Quand un journal cesse de paraître, c’est tout un pan de démocratie qui s’éteint. La presse francophone de qualité en Israël est dans la tourmente. Malgré les 150.000 francophones qui restent attachés à leur culture, elle n’arrive pas à s’imposer alors que les Anglophones disposent de deux journaux papier : Jerusalem Post et Haaretz. Bien sûr il existe plusieurs feuilles de choux, souvent de caniveau, sans aucun intérêt intellectuel, qui paraissent chaque semaine mais il s’agit plus de supports publicitaires de bas niveau que de journaux politiques d’opinion.
Écrit par Jacques BENILLOUCHE
Mais il faut noter aussi que la presse francophone n’est pas aidée par le gouvernement israélien; alors elle ne peut pas s’en sortir. Dans les années 1960/70, le gouvernement travailliste avait compris l’importance d’un journal de langue française qui portait la voix d’Israël à l’étranger, surtout en Afrique, qui est le continent de l'avenir. Il avait financé pendant plusieurs années «l’Information d’Israël» alors que le nombre de francophones était loin d’être aussi important qu’aujourd’hui. Le journal fut la pépinière de grands talents et le point de chute de journalistes de renom de la diaspora : Felix Allouche (Paris Match), David Catarivas (ministère des Affaires étrangères), André Scemama (Le Monde), Tony Gryn, Victor Ciegelman (Nouvel Observateur), Maurice Politi, et bien d'autres.
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| Félix Allouche |
Le financement d’un journal serait une goutte d’eau pour le budget du gouvernement qui doit comprendre qu’il est important que la voix française en Israël existe, parce que les chancelleries étrangères s’en inspirent. La France aussi aurait pu intervenir pour maintenir la prépondérance de sa langue dans un pays totalement anglophone et à présent russophone. La francophonie dispose de budgets gaspillés dans des opérations stériles, alors que la langue de Molière et de Victor Hugo doit rester vivante en Israël.
Pourtant, il suffirait que les petites feuilles locales s’allient pour donner naissance à une publication sérieuse, de référence, pas seulement messianique, avec quelques signatures réputées. Pour cela, il faudrait qu’il y ait un seul directeur de publication et un seul rédacteur de chef, ce qui n'est pas acceptable par les petits chefs. En effet, les petites ambitions sont nombreuses et les francophones ne sont pas réputés pour être des fanatiques du rassemblement, parce que leurs intérêts personnels priment. On se souvient que dans des villes comme Netanya ou Ashdod, trois listes francophones concourraient aux élections locales, pour un résultat nul. Pas moins de quatre associations se disputent les olims de France. L'union, ils ne connaissent pas.
Les francophones souhaitent s’inspirer de l’armée mexicaine, faite uniquement de chefs. Aujourd’hui ils paient leur inconséquence qui va réduire leur influence au sein de la collectivité israélienne, parce qu’un journal est un moyen de pression politique et le support des revendications de ceux qui ont décidé de quitter la France pour l’aventure sioniste. Une voix s'éteint.
[Source : benillouche.blogspot.com]



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