segunda-feira, 12 de junho de 2017

Indépendance de la Catalogne : « C’est notre devoir d’aller jusqu’au bout »

Raül Romeva, conseiller catalan aux affaires extérieures, explique les raisons qui ont conduit la région à convoquer, le 1er octobre, un référendum d’autodétermination unilatéral. 

Carles Puigdemont (à gauche), président du gouvernement régional catalan, à Barcelone, vendredi 9 juin 2017.
Propos recueillis par  

Raül Romeva occupe le poste de conseiller catalan aux affaires extérieures. Peu après l’annonce par Carles Puigdemont, président du gouvernement régional catalan, de l’organisation, le 1er octobre, d’un référendum d’autodétermination unilatéral, il s’est rendu à Madrid pour expliquer au corps diplomatique et à la presse les raisons de ce scrutin.

Le choc avec Madrid est-il inévitable ?
Le choc viendra si celui qui a la possibilité de résoudre ce problème ne fait rien. Nous avons demandé à plus de dix-huit reprises au Parlement espagnol d’organiser un référendum. Nous n’avons essuyé que des refus. Mais en 2014, 2 millions de personnes en Catalogne ont dit clairement qu’elles ne se sentent pas à l’aise en tant qu’espagnoles. Nier le problème ne va pas le résoudre. Nous avons été élus démocratiquement avec un programme clair : organiser l’indépendance. C’est notre devoir d’aller jusqu’au bout. Comment va-t-on nous empêcher de voter ? Nous ne le savons pas. Mais quelle serait la réaction de l’Europe si on nous condamne pour avoir défendu quelque chose d’aussi légitime et démocratique qu’un référendum ?
Avez-vous reçu des soutiens à l’étranger ?
Nous ne demandons rien aux pays que nous visitons, que ce soit l’Angleterre, l’Irlande, l’Écosse, la France ou l’Islande. Depuis janvier 2016, je me contente d’expliquer la situation. Qu’en Catalogne 80 % des gens veulent voter, que ce soit pour ou contre l’indépendance. Que le cadre légal et constitutionnel le permet, pourvu qu’il y ait une volonté politique. Enfin, que nous ne voulons pas la fin du monde : seulement être un État dans l’Union européenne, avec de bonnes relations avec l’Espagne. En face, la réponse que nous avons est que la Catalogne ne peut pas voter. On nous dit simplement que c’est une affaire interne. Mais est-ce que l’Europe peut accepter d’un pays membre qu’il n’affronte pas ce problème ?


[P hoto : ALBERT GEA / REUTERS - source www.lemonde.fr]

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