Deux livres figurent dans la liste des meilleures ventes.
"L'Identité malheureuse" de Finkielkraut et "Hexagone" de Lorant
Deutsch. Il paraît que c'est réac...
Écrit par Benoît Rayski
Comment peut-on acheter ces livres-là ? Comment
peut-on les lire ? Comment ose-t-on les avoir dans sa bibliothèque ? Des
connaissances ou des amis pourraient venir vous voir et faire aussitôt
demi-tour ayant aperçu ces objets délictueux qui sentent le fagot.
Et
pourtant, ils se vendent et se vendent très bien. Force serait donc de
penser que les réacs, les frontistes, les fascistes, les nazis –
c’est-à-dire les lecteurs supposés de ces textes – ont un goût prononcé
pour la lecture. Ce qui, soit dit en passant, témoignerait d’un QI élevé
qu’on leur dénie par ailleurs.
Finkielkraut
a écrit un livre superbe. On y trouve le souffle républicain d’un
Michelet et la passion royaliste de Jacques Bainville. La
France, quoi… Complexe, contradictoire, riche de sa diversité (la vraie)
et, telle qu’en elle-même, attachante. Et ça, c’est non seulement
interdit, mais surtout blasphématoire. Pour le blasphème, c’est
le bûcher. Et ils sont nombreux ceux qui, avec une rage et une
allégresse purificatrices, s’empressent d’apporter leur fagot pour qu’on
y brûle Finkielkraut.
Qui n’a pas vu un certain Aymeric Caron excommunier à la télé – vade retro – l’auteur de L’Identité malheureuse
ne sait pas jusqu’où peut aller la haine. Qui n’a pas vu, dans une
autre émission, un certain Abdel Raouf Dafri (scénariste de son état)
agonir d’injures Finkielkraut en suintant de rage, ne saura pas non plus
comment la folie sectaire peut faire glapir un individu à la façon d’une
hyène ? C’est que ce pauvre Finkielkraut aime la France. Et c’est
pourquoi on ne l’aime pas.
Lorant Deutsch a écrit un joli livre
promis à un plus grand succès que celui de Finkielkraut (un peu plus
ardu quand même). Il raconte l’histoire de France un peu comme un roman.
Va pour roman. Mais roman national, jamais ! s’insurgent quelques
historiens, dont la particularité consiste à clamer que l’histoire de
France ne peut se comprendre ni se raconter sans celle des anciens
royaumes africains ou sans celle de la geste guerrière des Barbaresques qui firent merveille en Méditerranée.
Mort
à Lorant Deutsch ! Mort à Alain Finkielkraut ! Pour ce dernier, qui fut
naguère estampillé de gauche, ce sera le bûcher destiné aux hérétiques
relaps. L’auteur d’Hexagone subira un autre châtiment : comme
il passe pour royaliste, ce sera évidemment la guillotine. Il y a peu,
Lorant Deutsch était confronté à un historien – prétendument tel – qui
le lynchait vulgairement avec toutefois quelques variantes, car il
convoquait pour son réquisitoire le FN parfois, quelquefois le fascisme.
Puis à court d’arguments, l’individu, un peu hystérique, lança à propos d’Hexagone : « C’est réac ! ».
Tout était dit. Admirablement étayé. Expliqué avec tous les
raffinements possibles de la langue française. « C’est réac ! »
Circulez, y a rien à voir.
Excédé, Lorant Deutsch
répliqua qu’il y avait mieux que « réac » et que, sur nombre de sites et
de blogs d’extrême gauche, il se faisait traiter de « nazillon ». Et il
sortit alors son joker : « Mon père est juif. Mon grand-père était
juif. » Voilà où en est le débat en France où, pour se protéger
d’accusations infâmes et infamantes, il faut brandir le bouclier de
David. Pour Finkielkraut il est vrai, son nom suffit à lui tout
seul. Il demeure que leurs deux livres se vendent très bien. Ce qui est
très mauvais signe pour les procureurs haineux. Et ce qui est plutôt
bon signe pour ceux qui aiment lire.
A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.
omment
peut-on acheter ces livres-là ? Comment peut-on les lire ? Comment
ose-t-on les avoir dans sa bibliothèque ? Des connaissances ou des amis
pourraient venir vous voir et faire aussitôt demi-tour ayant aperçu ces
objets délictueux qui sentent le fagot.
Et
pourtant, ils se vendent et se vendent très bien. Force serait donc de
penser que les réacs, les frontistes, les fascistes, les nazis –
c’est-à-dire les lecteurs supposés de ces textes – ont un goût prononcé
pour la lecture. Ce qui, soit dit en passant, témoignerait d’un QI élevé
qu’on leur dénie par ailleurs.
Finkielkraut
a écrit un livre superbe. On y trouve le souffle républicain d’un
Michelet et la passion royaliste de Jacques Bainville. La
France, quoi… Complexe, contradictoire, riche de sa diversité (la vraie)
et, telle qu’en elle-même, attachante. Et ça, c’est non seulement
interdit, mais surtout blasphématoire. Pour le blasphème, c’est
le bûcher. Et ils sont nombreux ceux qui, avec une rage et une
allégresse purificatrices, s’empressent d’apporter leur fagot pour qu’on
y brûle Finkielkraut.
Qui n’a pas vu un certain Aymeric Caron excommunier à la télé – vade retro – l’auteur de L’Identité malheureuse
ne sait pas jusqu’où peut aller la haine. Qui n’a pas vu, dans une
autre émission, un certain Abdel Raouf Dafri (scénariste de son état)
agonir d’injures Finkielkraut en suintant de rage ne saura pas non plus
comment la folie sectaire peut faire glapir un individu à la façon d’une
hyène ? C’est que ce pauvre Finkielkraut aime la France. Et c’est
pourquoi on ne l’aime pas.
Lorant Deutsch a écrit un joli livre
promis à un plus grand succès que celui de Finkielkraut (un peu plus
ardu quand même). Il raconte l’histoire de France un peu comme un roman.
Va pour roman. Mais roman national, jamais ! s’insurgent quelques
historiens, dont la particularité consiste à clamer que l’histoire de
France ne peut se comprendre ni se raconter sans celle des anciens
royaumes africains ou sans celle de la geste guerrière des Barbaresques qui firent merveille en Méditerranée.
Mort
à Lorant Deutsch ! Mort à Alain Finkielkraut ! Pour ce dernier, qui fut
naguère estampillé de gauche, ce sera le bûcher destiné aux hérétiques
relaps. L’auteur d’Hexagone subira un autre châtiment : comme
il passe pour royaliste, ce sera évidemment la guillotine. Il y a peu,
Lorant Deutsch était confronté à un historien – prétendument tel – qui
le lynchait vulgairement avec toutefois quelques variantes, car il
convoquait pour son réquisitoire le FN parfois, quelquefois le fascisme.
Puis à court d’arguments, l’individu, un peu hystérique, lança à propos d’Hexagone : « C’est réac ! ».
Tout était dit. Admirablement étayé. Expliqué avec tous les
raffinements possibles de la langue française. « C’est réac ! »
Circulez, y a rien à voir.
Excédé, Lorant Deutsch
répliqua qu’il y avait mieux que « réac » et que, sur nombre de sites et
de blogs d’extrême gauche, il se faisait traiter de « nazillon ». Et il
sortit alors son joker : « Mon père est juif. Mon grand-père était
juif. » Voilà où en est le débat en France où, pour se protéger
d’accusations infâmes et infamantes, il faut brandir le bouclier de
David. Pour Finkielkraut il est vrai, son nom suffit à lui tout
seul. Il demeure que leurs deux livres se vendent très bien. Ce qui est
très mauvais signe pour les procureurs haineux. Et ce qui est plutôt
bon signe pour ceux qui aiment lire.
A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.
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[Source : www.atlantico.fr]
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