Littéraires ou 2.0, ils restent géants
L'écrivain
espagnol, auteur de L'Ombre du vent, n'a pas ménagé ses attaques
contre les géants de l'industrie numérique, au cours de la rencontre « Le
Cimetière des Livres Oubliés », organisée par la Bibliothèque Nationale
espagnole. Au coeur de la cité madrilène, Zafón a notamment déclaré : « Les
grandes sociétés, les lobbys médiatiques sont les vrais pirates, et les agents
de la déforestation culturelle qui nous menace. »
Carlos Ruíz
Zafón n'est pas un fanatique des apparitions publiques, logique qu'il ne se
déplace pas pour rien : soulignant d'entrée de jeu que la Bibliothèque
Nationale était un « sanctuaire, pas un cimetière », l'auteur
né à Barcelone en 1964 a fait part de son analyse du marché du livre, alors que
l'institution fête ses 300 ans.
Regardant
les leçons de l'histoire récente, l'écrivain a déclaré : « Si nous
libéralisons le monde de la culture comme nous l'avons fait pour celui de la
finance, les conséquences pourraient être tout aussi désastreuses. »
L'auteur a récemment refusé d'entre à l'Académie Royale d'Espagne, assurant que
celle-ci « n'avait pas besoin de [lui] ».
Le
cimetière des livres qu'il décrit dans sa fameuse trilogie pourrait bien
devenir réalité, selon lui, si tous les acteurs de la culture renoncent à « se
réinventer pour surmonter les obstacles. » Parmi ces derniers, il y a
le piratage, mais que Zafón considère comme un arbre qui cache la forêt. « Le
piratage fait partie du picaresque, les nouvelles technologies permettent ce
genre de choses. Mais les pirates sont ces énormes compagnies technologiques, qui
mènent une guerre en silence pour s'approprier le contenu » a-t-il
poursuivi.
Une
appropriation qui, selon lui, pourrait bientôt déborder sur la sphère privée :
« Les jours de Twitter et Facebook sont comptés » a
prédit Zafón, présent sur les deux réseaux sociaux.
Par Antoine Oury
Par Antoine Oury

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