Lucha Libre : le nom d'une tradition séculaire au Mexique,
arrivée avec l'occupation française peu avant le XIXe siècle. La
pratique s'est peu à peu répandue en Amérique du Sud, et le Pérou en
propose une variante littéraire, la Lucha Libro. Un événement unique,
sous la forme d'une compétition où les participants s'affrontent pour
décrocher un contrat d'édition.
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| Centro de Atención de Eneas, CC BY 2.0 |
La scène se déroule à Lima, capitale du pays, dans le bar La Noche :
un combattant monte sur le ring, le visage masqué par le traditionnel
masque coloré porté par ceux qui pratiquent ce sport aux règles proches
du catch américain. Derrière lui, point d'effets pyrotechniques ou de
publicités tapageuses, mais trois mots, affichés sur un grand écran :
singe, ticket et dictionnaire.
En cinq minutes, le participant devra rédiger une nouvelle, sous les
yeux d'un public absorbé par cette création littéraire en direct. Le
perdant de chaque manche devra enlever son masque, geste considéré comme
une sorte d'humiliation, reconnaissance de la défaite. « La seule perspective pour un auteur en début de carrière, c'est quitter le Pérou, de loin le meilleur conseil à lui donner », déplore Dante Trujillo, directeur des éditions Solar, qui publieront le roman du gagnant.
À la place d'une large ceinture matérialisant leur titre, les
gagnants se voient attribuer un contrat d'édition : l'économie du Pérou
s'est certes amélioré ses dernières années, mais le secteur de l'édition
est toujours moribond, et très peu d'éditeurs sont présents sur le
marché. Le gagnant de la Lucha Libro aura donc 6 mois pour écrire son
roman, et le privilège de voir celui-ci publié.
« Il s'agit aussi de modifier une approche de la littérature
comme une activité ennuyeuse. Cela en fait un véritable événement. Parce
que cela ne consiste pas seulement en une opportunité pour un jeune de
devenir écrivain, mais aussi de proposer un endroit où les jeunes
puissent sortir et lire », souligne Jonathan Vasquez, un des organisateurs. L'histoire ne dit pas si les comptes se règlent à la sortie...
(via pri.org)
[Écrit par Antoine Oury - source : www.actualitte.com]

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