Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis jeudi qu'un texte de loi visant à lutter contre l'antisémitisme, qui suscite déjà de vifs débats, serait examinée "dès avril" par le Parlement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu prononce un discours lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) au Carrousel du Louvre à Paris, le 19 février 2026.
Sébastien Lecornu et l’antisionisme – « Le gouvernement inscrira à l’ordre du jour
des travaux du Parlement dès ce mois d’avril la proposition de loi portée par
la députée Caroline Yadan », a affirmé M. Lecornu lors du 40e dîner du
Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) à Paris.
Ce
texte élargit le délit d’apologie du terrorisme et crée un délit de négation
d’un État. Il est contesté, ses opposants y voyant un amalgame entre juifs et
Israël et une tentative de brider toute critique de la politique de Benjamin
Netanyahu.
La dénonciation de l’antisionisme
« Appeler
à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vital
d’un peuple » ce qui « ne peut plus être toléré », a affirmé M.
Lecornu, estimant que « Dire De la mer au Jourdain c’est appeler à la
disparition d’Israël ».
Par
ailleurs « soutenir Israël ce n’est pas soutenir un gouvernement »
mais « l’existence d’un État, sa souveraineté, sa sécurité et donc le
droit du peuple juif à disposer de lui-même », a-t-il ajouté.
M.
Lecornu a par ailleurs estimé que « ce que fait l’actuel gouvernement
israélien en Cisjordanie contrevient au droit international ».
Mais
« l’instrumentalisation politique du droit n’est pas davantage
acceptable », a-t-il ajouté, estimant que la représentante spéciale des
Nations unies Francesca Albanese « décrédibilise profondément la parole
internationale » lorsqu’elle « tient des propos en compagnie de
représentants du Hamas ou de l’Iran ».
« La
France en tire alors les conséquences et demande donc sa démission »,
a-t-il ajouté.
Une
peine d’inéligibilité pour propos antisémite
Le
premier ministre a aussi défendu la proposition faite par Emmanuel Macron d’une
peine d’inéligibilité pour propos antisémite, qui « devra être également
inscrite dans notre droit ».
Avant
lui, le président du Crif Yonathan Arfi avait salué cette proposition, faite par
le chef de l’Etat à l’occasion d’une cérémonie à l’Elysée pour les vingt ans de
la mort d’Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en 2006.
« Rima
Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes, tôt ou tard, vous serez
rattrapés par la justice! », a lancé M. Arfi.
La fin de « l’angélisme face à la
violence de LFI »
Il s’en
est vivement pris à LFI qui selon lui « représente un danger existentiel
pour les Français juifs », y voyant un « parti factieux » et une
« secte politique dangereuse pour la République ».
« La
mort de Quentin Deranque à Lyon doit servir aujourd’hui d’électrochoc :
l’angélisme face à la violence de LFI doit cesser », a-t-il ajouté.
À
quelques semaines des élections municipales, M. Arfi a aussi estimé que
« le PS et tous les acteurs de la gauche responsable doivent rompre
clairement, définitivement, avec LFI ».
Déplorant
une « assignation permanente à la guerre à Gaza », M. Arfi s’est
inquiété d' « un antisémitisme d’atmosphère » et du niveau élevé des
actes antisémites, qui ont atteint 1.320 en 2025.
« L’antisémitisme
est toujours le signal d’alarme. Il annonce les autres haines, les autres
malheurs », a affirmé de son côté M. Lecornu
[Photo : GEOFFROY VAN DER
HASSELT / AFP via Getty Images - source : www.epochtimes.fr
]

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