humains des textes préformatés. Les rédacteurs Web utilisent les IA pour produire à un rythme effréné articles de blog ou fiches produit. Certains auteurs avouent leur utilisation régulière de Claude ou ChatGPT dans la production de leurs romans. Ce matériau semi-humain, semi-artificiel sert à l’entraînement des IA qui souffrent alors de consanguinité stylistique. Elles s’empoisonnent et deviennent de moins en moins performantes.

Meta, avant de reculer face à la fronde de son personnel et à des fuites de données, avait décidé pour pallier le problème de capter les dialogues humains de ses salariés pour nourrir son IA.

Des tics caractéristiques

Les tics de traduction qui sonnent faux viennent de l’anglais – langue de Claude ou de ChatGPT – car les grands modèles – GPT, Claude, Gemini – sont entraînés sur des corpus massivement anglophones.

Voici quelques exemples des tics les plus caractéristiques des IA génératives en français :

  • les formules d’ouverture grandiloquentes comme « dans le monde actuel en constante évolution » ;
  • les adjectifs creux et interchangeables comme « fascinant » ou « crucial » ;
  • les verbes abstraits comme « mettre en œuvre » ou « s’articuler » ;
  • les mots de liaison à chaque phrase comme « en outre » ou « par ailleurs » ;
  • les conclusions marquées comme « en somme » ou « au final ».

Vers la fin des langues régionales ?

À terme se profile la fin des langues régionales inconnues des IA, mais également la fin de l’apprentissage des langues. Au-delà des tics de langage, les IA imposent sur tous les réseaux sociaux des traductions automatisées dans la langue de l’utilisateur. Objectif : lui permettre de lire les contenus du monde entier sans barrières linguistiques, avec le risque de véhiculer une langue traduite pauvre et bourrée de tics.

Des chercheurs canadiens montrent que les modèles spécialisés sont capables de comprendre la grammaire d’une langue. En revanche, les modèles généralistes, comme ChatGPT, sont incapables d’être réellement multilingues et ne transfèrent pas bien les règles grammaticales entre les langues. Connaître l’anglais n’aide pas vraiment une IA à parler le français québécois.

Les chercheurs indiens notent que l’IA efface les particularités de l’anglais indien pour produire un anglais standardisé. Les tics de langage entretiennent également un vaste système de déculturation. Ainsi, une description de Diwali (la fête des lumières) assistée par l’IA se concentre souvent sur des éléments occidentalisés, comme l’échange de cadeaux, tout en omettant les rituels religieux spécifiques et leur vocabulaire particulier.

Les observateurs russes signalent que ChatGPT produit un style qualifié de « канцелярит » (kantselyarit) pour désigner le jargon bureaucratique soviétique pesant. L’IA ressuscite involontairement ce style que les Russes avaient mis des décennies à dépasser. Le projet humanizer-ru a répertorié 44 patterns stylistiques sur lesquels il faut se pencher pour « dé-IA-iser » un texte russe.

En mandarin, les utilisateurs signalent que les textes IA sont reconnaissables à leur style « 八股文 » (bāgǔwén), référence au style des dissertations impériales stéréotypées, très structurées et creuses.

Humanisation du style des IA

Les sociétés d’intelligence artificielle ont pris conscience du problème. Elles cherchent à humaniser le style des IA, ce qui permettrait la disparition des tics mais pourrait bien aggraver le problème.

Il sera bientôt impossible de distinguer une production IA d’une production humaine, à travers des techniques comme :

  • l’AntiSlop sampling, littéralement « anti-bouillie », agissent déjà comme un correcteur automatique. Les chercheurs listent les mots et tournures trop typiques de l’IA. Un filtre intégré au modèle (l’échantillonneur) écarte ces tournures à mesure que le texte s’écrit, forçant une reformulation ;
  • le fine-tuning, consistant à spécialiser un modèle d’IA pré-entraîné à l’accomplissement d’une tâche spécifique, va se faire sur des corpus stylistiquement riches ;
  • l’IA constitutionnelle d’Anthropic, méthode qui consiste à aligner les systèmes d’intelligence artificielle sur les valeurs humaines en leur fournissant des principes éthiques de haut niveau à intégrer la façon d’écrire dans ses prérequis ;
  • les entraîneurs humains vont être recrutés différemment. Écrivains, journalistes spécialisés ayant perdu leur travail à cause de l’IA vont en retrouver un grâce à elle. Véritables coachs d’écriture, ils peuvent enseigner à l’IA à s’affranchir des stéréotypes de style ;
  • les modèles vont tenter de s’ancrer dans la réalité des utilisateurs. Cette imprégnation devrait permettre de sortir d’une rédaction convenue pour exprimer de vrais sentiments ou émotions. L’ancrage ou grounding fait sortir l’IA de l’artificiel pour la rapprocher du quotidien humain.

Le choix collectif entre préserver la diversité des langues, ou continuer à alimenter la machine, se heurte à une monétisation croissante de l’écrit. Derrière les tics, la machine infernale du gain pour rentabiliser les géants de l’IA est enclenchée.


Cet article est publié en partenariat avec la Délégation générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture.

 

[Photo : Summit Art Creations/Shutterstock - source : www.theconversation.com]





Los académicos que estudian el genocidio transitan un campo minado

Desde el 7 de octubre de 2023, las instituciones académicas vienen ejerciendo presiones abiertas y encubiertas para desalentar a los estudiosos del Holocausto y del genocidio de criticar las acciones de Israel en Gaza. Aun así, muchos académicos están organizando nuevas redes para defender la libertad de investigación.

Manifestantes propalestinos marchan desde la Universidad de Columbia hasta el City College de Nueva York (CUNY, por sus siglas en inglés) el jueves 30 de abril de 2026, en el segundo aniversario de la ocupación del Hamilton Hall en Columbia. Los manifestantes sostienen un cartel que dice «CUNY por Palestina».



Escrito por Grant Morgan

Traducción: Pedro Perucca 

Desde el ataque de Hamás a Israel el 7 de octubre de 2023 y la consiguiente guerra de Israel contra Gaza, pocos campos académicos estadounidenses han experimentado una convulsión interna mayor que los especializados en estudios del Holocausto y el genocidio. Académicos que en su momento compartían un amplio consenso institucional se encuentran ahora divididos sobre si Gaza constituye un genocidio, si el antisemitismo y la memoria del Holocausto están siendo instrumentalizados políticamente, y si puede decirse que las universidades aún permiten el debate abierto sobre cuestiones críticas y controvertidas.

Efectos amplios y a menudo sutiles han comenzado a transformar estructuralmente la manera en que se procesan y legitiman la investigación, el compromiso intelectual y el debate dentro de estos campos. Los empleos son cada vez más precarios, el financiamiento para la investigación es más difícil de obtener, y los académicos enfrentan una microgestión y un hostigamiento provenientes tanto de fuerzas internas como externas. Estas tendencias más amplias se entrelazan con el clima político para crear una atmósfera de aprensión especialmente densa en los estudios del Holocausto y el genocidio.

En un esfuerzo por comprender cómo estos campos están atravesando la coyuntura actual, Jacobin conversó con un conjunto diverso de académicos y expertos. A pesar de las presiones crecientes, encontré que muchos de ellos son optimistas. Han surgido nuevas organizaciones dedicadas al debate y la libertad académica, así como nuevas conversaciones y paradigmas que hace años habrían sido considerados irreales o problemáticos. El momento actual es ciertamente grave, pero también ofrece destellos de potencial para quienes estén dispuestos a mirar más allá de los titulares sensacionalistas.

El gran enfriamiento

En el entorno actual de controversia en torno a Gaza e Israel, muchos han observado un efecto de disuasión, en el que cualquier desviación de un apoyo irrestricto a Israel es recibida con reprobación y censura oficial. Desde 2023, grupos proisraelíes han expuesto públicamente de manera rutinaria los datos personales de profesores y estudiantes. Profesores fueron sido despedidos, suspendidos o degradados por declaraciones u obras. Ponentes fueron cancelados o duramente criticados por sus acciones durante discursos de graduación o eventos relacionados con cursos. La Fundación para los Derechos Individuales y la Expresión (FIRE) incluso encontró que en el año posterior al 7 de octubre, «estudiantes, profesores e invitados enfrentaron represalias prácticamente cada día» por expresiones políticas relacionadas con la controversia. Si bien un puñado de casos involucraron discurso pro-Israel, la aplastante mayoría tuvo como objetivo el discurso pro-Palestina.

Este fenómeno ha sido ampliamente documentado. Lo que no se ha abordado de manera adecuada es cómo este efecto de disuasión ha evolucionado en los años transcurridos desde los ataques del 7 de octubre de 2023. Desde los primeros días de cancelaciones y despidos de alto perfil, la represión se ha vuelto más sutil, aplicada a través de los diversos obstáculos y trámites institucionales internos que caracterizan a la academia contemporánea.

El financiamiento de la investigación y la capacidad de publicar ensayos, capítulos y libros completos son extremadamente importantes para la seguridad profesional. Los cargos de carrera académica con posibilidad de titularidad vienen con este tipo de condiciones y a menudo requieren que los profesores realicen investigaciones originales que amplíen el conocimiento en su campo. Cumplir con estos requisitos no es algo que un académico pueda hacer en el vacío, ya que siempre hay muchos actores involucrados, desde administradores hasta editores, pasando por juntas y comités.

Estas onerosas áreas de procedimiento crean un entorno propicio para la represión silenciosa a nivel granular. Sandra Babcock, profesora de derechos humanos internacionales en la Universidad de Cornell, recordó haber tenido que superar varios obstáculos para una entrevista en vivo relacionada con un informe sobre el apartheid en Israel. Antes de la entrevista, fue instruida para que dejara en claro que sus opiniones no estaban vinculadas a Cornell. Luego la universidad le prohibió usar el tradicional fondo digital que muestra una vista aérea del campus, dijo Babcock, que aparece en prácticamente todos los videos filmados en el estudio. El director del estudio, señaló: «Tuvo que fotografiar su propio apartamento porque no tenía ningún otro fondo porque esto nunca había ocurrido antes (…). Tuvimos que usar fotos de las persianas venecianas de su apartamento».

Los trabajos relacionados con Palestina, Israel o áreas afines implican una posibilidad singular de represalias o presiones, lo que lleva a los académicos a evitarlos por completo cuando no son centrales en su área de especialización. En conversación con Jacobin, muchos académicos describieron haber tenido que cubrir ciertos cursos porque el profesor a cargo dudaba de abordar temas controvertidos.

Las disputas políticas también hicieron que el panorama del financiamiento para la investigación sea notablemente más difícil de navegar. «Imagínense en el lugar de un académico joven que estudia genocidio comparado», dijo Eric Kurlander, profesor de historia y estudios judíos en la Universidad de Stetson. «Dicen: voy a analizar el Holocausto, el genocidio armenio y el genocidio en Camboya. Y de repente se encuentran con que hacer ese trabajo en determinada escuela o instituto de financiamiento significa que eres antisemita porque estás comparando el Holocausto con otros genocidios».

Kurlander agregó que estas acusaciones ahora incluso se han aplicado a simples afirmaciones de hechos o, como mínimo, a puntos de vista empíricamente defendibles dentro del debate académico. «Digamos que estudias Medio Oriente y estás dando conferencias sobre lo que Israel puede haber hecho que sea opresivo o colonialista [hacia los palestinos], ahora eso se ve como antisemitismo», dijo. «Entonces, en esos casos, ha habido problemas, a menudo de las administraciones universitarias, a veces de los programas de estudios judíos, que intentan mantener cierto tipo de narrativa».

Las preguntas de investigación, incluso las que están muy alejadas de las áreas de controversia pública, han enfrentado una presión creciente. Al mismo tiempo, los académicos se han visto obligados a adaptarse a las tendencias políticas —y a situaciones en las que las narrativas departamentales contradicen directamente su propia investigación—. ¿Querés obtener la titularidad? Asegurate de jugar según las reglas de tu departamento. ¿Querés tener más facilidad para encontrar financiamiento? Usá un lenguaje que eluda ciertas frases o ideas.

Hoy debe monitorearse de manera constante el debate y el uso de la terminología controvertida para solicitar financiamiento para franjas enteras de investigación y todo exige ahora mucha más cautela. Solo en 2025, la administración Trump retuvo miles de millones en fondos para diversas escuelas a las que se acusaba de tener problemas de antisemitismo en sus campus.

Varios de mis interlocutores encontraban que era cada vez más difícil realizar sus investigaciones, y aún más entrevistados expresaron su preocupación por el declive de los debates reales y honestos dentro de su campo. Respecto de las divisiones recientes, la profesora Debórah Dwork, historiadora del Holocausto y directora fundadora del Centro para el Estudio del Holocausto, el Genocidio y los Crímenes contra la Humanidad de la Universidad de la Ciudad de Nueva York, me dijo:

«El campo de la historia del Holocausto está dividido, con algunos de mis colegas negando que un genocidio haya ocurrido y esté ocurriendo en Gaza. Basan sus argumentos en la afirmación de que un Estado sucesor del Holocausto no podría en modo alguno ser el perpetrador. Y lo que encuentro notable es que es como si Auschwitz y la historia de Auschwitz operaran como una lente que distorsiona su visión. No es una lente que les ofrezca una visión matizada. Por el contrario: al aplicar la lente de Auschwitz, personas perfectamente racionales se vuelven irracionales sobre este tema.»

Varios de los expertos en el Holocausto con quienes hablé describieron una fricción creciente con colegas, narrativas departamentales y, especialmente, con instituciones vitales que han sido pilares de la investigación y el debate durante décadas. Entre las mencionadas estaban el Museo Memorial del Holocausto de los Estados Unidos en Washington DC, el Centro de Historia Judía en la ciudad de Nueva York y otros archivos y museos más pequeños.

Durante mucho tiempo, estas instituciones proporcionaron un apoyo fundamental a investigadores jóvenes y académicos consagrados, ayudándolos a examinar de manera crítica preguntas y preocupaciones dentro de sus campos. Pero hoy algunos especialistas comenzaron a adoptar posturas más críticas frente a lo que describen como un comportamiento institucional cada vez más hipócrita, acusando a estas organizaciones y a otras de no haber abordado de manera adecuada el genocidio en Gaza (e incluso formas anteriores de limpieza étnica y violencia ocurridas desde la Nakba).

La académica del genocidio Marianne Hirsch, profesora emérita de la Universidad de Columbia que ha suspendido su docencia como protesta por la adopción por parte de la universidad de una definición amplia de antisemitismo que incluye el discurso anti-Israel, planteó esta cuestión de manera bastante concisa. «Creo que todas estas instituciones básicamente nos han fallado porque están difundiendo muchas mentiras hipócritas», le dijo a Jacobin. «Hay mucha negación. Hay mucha falta de voluntad para mirar la realidad de lo que está ocurriendo sobre el terreno».

Estos desacuerdos con instituciones, departamentos y administradores universitarios han erosionado la confianza, generando una crisis de legitimidad. Los académicos enfatizaron que el antisemitismo estaba siendo instrumentalizado de manera rutinaria contra quienes criticaban a Israel, especialmente contra profesores que se alinean con la izquierda. Muchos expresaron su sorpresa ante la disposición a condenar como antisemitas incluso a profesores judíos.

Las personas con quienes hablé describieron que la represión impacta directamente en los departamentos y su producción. La presión creciente tanto del gobierno como de grupos privados llevó a las universidades a restringir y regular sus planes de estudio. Términos y temas controvertidos, como la Nakba o la guerra en Gaza, pasaron a ser cuestiones de política universitaria y de repente se volvieron inadecuados para la enseñanza debido a su capacidad para generar protestas y represalias. Lo más importante es que los fondos y subsidios federales fueron suspendidos y amenazados como forma de censura suave (a veces no tan suave).

A medida que esta nueva realidad se afianzó, muchas clínicas y cursos fundamentales han sufrido al ver limitado su ámbito de trabajo y vigiladas sus actividades. Las salvaguardas institucionales centrales han recibido golpes serios, incluyendo los cargos de carrera con posibilidad de titularidad, las protecciones a la libertad de expresión, las protecciones contra el acoso y el acceso al financiamiento. Si las tendencias actuales continúan, la presión política y los incentivos institucionales amenazan con remodelar gradualmente las agendas de investigación a medida que las nuevas generaciones compiten por financiamiento, seguridad laboral y seguridad personal en un mundo posterior al 7 de octubre.

La Red de Crisis de Estudios del Genocidio y el Holocausto

Lo que más me sorprendió al explorar el terreno de estas disciplinas fue el optimismo que mantenían todas las personas con quienes hablé, a pesar de las numerosas razones existentes para la desmoralización. En lugar de ceder, una sólida mayoría incluso ha creado y participado en organizaciones dedicadas a fortalecer la libertad de expresión, a proteger a los académicos y a preservar la legitimidad institucional. La más importante de las que encontré fue la Red de Crisis de Estudios del Genocidio y el Holocausto (GHSCN, por sus siglas en inglés), integrada por cientos de académicos que intentan salvar a sus campos de la represión y la degradación estructural.

La red ha redactado y firmado cartas que cuestionan las prácticas universitarias que consideran perjudiciales para la expresión académica y la investigación. Una preocupación central pasa por la adopción creciente de la definición de antisemitismo de la Alianza Internacional de Memoria del Holocausto (IHRA), que equipara el antisemitismo con la crítica a Israel (la misma definición que la profesora Hirsch cuestionó en Columbia).

«Escribimos una carta que fue firmada por algo así como 1.200 académicos de estudios del Holocausto y el genocidio», le dijo a Jacobin Brett Ashley Kaplan, de la Universidad de Illinois, «que decía que esta definición tiene un efecto de disuasión sobre la libertad de expresión y que las personas deberían poder expresarse libremente».

La red también se ocupa de las difíciles preguntas académicas y morales que enfrentan actualmente estos campos. Especialmente dentro de los estudios del Holocausto, dos profesores con quienes hablé destacaron la creciente necesidad de reconciliar los horrores del Holocausto con la realidad de que los oprimidos pueden convertirse en opresores y con el hecho de que esto justifica un mayor grado de discusión en torno a la memoria del Holocausto y lo que significa el «Nunca Más» en el contexto de Gaza.

Otros destacaron la instrumentalización no solo del antisemitismo en términos generales sino también de la memoria específica del Holocausto. Enfatizaron la necesidad de recordar los horrores y las lecciones del Holocausto sin justificar ni trivializar la violencia etnonacionalista, la limpieza étnica y el genocidio contemporáneos. Lo más importante dentro de estas críticas fue un llamado creciente a ver el lugar del Holocausto en la historia de manera diferente, como una historia que no trata solo sobre un episodio particular sino sobre la trayectoria última de corrientes políticas que mantienen su influencia hoy. Dwork describió estas críticas en curso de manera bastante concisa, diciéndole a Jacobin:

«Hay otros, demasiados otros, que ven el Holocausto como si se tratara únicamente del asesinato de los judíos de Europa. Y si fuera un evento único, ¿cuál sería el punto de estudiarlo? No sería relevante para nada, así que creo que ese es un argumento sin salida.»

Algunos académicos han comenzado a construir y defender nuevos paradigmas para sus departamentos. El profesor Barry Trachtenberg, de la Universidad Wake Forest, por ejemplo, me llamó la atención sobre la Red de Estudios Judíos Liberadores, compuesta por estudiantes y profesores que han comenzado a imaginar cómo puede ser el campo de los estudios judíos fuera del sionismo y otros paradigmas largamente establecidos.

Es importante destacar que, durante mis numerosas conversaciones, nadie describió los supuestos y orientaciones largamente dominantes dentro de los estudios del Holocausto y el genocidio como malvados, ni los describió en términos exagerados. En cambio, estos académicos alentaron la emergencia del debate y la apertura a otras áreas de pensamiento. Los términos no sionista, postsionista y antisionista surgieron con frecuencia, al igual que formas de pensar que reclaman atención a genocidios anteriores y sistemas de opresión que a menudo se malinterpretan o nunca se discuten en absoluto. Nuevas líneas de indagación, debate y enfoque están en desarrollo a medida que las redes disidentes intentan crear un sólido bastión institucional contra el declive democrático y la erosión de la legitimidad académica.

Todas las personas con quienes hablé señalaron el profundo efecto de disuasión, su impacto negativo en los colegas y los enormes obstáculos sistémicos que están surgiendo para los académicos más jóvenes dispuestos a desafiar la ortodoxia. Pero también expresaron una nota de esperanza sobre el futuro de este campo de estudios y las perspectivas para el debate abierto. Hablaron de proteger el derecho de todos los académicos, independientemente de su convicción política, a perseguir sus áreas de interés sin presión ni censura y de la creciente necesidad de estudiar preguntas espinosas sin temor a represalias. Su mensaje fue el de una resistencia democrática mediante el rigor académico y la libre indagación, ofreciendo una sugerencia optimista sobre cómo estos campos pueden sobrevivir y prosperar.

 

[Foto: Selcuk Acar / Anadolu via Getty Images - fuente: www.jacobinlat.com]


quinta-feira, 16 de julho de 2026

« Vous êtes l’amour malheureux du Führer », livre de Jean-Noël Orengo : le salaud et l’écrivain

Haute exigence intellectuelle, vif sentiment de l’Histoire et du rôle de la fiction, composition magistrale : le dernier Jean-Noël Orengo, dont les lecteurs de Transfuge connaissent bien la plume, est un des sommets de cette rentrée.

Écrit par Damien Aubel

Poignard à glisser dans sa poche pour Epictète, ou hache fameuse destinée à fendre une non moins fameuse mer gelée : la littérature, on le sait, est une arme. Et Albert Speer – architecte de Hitler promu ministre de l’Armement du « guide », sorti de Nuremberg paré d’une aura de noble coupable, entre contrition et oblation – la maniait en maître. Une arme non dénuée d’analogie avec ces machines meurtrières délirantes qu’avaient pu élucubrer certains nazis. Car la littérature, dans les mains de Speer le mémorialiste, a quelque chose de magique – voire de métaphysique. Au cœur du Troisième Reich, best-seller de la fin des sixties n’est que superficiellement, fallacieusement (mais Speer l’architecte du Führer fut un maître du décorum – un magicien de l’apparence) le témoignage d’un acteur-de-l’Histoire (marque déposée, que Jean-Noël Orengo rend plus suspecte que jamais). C’est, redisons-le, une arme littéraire, chargée à bloc de fiction, conçue, redisons-le aussi, pour un combat magique, métaphysique. 

Orengo s’est, dans une première partie, infiltré tel un ghost in the machine dans les rouages des armes-souvenirs de Speer. Qu’il paraphrase ici, court-circuite avec la vérité là. Au point que le lecteur doit, justement, sans cesse refaire le point. Démonter à son tour le mécanisme pour tenter de savoir s’il y a sur la page, qui se dérobe comme un sol mouvant, fiction, réalité historique ou hybridation. Un à un, les engrenages de la carrière de Speer se mettent à tourner. Projets, productions et positions architecturales, de la gigantesque, inhumaine et minérale scénographie du congrès du NSDAP à Nuremberg en 1934 à sa Théorie de la valeur des ruines. Puis c’est le ministre de l’Armement et l’apôtre de la guerre totale. Eriger, détruire. En vue, toujours, d’une même fin, qui sera aussi celle de ses Mémoires et de ses déclarations d’après-guerre. Lesquelles composent une littérature tout en distorsions, lacunes, ravalement, d’où émerge le portrait de l’homme qui ne savait pas, pour la Shoah, mais qui, christiquement, admirablement, endosse la culpabilité allemande. Cette fin magique, métaphysique qui obsède Speer, on la discerne aussi dans sa love story chaste et brûlante avec le « guide ». Entre les deux hommes, rien de la froideur mortifère de la banale relation hiérarchique. Mais le bouillonnement de vie (contradictoire, tumultueuse, dangereuse) qu’est Eros, adversaire de la mort.

La visée magique, métaphysique de Speer est enfin claire : l’immortalité. Celle à laquelle on accède par la pierre, en bâtissant. Et par la littérature – en devenant personnage de fiction, en l’espèce le coupable admirable. N’est-ce pas Pavese qui notait (Le Métier de vivre) ceci : « Il semble que la raison pour laquelle n’importe quelle saloperie est permise en politique […] soit la suivante : le corps politique ne meurt pas et ne répond donc devant aucun dieu. » ? Salaud parce qu’immortel, ou immortel parce que salaud, n’importe. 

Car Speer fut bel et bien un salaud. Après avoir démonté de l’intérieur l’arme des souvenirs speeriens, Orengo la regarde sous un autre angle. Celui de l’historienne Gitta Sereny. Dès lors, ce qui était une évidence, ce poisson monstrueux que Speer a noyé, revient, dans toute son énormité de léviathan, à la surface. Speer savait, a toujours su pour les Juifs, a même contribué à l’extermination comme ministre de l’Armement. Mais il a déclaré le contraire. La Shoah, il ne savait pas. C’est une autre immortalité, atroce et sournoise : j’occulte le sort des Juifs, donc ils ne sont pas morts. Et moi, l’architecte-ministre, qui fus certes du côté du diable, je n’étais qu’un bon diable. Un meurtrier à titre collectif, peut-être, mais pas individuel.

On repose le livre comme après une séance de tir. Étourdi, un peu ivre. Et on admire le génial tireur qu’est Orengo. Qui a fait imploser l’arme magique, métaphysique de Speer. Et son immortalité de carton-pâte, pourtant terriblement solide.


Jean-Noël Orengo, « Vous êtes l’amour malheureux du Führer »
Éditions Grasset, 272 p., 21,50€ 

[Source : www.transfuge.fr]




Espagne : la régularisation massive de Pedro Sánchez pourrait concerner jusqu’à 3 millions de migrants

Le vaste plan de régularisation des sans‑papiers lancé par le gouvernement de Pedro Sánchez en Espagne suscite désormais de vives inquiétudes au sein des services de police et de l’administration chargée de l’immigration, qui redoutent un « effet boule de neige » avec le regroupement familial.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s'exprime lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre du sommet de l'OTAN, le 8 juillet 2026 à Ankara, en Turquie.

Écrit par Gaspard Lignard

Selon des estimations internes évoquées par la presse espagnole, la combinaison de la régularisation de personnes déjà présentes sur le territoire et des droits à faire venir leurs proches pourrait, à terme, concerner jusqu’à 3 millions d’étrangers.

À l’issue de la période de dépôt des demandes, close le 30 juin, le gouvernement a annoncé avoir reçu près de 1,2 million de dossiers, un chiffre plus de deux fois supérieur aux « près d’un demi‑million de personnes » initialement visées par le dispositif.

Dans ce contexte de montée en charge rapide, des responsables de l’immigration et des forces de l’ordre cités par le quotidien El Mundo préviennent : « Le système va s’effondrer. »

Un plan inédit par son ampleur

Le décret royal approuvé par le Conseil des ministres en avril prévoit une régularisation extraordinaire des étrangers en situation irrégulière pouvant justifier d’au moins cinq mois de présence en Espagne avant le 31 décembre 2025, sans casier judiciaire, et avec des liens familiaux, sociaux ou professionnels avérés. La mesure doit permettre l’obtention d’un permis de séjour et de travail d’un an, renouvelable, ainsi que l’accès à la sécurité sociale et au système de santé.

Le gouvernement socialiste présente cette opération comme un « acte de normalisation » destiné à mettre fin au travail illégal, à stabiliser une main‑d’œuvre déjà installée et à soutenir un système de sécurité sociale fragilisé par le vieillissement démographique. Portée à l’origine par une initiative citoyenne ayant recueilli plus de 600.000 signatures et le soutien d’environ 900 associations, ainsi que de l’Église catholique, elle constitue la première régularisation d’une telle ampleur en Espagne depuis plus de vingt ans.

Des chiffres qui dépassent les prévisions initiales

Entre la mi‑avril et le 30 juin, 1.174.978 demandes ont été déposées, selon France 24, dont un peu plus de 600.000 ont déjà été jugées « recevables », selon la secrétaire d’État aux Migrations, Pilar Cancela. Deux tiers des demandeurs sont originaires d’Amérique latine, ce qui confirme le profil principalement latino‑américain anticipé par le gouvernement dès l’annonce de la réforme.

Les autorités disposent désormais de trois mois pour examiner ces dossiers et pour délivrer – ou refuser – les permis de séjour et de travail, uniquement valables en Espagne. Pour faire face à l’afflux, un réseau d’environ 450 bureaux (sécurité sociale, poste, services d’immigration) a été mobilisé et plus de 550 professionnels supplémentaires ont été recrutés pour traiter ces demandes.

Les craintes des forces de l’ordre et de l’administration

Ce changement d’échelle nourrit toutefois des inquiétudes dans les rangs policiers et chez certains hauts fonctionnaires chargés de la gestion de l’immigration. Ceux‑ci soulignent que les chiffres actuels sont déjà très supérieurs aux projections initiales de l’exécutif, et redoutent que le regroupement familial, une fois les premiers permis délivrés, multiplie encore le nombre de personnes concernées.

Selon les éléments rapportés par El Mundo, des responsables de l’immigration mettent en garde contre une pression accrue sur les services publics et les dispositifs d’accueil, jugeant que « le système va s’effondrer » si les flux se maintiennent sur ce rythme. Ils pointent des risques de saturation dans le traitement des demandes, dans la capacité d’intégration locale et dans la gestion des frontières intérieures de l’espace Schengen.

La défense du gouvernement Sánchez

Face à ces critiques, Pedro Sánchez insiste sur les bénéfices économiques et sociaux attendus de cette régularisation. Il affirme que l’Espagne, confrontée à un « hiver démographique », a besoin de maintenir son dynamisme économique en intégrant pleinement une main‑d’œuvre déjà présente dans les secteurs clés comme l’agriculture, l’hôtellerie‑restauration ou les soins.

Dans une tribune et plusieurs prises de parole, le Premier ministre défend la voie de la « dignité, de la communauté et de la justice » pour les migrants déjà installés dans le pays, en rupture avec les politiques de restriction migratoire adoptées ailleurs en Europe. Il rappelle que la régularisation n’ouvre pas immédiatement l’ensemble des droits, mais organise un cadre administratif et juridique destiné à réduire la précarité et à renforcer la contribution des travailleurs étrangers à la sécurité sociale.

Un débat qui dépasse les frontières espagnoles

Sur le plan européen, plusieurs observateurs s’interrogent sur les effets de ce plan sur la libre circulation dans l’espace Schengen et sur la coordination des politiques migratoires entre États membres.

Entre les arguments de normalisation avancés par Madrid et les mises en garde des forces de l’ordre sur la capacité d’absorption des systèmes administratifs, la régularisation voulue par Pedro Sánchez s’impose comme un test grandeur nature pour la gestion commune des migrations sur le continent.

 

[Photo : Chris McGrath/Getty Images - source : www.epochtimes.fr]


L’asturià fa un pas històric i tindrà una especialitat docent pròpia

L’Acadèmia de la Llingua Asturiana celebra “el fet més rellevant en quaranta anys de política lingüística al Principat” 

La ministra d'Educació, Milagros Tolón, amb el president d'Astúries, Adrián Barbón 

La ministra d’Educació, Formació Professional i Esports, Milagros Tolón, ha anunciat aquest dijous una modificació normativa que permetrà que l’asturià compti, per primera vegada, amb una especialitat docent pròpia. Es tracta d’un avenç històric per a l’estatus de la llengua asturiana després que els darrers anys no s’hagi aconseguit sumar prou suports per declarar l’oficialitat de la llengua.

Tolón ha fet l’anunci després d’una reunió mantinguda en la seu del Ministeri amb el president d’Astúries, Adrián Barbón. La ministra ha explicat que el govern espanyol impulsarà la modificació de la normativa estatal que regula les especialitats del professorat i s’eliminarà una limitació que fins ara impedia reconèixer les llengües amb protecció legal que no són oficials.

“Aquesta reforma obrirà la porta al fet que l’asturià, i si és el cas altres llengües amb protecció legal, puguin tenir aquesta especialitat docent, tal com passa amb les llengües cooficials”, ha di Tolón. A partir d’aquí, ha afegit la ministra, correspondrà al Principat d’Astúries i a la resta de comunitats autònomes que així ho desitgin, crear aquesta especialitat, incorporar-la al currículum i a la docència en els centres, i convocar els procediments per a cobrir aquestes places.

El president d’Astúries, Adrián Barbón, ha destacat que aquesta modificació vetlla per la protecció i promoció de les llengües autòctones, l’asturià i l’eonaviego (o gallec-asturià) –recollida tant en la llei d’ús de 1998 com en la Carta Europea de les Llengües Regionals o Minoritàries (CELROM)–, i resol la “situació de prolongada interinitat del professorat que les imparteix, un fet que contravé els criteris de l’Estatut bàsic de l’empleat públic”. Barbón ha explicat que actualment el personal docent està “mancat de mitjans de promoció i, fins ara, estava privat de les condicions d’estabilitat de què gaudeix la resta del professorat”. Barbón ha confirmat que, amb aquesta modificació, l’assignatura d’Asturià continuarà sent una optativa i no una matèria obligatòria, perquè “per a això caldria que la llengua fos oficial”.

Compromís del president

El reconeixement de la llengua i tenir una especialitat docent era un dels compromisos que havia assumit Barbón en reeditar la presidència. Els darrers mesos hi ha hagut manifestacions dels professors per reclamar l’especialitat i, de fet, n’hi havia una de convocada per al 7 de juliol, que es va ajornar per a després de la reunió de Barbón amb Tolón.

L’Acadèmia de la Llingua Asturiana considera l’anunci d’aquest dijous com “el fet més rellevant en quaranta anys de política lingüística al Principat”. “Han hagut de passar 42 anys –cal no oblidar que l’ensenyament de l’asturià comença en 1984–  per fer justícia a un professorat que, tenint les mateixes exigències de formació universitària que la resta de docents, no podia fins ara accedir a la condició de funcionari en els concursos d’oposició en igualtat de condicions que la resta de docents.” 

 

[Foto: Ministeri d'Educació - font: www.diaridelallengua.cat]

Eva Moreda, escritora: «Na Galiza a emigración foi forzosa, pero hai xente para a que foi unha decisión autónoma»

Eva Moreda (A Veiga, 1981) presenta Conventículo (Aira Editorial), unha novela sobre dúas medio irmás separadas pola distancia e as xeracións. A través dunha viaxe a Gran Bretaña da pequena, a autora explora os vínculos familiares, a emigración contemporánea e a memoria da lingua galega oral. 

A escritora Eva Moreda 

Escrito por Sergio Casal 

—Cales foron as temáticas principais que quixo tratar nesta obra?

Para min, a temática máis importante é a relación entre as irmás, de sororidade, aínda que hoxe esa palabra teña significados máis amplos. Unha relación entre irmás do mesmo xénero interesábame por ser algo que eu non vivín, porque só teño un irmán. Na novela son medio-irmás, só de pai, e lévanse dez anos; esa diferenza xeracional entre irmáns sempre me chamou moito atención. Esta temática xeracional é, se cadra, máis importante no libro que a da propia emigración, que tamén está aí pero máis como transfondo. A emigración engádelle outra dimensión á relación: a maior emigra con vinte e poucos anos, e durante a adolescencia a pequena vive separada dela. 

—Que lle interesaba explorar afastando os personaxes desta nova novela do seu lugar de orixe?
Teño escrito bastante sobre a emigración nestes anos e sempre busco novos xeitos de achegarme a ela. Aquí entra dun xeito máis tanxencial, e tamén o tema das diferenzas xeracionais: a marcha a Gran Bretaña sitúase a comezos dos anos 2000, e a nena nace anos máis tarde, xa coa crise económica polo medio e unha diáspora de xente cualificada cara alá e a outros lugares. A protagonista non forma parte desa diáspora, pero está no transfondo.

Fascíname pensar nas motivacións da emigración contemporánea: na Galiza pintámola case sempre como forzosa, sen oportunidades, con xente que sofre e se sente expulsada. Non o minimizo, pero penso que tamén hai xente para a que emigrar é unha decisión máis autónoma 

—Que cambia nesa relación familiar cando hai separación xeracional e cando se traslada a outro contexto?
Interesábame trasladar esa relación a un contexto descoñecido. Podía situar o reencontro no centro de Londres, con todos os tópicos que coñece todo o mundo, ou en Edimburgo. Pero preferín unha vila dormitorio na periferia de Londres, cunha certa entidade histórica pero tamén con esa calidade de non-lugar. Eses sitios interésanme moito, sobre todo no verán, cando o tempo parece suspenderse: vas a un sitio e non sabes realmente como é a vida alí, porque a xente está de vacacións ou non está traballando. Quería situar a relación entre irmás nun lugar que deixase en evidencia certas tensións. 

—Destaca na novela a súa capacidade para captar a oralidade da lingua. Como traballa eses trazos á hora de levalo á escrita?

É algo que levo facendo moitos anos e que penso que vou afinando, aínda que ao comezo custábame bastante. Vivo en Escocia e non teño contacto diario co galego oral, e iso quizais fai que lle dea aínda máis importancia, como se fose algo perdido para min. 

Traballo moito coa memoria: teño afinidade pola linguaxe e resúltame relativamente sinxelo lembrar conversas da infancia, mesmo palabra por palabra. 

Tamén me interesa moito como escribe hoxe en día a xente en galego nas redes sociais, porque deu lugar a un estilo propio, distinto do galego de hai vinte anos. E logo hai moito traballo de repaso: revisar cada fragmento e cada frase, até que teñan o ton que me convence.  

[Foto: Nikolai Zelmjannikov - fonte: www.nosdiario.gal]

¿Será Trump el último presidente sionista de EEUU?

 


Escrito por David Hearst

No hay nada peor que un Israel despreciado. En tan solo unas semanas —un abrir y cerrar de ojos en la cronología de este conflicto de Oriente Medio—, el presidente de EE. UU, Donald Trump, ha pasado de ser tan popular en Israel que se jactaba de que podría ser su próximo primer ministro a convertirse en un hombre tan odiado que podría ser considerado el próximo Amalec de Israel.

Para que se hagan una idea del rencor dirigido personalmente contra Trump, Yinon Magal, presentador de un programa en horario de máxima audiencia del Canal 14 israelí, calificó a Trump de «perdedor» y tildó a su yerno Jared Kushner y a Steve Witkoff de «pequeños judíos».

Yaakov Bardugo, un comentarista político israelí, afirmó que Trump y su vicepresidente, JD Vance, se estaban convirtiendo en el Chamberlain moderno, el primer ministro británico asociado con la política de apaciguamiento hacia Hitler en 1938.

Amit Segal, analista político jefe de Channel 12 y de Israel Hayom —periódico propiedad de la multimillonaria Miriam Adelson— afirmó que Trump se había rendido por completo al permitir que Irán enriqueciera uranio.

Shimon Riklin, presentador del Canal 14 israelí, de tendencia conservadora, publicó en X que Estados Unidos estaba más débil que nunca y que nadie querría ser su aliado.

Estos comentaristas son cercanos al primer ministro israelí, Benjamin Netanyahu. A algunos se les considera sus portavoces. Y, colectivamente, han dado un giro de 180 grados digno de un manual. Se están volviendo contra el presidente, quien, en su primer mandato, otorgó a Israel el reconocimiento por parte de EE. UU de la anexión de los Altos del Golán ocupados y de Jerusalén como capital de Israel, algo que una larga lista de sus predecesores en la Casa Blanca había evitado hacer.

Este es el presidente que nombró a David Friedman, un defensor de los colonos, embajador de EE. UU en Israel. Friedman abandonó toda pretensión de neutralidad en este conflicto al inaugurar con un mazo un túnel bajo el barrio palestino de Silwan, en el Jerusalén Este ocupado.

Como candidato presidencial, Trump aceptó a Adelson como el tercer mayor donante de su campaña de reelección en 2024. Para comunicarse con la Casa Blanca, Netanyahu ni siquiera tuvo que descolgar el teléfono. Ya contaba con Kushner, entre muchos otros, susurrándole al oído al presidente.

Trump: de leal a traidor

Trump apoyó plenamente el genocidio de Israel en Gaza y sigue haciéndolo hasta el día de hoy. Kushner fue el artífice de «la Junta de la Paz» y de un plan surrealista para convertir Gaza en uno de sus muchos complejos turísticos de playa en el Mediterráneo.

Apenas hay duda de que la decisión de Trump de entrar en guerra con Irán se tomó tras una sesión informativa a cargo de Netanyahu y David Barnea, entonces director del Mossad, en la sala de crisis de la Casa Blanca. El mero hecho de que se permitiera la entrada de un líder de un país extranjero en la sala de crisis no tenía precedente. Nunca antes un presidente de EE. UU. había sido tan influenciable y nunca antes un primer ministro de Israel había estado tan cerca del corazón palpitante de una administración estadounidense.

Este es el hombre al que ahora tildan de traidor

La verdadera pregunta es: ¿hasta qué punto es profunda esta ruptura? ¿Y hasta qué punto es permanente? Trump fue el presidente que dio a Israel todo lo que necesitaba, y más, para librar sus guerras eternas. ¿Está llamado a ser el último presidente sionista de EE. UU? Una ruptura de esta naturaleza no es única en la historia del sionismo. Hay muchos ejemplos de sionistas que se han vuelto contra la superpotencia de su época de la que dependían.

Un patrón histórico

Cuando 250 000 refugiados judíos quedaron varados en campos de personas desplazadas en Europa tras la Segunda Guerra Mundial y Gran Bretaña se negó a levantar la prohibición de inmigración para admitir a 100 000 judíos en Palestina, la resistencia judía se unió. Entre 1945 y 1948, más de 780 soldados británicos, agentes de policía y civiles fueron asesinados en Palestina, muchos de ellos a manos del Irgun y la Banda de Stern (Lehi). Todo ello a pesar de que Gran Bretaña, a través de la Declaración Balfour, abogó por un hogar nacional judío en 1917, incumpliendo su promesa a los líderes árabes de establecer un Estado árabe. La peor atrocidad fue el atentado con bomba contra el Hotel Rey David el 22 de julio de 1946, sede administrativa británica en Jerusalén, en el que murieron 28 súbditos británicos de un total de 91 víctimas mortales. Hasta el día de hoy, Israel se niega a honrar sus tumbas, aunque sí lo hace con quienes perpetraron el atentado contra el hotel. En 2006, el Centro del Legado de Menachem Begin, que lleva el nombre del antiguo líder de la banda terrorista Irgun —quien aprobó el atentado y más tarde se convirtió en primer ministro—, celebró un acto para conmemorar el ataque. El brigadier Peter Smith-Dorrien, el funcionario de mayor rango fallecido en el atentado, yace en una tumba sin identificar.

Tampoco la extraordinaria valentía demostrada durante el Holocausto supuso ningún obstáculo para los terroristas judíos

El Lehi o Banda de Stern también asesinó a un diplomático sueco, el conde Folke Bernadotte, que había negociado la liberación de más de 4 000 judíos de los campos de concentración nazis durante los últimos meses de la guerra. Después de la guerra, se convirtió en el primer mediador oficial de las Naciones Unidas en el conflicto entre el nuevo Estado de Israel y los palestinos. Su pecado original, a ojos de la Banda de Stern, fue haber negociado una tregua y haber sentado las bases para las primeras iniciativas de ayuda humanitaria.

Este patrón se repite a lo largo de la historia de Israel

El regalo de despedida del expresidente estadounidense Barack Obama a Israel fue un paquete militar por valor de 38 000 millones de libras (51 000 millones de dólares) a lo largo de diez años. Se trató del mayor paquete de ayuda de la historia de Estados Unidos.

Avi Shlaim, el historiador israelí, escribió en The Guardian en aquel momento: «Netanyahu siempre correspondió a la generosidad de Obama con ingratitud y desprecio». Nunca dejó pasar una oportunidad para atacar a Obama; intervino de forma descarada en las elecciones presidenciales de 2012 respaldando al candidato republicano; abusó del privilegio de dirigirse a una sesión especial de ambas cámaras del Congreso para insultar a su presidente; y llevó a cabo la campaña pública más vociferante para sabotear el acuerdo nuclear con Irán.

«Resulta difícil pensar en un ejemplo más flagrante de morder la mano que le da de comer. La conducta de Netanyahu lo distingue como el aliado especial salido del infierno».

El expresidente de EE.UU Joe Biden, un sionista liberal por instinto, recibió el mismo trato. El general Amos Gilead escribió que la «reprimenda sin precedentes» de Netanyahu hacia Biden fue una manifestación extrema de ingratitud y un fracaso estratégico de primer orden.

«Estados Unidos es el único verdadero aliado de Israel, y Joe Biden es el presidente más favorable a Israel de la historia. No hay ninguna lógica estratégica para arremeter contra él y contra el líder de la mayoría demócrata en el Senado, Chuck Schumer, y solo cabe sospechar que la mezquina política interna está sustituyendo a una estrategia crucial para la seguridad y el futuro de Israel».

El verdadero rostro del sionismo

Para algunos comentaristas, lo que estamos presenciando es cómo el sionismo revela su verdadero rostro supremacista. Y eso incluye incluso a Moshe Ya’alon, exministro de Defensa bajo el mandato de Netanyahu entre 2013 y 2016.

En una entrevista con Ynet, Ya’alon afirmó que algunas facciones del movimiento sionista religioso, estrechamente alineado con los colonos israelíes, defienden una «ideología de supremacía judía». «¿Qué es la supremacía judía? Ochenta años después del Holocausto, es Mein Kampf a la inversa. La raza superior somos nosotros», afirmó Ya’alon

La supremacía judía ocupa ahora un lugar central en el discurso político dominante de Israel. Basta con escuchar cómo Naftali Bennett, el principal rival de Netanyahu, habla de Irán y de los palestinos. O, de hecho, basta con escuchar cómo los judíos israelíes hablan de los palestinos. Lo que está impulsando la disputa de Israel con Trump podría reducirse simplemente al impacto de lo nuevo.

El impacto consiste en que un presidente de EE.UU le diga a Israel que deje de librar la guerra. Es el impacto que experimenta una colonia de colonos cuando se da cuenta de que ha perdido el control sobre su potencia matriz.

Un impacto similar lo sufrieron los pieds-noirs en Argelia, quienes contribuyeron a llevar al poder a Charles de Gaulle en 1958, solo para ver cómo el presidente francés daba un giro hacia la autodeterminación y la independencia argelina.

O pensemos en la ira de la comunidad unionista de Irlanda del Norte cuando la mayor unionista de ellas, la primera ministra británica Margaret Thatcher, firmó el Acuerdo anglo-irlandés, que permitía a Dublín tener voz en el proceso de paz.

Un tsunami tóxico

Sea lo que sea lo que se está gestando en el seno de Israel tiene un efecto verdaderamente tóxico en la opinión pública al otro lado del Atlántico. No es exagerado afirmar que el genocidio en Gaza, la fallida guerra contra Irán y la negativa de Israel a retirarse de Siria, el sur del Líbano y Gaza han acabado con toda una generación de apoyo en EE. UU.

Tanto en el Partido Republicano como en el Demócrata, la mayoría de los adultos menores de 50 años valoran negativamente a Israel y a Netanyahu, según revela Pew Research. En la actualidad, el 57 % de los republicanos de entre 18 y 49 años tiene una opinión desfavorable de Israel, frente al 50 % del año pasado.

En general, el 60 % de los adultos estadounidenses tiene una opinión desfavorable de Israel, frente al 53 % del año pasado. El 59 % tiene poca o ninguna confianza en que Netanyahu actúe correctamente en materia de asuntos internacionales, frente al 52 % del año pasado.

La tendencia es clara

Sin embargo, existe menos consenso sobre lo que este cambio en la opinión pública significa en términos políticos y cuándo podría desencadenar un cambio significativo en la política. Nueva York, sede de la mayor población judía de la diáspora del mundo, acaba de ser testigo de cómo tres congresistas demócratas en el cargo han perdido sus escaños y cinco escaños locales han sido ocupados por candidatos respaldados por el alcalde Zohran Mamdani. Poco después, Melat Kiros, abogada y estudiante de doctorado, dio una sorprendente sorpresa a los demócratas del establishment al ser declarada ganadora de las primarias demócratas en el primer distrito congresional de Colorado, que incluye la capital del estado, Denver. Kiros desbancó a Diana DeGetter, una política que llevaba tres décadas en el Capitolio y que había recibido más de 1,6 millones de dólares del Comité Americano-Israelí de Asuntos Públicos (AIPAC).

Jewish Voice for Peace – Action afirmó que la contienda demostró que el AIPAC era una «marca tóxica» en el Partido Demócrata, y que los votantes demócratas estaban cansados de los legisladores que apoyan o defienden el genocidio. Sin duda, esto supuso una derrota para el AIPAC. Tres candidatos críticos con la guerra genocida de Israel derrotaron a sus oponentes respaldados por el AIPAC. Pero, ¿representaron los resultados un giro significativo a favor de Palestina o simplemente una reincorporación por parte de los demócratas de los sionistas liberales, sin el respaldo del AIPAC?

¿Se está preparando el partido simplemente para una era post-Netanyahu, en la que el apoyo a Israel volverá a quedar integrado en el sistema?

Uno de los vencedores fue Brad Lander, quien ganó las primarias por el décimo distrito congresional de Nueva York. Lander, que se presentó a la alcaldía antes de respaldar a Mamdani, se había opuesto anteriormente al movimiento de Boicot, Desinversión y Sanciones (BDS) y, durante su mandato como contralor municipal, aumentó las inversiones del fondo de pensiones de la ciudad de Nueva York en Elbit Systems, un fabricante de armas israelí. Se describe a sí mismo como un sionista liberal.

«En un momento en el que quienes, dentro del movimiento de solidaridad con Palestina, entorpecieron las operaciones de Elbit Systems se enfrentan a la más dura represión estatal, resulta un golpe bajo ver cómo sectores del mismo movimiento celebran a Lander, dada su propia implicación con el fabricante de armas Elbit», declaró a MEE Nazia Kazi, profesora de la Universidad de Stockton.

Tras la victoria de Kiros, el senador demócrata Bernie Sanders la felicitó en X. «La marea está cambiando», escribió. «Los estadounidenses están cansados de la política del statu quo».

El propio Mamdani afirmó que se trataba de una victoria para la clase trabajadora, lo que refuerza las conclusiones de una encuesta del año pasado que revelaba que los votantes se guiaban principalmente por las preocupaciones económicas nacionales, la vivienda asequible y el coste de la vida.

Sin embargo, en sus discursos, los candidatos ganadores presentaron las cuestiones nacionales y las demandas para poner fin al genocidio en Gaza como un todo. Su desafío al statu quo se produjo en ambos frentes.

Un largo camino

Para expertos en las relaciones entre Israel y EE. UU. como Daniel Levy, presidente del Proyecto EEUU/Oriente Medio (USMEP), Estados Unidos se encuentra solo al inicio de un largo camino para reajustar su apoyo a Israel. «Aún está por ver si una parte suficiente del movimiento en el bando demócrata podrá centrarse en acumular poder, aunque tengan que hacer de tripas corazón para lograr un cambio en la política, y esto ocurra más lentamente de lo que cualquiera de nosotros desearía. «Nos esperan oportunidades sin precedentes y me encantaría ver que ese cambio se produce, pero aún no ha llegado. La presión contraria de un grupo de presión muy arraigado y la capacidad de nuestro propio bando para cometer errores, así como la ausencia de un movimiento de liberación palestino que impulse este cambio, todo ello significa que aún no ha llegado».

Y, sin embargo, se ha producido un cambio real en la opinión pública estadounidense.

Uno de los cambios más significativos en Estados Unidos ha sido el giro que ha sacado a Palestina de los márgenes políticos para situarla en el centro del debate. Lo que antes se descartaba como una preocupación minoritaria de la izquierda —o se reducía a cuestiones de islamismo o terrorismo— se ha convertido en un tema que trasciende todo el espectro político. Incluso sectores de la derecha estadounidense han comenzado a considerar a Israel como un lastre en lugar de una ventaja. Para algunos conservadores, la conducta de Israel —su matanza masiva de civiles, incluidos niños, y su abierto desprecio por el derecho internacional— ha hecho cada vez más difícil conciliar el apoyo incondicional a Israel con la imagen que Estados Unidos tiene de sí mismo. Para algunos, distanciarse de Israel se ha convertido en una forma de intentar redimir el proyecto estadounidense.

Sin embargo, la incorporación de Palestina al debate dominante también ha traído consigo nuevas limitaciones. Los términos del debate se han ampliado, pero siguen estando estrictamente controlados tanto en los círculos conservadores como en los progresistas. Cada vez resulta más aceptable debatir la influencia de la AIPAC, ya que ello permite a los estadounidenses enmarcar el problema como una cuestión de influencia indebida por parte de un poderoso grupo de presión. Sin embargo, al menos por ahora, los límites de este debate son claros: la resistencia palestina, la autodeterminación o las aspiraciones políticas que sustentan la lucha palestina son cuestiones que siguen quedando en gran medida al margen de los límites de un debate respetable.

Estados Unidos podría encontrarse en un camino que discurre por etapas: un aumento de la simpatía hacia el sufrimiento palestino y una creciente hostilidad hacia un Israel en guerra permanente. Esto, a su vez, conduce al fin del excepcionalismo israelí en la política estadounidense y, finalmente, al reconocimiento de todos los derechos de los palestinos. Puede que se necesiten varios ciclos electorales para lograrlo.

Pero para Netanyahu, o quienquiera que le suceda, volver a hacer que Israel resulte relevante para la derecha estadounidense no será fácil. Frustrado en lo relativo a Irán, pero con permiso para mantener sus avances territoriales en el Líbano y Siria, la reacción de Netanyahu será reanudar la guerra para hacerse con el control de toda Gaza.

No le queda otra opción, si quiere mantener a la extrema derecha en su gabinete y a su lado durante la campaña electoral. Pero una nueva matanza en Gaza aumentará el sentimiento de repulsa en Estados Unidos en ambos extremos del espectro político.

Plantear la guerra como el «11-S» de Israel es una baza que ya se ha jugado. Incluso republicanos como Tucker Carlson están reconsiderando la Guerra contra el Terror como un intento erróneo de presentar a todo el islam como un enemigo existencial. Por el momento no hay salida. El lobby no está dispuesto a rendirse y llevará a cabo una feroz acción de retaguardia en la política estadounidense.

Pero cuanto más se convierta el apoyo a Israel en un acto de fuerza, y menos en un artículo de fe, mayor será el problema en el que se encuentra el sionismo.

[Fuente: https://rafaelpoch.com/2026/07/08/sera-trump-el-ultimo-presidente-sionista-de-estados-unidos - reproducido en https://www.elviejotopo.com]