Écrit par Jean-Paul Gavard-Perret
Nous l’avons tant aimé
Dix ans après sa disparition, Ettore Scola revient idéalement à la rencontre de son public avec une exposition qui célèbre son héritage créatif et humain. Elle entrelace vie et imagination, restituant un portrait riche et nuancé de l’auteur : non seulement réalisateur, mais aussi scénariste, dessinateur et observateur avisé de son époque.
À travers cette organisation, Scola reste l’humaniste au regard libre du cinéma
italien, qui a raconté ses personnages, les êtres humains, de manière complète,
réussissant à faire vivre dans l’imaginaire collectif qui survit à ses films,
le trait concret et jamais banal des relations, des personnes dans le devenir
de notre temps ; les difficultés, l’amour, l’amitié, la vieillesse et la mort.
L’exposition raconte tous ces aspects et le fait en consacrant un regard important à la ville de Rome, à laquelle Ettore Scola était lié par un lien spécial, profond et authentique, capable de raconter la Capitale sans édulcoration, dans ses vérités et dans ses différentes phases historiques, à partir de l’après-guerre.
L’exposition au
Palazzo Braschi signifie reconnaître l’importance du cinéma et sa valeur d’accessibilité
culturelle, grâce à la manière de raconter du Maître : un récit populaire,
dense de réflexion critique mais aussi de légèreté.
Enrichie de documents jamais exposés auparavant, la rétrospective révèle un
aspect intime de sa créativité et présente des photographies, des manuscrits,
des objets, des scénarios originaux et des notes personnelles, des articles de
journaux et de magazines, des vignettes, des croquis de scène – pas de simples
esquisses, mais de véritables « scénarios visuels » à travers lesquels Scola
étudiait les tics, les visages et les faiblesses des Italiens, transformant la
satire journalistique en le grand cinéma que nous connaissons tous. Le parcours
est complété par des films et des documentaires, des œuvres d’art et, parmi les
objets les plus emblématiques, se distinguent les chaises de réalisateur, la
machine à écrire, les premiers clapets, le trench porté par Federico Fellini
dans Nous
nous étions tant aimés.
Cet
« Ettore Scola. Nous ne nous sommes jamais séparés » est accompagné
d’un catalogue publié par Silvana Editoriale qui, à travers des matériaux
iconographiques inédits et des témoignages – y compris ceux de Fanny Ardant,
Giuseppe Tornatore et Dacia Maraini –, retrace les origines, le parcours
artistique et l’héritage d’un auteur qui a su raconter, avec sensibilité et
intelligence, notre pays.
Ettore Scola, Non ci siamo mai lasciati, Museo di Roma a Palazzo Braschi, Rome, exposition et
livre, du 2 mai au 13 septembre 2026
[Source : www.lelitteraire.com]

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