Les vins de « Corrèze » font désormais partie des Appellations d’origine protégée (AOP). C’est la 3 500e entrée au registre des indications géographiques européenne.
Le "vin de paille" de Corrèze est désormais une AOP.Écrit par Hugo Struna
Après avoir décroché le label français Appellation d’origine contrôlée (AOC), en 2017, les vins de « Corrèze » viennent s’ajouter à la longue liste des produits certifiés par la Commission européenne.
Dans ce petit vignoble qui s’étend sur 24 communes au sud-ouest du département de la Corrèze, 28 opérateurs produisent du vin rouge et blanc typique de la région.
« Cette zone se caractérise par un climat tempéré à tendance atlantique, influencé par le bassin d’Aquitaine par sa situation ouverte sur la vallée de la Dordogne », précise l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO).
Parmi ces nectars figure le fameux « vin de paille », un vin liquoreux obtenu à partir de raisins qu’on laisse sécher sur de la paille (ou du bois) pendant plusieurs mois avant de le presser pour obtenir un jus concentré en sucre.
Le vin de paille existe également dans la Jura et dans une moindre mesure dans la Vallée du Rhône.
« C’est surtout l’AOC qui nous a demandé du travail, un travail d’équipe de longue haleine pour respecter le cahier des charges. Il a ensuite fallu montrer qu’on était capable de durer pour décrocher l’AOP », confie à EURACTIV Karine Barrière, animatrice de la fédération des vins de Corrèze.
En effet, pour obtenir l’AOC, les producteurs ont dû se plier à un cahier des charges strict : seuls certains cépages comme le chardonnay, le cabernet franc ou le sauvignon sont autorisés ; l’élevage en barrique est également imposé.
Les exigences restent les mêmes au niveau européen. Après un simple dépôt de dossier à l’INAO, organisme qui contrôle le cahier des charges et sa pérennité, la Commission européenne a finalement approuvé la certification de l’UE.
3 500e indication européenne
À l’échelle de l’Europe, les indications géographiques garantissent la qualité, la provenance et l’authenticité d’un produit.
Un aliment ou un vin peut revendiquer une Appellation d’origine protégée (AOP) ou une Indication géographique protégée (IGP), cette dernière étant moins exigeante, inscrite dans une aire géographique plus large, notamment.
Les symboles présents sur les étiquettes permettent d’identifier ces produits et de renforcer leur reconnaissance nationale et internationale.
En 2017, les indications géographiques de l’UE représentaient 6,8 % de la valeur des ventes du secteur de l’alimentaire et des boissons.
Pour les producteurs de vins de Corrèze, l’AOP est vu comme une décoration plutôt qu’une opportunité commerciale, la quasi intégralité des bouteilles étant vendues et consommées dans la région, a fortiori en France.
« Pour être honnête, je ne sais pas encore ce que cela va nous apporter… Je ne sais même pas si les consommateurs peuvent faire la différence entre AOP et AOC », admet Karine Barrière.
De fait, les vins – près de la moitié des certifications européennes (46,6 %) – sont les seuls produits à pouvoir conserver l’appellation française, le reste des produits ont l’obligation d’afficher l’européenne. D’où le flou qui peut subsister chez les consommateurs.
Avec cette nouvelle entrée corrézienne, 3 500 produits européens dont 756 produits français ont désormais le privilège d’arborer le macaron rouge (IGP) ou bleu (AOP).
Selon la Commission européenne, la valeur d’un produit labellisé est en moyenne multipliée par deux comparé à un produit qui en est dépourvu. De leur côté, les consommateurs seraient plus susceptibles d’acheter un produit dont ils connaissent la provenance, révèle le l’Eurobaromètre sur l’agriculture.
[Photo : Richard Semik / Shutterstock - source : www.euractiv.fr]
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