terça-feira, 20 de outubro de 2026

Bloquer l’extrême droite : mobilisons-nous pour élire Lula au second tour !

Déclaration du Bureau exécutif de la IVe Internationale. Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, le 4 octobre, a été marqué par une reprise de l’offensive électorale de l’extrême droite, à la fin du troisième mandat de Lula. Avec 47,03 % des voix, contre 45,16 % pour Lula, Flávio Bolsonaro est arrivé en tête du premier tour, devançant Lula de plus de deux millions de voix. L’extrême droite a également progressé au Parlement et dans les États : le parti de Bolsonaro a remporté 121 sièges à la Chambre des député·es (sur un total de 513) et est devenu la première force au Sénat. 

Ces résultats confirment l’enracinement de la frange la plus radicale de l’extrême droite (le bolsonarisme), quatre ans après la défaite de Jair Bolsonaro, aujourd’hui emprisonné pour sa participation à une tentative de coup d’État en 2023. Mais ils expriment aussi une crise profonde du système politique brésilien, en particulier au sommet du pouvoir judiciaire, enlisé dans les privilèges et les soupçons de corruption – plusieurs de ses membres étant impliqués dans un scandale de relations avec un banquier fraudeur. Comme la Cour suprême (Supremo Tribunal Federal) a joué auparavant un rôle progressiste pour contenir les excès de Bolsonaro et le poursuivre en justice pour sa tentative de coup d’État, des secteurs populaires en sont venus à l’identifier au gouvernement, et donc à rejeter l’un et l’autre. 

De plus, la politique modérée et conciliante de Lula n’a pas répondu aux attentes populaires, alimentant un mécontentement que l’extrême droite a su exploiter en se présentant comme une force antisystème. 

Le projet du clan Bolsonaro – une famille mafieuse initialement liée à des milices criminelles de Rio de Janeiro – repose sur une alliance entre les franges les plus ultralibérales et antidémocratiques de l’agro-industrie, des banques et des fonds financiers, du grand commerce, des industriels et des courants religieux ultraconservateurs, s’appuyant sur une partie des officiers subalternes des forces armées et des membres des forces de police militarisées. Il combine un programme économique de démantèlement brutal des droits sociaux, des droits des travailleur·ses, des femmes et des personnes LGBT+, avec une offensive contre les libertés démocratiques et l’environnement, en particulier dans les grands biomes de l’Amazonie et du Cerrado. 

L’enjeu dépasse largement les frontières du Brésil. Donald Trump, qui intensifie ses ingérences en Amérique latine et parvient à faire élire des allié·es, de l’Amérique centrale jusqu’à l’extrême sud, compte trouver en Flávio Bolsonaro un allié de premier plan. Une victoire de son clan mettrait en péril la souveraineté du plus grand et du plus stratégique des pays d’Amérique latine et menacerait la région dans son ensemble. 

Les premières réactions de la moitié du pays qui ne souhaite pas le retour des Bolsonaro montrent que la société brésilienne n’est pas résignée. Au début du mois, des milliers de lycéen·nes et d’étudiant·es ont manifesté dans les grandes et moyennes villes contre le fascisme. La campagne de Lula a retrouvé son élan sur les réseaux sociaux. Des dirigeant·es de mouvements et des parlementaires de gauche, dont celles et ceux élu·es sur les listes du PSOL (Parti socialisme et liberté), organisent des brigades de « mobilisation électorale » dans les rues et les quartiers, participent à des rassemblements et appellent celles et ceux qui se sont abstenu·es à voter pour Lula. 

La lutte du peuple brésilien contre l’extrême droite, pour les droits sociaux, pour les libertés et pour l’indépendance face à l’impérialisme américain est aussi la nôtre. À l’heure actuelle, pour garantir qu’il n’y ait pas de recul, pour que les travailleur·ses, les jeunes, les populations noires et autochtones et tou·tes les Brésilien·nes opprimé·es conservent leur droit de lutter, de s’exprimer et aient la possibilité d’empêcher la soumission du Brésil à Washington, notre combat est celui de la réélection de Lula. 

Le 25 octobre, Lula président !

 

[Image : Ricardo Stuckert / PR - source : www.inprecor.fr - reproduit sur www.pressegauche.org]

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