Écrit par Daniel Vanhove
Dans le cloaque médiatique habituel qui nous empuante chaque jour, l’extrême gravité du conflit existentiel entre l’Iran et l’axe du mal américano-israélien et leur ordre inéquitable qu’ils imposent au monde, fait une fois encore, passer le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique de la Cisjordanie au second plan. La Palestine sacrifiée fait partie du décor coutumier du citoyen occidental. Le régime colonial israélien jamais en reste, en profite pour faire passer des lois plus immondes les unes que les autres à l’encontre des Palestiniens abandonnés à leur sort dramatique depuis des décennies malgré d’hypocrites déclarations de la part de nos chancelleries.
La dernière loi en date, portée par des ministres ostensiblement
racistes dont certains (trop rares vu leur participation nombreuse aux crimes
de masse contre une société civile) sont sous mandats d’arrêt de la Justice
internationale, vient d’être votée après une troisième lecture à la Knesset.
Par 62 voix contre 48, elle entérine la peine
de mort par pendaison pour tout Palestinien ayant commis un « crime
terroriste » à l’encontre d’un ressortissant israélien ou ayant porté
« atteinte à la sécurité » de l’État d’’Israël’. La sentence est assortie d’un délai de 90 jours entre
le verdict et son exécution, sans aucune possibilité de recours en grâce. Quand
on connaît les latitudes d’interprétation des lois israéliennes dès qu’il
s’agit de juger un Palestinien, on comprend de suite ce qu’il adviendra des
futurs condamnés.
Les députés hilares ont fêté l’adoption
officielle de leur sordide projet en sabrant le champagne sur place. C’est dire
le niveau de névrose de ces individus, dont la plupart d’extrême-droite sont de
réels psychopathes, au premier sens du terme. Et sans doute, irrécupérables.
Certains avancent que cela ne fait pas de
différence avec le traitement expéditif dont de nombreux Palestiniens font déjà
l’objet lors d’expéditions militaires dans leurs quartiers, lorsqu’ils sont
arbitrairement abattus par quelque sniper en mal de ‘carton’ au bout de son
fusil mitrailleur, ou quand ils sont oubliés au fond de leurs sombres geôles
coloniales. C’est une erreur de penser ainsi. Légaliser la peine de mort sous
de tels fallacieux prétextes est un cran supplémentaire dans l’effondrement des
valeurs morales d’une société que nos éminences soutiennent sous le fard de
‘démocratie’. Et une arme de plus facilitant l’élimination des autochtones
palestiniens. Ce n’est jamais à considérer de manière banale mais tout au
contraire, comme une normalisation supplémentaire dangereuse d’effacement des
Palestiniens à l’actif de ce funeste régime et de ses soutiens.
Dans le même temps, cette loi arrive à un moment où la violence de l’armée semble plus licite que jamais. Désormais, aucun des soldats ni des colons qui agissent de plus en plus souvent de concert ne paraissent devoir être inquiétés. Ils peuvent se lâcher, donner libre cours à leurs exactions les plus brutales, aucun de leurs crimes ne paraît devoir faire l’objet d’une enquête sérieuse et tous les actes aussi odieux soient-ils, sont tolérés, non jugés et non sanctionnés. Peine de mort légalisée pour les uns, licence totale pour les autres. La « seule démocratie » de la région, répètent-ils…
Voilà ce qu’il en coûte de laisser toute
impunité à un régime criminel qui ne connaît plus aucune limite et s’enfonce
chaque jour un peu plus dans l’abjection. Cela fait des décennies que la chose
est dénoncée par tous ceux qui ont compris les objectifs de cet ‘’État
israélien’’ qui n’assoie sa légitimité que par l’entretien d’une culpabilité à
l’égard des Européens pour les crimes horribles du régime nazi de l’époque, et
dont des générations de Palestiniens qui n’avaient rien à voir dans la chose,
continuent à payer l’addition. Depuis la Nakba en 1948, jamais le peuple palestinien n’a eu de répit. À chaque
fois, les gouvernements israéliens toutes tendances confondues, nourris à
l’idéologie criminelle sioniste, ont mis en œuvre une politique d’éradication
de la population arabe palestinienne. Et
l’Europe, tétanisée par son passé, détournant le regard, s’est bornée à
suppléer avec l’aide d’instances internationales aux problèmes humanitaires des
populations spoliées, quand il eût fallu des décisions politiques énergiques
pour ne pas assister à ce que l’on voit aujourd’hui: le génocide de Gaza et le
nettoyage ethnique par mille pratiques sournoises des sionistes en Cisjordanie.
Manifestation
contre l’application de la loi israélienne sur la peine de mort en Cisjordanie
occupée, le 31 mars 2026. Source : RFI
Ainsi, ivre de cette impunité
absolue qu’on lui a laissée, cette armée « la plus immorale du
monde », torture et viole des citoyens non armés et ne présentant aucune
menace, femmes et enfants compris; des colons tarés obstruent et bouchent les
puits d’eau, volent le bétail, incendient et chassent les familles de leurs
habitations contraintes de déplacements forcés au nom d’un cadastre biblique;
les plus allumés d’entre ces sionistes multiplient leurs incursions dans
l’enceinte de la mosquée Al Aqsa pour procéder à leurs rites talmudiques,
défiant de la sorte les lieux les plus sacrés de l’islam, avec l’idée d’y
ériger un jour leur nouveau Temple, etc… Et tous en sont fiers, se prennent en
photos et se filment comme s’il s’agissait de trophées à leur actif. Mais, quoi
d’étonnant de telles dérives, quand les lois les plus criminelles sont votées
et célébrées par ceux-là mêmes qui sont censés assurer la responsabilité de
l’État et donner l’exemple d’une probité irréprochable?
Comme je l’ai exprimé à de
multiples reprises à l’instar de quelques rares intellectuels juifs, c’est
toute la société israélienne qui est profondément malade. Dès le plus jeune
âge, les enfants sont matraqués de cette idéologie sioniste, tant à la maison
qu’à l’école, ainsi qu’à longueur d’ondes dans les médias, et produit au niveau
des adultes, les demeurés que l’on voit à l’œuvre dans toutes les strates de la
société.
Génocide à Gaza. Source : Via Campesina
Et
tout autour, c’est le silence. Nos gouvernements, régulièrement et habilement
renvoyés aux souvenirs coupables de leur sombre passé, regardent ailleurs,
n’osent émettre la moindre critique aux autorités israéliennes de crainte
d’être taxés d’antisémitisme, donnant instruction aux médias qui abordent le
sujet, de magnifier à la moindre occasion et dans une programmation
audiovisuelle surabondante, les prouesses d’une communauté martyrisée sous la
période nazie et reconnue comme « élue », tenant de l’exception. Attestant
de la sorte, qu’en réalité au fin fond des mentalités de ceux-là, leur
antisémitisme est une question non résolue mais s’est renouvelé sous la forme
d’une xénophobie à l’égard de tout ce qui ne revêt pas l’aspect d’une blancheur
immaculée, comme boucs émissaires de leur racisme invétéré, avec une attention
toute particulière pour les Arabo-musulmans. L’hypocrisie à son point
culminant…
L’écrasante
responsabilité des Européens dans le sort de la Palestine exsangue n’est pas un
hasard. Nous voyons la résultante d’un racisme colonial toujours présent et
bien actif dans le chef de nombreux esprits et plus largement, de ceux que l’on
désigne dorénavant sous l’appellation de « l’Occident collectif ». Et rien ne semble devoir
être attendu de bon de ce côté qui viendrait atténuer ou améliorer cette
situation. L’Occident non seulement assiste à la lente agonie de l’ensemble
d’une société, mais y participe activement par divers mécanismes, souvent
dissimulés. Les salauds ne sont jamais courageux. Et plus on leur met le nez dessus,
moins ils le reconnaissent. Parce qu’en réalité, les outils existent. Le droit
international est à portée de tout un chacun. Et il ne dépend que du courage
des responsables politiques de faire appliquer ce qu’ils reconnaissent
officiellement… en théorie. Mais, pris de panique, ils préfèrent multiplier des
lois liberticides, tentant de museler les voix dissidentes qui les renvoient à
eux-mêmes. Et censurent à tour de bras, comme aux temps les plus sombres de
leur histoire, bien éloignés des « lumières » et des
« valeurs » qu’ils ânonnent tel un mantra.
Quant aux gouvernements des
pays arabo-musulmans, ils ne sont pas en reste, optant pour de douteux accords
de « normalisation » et de juteux contrats d’armements avec l’empire,
plutôt qu’une solidarité avec leurs frères et sœurs arabes tant malmenés dont
l’Oumma n’est qu’une vision de l’esprit. Heureusement, l’Iran sauve la mise et confirme à
ses pairs et au monde son indéfectible solidarité avec la Palestine, aidé par
l’Axe de la résistance de quelques rares pays, ayant patiemment attendu et se
préparant pour le moment d’intervention décisive au grand renversement qui fera
date. Et mouchera, par la même occasion, tous les incultes occidentaux, qui
n’ont de ce pays que des clichés grossiers, à leur image.
Ainsi,
ne vous méprenez pas ni ne désespérez: la résistance à l’ordre hégémonique
occidental qui a prévalu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et s’est
renforcé après la chute de l’URSS est en cours, avec la troisième déjà
commencée. D’aucuns la prévoient prochainement, sans voir qu’elle est déjà là,
sous leurs yeux, mais sous des aspects différents que ceux qu’ils attendent,
toujours empreints des images surannées de la précédente et ne réalisant pas
que les formes ont changé. Ce sont les mêmes qui pensent peut-être que
l’impérialisme actuel perdurera et ne peut être renversé. Ou qui attendent la
fin des temps… qui ne verra sans doute que la leur.
Aussi
puissants soient-ils, aussi menaçants qu’ils le déclarent, aussi dangereux
qu’ils l’annoncent, les tenants de ce qui apparaît désormais comme l’ordre
ancien ne pourront indéfiniment résister aux nouveaux paradigmes. Les règles
iniques de l’ordre mondial vont être non seulement bousculées, mais renversées.
La domination absolue des États-unis d’Amérique, de leur puissance militaire
dévastatrice et leur roi dollar qui ont brisé tant de peuples ne seront plus le
point cardinal auquel l’ensemble des nations ont été soumis. Le changement est
déjà en cours, et plus nos pays s’obstineront à le nier et le reconnaître, plus
ils en paieront le prix élevé !
Daniel Vanhove
*
Daniel
Vanhove, France / Belgique
: observateur civil en Palestine 2001 – 2004. Il est l’auteur de plusieurs
livres : coauteur de « Retour de Palestine », 2002 – Ed. Vista ; « Si vous détruisez nos
maisons, vous ne détruirez pas nos âmes », 2004 (Préface de Ilan
Halevi – Ed. M. Pietteur) ; coconcepteur du DVD « Au bord de la mort,
nous cultivons l’espoir », Témoignages in situ accompagnant le livre La
Démocratie Mensonge, 2008 – Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire. Administrateur
du blog Mouvement Citoyen Palestine (MCP). Il est associé de recherche du CRM
(Centre de recherche sur la Mondialisation).
[Image en vedette : https://arabcenterdc.org/resource/transformations-in-european-attitudes-toward-the-genocidal-war-on-gaza/ - source : www.mondialisation.ca]




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