Hier soir, en lisant le journal mexicain La Jornada, j’ai appris le décès du grand Antonio que j’ai beaucoup fréquenté voici dix ans, que j’e n’ai pas oublié ensuite car il m’a tant appris. Pour moi Tabucchi, c’est à jamais Sostiene Pereira, un roman avec lequel j’ai appris l’italien. J’ai lu ensuite plusieurs autres ouvrages comme le très court Les trois derniers jours de Fernando Pessoa un délire mais j’en suis resté à l’histoire fatidique. « je pense que jamais une longue mémoire n’a été aussi nécessaire à l’homme qu’en cette fin de millénaire… ». Qui peut imaginer un grand débat entre Tabucchi et Montalban ? Dans la dérive droitière de son cher pays, Tabucchi est resté debout du moins à lire quelques-uns de ces derniers articles car l’histoire va parfois si vite…
Tabucchi est mort à Lisbonne d’un cancer à l’âge de 68 ans. Lui qui était la langue italienne faite homme, il observait le monde de ce point éloigné qu’est Lisbonne le lien de son amour, comme Vargas Llosa le fait de Londres. Eloigné car le Portugal c’est l’Atlantique quand l’Italie c’est la Méditerranée.
Tabucchi avait la plume romancière mais aussi journalistique. Pourquoi n’ai-je pas à ce jour vu le film réalisé à partir de Sostiene Pereira ? Car Tabucchi comme tant d’autres écrivains italiens c’est d’abord le cinéma. La télé va-t-elle lui rendre hommage par la projection d’un des films issus de ses romans ? Oui, je rêve, un hommage à Tabucchi en France… Peut-être à Lisbonne. Il a commencé sa vie littéraire en racontant à ses jeune copains le film qu’ils venaient de voir, tout en jouant au billard. Raconter un film n’est-ce pas un bel exercice ?
Et tout commence par La dolce vita… Et Antonioni lui donnera le désir définitif d’écrire.
[ Source : la-brochure.over-blog.com ]

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