sexta-feira, 20 de março de 2026

Leïla Slimani revient avec un texte sur la langue arabe, après le succès de sa trilogie

Le 19 mars 2026, Gallimard publiera Assaut contre la frontière, le nouveau texte de Leïla Slimani. Un livre bref, personnel et frontal, centré sur une question intime que l’autrice place au cœur de son œuvre récente : la langue, et plus précisément arabe, vécue comme une absence, une perte et une blessure. 


Publié par Hocine Bouhadjera

« Il me semble que tout roman est la tentative de répondre à une question », partage l'écrivaine. Celle qui traverse Assaut contre la frontière est formulée sans détour : pourquoi ne parle-t-elle pas sa langue ?


L’arabe apparaît ici comme une langue fantôme, un membre manquant dont la présence se fait sentir malgré l’amputation. Une langue désirée, poursuivie, idéalisée, parfois érigée en mythe ou en paradis perdu. Le texte dit la honte, la colère, la frustration, mais aussi l’attachement profond à ces syllabes familières que l’autrice raconte avoir parfois suivies dans la rue, simplement pour les entendre.

Leïla Slimani se place explicitement dans un dialogue avec d’autres voix littéraires, reprenant à son compte une phrase d’Etel Adnan : « Je me suis retrouvée à la porte de cette langue. » Assaut contre la frontière explore cet entre-deux, cet espace de seuil où l'idiome n’est ni totalement perdu ni pleinement habité. Une première version du texte a été lue en public par l’autrice lors du Festival d’Avignon 2025.

 

Après la trilogie du Pays des autres

Ce retour intervient après la clôture, début 2025, de la trilogie du Pays des autres avec J’emporterai le feu. Trois ans après Regardez-nous danser, Leïla Slimani y racontait les enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, Mia et Inès, mettant un point final à une vaste fresque familiale commencée dans les années 1940.


Le premier tome, Le pays des autres, retrace l’installation à Meknès de Mathilde, une Alsacienne, et d’Amine Belhaj, ancien soldat marocain de l’armée française, dans un Maroc encore sous domination coloniale, jusqu’à l’indépendance de 1956.


Regardez-nous danser, situé dans les années 1960, montre une famille désormais intégrée à la bourgeoisie marocaine, confrontée aux tensions d’un pays indépendant partagé entre traditions et modernité, tandis qu’une nouvelle génération, et en particulier les femmes, cherche sa place et son émancipation.


Un succès public durable

Le pays des autres, distingué par le Grand Prix de l’héroïne Madame Figaro en 2020, s’est écoulé à près de 800.000 exemplaires tous formats confondus, selon Edistat. Regardez-nous danser a dépassé les 300.000 exemplaires. J’emporterai le feu s’est vendu à 134.646 exemplaires en grand format.


Avant cette fresque, Leïla Slimani s’était imposée avec Dans le jardin de l’ogre, puis avec Chanson douce, couronné par le prix Goncourt en 2016 et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2017. Ce dernier a été vendu à près de 1,2 million d’exemplaires, tandis que Dans le jardin de l’ogre a dépassé les 250.000 exemplaires.

 

Une figure littéraire et culturelle majeure

Au-delà de ses livres, Leïla Slimani occupe aujourd'hui une place centrale dans le paysage culturel. Elle a notamment participé à l’écriture de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024, imaginée par Thomas Jolly, et a présidé le jury de l’International Booker Prize en 2023.

En 2025, elle faisait partie du jury du Festival de Cannes, présidé par la comédienne française Juliette Binoche, qui a remis la Palme d'or à Un simple accident, de l'Iranien Jafar Panahi.

 

[Photo : Francesca Mantovani / Gallimard - source : www.actualitte.com]

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