sexta-feira, 25 de março de 2016

800 millions de francophones en 2050 ? Chiche !

Si les prédictions démographiques nous annoncent un boom de la population francophone, celui-ci pourrait être bien moins automatique que ne le laissent penser les statistiques. Concurrencé et peu soutenu, le français devra se battre pour garder toute sa place en Afrique.


Au Sénégal 
Écrit par Frédéric Pennel


«Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent», chantait l’autre. Dans le ciel français, maussade depuis longtemps, une annonce avait retenti comme un coup de tonnerre. C’était en 2014: une étude réalisée par Natixis annonçait que la langue française serait la plus parlée au monde à l’horizon 2050. Même si ces résultats ont été, depuis, remis en cause, les projections officielles ont encore de quoi donner le vertige. En l’espace d’une génération, le nombre de francophones pourrait bondir de 274 millions à 700 voire 800 millions

Que l’on soit clair: un tel ressort ne provient pas du Canada où l’assimilation des immigrés en anglais fait perdre au français du terrain. Ni de la Roumanie, de la Bulgarie ou du Liban, pays de tradition francophile où le français fait face à l’attraction croissante de l’anglais. Et encore moins du Vietnam où il est carrément en voie de disparition. Le moteur à réaction de la francophonie, c’est bien sûr l’Afrique subsaharienne et équatoriale. Un continent où la natalité demeure encore débridée. Un pays comme le Niger pourrait ainsi tripler sa population au cours des décennies prochaines. Demain, le continent africain abritera donc peut-être 80% des francophones. 
Les défenseurs du français, échaudés par des discours alarmants serinés depuis longtemps sur l’avenir de leur langue, relèvent la tête. Les projections dessinent enfin des courbes avantageuses pour la francophonie. Pourtant, ces statistiques demeurent virtuelles. Parce que la science démographique n’est pas exacte. Et surtout parce qu’on ne sait pas si le français se maintiendra là où s’écrit son avenir: en Afrique. 800 millions de francophones en 2050 représentent donc d’abord un combat avant d’être un constat. Un combat dans lequel la France doit se mouiller faute de quoi elle y perdra des plumes.

Une langue véhiculaire qui est entrée dans les familles


Pour vingt-et-un États africains, le français n’est pas une langue étrangère. Les pays africains –hors Maghreb– une fois devenus indépendants, ont opté pour l’idiome de l’ancien colonisateur. Il s’agissait d’en faire la langue véhiculaire pour les multiples ethnies vivant au sein des États nouvellement créés. Même la Guinée, qui a brutalement rompu avec la France dès 1958, a gardé le français comme langue officielle. Le français présentait également l’intérêt de représenter une langue d’ouverture sur le monde.


[Photo : SEYLLOU / AFP - source : www.slate.fr]

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