Un chef d'entreprise canadien exerçant à Cuba depuis de longues années vient d'être condamné par la justice cubaine à quinze ans de prison pour corruption. Une sentence en forme d'avertissement aux investisseurs, estime le blog 14ymedio.
Écrit par SABINE GRANDADAM
Il a 74 ans et vit depuis plus de vingt ans à Cuba. Mais Vahe Cy Tokmakjian, citoyen canadien et président du groupe Tokmakjian installé en Ontario, vient d'être condamné à quinze ans de prison par la justice cubaine pour corruption. Deux de ses collaborateurs canadiens ont été également condamnés à huit et douze ans de prison, à l'issue d'un procès qui s'est tenu à La Havane en juin et dont la sentence vient de tomber, trois mois plus tard, indique le blog cubain Cafefuerte depuis sa rédaction de Miami.
Condamné pour corruption, évasion fiscale, falsification de documents et détournement de devises, Cy Tokmakjian a aussi entraîné dans sa chute 14 fonctionnaires cubains, dont l'ancien ministre de l'Industrie sucrière, qui ont écopé de six à vingt ans de prison. La justice cubaine entend de surcroît réclamer au groupe canadien quelque 91 millions de dollars [71 millions d'euros] d'indemnités pour "les dommages supposés qu'a subis l'économie cubaine dans cette affaire", rapporte le journal dissident 14ymedio.
Le groupe Tokmakjian, spécialisé dans l'ingénierie du transport et les équipements techniques pour la construction et l'exploitation minière, était présent depuis vingt-cinq ans à Cuba et y avait diversifié ses activités. Son PDG était ainsi l'importateur exclusif de voitures Huyndai. L'entreprise facturait chaque année quelque 80 millions de dollars [63 millions d'euros] au gouvernement cubain et s'était hissée au deuxième rang des groupes étrangers les plus importants dans le pays.
Retrait des capitaux étrangers
Un an avant son arrestation en 2011 à La Havane, Vahe Cy Tokmakjian ne tarissait pas d'éloges sur le pouvoir cubain. "Cuba sait valoriser les compagnies étrangères qui continuent d'y travailler dans une période difficile", disait-il en 2010 lors d'une interview à un magazine espagnol, que rapporte 14ymedio.
La condamnation de ce dirigeant et des principaux acteurs de son réseau relationnel à Cuba s'inscrit "dans une vaste campagne de lutte contre la corruption lancée par le pouvoir cubain", commente le Toronto Star. M. Tokmakjian peut avoir plongé, comme beaucoup d'autres, dans la culture des pots-de-vin et des repas offerts à ses interlocuteurs en affaires. "Cette campagne a déjà frappé des dirigeants d'entreprises de plusieurs pays, des responsables du gouvernement et des dizaines d'employés cubains d'entreprises étrangères."
Reste que cette lourde sentence sonne le glas des investissements étrangers potentiels, analyse 14ymedio. Malgré une nouvelle loi adoptée par Cuba au printemps, destinée à faciliter la vie aux entreprises étrangères, le pouvoir cubain n'obtient qu'une chose dans cette affaire : "L'affaiblissement de la confiance des investisseurs et le retrait des capitaux étrangers." Et quelle que soit la vitrine officielle affichée par le pouvoir, le jugement de Tokmakjian montre une réalité différente, celle d'"un monde piégé où certains pièges se referment sur vous sans attendre, et d'autres, vingt ans plus tard".
Condamné pour corruption, évasion fiscale, falsification de documents et détournement de devises, Cy Tokmakjian a aussi entraîné dans sa chute 14 fonctionnaires cubains, dont l'ancien ministre de l'Industrie sucrière, qui ont écopé de six à vingt ans de prison. La justice cubaine entend de surcroît réclamer au groupe canadien quelque 91 millions de dollars [71 millions d'euros] d'indemnités pour "les dommages supposés qu'a subis l'économie cubaine dans cette affaire", rapporte le journal dissident 14ymedio.
Le groupe Tokmakjian, spécialisé dans l'ingénierie du transport et les équipements techniques pour la construction et l'exploitation minière, était présent depuis vingt-cinq ans à Cuba et y avait diversifié ses activités. Son PDG était ainsi l'importateur exclusif de voitures Huyndai. L'entreprise facturait chaque année quelque 80 millions de dollars [63 millions d'euros] au gouvernement cubain et s'était hissée au deuxième rang des groupes étrangers les plus importants dans le pays.
Retrait des capitaux étrangers
Un an avant son arrestation en 2011 à La Havane, Vahe Cy Tokmakjian ne tarissait pas d'éloges sur le pouvoir cubain. "Cuba sait valoriser les compagnies étrangères qui continuent d'y travailler dans une période difficile", disait-il en 2010 lors d'une interview à un magazine espagnol, que rapporte 14ymedio.
La condamnation de ce dirigeant et des principaux acteurs de son réseau relationnel à Cuba s'inscrit "dans une vaste campagne de lutte contre la corruption lancée par le pouvoir cubain", commente le Toronto Star. M. Tokmakjian peut avoir plongé, comme beaucoup d'autres, dans la culture des pots-de-vin et des repas offerts à ses interlocuteurs en affaires. "Cette campagne a déjà frappé des dirigeants d'entreprises de plusieurs pays, des responsables du gouvernement et des dizaines d'employés cubains d'entreprises étrangères."
Reste que cette lourde sentence sonne le glas des investissements étrangers potentiels, analyse 14ymedio. Malgré une nouvelle loi adoptée par Cuba au printemps, destinée à faciliter la vie aux entreprises étrangères, le pouvoir cubain n'obtient qu'une chose dans cette affaire : "L'affaiblissement de la confiance des investisseurs et le retrait des capitaux étrangers." Et quelle que soit la vitrine officielle affichée par le pouvoir, le jugement de Tokmakjian montre une réalité différente, celle d'"un monde piégé où certains pièges se referment sur vous sans attendre, et d'autres, vingt ans plus tard".
[Dessin de Kazanevsky - source : www.courrierinternational.com]

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