Le gouvernement portugais avait promu la délivrance de visas octroyés à prix d'or afin d'attirer les investisseurs étrangers.
L'arrestation d'un individu chinois sur le sol portugais accusé de
fraude fiscale dans son pays relance le débat sur cette mesure.
![]() |
| Ville de Cascais Les visas en or ont attiré les investisseurs immobiliers dans la capitale portugaise |
Écrit par Hugo Dos Santos
Promus en octobre 2012 par l'ancien ministre des
affaires étrangères portugais - aujourd'hui devenu vice-premier ministre -
Paulo Portas, la politique des "visas dorés" ( ou "Le Golden residence
permit"), donne
aujourd'hui des résultats contestables. Cette mesure imaginée pour remédier à
la fuite de capitaux en temps de crise économique, permettait de délivrer des
visas de résidence dans l'espace Schengen en échange d'un investissement de
plus d'un million d'euros, d'un achat foncier dépassant les 500 000 euros ou de
la création pérenne d'au moins dix postes de travail sur le territoire
lusitanien.
L'engouement des chinois pour le "visa doré"
Le premier de ces visas avait été délivré en grande pompe par le ministre Paulo Portas en personne à un homme d'affaire indien, Muthu Nesamanimaram, qui selon le journal Expresso aurait investit dans l'hotellerie et le vin au Portugal. L'investisseur indien aurait créé plus de 800 emplois sur le territoire national et promettait, à l'époque, d'en créer 600 autres.
Mais ce sont les ressortissants chinois qui ont été les plus demandeurs. Un article du South China Morning Post titrait le 3 mars dernier "Olá Lisboa ! Les milliardaires chinois monopolisent les visas portugais". Selon le journaliste Patrick Boehler "si la mesure avait soulevé peu d'intérêt au départ, il a augmenté rapidement après que les critères de durée de séjour aient été ramenés de 30 à 7 jours". Le 24 mars 2014, sur les 772 visas octroyés par le gouvernement portugais, 612 l'avait été au bénéfice de citoyens chinois.
Le secteur immobilier portugais est emballé
Devant le succès de cette mesure auprès des investisseurs chinois, l'APEMIP (Association des professionnels et des entreprises de l'immobilier au Portugal) s'aprète, selon Público, à signer un protocole avec les autorités chinoises afin "de promouvoir une meilleure divulgation des visas dorés, du potentiel du marché immobilier portugais et garantir le maximum de transparence dans les opérations"
Le 15 février dernier, Marisa Antunes dans l'hebdomadaire Expresso allait même jusqu'à déclarer que les "visas doré" permettaient "d'arnaquer les riches chinois" en leur vendant des "biens immobiliers au-dessus du prix du marché"
La mesure avait toujours été contestée et certains craignait l'afflux d'investissements de la part d'individus douteux. En janvier dernier, l'eurodéputée socialiste Ana Gomes - citée dans un article de Público - avait déjà déclaré devant le parlement européen que "le gouvernement portugais est en train d'émettre des visas dorés pour l'espace Schengen à des individus qui sont peut-être des criminels de l'autre côté du monde".
Un criminel chinois recherché par Interpol
Le débat s'est récemment envenimé, lorsque le 20 mars dernier, Xiadong Wang, un ressortissant chinois a été mis en détention par la police portugaise suite à l'émission d'un mandat d'arrêt par Interpol. L'individu, qui avait obtenu son visa après avoir acheté une résidence de luxe à Cascais [banlieue chic de Lisbonne], est, selon Hugo Franco de l'Expresso, accusé de fraude fiscale par la justice chinoise.
Dans une déclaration au Público, Paulo Portas s'est défendu des accusations de corruption, en prétextant que le Portugal avait refusé "11 visas dorés pour des raisons de sécurité". Le ministre des affaires étrangères, Rui Machete, a également déclaré à la radio TSF que cette détention montre justement que "la délivrance de visas dorés est contrôlée par le gouvernement portugais".
L'engouement des chinois pour le "visa doré"
Le premier de ces visas avait été délivré en grande pompe par le ministre Paulo Portas en personne à un homme d'affaire indien, Muthu Nesamanimaram, qui selon le journal Expresso aurait investit dans l'hotellerie et le vin au Portugal. L'investisseur indien aurait créé plus de 800 emplois sur le territoire national et promettait, à l'époque, d'en créer 600 autres.
Mais ce sont les ressortissants chinois qui ont été les plus demandeurs. Un article du South China Morning Post titrait le 3 mars dernier "Olá Lisboa ! Les milliardaires chinois monopolisent les visas portugais". Selon le journaliste Patrick Boehler "si la mesure avait soulevé peu d'intérêt au départ, il a augmenté rapidement après que les critères de durée de séjour aient été ramenés de 30 à 7 jours". Le 24 mars 2014, sur les 772 visas octroyés par le gouvernement portugais, 612 l'avait été au bénéfice de citoyens chinois.
Le secteur immobilier portugais est emballé
Devant le succès de cette mesure auprès des investisseurs chinois, l'APEMIP (Association des professionnels et des entreprises de l'immobilier au Portugal) s'aprète, selon Público, à signer un protocole avec les autorités chinoises afin "de promouvoir une meilleure divulgation des visas dorés, du potentiel du marché immobilier portugais et garantir le maximum de transparence dans les opérations"
Le 15 février dernier, Marisa Antunes dans l'hebdomadaire Expresso allait même jusqu'à déclarer que les "visas doré" permettaient "d'arnaquer les riches chinois" en leur vendant des "biens immobiliers au-dessus du prix du marché"
La mesure avait toujours été contestée et certains craignait l'afflux d'investissements de la part d'individus douteux. En janvier dernier, l'eurodéputée socialiste Ana Gomes - citée dans un article de Público - avait déjà déclaré devant le parlement européen que "le gouvernement portugais est en train d'émettre des visas dorés pour l'espace Schengen à des individus qui sont peut-être des criminels de l'autre côté du monde".
Un criminel chinois recherché par Interpol
Le débat s'est récemment envenimé, lorsque le 20 mars dernier, Xiadong Wang, un ressortissant chinois a été mis en détention par la police portugaise suite à l'émission d'un mandat d'arrêt par Interpol. L'individu, qui avait obtenu son visa après avoir acheté une résidence de luxe à Cascais [banlieue chic de Lisbonne], est, selon Hugo Franco de l'Expresso, accusé de fraude fiscale par la justice chinoise.
Dans une déclaration au Público, Paulo Portas s'est défendu des accusations de corruption, en prétextant que le Portugal avait refusé "11 visas dorés pour des raisons de sécurité". Le ministre des affaires étrangères, Rui Machete, a également déclaré à la radio TSF que cette détention montre justement que "la délivrance de visas dorés est contrôlée par le gouvernement portugais".
Le ministre de l'intérieur
Miguel Macedo a également déclaré que
"le SEF [Service des étrangers et des frontières] avait respecté toutes
les procédures légales dans l'attribution du visa et rappelle que le mandat
d'arrêt international n'avait pas encore été émis à l'époque.
Une citoyenneté à vendre ?
Carlos Nolasco, chercheur à l'Institut de Géographie
de l'Université de Lisbonne, déclarait dans le journal Dinheiro Vivo que
"la problématique des visas Gold est que l'on met la citoyenneté au cœur
d'un processus marchand, en vendant l'accès à un espace privilégié qu'est
Schengen". João Semedo du Bloco de Esquerda dénonce dans le Público la
politique des "visas dorés", en expliquant qu'ils transforme le pays en
"un paradis de fraudeurs" et que "la détention
d'un de ces
bénéficiaires de visas dorés est une honte".
Le 4 septembre 2013 déjà, le journaliste Henrique Monteiro signait une tribune signée dans l'hebodmadaire Expresso et intitulée "le visa doré est répugnant et immoral". Il y déclarait "Des visas dorés pour qui a de l'argent ? Génial ! Ramenez également les trafiquants qui, nageant dans des millions
Selon le Diário de Notícias, 400 individus de nationalité chinoise seraient en attente d'une réponse après une demande de "visa doré" pour le Portugal.
[Photo : Flickr/CC/Lapidim - source : www.courrierinternational.com]

Sem comentários:
Enviar um comentário