Il en appelle au pape dans le cadre de la modernisation de l'Eglise
Comme le rapporte l'AFP, le romancier et militant
politique péruvien Mario Vargas Llosa, honoré du titre de marquis en
Espagne par le roi Juan Carlos, donnait une interview ce dimanche au
quotidien La Republica de Lima. Tandis que le prix Nobel de littérature
2010 a salué les efforts du pape François visant à la modernisation de
son Église, il a saisi l'occasion pour appeler le leader catholique à la
révocation de deux archevêques d'Amérique latine qui, selon lui,
représenteraient une « Église de l'âge des cavernes ».
Au cours de l'interview, l'écrivain a notamment déclaré : « J'ai
de l'estime pour le pape. Il fait des efforts qui, on peut l'espérer,
se traduiront par de véritables réformes pour moderniser l'Église et lui
rendre la force morale qu'elle a eue à certaines époques et qui est
très importante. »
Dans son dernier ouvrage, Le héros discret,
l'auteur évoque les changements sociaux dans son pays natal, n'est pas
avare en commentaires politiques. Il a d'ailleurs été candidat
malheureux à la présidence péruvienne en 1990. Il a ainsi ajouté que le
pape François devrait démettre de leurs fonctions le cardinal archevêque
de Lima, Juan Luis Cipriani, membre de l'Opus Dei, ainsi que le
cardinal dominicain Nicolas Lopez Rodriguez, archevêque de
Saint-Domingue.
Il a expliqué : « Je pense qu'il faut espérer que le
pape François remplace ces membres de la hiérarchie ecclésiastique qui
représentent une Église de l'âge des cavernes par des évêques et des
archevêques plus imprégnés par la mentalité de proximité et de justice
sociale que le pape François semble représenter. »
Mario Vargas Llosa, qui se serait toujours défini lui-même comme agnostique, a ajouté que « le
cardinal Cipriani représente l'Église la plus réactionnaire, la plus
intolérante et la plus fanatique qui soit et on peut espérer que la
nouvelle politique du pape arrivera également au Pérou ».
Quant au cardinal dominicain Lopez Rodriguez, l'écrivain a dénoncé le fait que l'archevêque de Saint-Domingue soutiendrait « des
lois racistes qui privent de la nationalité dominicaine près de 200.000
Dominicains dont le seul crime est d'être les enfants ou les
descendants d'Haïtiens ». Or pour lui cette attitude est « totalement incompatible avec ce que devrait représenter l'Église catholique ».
Écrit par Julien Helmlinger
[Photo : CC by 2.0 par Dadevoti - source : www.actualitte.com]

Sem comentários:
Enviar um comentário