segunda-feira, 27 de julho de 2026

ONG israelitas denunciam «ritmo sem precedentes» da anexação da Cisjordânia

Antes da guerra em Gaza, os colonos controlavam 7% dos territórios ocupados, hoje controlam 18%. Relatório da Peace Now e Kerem Navot documentam a aceleração da ocupação e expulsão dos palestinianos das suas terras.

O ministro das Finanças, Bezalel Smotrich, realiza uma conferência de imprensa com líderes colonos israelitas, no Ministério das Finanças, em Jerusalém, a 3 de setembro de 2025.

A ocupação israelita da Cisjordânia prossegue a um ritmo acelerado e a guerra em Gaza serviu também para intensificar a ocupação de terras e expulsão dos palestinianos. Um relatório das ONG israelitas Peace Now e Kerem Navot, citado pelo diário francês Le Monde, fala de um movimento inédito a esta escala, com o aumento da violência dos colonos que aterrorizam as populações para as fazer sair, a política sistemática de apropriação de terras, ou a construção de estradas reservadas aos colonos.

“O governo fez avançar a anexação de facto a um ritmo sem precedentes”, sublinham as ONG. As táticas dos colonos radicais replicam as do exército israelita em Gaza ou no Líbano para impedir o acesso das populações locais às zonas onde se instalam, recorrendo à violência. As ONG calculam que em 2025 foram assim ocupados 30 mil hectares de território na Cisjordânia, incluindo centenas de habitações e milhares de hectares de terras cultivadas pelas famílias palestinianas há décadas, ou mesmo há séculos.

Hoje em dia os 18% de terras ocupadas pelos colonos com o apoio militar israelita na Cisjordânia correspondem a 100 mil hectares, mais do dobro do que existia antes do início da guerra em Gaza. “O ritmo dos colonatos tem vindo a acelerar de ano para ano, revelando um mecanismo cada vez mais profissionalizado de apropriação de terras. Este mecanismo tira partido da guerra, bem como da ausência total, na prática, de medidas repressivas contra as construções israelitas, com o objetivo de criar novos factos consumados no terreno”, afirmam as ONG.

Calcula-se que desde 2023 tenham sido deslocadas à força mais de 120 comunidades beduínas. Noa Sattah, diretora-executiva da Associação pelos Direitos Cívicos em Israel (ACRI), entregou uma queixa no Supremo Tribunal israelita para proteger as sete comunidades que restam no vale do Jordão. “O que o Estado e o exército estão a fazer no norte do Vale do Jordão é a expulsão deliberada e metódica de toda uma população das suas terras”, afirma a ativista, concluindo tratar-se de “uma limpeza étnica”.

No seu mandato, o atual governo israelita aprovou o número recorde de 102 colónias, prevendo instalar entre 160 mil e 200 mil habitantes. O cérebro desta política de anexação progressiva é o ministro das Finanças e com a tutela das colónias. Bezalel Smotrich não esconde que o objetivo é “mudar a infraestrutura e o ADN do sistema”, de forma “lenta e profissional”, para eliminar a hipótese de um processo de dois Estados e enterrar de vez os objetivos dos acordos de Oslo, assinados em 1993 e aos quais a extrema-direita messiânica sempre se opôs.

Com a questão da colonização ausente do debate eleitoral israelita para as legislativas de outubro, as ONG entendem que “hoje é mais claro do que nunca que é necessária uma intervenção internacional determinada” para “retirar ao Estado de Israel o controlo da Cisjordânia e obrigá-lo a desmantelar os mecanismos de controlo militar e de apartheid dos quais se tornou dependente”.

 

[Foto: Yonatan Sindel/Flash90 - fonte: www.esquerda.net]


Les migrations au-delà des idées reçues



Écrit par Jean BASTIEN 

Une vaste synthèse qui déconstruit les idées reçues et invite à repenser les migrations internationales à partir des faits établis.

Dans La logique de la migration. Comment les faits établis réfutent les mythes répandus (Markus Haller, 2026), le sociologue néerlandais Hein de Haas livre une synthèse ambitieuse de plus de trente années de recherches sur les migrations internationales   . Son objectif est clair : dépasser les clivages idéologiques qui dominent le débat public en confrontant les idées reçues aux acquis des sciences sociales. L'ouvrage est construit autour de vingt-deux « mythes » que l'auteur entreprend de déconstruire méthodiquement, qu'ils soient portés par les discours restrictifs ou par les approches les plus favorables à l'immigration.

L'une des principales qualités de l'ouvrage est de montrer que les migrations internationales obéissent à une logique plus complexe que ne le suggèrent les débats publics. De Haas rappelle notamment que la part des migrants internationaux dans la population mondiale est demeurée relativement stable au cours des dernières décennies, que le développement économique des pays d'origine tend d'abord à accroître les départs avant de les réduire et que le durcissement des contrôles aux frontières produit souvent des effets contraires à ceux recherchés, en favorisant l'installation durable plutôt que les migrations circulaires. Ce faisant, l'auteur s'inscrit dans une tradition de recherche qui considère la migration comme un phénomène structurel des sociétés contemporaines, tout en récusant les explications univoques, qu'elles soient économiques, sécuritaires ou humanitaires.

Dépasser les clivages idéologiques

L'un des principaux mérites du livre est de refuser de faire de la migration soit un problème à éradiquer, soit une solution universelle. De Haas critique aussi bien les discours alarmistes qui annoncent une « invasion » que les visions optimistes qui présentent les migrations comme la réponse au vieillissement démographique, aux pénuries de main-d'œuvre ou aux inégalités mondiales. Il propose au contraire une lecture nuancée, attentive aux effets différenciés des migrations selon les contextes économiques, sociaux et institutionnels.

La conclusion prolonge cette démonstration en invitant à un changement de perspective. Pour De Haas, les migrations ne constituent ni une crise permanente ni une anomalie : elles sont une composante durable des sociétés contemporaines. Les États disposent d'une capacité d'action réelle mais limitée. Les politiques migratoires influencent davantage les formes de la mobilité que son ampleur, tandis que les politiques de fermeture produisent fréquemment des effets contre-productifs. Plus largement, l'auteur invite à déplacer le regard : les difficultés économiques et sociales attribuées à l'immigration trouvent souvent leur origine dans les inégalités, les transformations du marché du travail ou les choix de politique publique. L'enjeu n'est donc pas d'imaginer une disparition des migrations, mais de les gouverner de manière réaliste, à partir des connaissances disponibles plutôt que des représentations.

Une somme impressionnante, malgré quelques limites

L'ouvrage impressionne par l'étendue de la littérature mobilisée et par son remarquable effort de vulgarisation. Les démonstrations s'appuient sur une documentation historique, économique et démographique particulièrement riche, présentée dans un langage accessible sans rien céder à la rigueur scientifique.

On pourra toutefois regretter que cette bibliographie très abondante fasse une place relativement limitée aux travaux francophones. Cette relative absence tient sans doute à la faible diffusion internationale d'une littérature encore trop rarement traduite en anglais. Il n'en demeure pas moins qu'une mise en dialogue plus explicite avec certains travaux français aurait enrichi la perspective comparative proposée par l'auteur.

Au-delà de cette remarque bibliographique, on est frappé par la proximité de la posture épistémologique adoptée par Hein de Haas avec celle défendue par François Héran. Tous deux plaident pour une approche fondée sur les connaissances produites par les sciences sociales plutôt que sur les représentations ou les instrumentalisations politiques. Ils insistent également sur le caractère structurel des migrations internationales, sur les limites des politiques de fermeture et sur la nécessité de restituer la complexité des phénomènes migratoires contre les simplifications qui dominent le débat public. Enfin, ils partagent une même conception du rôle du chercheur : éclairer les choix collectifs sans prétendre définir ce que devrait être une « bonne » politique migratoire. Il appartient, selon eux, aux citoyens et à leurs représentants d'arbitrer entre des objectifs souvent concurrents ; la contribution des sciences sociales consiste à rendre ces choix plus informés, non à s'y substituer.

Le choix d'une organisation fondée sur la réfutation de mythes relève par ailleurs d'une démarche désormais classique dans les ouvrages consacrés aux migrations, tant le débat public est saturé de représentations simplificatrices qu'il s'agit de déconstruire. Si ce dispositif possède une réelle efficacité pédagogique, il conduit aussi à des répétitions, particulièrement sensibles dans un volume de plus de 500 pages. Cette architecture privilégie la déconstruction des idées reçues plutôt que la construction progressive d'un cadre théorique unifié. Certains lecteurs pourront également regretter la place relativement modeste accordée aux dimensions plus qualitatives ou subjectives de l'expérience migratoire.

Une référence pour les études migratoires

Ces réserves ne diminuent en rien l'importance de cette entreprise. Par la maîtrise de la littérature internationale, la richesse des données mobilisées et sa capacité à articuler plusieurs décennies de recherches dans une synthèse cohérente, Hein de Haas livre une somme appelée à faire référence. Son principal apport est de contribuer à dépolariser le débat sur les migrations en rappelant qu'elles ne sont ni une menace existentielle ni une solution miracle, mais un phénomène social durable dont l'analyse exige de dépasser les postures idéologiques.

Plus qu'un simple ouvrage de vulgarisation, La logique de la migration constitue une synthèse scientifique d'une rare ampleur, destinée autant aux chercheurs et aux étudiants qu'aux responsables publics. À une époque où les migrations sont devenues l'un des objets les plus polarisés du débat politique, le livre de Hein de Haas rappelle avec force ce que les sciences sociales peuvent apporter à la compréhension d'un phénomène complexe : des faits établis, des comparaisons internationales et une invitation constante à se défier des évidences. En distinguant avec rigueur le registre de la connaissance de celui de la décision politique, il contribue à restaurer une place pour l'expertise scientifique dans un débat trop souvent dominé par les passions. À ce titre, il s'impose d'ores et déjà comme l'une des références majeures de la littérature contemporaine sur les migrations internationales. 

La logique de la migration. Comment les faits établis réfutent les mythes répandus

Hein de Haas

2026

Markus Haller

586 pages







[Source : www.nonfiction.fr]

A responsábel da dobraxe na TVG prefire a versión orixinal: «Ten matices que non che dá a dobraxe»

A intervención de Montse Besada  nun coloquio con representantes das radiotelevisións públicas con linguas propias do Estado causa malestar dentro dun sector especialmente precarizado e que demanda unha maior aposta aos medios públicos galegos polo seu rol fundamental para preservar e valorizar a lingua galega.

Montse Besada, xefa de Contidos da CSAG, durante a súa intervención no coloquio. 

"A versión orixinal ten uns matices que non che dá a dobraxe". Poderiamos escoitar esta valoración, totalmente lexítima, en moitos contextos. Máis estraño é que proveña, precisamente, da persoa que leva case dúas décadas á fronte do departamento de dobraxe da Televisión da Galiza, Montse Besada, e nun encontro entre responsábeis das radiotelevisións públicas do Estado con lingua propia titulado 'Pluralidade lingüística en rodaxes audiovisuais'.

Besada, que tamén é actualmente a xefa do servizo de Contidos da Corporación de Servizos Audiovisuais da Galiza (CSAG), participou deste coloquio organizado pola Academia de Televisión y de las Ciencias y las Artes del Audiovisual para analizar a importancia da lingua galega nas pezas audiovisuais que se emiten polas pantallas da TVG, onde a dobraxe xoga un papel esencial. Nun momento da súa intervención, porén, non dubidou en sinalar as súas preferencias á hora de consumir un filme ou unha serie de televisión.

"Cando ti escoitas algo en versión orixinal hai uns matices que, aínda que non entendas o idioma, non chos dá a dobraxe", asegurou a responsábel da dobraxe na Galega, quen acto seguido aludiu a este mesmo cargo para, entre risos, dicir: "Que non me escoiten, borren isto".

Mais Besada insistiu novamente nos moitos "matices" que, ao seu ver, escapan á dobraxe. Neste punto coincidiu con ela o director, guionista e produtor de cine e de televisión Pau Freixas, quen chanceou coa posibilidade de apertar un botón "para que non se poida dobrar nunca máis" porque isto "sería bo" para que "a xente saiba linguas e para a cultura". "Que nos matan os da dobraxe...", respondeulle Besada.

A polémica intervención neste foro da responsábel da dobraxe na TVG non pasou desapercibida para moitos e moitas profesionais deste sector, que expresan o seu malestar polo que entenden como un "insulto" a unha profesión xa de por si denostada e precarizada, mais que noutrora foi un dos buques insignia da radiotelevisión pública do noso país.

As dobraxes que se fixeron da animación xaponesa, por exemplo —e cuxa contribución á normalización da lingua galega entre a mocidade si soubo recoñecer Montse Besada—, foron recoñecidas a nivel internacional, como é o caso de Shin Chan, que para a súa produtora tiña na galega a mellor adaptación de todas as que se fixeran. E especialmente celebrada fora tamén a dobraxe de Os luns ao sol polo seu propio director, Fernando León de Aranoa, e hai unha xeración de galegos e de galegas para quen Terminator non se despedía cun "Sayonara, baby", senón cun "Vai rañala, raparigo", ou que non vía Sue Ellen, de Dallas, "bébeda" e non "borracha". 

Lonxe quedan aqueles tempos, pois a TVG reduciu de forma considerábel nos últimos anos o orzamento destinado a sufragar a dobraxe de contidos ao galego. O sector apenas dá hoxe traballo na Galiza a arredor dun cento de persoas -non necesariamente a tempo completo- e máis da metade dos contidos que se dobran no país -perto de 70%- son en español. É por iso que demandan máis apoio aos medios públicos, que entre os seus principios fundacionais teñen, precisamente, o fomento da lingua galega, cuxo uso non deixa de minguar entre as xeracións máis novas. 

 

 

[Foto: Academia TV - fonte: www.nosdiario.gal]

domingo, 26 de julho de 2026

Israël-Cisjordanie. « L’écologie de la dépossession » : le « sionisme vert » comme instrument du nettoyage ethnique

 

Ferme palestinienne à Wadi Qana, localité « classée réserve naturelle », mars 2019. 

Écrit par Diana Kruzman

Fin avril de l’année dernière, des responsables israéliens ont laissé trois notifications informant Bassem Mansour, un agriculteur de la communauté palestinienne de Deir Istiya, dans le nord de la Cisjordanie occupée, que trois de ses parcelles d’agrumes empiétaient sur les limites de Wadi Qana, une réserve naturelle protégée. Ces notifications ordonnaient à Bassem Mansour d’arracher immédiatement ses jeunes arbres, sous peine d’« arrestation, de poursuites judiciaires et de sanctions ». Bassem Mansour, comme de nombreux autres agriculteurs palestiniens de la région, a été contraint d’arracher ses jeunes arbres. Six mois plus tard, à quelques kilomètres seulement des parcelles d’agrumes de Bassem Mansour, l’avant-poste colonial israélien d’El Matan a célébré son intégration officielle en tant que quartier de la colonie plus vaste de Karnei Shomron. Lors de sa fondation en 2000, l’avant-poste de colons se trouvait à l’intérieur des limites de la réserve, en violation de la loi israélienne, mais en 2014, le gouvernement israélien a discrètement redessiné les limites de Wadi Qana afin d’exclure la parcelle de 25 acres sur laquelle se trouve l’avant-poste. Et bien qu’El Matan rejette régulièrement des eaux usées non traitées dans la vallée protégée située en contrebas, la ministre israélienne de la Protection de l’environnement [Idit Silman] a assisté à la cérémonie d’intégration, au cours de laquelle elle a souligné l’importance de cette mesure pour l’expansion juive dans la région. « Notre présence sur le terrain […] déterminera la sécurité de l’ensemble de l’État d’Israël », a-t-elle déclaré lors de cet événement.

L’utilisation par Israël des terres protégées est l’un des éléments de ce que l’on appelle souvent le sionisme « vert » ou « écologique », qui postule que la protection de l’environnement est essentielle au maintien du caractère juif du territoire. Sur le papier, l’objectif des réserves naturelles israéliennes est de protéger la flore et la faune indigènes, tant à l’intérieur des frontières de 1948 qu’en Cisjordanie occupée. À la suite d’un décret militaire de 1970 accordant à l’armée le pouvoir de réserver des terres en Cisjordanie pour la création de parcs ou la préservation de la nature, l’armée a chargé l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA), un organisme gouvernemental relevant du ministère de la Protection de l’environnement, d’administrer en son nom les parcs de la zone C [sous contrôle total israélien, définie lors des accords d’Oslo], qui constitue la majeure partie de la Cisjordanie. La mission officielle de l’INPA est de « préserver et gérer le caractère particulier des paysages typiques à travers tout le pays, dans l’intérêt de tous les habitants », et Israël a étendu les limites de plus d’une douzaine de réserves en Cisjordanie au cours des cinq dernières années, notamment celle de Wadi Qana, au service de cet objectif déclaré.

Le « sionisme vert » permet ainsi à l’État d’Israël de dissimuler son occupation du territoire et le nettoyage ethnique des Palestiniens derrière le discours progressiste de l’écologisme, en mettant en avant les initiatives de plantation d’arbres et les réserves naturelles comme preuve du rôle indispensable d’Israël en tant que gardien de la terre. Les experts et les organisations de défense des droits des Palestiniens affirment depuis longtemps que ces « mesures de protection » environnementales ne sont qu’un prétexte utilisé pour justifier l’expulsion des Palestiniens de leurs foyers, tandis que les colonies israéliennes illégales sont autorisées à se multiplier. Wadi Qana, par exemple, est entouré de sept colonies de ce type. Comme me l’a expliqué Alon Cohen-Lifshitz, de l’organisation israélienne de défense des droits en matière d’urbanisme Bimkom, l’objectif principal des autorités israéliennes en créant des réserves naturelles est « de limiter le développement des Palestiniens et d’empêcher l’accès aux bergers et à leurs troupeaux… Elles utilisent l’aménagement [environnemental] comme un outil pour faciliter la mainmise sur davantage de terres ».

L’instrumentalisation de l’écologie par Israël remonte à sa fondation. Par exemple, le Keren Kayemeth Le-Israel – Fonds national juif (JNF), une association à but non lucratif fondée en 1901 par Theodor Herzl, le père du sionisme politique moderne, a mené une politique de « verdissement du désert », en plantant des pins à travers le désert du Naqab (ou Néguev) et en chassant les éleveurs bédouins au passage. Aujourd’hui, le JNF possède plus de 13% des terres en Israël, qu’il interdit aux non-juifs de louer, et a planté des centaines de millions d’arbres, qui ont historiquement servi à masquer les villages palestiniens détruits lors de la Nakba de 1948 et sont toujours utilisés pour empêcher les « invasions » palestiniennes et permettre une « mainmise ferme » sur les terres, selon les termes de documents du gouvernement israélien. Afin de promouvoir cette action, le JNF-USA a déposé la marque « Éco-sionisme », qu’il décrit comme « l’un des mouvements environnementaux les plus fructueux du XXIe siècle ».

Cette affirmation, dans laquelle des organisations et des organismes gouvernementaux israéliens se présentent comme les défenseurs de la nature, suit un schéma familier que la juriste Irus Braverman qualifie d’« exceptionnalisme écologique », selon lequel l’État se présente comme le seul capable de sauver l’environnement, souvent des dommages prétendument causés par les peuples indigènes. Dans ce cadre, les responsables israéliens et l’INPA « apparaissent comme les forces civilisées qui sauvent des animaux non humains innocents des actes criminels et inhumains des Palestiniens », a écrit Irus Braverman dans son ouvrage de 2023 intitulé Settling Nature: The Conservation Regime in Palestine-Israel (University of Minnesota Press). Ce positionnement est similaire à celui d’autres gouvernements coloniaux de peuplement lors du déplacement des peuples autochtones, m’a expliqué Ghada Sasa, politologue et militante palestinienne. Par exemple, en Tanzanie, le peuple autochtone masaï a été chassé de ses terres ancestrales pour faire place à l’extension des parcs de safari, et le parc national de Yellowstone, aux États-Unis, a été créé dans le cadre d’une poussée d’expansion vers l’ouest qui a entraîné le déplacement des peuples Crow, Blackfeet, Bannock, Nez Perce et Shoshone. En Israël/Palestine, environ 25% du territoire a été placé sous la juridiction de l’INPA, un pourcentage encore plus élevé que dans des pays fortement tributaires du tourisme lié à la faune sauvage, tels que le Kenya et l’Afrique du Sud.

Les prétentions d’Israël en matière de gestion environnementale contredisent sa destruction bien documentée de l’environnement, comme son détournement des eaux du Jourdain ; son défrichage de terres pour la construction du mur de séparation, qui s’est depuis révélé catastrophique pour la faune sauvage ; sa protection des colons alors qu’ils arrachent des oliviers en Cisjordanie ; et son empoisonnement des terres agricoles à Gaza et au Liban au phosphore blanc. Depuis octobre 2023, les effets toxiques sur la santé et l’environnement du génocide à Gaza, notamment le bombardement des infrastructures d’assainissement et l’anéantissement quasi total des terres agricoles, ont donné lieu à de nouveaux appels visant à faire de l’écocide un crime de guerre. Les prétentions d’Israël en matière de gestion écologique sont également contredites par le fait que bon nombre des atteintes à l’environnement attribuées aux Palestiniens, telles que le brûlage des déchets (dont un député d’extrême droite de la Knesset a préconisé qu’il devienne un délit passible de la peine de mort) ou l’abattage d’arbres, résultent du fait de vivre sous occupation et de ne pas avoir accès à des systèmes adéquats d’élimination des déchets ni à un approvisionnement en carburant. Parallèlement, les Palestiniens ont une empreinte carbone inférieure à celle des Israéliens, consomment beaucoup moins d’eau et sont plus vulnérables aux effets du changement climatique.

De plus, Israël agit souvent selon des motivations politiques, plutôt qu’environnementales, lorsqu’il prend des décisions en matière d’écologie. Un article de 2023 publié dans la revue Parks a révélé que la majorité des réserves naturelles de Cisjordanie avaient été créées « sans justification biologique suffisante » ; environ un tiers d’entre elles étaient simultanément désignées comme terrains d’entraînement militaire, tandis qu’un autre tiers servait à l’extension des colonies israéliennes voisines. Dans les zones d’entraînement militaire, l’armée « y pénètre littéralement avec des chars et des hélicoptères […] pour se préparer à envahir Gaza ou d’autres endroits », a déclaré à Jewish Currents Mazin Qumsiyeh, l’un des coauteurs de l’article et directeur de l’Institut palestinien pour la biodiversité et la durabilité. « Il est donc évident qu’il ne s’agit pas de protection de la nature. Il s’agit d’une utilité pour l’armée israélienne et du nettoyage ethnique des Palestiniens. »

Wadi Qana offre un exemple particulièrement frappant de la manière dont ces dynamiques se concrétisent sur le terrain. Pendant la majeure partie des cent dernières années, cinquante familles palestiniennes ont vécu dans la vallée, y entretenant des oliveraies, des vergers d’agrumes et des potagers. La première colonie israélienne de la région, Karnei Shomron, a été fondée en 1977 sur les collines surplombant la vallée. Six ans plus tard, l’armée israélienne a déclaré la zone réserve naturelle, ce qui signifiait que les agriculteurs palestiniens qui y vivaient n’avaient plus le droit de construire de nouvelles structures ni de planter de nouveaux arbres. Dans le même temps, les colons ont continué à construire. Les eaux usées provenant des sept colonies établies au cours des années suivantes ont chassé la plupart des habitants de la vallée dans les années 1990.

En 2006, plusieurs des plus grandes colonies ont été équipées d’installations de traitement des eaux usées, et les familles d’agriculteurs palestiniens qui avaient quitté la vallée ont pu y revenir. Mais leur retour a été marqué par de nouvelles destructions. Tout au long des années 2010, l’INPA a détruit les canaux d’irrigation palestiniens et déraciné des milliers d’arbres; pendant ce temps, les colons ont construit des routes traversant la zone protégée pour relier les colonies à de nouveaux avant-postes. Bien que certains aient finalement été inculpés pour atteinte à l’environnement dans la réserve, en 2015, les autorités israéliennes, cherchant à relier les colonies d’El Matan et de Ma’ale Shomron, ont commencé à construire une nouvelle route qui trancherait la réserve en deux, séparant de nombreux agriculteurs palestiniens de leurs terres. L’impact des constructions des colons à Wadi Qana montre comment les réserves naturelles sont utilisées pour faire avancer la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie, a expliqué Mazin Qumsiyeh. Bien que la région soit effectivement riche en biodiversité, les colonies israéliennes détruisent les habitats d’espèces menacées, telles que le crapaud à pattes en forme de pelle syrien, qui, en Cisjordanie, ne se trouve que dans un seul étang de la région de Wadi Qana. « À cause des colonies et de leurs infrastructures, nous assistons à une lente destruction de l’environnement », a déclaré Mazin Qumsiyeh.

Ce schéma s’est répété dans toute la Cisjordanie. Alors que certaines zones — telles que al-Arqoub près de Bethléem et Wadi al-Quff près d’Hébron — sont classées en réserves naturelles car elles constituent de précieux réservoirs de biodiversité et de beauté naturelle, l’INPA a tendance à donner la priorité aux colonies plutôt qu’aux communautés palestiniennes vivant sur ces terres, voire à la nature elle-même. Cela signifie que les mêmes lois utilisées pour justifier l’expulsion des Palestiniens de ces zones sont souvent ignorées lorsque les colonies nuisent à l’environnement, a expliqué Mazin Qumsiyeh. À Wadi Qana, l’INPA a collaboré avec l’administration municipale de la colonie de Karnei Shomron pour aménager un parc de loisirs destiné aux colons. Comme le relate l’ouvrage d’Irus Braverman, l’objectif, selon les termes de l’ancien président du conseil municipal de Karnei Shomron, est de transformer la réserve « en jardin de Karnei Shomron ».

Les réserves naturelles ne sont qu’un outil parmi d’autres utilisé par l’État d’Israël pour consolider son contrôle sur les terres palestiniennes, ont souligné les experts avec lesquels je me suis entretenu. Mais comme l’a expliqué Irus Braverman, il est particulièrement important de reconnaître l’écologie comme une stratégie distincte de contrôle colonial en raison de son caractère invisible. « La nature est puissante précisément parce qu’elle se présente comme apolitique », m’a-t-elle confié. Une telle représentation, a-t-elle fait valoir, masque le rôle politique que jouent les discours environnementaux. Ce processus, souvent appelé « greenwashing », peut compliquer la tâche des organismes internationaux et des observateurs occasionnels lorsqu’il s’agit de dénoncer et de contester la dépossession.

Pendant ce temps, à Wadi Qana, et plus largement en Cisjordanie, les processus de dépossession foncière ne montrent aucun signe de ralentissement. En janvier, Israël a saisi 170 acres près de Wadi Qana et les a déclarés terres d’État, ce qui précède très souvent la création de nouvelles colonies. Par ailleurs, la recrudescence des violences commises par les colons a accru la pression sur les familles palestiniennes restantes. Othman Odeh, un responsable de la communauté palestinienne d’Ayun Khirbet Qara, qui regroupe une douzaine de familles vivant à Wadi Qana, m’a confié que depuis le 7 octobre, les colons se sentent encouragés à étendre leurs activités d’élevage à Wadi Qana, sachant que l’INPA n’interviendrait pas, malgré l’interdiction légale de faire paître du bétail dans les réserves naturelles protégées. Depuis août de l’année dernière, trois familles palestiniennes ont quitté la vallée après avoir subi des harcèlements répétés de la part des colons, qui font paître leurs vaches dans la vallée et détruisent les cultures de la communauté. « La situation est catastrophique », a expliqué Othman Odeh. « Les attaques quotidiennes et organisées contre les agriculteurs, la destruction de leurs cultures et de leurs oliviers, ainsi que le vol de leurs troupeaux sont insupportables. Nous sommes confrontés soit au déplacement, soit à la mort. »

 

[Article publié sur le site Jewish Currents le 9 juillet 2026; traduction rédaction À l’Encontre ; reproduit sur www.alencontre.org - photo : Anne Paq / Activestills]

Portugal sacrificado

Para onde vai Portugal? É frequente achar-se que as elites que mandam no país não têm um rumo para Portugal. Nada mais errado. Eles sabem o que querem. Têm um plano e ele está a avançar. 


Escrito por Manuel Afonso

Para onde vai Portugal?

É frequente achar-se que as elites que mandam no país — portuguesas, mas não só — não têm um rumo para Portugal. Seríamos uma noz à deriva, ao sabor do improviso e dos ventos imprevisíveis dos tão famigerados ciclos eleitorais. Nada mais errado.

Eles sabem o que querem. Têm um plano e ele está a avançar.

Podemos olhar para trás e tentar entender onde começou. Haveria vários marcos para assinalar o arranque dessa grande transformação. Mas certamente quando, em plena crise das  dívidas soberanas (ou da terapia de choque que as usou como pretexto), foi anunciada a intenção de «ir para além da Troika», era disso que estavam a falar. Não era só sobre cortes de salários e pensões; não tinha que ver com política fiscal. Era sobre um novo lugar (pior) de Portugal no mundo. Na divisão internacional do trabalho. Daquilo que Portugal faz e para que serve, se assim quisermos dizer. Da inauguração de uma economia de sacrifício. Para sempre. Foi esse o plano e desde então não foi travado. O atual Governo é, naturalmente, uma agremiação de talibans votados a esse plano: sacrificar Portugal. Mas desde, pelo menos, Passos Coelho até hoje ninguém travou este processo.

De que falamos?

Vejamos, por exemplo, o novo PSZAER: Plano Sectorial de Zonas de Aceleração de Energias Renováveis. Um mapa «verde» como lhe chamam. «Verde» no sentido de um semáforo permanente aberto para a «aceleração» do extrativismo selvagem, de fluxos de capital que cá vêm buscar energia barata, deixando sacrifício como resultado. Trocando por miúdos: neste mapa, o governo assinala as áreas do território onde se podem (devem?) instalar centrais fotovoltaicas ou de energia eólica, com maior facilidade de licenciamento (ou seja, menos regulamentação e proteção para o território e as populações). No total, 7% do território continental disponível para estes megaparques. Para termos uma noção, as áreas metropolitanas de Lisboa e Porto somadas são menos de 6%. Mas há distritos que veem mais de 10% do seu território potencialmente entregue as estas megacentrais; e concelhos que podem ter mais de 25% ocupado por estes desertos «verdes». Que não haja ilusões: não tem nada que ver com transição energética e climática. Para isso, cabe investir no solar descentralizado, essencialmente no cimo de edifícios já existentes e não seria necessária uma área tão grande. Problemas: áreas enormes de paisagem roubada, onde já nada crescerá, onde não há ecossistemas para absorver calor, carbono e água, onde os solos são esvaziados de nutrientes e desterificados por gerações; sem criação de emprego, de conhecimento ou inovação; sem embaratecer a eletricidade, devido ao modelo de fixação de preços, desenhado à medida das rendas da EDP; na mão de poucos investidores, que concentram poder e dinheiro. O que fica para Portugal? Zonas de sacrifício. Partes enormes do território fadadas à desertificação literal, à seca, ao abandono. Uma economia que não gera nada, para além de fartas rendas para uns poucos.

Mas as Zonas de Aceleração de Energias Renováveis são só um exemplo. Pensemos na contrarreforma agrária que viveu Portugal na última década, década e meia: explosão da agricultura intensiva ou ultraintensiva —frutos vermelhos, olival, amendoal, abacate. Um modelo que esgota os solos, absorve água em excesso, assente na exportação, muitas vezes com base a culturas geneticamente modificadas em que nem a reprodução é possível (os agricultores têm de comprar as plantas anualmente a multinacionais detentoras das patentes) e cujas margens só se mantêm através do uso em grande escala de mão de obra ultraprecária. Sacrifício da terra, sacrifício do trabalho. Saem os lucros, ficam os desertos.

Pensemos na turistificação dos centros às cidades, aliada ao rentismo imobiliário e à superexploração na hotelaria, restauração, limpezas, plataformas. Sobram os centros das cidades, inacessíveis a quem cá trabalha, e o seu correlato invisível, os subúrbios, armazéns de população «excedente», reservatórios de mão de obra. Ambas zonas de sacrifício.

Pensemos nos projetos de data centers. Só o data center Start Campus em Sines irá utilizar o equivalente a 15% da eletricidade nacional. Somando os pedidos de potência feitos pelos investidores em data centers em Portugal, o uso e eletricidade em território nacional pode vir a triplicar! (Já se percebe o interesse nos mares de painéis solares.)

Vejamos agora na mineração. A barbaridade em curso nas Covas do Barroso, distrito de Vila Real (e a heroica resistência da sua população), em que o Estado se coloca ao serviço, pela lei e pela força, da destruição do território e da comunidade para permitir a uma multinacional estrangeira executar um crime ambiental, é apenas um exemplo. Os novos projetos de mineração também surgem como cogumelos. E o modelo é sempre o mesmo: donos estrangeiros, extração para exportar, nenhum valor acrescentado, trabalho explorado, destruição do território. Sacrifício.

Naturalmente, o modelo de imigração realmente existente — não o direito humano a migrar — não pode ser dissociado desta economia de sacrifício. A ideia de importação de mão de obra, vista como mercadoria «essencial à nossa economia» (de sacrifício) e a perseguição aos trabalhadores imigrantes, construindo um novo proletariado numa situação de subcidadania disponível para o sacrifício são, nisto, complementares. Só assim se entende a revanche da AD e dos novos fascistas contra os imigrantes que trabalham, tal como é a esta luz que se percebe a sanha do malogrado e bem chumbado Pacote Laboral — criar um povo sacrificado.

Zonas de sacrifício. Economia de sacrifício. Portugal sacrificado. Eles têm um plano

Zonas de sacrifício. Economia de sacrifício. Portugal sacrificado. Eles têm um plano. As direitas e o PS distinguem-se no modo e no ritmo (o que, sim, circunstancialmente, conta), mas não na visão para o país. A escolha não pode ser entre os aceleracionistas selvagens e os gestores tecnocráticos do nosso sacrifício.

Também porque a economia do sacrifício é o sacrifício da democracia. Onde a serra arde, a água falta e o trabalho adoece, não há democracia; onde os abutres milionários são donos dos partidos e do poder, não há democracia. Aí, o Estado falha, a democracia esvazia-se. Não é um prognóstico, é um diagnóstico. E isso explica a abrupta mudança na política nacional. Vidas sacrificadas não têm o respeito por uma democracia que lhes falhou como critério eleitoral.

Temos de ter um diagnóstico claro, conhecer Portugal — os números, mas sobretudo as pessoas e lugares. E, principalmente, um plano alternativo. Para recuperar o controlo. Do território, da economia, da democracia. Do povo para o povo.

Este pode ser o ponto de partida: para um programa, para uma estratégia, para uma esquerda para vencer. 

 

[Fonte: www.esquerda.net]

«La isla de Amrum», film de Fatih Akin

L’amarg despertar del somni nazi

Escrit per Joan Millaret Valls

Després de projectar-se en el darrer Festival Internacional de Cinema de Canes, fora de competició, i just quan acaba de guanyar el premi a la millor pel·lícula en el recent 10è Bcn Film Fest, ‘La isla de Amrum’ de Fatih Akin s’estrena als nostres cinemes. El realitzador turc-alemany repeteix de nou al costat de l’actriu Diane Kruger, encara que ara en un paper secundari, després del melodrama ‘In the Fade’ (2017), premi a la millor actriu a Canes i la pel·lícula guanyaria al Globus d’Or al Millor Film de Parla Estrangera.

El director de films tan emblemàtics com ‘Contra la pared’ (2004), Os d’Or al Festival de Berlín i millor pel·lícula europea de l’Acadèmia Europea, amb propostes prou interessants com ‘Al otro lado’ (2007), s’havia instal·lat en una zona perillosa ja que el seu cinema més recent desvetllava una certa indiferència. Però ‘La isla de Amrum’ ens ha retornat, sorprenentment, a un director Fatih a qui donaven ja per amortitzat. El guió, coescrit pel mateix Akin i Hark Bohm, està ambientat a la primavera de 1945 quan comença a esfondrar-se el règim nazi. El protagonista principal és Nanning (Jasper Billerbeck), un nen alemany d’Hamburg de 12 anys que passa els últims dies de la guerra amb la mare i els seus germanets a la casa familiar a l’illa que dona nom a la pel·lícula.  

«La isla de Amrum», de Fatih Akin

Nanning pertany a les joventuts hitlerianes i veu traïdors al nazisme per tot arreu, però la seva vida en aquesta vila marinera, poble del qual molts van haver d’emigrar en el passat cap als Estats Units, li serveix per descobrir la vida en el camp. Tot i el seu fanatisme nazi, Nanning és feliç caçant conills amb el seu amic d’escola o sortint a caçar foques amb un pescador. El suïcidi de Hitler l’abril de 1945 deixa orfes als que encara creuen en un règim invencible mentre Alemanya és ocupada pels russos per l’est i l’abdicació sembla imminent. La mare de Nanning, Hille (Laura Tonkel), en estat de xoc per les notícies de guerra, pateix un trastorn depressiu que la porta a no voler menjar, i Nanning farà tot el possible i més per aconseguir aliments introbables per la seva mare com pa blanc, mantega i mel i fer-la feliç.

Un coming of age sobre el sacrifici d’un nen que es veurà forçat a despertar abruptament de la seva fantasia nazi i que s’haurà d’acostumar a un nou món amb un sistema de valors oposats als de l’Alemanya nazi.

Una pel·lícula amb moments sòrdids i poc complaents però, al capdavall, una admirable proposta preciosa, sensible, subtil i emotiva. 

 

[Font: www.cinemacatala.net]

Un premio al arte de fabular

En un presente abarrotado de autoficciones, la más alta distinción de las letras en lengua alemana fue otorgada a una fabuladora innata que rehúye los reflectores. 


Escrito por José Aníbal Campos 

Verblüffungskraft” [capacidad para sorprender], es uno de los rasgos que ha destacado de Christine Wunnicke (Múnich, 1966) el jurado del Premio Büchner, el cual, con su decisión, sorprende al distinguir la obra de una autora que, al decir del crítico Paul Jandl, ha sido hasta ahora una especie de inasible “personaje de fábula”, “poco vanidosa al extremo de perjudicarse a sí misma” en un mundillo literario que funciona según la “economía de los focos” y se muestra cada vez más dado a premiar el exhibicionismo y la aparatosidad. A Wunnicke se le ve apenas en lecturas, su carácter le hace evitar los escenarios, los medios y las entrevistas. Elude las presentaciones de sus propios libros y ha rechazado la participación en clubes de lectura y otros formatos más recientes de la promoción literaria.

Es curioso que toda la obra narrativa de esta escritora parezca rendir homenaje a figuras que, en cierto modo, se le parecen: gente que logró cosas muy relevantes en el pasado, pero cuyos méritos quedaron sepultados bajo la intrincada maleza del olvido. Su especialidad son las “miniaturas históricas”. La trama de su última novela, Wachs [Cera] (2025), se desarrolla en el París del siglo XVIII y cuenta la historia de una hoy poco conocida Marie Marguerite Bihéron, que, deseosa de estudiar Anatomía –pero imposibilitada de hacerlo por el simple hecho de ser mujer–, se dedicó al robo y a la compra ilegal de cadáveres que le permitieran, a escondidas, estudiar el cuerpo humano y hacer reproducciones precisas de sus órganos. Como la propia autora ahora galardonada con la más alta distinción de las letras en lengua alemana, Bihéron llegaría a alcanzar tal excelencia en el dominio de su arte, que su fama se extendió por todo el mundo civilizado: la mismísima emperatriz Catalina II de Rusia ordenaría la compra de parte de sus obras para la colección de la Academia de Ciencias de San Petersburgo. 

Después de estudiar Lingüística, Psicología y Filología Germánica Antigua en Berlín y Glasgow, Christine Wunnicke –que es también una destacada traductora– pasó varios años trabajando para la Sociedad Max Planck de Múnich. Fue allí donde probablemente surgió su interés por esas emergentes áreas del saber en un pasado remoto en las que ya se vislumbran los orígenes de nuestra contemporaneidad. Ella misma ha dicho: “La mayoría de las veces no sé por qué algo, de repente, acapara mi interés. Es como un flash“. El elemento característico de casi todas las novelas y relatos de Wunnicke, y lo que convierte sus textos en lecturas apasionantes, es el uso de la prolepsis, el flashforward: la narradora se adentra en épocas de las que apenas tenemos ya memoria, pero de las cuales, gracias a la sabia administración de detalles tan típica de su maestría como narradora, nos hacen cobrar conciencia de que nuestra vida en sociedad es el resultado de una continuidad, de la transformación y del mestizaje, de la cópula de ideas, que no estamos donde estamos por la excepcional inteligencia de las generaciones en activo (toda generación se cree siempre mejor que la anterior, hasta que llega el duro despertar), sino que eso que llamamos “progreso” (y que consideramos patrimonio nuestro) es el fruto de un largo proceso dialéctico de asimilaciones y descartes, de confrontaciones y alianzas del que, de cara a un futuro, también estamos participando sin darnos apenas cuenta.

En su primera novela, Fortescues Fabrik [La fábrica de Fortescue] (1998), nos adentramos “en los esplendores y miserias, en la vida y la muerte de Douglas W. Fortescue (1810 -1842), la más célebre shooting-star del arte poético inglés después de la muerte de Byron, inventor de la producción industrial de poesía”. En este caso, el personaje central no es una figura histórica. Lo que fascina en esa novela es el virtuosismo fabulador de Wunnicke para narrar remedando el estilo victoriano que tan bien encaja con su personaje de ficción.

La novela, con distancia, más exitosa de Wunnicke llegó a librerías en 2020. En Die Dame mit der bemalten Hand [La mujer con la mano pintada] se nos cuenta la historia de un encuentro ficticio entre el matemático, cartógrafo y explorador alemán Carsten Niebuhr (1733-1815) y un astrónomo persa, Musa al-Lahuri. El crítico Hubert Winkels destacaba la capacidad de Wunnicke para crear una “poética historia de la ciencia” sin renunciar a la carcajada hilarante derivada de los fallidos intentos de comunicación entre ambos científicos, más allá de barreras idiomáticas y culturales. Para Winkels, que considera la historia una “grandiosa ridiculización del Logos y del monoteísmo”, esas escenas recuerdan el mejor slapstick comedy à la Marx Brothers.

No es posible reseñar aquí, siquiera brevemente, la obra completa de Christine Wunnicke, con más de una docena de libros en su haber. En mi opinión, uno de sus libros más logrados y apasionantes es la biografía novelada del castrato Filippo Balatri, un pisano nacido en 1682 que llegó a actuar para las cortes de Rusia y de los Wittelsbach, en Múnich, ciudad en la que murió en 1756. En Die Nachtigall des Zaren [El ruiseñor del zar], un título de por sí irónico, Wunnicke se basó en los abundantes escritos autobiográficos que dejó el cantante y que hoy se conservan en la Biblioteca Estatal de Baviera.

Cabe destacar, además, el hecho de que la editorial Impedimenta haya sabido apostar por esta gran autora unos años antes de este premio consagratorio que hoy se le concede. En La mujer zorro y el doctor Shimamura (Impedimenta 2022), la autora recurre de nuevo a uno de sus temas favoritos y hoy más candentes que nunca: la confrontación y el intercambio entre culturas. En su reseña para Babelia, José Luis de Juan destacaba con acierto la esencia de esta historia: “Es una suerte de ikebana: palabras y frases como flores desaliñadas cuyos tallos se fijan con instintiva naturalidad sobre el agua inmóvil”. Y añadía De Juan: “Esta novela divertida y sagaz, con personajes que se ven y se comprenden (esa paciente-asistenta que lleva dentro una novela ‘de amor, miseria, silencio y suicidio’), muestra el abismo entre Japón y Occidente, así como entre la psicología y el corazón humano […]. Wunnicke, con una luminosa, rica y libre manera de narrar […] deja en el aire un tintineo que nos remite a la nimiedad de la razón, a la par que cuestiona la fiabilidad de la memoria humana; es decir, logra que el lector se mire en el espejo de la novela y esboce una tímida sonrisa de complicidad”.

En nuestro presente, un ahora abarrotado de asfixiantes autoficciones (valga, en este caso, la anticuada cadena de aliteraciones), con un mercado del libro saturado de historias que pretenden usar la literatura como una especie de terapia para superar un divorcio, la muerte de un ser querido o el catarro de un ahijado (esto último sin la capacidad de un Thomas Bernhard para convertir en gran literatura una afección pulmonar), es de celebrar que se premie la obra de una fabuladora innata, de una escritora que rehúye los focos y que, desde la soledad de sus estudios y sus inmersiones en archivos de toda índole, nos regala historias que nos conmueven, nos hacen reír y cuestionarnos, burlarnos de nosotros mismos, al tiempo que nos permiten aprender y reflexionar sobre nuestra (tranquilizadoramente) invariable condición humana. ~

Zúrich, julio de 2026. 

 

[Foto: Gene Glover - fuente: www.letraslibres.com]

Música de quilòmetre zero per descobrir la riquesa artística de Catalunya

El portal MúsicaKm0.cat acumula més de 63 milions d’impressions i més de 42.000 seguidors a les seves playlists de música produïda al país 

La música catalana i la música en català passen per un moment dolç. Els darrers anys s’ha consolidat un circuit de músics del país que arrosseguen milers d’espectadors i les llistes de reproducció en línia reflecteixen aquesta bona salut musical. Tot i això, la música feta a Catalunya té encara molt de marge de creixement, especialment en les propostes menys conegudes.

És en aquest context que ha nascut MúsicaKm0.cat, un portal impulsat per l’Associació de Productors i Editors Fonogràfics i Videogràfics Catalans (APECAT) amb el suport de l’Institut Català de les Empreses Culturals (ICEC), del Departament de Cultura de la Generalitat de Catalunya, que recull la diversitat musical de Catalunya, massa sovint poc coneguda, en diferents llistes de reproducció.

Segons dades d’Alpha Data, l’1% dels artistes acumula prop del 90% de les reproduccions globals en estríming, una dinàmica que sovint dificulta la difusió de propostes menys conegudes pel gran públic, escenes emergents o projectes independents.

Davant aquesta situació, MúsicaKm0.cat reivindica la importància de la curadoria, la contextualització i la descoberta musical com a eines per ampliar la mirada sobre la música produïda a Catalunya. Fins ara, el projecte ha acumulat més de 63 milions d’impressions digitals i més de 42.000 nous seguidors a través de playlists vinculades a múltiples escenes i gèneres musicals produïts al país. “Les plataformes han canviat completament la manera com escoltem música, per això és important generar espais que ajudin a descobrir artistes, escenes i propostes que potser no apareixen de manera immediata dins les dinàmiques habituals de consum”, explica Eva Faustino, directora gerent de l’APECAT. “MúsicaKm0.cat neix precisament amb aquesta voluntat: ajudar a contextualitzar i donar presència a la diversitat musical que es produeix avui a Catalunya”, afegeix. 


La plataforma MúsicaKm0.cat aplega playlists i continguts de molts gèneres musicals produïts a Catalunya: des del jazz, el folk o la cançó d’autor fins a l’electrònica, la música urbana, el pop, l’experimentació sonora o les noves escenes híbrides, amb la voluntat de reflectir la pluralitat real de l’oferta. L’objectiu és que l’usuari no només escolti música, sinó que pugui entendre millor el context cultural i creatiu que hi ha darrere de cada escena, segell, estil o projecte musical de la música produïda en l’ecosistema cultural i creatiu català, tant en la composició, com en la creació artística, la producció musical i la producció fonogràfica.

MúsicaKm0.cat no posa el focus únicament en els artistes, sinó en tot l’ecosistema que sosté la música produïda a Catalunya. El projecte reivindica la feina de productores, estudis d’enregistrament, segells discogràfics, editorials, sales, festivals i professionals que contribueixen a construir una escena musical diversa, híbrida i transversal, però sovint fragmentada i poc reconeguda fora dels hàbits de consum més comuns.

“Moltes vegades es parla de la música feta a Catalunya com si fos una única escena, i la realitat és que conviuen propostes, llenguatges i maneres de crear molt diverses”, destaca Faustino. “També és important entendre tota la xarxa de professionals i estructures que fan possible aquesta música i que sovint queden invisibilitzades dins el relat cultural. MúsicaKm0.cat vol precisament ajudar a ampliar aquesta mirada i generar més espais de descoberta i context al voltant de la música feta al territori”, conclou.

L’APECAT, associació impulsora del projecte, que aplega 43 empreses discogràfiques catalanes, treballa des del 2003 per defensar, consolidar i enfortir el sector fonogràfic i videogràfic català i impulsa i promou la música creada a Catalunya amb iniciatives com MúsicaKm0.cat.

Contingut de marca

 

[Foto: APECAT - font: www.diaridelallengua.cat] 

« Une enfance allemande – Île d’Amrun 1945 », film de Fatih Akin : la fin d’un Reich

Dans les méandres d’une mémoire collective, Fatih Akin pose son regard sur l’île d’Amrum, ce bout de terre balayé par les vents de la mer du Nord, pour y ancrer son nouveau film, Une enfance allemande – Île d’Amrum, 1945. Une œuvre nettement moins radicale que les précédentes – sans que cela soit foncièrement un défaut.

Écrit par Yohann Desplat

Présenté en avant-première à Cannes en 2025Une enfance allemande marque un retour aux sources pour le cinéaste germano-turc, qui délaisse ici les passions dévorantes de ses œuvres antérieures pour embrasser une forme plus contemplative, presque pastorale. Si cette évolution pourrait laisser craindre un affadissement, elle révèle une maturité assumée, où la violence historique se dissout dans le prisme d’une innocence enfantine, offrant un tableau nuancé de la fin du 3e Reich nazi.

« Printemps 1945, sur l’île d’Amrum, au large de l’Allemagne. Dans les derniers jours de la guerre, Nanning, 12 ans, brave une mer dangereuse pour chasser les phoques, pêche de nuit et travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir la famille. Lorsque la paix arrive enfin, de nouveaux conflits surgissent, et Nanning doit apprendre à tracer son propre chemin dans un monde bouleversé. » 

Le voleur de charrettes

Le récit s’articule autour de Nanning, un garçon de douze ans incarné par Jasper Billerbeck, dont le visage expressif capture l’essence même de l’enfance : ce mélange de curiosité vorace et de vulnérabilité muette. Nous sommes en 1945, sur cette île isolée où le nazisme s’effrite comme un château de sable face à la marée montante. Akin choisit de filtrer les horreurs de la guerre à travers les yeux de cet enfant, évitant ainsi les pièges du didactisme ou du spectaculaire.

Au lieu de cela, il tisse une trame initiatique où les signes de l’effondrement (un soldat déserteur, des rumeurs de capitulation, les tensions familiales…) émergent par touches subtiles. Une approche qui évoque, sans l’imiter, le néoréalisme italien de Vittorio De Sica, où l’innocence devient un outil de dissection morale.

Chez Akin, l’enfant n’est pas un simple vecteur narratif ; il est le centre gravitationnel d’une réflexion sur l’identité allemande, sur cette « enfance » collective d’une nation qui doit réapprendre à voir le monde sans les lunettes déformantes de l’idéologie.

La poésie des paysages insulaires

Visuellement, le film est une ode à la géographie intime. La photographie de Karl Walter Lindenlaub capture l’île d’Amrum avec une palette de gris bleutés et de verts humides, transformant les paysages en un personnage à part entière. Les plans larges des plages infinies, balayées par des tempêtes symboliques, contrastent avec les intérieurs étroits des maisons frisonnes, où les ombres des adultes pèsent comme des présages.

Akin maîtrise ici une économie de moyens qui confine à l’ascèse : pas de musique envahissante, mais un sound design discret où le bruit des vagues et des mouettes ponctue le silence, renforçant l’isolement psychique des protagonistes.

Cette retenue formelle, loin d’être un défaut, amplifie l’impact émotionnel. Elle permet au spectateur de projeter ses propres interrogations sur cette toile vierge, questionnant la transmission du trauma sans verser dans le pathos. Thématiquement, Une enfance allemande interroge la moralité en temps de crise avec une finesse qui évite les jugements binaires. Nanning, confronté à des choix minuscules, incarne cette zone grise où l’innocence se teinte d’ambiguïté. 


Une maturité apaisée

Akin, enraciné dans son héritage biculturel, infuse au film une perspective décentrée : l’île, microcosme d’une Allemagne en déliquescence, devient un espace liminal où les frontières entre victime et complice s’estompent. Akin s’en distingue par une humanité plus chaleureuse, moins clinique. Il n’accuse pas. Il observe, et dans cette observation réside une forme de rédemption poétique.

On regrettera à certains endroits la sagesse méditative du film, détroussée de l’énergie viscérale qui caractérisait les débuts du réalisateur. Les conflits internes, bien que finement esquissés, auraient pu gagner en intensité, évitant ainsi une certaine linéarité narrative. Néanmoins, ces réserves mineures ne ternissent pas l’ensemble. Une enfance allemande s’impose comme une œuvre introspective, sans aucun doute l’une des meilleures des récentes années du cinéaste.

Une enfance allemande – L’île d’Amrun offre un miroir mesuré, invitant à une réflexion sur les racines du mal sans en faire un spectacle. Il rappelle que le cinéma, dans sa plus belle expression, n’est pas tant affaire de grandiloquence que de regards attentifs, et de silences entraînants. Akin, en apaisant son style sans le dénaturer, signe ici un chapitre essentiel de sa filmographie, un film qui enrichit subtilement notre compréhension de l’humain face à l’Histoire.

 


[Photos : Dulac Distribution - source : www.cineverse.fr]