sexta-feira, 26 de junho de 2026

Immigration en Europe : aux origines de la montée des tensions et des pressions économiques

Les conséquences de la politique migratoire à courte vue ont engendré une fragmentation politique sans précédent dans plusieurs grands pays européens. 

La police se rend sur les lieux à la suite d'une attaque au couteau dans le nord de Belfast, le 09 juin 2026 à Belfast, en Irlande du Nord.

Écrit par Conrad Black 

En décembre dernier à Southampton, au Royaume-Uni, Henry Nowak, un étudiant de 18 ans, a été tué par un immigré sikh armé d’un long couteau tribal, dont le port est autorisé en Grande-Bretagne par égard pour les traditions de la communauté sikh. Plus tôt ce mois-ci, à Belfast, Stephen Ogilvie a quant à lui été victime d’une agression qui a failli lui coûter la vie, perpétrée par un Soudanais. Ces deux affaires ont provoqué d’importantes émeutes dans ces deux villes et porté les inquiétudes liées à l’immigration et aux relations raciales au Royaume-Uni à un niveau peut-être jamais atteint. 

Le meurtre de Henry Nowak a été particulièrement atroce. Le juge a souligné que l’accusé Vickrum Digwa avait continué à filmer sa victime agonisante au lieu de lui porter secours. Le frère de l’agresseur a appelé la police pour dénoncer à tort Nowak pour une violente agression à caractère raciste, tandis que leur mère cachait l’arme du crime. L’agresseur lui-même a affirmé avoir agi en état de légitime défense après avoir reçu des insultes à caractère ethnique – une affirmation jugée de « mensonge diabolique » inventé de toutes pièces. Le tribunal a établi que Henry Nowak n’avait absolument rien dit de raciste avant d’être sauvagement assassiné. 

Les caméras-piétons et les dispositifs d’enregistrement de la police ont fourni des preuves glaçantes des préjugés raciaux et de l’incompétence des forces de l’ordre. Les policiers ont menotté Henry Nowak, qui avait reçu cinq coups de couteau avec une lame d’environ 20 cm. Lorsqu’il a expliqué qu’il était grièvement blessé, ses protestations ont été ignorées. Alors qu’il était traîné vers un véhicule de police, il est mort dans ce qui semble avoir été d’atroces souffrances, tandis que les policiers lui notifiaient ses droits en tant que suspect. 

Toute la nation a été choquée par les preuves de l’incompétence et des préjugés raciaux de la police de Southampton, une ville généralement considérée comme paisible et relativement épargnée par la criminalité. 

À Belfast, les informations concernant l’agression de Stephen Ogilvie par une personne non blanche ont été traitées de manière professionnelle par la police, mais la colère des habitants a été attisée sur les réseaux sociaux. Des médias de gauche tels que la BBC et le Guardian ont laissé entendre que les violentes émeutes des jours suivants avaient été orchestrées par les héritiers des groupements paramilitaires protestants, qui avaient à l’époque pris part au conflit opposant les partisans nord-irlandais du maintien de l’union avec la Grande-Bretagne à ceux qui aspiraient au rattachement à la République d’Irlande. 

La police nord-irlandaise n’a trouvé aucune preuve d’une activité impliquant les milices d’autodéfense unionistes ou républicaines. Ce qui suscite davantage d’inquiétude, c’est la capacité de fauteurs de troubles à utiliser les réseaux sociaux, presque toujours de manière anonyme, pour inciter à la violence, voire la diriger directement contre des innocents. 

L’exemple le plus troublant a été la diffusion des adresses de familles non blanches, dans une invitation à peine voilée adressée à des voyous pour pénétrer de force dans ces domiciles et agresser leurs occupants. À Belfast, le comportement de la police a été exemplaire, mais l’ampleur de cette menace a, tout comme la conduite honteuse de la police de Southampton, alarmé et bouleversé l’ensemble du pays. 

Cependant, ce fait a eu pour effet de raviver les inquiétudes publiques préexistantes concernant l’immigration non blanche en général, ainsi que le degré auquel certaines forces de police auraient été infiltrées ou intimidées par des communautés immigrées qui ne respectent pas les lois du pays, qui, qui non seulement ne manifestent aucune loyauté envers le Royaume-Uni, mais se livrent également à des actes d’hostilité violente envers la majorité traditionnelle de la population britannique. 

Il s’agit d’un problème chronique dans l’ensemble de l’Europe occidentale et centrale. Pour des raisons historiques bien connues, l’Union européenne (UE) a été construite sur un modèle socialiste qui distribue une part très importante des aides sociales aux classes populaires urbaines et aux petits agriculteurs. Ceci, combiné au vieillissement de la population et à la baisse de la natalité dans sa partie traditionnelle, a conduit une grande partie de l’UE au bord de la stagnation économique. 

L’accueil d’immigrants, en augmentant la population, crée une illusion de croissance économique, certes minime, mais statistiquement trompeuse. Parce que cette croissance demeure très faible, et parce que la quasi-totalité des gouvernements européens n’a pris des mesures même vaguement suffisantes pour fournir des logements et des services adaptés à l’augmentation de sa population due à l’immigration, le coût de la vie des citoyens aux revenus modestes a considérablement augmenté. Ceci a suscité des craintes et des difficultés économiques chez des dizaines de millions d’Européens à faibles revenus.

 

Cet échec gouvernemental s’est manifesté à l’échelle du continent et s’est aggravé sous l’effet d’autres erreurs de politique publique qui, accumulées, ont fini par engendrer une crise majeure. L’Europe a échoué à réduire l’immigration clandestine et s’est montrée indifférente à l’immigration légale. Elle n’a pas su fournir des logements et des services adéquats et a prétendu considérer les préoccupations de ses propres citoyens, économiquement fragilisés par cette immigration, comme du racisme plutôt que comme une préoccupation légitime pour le bien-être des familles à faibles revenus. 

Les conséquences de cette politique gouvernementale à courte vue ont engendré une fragmentation politique sans précédent dans plusieurs grands pays européens. 

Au Royaume-Uni, les derniers sondages créditent le Parti de la Réforme, dirigé par Nigel Farage, de 26 % des intentions de vote. Jusqu’à présent, ce parti n’a participé qu’à une seule élection nationale. Les partis conservateur et travailliste, traditionnellement dominants, recueillent chacun 19 % des voix. Les Verts (très radicaux en Grande-Bretagne) obtiennent 14 % des intentions de vote, et les Libéraux-démocrates, dont la position est jugée hésitante, 12 %. 

La question cruciale est de savoir si le Parti de la Réforme et les Conservateurs parviendront à s’unir et si leur score actuel d’environ 45 % leur permettra de former un gouvernement après les prochaines élections. Ou bien, une alliance entre les trois partis de gauche, éventuellement soutenue par les partis séparatistes régionaux, pourra continuer à appliquer des politiques qui ont échoué, en grande partie, depuis l’ère Margaret Thatcher (c’est-à-dire depuis 36 ans). 

La Grande-Bretagne a connu sept échecs gouvernementaux consécutifs en seize ans, dont cinq gouvernements conservateurs successifs en sept ans. Le pays ne manque pas de personnes talentueuses, mais la qualité de sa vie politique a inexplicablement décliné, révélant des niveaux d’incompétence sans précédent dans un pays considéré depuis des siècles comme un modèle de stabilité. 

En France, le Rassemblement national semble en mesure de remporter les élections l’année prochaine. Si les chrétiens-démocrates allemands ne parviennent pas à redresser la barre, il sera impossible d’empêcher le parti Alternative pour l’Allemagne d’accéder au pouvoir. Cette perspective n’est inquiétante que parce que ce parti est favorable à la Russie ; un gouvernement allemand attiré par les sirènes de l’Est représenterait, une fois encore, une menace pour le monde. 

Ces questions peuvent paraître éloignées des émeutes de Southampton et de Belfast, mais elles sont directement liées aux causes qui les ont provoquées. 

 

[Photo: Charles McQuillan/Getty Images - source : www.epochtimes.fr]


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