Deux cents
ans que la hache de guerre est enterrée. Pourtant, Français et Espagnols se
chamaillent encore, comme des frères. De bonne guerre, lepetitjournal.com vous
propose le décodeur de la joute verbale
Gabacho(a) : C’est le terme le plus courant pour
désigner les Français, il leur est d’ailleurs exclusivement réservé. La
question de son origine n’est pas tranchée. D’après la Real Academia Española,
"gabacho" signifie originellement "habitant des coteaux des
Pyrénées", en référence à la rivière "Gave de Pau", ou à celle
de "Gabas", du village pyrénéen qui porte le même nom.
L’autre histoire raconte une origine commune de part et d’autre de l’actuelle
frontière. Le mot "gavach" en provençal, de même que le
"gavatx" catalan, désignait au XVIème siècle un "montagnard, un
rustre", puis, par extension, un étranger. Ce sont des dérivés ironiques du
préroman "gaba" (goitre, gésier, gorge), le gaba étant une maladie
fréquente chez les montagnards.
Franchute(a) : Surnom formé avec le suffixe
"-ute". Ce suffixe, uniquement usité pour former ce mot, a plus un
caractère humoristique que péjoratif.
Tirafresa : C’est le plus "violent" de
tous les surnoms donnés aux Français, même si les Espagnols l’utilisent
également de manière ironique. Il fait référence aux événements de mai 1993 et
1994. Les agriculteurs français avaient alors détruit plusieurs tonnes de
fraises espagnoles, dont l’importation faisait chuter les prix de la fraise
nationale.
Guiri : Désigne
le touriste étranger en général. Ce terme provient du patois basque du XIXème
siècle "guiristino". Les "carlistas", partisans du roi
Charles, appelaient "cristinos" les défenseurs de la reine
Cristina, leurs adversaires. Par extension, sont devenus "cristinos/
guiristinos" tous les libéraux du XIXème siècle. Ce n’est que bien plus
tard que ce terme péjoratif renaissait de ses cendres pour (dis)qualifier
les touristes étrangers, en particulier anglo-saxons.
Caroline RODRIGUEZ
[Source : www.lepetitjournal.com]
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