quinta-feira, 1 de junho de 2017

Compte-rendu du livre de Moshé Lewin "Des juifs engagés dans la nation", par Marc Knobel

Au-delà de toutes les fonctions importantes qu’il occupe et de son engagement permanent et inlassable, le rabbin Moshé Lewin est aumônier en chef de la Gendarmerie nationale depuis 1998.



Entre 1992 et 1997, il a été aumônier de la Circonscription de Besançon, puis aumônier des aéroports de Paris. Il connaît donc bien le/ce sujet et à toute l’aptitude pour retracer un récit passionnant de l’aumônerie militaire israélite depuis sa création. Son récit n’est pas seulement historique. On sent poindre ici que l’auteur veut nous entraîner/nous amener à comprendre toute la finalité, toute la particularité de cette œuvre : l’aumônerie. Il s’y emploie donc méthodiquement, faisant œuvre d’historien et de pédagogue.

Son récit commence par l’évocation de l’aumônier militaire dans la Bible, déjà. Il fut un temps lointain, où dans le Deutéronome, est évoqué celui que nous pourrions considérer comme le premier « aumônier » militaire. C’est un adjoint du grand prêtre qui parle au peuple pour le préparer. Nous voyons ensuite comment le concept évolue dans les armées françaises, à partir du Concile de Ratisbonne en 742. C’est au XIXème siècle, pour la première fois que des aumôniers israélites furent nommés dans l’armée, juste après la nomination de protestants. Mais, c’est pendant la première guerre mondiale, que l’aumônerie israélite obtient ses lettres de noblesse. L’histoire du grand rabbin Abraham Bloch soulignait combien on pouvait confondre deux ministres du culte, pourtant de religion différente. Le 29 août 1914, un soldat tombe, mortellement touché, et voit le grand rabbin, portant la soutane comme beaucoup d'aumôniers. Il le prend pour un prêtre catholique et lui demande un crucifix. Pour répondre à l’ultime désir du soldat, le grand rabbin Bloch court chercher une croix dans le village le plus proche et la présente au moribond. C’est alors qu’un nouvel obus les frappe tous deux et les réunit dans la même mort.

Moshé Lewinn raconte ensuite comment le grand rabbin Jacob Kaplan avait organisé un seder de Pessa’h en avril 1940 à Verdun, comment les rabbins/aumôniers s’organisèrent et témoignèrent par la suite. De nombreuses pages sont consacrées à ces années de tourmente et de mort. Puis, vinrent la Libération, la réorganisation. Plus tard, la guerre d’Algérie, l’intervention militaire sur le canal de Suez, puis encore plus tard, la suspension de la circonscription.

Dans sa préface, Haïm Korsia, le grand rabbin de France, explique que « l’aumônerie militaire israélite est la quintessence de l’engagement au service du judaïsme et de la France ». C’est bien encore là, tout le mérite de l’ouvrage de Moshé Lewin. Montrer, décortiquer, rappeler, expliquer à quel point des/ces hommes ont marqué leur temps et ont donné tant pour le judaïsme et pour la Patrie. 

[Source : www.crif.org]

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