Le premier comité opérationnel de lutte contre le racisme, l’antisémitisme (CORA), et la haine anti LGBT s’est réuni à la préfecture du Pas-de-Calais, mercredi. Premier constat : une baisse des infractions par rapport à 2016.
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Frédéric Potier, préfet délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine LGBT et Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais. |
Écrit par Nicolas André
Dans six mois, les partenaires du CORA (procureurs, sous-préfets, directeur académique, sécurité publique, renseignement territorial, gendarmerie, police, élus du conseil départemental, représentants des maires des agglomérations, associations…) se retrouveront pour faire un premier point et présenter leur plan d’action. La baisse des faits liés à ce type d’infraction, ne doit pas nous faire baisser la garde. Comme le dit le préfet Fabien Sudry, la tolérance semble évidente dans ce département dont l’histoire est marquée par de grandes vagues d’immigrations. Il pointe néanmoins certaines zones urbaines comme Lens où les infractions recensées sont plus nombreuses. Il importe de poursuivre cet élan vers « la mobilisation générale » contre le rejet de l’autre, de part ses origines, sa religion, ses orientations sexuelles. « Nous avons bien conscience que toutes les victimes ne saisissent pas la justice… que l’Éducation nationale a un rôle à jouer… »
Le préfet délégué interministériel qui coordonne cette lutte au plan national, Frédéric Potier, rappelle de son côté que le CORA n’a pas seulement vocation d’observateur. Il soutient les actions de tous ses partenaires et peu dégager des financements pour des actions, comme le fait déjà le conseil départemental via des voyages dans les lieux de mémoire et de concentration destinés aux collégiens. Une cinquantaine de personnes participaient à cette première réunion dont des représentants de toutes les religions.
Dans le département
Au cours des neuf premiers mois de l’année, les infractions liées au racisme et à l’antisémitisme en zone police sont en baisse : 127 contre 173 en 2016. En zone gendarmerie : douze faits ont été constatés contre 18 l’an dernier.
Les faits liés à la haine anti-LGBT sont passés à 12 en 2017 contre 55 en 2016 en zone police et de 4 à 2 en zone gendarmerie.
Des faits
À Arras, en février dernier cinq personnes ont été agressées violemment. Les agresseurs, dont l’un était reconnu pour avoir des sentiments néonazis, avaient agi car l’une des victimes leur semblait être d’origine maghrébine.
En juin, au tribunal d’Arras, un jeune homme était condamné pour avoir, depuis deux ans, tenus des propos antisémites haineux et diffusé la propagande de Daesh.
Ce que dit la loi
Les tensions internationales et le terrorisme ont libéré la parole, notamment sur les réseaux sociaux où les propos racistes sont légion. Les dispositifs judiciaire et législatif ont ainsi été renforcés. En plus des poursuites qui peuvent être engagées pour injures, diffamation, en raison des origines de l’ethnie (750 € d’amende à 45 000 €, et de la peine de 6 mois à 1 an d’emprisonnement, selon que l’injure ou la diffamation est ou non publique), la loi prévoit également des poursuites pour provocation et discrimination, menaces de mort, violences à l’encontre de personnes ou groupes en raison de leur race, religion, et apologie des crimes contre l’humanité. Des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison.
[Photo : ELISE CHIARI - source : www.lavoixdunord.fr]
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