segunda-feira, 2 de fevereiro de 2015

« Open access » doit être traduit par « accès ouvert »

Comprendre un concept complexe


Depuis douze ans maintenant, notre communauté francophone traduit « open access » par « accès libre », alors que la traduction est tout simplement « accès ouvert ». Nous avons un terme français pour « open », qui est « ouvert ». Alors, pourquoi ne pas l'utiliser, comme toutes les autres langues ?


Lorsque le mouvement de l'« open access » a été lancé il y a douze ans, le but était aussi de lancer un nouveau concept, proche de l'accès libre, il est vrai, mais plus récent et un peu différent. L'accès libre touche de nombreux supports, l'accès ouvert toucherait en priorité les publications – d'abord les revues scientifiques, puis les livres scientifiques, puis toute forme de publication, multimédia ou non.

Depuis douze ans maintenant, les Espagnols traduisent « open access » par « acceso abierto », les Italiens traduisent « open access » par « accesso aperto », les Portugais traduisent « open access » par « acesso aberto », les Roumains traduisent « open access » par « acces deschis », les Catalans traduisent « open access » par « accés obert », etc.

Dans le monde francophone, on a pris l'habitude de traduire « open access » par « accès libre », ce qui est une interprétation, et non une traduction. Avec l'impossibilité donc de distinguer « open access » (accès ouvert) de « free access » (accès libre), puisque nous utilisons le même terme. Je vous laisse imaginer la traduction d'un paragraphe tentant d'expliquer la différence entre les deux termes, ou juxtaposant les deux termes pour en expliquer un troisième. Résultat, non seulement on ne comprend pas grand-chose à un concept qui n'est déjà pas si facile à comprendre, mais on multiplie les contresens.

Le web est maintenant truffé de nos « accès libres » pour tenter d'expliquer l'« open access » dans toute la francophonie — 70 pays répartis sur cinq continents —, y compris dans des textes de référence comme les notices de Wikipédia ou les publications de l'Unesco, ce qui ne simplifie pas la tâche. Dans les autres langues, les choses sont nettement plus limpides, sur l'internet et ailleurs, puisqu'elles ont le même terme de référence depuis douze ans.

En France, comme chacun sait, on utilise aussi beaucoup le terme anglais « open access », qui a au moins le mérite d'être clair, en partie parce que la traduction française « accès libre » n'est pas satisfaisante et prête à confusion.

Je passe rapidement sur les autres erreurs de traduction dans le domaine de l'« open access », qui sont légion. Il faudrait plutôt aller de l'avant et proposer une liste terminologique doublée d'un glossaire — peut-être un projet à creuser pour une bonne maison d'édition n'ayant pas peur des chantiers difficiles.

Une bonne compréhension des nouveaux concepts passe par une bonne terminologie. Pour le moment, c'est la grande pagaille. J'ai tenté de m'y retrouver en traduisant deux textes de Peter Suber, textes de référence pour comprendre un mouvement essentiel qui est en train de changer la donne dans le monde de la recherche, dans le monde des revues scientifiques et dans le monde du livre.

Mes traductions sont un « work in progress », puisqu'une terminologie de référence n'existe pas encore pour le français, mais j'ai fait un effort méritoire, en sillonnant le web et en regrettant que le terme juste n'ait pas été utilisé dès le début pour un concept aussi important, comme dans les autres langues, et que la communauté francophone n'ait pas encore harmonisé la traduction d'autres termes importants, pour utiliser les mêmes, comme dans les autres communautés linguistiques.




Écrit par Marie Lebert

[Photo : biblioteekje, CC BY NC SA 2.0 - source : www.actualitte.com]

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